Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • Mon premier souvenir d’une Conférence Mennonite Mondiale remonte à l’Assemblée à Wichita (Kansas), en 1978. Je participais à une pièce de théâtre, Cheyenne Jesus Buffalo Dream, que nous avions présentée lors de l’Assemblée. 

    Ce qui m’a le plus marqué, c’est d’avoir découvert la famille mondiale anabaptiste pour la première fois – tellement d’anabaptistes venus du monde entier ! Cette expérience a été une vraie bénédiction, et elle m’a aidée dans ma compréhension de l’église à partir de ce moment-là.

    Le temps de la dîme

    En 1997, je suis devenu secrétaire général adjoint du Conseil général de l’Église mennonite aux États-Unis, puis, quelques années plus tard, directeur général adjoint de la toute nouvelle Église mennonite des États-Unis (MC USA). Peu après la création de la MC USA, le directeur général, Jim Schrag, a accédé à ma demande de consacrer une partie de mon temps de travail à la Conférence mennonite mondiale.

    Je pensais qu’une organisation mennonite nord-américaine se devait d’aider la CMM dans sa mission de direction de notre Église mondiale, mais j’ai rapidement compris qu’en m’engageant bénévolement, je recevais bien plus que ce que je donnais. En écoutant les récits de nos sœurs et frères d’autres régions du monde, j’ai trouvé encouragement et inspiration pour mon propre ministère ! Et en partageant mes propres expériences, j’ai moi-même beaucoup appris.

    Au cours de mes années de service, j’ai occupé divers postes bénévoles dans le domaine de la communication. Je garde notamment le souvenir d’avoir contribué à l’élaboration de la nouvelle identité visuelle multicolore (le logo) de la CMM.

    Au cours de ces années, j’ai également passé un congé sabbatique de trois mois à Strasbourg, en France, où j’ai apporté mon aide à Larry et Eleanor Miller. Ça a été une joie de vivre chez eux, de parcourir chaque jour les quelques kilomètres qui me séparaient du bureau de la CMM et de découvrir de près le travail administratif de la CMM.

    Développement du réseau d’entraide

    En 2010, je suis devenu directeur général du Comité central mennonite des États-Unis et j’ai continué à m’engager bénévolement au sein de la CMM. L’une de mes premières missions a consisté à contribuer à la mise en place du Réseau anabaptiste mondial d’entraide (GASN). J’ai occupé les fonctions de président et de vice-président pendant la quasi-totalité de mes dix années au sein du MCC (Mennonite Central Committee).

    Lors de ma première réunion de la CMM à Addis-Abeba en tant que directeur général du MCC U.S., j’ai bénéficié personnellement de l’amour et de la sollicitude des responsables de notre Église mondiale de la CMM. Au cours de cette réunion, lorsque nous avons appris le décès d’un collaborateur du MCC en Afghanistan, ils ont entouré les responsables du MCC dans la prière.

    Lorsque j’ai pris ma retraite du MCC en 2020, j’ai poursuivi mon parcours au sein de la CMM : d’abord en tant que consultant bénévole en développement, puis en tant que directeur par intérim du développement et, enfin, en tant que directeur des commissions. Au fil de ces années de travail, tant en tant que bénévole qu’en tant que membre du personnel, j’ai noué des amitiés qui perdureront encore de nombreuses années !

    Guidé and façonné

    Tout au long de ma carrière professionnelle au sein d’organisations mennonites, la CMM m’a permis de m’ancrer dans l’Église mondiale, m’a guidé et m’a façonné, ce qui a influencé mon travail au sein de la Mennonite Church USA et du Mennonite Central Committee.

    Je suis reconnaissant pour tous les sages conseils donnés par mes sœurs et frères au sein d’autres instances anabaptistes mondiales. Je suis encouragé de voir le rôle que la CMM a joué dans l’accompagnement des Églises anabaptistes du monde entier et dans notre témoignage collectif dans le monde.

    Alors que nous déplorons la fracture de l’Église en Amérique du Nord, la CMM me donne l’espoir que notre Église mondiale puisse véritablement se consacrer au travail de suivre Jésus, de vivre l’unité et de construire la paix. Qu’il en soit ainsi !

    J Ron Byler est retraité, après avoir fait partie du personnel de lEglise Mennonite (USA), du comité central mennonite USA et de la CMM. Il continue de servir bénévolement dans léquipe de lengagement de laCMM.

  • Perspectives — Bolivie

    Ces dernières années, nous avons été témoins de guerres et de conflits dans de nombreuses régions du monde. Les conflits armés se sont intensifiés, provoquant le déplacement de milliers de personnes, plongeant des millions d’autres dans la pauvreté et semant le désespoir et la détresse.

    Il nous semble vivre aujourd’hui les signes que Jésus a décrits dans Matthieu 24 comme annonçant « la fin du monde » (v. 3).

    Les paroles de Jésus résonnent dans nos esprits et nos âmes : « Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira » (v. 12).

    C’est dans ce genre de circonstances que nous, croyants, sommes appelés à manifester notre foi en incarnant la solidarité comme un mode de vie et non pas seulement comme un concept. Lorsque la méchanceté s’intensifie, l’amour de Dieu doit briller davantage en nous et à travers nous.

    Porter les fardeaux les uns des autres

    Dans l’épître aux Galates, l’apôtre Paul affirme que si nous voulons accomplir « la loi du Christ », nous devons porter les fardeaux les uns des autres. En d’autres termes, Paul nous demande simplement de rester attentifs aux besoins qui nous entourent.

    Lorsque je pense à l’Église accomplissant cette mission, je me revois grandir dans une extrême pauvreté dans le sud de la République dominicaine.

    Il n’y avait pas de conflit armé, mais la pauvreté était si extrême que, souvent, notre seul repas de la journée se composait de bananes vertes bouillies, et rien d’autre. D’autres jours, un simple verre d’eau sucrée était tout ce dont nous disposions.

