Étiquette : Renewal

  • Perspectives — Philippines 

    Je viens des Philippines, et je suis reconnaissante que notre famille IMC puisse être témoin de la fidélité de Dieu parmi des personnes issues de nombreuses tribus, cultures et nations.

    Je me souviens encore de la première fois où j’ai vu l’Église mondiale réunie en Allemagne. J’étais émerveillée. L’espace d’un instant, j’ai eu l’impression d’entrevoir le ciel : des personnes venues d’horizons et de langues différentes, mais qui louaient toutes le même Dieu dans leur propre langue, à leur manière.

    Cela m’a rappelé que, malgré nos différences, nous formons véritablement une seule et même famille en Christ.

    Mais comme nous le savons tous, la vie chrétienne n’est pas toujours facile. À côté de la joie, il y a aussi des fardeaux.

    Un acheté, un offert

    J’ai grandi au sein de l’Église en tant qu’enfant de pasteur. Mes deux parents sont pasteurs ; j’ai donc grandi en voyant non seulement la joie du ministère, mais aussi les fardeaux qui l’accompagnent. C’est un peu le principe du « un acheté, un offert ».

    Ces dernières années, notre communauté a traversé des moments douloureux. Certains collaborateurs et certaines Églises sont partis. Et en tant que jeunes de l’Église, beaucoup d’entre nous ne comprenaient pas pleinement ce qui se passait ou ce qui s’était passé. C’était un fardeau que portaient les anciens. En tant que jeunes, nous ressentions simplement cette perte.

    Des personnes avec lesquelles nous avions l’habitude de prier avaient soudainement disparu. Des Ates et des Kuyas qui faisaient partie de nos vies. Les relations ont changé. Et nous avions des questions que nous ne savions pas comment poser.

    Pour moi, c’était comme un déchirement. Car quand des gens partent, on a l’impression que quelque chose s’est brisé au sein de la famille.

    Mais même dans ces moments difficiles, j’ai aussi vu une lueur d’espoir. J’ai vu des membres persévérer dans la foi malgré leurs propres fardeaux.

    La foi au milieu des épreuves

    Aujourd’hui, j’aimerais partager ce que j’ai entendu de la part de nos responsables. Je voulais mieux comprendre les fardeaux que portent nos pasteurs. J’ai donc demandé à certains d’entre eux de m’ouvrir leur cœur.

    Un pasteur a confié que l’un de ses fardeaux les plus lourds concernait le bien-être des pasteurs de notre district : améliorer leur situation économique, rénover les bâtiments des Églises et offrir davantage d’occasions aux pasteurs et aux collaborateurs laïcs pour qu’ils soient équipés pour le ministère. Pourtant, même accablé par ces préoccupations, il continue à servir fidèlement, confiant que Dieu fortifiera l’Église et ses responsables.

    Un autre pasteur a évoqué les nombreuses responsabilités qui pèsent sur eux dans le ministère. Beaucoup de pasteurs exercent leur ministère avec des ressources limitées tout en s’occupant de leur famille et en élevant leurs enfants. Pourtant, malgré ces défis, ils continuent à servir fidèlement, confiants que Dieu pourvoira à leurs besoins.

    Une pasteure a partagé un témoignage très personnel. À 69 ans, elle avait besoin d’une opération cardiaque très coûteuse. Au début, elle a hésité en raison du coût. Mais sa famille lui a rappelé que nous servons un Dieu qui exauce les prières. Les Églises ont prié, les gens ont prié et, grâce à la providence de Dieu, l’opération a pu avoir lieu.

    Au cours de cette période de maladie, elle a vu la fidélité de Dieu. Et même aujourd’hui, alors qu’elle a plus de 70 ans, elle continue de servir le Seigneur grâce à la vie que Dieu lui a préservée.

