Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • La colonne des responsables de la CMM

    Le mot « solidarité » vient du latin solidus — entier, solide, uni. C’est bien plus que de la sympathie (« Je suis désolé pour toi ») ou de l’empathie (« Je comprends ce que tu ressens »). La solidarité, c’est dire : « Je serai à tes côtés. » C’est la volonté de porter les fardeaux les uns des autres.

    Récemment, notre Église a étudié Matthieu 9.9-13. Un passage qui nous donne une image claire de cette solidarité à l’image du Christ. Jésus ne sauve pas à distance. Il se fait homme et s’assoit à table avec les publicains et les pécheurs. Il se tient aux côtés de ceux que les autres évitent.

    Comme l’a observé John Stott, la croix révèle d’abord l’identification de Dieu avec les pécheurs avant de révéler le jugement de Dieu contre le péché.

    La solidarité est le témoignage même de l’Incarnation.

    Maranatha, notre Église locale, a goûté à cette grâce. Lorsque notre communauté, composée d’Indonésiens et d’Américains, a commencé à célébrer le culte aux côtés d’immigrés issus de diverses origines ethniques, nous avons découvert que la solidarité n’est pas un programme, mais une table.

    Nous avons écouté des récits de déracinement, partagé des repas, prié dans plusieurs langues et porté des fardeaux qui n’étaient pas les nôtres à l’origine. À ces moments-là, les paroles de Bonhoeffer ont résonné avec force : « L’Église n’est l’Église que lorsqu’elle existe pour les autres. »

    Tout au long des Évangiles, Jésus forme une communauté qui se tient aux côtés des pauvres, de ceux qui pleurent, des humbles, des malades et des oubliés. La solidarité, c’est se tenir les uns aux côtés des autres : c’est la force qui fait du corps du Christ un tout.

    Puisse la famille mondiale de la Conférence mennonite mondiale incarner, en 2026, cette solidarité ferme, unie et à l’image du Christ, avec courage et joie.

    —Sunoko Lin est trésorier de la CMM et est membre du bureau du Comité exécutif. Il est également pasteur de la Maranatha Christian Fellowship, une Église membre de la LMC située en Californie.


  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9e édition annuelle de la rencontre ‘ Renouveau’ de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10).

    La rencontre ‘Renouveau’ a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes).

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents.

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement.

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile.

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. »

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse.

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    « Bayanihan » n’était pas seulement une métaphore pour Renouveau 2026 : il a été vécu concrètement. Des responsables de l’IMC, dont le pasteur Joel De Leon, le président de l’IMC Zaldy Magansay et le pasteur Richard Rancap, ont transporté une hutte en nipa jusqu’au lieu de la rencontre.

    « Cela incarne l’esprit d’unité communautaire, de coopération et de soutien mutuel », explique l’évêque Eladio Mondez, de l’IMC. « Au-delà de son sens littéral, Bayanihan symbolise le puissant sens de la communauté qui anime le peuple philippin, où chacun aide volontiers son prochain sans rien attendre en retour, en particulier en cas de besoin, de catastrophe ou lors d’activités communautaires. Cela reflète la profonde importance que revêtent l’effort collectif et le soutien mutuel dans la société philippine. »

     La solidarité repose sur un témoignage commun

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme.

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. »

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. »

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction.

    Doug Klassen, ministre exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada.

    « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. »

    Le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, président de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM.

    Le rassemblement ‘Renouveau’ s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale.

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM.

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de ‘Renouveau’. « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. »

    Prière de clôture

    Dieu miséricordieux, Prince de la Paix,

    Nous te rendons grâce pour ce cœur qui bat à l’unisson au sein de cette famille mondiale. Alors que nous clôturons ce temps de renouveau, nos cœurs sont comblés. Nous te rendons grâce pour la diversité des voix, la variété des langues et l’Esprit unique qui nous a rassemblés à l’ombre de ta grâce.

    Seigneur, nous te demandons de ne pas laisser s’éteindre le feu du renouveau que nous avons ressenti ici aujourd’hui. Comme des lampes dans les ténèbres, que la vérité de ta Parole demeure ferme en nous et éclaire nos pas. Que ton Esprit reste notre guide et source de notre force.

    Alors que nous retournons aux quatre coins du monde, accorde-nous le courage d’être tes mains et tes pieds. Là où règnent les conflits, fais de nous des artisans de paix. Là où règne l’injustice, fais de nous des chercheurs de ta justice. Et là où règne le désespoir, fais de nous des porteurs de la lumière de ton espérance.

    Puissions-nous marcher à la suite de Jésus – enracinés dans la communauté, engagés à servir et débordants de ton amour. Nous partons maintenant, non seulement en tant qu’individus, mais en tant que corps mondial de croyants, renouvelés et prêts à servir.

    Au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Paix,

    Amen.

    Felipe Magbuhos Jr., directeur de l’éducation à l’IMC, pasteur 

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    Brève histoire des mennonites aux Philippines

    L’engagement mennonite aux Philippines a débuté peu après la Seconde Guerre mondiale, principalement par l’intermédiaire du Comité central mennonite (MCC).

