Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • Dieu a créé le monde sous la forme d’un réseau complexe de relations. Lorsque la création souffre, les êtres humains souffrent aussi, car ils font partie intégrante de la création. 

    Conscient de notre responsabilité face à ce défi mondial, le Groupe de travail sur le soin de la création (Creation Care Working Group, CCWG)* de la Conférence Mennonite Mondiale a créé un Fonds pour le soin de la création afin de contribuer modestement à donner aux églises membres de la CMM les moyens de répondre aux crises écologiques actuelles. 
    En avril 2026, la subvention sera ouverte pour son deuxième cycle de candidatures. 

    Cliquez ici pour remplir un court formulaire expliquant votre projet de soins de la création. Le CCWG examine ces pré-candidatures, puis invite les projets éligibles à remplir un dossier de candidature complet. 

    Le Fonds pour le soin de la création donne la priorité aux projets ayant le double objectif de prendre soin de la création de Dieu et d’inspirer d’autres communautés à agir en tant qu’intendants de la création. 

    À l’instar des subventions du Fonds de partage de l’église mondiale, les candidatures doivent être soutenues par l’union d’églises membre de la CMM et le candidat doit contribuer au financement de l’activité. 

    Trois activités ont été approuvées au cours de la première année. 

    Les activités financées pour 2026 seront annoncées pendant le Temps pour la Création en septembre. 

    *Lors de ses réunions de mars 2026, le Comité Exécutif a approuvé le changement de nom de « Groupe de travail pour la protection de la création (“Task Force” en anglais) » à « groupe de travail pour le soin de la création (“working group”) ». Ce changement de nom indique que ce groupe axé sur la protection de la création n’est pas une préoccupation temporaire, mais une partie intégrante et permanente de la structure de la CMM. En savoir plus

    Des arbres pour les écoles, des compétences pour les élèves 

    Les jeunes du Malawi sont motivés par le projet de reboisement et apprennent à prendre soin des arbres.

    Au Malawi, l’Église Frères mennonites s’engage dans le projet « Greening Our Future » (Verdir notre avenir) à travers l’initiative de plantation et de conservation d’arbres UBALE dans le camp de réfugiés de Dzaleka, à Dowa, qui accueille plus de 50 000 demandeurs d’asile venus de toute la région des Grands Lacs et de la Corne de l’Afrique. 

    L’activité vise à planter 5 000 arbres indigènes (notamment des espèces d’acacia, d’acajou et de miombo) dans des zones dégradées au sein de communautés ciblées. Les arbres sont souvent abattus pour servir de bois de chauffage, de matériaux de construction et pour subvenir aux besoins de survie. La perte d’un trop grand nombre d’arbres entraîne l’érosion des sols, le déclin de la biodiversité et une vulnérabilité accrue face au changement climatique. 

    À ce jour, 3 600 arbres ont été plantés. L’Église fait appel à des groupes communautaires locaux, notamment des groupes de jeunes et des écoles, pour les former à la plantation et à l’entretien des arbres afin de garantir un taux de survie d’au moins 80 %. 

    « Dans Colossiens 1.16–17, il nous est rappelé que toutes choses ont été créées en Christ et pour Christ. Jésus n’est pas seulement le Sauveur des hommes, mais aussi le Seigneur de toute la création. En plantant des arbres et en restaurant la terre, l’Église montre que nous suivons Jésus non seulement dans le culte, mais aussi dans la manière dont nous traitons la terre », déclare Shadreck Kwendanyama, directeur exécutif de la MBCM. 

    Des abeilles pour la communauté 

    ___, de l’Église mennonite du Kenya, présente les ruches du projet « MennoHives and Ecosystem Restoration » à Migori.

    Au Kenya, le « MennoHives and Ecosystem Restoration Project » a reçu une subvention du CCWG. Ce projet, soutenu par l’Église mennonite du Kenya, consiste à promouvoir l’apiculture à Migori, une ville située non loin de la frontière tanzanienne. Il vise à installer jusqu’à 400 ruches « afin d’améliorer les moyens de subsistance de la communauté et de promouvoir la durabilité environnementale ». 

    Les ruches ont pour but de favoriser la présence de pollinisateurs dans le paysage tout en fournissant de la nourriture (du miel) et une source de revenu, en particulier pour les veuves qui ont besoin d’aide pour assurer des moyens de subsistance durables. 

    « Le projet reflète la gestion des ressources telle que la décrit la Bible (Genèse 2. 15) en prenant soin de la création de Dieu. Il incarne également l’appel à aimer notre prochain (Matthieu 22. 39) à travers le développement communautaire durable », explique Francis Ojwang Selassie, directeur du projet. 

    Grâce à cette subvention, KMC a pu mettre en place 70 ruches, fournir des combinaisons de protection et des enfumoirs à ceux qui s’occupent des ruches, et former les responsables locaux. 

    Planter des fruits pour les familles 

    En Angola, l’Igreja Evangelica Menonita Em Angola (IEMA) a reçu une subvention pour planter des arbres fruitiers en utilisant un système d’irrigation par captage et stockage des eaux de pluie à Mbanza Säo Paulo, Nambuangongo et Bengo. 

    Le projet vise à lutter contre la désertification des terres et la faim en cultivant des denrées alimentaires et en assurant des moyens de subsistance. 

    En impliquant une vingtaine de personnes issues des assemblées locales dans la culture et l’entretien, les fruits récoltés peuvent bénéficier à près de 200 personnes. 

    « Nous nous inspirons d’Ézéchiel 36, 8-11 pour prendre soin de la terre, et nous mettons en pratique l’injonction de planter des jardins tirée de Jérémie 29, 5-7 », explique Gomes João de Miranda, coordinateur du projet. 

    « Nous sommes encouragés par ces projets qui impliquent les membres de l’Église dans la mise en œuvre et incluent les membres dans le besoin parmi les bénéficiaires du projet », déclare Doug Graber Neufeld, du groupe de travail pour le soin de la création. 


  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun 

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9ème édition annuelle de la rencontre « Renouveau » de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10). 

    La rencontre « Renouveau » a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes). 

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents. 

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement. 

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile. 

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. » 

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse. 

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    La solidarité repose sur un témoignage commun 

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme. 

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. » 

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. » 

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction. 