    Un autre pasteur a évoqué le poids de l’unité au sein de l’Église. Cette unité ne se construit pas du jour au lendemain. Elle exige de la patience, de l’humilité et de l’amour. Pourtant, même lorsque c’est difficile, les pasteurs continuent d’œuvrer pour la paix et la compréhension au sein de l’Église.

    Deux jeunes pasteurs ont également évoqué le défi que représente pour eux la direction d’assemblées dont de nombreux membres sont plus âgés qu’eux. Cela peut parfois être intimidant, mais ils continuent d’avancer avec foi, apprenant à diriger avec humilité tout en servant fidèlement les personnes que Dieu leur a confiées.

    Être attentif à l’espérance

    Écouter leurs récits m’a aidé à mieux comprendre les fardeaux du ministère. Et ce qu’ils ont partagé n’était qu’un petit aperçu de tout ce qu’ils ont traversé. Pourtant, j’ai également entendu comment la communauté des croyants les a aidés à porter ces fardeaux, les fortifiant tout au long du chemin.

    En les écoutant, j’ai également perçu autre chose. J’ai perçu la foi. J’ai perçu la persévérance. Et j’ai perçu une profonde confiance en Dieu. Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent de faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Même au milieu des difficultés, ils continuent d’aimer et de diriger l’Église.

    À travers cela, j’ai également vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. J’ai vu des Églises continuer à célébrer le culte ensemble. J’ai vu des personnes prier les unes pour les autres. J’ai vu des pasteurs et des fidèles choisir de continuer à servir ensemble.

    Aux Philippines, nous avons une belle valeur appelée bayanihan – l’esprit d’entraide qui consiste à porter les fardeaux les uns des autres pour le bien de la communauté. Il existe un dicton : « Magaan ang mabigat kapag nagtutulungan. » (Le fardeau devient léger quand on le porte ensemble.) Je crois que c’est également ce à quoi l’Église est appelée. Galates 6.2 nous le rappelle : « Portez les fardeaux les uns des autres ; accomplissez ainsi la loi du Christ. »

    Parfois, le ministère est difficile. Parfois, l’unité prend du temps. Parfois, les fardeaux semblent lourds.

    Mais lorsque nous nous tenons unis en tant que famille du Christ, en priant, en nous soutenant et en nous encourageant les uns les autres, nous commençons à voir la fidélité de Dieu.

    J’espère que nos Églises locales, et notre Église mondiale, continueront à vivre dans cet esprit de solidarité. Car la vérité, c’est que l’Église n’a jamais été parfaite. Nous portons des blessures. Nous portons des questions. Nous portons des fardeaux.

    Mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Et un jour, nous nous tiendrons tous ensemble devant Dieu : des personnes de toutes tribus, de toutes langues et de toutes nations adorant Dieu. Tout comme lors des rencontres de la CMM.

    —Blessing Joy Turqueza est membre des Églises mennonites intégrées (Integrated Mennonite Churches, Inc.) aux Philippines. Elle est la représentante de l’Asie au sein du Comité YABs (Jeunes anabaptistes) (2025–2028). Elle a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, sous le titre « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


    A young Asian woman talking on the stage
  • Perspectives — Inde

    « Donc, tant que nous disposons de temps, travaillons pour le bien de tous. »

    Galates 6.10

    Tout comme la parabole des talents nous incite et nous guide à mettre en pratique les dons que nous a accordés le Tout-Puissant, notre Créateur, elle nous met en garde contre le risque de laisser nos talents sommeiller et se perdre.

    Lorsque nous louons les deux premiers serviteurs pour avoir su mettre à profit les talents que leur maître leur avait confiés, ne pourrions-nous pas penser qu’ils auraient pu aider ou inspirer le troisième à utiliser son talent plutôt que de l’enterrer, et ainsi lui éviter d’être précipité dans les ténèbres ?

    C’est là qu’intervient la question du partage du fardeau.

    Nous sommes ici, dans ce monde, pour nous aider les uns les autres à grandir dans l’amour du Christ et ainsi partager l’espérance.