    Le Comité central mennonite (MCC) a commencé son travail aux Philippines vers 1947 en apportant une aide d’urgence d’après-guerre, une assistance médicale et un soutien à la reconstruction. Cette action a fait connaître les mennonites auprès des communautés philippines, en particulier dans les régions rurales et économiquement défavorisées.

    En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée et a débuté en tant qu’organisation missionnaire philippine indépendante, ancrée dans le travail d’évangélisation local, notamment au sein des communautés rurales et tribales du nord de Luzon.

    Au fil du temps, MNI a développé des partenariats avec des agences missionnaires mennonites nord-américaines. Ces collaborations comprenaient le soutien d’agences telles que Eastern Mennonite Missions (anciennement Eastern Mennonite Board of Missions and Charities), qui a travaillé avec MNI au développement des responsables et à l’implantation d’Églises.

    En 1987, MNI a connu des conflits internes et des changements d’orientation. En 1991, les membres du mouvement qui restaient fermement attachés aux enseignements mennonites se sont réorganisés pour former l’Église mennonite intégrée (IMC).

    L’IMC a rejoint la grande famille mennonite mondiale en adhérant à la Conférence mennonite mondiale en 1992.


  • Lors de ‘Renouveau 2026’, les danses sont l’expression de la culture et de l’unité

    « La danse utilise des mouvements familiers pour entrer en communion avec Dieu, créer des liens au sein de la communauté et exprimer notre gratitude, tout en mettant en valeur nos pratiques culturelles, en particulier lors des célébrations », explique Marcial Arenos, de l’Église chrétien mennonite de Binuangan, district Nord de l’Integrated Mennonite Church aux Philippines. « C’est une expression corporelle de la célébration qui implique une participation collective. »

    Le programme de ‘Renouveau 2026’ aux Philippines a été ponctué de danses culturelles issues de plusieurs districts de l’IMC aux origines culturelles distinctes. Les représentations de groupes de danse locaux issus de ces districts constituent également un élément caractéristique des rassemblements régionaux et culturels de l’IMC.

    Ces danses mettent en scène des costumes traditionnels (cousus par les membres de l’Église), des gestes symboliques et des mouvements répétitifs qui racontent une histoire. Ces éléments reflètent les traditions et les valeurs des communautés, explique Blessing Joy Turqueza, représentante des YABs pour l’Asie et l’un des responsables de l’Association des jeunes mennonites des Philippines (IMC).

    « Le recours à la danse enrichit le culte, la prière ou les lectures bibliques ; nous pouvons nous exprimer dans notre langue, à travers nos traditions et notre culture », déclare Marcial Arenos. C’est également un moyen de s’ouvrir à la communauté, où la préservation de la culture et du dialecte par la danse crée des liens avec les communautés autochtones.

    « Ces danses traditionnelles symbolisent pour nous, aux Philippines, l’unité et la célébration. La Bible dit également que ‘tout genou fléchira devant Jésus et que toute langue célébrera la gloire de Dieu’ (Philippiens 2.10-11). C’est pourquoi nous célébrons Dieu par notre danse », explique Shammah Micah B. Abadier, de l’Église mennonite de Red Cross Village, dans le district central, IMC.

    Pandanggo sa Ilaw

    L’une des danses au programme était le Pandanggo sa Ilaw. Cette danse folklorique originaire de l’île de Lubang, à Mindoro, est dérivée du fandango espagnol de l’époque coloniale. Elle met en scène la cour amoureuse à travers un jeu d’équilibre avec des lampes allumées symbolisant des lucioles.

    « La beauté de la danse dépend de la clarté et de la stabilité de la flamme portée par le danseur », explique Felipe Magbuhos, Jr., de l’Église mennonite ‘Bible’ de Lacao à Lumban. À l’origine, on utilisait des bougies, mais aujourd’hui, on utilise une lampe à piles.

    « Comme il est dit : ‘Vous êtes la lumière du monde […] que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux’ (Matthieu 5.14-16). »

    « Cette danse nous rappelle qu’au milieu des situations sombres, nos vies — la ‘lumière’ que nous tenons entre nos mains — doivent être une source d’inspiration et témoigner de la bonté de Dieu », ajoute-t-il.

    À la fin du programme ‘Renouveau’, tous les participants et invités internationaux ont été invités à participer ensemble à la danse de l’unité. Cette danse fait régulièrement partie du congrès annuel de l’IMC.

    « En agitant et en tendant nos mains ainsi, nous louons notre Dieu », explique Shammah Micah B. Abadier.


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  • Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée 

    Ubuntu – Je suis parce que nous sommes.

    « Il est très important de comprendre cette philosophie africaine lorsque nous nous réunissons en tant que grande communauté anabaptiste à Arusha. Je ne peux en aucun cas tout gérer tout seul. Je le fais parce que d’autres m’ont aidé : c’est l’interdépendance », explique Musuto wa Mutaragara wa Chirangi wa Muhongo wa Nyawayega wa Rihu.