    Doug Klassen, Pasteur exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada. 

     « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. » 

    IMC 

    Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC
    Belen Raga, maire de Lumban

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM. 

    Le rassemblement « Renouveau » s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale. 

    La présence mennonite aux Philippines a débuté après la Seconde Guerre mondiale grâce à des actions de secours, d’aide médicale et de reconstruction menées par le Comité central mennonite (MCC). En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée en tant qu’organisation missionnaire dirigée par des Philippins et axée sur l’évangélisation et l’implantation d’Églises, en particulier dans les communautés rurales et tribales. Après une période de transition interne, l’Église mennonite intégrée (IMC) a été créée en 1991 et a rejoint la Conférence mennonite mondiale en 1993, intégrant ainsi la famille anabaptiste mondiale. 

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM. 

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de « Renouveau ».

    « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. » 

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    Lisez les témoignages sur Renouveau et découvrez-en davantage sur cette rencontre dans le numéro 41.3 du Courrier (uniquement en version numérique).



    Mise à jour 25 avril 2026 : titre de Eladio Mondez

  • Lisa Carr-Pries, vice-présidente de la CMM, anime la prière du matin avec le Comité exécutif, le Comité YABs et le personnel avant une journée de réunions. Photo : Ebenezer Mondez. 

    Le Comité Exécutif approuve la date de l’Assemblée, le groupe chargé du soin de la création et le nouveau calendrier des réunions 

    « La résurrection n’est pas seulement un moment dans le temps ; la résurrection, c’est la puissance de Dieu aujourd’hui », a déclaré Sunoko Lin (États-Unis/Indonésie), trésorier de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), lors du temps de prière du matin à l’occasion de la réunion annuelle du Comité Exécutif (CE) de la CMM, qui s’est tenue du 16 au 19 mars 2026 à Lumban, dans la province de Laguna, aux Philippines. 

    Les réunions se sont déroulées dans un climat de prière. Chaque matin, les membres du Bureau de la CMM ont présidé des moments de prières axées sur le slogan de la CMM : « Suivre Jésus, vivre l’unité, construire la paix ». Chaque soir, un membre de l’équipe de direction du personnel clôturait la journée par des prières. 

    Le Comité Exécutif est composé de 10 représentants nommés par le Conseil Général de la CMM (deux par région continentale) et des cinq membres du Bureau. Siaka Traoré (Burkina Faso) a participé pour la première fois en tant que cinquième membre du bureau du comité exécutif ; son titre a été modifié en « Consultant continental ». 

    Il s’agissait de la première réunion en présentiel du nouveau Comité exécutif après la confirmation des nominations par le Conseil Général en 2025. 

    Le CE et les membres du bureau du comité exécutif étaient accompagnés de l’équipe de direction du personnel, de certains membres de l’équipe de la direction générale et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes), qui ont tenu leurs propres réunions, mais se sont joints aux autres pour des moments de prière et d’enseignements. 

    John D. Roth (États-Unis) a animé des sessions de réflexion d’un point de vue historique. Il a examiné les questions suivantes : « Où en est l’Église ? » et « Où vivons-nous la communion dans la tradition anabaptiste ? » 

    Prochaine Assemblée approuvée 

    Le CE a approuvé par consensus l’organisation de la prochaine Assemblée en Tanzanie au cours des deux premières semaines de juin 2028. 

    « Notre groupe continental africain apporte son soutien à cette invitation adressée à notre famille anabaptiste mondiale de venir en Tanzanie », déclare Samson Omondi (Kenya), représentant du Comité exécutif pour l’Afrique. 

    Engagement envers le soin de la création 

    Il y a eu une forte affirmation en faveur de la poursuite du travail sur le soin de la création au sein de l’Église mondiale. Le CE a approuvé par consensus une proposition visant à faire du Groupe de travail pour la protection de la création une partie permanente de la structure de la CMM sous le nom de Groupe de travail pour le soin de la création. Le groupe de travail pour la protection de la création avait été créé pour explorer ce que signifie le soin de la création pour la CMM ; le groupe de travail continuera à promouvoir une gérance fidèle de la création dans les opérations de la CMM et parmi ses membres. Le Groupe de travail sur le soin de la création (Creation Care Working Group, CCWG) travaillera en collaboration avec les quatre commissions de la CMM et se réunira avec elles. 

    Dans un souci de réduire le coût environnemental élevé des déplacements en avion, le CCWG ne se réunira en personne que les années où se tiennent le Conseil Général et l’Assemblée. 

    C’est une tradition de la Conférence Mennonite Mondiale de planter un arbre sur le terrain d’une institution mennonite lorsque le Comité Exécutif se réunit : « en l’honneur de la création de Dieu et de l’Église universelle ». Aux côtés (de gauche à droite) de Zaldy Magansay, président de l’Integrated Mennonite Conference, et d’Eladio Mondez, évêque modérateur, les membres du bureau du comité exécutif de la CMM (Siaka Traoré, Sunoko Lin, César García, Henk Stenvers, Lisa Carr-Pries) ont planté un deuxième arbre kamias (averrhoa bilimbi) aux Philippines, à la Lansay Mennonite Bible Church. (En 2008, la présidente de l’époque, Nancy Heisey, et le futur président, Danisa Ndlovu, avaient planté un arbre à la Lumban Mennonite Bible Church.) Photo : Ebenezer Mondez. 

    Création d’un nouveau cycle de réunions 

    Le CE a approuvé un nouveau cycle pour les réunions de la CMM. « Au cours des dernières années, les réunions de la CMM sont devenues ingérables, car de plus en plus de membres et de groupes ont rejoint la CMM », a déclaré Liesa Unger (Allemagne), responsable des événements internationaux. Il est difficile de trouver des salles de réunion. Les personnes assumant plusieurs rôles se retrouvent avec des réunions qui se chevauchent. 

    Compte tenu de ces défis, le CE a approuvé un nouveau cycle selon lequel le Conseil Général et les réseaux (GAEN, GAPN, GASN, GMF) se réuniront en alternance, à partir de l’Assemblée de 2028. Les commissions se réuniront à chaque fois. 

    Dans le cadre de ce nouveau plan, les réunions du Conseil Général ou des réseaux auront lieu environ tous les 18 mois. 