    Les enfants de Dieu sont appelés à tendre la main (ou à mettre leurs talents au service) à ceux qui sont opprimés, laissés pour compte, isolés, afin que d’autres puissent goûter à l’amour du Christ et retrouver une vie digne et accueillante.

    Guéri par la puissance de la prière

    Voici l’histoire d’une jeune fille de mon Église dont le père pratiquait la sorcellerie pour gagner sa vie.

    Il se trouve que l’une de ses filles a été guérie par la puissance de la prière adressée à notre Dieu vivant par un groupe de personnes qui n’ont cessé de communiquer avec la famille et de lui prêcher l’Évangile.

    Grâce à ces prières, le père de famille a fini par abandonner la sorcellerie et toute la famille a accepté Jésus comme Sauveur personnel.

    La plus jeune fille de la famille a obtenu un master en théologie et enseigne désormais dans une école de formation de disciples, gérée par l’une des assemblées de mon union d’Églises.

    C’est là un exemple de partage des fardeaux qui fait naître l’espoir.

    Partager l’Évangile avec ceux qui ne l’ont jamais entendu

    Mon prochain témoignage concerne un monsieur de 87 ans, lui aussi membre de mon Église.

    Il a consacré toute sa vie à prêcher l’Évangile à ceux qui n’avaient pas encore entendu le message, amenant ainsi nombre d’entre eux au Christ. Ce n’était pas une tâche facile, car il devait souvent faire face au rejet, à l’hostilité et aux difficultés de toutes sortes. Il a connu de nombreuses épreuves au cours de sa vie, mais il est resté concentré sur la mission que Jésus lui avait confiée : partager l’Évangile.

    Je l’ai rencontré récemment lorsque je me suis rendu chez un membre de l’Église pour prier. L’attitude joyeuse de cet homme, même à son âge avancé, est le reflet de l’espoir qu’il transmet.

    Persévérer dans la prière

    Ma troisième histoire est un témoignage de la fidélité de Dieu et de la puissance transformatrice de l’Évangile.

    Animé par le désir de partager l’Évangile, un jeune homme de la Conférence de l’Est de l’Inde de mon union d’Églises est allé à la rencontre des populations des régions tribales qui n’avaient jamais entendu le nom de Jésus. Les portes lui étaient fermées et on refusait de lui parler. Il semblait n’y avoir aucun espoir d’être accepté : il n’y avait que rejet, opposition et même des menaces ouvertes.

    Mais, avec un groupe de croyants, ce jeune homme a jeûné, pleuré et continué à prier avec ferveur.

    En son temps, Dieu a suscité au sein de la communauté tribale un homme de paix qui a accepté Jésus et ouvert sa maison à d’autres croyants. Peu à peu, l’hostilité s’est atténuée.

    Aujourd’hui, environ 480 croyants servent joyeusement le Seigneur, se réunissant pour le culte dans quatre églises établies et trente groupes de maison dynamiques.

    L’opposition n’a pas disparu immédiatement, mais une transformation s’est progressivement opérée. Des dépendances ont été vaincues. Des familles ont connu la réconciliation et la paix. La peur a cédé la place à la foi.

    Aujourd’hui, les membres de l’Église sont motivés et formés pour mettre à profit leurs compétences afin de subvenir à leurs besoins.

    Ainsi, les enfants de Dieu partagent le fardeau et font naître l’espérance qui nous unit au Christ.

    Sipra Biswas est membre de la Bharatiya Jukta Christa Prachar Mandali (BJCPM, Église missionnaire unie de l’Inde), une Église membre de la CMM en Inde. Elle est l’une des représentantes de l’Asie au sein du Comité exécutif de la CMM. Elle a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ qui s’est tenue aux Philippines en mars 2026, sur le thème « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


    Children shows the artwork
  • Perspectives — Zimbabwe 

    Dans un esprit de solidarité au sein de la famille du Christ, où nous partageons les fardeaux et l’espérance, je souhaite évoquer brièvement un fardeau que j’ai porté au cours de mon dernier mandat d’évêque, ainsi que la manière dont Dieu est intervenu et a suscité des personnes pour m’aider à porter ce fardeau et redonner de l’espérance.