    Le Dr Musuto Chirangi sera coordinateur du swahili pour l’interprétation et la traduction lors de la 18e Assemblée mondiale de la CMM en Tanzanie, du 6 au 13 juin 2028. Les noms des deux Églises qui accueillent l’Assemblée, Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (KMK(T)), sont tous deux en swahili.

    Langue officielle de la Tanzanie, le swahili est largement parlé dans toute l’Afrique de l’Est, notamment en République démocratique du Congo, au Kenya, au Mozambique et en Ouganda.

    Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée. « Cela signifie que tous les documents écrits seront traduits en swahili et qu’une traduction sera assurée pour l’ensemble des interventions sur scène », explique Liesa Unger, responsable des événements internationaux.

    « Pour chacune des langues de la CMM (anglais, français et espagnol), nous disposons d’un glossaire des termes couramment utilisés, en particulier des mots d’église, qui peuvent avoir des connotations spécifiques dans certaines langues. Chirangi mettra en place une équipe qui, entre autres, travaillera à la création d’une version en swahili de ce glossaire », explique Karina Derksen-Schrock, coordinatrice de la traduction et de l’interprétation.

    Bien que Musuto Chirangi ait suivi une formation en développement commercial et en développement communautaire, et qu’il soit titulaire d’un master et d’un doctorat en études du travail et en ressources humaines, il nourrit une passion pour les langues et la culture. Il est marié à Marja Schoenmaker, une mennonite néerlandaise, et a une fille adulte.

    « Quand on vient en Afrique, il faut se préparer sur le plan sociologique. Il faut comprendre pourquoi nous nous comportons d’une certaine manière », explique Musuto Chirangi.

    La langue est profondément ancrée dans la culture, et elle s’exprime non seulement par les mots, mais aussi par le langage corporel.

    « Si vous prenez les mots au pied de la lettre et que vous les passez dans l’IA [pour la traduction], vous allez vous amuser en voyant le résultat », ajoute-t-il.

    Musuto Chirangi a participé à la révision de la version en swahili de la constitution de l’Église mennonite de Tanzanie (KMT) et de son récent plan stratégique décennal.

    Prenons le thème « Christ nous unit », par exemple : « En swahili, si vous le traduisez littéralement, cela perd tout sens théologique. La phrase devient passive. Il faut l’exprimer différemment en swahili : en Jésus, nous ne faisons qu’un, nous sommes ensemble. Vous avez désormais une responsabilité. Que l’on vienne du Malawi, du Kenya ou de Tanzanie, en tant que femme ou en tant qu’homme, on a la responsabilité de communiquer, d’être avec les autres, ensemble en Jésus ; il n’y a pas de frontières », explique-t-il.

    « En tant que membre de la communauté anabaptiste mondiale, les valeurs fondamentales que sont la construction de la paix, la promotion de l’unité, la place centrale accordée à la communauté et la radicalité dans la défense de la vérité ont façonné mes perspectives, mon comportement et ma philosophie de travail », explique-t-il.

    Il a été élevé au sein de l’Église mennonite. Son père, Mutaragara Chirangi, fut l’une des premières personnes baptisées à Musoma par l’évêque Elam Stauffer en 1951. Après avoir suivi une formation d’enseignant, Mutaragara Chirangi est devenu secrétaire général des Églises mennonites de Tanzanie et du Kenya, qui fonctionnaient alors conjointement.

    Un rassemblement, ce n’est pas seulement les réunions, c’est aussi rencontrer les gens, découvrir la cuisine locale, visiter les lieux et écouter les récits, explique Musuto Chirangi. « Il y aura des chocs culturels, mais nous pouvons apprendre à les anticiper, puis à les accepter et à nous en remettre. »

    « La venue de la CMM chez nous est une occasion de nous guérir », déclare Musuto Chirangi. « Nous ne sommes plus des étrangers en Jésus-Christ. »


    A group of African women singing at church
  • « L’unité ne nous donne pas la force, l’unité est notre force », a affirmé la pasteure Leotina Mahamba, déléguée de l’Église de la communauté mennonite en Angola, lors de la Rencontre des dirigeants anabaptistes africains à Accra, au Ghana, du 10 au 12 juillet 2026.

    Cette rencontre, tenue sous le thème « Un seul corps, une seule voix : renforcer l’unité au sein de la famille anabaptiste africaine », a réuni 35 participants officiels : des responsables de 22 conférences membres de la CMM provenant de 15 pays d’Afrique, des membres du personnel et des représentants régionaux de la CMM, ainsi qu’un membre du personnel africain du Comité central mennonite qui s’occupe de l’Afrique de l’Est et du Sahel.

    « À ma connaissance, il s’agit du premier rassemblement de ce type en Afrique. À ce titre, il marque un moment important dans notre parcours commun et dans l’histoire de notre communion sur le continent », a déclaré Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises à la CMM et ancien évêque de l’Église des Frères en Christ du Zimbabwe.

    Les discussions ont été menées en anglais, en français et en portugais. Le culte multilingue a souligné l’unité commune en Christ et la diversité comme un don au service de la mission.