    Le CE a également approuvé les modifications apportées aux documents relatifs aux mandats des réseaux et aux frais d’adhésion aux réseaux. 

    Les jeunes adultes se préparent et discernent 

    Le Comité YABs s’est réuni pour la première fois en présentiel avec les nouveaux représentants (Asie, Europe, Amérique du Nord) nommés après le Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS) de 2025. Dans leur rapport au CE, ils ont présenté une feuille de route pour les années à venir, comprenant un plan visant à entrer en contact avec de jeunes responsables afin de développer le Réseau YABs et à utiliser les réseaux sociaux comme outil pour communiquer avec les jeunes. 

    Le Comité YABs a poursuivi sa réflexion sur ses objectifs à long terme, notamment sur les moyens d’intégrer les délégués des YABs aux délégués du Conseil Général en 2028. 

    Le Comité YABs (Jeunes anabaptistes) présente son rapport au Comité exécutif lors de sa réunion de 2026.   Photo : Janet Plenert

    « Nous voulons honorer la sagesse du Conseil Général et prendre le temps de tester les différents changements afin de proposer une meilleure solution que celle qui n’a pas été adoptée en 2025 », a déclaré Valentina Kunze (Uruguay), présidente des YABs et représentante de l’Amérique latine. 

    Le comité et le mentor des YABs bénéficient désormais également du soutien du nouveau coordinateur des YAB, Isaac Nii Torgbor Gborbitey (Ghana), qui est également le représentant des YABs pour l’Afrique. 

    Le Comité exécutif a été encouragé par le travail du Comité YABs. « Vous avez travaillé dur et vous êtes une source d’inspiration pour nous », a déclaré Sipra Biswas (Inde), représentante de l’Asie au sein du Comité exécutif. 

    Enfin, le Comité Exécutif a examiné et approuvé le budget 2026, les rapports financiers 2025 et les projections pour 2027 et 2028. 

    « Cette importante réunion de discernement est aussi un espace où la guidance du Saint-Esprit nous transforme. Il s’agit d’un cheminement que nous faisons en communion les uns avec les autres et avec le Christ lui-même », déclare César García (Canada/Colombie), Secrétaire Général. 


  • Le renforcement de la communion est au cœur de l’action de la Conférence Mennonite Mondiale, « une communauté mondiale de foi dans la tradition anabaptiste ». « Les relations personnelles que nous tissons avec les Églises de nos régions respectives sont un pilier de la CMM », déclare Janet Plenert, directrice du renforcement de la communion. 

    Dans la nouvelle structure de la CMM, les représentants régionaux relèvent du service du renforcement de la communion. Danisa Ndlovu a été nommé responsable des relations inter-Églises, chargé de superviser les représentants régionaux. Il est bien connu en tant qu’ancien président de la CMM (2009-2015) et en tant qu’actuel représentant régional pour le sud de l’Afrique. Il a été évêque au sein de l’Église des Frères en Christ au Zimbabwe de 2000 à 2014. 

    « J’ai confiance en la sagesse, l’expérience et les connaissances de Danisa ; il s’acquittera admirablement de cette tâche », déclare Janet Plenert. 

    « Notre travail implique beaucoup de planification : visites, contacts avec les responsables d’Églises. Si nous ne planifions pas, nous planifions l’échec. Mais nous gardons à l’esprit que c’est Dieu qui détermine nos pas. Dieu fait aboutir nos projets », déclare Danisa Ndlovu. 

    Danisa Ndlovu représente également la CMM au sein du Conseil de ministère conjoint des conseils d’administration du Comité central mennonite des États-Unis et du Canada. 

    Nouveau représentant régional 

    David Chow rejoindra l’équipe des représentants régionaux le 1er avril 2026 afin de servir les dix Églises membres nord-américaines de la CMM. 

    Le rôle des représentants régionaux consiste au développement et à l’entretien des relations entre les membres, les membres associés et les membres potentiels de la CMM, les Églises locales, les organisations affiliées à la CMM et ses partenaires. Ils font le lien entre la communion mondiale et les membres d’une région. En tant qu’intermédiaires, ils transmettent les joies et les préoccupations des Églises à la CMM et expliquent et partagent les ressources et les opportunités de la communion mondiale avec les Églises locales. 

    David Chow est un Frère mennonite originaire de Calgary, en Alberta (Canada). Il a ressenti un appel au ministère dès son plus jeune âge et, à l’âge adulte, a trouvé sa famille spirituelle parmi les anabaptistes. Il a obtenu une maîtrise en théologie au Mennonite Brethren Biblical Seminary. David Chow et son épouse Charlene ont servi au sein de l’Église des Frères mennonites au Japon pendant deux ans. Il a exercé le ministère pastoral pendant près de 22 ans, en se consacrant à la création et au développement d’assemblées interculturelles. Il poursuit actuellement un certificat post-maîtrise en accompagnement spirituel. 

    « J’aime l’Église — tant la communauté locale que la communion mondiale. Au cours de mes études théologiques, j’ai fermement embrassé les croyances anabaptistes et je me suis engagé à les incarner et à les vivre », déclare David Chow. 

    « David Chow est connu pour son sens inné du relationnel et son écoute attentive. Nous sommes convaincus qu’il mettra ses compétences et son amour pour la mission de Dieu dans le monde au service de nos églises membres en Amérique du Nord », déclare Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises. 

    La recherche d’un représentant régional pour l’Afrique centrale et occidentale se poursuit, suite à la nomination de Siaka Traoré au sein du Bureau en tant que consultant continental. 

    Le Comité YABs (Jeunes anabaptistes) opère également au sein du service du renforcement de la communion. Le représentant pour l’Afrique, Isaac Nii Torgbor Gborbitey, a été nommé coordinateur des jeunes anabaptistes (YABs) à compter du 1er mars 2026. Son rôle consistera principalement à gérer, coordonner et mettre en œuvre les aspects logistiques des programmes et rencontres du YABs. 

    Isaac Gborbitey est membre de l’Église mennonite du Ghana. Il est titulaire d’une licence en sciences biomédicales de l’université de Cape Coast au Ghana. Il a participé à des activités de recherche communautaires, a suivi une formation en gestion de projet et en engagement des jeunes, et a travaillé avec des groupes de bénévoles ainsi que dans l’organisation de rencontres et de manifestations. 