    Le pasteur de notre assemblée locale avait pris à cœur cet appel à partager les fardeaux. Non seulement il partageait avec nous tout ce qu’il possédait, mais il a aussi sollicité le soutien d’une organisation humanitaire internationale afin de mettre en place un programme de parrainage pour notre communauté. Cela a permis à beaucoup d’entre nous de bénéficier de nourriture, de vêtements et d’une éducation.

    À partir de ce moment-là, notre fardeau s’est allégé et nos journées ont commencé à offrir un peu plus que de simples bananes vertes bouillies ou un verre d’eau sucrée.

    Partager l’espérance

    « Demain sera un jour meilleur ! »

    C’était une phrase que ma mère répétait souvent lorsque j’allais la voir en sanglotant et en me plaignant, allant même jusqu’à dire que je n’irais pas à l’école ce jour-là parce que j’avais trop faim. Elle m’expliquait sans cesse que Dieu avait déjà prévu un avenir bien meilleur pour nous. Puis elle ajoutait : « S’il te plaît, va à l’école, car l’éducation est ta chance de réussir. »

    J’ai appris plus tard que le « jour meilleur » que Dieu a prévu pour quelqu’un est souvent lié au fait qu’une autre personne réponde à l’appel de Galates 6.10 :

    « Donc, tant que nous disposons de temps, travaillons pour le bien de tous, surtout celui de nos proches dans la foi. »

    C’est un couple anabaptiste des États-Unis qui a saisi l’occasion de parrainer un enfant dans le sud de la République dominicaine. Ils ont utilisé les ressources que Dieu leur avait données pour partager le fardeau de ce jeune garçon. Ils lui ont fourni les moyens d’avoir davantage de nourriture, de vêtements et d’éducation.

    Ils sont devenus une source d’espérance qui a irrigué l’avenir de ce jeune garçon, Francis Pérez de Léon, ainsi que celui de mes parents et de mes frères et sœurs.

    Partager l’espérance est une décision, un engagement que nous, membres de la famille du Christ, sommes appelés à mettre en pratique.

    Nous avons une formidable occasion de permettre à l’amour de Dieu d’être présent et transformateur dans la vie de nombreuses personnes qui souffrent. Et si nous constatons que nos ressources financières ne suffisent pas pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin, alors utilisons une ressource encore plus grande dont nous disposons : la prière.

    Prier les uns pour les autres

    En Éphésiens 6.18, l’apôtre Paul nous exhorte :

    « Que l’Esprit suscite votre prière sous toutes ses formes, vos requêtes, en toutes circonstances ; employez vos veilles à une infatigable intercession pour tous les saints. »

    Lorsque nous partageons les fardeaux et l’espérance de nos frères et sœurs dans le besoin, nous ouvrons la voie à un avenir meilleur, non seulement pour ceux qui reçoivent ou bénéficient directement de nos actions, mais aussi pour ceux qui seront touchés par les personnes que nous avons aidées en premier lieu.

    Pour ce couple anabaptiste qui m’a parrainé, cela se traduit par toutes les personnes que Dieu m’a permis d’atteindre au cours de plus de trente ans de ministère.

    Nous formons la famille du Christ, et vous n’êtes pas seuls.

    —Francis Pérez de Léon est un responsable de l’Iglesia Evangélica Menonita Boliviana. Il est l’un des représentants de l’Amérique latine au sein du Comité exécutif de la CMM. Il a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, sous le titre « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • Perspectives — Canada

    L’Église mennonite du Canada compte 205 communautés réparties sur le vaste territoire canadien. 5 300 km séparent notre communauté la plus à l’est de celle la plus à l’ouest.

    J’ai débuté mon ministère pastoral en 1992 en tant que pasteur jeunesse. J’aimais les jeunes de mon Église, leur énergie, la sincérité avec laquelle ils vivaient leur foi et l’espoir sincère qu’ils nourrissaient pour l’avenir.

    Cela fait maintenant près de 34 ans que j’exerce mon ministère et ai contribué, ces sept dernières années, à diriger notre union d’Églises.

    Ce qui va bien : les jeunes

    Mon expérience dans la pastorale des jeunes m’a fait comprendre combien il est important que l’Église mennonite du Canada accorde une place prioritaire aux jeunes. Je suis profondément convaincu que le plus beau cadeau que nous puissions leur offrir est une foi ancrée dans une assemblée locale et nourrie par la richesse de l’Église mondiale.

    Au Canada, de nombreux jeunes perçoivent l’Église comme une institution vieillissante. Beaucoup pensent que l’Église est une activité réservée aux personnes âgées. Ils n’en voient pas la pertinence. Cependant, nous avons constaté que lorsque nous donnons aux jeunes un aperçu de ce qui se passe au sein de l’Église mondiale, leur point de vue change.

    À l’occasion de l’Assemblée de la CMM en Indonésie, il y a trois ans, nous avons envoyé un jeune de chacune des régions de notre union d’Églises et assumé l’ensemble de leurs frais de participation.

    Lorsque mon conseil d’administration m’a demandé combien cela allait coûter, j’ai répondu que nous pouvions considérer cette initiative soit comme une dépense, soit comme un investissement. Aujourd’hui, nous constatons déjà les fruits de cet investissement. Nous formons des responsables pour notre Église, des responsables qui portent une perspective mondiale.

    Je voudrais également partager avec vous un défi auquel nous sommes confrontés. Au fil des années, en Amérique du Nord, de nombreux chercheurs ont écrit d’excellents ouvrages sur le thème de la paix. Beaucoup d’entre nous ont lu leurs livres et suivi leurs cours.

    Un défi : la paix

    Nous avons également connu de nombreuses années de paix dans notre pays. Il n’y a pas de conflits en cours. Le Canada n’est plus activement impliqué dans des guerres depuis de nombreuses années.