    « Après deux années bien remplies, consacrées à rêver et à planifier, ces trois jours passés ensemble ont constitué un riche espace de consultation, de fraternité, de louange, de discernement partagé, de rires et de conversations informelles », a affirmé Danisa Ndlovu.

    Pour favoriser une plus grande variété d’opinions, quatre femmes occupant des postes de direction faisaient partie des délégués invités (dont l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro).

    Au cours de ces trois jours, les participants ont réaffirmé la vocation de l’Église à être un témoin d’espoir et de guérison face aux héritages du colonialisme, aux divisions culturelles, aux pressions sur les ressources et à la violence xénophobe.

    « Nous avons reconnu les ressources humaines, financières et de leadership déjà présentes au sein de nos Églises africaines. Nous avons planifié et organisé cet événement de manière autonome. Il était important de reconnaître notre force pour le ministère », a souligné Danisa Ndlovu.

    A big group photo standing together in front of a statue
    Des responsables anabaptistes africains au Parc commémoratif Kwame Nkrumah.
    PHOTO fournie.

    Les dirigeants ont abordé en toute franchise la nécessité d’assurer des transitions de pouvoir plus saines, notamment en ce qui concerne la préparation des successeurs, la responsabilisation et un soutien durable.

    Isaac Gborbitey, coordinateur de YABs (Jeunes Anabaptistes) et représentant pour l’Afrique, a exhorté les responsables d’Églises à intentionnellement encadrer la prochaine génération, plutôt que d’attendre les périodes de transition pour former les successeurs.

    « Les jeunes dirigeants ont besoin d’occasions d’apprendre, de s’investir, d’assumer des responsabilités et de mûrir progressivement vers des fonctions de direction, tout en tirant parti de la sagesse et de l’expérience des dirigeants plus âgés », a affirmé Isaac Gborbitey. Ce dernier a été un acteur clé dans l’organisation de cet événement, qui s’est déroulé dans son pays natal.

    « C’est la première fois que nous rencontrons nos frères et sœurs issus de différentes conférences, réunis ici, chacun apportant ses dons spirituels pour s’enseigner mutuellement et apprendre les uns des autres, » a declaré Daniel CAnganguela, Igreja Evangélica dos Irmãos Mennonitas em Angola.

    « Cette rencontre a été unique pour moi », a ajouté Francis Kamoto, évêque de l’Église des Frères en Christ (Malawi) Mpingo Wa Abale Mwa Kristu et membre de la Commission Foi et Vie de la CMM. Il a exprimé sa joie d’avoir pu découvrir des Églises mennonites au Ghana et d’avoir partagé un moment de communion enrichissant avec les dirigeants africains. « Je suis également très ému par les moments de recueillement que nous avons eus. »

    Les responsables ont affirmé que ces rencontres avaient permis de lever des barrières et de créer un sentiment de communion. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de poursuivre ces rencontres à un rythme régulier. La prochaine est prévue avant la 18e Assemblée de la CMM, qui se tiendra en Tanzanie en 2028.

    « Nous pensons que, en retour, cela renforcera véritablement notre capacité à poursuivre l’œuvre du Seigneur. Nous prions pour que d’autres rassemblements de ce type aient lieu », a déclaré Joseph dit Boureïma Sinou, secrétaire général de l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso.

    En signe d’engagement commun envers la prochaine Assemblée en Tanzanie, les participants ont collecté de leur plein gré environ 230 USD afin de soutenir les préparatifs de l’Assemblée. Les responsables ont également convenu que chaque conférence membre de la CMM en Afrique verserait au moins 300 USD au budget de CMM de l’Assemblée « Afrique ».

    « Nous sommes plus forts et plus unis parce que nous nous sommes réunis », a déclaré Danisa Ndlovu.

    « Nous rendons grâce à Dieu pour ce qui s’est accompli parmi nous : la diversité des langues, la présence de nombreux pays et les différentes conférences. Ce fut véritablement un moment de renouveau. Cela nous a vraiment donné l’occasion de redécouvrir qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble », a déclaré Samson Omondi, président de l’Église mennonite du Kenya et représentant de l’Afrique au Comité exécutif de la CMM.

    Faisant référence au Psaume 133, il a ajouté : « Comme il est agréable et bon que des frères et sœurs se réunissent, car être ensemble signifie être uni. Et lorsque vous êtes unis, vous devenez de plus en plus forts. »


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  • Communiqués De Nos Responsables

    Un proverbe populaire dit : « La famille qui prie ensemble reste unie ».

    Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. La pandémie de Covid-19 a été un triste événement pour toute l’humanité. Toutefois, face aux défis, l’être humain cherche des solutions. À la suite des conséquences de la pandémie, la Conférence mennonite mondiale (CMM) a su tirer quelque chose de positif de cette situation : la mise en place de l’heure de prière en ligne.

    La Conférence Mennonite Mondiale est une famille de foi, une communion entre frères et sœurs. Nous ne sommes pas juste une institution, mais un corps vivant avec des membres issus de toute part dans le monde.

    En nous mettant ensemble pour la prière, cela nous permet de mieux nous connaître de mieux comprendre les défis et les succès des uns et des autres. Etant un corps, il nous arrive de traverser différentes situations de joie ou de tristesse.