    « Dans son rôle de bénévole en tant que représentant des YABs pour l’Afrique, Isaac a été très actif. Il a collaboré avec des groupes de jeunes adultes dans toute la région. Nous sommes ravis de pouvoir continuer à bénéficier de ses compétences et de sa passion au service de l’Église alors qu’il rejoint le personnel », déclare Ebenezer Mondez, responsable des YABs (anciennement mentor des YABs). 


  • Perspectivas — Inde 

    Ce que m’a apporté ma participation à l’ensemble international 

    Je rends grâce à Dieu pour le don de la musique dans nos vies. Je considère comme une grâce divine d’avoir pu faire partie de l’ensemble international de la Conférence mennonite mondiale pour l’Assemblée 2022 en Indonésie. J’en rêvais depuis que j’avais assisté à l’Assemblée de 2003 au Zimbabwe. 

    Participer à la musique lors des Assemblées mondiales de la CMM m’a permis d’apprendre des chants dans différentes langues. De prime abord, je me suis dit que la prononciation des paroles était étrange. Il arrive que des mots dans d’autres langues présentent des similitudes avec ma langue, mais cela donne un sens très amusant ! 

    À mesure que je me suis habitué à chanter ces chants dans différentes langues, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Apprendre ces chants est devenu mon activité préférée. 

    Une grande famille mondiale 

    En chantant des cantiques dans différentes langues, j’ai le sentiment de faire partie de la famille de mes frères et sœurs qui parlent la langue chantée. Je me sens uni à eux, à leur style musical et à leur culture.  

    Chanter dans différentes langues avec la chorale de l’Assemblée, avec des frères et sœurs de différents continents, me donne également une image du paradis. 

    Des chansons comme « Dalam Yesu/En Jésus, nous sommes une seule famille » m’aident à prendre conscience que je fais partie d’une grande famille mondiale. J’ai de nombreux frères et sœurs qui me soutiennent dans toutes les situations que je traverse. 

    Le chant « True Evangelical Faith » m’a particulièrement marqué, car il me rappelle toujours d’examiner ma foi et m’encourage à vivre comme un véritable disciple du Christ. 

    Chanter ces cantiques a également uni ma famille. Lorsque je m’entraînais à chanter des chants pour l’Assemblée, en particulier des chants dans d’autres langues, mes jeunes filles se joignaient à moi pour les chanter. Elles ont appris la prononciation bien plus vite que moi. En famille, nous avons passé de nombreuses heures à apprendre ces chants ensemble, dans l’unité. 

    Cultiver le respect et la curiosité 

    Ce que j’ai appris à l’Assemblée a été transmis à l’Église où j’étais engagé. J’ai enseigné de nombreux chants dans différentes langues, tels que « Som’Landela », « We want peace », « Hakuna akaita », « Solo el amor », « Siyahamba », « Alabare », « Tapaiko cheuma » (Je suis ton enfant), « Segala puji syukur » (Criez de joie), « Kirisuto no heiwa ga » (Que la paix du Christ), etc. 

    J’ai traduit certains de ces cantiques en hindi afin que les membres de l’Église puissent facilement les apprendre et les chanter. Chanter en anglais et en hindi nous apporte de la clarté quant au message du chant, ce qui est important pour la conviction et la participation. Les gens sont généralement plus à l’aise lorsqu’ils chantent dans une langue qu’ils comprennent. 

    Cependant, j’encourage généralement les gens à chanter au moins un couplet ou le refrain dans la langue originale. 

    Lorsque les membres de notre Église apprennent différents mots dans une langue étrangère, cela aide les gens à ressentir la dimension mondiale du chant, cela suscite le respect et la curiosité pour les autres cultures et donne au moment un sentiment plus fort de communion et de sens. En fin de compte, cela aide l’assemblée à se sentir unie avec la famille mondiale.  

    Comprendre l’Esprit de Dieu 

    L’une des membres de mon assemblée a partagé que le fait de chanter dans différentes langues l’aidait à comprendre la gratitude de Dieu. Cela se reflète dans la langue, la structure musicale et la culture. Même si nous ne comprenons pas toujours pleinement le sens des chants dans différentes langues, nous ressentons que Dieu a insufflé sa joie et son Esprit dans les paroles et la musique. 

    Chanter des chants tels que « You’re not alone » (Tu n’es pas seul) l’a aidée à comprendre que nous sommes unis. 

    Nous partageons nos peines et nos joies les uns avec les autres et nous nous soutenons mutuellement dans les situations difficiles. 

    Chanter les cantiques de l’Assemblée l’a aidée à comprendre qu’elle a sa place dans l’assemblée en tant que membre de la famille, pour prendre soin des autres membres qui sont dans le besoin. 

    En conclusion, je voudrais dire que les chants de l’Assemblée ont été une force très efficace pour unir l’Église dans sa compréhension de Dieu, de sa place et de son rôle au sein de la famille mondiale. 

    Ashish Kumar Milap est pasteur à l’Église mennonite de Sunderganj à Dhamtari, en Inde, où il sert une assemblée de 1 040 membres baptisés. En 2022, il a participé à l’Assemblée en Indonésie en tant que membre d’une chorale internationale. 


  • Perspectives — Zimbabwe  

    Ma première véritable rencontre avec la CMM a eu lieu lors de l’Assemblée de 2003, qui s’est tenue à Bulawayo, au Zimbabwe, ici en Afrique. Ce fut une expérience de louange internationale et multiculturelle tout à fait extraordinaire. Les mélodies issues de cultures et de traditions variées se sont harmonisées, laissant une empreinte indélébile dans mon âme. 

    Cette expérience a suscité en moi une passion pour la louange mondiale qui continue de m’inspirer, ainsi que la plupart des membres de l’Église des frères en Christ, encore aujourd’hui ! 

    L’Assemblée de 2003 de la CMM au Zimbabwe a marqué un événement important dans la communauté anabaptiste mondiale. L’un des impacts durables s’est fait ressentir sur les styles musicaux des Églises locales au Zimbabwe. Cette influence se manifeste dans le mélange des rythmes traditionnels zimbabwéens avec les hymnes occidentaux et la musique chrétienne contemporaine. 