    Nous en sommes très reconnaissants, mais cette situation comporte aussi un défi. La construction de la paix s’apprend et exige de la pratique. Il en va de même lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi nous croyons en la paix. C’est comme un muscle : si on ne l’exerce pas régulièrement, il s’affaiblit.

    En novembre, le gouvernement canadien a annoncé qu’il souhaitait recruter davantage de soldats afin d’être prêt au cas où l’un des conflits mondiaux s’étendrait au Canada. Nous nous posons la question : et si la situation empirait vraiment et que le gouvernement recourait à la conscription ? Quelle serait la réaction des Églises mennonites ?

    Il y a quatre-vingts ans, pendant la Seconde Guerre mondiale, bon nombre de nos jeunes avaient demandé le statut d’objecteur de conscience. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr de ce que la plupart d’entre nous feraient.

    Nous devons tirer les leçons des Églises mennonites de Colombie. Nous avons besoin que les mennonites du Myanmar nous enseignent ce que nous savions autrefois. Nous avons besoin que le témoignage de paix de l’Église mondiale nous parvienne sous un jour nouveau.

    Priez pour nous, s’il vous plaît. Priez pour que nous n’ayons pas peur. Priez pour que nous ayons les yeux ouverts afin de voir à quel point tant d’Églises mennonites du Sud ont été d’incroyables témoins de la voie pacifique de l’Évangile.

    Priez pour que nous puissions redécouvrir, au plus profond de nos cœurs, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, qui, par son amour sacrificiel, a vaincu le monde et nous a montré le chemin du Royaume de Dieu.

    Doug Klassen est le pasteur exécutif de l’Église mennonite du Canada. Il est l’un des représentants de l’Amérique du Nord au sein du Comité exécutif de la CMM. Il a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, intitulée « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • Perspectives — Suisse

    Mon Église locale en Suisse est née d’une implantation mennonite. À une époque où les voitures et les tracteurs étaient encore rares, les mennonites se rassemblaient dans les collines rurales de toute la région, dans des fermes et des lieux de rencontre qui offraient un enseignement, un abri et une chapelle rudimentaire pour le culte communautaire.

    Au bout de quelques années, ces communautés ont quitté les sommets montagneux isolés où elles avaient autrefois trouvé refuge et se sont progressivement intégrées à la vie dans les vallées. Cette intégration s’est aussi traduite par un changement de langue : les écoles et les communautés mennonites, autrefois germanophones, ont progressivement adopté le français.

    Ce passage d’un mode de vie rural à un mode de vie plus urbain a été un choix délibéré de deux communautés mennonites qui ont pris conscience de la nécessité d’un changement de paradigme. Elles sont descendues des montagnes, principalement peuplées de mennonites, pour rencontrer de nouveaux voisins, côtoyer d’autres confessions chrétiennes et découvrir de nouvelles perspectives. Le fait de porter les fardeaux de son prochain a pris une nouvelle dimension lorsque ce prochain n’était plus un proche parent, mais peut-être un parfait inconnu.

    La communauté s’est élargie, les perspectives se sont élargies, mais l’identité anabaptiste est restée. Pour illustrer cela, permettez-moi de partager une histoire qui nous encourage aujourd’hui à porter les fardeaux les uns des autres.

    La communauté se mobilise

    Une jeune mère de notre ville a récemment appris la terrible nouvelle qu’elle souffrait d’une grave maladie cardiaque. Sa maladie a tellement sapé son énergie qu’elle avait du mal à s’occuper de son foyer ; même cuisiner devenait difficile. Elle a choisi de confier ce fardeau à une femme de notre Église, et la communauté s’est aussitôt mobilisée.

    Dans notre Église, un groupe de femmes et d’hommes assure un service de livraison de repas à toute personne dans le besoin. Qu’elles appartiennent ou non à notre communauté, ces personnes peuvent recevoir des repas. Des veuves âgées, des hommes qui n’ont jamais appris à cuisiner, des familles qui viennent d’accueillir un nouveau-né et des personnes en deuil après une perte douloureuse sollicitent toutes l’aide de ce réseau de solidarité.

    Ce service de livraison de repas repose sur une petite équipe de bénévoles qui contribue à alléger le fardeau de personnes traversant une période difficile. La jeune mère atteinte d’une maladie cardiaque a été profondément émue ; elle n’aurait jamais imaginé que des femmes qu’elle ne connaissait même pas, issues de sa propre ville, cuisineraient pour elle chaque jour, lui fournissant un repas et même un dessert, pour elle et sa famille.

    Mon Église continue d’offrir ce service de livraison de repas à toute personne de la communauté qui en a besoin. Elle soutient les familles après des événements heureux tels que la naissance d’un enfant, mais aussi pendant les moments difficiles où la force ou les moyens financiers font défaut pour préparer les repas. Des femmes et quelques hommes préparent des repas pour ceux qui en ont besoin et s’efforcent d’alléger, ne serait-ce qu’un peu, le fardeau de leurs prochains.

    Cette pratique est profondément ancrée dans notre tradition. Dans les communautés mennonites rurales, les familles nombreuses cuisinaient et mangeaient souvent ensemble, partageant ainsi leur vie de manière concrète. S’entraider dans les moments de douleur comme dans les temps de joie est depuis longtemps au cœur de la vie de l’Église. Aujourd’hui encore, cette solidarité demeure une expression vivante de notre identité anabaptiste et de notre volonté de tendre la main à notre prochain.

    –Raphaël Burkhalter est membre de la Konferenz der Mennoniten der Schweiz/Conférence mennonite suisse. Il est le représentant européen au sein du Comité YABs (Jeunes anabaptistes) (2025–2028). Il a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, intitulée « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • La Conférence Mennonite Mondiale a le regret d’annoncer que l’Église Meserete Kristos, en Éthiopie, a voté en faveur de son retrait de l’adhésion à la CMM.