    Ainsi, la prière permet au corps de rester constant, stable et uni et victorieux.

    Pour moi, la prière est l’expression par laquelle j’exprime mon humilité, ma faiblesse vis-à-vis de Dieu. Seigneur sans toi je ne peux rien faire.

    La prière exprime ma dépendance positive vis-à-vis de Dieu. Dans cette faiblesse, j’ai besoin des autres, leur témoignage et leur prière me réconfortent.

    Personnellement, ce que j’ai appris de la prière, est que lorsque je me mets à la place d’autrui et que je m’identifie à lui, et prie pour lui, c’est en ce moment que je me rends compte que Dieu prend en compte mes propres soucis et préoccupations.

    Dieu a dit à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront…’ » (Genèse 12). En priant et bénissant les autres, de facto, Dieu nous bénit.

    L’heure de la prière en ligne est un moment spécial qui me rappelle les paroles du roi David dans le Psaume 122. 1 : « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel !’ ». Soyons dans la joie et l’allégresse de prier ensemble.

    La prière en ligne renforce nos liens et crée l’harmonie. La prière en commun donne un sentiment de soutien, d’unité et de poursuite d’un objectif commun.

    J’exhorte particulièrement les francophones à une plus grande participation à l’heure de la prière en ligne qui a lieu à chaque deux mois.

    Retrouvons-nous, prions ensemble !

    —Siaka Traoré fait partie des membres du bureau du comité exécutif de la CMM, en tant que conseiller continental. Il est pasteur et responsable au sein de l’Eglise Evangélique Mennonite du Burkina Faso. 


    L’heure de prière virtuelle est une réunion multilingue qui a lieu tous les deux mois. Tous les membres de la CMM sont invités à y participer, des responsables nationaux des églises aux responsables laïcs, et tous ceux qui se situent entre les deux.

    L’heure de prière virtuelle utilise 5 langues : l’anglais, l’espagnol, le français, l’hindi et le portugais (langue ajoutée en septembre 2025).

    Des traducteurs veillent à ce que chaque participant puisse comprendre les mots de bienvenue et la présentation principale en anglais, en espagnol, en français, en hindi et en portugais.

    Regarde la vidéo des sujets de prière des YABs pour l’heure de prière virtuelle.



    An African leader shares a sermon in the church
  • Mennonite Church Durg India (Inde), Dimanche de la Paix 2025

    Christ est « l’image du Dieu que nul ne voit, il est le premier-né de toute création… Il est lui-même bien avant toutes choses et tout subsiste en lui. »

    Colossiens 1.15 ; 17

    « Ce passage biblique nous rappelle combien notre Sauveur est intimement impliqué dans les origines et le futur de toute la création. Avec cette vérité en tête, la CMM invite ses membres à participer à une nouvelle célébration liturgique en septembre. », nous convie Juliana Morillo, représentante de l’Amérique latine du Groupe de travail pour le soin de la création.

    Les membres de la CMM attendent avec impatience les ensembles de ressources proposées pour chaque Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, chaque Semaine de la fraternité des YAB’s, chaque Dimanche de la paix. En 2026, un ensemble de ressources sera aussi disponible pour le Dimanche de la création, un nouveau temps liturgique de célébration ajouté au calendrier.

    « Le Dimanche de la création est une opportunité de proclamer une importante partie de notre foi. Ce jour n’est pas seulement à propos de ce que Dieu a fait dans le passé, mais ce qu’il fait aujourd’hui même. », dit César Garcia, le secrétaire général de la CMM. « En Christ, notre Dieu créateur soutient tout l’univers, y compris nous, qui en faisons partie. Prendre soin de la création est un point clé de notre témoignage et de notre mission. »

    Le Groupe de travail pour le soin de la création a préparé avec soin les ressources pour les églises qui voudront se joindre à cet évènement.

    « La CMM aimerait beaucoup avoir des retours sur votre manière de célébrer ce tout premier Dimanche de la Création. Dites-nous comment vous avez utilisé ces prières, ces propositions d’activités, ces témoignages et ces ressources pour l’enseignement au sein de vos églises locales. Faites-nous savoir si vous pensez à d’autres ressources que nous puissions proposer. »

    « Comme pour toutes nos célébrations, bien que nous fixions une date précise, nous invitons nos membres à utiliser nos ressources à la date qui leur convient le mieux », précise Janet Plenert, directrice du service du renforcement de la communion de la CMM.

    Que ce soit le Dimanche de la paix ou le Dimanche de la création, ces deux célébrations dépassent tous les deux le cadre de notre famille anabaptiste.

    Depuis 2006, la CMM a déclaré que le Dimanche de la paix aurait lieu au plus près du 21 septembre, journée internationale de la paix.

    « Vivre la paix – un élément essentiel de notre identité en tant qu’anabaptistes – nécessite des ressources, de la pratique et des célébrations », dit Andrew Suderman, secrétaire de la commission paix. « Nous prions que le matériel proposé, tant pour le Dimanche de la paix que pour le Dimanche de la création, puisse servir ce but, que les assemblées décident de les utiliser en septembre, en novembre ou à tout autre moment de l’année. »

    Le Dimanche de la création rassemble les anabaptistes, avec les chrétiens du monde entier, et attire notre attention sur Dieu, le créateur plein d’amour.