    Musique traditionnelle zimbabwéenne et culte anabaptiste 

    Au Zimbabwe, la musique traditionnelle fait partie intégrante de l’identité culturelle. Les instruments à percussion, tels que les tambours, les hochets et les maracas, sont couramment utilisés dans le culte. 

    Après 2003, certaines Églises des Frères en Christ ont commencé à intégrer ces éléments dans leurs cultes, en les fusionnant avec des instruments occidentaux, tels que la guitare et le synthétiseur, créant ainsi un son unique qui trouve un écho auprès des fidèles de la région. 

    En réalité, la majorité des assemblées zimbabwéennes a généralisé l’usage d’instruments de musique pour accompagner la louange. Cette pratique s’est même étendue aux assemblées des zones rurales, où les fidèles se limitaient auparavant au chant a cappella. 

    L’influence de la musique anabaptiste 

    L’Assemblée de la CMM a réuni des musiciens issus de diverses traditions anabaptistes. Cette rencontre a conduit à l’adoption de chants tels que « Over my head, I hear music in the air ! » (Une chanson folklorique afro-américaine adaptée à un rythme zimbabwéen dans les assemblées locales). 

    De nombreuses Églises ont commencé à utiliser des chants mêlant cantiques traditionnels et chants de louange contemporains d’Afrique et d’Amérique latine. 

    Le recours à des éléments traditionnels s’est révélé particulièrement évident pour favoriser l’épanouissement et la louange dans un contexte africain. Cela a renforcé l’utilisation du mouvement dans le chant, celui-ci venant naturellement aux populations autochtones d’Afrique. Des interprétations telles que « Hakuna akaita sa Jesu » (Il n’y a vraiment personne comme Jésus) et « Jes’ uya khazimula » (Jésus brille toujours) ont pris un sens nouveau et ont gagné en popularité sous l’influence directe de la musique anabaptiste. 

    Un certain nombre d’autres refrains en langues « étrangères », tels que « Obrigado Senhor » (Merci, Jésus) et des chants de l’Assemblée au Zimbabwe de 2003, ont également été intégrés à la musique du culte local. 

    Impact sur le culte 

    Le mélange des styles musicaux a influencé les pratiques cultuelles. Les cultes sont plus participatifs, les fidèles chantant en ndébélé, en shona et en anglais. Certaines Églises ont introduit la danse, intégrant ainsi des mouvements traditionnels zimbabwéens. 

    Ce changement a rendu le culte plus expressif et plus adapté à la culture locale. 

    L’Assemblée de la CMM au Zimbabwe a largement contribué à inciter indirectement les assemblées locales à apprécier la diversité culturelle dans la musique de culte. 

    Le fait de chanter des chants tirés d’un recueil commun comme le livre de chants de la CMM a eu plusieurs effets sur les assemblées. Les chants communs favorisent un sentiment d’unité et une expérience de foi partagée parmi les membres de l’assemblée. Ils les relient à une communauté plus large de croyants et croyantes de différentes cultures et de différents endroits. 

    Défis et opportunités 

    Si cette fusion musicale a enrichi le culte, elle a également posé des défis. Certaines assemblées ont du mal à trouver un équilibre entre tradition et nouveauté. Il arrive que les membres plus âgés préfèrent les cantiques traditionnels, alors que les plus jeunes privilégient souvent les styles contemporains. Ce fossé générationnel nécessite une navigation prudente de la part des jeunes membres et des responsables d’Églises. 

    Les jeunes du district de Bulawayo, de l’Église des frères en Christ, ont pris une initiative proactive pour s’efforcer de satisfaire tout le monde en formant la chorale des jeunes du district de Bulawayo. 

    Le groupe a transformé les cantiques traditionnels afin de les rendre plus accessibles à tous les âges, en utilisant des instruments locaux et occidentaux dans leurs groupes de louange dirigés par des jeunes. 

    L’Assemblée 2003 de la CMM a encouragé une louange davantage adaptée au contexte local dans les assemblées BICC du Zimbabwe. En adoptant les traditions musicales locales, les Églises ont créé des expériences de louange à la fois authentiquement zimbabwéennes et connectées au reste du monde. 

    Ce mélange de styles reflète l’importance accordée par les anabaptistes à la communauté et à la pertinence culturelle. 

    Alors que les assemblées zimbabwéennes continuent d’évoluer, leur musique reste un témoignage de la puissance de la foi exprimée à travers la culture locale. 

    Les effets les plus durables laissés par la CMM sont l’engagement émotionnel et spirituel, les liens et les échanges culturels, et surtout les sentiments de joie, de dévotion et de contemplation qui ont été suscités, améliorant ainsi efficacement la manière de vivre le culte. 

    Nelson G. Muzarabani est membre de la BICC Entumbane à Bulawayo, au Zimbabwe, et ancien de la BICC Zimbabwe, où il a occupé le poste de secrétaire de la conférence pendant près de 10 ans. Musicien de formation, il est actif dans le ministère de la musique de l’Église ainsi que dans d’autres activités. Il a pris sa retraite des secteurs public et privé, où il a travaillé pendant un peu plus de 35 ans en tant qu’éducateur, chercheur/historien/archiviste, administrateur et gestionnaire.


  • Perspectives — Amérique du Nord 

    Chanter les cantiques du recueil de la CMM en Pennsylvanie

    « Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, Seigneur, et glorifier ton nom » (Psaumes 86.9). 

    Lorsque nous entonnons des chants issus du Recueil international de la Conférence mennonite mondiale, nous mettons en pratique l’hospitalité et l’accueil. Chanter des chants d’autres cultures nous relie également à l’Église mondiale. 

    Des chants tels que « Here I am to worship », « Way Maker » et « How great thou art » s’intègrent parfaitement dans le répertoire musical de l’Église mennonite de Neffsville. D’autres, comme « Cantai ao Senhor », « Kwake Yesu Nasimama » et « Tú Eres Todopoderso », sont plus difficiles à intégrer. 

    Notre assemblée est majoritairement blanche, et beaucoup de ses membres sont d’origine mennonite suisse ou allemande. Cependant, nous avons également des membres originaires de Porto Rico, d’Haïti, du Kenya et d’Ouganda. Chanter des chants dans leur langue maternelle est une façon de leur montrer qu’ils ont vraiment leur place parmi nous. 