    Les responsables de l’église Meserete Kristos qui siègent actuellement au sein des Commissions et des réseaux de la CMM démissionneront de leurs fonctions à compter de cette date.

    Meserete Kristos était l’église membre la plus nombreuse de la CMM.

    En novembre 2025, des préoccupations ont été exprimées par des membres de Meserete Kristos quant à leur association avec des Églises nationales dont les directives approuvent les relations entre personnes du même sexe. Après plusieurs mois de discussions au sein de la communauté de Meserete Kristos — tant en Éthiopie que parmi la diaspora mondiale —, ces préoccupations ont abouti à un vote en faveur de la sortie.

    « À l’instar de nombreuses dénominations chrétiennes à travers le monde, la CMM est confrontée à de sérieux défis dans sa volonté de préserver l’unité du Saint-Esprit face à des points de vue divergents sur les relations entre personnes du même sexe », déclare César García, secrétaire général de la CMM.

    La CMM n’a pris aucune position sur les relations entre personnes du même sexe. « Depuis plus de 12 ans, nous cherchons dans la prière la meilleure voie à suivre au milieu des désaccords, des malentendus et des rumeurs sans fondement concernant la manière dont la CMM traite les relations entre personnes du même sexe », explique César García. « Tout au long de ce parcours, un principe nous a guidés : lorsque les Églises sont confrontées à des désaccords, nous sommes appelés par Dieu à engager le dialogue et à discerner ensemble la volonté de Dieu. »

    « À l’heure où ils quittent la CMM, nous prions pour que Dieu bénisse nos frères et sœurs de Meserete Kristos. Leur dynamisme et leur passion pour l’évangélisation ont été une source d’inspiration pour beaucoup au sein de notre communion mondiale. Nous prions pour qu’ils continuent à grandir en suivant Jésus selon la voie qu’ils ont discernée », déclare Henk Stenvers, président de la CMM.

    « La CMM respecte l’autorité et la diversité des structures ecclésiales locales et nationales, ainsi que leur autonomie », ajoute Henk Stenvers. « Nous continuerons à nous concentrer sur les sept points clés exprimés dans nos Convictions communes, adoptées par consensus par le Conseil général en 2006.

    « Veuillez garder la CMM dans vos prières alors que nous cherchons à témoigner de la nouvelle création de Dieu, à discerner ensemble la volonté de Dieu et à répondre fidèlement à notre appel à suivre Jésus en tant que communion mondiale, en préservant l’unité de l’Esprit », déclare Henk Stenvers.



    Nous restons prêts à dialoguer avec les membres de la CMM qui ont des questions, des préoccupations ou le désir d’un échange plus approfondi. Please direct questions to info@mwc-cmm.org

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  • La colonne des responsables de la CMM

    Le mot « solidarité » vient du latin solidus — entier, solide, uni. C’est bien plus que de la sympathie (« Je suis désolé pour toi ») ou de l’empathie (« Je comprends ce que tu ressens »). La solidarité, c’est dire : « Je serai à tes côtés. » C’est la volonté de porter les fardeaux les uns des autres.

    Récemment, notre Église a étudié Matthieu 9.9-13. Un passage qui nous donne une image claire de cette solidarité à l’image du Christ. Jésus ne sauve pas à distance. Il se fait homme et s’assoit à table avec les publicains et les pécheurs. Il se tient aux côtés de ceux que les autres évitent.

    Comme l’a observé John Stott, la croix révèle d’abord l’identification de Dieu avec les pécheurs avant de révéler le jugement de Dieu contre le péché.

    La solidarité est le témoignage même de l’Incarnation.

    Maranatha, notre Église locale, a goûté à cette grâce. Lorsque notre communauté, composée d’Indonésiens et d’Américains, a commencé à célébrer le culte aux côtés d’immigrés issus de diverses origines ethniques, nous avons découvert que la solidarité n’est pas un programme, mais une table.

    Nous avons écouté des récits de déracinement, partagé des repas, prié dans plusieurs langues et porté des fardeaux qui n’étaient pas les nôtres à l’origine. À ces moments-là, les paroles de Bonhoeffer ont résonné avec force : « L’Église n’est l’Église que lorsqu’elle existe pour les autres. »

    Tout au long des Évangiles, Jésus forme une communauté qui se tient aux côtés des pauvres, de ceux qui pleurent, des humbles, des malades et des oubliés. La solidarité, c’est se tenir les uns aux côtés des autres : c’est la force qui fait du corps du Christ un tout.

    Puisse la famille mondiale de la Conférence mennonite mondiale incarner, en 2026, cette solidarité ferme, unie et à l’image du Christ, avec courage et joie.

    —Sunoko Lin est trésorier de la CMM et est membre du bureau du Comité exécutif. Il est également pasteur de la Maranatha Christian Fellowship, une Église membre de la LMC située en Californie.


  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9e édition annuelle de la rencontre ‘ Renouveau’ de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10).

    La rencontre ‘Renouveau’ a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes).

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents.

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement.

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile.

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. »

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse.

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    « Bayanihan » n’était pas seulement une métaphore pour Renouveau 2026 : il a été vécu concrètement. Des responsables de l’IMC, dont le pasteur Joel De Leon, le président de l’IMC Zaldy Magansay et le pasteur Richard Rancap, ont transporté une hutte en nipa jusqu’au lieu de la rencontre.

    « Cela incarne l’esprit d’unité communautaire, de coopération et de soutien mutuel », explique l’évêque Eladio Mondez, de l’IMC. « Au-delà de son sens littéral, Bayanihan symbolise le puissant sens de la communauté qui anime le peuple philippin, où chacun aide volontiers son prochain sans rien attendre en retour, en particulier en cas de besoin, de catastrophe ou lors d’activités communautaires. Cela reflète la profonde importance que revêtent l’effort collectif et le soutien mutuel dans la société philippine. »

     La solidarité repose sur un témoignage commun

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme.