    Au mois de juin 2024, l’Église des frères en Christ du Zimbabwe a été frappée par une tragédie : vers 4 heures du matin, un incendie mystérieux s’est déclaré dans le dortoir Peter Mlotshwa, le dortoir des garçons du lycée Matopo, l’une des écoles gérées par notre Église.

    51 élèves de première année (âgés de 12 à 13 ans) et leur responsable de dortoir ont échappé aux flammes dans le nouveau dortoir. Tout ce qu’ils possédaient a été brûlé, y compris la nourriture, les couvertures et les uniformes.

    Partager les fardeaux

    Comme le dit Galates 6.2 : « Portez les fardeaux les uns des autres ; accomplissez ainsi la loi du Christ. »

    La loi du Christ, c’est de s’aimer les uns les autres. D’aimer son prochain comme soi-même.

    De nombreuses personnes sont venues apporter leur aide, notamment la Première dame du Zimbabwe ; d’anciens élèves de Matopo ; des écoles sœurs de l’Église des Frères en Christ, tant primaires que secondaires ; des membres de la communauté de Matopo et des Églises des frères en Christ ; ainsi que la fondation Sethule Trust.

    Semer l’espérance

    Malgré l’épreuve qui s’est abattue sur nous, la main bienveillante de Dieu nous accompagnait et il a permis aux frères et sœurs ainsi qu’à d’autres partenaires de nous aider à porter le fardeau de la reconstruction du dortoir des garçons, pour un coût de 73 000 dollars américains. Une somme que nous ne pouvions pas assumer seuls.

    J’ai été soulagé de constater qu’après cet incendie, aucune vie n’avait été perdue et que tous les garçons s’en étaient sortis sains et saufs, y compris leur responsable de dortoir (directeur d’internat). À Dieu soit la gloire !

    Continuons donc à partager nos fardeaux et notre espérance les uns avec les autres, en tant que corps du Christ au sein de l’Église mondiale.

    Nous sommes encouragés à partager l’amour et l’espérance du Christ au sein de nos communautés et à ne jamais baisser les bras. Comme le dit Galates 6.9 : « Faisons le bien sans défaillance ; car, au temps voulu, nous récolterons si nous ne nous relâchons pas. »

    —Sindah Ngulube est évêque émérite de l’Église des frères en Christ – Conférence du Zimbabwe. Il est l’un des représentants africains au Comité exécutif de la CMM. Il a partagé cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, sur le thème « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • Perspectives — Bolivie

    Ces dernières années, nous avons été témoins de guerres et de conflits dans de nombreuses régions du monde. Les conflits armés se sont intensifiés, provoquant le déplacement de milliers de personnes, plongeant des millions d’autres dans la pauvreté et semant le désespoir et la détresse.

    Il nous semble vivre aujourd’hui les signes que Jésus a décrits dans Matthieu 24 comme annonçant « la fin du monde » (v. 3).

    Les paroles de Jésus résonnent dans nos esprits et nos âmes : « Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira » (v. 12).

    C’est dans ce genre de circonstances que nous, croyants, sommes appelés à manifester notre foi en incarnant la solidarité comme un mode de vie et non pas seulement comme un concept. Lorsque la méchanceté s’intensifie, l’amour de Dieu doit briller davantage en nous et à travers nous.

    Porter les fardeaux les uns des autres

    Dans l’épître aux Galates, l’apôtre Paul affirme que si nous voulons accomplir « la loi du Christ », nous devons porter les fardeaux les uns des autres. En d’autres termes, Paul nous demande simplement de rester attentifs aux besoins qui nous entourent.