    De plus, bon nombre de nos membres ont été missionnaires en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Chanter des chants du recueil de la CMM les encourage également.  

    Permettez-moi de vous donner deux exemples illustrant comment les chants ont exprimé concrètement l’accueil et la solidarité.  

    Un chant préféré dans sa « langue de cœur »  

    Il y a environ trois ans, un missionnaire péruvien que nous soutenons s’est rendu à Neffsville pour y prêcher un dimanche. Ce matin-là, nous avons entonné « Tu Estas Aqui ». Alors que nous chantions, des larmes ont commencé à couler sur ses joues. Il n’aurait jamais pensé entendre un chant dans sa langue maternelle dans une église mennonite de Lancaster, en Pennsylvanie !  

    J’ai appris plus tard que « Tu Estas Aqui » était l’un de ses cantiques préférés. Lui et sa famille se sont sentis accueillis de manière plus profonde, simplement parce que nous avons chanté dans sa langue maternelle pendant le culte.  

    Dieu accueille un invité à sa manière 

    Le deuxième exemple est récent. Nous avons chanté « Cantai ao Senhor » lors de notre culte en portugais et en anglais.  

    Ce dimanche-là, une famille originaire du Brésil, qui parle portugais à la maison, rendait visite à notre Église pour la première fois ! 

    Certains membres de notre assemblée se sont demandé pourquoi nous chantions en portugais. Ils ne connaissaient personne dans notre communauté originaire d’un pays lusophone. 

    Mais voilà comment Dieu agit ! Cette famille était ravie qu’une Église de Lancaster, en Pennsylvanie, chante dans leur langue maternelle.  

    Ils se sont sentis accueillis d’une manière qui dépassait largement ce qu’une simple poignée de main aurait pu exprimer. Ils se sont sentis reconnus. 

    La musique relie le monde entier 

    L’un des objectifs que je me suis fixé cette année est que nous chantions en Église, dans la plupart de nos cultes, au moins un chant issu d’une culture non majoritaire. Les cantiques du recueil de la CMM nous aident à le faire et nous relient ainsi profondément à nos frères et sœurs anabaptistes du monde entier. Lorsque, comme le dit le Psaume 86.9, nous « glorifions le nom de Dieu », nous le faisons avec les chants de « toutes les nations ».  

    Après tout, lorsque nous arriverons au ciel, il y aura des personnes de toutes les nations : tous celles et ceux qui, en Christ, auront vécu. Nous tous, avec nos cultures, nos langues et nos origines diverses, chanterons : « Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’Agneau » (Apocalypse 7.10b).  

    Chanter des cantiques d’autres cultures et langues (en particulier ceux du recueil de chants de la CMM, dont beaucoup figurent également dans notre propre recueil, Voices Together) est un bon exercice pour nous.  

    Rashard Allen est directeur musical et responsable du culte à l’Église mennonite de Neffsville, à Lancaster, en Pennsylvanie (États-Unis). Il a découvert le recueil de chants de la CMM en participant à l’ensemble international pour l’Assemblée de la CMM en Indonésie en 2022. Depuis, il a animé des ateliers sur la louange dans des assemblées mennonites en Ouganda et a coordonné les cinq chorales internationales lors de la commémoration « 500 ans d’anabaptisme » à Zurich en 2025. 


  • Courrier : « Un messager… chargé de transmettre des nouvelles. » C’est ainsi que Paul N. Kraybill, Secrétaire général, a présenté le nouveau magazine de la CMM dans son premier numéro en 1986. 

    « L’Assemblée de la Conférence mennonite mondiale de 1984 à Strasbourg a fait écho à un cri souvent entendu auparavant et depuis. Nous ne nous connaissons pas assez les uns les autres. Nous formons une communauté mondiale, mais nos connaissances sont locales et limitées. Malgré nos presses, nos éditeurs et nos publications, il n’y a pas de messager international ! », écrivait-il. 

    Ainsi : « La Conférence mennonite mondiale est heureuse de présenter Courrier, une nouvelle revue. 

    Courrier est spécialement conçu pour être un messager relayant des nouvelles vers et depuis toutes les parties de la communauté mondiale mennonite. 

    Nous accueillons avec reconnaissance vos réponses, commentaires, suggestions, critiques et contributions — afin que ce magazine devienne véritablement un “courrier”, portant des messages dans les deux sens, à travers toutes les régions du monde. » 

    Depuis lors et jusqu’en 2026, le magazine a connu des changements et continuera d’en connaître ! Mais notre objectif reste d’être un lieu où la famille mondiale peut apprendre à se connaître. 

    Votre point de vue 

    Et nous souhaitons toujours entendre votre point de vue :  

    En quoi Courrier vous forme-t-il, vous inspire-t-il et vous aide-t-il à mieux comprendre la famille anabaptiste ? 

    Quelles réflexions et quels témoignages tirés de vos lectures vous ont marqué longtemps après avoir posé le magazine ? 

    Rejoignez la discussion  

    Nous vous invitons à vous joindre à nous pour échanger. Les membres de notre famille mondiale possèdent une riche expérience et une grande sagesse qui leur permettent de partager au-delà des frontières géographiques et culturelles. Nous travaillons actuellement à la mise en place d’une initiative visant à apprendre ensemble dans le cadre d’un webinaire. Restez à l’écoute pour les prochaines annonces concernant ce webinaire. 

    Alors que nous constatons la désunion et les désaccords autour de nous, y compris dans l’Église, puissions-nous apprendre à vivre la grâce et à accueillir la diversité. 


  • De gauche à droite, John M. Sean, secrétaire général du KMKT, et Emmanuel Hagai, secrétaire général du KMT. Photo : Liesa Unger

    L’Assemblée de la CMM reste en Afrique de l’Est

    « Construire ensemble le corps du Christ et renforcer la fraternité mondiale [voilà la vision qui sous-tend la décision d’accueillir l’Assemblée mondiale de l’Église anabaptiste] », déclare l’évêque Nelson Kisare, de la Kanisa la Mennonite Tanzania.

    Le Comité Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale a accepté l’invitation des églises membres de Tanzanie à accueillir la 18e Assemblée mondiale en 2028. Ce rassemblement de cinq jours réunissant des anabaptistes du monde entier aura lieu lors des deux premières semaines de juin. Le thème est en cours de finalisation.