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. »

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. »

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction.

    Doug Klassen, ministre exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada.

    « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. »

    Le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, président de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM.

    Le rassemblement ‘Renouveau’ s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale.

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM.

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de ‘Renouveau’. « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. »

    Prière de clôture

    Dieu miséricordieux, Prince de la Paix,

    Nous te rendons grâce pour ce cœur qui bat à l’unisson au sein de cette famille mondiale. Alors que nous clôturons ce temps de renouveau, nos cœurs sont comblés. Nous te rendons grâce pour la diversité des voix, la variété des langues et l’Esprit unique qui nous a rassemblés à l’ombre de ta grâce.

    Seigneur, nous te demandons de ne pas laisser s’éteindre le feu du renouveau que nous avons ressenti ici aujourd’hui. Comme des lampes dans les ténèbres, que la vérité de ta Parole demeure ferme en nous et éclaire nos pas. Que ton Esprit reste notre guide et source de notre force.

    Alors que nous retournons aux quatre coins du monde, accorde-nous le courage d’être tes mains et tes pieds. Là où règnent les conflits, fais de nous des artisans de paix. Là où règne l’injustice, fais de nous des chercheurs de ta justice. Et là où règne le désespoir, fais de nous des porteurs de la lumière de ton espérance.

    Puissions-nous marcher à la suite de Jésus – enracinés dans la communauté, engagés à servir et débordants de ton amour. Nous partons maintenant, non seulement en tant qu’individus, mais en tant que corps mondial de croyants, renouvelés et prêts à servir.

    Au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Paix,

    Amen.

    Felipe Magbuhos Jr., directeur de l’éducation à l’IMC, pasteur 

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    Brève histoire des mennonites aux Philippines

    L’engagement mennonite aux Philippines a débuté peu après la Seconde Guerre mondiale, principalement par l’intermédiaire du Comité central mennonite (MCC).

    Le Comité central mennonite (MCC) a commencé son travail aux Philippines vers 1947 en apportant une aide d’urgence d’après-guerre, une assistance médicale et un soutien à la reconstruction. Cette action a fait connaître les mennonites auprès des communautés philippines, en particulier dans les régions rurales et économiquement défavorisées.

    En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée et a débuté en tant qu’organisation missionnaire philippine indépendante, ancrée dans le travail d’évangélisation local, notamment au sein des communautés rurales et tribales du nord de Luzon.

    Au fil du temps, MNI a développé des partenariats avec des agences missionnaires mennonites nord-américaines. Ces collaborations comprenaient le soutien d’agences telles que Eastern Mennonite Missions (anciennement Eastern Mennonite Board of Missions and Charities), qui a travaillé avec MNI au développement des responsables et à l’implantation d’Églises.

    En 1987, MNI a connu des conflits internes et des changements d’orientation. En 1991, les membres du mouvement qui restaient fermement attachés aux enseignements mennonites se sont réorganisés pour former l’Église mennonite intégrée (IMC).

    L’IMC a rejoint la grande famille mennonite mondiale en adhérant à la Conférence mennonite mondiale en 1992.


  • Lors de ‘Renouveau 2026’, les danses sont l’expression de la culture et de l’unité

    « La danse utilise des mouvements familiers pour entrer en communion avec Dieu, créer des liens au sein de la communauté et exprimer notre gratitude, tout en mettant en valeur nos pratiques culturelles, en particulier lors des célébrations », explique Marcial Arenos, de l’Église chrétien mennonite de Binuangan, district Nord de l’Integrated Mennonite Church aux Philippines. « C’est une expression corporelle de la célébration qui implique une participation collective. »

    Le programme de ‘Renouveau 2026’ aux Philippines a été ponctué de danses culturelles issues de plusieurs districts de l’IMC aux origines culturelles distinctes. Les représentations de groupes de danse locaux issus de ces districts constituent également un élément caractéristique des rassemblements régionaux et culturels de l’IMC.

    Ces danses mettent en scène des costumes traditionnels (cousus par les membres de l’Église), des gestes symboliques et des mouvements répétitifs qui racontent une histoire. Ces éléments reflètent les traditions et les valeurs des communautés, explique Blessing Joy Turqueza, représentante des YABs pour l’Asie et l’un des responsables de l’Association des jeunes mennonites des Philippines (IMC).

    « Le recours à la danse enrichit le culte, la prière ou les lectures bibliques ; nous pouvons nous exprimer dans notre langue, à travers nos traditions et notre culture », déclare Marcial Arenos. C’est également un moyen de s’ouvrir à la communauté, où la préservation de la culture et du dialecte par la danse crée des liens avec les communautés autochtones.

    « Ces danses traditionnelles symbolisent pour nous, aux Philippines, l’unité et la célébration. La Bible dit également que ‘tout genou fléchira devant Jésus et que toute langue célébrera la gloire de Dieu’ (Philippiens 2.10-11). C’est pourquoi nous célébrons Dieu par notre danse », explique Shammah Micah B. Abadier, de l’Église mennonite de Red Cross Village, dans le district central, IMC.

    Pandanggo sa Ilaw

    L’une des danses au programme était le Pandanggo sa Ilaw. Cette danse folklorique originaire de l’île de Lubang, à Mindoro, est dérivée du fandango espagnol de l’époque coloniale. Elle met en scène la cour amoureuse à travers un jeu d’équilibre avec des lampes allumées symbolisant des lucioles.

    « La beauté de la danse dépend de la clarté et de la stabilité de la flamme portée par le danseur », explique Felipe Magbuhos, Jr., de l’Église mennonite ‘Bible’ de Lacao à Lumban. À l’origine, on utilisait des bougies, mais aujourd’hui, on utilise une lampe à piles.