    Depuis plusieurs années, les chrétiens fêtent le Temps de la création en septembre. Temps issu d’une fête orthodoxe, d’abord célébrée le 1er septembre, le Temps de la création tire aussi ses racines de Roch Hachana, le nouvel an juif qui tombe en septembre ou début octobre.

    En 2025, au cours d’une conférence œcuménique à Assise (Italie), les représentants des églises se sont accordés pour commencer à inscrire cette fête au calendrier liturgique chrétien. C’est ainsi qu’est né le Dimanche de la Création, le premier dimanche de septembre.

    Le Groupe de travail pour le soin de la création de la CMM a encouragé toutes les assemblées à rejoindre la célébration du Dimanche de la création.


  • Sommes-nous préparés à assumer le vrai coût de la solidarité ? 

    Nous explorons cette question dans le dernier numéro de Courrier

    Le numéro 41.2 a un format un peu différent. Au lieu de proposer 5 « perspectives » venant de chaque région, nous vous proposons ici des entretiens plus profonds. Forts de leurs expériences et de leurs parcours variés, nos contributeurs échangent leurs compétences et leurs témoignages au-delà des barrières des différences. Après tout, être solidaire n’est pas être solitaire. 

    Ce numéro de Courrier arrive dans vos boites aux lettres un peu tardivement, de ce fait le prochain numéro arrivera au cours du même mois !  

    Ne manquez pas les récits sur le thème « Partager les fardeaux, partager l’espoir » du numéro 41.3. Ces récits ont été partagés lors de « Renouveau 2026 », en mars aux Philippines, accompagnés de danses et de traditions culturelles mettant en relief l’unité et la solidarité. 

    Et nous serions ravis d’avoir de vos nouvelles ! Lorsque vous lisez Courrier, qu’est-ce qui vous touche profondément ? Qu’est-ce qui vous fait dire « oui » pour marcher aux côtés d’autres personnes, en toute humilité et réciprocité ? Racontez-nous comment vous conjuguez « suivre Jésus » avec ce que la solidarité peut coûter.


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  • Mais la fidélité du Seigneur, depuis toujours et pour toujours, est sur ceux qui le craignent, et sa justice pour les fils de leurs fils, pour ceux qui gardent son alliance et pensent à exécuter ses ordres.

    Psaumes 103. 17–18 (TOB)

    Respecter l’alliance de Dieu et accomplir ses commandements signifie d’abord aimer Dieu de tout son cœur, puis aimer son prochain comme soi-même (Matthieu 22. 37–40).

    En tendant la main à celles et ceux qui sont dans le besoin, que ce soit par un soutien, une parole de réconfort, un kit d’hygiène ou même simplement un courriel ou un message sur une application disant : « Nous prions pour vous » ou « Que Dieu soit avec vous », nous manifestons cet amour.

    En formant un cercle de croyants autour d’une synagogue ou d’une mosquée qui a été attaquée ; en utilisant des sifflets pour prévenir les habitants d’un quartier d’un risque d’arrestation illégale ; en manifestant pacifiquement contre la guerre et la discrimination ; en ouvrant les portes de nos églises à tous — nous montrons notre solidarité avec celles et ceux qui sont opprimés.

    En écoutant au lieu de juger et d’exclure les autres ; en acceptant que les gens soient différents à bien des égards ; en abandonnant nos préjugés et en nous ouvrant aux autres cultures, nous pouvons montrer que chaque membre du corps est tout aussi importante.

    Une main posée sur une épaule, une étreinte, un conseil bienveillant, servir au lieu d’attendre d’être servi, rendre visite, se laver les pieds les uns les autres ou simplement demander : « Comment vas-tu ? » — il existe tant de façons de dire : « Tu n’es pas seul ! »

    Si nous voulons être de véritables disciples du Christ, nous devons suivre sa prière afin de vivre dans l’unité, même si cela est parfois difficile et exigeant. Ce n’est qu’alors, dans la solidarité, que nous pourrons œuvrer pour la paix.

    – Henk Stenvers est le président de la CMM (2022-2028). Il vit à Naarden, aux Pays-Bas.


  • « Je ne suis pas un activiste social » est le titre d’un livre de Ronald Sider. En plaçant Jésus au cœur de notre programme, il démontre que les questions de richesse, de pauvreté, de paix et de non-violence, ainsi que l’action sociale et la politique, sont tout aussi spirituelles que l’évangélisation, la famille et le mariage. Citant Abraham Kuyper, il affirme qu’il n’y a pas un seul centimètre carré sur toute cette terre qui n’appartienne pas au Seigneur ressuscité.

    C’est pourquoi pratiquer la justice et prendre soin des autres ne sont pas des préoccupations réservées aux seuls activistes sociaux. Il s’agit d’un ministère essentiel pour ceux qui suivent Jésus. Plus encore, comme le souligne Sider, toute action sociale efficace dépend de la puissance de la résurrection de Jésus.