    La Tanzanie compte plus de 46 000 mennonites répartis dans deux églises membres de la CMM : Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (Église évangélique mennonite de Tanzanie).

    « Nous attendons environ 1 500 à 2 000 participants venus d’autres continents, et 500 à 1 000 d’autres pays d’Afrique », déclare Liesa Unger, responsable des événements internationaux. « Les responsables d’Églises tanzaniennes s’attendent à ce que plus de 2 500 participants locaux assistent à l’ensemble de l’Assemblée et à ce que 200 supplémentaires participent au culte de clôture samedi. »

    La KMT est la plus ancienne union d’églises mennonites d’Afrique de l’Est, fondée dans les années 1930. Des vagues de réveil ont traversé la Tanzanie des années 1940 aux années 1960. Des évangélistes tanzaniens issus des églises mennonites ont apporté l’Évangile au Kenya, y établissant l’Église mennonite.

    En 1971, le nom de l’Église nationale a été changé de l’anglais au swahili, reflétant la direction africaine de l’Église qui avait commencé avec la nomination des pasteurs Ezekiel Muganda et Andrea Mabeba en 1950 et celle de l’évêque Zedekiah Kisare en 1964. Actuellement, Emmanuel Hagai occupe le poste de secrétaire general et Nelson Kisare celui d’évêque président.

    La KMKT a été créée en 1988, dans le prolongement de la KMT. En 2005, elle a été reconnue comme Église par le gouvernement national. Leur mission consiste à partager l’Évangile, à encourager les jeunes à suivre Jésus et à participer aux activités de l’Église, ainsi qu’à servir la communauté par le don de sang volontaire et l’aide aux plus démunis. Elle est actuellement dirigée par John Sean, secrétaire general, et Lameck Manji, evêque président.

    Les mennonites de Tanzanie gèrent plusieurs écoles, du primaire au supérieur, ainsi que plusieurs hôpitaux et centres de santé.

    « Notre groupe continental africain apporte son soutien à cette invitation adressée à notre famille anabaptiste mondiale de venir en Tanzanie », déclare Samson Omondi, représentant du Comité Exécutif pour l’Afrique et évêque de l’Église mennonite du Kenya.

    African women's choir stand at the front of the church
    Les chorales font partie intégrante des cultes dans les assemblées du KMT, comme ici à Arusha.Photo : Liesa Unger

    « Nous espérons proposer des options d’Assemblée Dispersée non seulement en Tanzanie, mais aussi dans d’autres régions d’Afrique de l’Est », ajoute Nelson Martínez, coordinateur logistique. (Les Assemblée Dispersées sont des excursions avant et après l’Assemblée Réunie qui permettent à de petits groupes de découvrir la région et de prier avec les assemblées locales.)

    Le nouveau lieu de l’Assemblée a dû être choisi seulement deux ans avant l’événement, après que l’hôte initial, la MKC en Éthiopie, ait retiré son invitation.

    « Depuis des années, notre rêve était d’organiser la 18e Assemblée en Afrique. Cela clôt notre décennie de Renouveau, marquant les 500 ans de l’anabaptisme par une célébration sur le continent où l’anabaptisme connaît la croissance la plus rapide », déclare César García, Secrétaire General de la CMM. « Nous nous réjouissons de cette occasion de tisser des liens et d’apprendre à mieux connaître nos frères et sœurs en Tanzanie, tout en partageant mutuellement nos dons à travers ce grand rassemblement. »

    « Malgré certaines difficultés prévisibles, nous pensons que la tenue de l’Assemblée à Arusha sera une expérience unique et positive. Le fait qu’elle se déroule dans un lieu relativement petit nous aidera à nous rapprocher les uns des autres. L’engagement des Églises apportera de la joie et de nombreuses bonnes volontés à l’Assemblée », déclare Liesa Unger.



  • Perspectives — Allemagne 

    Comment la musique des rencontres mondiales enrichit mon Église 

    Depuis qu’un animateur de colo m’a appris mes premiers accords de guitare, il y a bien des années, la musique occupe une place importante dans ma vie. J’aime également rencontrer des chrétiens issus d’autres cultures. 

    J’ai à ce jour participé à quatre Assemblées mondiales de la Conférence mennonite mondiale. Je suis émerveillé de voir comment notre foi partagée fait surgir la diversité au sein de notre unité. Le chant de bénédiction japonais « Kirisuto no heiwa ga » a trouvé sa place dans mon cœur, tout comme le chant latino-américain « Adorad a Jesus » et le chant en anglais « Way Maker ». 

    Les rythmes et les mélodies évoquent en moi des images de rencontres et des sentiments de joie et de proximité. 

    Avec ma guitare, j’ai été invité à faire partie du groupe de musique international lors du culte monumental commémorant le 500e anniversaire du mouvement anabaptiste à Zurich. Un esprit de respect mutuel nous a conduit à apprendre les différents styles musicaux qui caractérisent les chants. 

    Pendant les répétitions communes et le culte, j’ai eu l’impression que le paradis était descendu parmi nous. Une communauté mondiale a rendu gloire à notre Dieu digne de louange dans de nombreuses langues et expressions musicales. 

    Le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale est l’une des occasions où les chants de la famille mondiale peuvent exprimer leur capacité à unir. Je suis heureux de partager mes propres récits de rencontres lors des Assemblées de la CMM en Indonésie (2022), aux États-Unis (2015), au Paraguay (2009) et en Inde (1997). 

    En chantant les cantiques dans leur langue originale, nous ressentons une proximité particulière avec la famille mondiale. Pour certains chants, j’ai également développé des textes en allemand. Les paroles allemandes rendent audibles certains aspects de notre foi commune. 

    En ce moment, je me prépare pour la CMERK* qui aura lieu cette année, en mai, aux Pays-Bas. En plus des chants européens, nous profiterons également de cette occasion pour chanter des chants des Assemblées de la CMM. 

    Avec des chants comme « Ewe Tina » et « Hakuna Akaita Sa Jesu », nous aimerions inciter les gens à participer à la prochaine Assemblée de la CMM, qui devrait se tenir en Afrique en 2028. C’est en tout cas mon espoir, car ces chants déploient leur esprit de guérison et de joie — bien sûr — dans la communauté mondiale. 