    Lorsque je pense à l’Église accomplissant cette mission, je me revois grandir dans une extrême pauvreté dans le sud de la République dominicaine.

    Il n’y avait pas de conflit armé, mais la pauvreté était si extrême que, souvent, notre seul repas de la journée se composait de bananes vertes bouillies, et rien d’autre. D’autres jours, un simple verre d’eau sucrée était tout ce dont nous disposions.

    Le pasteur de notre assemblée locale avait pris à cœur cet appel à partager les fardeaux. Non seulement il partageait avec nous tout ce qu’il possédait, mais il a aussi sollicité le soutien d’une organisation humanitaire internationale afin de mettre en place un programme de parrainage pour notre communauté. Cela a permis à beaucoup d’entre nous de bénéficier de nourriture, de vêtements et d’une éducation.

    À partir de ce moment-là, notre fardeau s’est allégé et nos journées ont commencé à offrir un peu plus que de simples bananes vertes bouillies ou un verre d’eau sucrée.

    Partager l’espérance

    « Demain sera un jour meilleur ! »

    C’était une phrase que ma mère répétait souvent lorsque j’allais la voir en sanglotant et en me plaignant, allant même jusqu’à dire que je n’irais pas à l’école ce jour-là parce que j’avais trop faim. Elle m’expliquait sans cesse que Dieu avait déjà prévu un avenir bien meilleur pour nous. Puis elle ajoutait : « S’il te plaît, va à l’école, car l’éducation est ta chance de réussir. »

    J’ai appris plus tard que le « jour meilleur » que Dieu a prévu pour quelqu’un est souvent lié au fait qu’une autre personne réponde à l’appel de Galates 6.10 :

    « Donc, tant que nous disposons de temps, travaillons pour le bien de tous, surtout celui de nos proches dans la foi. »

    C’est un couple anabaptiste des États-Unis qui a saisi l’occasion de parrainer un enfant dans le sud de la République dominicaine. Ils ont utilisé les ressources que Dieu leur avait données pour partager le fardeau de ce jeune garçon. Ils lui ont fourni les moyens d’avoir davantage de nourriture, de vêtements et d’éducation.

    Ils sont devenus une source d’espérance qui a irrigué l’avenir de ce jeune garçon, Francis Pérez de Léon, ainsi que celui de mes parents et de mes frères et sœurs.

    Partager l’espérance est une décision, un engagement que nous, membres de la famille du Christ, sommes appelés à mettre en pratique.

    Nous avons une formidable occasion de permettre à l’amour de Dieu d’être présent et transformateur dans la vie de nombreuses personnes qui souffrent. Et si nous constatons que nos ressources financières ne suffisent pas pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin, alors utilisons une ressource encore plus grande dont nous disposons : la prière.

    Prier les uns pour les autres

    En Éphésiens 6.18, l’apôtre Paul nous exhorte :

    « Que l’Esprit suscite votre prière sous toutes ses formes, vos requêtes, en toutes circonstances ; employez vos veilles à une infatigable intercession pour tous les saints. »

    Lorsque nous partageons les fardeaux et l’espérance de nos frères et sœurs dans le besoin, nous ouvrons la voie à un avenir meilleur, non seulement pour ceux qui reçoivent ou bénéficient directement de nos actions, mais aussi pour ceux qui seront touchés par les personnes que nous avons aidées en premier lieu.

    Pour ce couple anabaptiste qui m’a parrainé, cela se traduit par toutes les personnes que Dieu m’a permis d’atteindre au cours de plus de trente ans de ministère.

    Nous formons la famille du Christ, et vous n’êtes pas seuls.

    —Francis Pérez de Léon est un responsable de l’Iglesia Evangélica Menonita Boliviana. Il est l’un des représentants de l’Amérique latine au sein du Comité exécutif de la CMM. Il a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, sous le titre « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • Perspectives — Canada

    L’Église mennonite du Canada compte 205 communautés réparties sur le vaste territoire canadien. 5 300 km séparent notre communauté la plus à l’est de celle la plus à l’ouest.