    Nous comprenons mieux l’importance de nous appuyer sur le Saint-Esprit et sur la puissance de la résurrection de Jésus dans l’action sociale de l’Église lorsque nous saisissons le sens biblique du mot « solidarité ». Le terme « solidarité » peut être utilisé pour traduire le mot hébreu hesed dans l’Ancien Testament. Prenons un exemple :

    « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la hesed [la solidarité inébranlable] et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » Michée 6. 8 (TOB).

    Hesed allie l’amour pur, la générosité et l’engagement durable. C’est l’expression d’un caractère ; par conséquent, cela ne dépend pas de la manière dont les autres réagissent. Cela implique d’être ouvert au pardon et d’agir pour aider l’autre. Cela renvoie à la fois à l’attitude et aux actions.

    Par conséquent, la solidarité – comprise comme hesed – ne se pratique pas verticalement, d’en haut. Elle est horizontale, impliquant un respect mutuel. En tant que telle, elle ne peut résulter de la seule volonté humaine. Elle est la conséquence d’une rencontre personnelle et authentique avec Dieu. Après tout, nous aimons parce que nous avons d’abord été aimés (1 Jean 4. 19).

    L’une des raisons pour lesquelles la Conférence mennonite mondiale a été fondée il y a un siècle était de se montrer solidaire de nos Églises confrontées à la guerre, à la violence et à la persécution. La Conférence mennonite mondiale est notre Église mondiale, au sein de laquelle nous suivons Jésus, vivons l’unité et construisons la paix. Nous formons un corps composé de plus de 10 000 assemblées locales, organisées en 110 synodes ou unions d’Églises. Nous comptons environ 1,5 million de membres baptisés. Nous avons besoin les uns des autres pour suivre Jésus ; nous avons besoin les uns des autres pour vivre l’unité ; nous avons besoin les uns des autres pour construire la paix.

    Dieu nous invite à agir comme lui, avec un amour pur, de la générosité et un engagement durable. Dieu nous appelle à répondre aux besoins des autres membres de notre Église mondiale par la solidarité et l’action désintéressée, afin que nous puissions faire l’expérience de la solidarité au sein de notre famille spirituelle et la transmettre au monde – un monde qui subit les conséquences de son éloignement de Dieu, source d’amour fidèle et de solidarité tenace.

    Aujourd’hui, alors que nous réfléchissons à la solidarité dans ce numéro du Courrier, souvenons-nous de nos frères et sœurs confrontés à la guerre, à la violence, à la pauvreté et à la persécution. Prions pour eux. Partageons nos ressources avec eux. Défendons leur cause. Marchons à leurs côtés. Demandons à Dieu que le Saint-Esprit soit présent dans notre Église afin que nous puissions continuer à répondre par la solidarité.

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, dans l’Ontario, au Canada.


  • Histoires de collectes de fonds anabaptistes autour du monde

    A quel moment tombe votre anniversaire ? Êtes-vous prêts à collecter des fonds pour une bonne cause ? Si vous êtes membre de l’Eglise des Frères en Christ au Zimbabwe, ces questions pourraient se poser.

    Tout autour du monde, les membres des assemblées collectent des fonds pour différents projets, pour le fonctionnement des églises ou pour des besoins particuliers. Nous avons demandé aux représentants régionaux des exemples de manière de collecter des fonds sur leur continent.

    Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises

    Au Zimbabwe, l’une des manières de collecter les fonds est de regrouper les membres de l’église par mois d’anniversaire et de leur demander de collecter une certaine somme d’argent.

    On leur donne un montant cible et un délai dans lequel réaliser la collecte de fonds.

    Le groupe se choisit alors un responsable et un secrétaire en charge de la comptabilité. La manière de collecter les fonds se fera de la manière dont ils le décident.

    Le groupe peut choisir de monter un projet pour collecter cette somme définie, ou ils peuvent se mettre d’accord ensemble pour payer un certain montant pendant une certaine période.

    Arriver au montant défini est une responsabilité collective. Certains groupes arrivent à collecter bien davantage de fonds que le montant initial prévu !

    Cette méthode crée des liens entre les membres de l’église, en même temps qu’elle permet d’exercer de la créativité. Elle suscite également, d’une certaine manière, un esprit de compétition sain – et en plus, de l’argent est récolté !

    Note: appelée nsinsani,” cette compétition est aussi une manière assez commune de récolter des fonds en RDC et enAngola. 

    Pablo Stucky, représentant régional, Amérique latine – région andine

    Certaines assemblées gèrent une boutique de seconde-main. Ils reçoivent, sous forme de dons, toute sortes d’objets imaginables de la part des personnes de l’église ou extérieures à l’église. Ces objets sont ensuite mis en vente à des prix très abordables.

    Cela répond à un double objectif. Cela permet d’une part de recycler les objets de ceux qui n’en ont plus besoin au profit de ceux qui en ont l’utilité. D’autre part, cela permet de récolter des fonds.

    Et le fait que cette activité soit permanente, les donneurs et les acheteurs savent qu’ils peuvent recourir au magasin à tout moment.