    *CMERK, une rencontre régionale pour toutes les Églises mennonites européennes, est une combinaison de deux noms pour l’événement : Conférence Mennonite Européenne (français) + Mennonitische Europäische
    Regionale Konferenz (allemand). La rencontre aura lieu du 14 au 17 mai 2026 aux Pays-Bas. 

    Wilhelm Unger est pasteur des Églises mennonites de Friedelseim et Limburgerhof-Kohlhof (qui font partie de l’union d’Églises membre de la CMM Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer
    Gemeinden in Deutschland) en Allemagne. 


  • À la fin du Sommet mondial de la jeunesse (GYS) en Allemagne, les participants se sont
    rassemblés autour d’un feu de joie pour chanter et faire du pain ensemble. Photo: Irma Sulistyorini

    La colonne des responsables de la CMM 

    Les possibilités qui s’offrent à nous sont extraordinaires : un monde dans lequel les gens sont suffisamment guéris pour connaître leur valeur et donc capables d’entretenir des relations marquées par une intimité, une dignité et un respect authentiques. Un monde dans lequel de puissantes technologies et des connexions mondiales comblent les fossés plutôt que de les creuser, devenant des outils de compréhension mutuelle et d’épanouissement partagé. 

    En même temps, nous reconnaissons la réalité de notre époque. Partout dans le monde, de nombreuses personnes vivent dans des endroits où règne la peur, des endroits marqués par la violence, les déracinements, l’incertitude économique, la crise climatique et une profonde polarisation sociale. La peur résonne fort. Elle nous incite à nous replier sur nous-mêmes, à protéger ce qui nous appartient et à imaginer que la survie est le mieux que nous puissions espérer. 

    Et pourtant, il ne s’agit pas seulement de difficultés à subir. Ce sont aussi des moments qui éveillent notre courage. 

    Au sein de la famille anabaptiste mondiale, les communautés redécouvrent leur voix, leur capacité d’action et leur vocation à vivre différemment. La solidarité, telle que la comprend la Conférence mennonite mondiale, n’est pas un accord passif ou une préoccupation lointaine. C’est un choix fidèle de rester connecté : choisir la relation plutôt que l’isolement, l’accompagnement plutôt que le contrôle, et l’espoir plutôt que la peur. 

    Cette solidarité se vit lorsque nous écoutons attentivement à travers les cultures, lorsque l’expérience vécue façonne notre discernement commun et lorsque nous choisissons de ne pas nous retirer malgré l’incertitude de l’avenir. 

    Elle nous rappelle que la guérison est possible, qu’une nouvelle vie peut émerger des situations difficiles et que l’unité est quelque chose qui se travaille avec patience et attention. 

    À l’aube de 2026, nous sommes invités à prendre soin de ce qui nous a été confié : construire des espaces de confiance, renforcer les liens d’amour et façonner un avenir marqué par la paix du Christ. 

    Ce que nous construirons ne sera pas parfait, mais peut être empreint de fidélité. 

    Puissions-nous nous ouvrir à la grâce que Dieu nous a déjà donnée et la vivre à travers la solidarité, en marchant ensemble dans l’humilité, en nous choisissant les uns les autres avec courage et en faisant confiance à l’Esprit qui nous unit. 

    2025 headshot

    Lisa Carr-Pries est vice-présidente de la CMM (2022-2031). Elle est directrice des soins spirituels à Parkwood Community (établissement de soins de longue durée/maison de retraite) à Waterloo, dans l’Ontario, au Canada, et est membre de l’Église mennonite Nith Valley, dans l’Ontario, au Canada. 


  • Binuangan Mennonite Christian Church, aux Philippines, a célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale en chantant «What a Friend We Have in Jesus», «Blessed Assurance», «Trust and Obey» et «God You’re Good». Certains de ces cantiques ont été chantés en ilocano, une langue couramment utilisée parallèlement à d’autres dialectes locaux tels que le kankanaey, le bugkalot, l’ibaloi, le kalanguya et d’autres encore.

    Secrétaire Général

    La créativité nous aide à avoir l’imagination nécessaire pour visualiser des choses que nous n’avons encore jamais vu ni expérimenté. 

    Lorsque j’ai découvert l’histoire de Dirk Willems, cet anabaptiste emprisonné qui sauva son poursuivant tombé à travers la glace, je devais autrefois me représenter la scène par l’imagination. Depuis mon installation au Canada en 2019, j’ai vu de mes propres yeux des lacs et des rivières figés par le gel. Marcher sur la glace est une réalité tangible — tout aussi réelle que l’Esprit du Dieu d’amour à l’œuvre dans la vie de Dirk Willems et dans celle de son poursuivant. 

    Aujourd’hui, face à ce monde fracturé, rempli de colère, de violence et de désaccords — hélas, même au sein de l’Église — mettons notre imagination au défi de vivre dans le monde de shalom auquel Dieu nous appelle. 

    • À quoi ressemblerait le monde s’il était peuplé de personnes comme Dirk Willems ? 
    • Et si nous apprenions à reconnaître Jésus dans le visage de ceux que nous considérons comme nos ennemis ? 
    • Comment devenir une Église mondiale dont la pierre angulaire serait l’amour mutuel entre chrétiens, un amour prêt à aller jusqu’au don de sa propre vie ? 
    • Comment vivre concrètement cet amour dans nos familles, sur nos lieux de travail et au cœur de nos quartiers ? 

    C’est cette manière de vivre qui nous permet de comprendre profondément l’autre, en l’écoutant et en lui parlant dans l’amour. 

    Lorsque nous chantons, comme on le découvre dans ce numéro, nous éveillons notre imagination. Nous chantons notre amour pour Dieu et pour les autres, et la musique nous émeut et nous fait ressentir cet amour. Dans l’harmonie, nous donnons corps à notre imagination en manifestant l’unité au cœur même de la diversité. 

    Demandons à Dieu sa présence pour nous aider à vivre selon cette imagination dans chacune de nos relations. 

    headshot: César García

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cette réflexion est adaptée d’une lettre du secrétaire général à l’occasion des fêtes religieuses.


    group of  Filipino singing at a church