    J’ai débuté mon ministère pastoral en 1992 en tant que pasteur jeunesse. J’aimais les jeunes de mon Église, leur énergie, la sincérité avec laquelle ils vivaient leur foi et l’espoir sincère qu’ils nourrissaient pour l’avenir.

    Cela fait maintenant près de 34 ans que j’exerce mon ministère et ai contribué, ces sept dernières années, à diriger notre union d’Églises.

    Ce qui va bien : les jeunes

    Mon expérience dans la pastorale des jeunes m’a fait comprendre combien il est important que l’Église mennonite du Canada accorde une place prioritaire aux jeunes. Je suis profondément convaincu que le plus beau cadeau que nous puissions leur offrir est une foi ancrée dans une assemblée locale et nourrie par la richesse de l’Église mondiale.

    Au Canada, de nombreux jeunes perçoivent l’Église comme une institution vieillissante. Beaucoup pensent que l’Église est une activité réservée aux personnes âgées. Ils n’en voient pas la pertinence. Cependant, nous avons constaté que lorsque nous donnons aux jeunes un aperçu de ce qui se passe au sein de l’Église mondiale, leur point de vue change.

    À l’occasion de l’Assemblée de la CMM en Indonésie, il y a trois ans, nous avons envoyé un jeune de chacune des régions de notre union d’Églises et assumé l’ensemble de leurs frais de participation.

    Lorsque mon conseil d’administration m’a demandé combien cela allait coûter, j’ai répondu que nous pouvions considérer cette initiative soit comme une dépense, soit comme un investissement. Aujourd’hui, nous constatons déjà les fruits de cet investissement. Nous formons des responsables pour notre Église, des responsables qui portent une perspective mondiale.

    Je voudrais également partager avec vous un défi auquel nous sommes confrontés. Au fil des années, en Amérique du Nord, de nombreux chercheurs ont écrit d’excellents ouvrages sur le thème de la paix. Beaucoup d’entre nous ont lu leurs livres et suivi leurs cours.

    Un défi : la paix

    Nous avons également connu de nombreuses années de paix dans notre pays. Il n’y a pas de conflits en cours. Le Canada n’est plus activement impliqué dans des guerres depuis de nombreuses années.

    Nous en sommes très reconnaissants, mais cette situation comporte aussi un défi. La construction de la paix s’apprend et exige de la pratique. Il en va de même lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi nous croyons en la paix. C’est comme un muscle : si on ne l’exerce pas régulièrement, il s’affaiblit.

    En novembre, le gouvernement canadien a annoncé qu’il souhaitait recruter davantage de soldats afin d’être prêt au cas où l’un des conflits mondiaux s’étendrait au Canada. Nous nous posons la question : et si la situation empirait vraiment et que le gouvernement recourait à la conscription ? Quelle serait la réaction des Églises mennonites ?

    Il y a quatre-vingts ans, pendant la Seconde Guerre mondiale, bon nombre de nos jeunes avaient demandé le statut d’objecteur de conscience. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr de ce que la plupart d’entre nous feraient.

    Nous devons tirer les leçons des Églises mennonites de Colombie. Nous avons besoin que les mennonites du Myanmar nous enseignent ce que nous savions autrefois. Nous avons besoin que le témoignage de paix de l’Église mondiale nous parvienne sous un jour nouveau.

    Priez pour nous, s’il vous plaît. Priez pour que nous n’ayons pas peur. Priez pour que nous ayons les yeux ouverts afin de voir à quel point tant d’Églises mennonites du Sud ont été d’incroyables témoins de la voie pacifique de l’Évangile.

    Priez pour que nous puissions redécouvrir, au plus profond de nos cœurs, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, qui, par son amour sacrificiel, a vaincu le monde et nous a montré le chemin du Royaume de Dieu.