    « Comme il est dit : ‘Vous êtes la lumière du monde […] que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux’ (Matthieu 5.14-16). »

    « Cette danse nous rappelle qu’au milieu des situations sombres, nos vies — la ‘lumière’ que nous tenons entre nos mains — doivent être une source d’inspiration et témoigner de la bonté de Dieu », ajoute-t-il.

    À la fin du programme ‘Renouveau’, tous les participants et invités internationaux ont été invités à participer ensemble à la danse de l’unité. Cette danse fait régulièrement partie du congrès annuel de l’IMC.

    « En agitant et en tendant nos mains ainsi, nous louons notre Dieu », explique Shammah Micah B. Abadier.


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  • Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée 

    Ubuntu – Je suis parce que nous sommes.

    « Il est très important de comprendre cette philosophie africaine lorsque nous nous réunissons en tant que grande communauté anabaptiste à Arusha. Je ne peux en aucun cas tout gérer tout seul. Je le fais parce que d’autres m’ont aidé : c’est l’interdépendance », explique Musuto wa Mutaragara wa Chirangi wa Muhongo wa Nyawayega wa Rihu.

    Le Dr Musuto Chirangi sera coordinateur du swahili pour l’interprétation et la traduction lors de la 18e Assemblée mondiale de la CMM en Tanzanie, du 6 au 13 juin 2028. Les noms des deux Églises qui accueillent l’Assemblée, Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (KMK(T)), sont tous deux en swahili.

    Langue officielle de la Tanzanie, le swahili est largement parlé dans toute l’Afrique de l’Est, notamment en République démocratique du Congo, au Kenya, au Mozambique et en Ouganda.

    Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée. « Cela signifie que tous les documents écrits seront traduits en swahili et qu’une traduction sera assurée pour l’ensemble des interventions sur scène », explique Liesa Unger, responsable des événements internationaux.

    « Pour chacune des langues de la CMM (anglais, français et espagnol), nous disposons d’un glossaire des termes couramment utilisés, en particulier des mots d’église, qui peuvent avoir des connotations spécifiques dans certaines langues. Chirangi mettra en place une équipe qui, entre autres, travaillera à la création d’une version en swahili de ce glossaire », explique Karina Derksen-Schrock, coordinatrice de la traduction et de l’interprétation.

    Bien que Musuto Chirangi ait suivi une formation en développement commercial et en développement communautaire, et qu’il soit titulaire d’un master et d’un doctorat en études du travail et en ressources humaines, il nourrit une passion pour les langues et la culture. Il est marié à Marja Schoenmaker, une mennonite néerlandaise, et a une fille adulte.

    « Quand on vient en Afrique, il faut se préparer sur le plan sociologique. Il faut comprendre pourquoi nous nous comportons d’une certaine manière », explique Musuto Chirangi.

    La langue est profondément ancrée dans la culture, et elle s’exprime non seulement par les mots, mais aussi par le langage corporel.

    « Si vous prenez les mots au pied de la lettre et que vous les passez dans l’IA [pour la traduction], vous allez vous amuser en voyant le résultat », ajoute-t-il.

    Musuto Chirangi a participé à la révision de la version en swahili de la constitution de l’Église mennonite de Tanzanie (KMT) et de son récent plan stratégique décennal.

    Prenons le thème « Christ nous unit », par exemple : « En swahili, si vous le traduisez littéralement, cela perd tout sens théologique. La phrase devient passive. Il faut l’exprimer différemment en swahili : en Jésus, nous ne faisons qu’un, nous sommes ensemble. Vous avez désormais une responsabilité. Que l’on vienne du Malawi, du Kenya ou de Tanzanie, en tant que femme ou en tant qu’homme, on a la responsabilité de communiquer, d’être avec les autres, ensemble en Jésus ; il n’y a pas de frontières », explique-t-il.

    « En tant que membre de la communauté anabaptiste mondiale, les valeurs fondamentales que sont la construction de la paix, la promotion de l’unité, la place centrale accordée à la communauté et la radicalité dans la défense de la vérité ont façonné mes perspectives, mon comportement et ma philosophie de travail », explique-t-il.

    Il a été élevé au sein de l’Église mennonite. Son père, Mutaragara Chirangi, fut l’une des premières personnes baptisées à Musoma par l’évêque Elam Stauffer en 1951. Après avoir suivi une formation d’enseignant, Mutaragara Chirangi est devenu secrétaire général des Églises mennonites de Tanzanie et du Kenya, qui fonctionnaient alors conjointement.

    Un rassemblement, ce n’est pas seulement les réunions, c’est aussi rencontrer les gens, découvrir la cuisine locale, visiter les lieux et écouter les récits, explique Musuto Chirangi. « Il y aura des chocs culturels, mais nous pouvons apprendre à les anticiper, puis à les accepter et à nous en remettre. »

    « La venue de la CMM chez nous est une occasion de nous guérir », déclare Musuto Chirangi. « Nous ne sommes plus des étrangers en Jésus-Christ. »


    A group of African women singing at church
  • « L’unité ne nous donne pas la force, l’unité est notre force », a affirmé la pasteure Leotina Mahamba, déléguée de l’Église de la communauté mennonite en Angola, lors de la Rencontre des dirigeants anabaptistes africains à Accra, au Ghana, du 10 au 12 juillet 2026.

    Cette rencontre, tenue sous le thème « Un seul corps, une seule voix : renforcer l’unité au sein de la famille anabaptiste africaine », a réuni 35 participants officiels : des responsables de 22 conférences membres de la CMM provenant de 15 pays d’Afrique, des membres du personnel et des représentants régionaux de la CMM, ainsi qu’un membre du personnel africain du Comité central mennonite qui s’occupe de l’Afrique de l’Est et du Sahel.