    George Broughton, représentant régional, Caraïbes

    William George Broughton

    En Jamaïque, un évènement qu’on appelle “moisson” a lieu tous les ans. Chaque membre de l’église fait don de quelque chose de spécial à l’église, par exemple, une grappe de bananes ou de plantains, du sucre de canne, divers fruits ou légumes, des plats cuisinés, des objets artisanaux, des vêtements, etc. 

    Un comité d’organisation fixe les prix et supervise la collecte des fonds issus de la vente. La vente n’est pas faite à l’intérieur de l’église, il n’y a pas de commissaire-priseur ou de marchandages sur les prix. Les dons monétaires sont placés dans une enveloppe. 

    Les items vendus sont de la meilleure qualité, car, en les donnant, les membres de l’église montrent leur reconnaissance et leur gratitude envers Dieu pour ses bénédictions. 

    D’autres églises sont invitées à participer à l’évènement, en présentant un moment musical dans le programme. Il y a souvent un orateur invité pour partager une prédication. La vente prend place après un culte de louange et de reconnaissance. 

    Gomes João de Miranda, représentant régional, Afrique du centre et de l’ouest 

    En Angola, l’une des manières de collecter des fonds consiste à utiliser des enveloppes. 

    Chaque enveloppe contient un montant de don suggéré, et sont cachées tout autour de l’église. Parfois, l’enveloppe contient le coût d’un objet spécifique, par exemple, le prix d’un sac de ciment, d’une fenêtre, d’une porte, etc, pour la construction d’une paroisse. 

    Les membres de l’assemblée sont alors invités à choisir une enveloppe et de faire un don s’ils trouvent l’enveloppe. 

    David Chow, représentant régional, Amérique du Nord

    Parfois, nous sollicitons une entreprise de parrainer un projet en faisant un don matériel ou monétaire. Nous commençons par les entreprises avec lesquelles nous avons des relations préexistantes. Puis nous écrivons des lettres pour inviter d’autres entreprises à investir. 

    Par exemple, nous demandons à nos jeunes qui participent à des voyages missionnaires annuels d’écrire des lettres d’appels aux dons : ils commencent d’abord par leur cercle proche, puis s’en éloignent progressivement. 

    Le parrainage, pour nous, ce n’est pas seulement recevoir des fonds pour un projet particulier, c’est aussi un geste de bonne volonté et un investissement dans la vie des gens. Lorsque nous demandons à quelqu’un de donner, nous renforçons les liens affectifs, la collégialité, le bon voisinage et l’esprit de communauté. 

    Voici quelques idées supplémentaires utilisées par nos églises à travers le monde pour collecter des fonds. 

    • Un repas ou un barbecue « collecte de fonds »
    • Une tombola
    • Un appel de dons à l’église, ou un appel de dons en plus des dons réguliers 
    • Un appel aux membres de la diaspora pour soutenir un projet dans le pays d’origine 
    • Un concert dont les bénéfices sont reversés pour un projet d’église
    • Une vente de pâtisseries
    • Une lettre d’engagement où les membres, individuellement ou par familles, promettent de soutenir financièrement une initiative majeure ou un projet particulier 
    • Une personne invite les membres de l’église à l’aider à couvrir les dépenses liées à un ministère, un événement ou un déplacement missionnaire spécifique
    • Des dons en nature, comme des produits alimentaires ou des jouets pour enfants, à des occasions particulières
    • Des concerts de chorale

    Et chez vous ? Est-ce que votre église collecte des fonds de manière similaire ? Partagez vos témoignages, sur un moment où vos efforts pour collecter des fonds a non seulement été couronnée de succès sur le plan monétaire, mais aussi qui a permis de renforcer les liens et le sentiment de communauté de votre assemblée.


  • Avec le cœur rempli de reconnaissance pour toute la beauté et la subsistance dont Dieu nous comble à travers la création, nous sommes ravis d’annoncer que la Fête de la Création aura lieu le 6 septembre 2026.

    La CMM invite les assemblées anabaptistes à célébrer ensemble l’acte créateur de Dieu, chaque premier dimanche de septembre.

    La Fête de la Création devient une journée où tous les chrétiens dans le monde célèbrent en même temps un élément central de l’histoire de notre foi, comme la naissance de Jésus à Noël, la résurrection de Christ à Pâques ou le don du Saint-Esprit à Pentecôte.

    Nous voulons encourager votre Église locale à rejoindre d’autres églises anabaptistes (en lien aussi avec d’autres traditions chrétiennes*) en célébrant Dieu créateur ce dimanche, et en témoignant comment nous pouvons être des intendants fidèles partout dans ce monde si riche, si diversifié.



    *Denominational bodies who are collaborating on the Creation Sunday (Feast of Creation) are the Anglican Communion, Baptist World Alliance, Coptic Orthodox Church, Ecumenical Patriarchate of Constantinople, The Lutheran World Federation, Mennonite World Conference, Pentecostal World Fellowship (Creation Care Taskforce), The Salvation Army, World Communion of Reformed Churches, World Evangelical Alliance, World Methodist Council.