    « À ma connaissance, il s’agit du premier rassemblement de ce type en Afrique. À ce titre, il marque un moment important dans notre parcours commun et dans l’histoire de notre communion sur le continent », a déclaré Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises à la CMM et ancien évêque de l’Église des Frères en Christ du Zimbabwe.

    Les discussions ont été menées en anglais, en français et en portugais. Le culte multilingue a souligné l’unité commune en Christ et la diversité comme un don au service de la mission.

    « Après deux années bien remplies, consacrées à rêver et à planifier, ces trois jours passés ensemble ont constitué un riche espace de consultation, de fraternité, de louange, de discernement partagé, de rires et de conversations informelles », a affirmé Danisa Ndlovu.

    Pour favoriser une plus grande variété d’opinions, quatre femmes occupant des postes de direction faisaient partie des délégués invités (dont l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro).

    Au cours de ces trois jours, les participants ont réaffirmé la vocation de l’Église à être un témoin d’espoir et de guérison face aux héritages du colonialisme, aux divisions culturelles, aux pressions sur les ressources et à la violence xénophobe.

    « Nous avons reconnu les ressources humaines, financières et de leadership déjà présentes au sein de nos Églises africaines. Nous avons planifié et organisé cet événement de manière autonome. Il était important de reconnaître notre force pour le ministère », a souligné Danisa Ndlovu.

    A big group photo standing together in front of a statue
    Des responsables anabaptistes africains au Parc commémoratif Kwame Nkrumah.
    PHOTO fournie.

    Les dirigeants ont abordé en toute franchise la nécessité d’assurer des transitions de pouvoir plus saines, notamment en ce qui concerne la préparation des successeurs, la responsabilisation et un soutien durable.

    Isaac Gborbitey, coordinateur de YABs (Jeunes Anabaptistes) et représentant pour l’Afrique, a exhorté les responsables d’Églises à intentionnellement encadrer la prochaine génération, plutôt que d’attendre les périodes de transition pour former les successeurs.

    « Les jeunes dirigeants ont besoin d’occasions d’apprendre, de s’investir, d’assumer des responsabilités et de mûrir progressivement vers des fonctions de direction, tout en tirant parti de la sagesse et de l’expérience des dirigeants plus âgés », a affirmé Isaac Gborbitey. Ce dernier a été un acteur clé dans l’organisation de cet événement, qui s’est déroulé dans son pays natal.

    « C’est la première fois que nous rencontrons nos frères et sœurs issus de différentes conférences, réunis ici, chacun apportant ses dons spirituels pour s’enseigner mutuellement et apprendre les uns des autres, » a declaré Daniel CAnganguela, Igreja Evangélica dos Irmãos Mennonitas em Angola.

    « Cette rencontre a été unique pour moi », a ajouté Francis Kamoto, évêque de l’Église des Frères en Christ (Malawi) Mpingo Wa Abale Mwa Kristu et membre de la Commission Foi et Vie de la CMM. Il a exprimé sa joie d’avoir pu découvrir des Églises mennonites au Ghana et d’avoir partagé un moment de communion enrichissant avec les dirigeants africains. « Je suis également très ému par les moments de recueillement que nous avons eus. »

    Les responsables ont affirmé que ces rencontres avaient permis de lever des barrières et de créer un sentiment de communion. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de poursuivre ces rencontres à un rythme régulier. La prochaine est prévue avant la 18e Assemblée de la CMM, qui se tiendra en Tanzanie en 2028.

    « Nous pensons que, en retour, cela renforcera véritablement notre capacité à poursuivre l’œuvre du Seigneur. Nous prions pour que d’autres rassemblements de ce type aient lieu », a déclaré Joseph dit Boureïma Sinou, secrétaire général de l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso.

    En signe d’engagement commun envers la prochaine Assemblée en Tanzanie, les participants ont collecté de leur plein gré environ 230 USD afin de soutenir les préparatifs de l’Assemblée. Les responsables ont également convenu que chaque conférence membre de la CMM en Afrique verserait au moins 300 USD au budget de CMM de l’Assemblée « Afrique ».

    « Nous sommes plus forts et plus unis parce que nous nous sommes réunis », a déclaré Danisa Ndlovu.

    « Nous rendons grâce à Dieu pour ce qui s’est accompli parmi nous : la diversité des langues, la présence de nombreux pays et les différentes conférences. Ce fut véritablement un moment de renouveau. Cela nous a vraiment donné l’occasion de redécouvrir qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble », a déclaré Samson Omondi, président de l’Église mennonite du Kenya et représentant de l’Afrique au Comité exécutif de la CMM.

    Faisant référence au Psaume 133, il a ajouté : « Comme il est agréable et bon que des frères et sœurs se réunissent, car être ensemble signifie être uni. Et lorsque vous êtes unis, vous devenez de plus en plus forts. »


    a group of African people interacting
  • Communiqués De Nos Responsables

    Un proverbe populaire dit : « La famille qui prie ensemble reste unie ».

    Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. La pandémie de Covid-19 a été un triste événement pour toute l’humanité. Toutefois, face aux défis, l’être humain cherche des solutions. À la suite des conséquences de la pandémie, la Conférence mennonite mondiale (CMM) a su tirer quelque chose de positif de cette situation : la mise en place de l’heure de prière en ligne.

    La Conférence Mennonite Mondiale est une famille de foi, une communion entre frères et sœurs. Nous ne sommes pas juste une institution, mais un corps vivant avec des membres issus de toute part dans le monde.

    En nous mettant ensemble pour la prière, cela nous permet de mieux nous connaître de mieux comprendre les défis et les succès des uns et des autres. Etant un corps, il nous arrive de traverser différentes situations de joie ou de tristesse.

    Ainsi, la prière permet au corps de rester constant, stable et uni et victorieux.

    Pour moi, la prière est l’expression par laquelle j’exprime mon humilité, ma faiblesse vis-à-vis de Dieu. Seigneur sans toi je ne peux rien faire.

    La prière exprime ma dépendance positive vis-à-vis de Dieu. Dans cette faiblesse, j’ai besoin des autres, leur témoignage et leur prière me réconfortent.

    Personnellement, ce que j’ai appris de la prière, est que lorsque je me mets à la place d’autrui et que je m’identifie à lui, et prie pour lui, c’est en ce moment que je me rends compte que Dieu prend en compte mes propres soucis et préoccupations.

    Dieu a dit à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront…’ » (Genèse 12). En priant et bénissant les autres, de facto, Dieu nous bénit.

    L’heure de la prière en ligne est un moment spécial qui me rappelle les paroles du roi David dans le Psaume 122. 1 : « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel !’ ». Soyons dans la joie et l’allégresse de prier ensemble.

    La prière en ligne renforce nos liens et crée l’harmonie. La prière en commun donne un sentiment de soutien, d’unité et de poursuite d’un objectif commun.

    J’exhorte particulièrement les francophones à une plus grande participation à l’heure de la prière en ligne qui a lieu à chaque deux mois.

    Retrouvons-nous, prions ensemble !

    —Siaka Traoré fait partie des membres du bureau du comité exécutif de la CMM, en tant que conseiller continental. Il est pasteur et responsable au sein de l’Eglise Evangélique Mennonite du Burkina Faso. 


    L’heure de prière virtuelle est une réunion multilingue qui a lieu tous les deux mois. Tous les membres de la CMM sont invités à y participer, des responsables nationaux des églises aux responsables laïcs, et tous ceux qui se situent entre les deux.

    L’heure de prière virtuelle utilise 5 langues : l’anglais, l’espagnol, le français, l’hindi et le portugais (langue ajoutée en septembre 2025).

    Des traducteurs veillent à ce que chaque participant puisse comprendre les mots de bienvenue et la présentation principale en anglais, en espagnol, en français, en hindi et en portugais.

    Regarde la vidéo des sujets de prière des YABs pour l’heure de prière virtuelle.



    An African leader shares a sermon in the church
  • Mennonite Church Durg India (Inde), Dimanche de la Paix 2025

    Christ est « l’image du Dieu que nul ne voit, il est le premier-né de toute création… Il est lui-même bien avant toutes choses et tout subsiste en lui. »

    Colossiens 1.15 ; 17

    « Ce passage biblique nous rappelle combien notre Sauveur est intimement impliqué dans les origines et le futur de toute la création. Avec cette vérité en tête, la CMM invite ses membres à participer à une nouvelle célébration liturgique en septembre. », nous convie Juliana Morillo, représentante de l’Amérique latine du Groupe de travail pour le soin de la création.

    Les membres de la CMM attendent avec impatience les ensembles de ressources proposées pour chaque Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, chaque Semaine de la fraternité des YAB’s, chaque Dimanche de la paix. En 2026, un ensemble de ressources sera aussi disponible pour le Dimanche de la création, un nouveau temps liturgique de célébration ajouté au calendrier.

    « Le Dimanche de la création est une opportunité de proclamer une importante partie de notre foi. Ce jour n’est pas seulement à propos de ce que Dieu a fait dans le passé, mais ce qu’il fait aujourd’hui même. », dit César Garcia, le secrétaire général de la CMM. « En Christ, notre Dieu créateur soutient tout l’univers, y compris nous, qui en faisons partie. Prendre soin de la création est un point clé de notre témoignage et de notre mission. »

    Le Groupe de travail pour le soin de la création a préparé avec soin les ressources pour les églises qui voudront se joindre à cet évènement.

    « La CMM aimerait beaucoup avoir des retours sur votre manière de célébrer ce tout premier Dimanche de la Création. Dites-nous comment vous avez utilisé ces prières, ces propositions d’activités, ces témoignages et ces ressources pour l’enseignement au sein de vos églises locales. Faites-nous savoir si vous pensez à d’autres ressources que nous puissions proposer. »

    « Comme pour toutes nos célébrations, bien que nous fixions une date précise, nous invitons nos membres à utiliser nos ressources à la date qui leur convient le mieux », précise Janet Plenert, directrice du service du renforcement de la communion de la CMM.

    Que ce soit le Dimanche de la paix ou le Dimanche de la création, ces deux célébrations dépassent tous les deux le cadre de notre famille anabaptiste.

    Depuis 2006, la CMM a déclaré que le Dimanche de la paix aurait lieu au plus près du 21 septembre, journée internationale de la paix.

    « Vivre la paix – un élément essentiel de notre identité en tant qu’anabaptistes – nécessite des ressources, de la pratique et des célébrations », dit Andrew Suderman, secrétaire de la commission paix. « Nous prions que le matériel proposé, tant pour le Dimanche de la paix que pour le Dimanche de la création, puisse servir ce but, que les assemblées décident de les utiliser en septembre, en novembre ou à tout autre moment de l’année. »

    Le Dimanche de la création rassemble les anabaptistes, avec les chrétiens du monde entier, et attire notre attention sur Dieu, le créateur plein d’amour.

    Depuis plusieurs années, les chrétiens fêtent le Temps de la création en septembre. Temps issu d’une fête orthodoxe, d’abord célébrée le 1er septembre, le Temps de la création tire aussi ses racines de Roch Hachana, le nouvel an juif qui tombe en septembre ou début octobre.

    En 2025, au cours d’une conférence œcuménique à Assise (Italie), les représentants des églises se sont accordés pour commencer à inscrire cette fête au calendrier liturgique chrétien. C’est ainsi qu’est né le Dimanche de la Création, le premier dimanche de septembre.

    Le Groupe de travail pour le soin de la création de la CMM a encouragé toutes les assemblées à rejoindre la célébration du Dimanche de la création.