    Doug Klassen est le pasteur exécutif de l’Église mennonite du Canada. Il est l’un des représentants de l’Amérique du Nord au sein du Comité exécutif de la CMM. Il a présenté cette réflexion lors de la rencontre ‘Renouveau 2026’ aux Philippines en mars 2026, intitulée « La solidarité dans la famille en Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance ».


  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9e édition annuelle de la rencontre ‘ Renouveau’ de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10).

    La rencontre ‘Renouveau’ a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes).

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents.

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement.

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile.

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. »

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse.

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    « Bayanihan » n’était pas seulement une métaphore pour Renouveau 2026 : il a été vécu concrètement. Des responsables de l’IMC, dont le pasteur Joel De Leon, le président de l’IMC Zaldy Magansay et le pasteur Richard Rancap, ont transporté une hutte en nipa jusqu’au lieu de la rencontre.

    « Cela incarne l’esprit d’unité communautaire, de coopération et de soutien mutuel », explique l’évêque Eladio Mondez, de l’IMC. « Au-delà de son sens littéral, Bayanihan symbolise le puissant sens de la communauté qui anime le peuple philippin, où chacun aide volontiers son prochain sans rien attendre en retour, en particulier en cas de besoin, de catastrophe ou lors d’activités communautaires. Cela reflète la profonde importance que revêtent l’effort collectif et le soutien mutuel dans la société philippine. »

     La solidarité repose sur un témoignage commun

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme.

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. »

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. »

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction.

    Doug Klassen, ministre exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada.

    « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. »

    Le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, président de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM.

    Le rassemblement ‘Renouveau’ s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale.

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM.

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de ‘Renouveau’. « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. »

    Prière de clôture

    Dieu miséricordieux, Prince de la Paix,

    Nous te rendons grâce pour ce cœur qui bat à l’unisson au sein de cette famille mondiale. Alors que nous clôturons ce temps de renouveau, nos cœurs sont comblés. Nous te rendons grâce pour la diversité des voix, la variété des langues et l’Esprit unique qui nous a rassemblés à l’ombre de ta grâce.

    Seigneur, nous te demandons de ne pas laisser s’éteindre le feu du renouveau que nous avons ressenti ici aujourd’hui. Comme des lampes dans les ténèbres, que la vérité de ta Parole demeure ferme en nous et éclaire nos pas. Que ton Esprit reste notre guide et source de notre force.

    Alors que nous retournons aux quatre coins du monde, accorde-nous le courage d’être tes mains et tes pieds. Là où règnent les conflits, fais de nous des artisans de paix. Là où règne l’injustice, fais de nous des chercheurs de ta justice. Et là où règne le désespoir, fais de nous des porteurs de la lumière de ton espérance.

    Puissions-nous marcher à la suite de Jésus – enracinés dans la communauté, engagés à servir et débordants de ton amour. Nous partons maintenant, non seulement en tant qu’individus, mais en tant que corps mondial de croyants, renouvelés et prêts à servir.

    Au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Paix,

    Amen.

    Felipe Magbuhos Jr., directeur de l’éducation à l’IMC, pasteur 

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    Brève histoire des mennonites aux Philippines

    L’engagement mennonite aux Philippines a débuté peu après la Seconde Guerre mondiale, principalement par l’intermédiaire du Comité central mennonite (MCC).

    Le Comité central mennonite (MCC) a commencé son travail aux Philippines vers 1947 en apportant une aide d’urgence d’après-guerre, une assistance médicale et un soutien à la reconstruction. Cette action a fait connaître les mennonites auprès des communautés philippines, en particulier dans les régions rurales et économiquement défavorisées.

    En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée et a débuté en tant qu’organisation missionnaire philippine indépendante, ancrée dans le travail d’évangélisation local, notamment au sein des communautés rurales et tribales du nord de Luzon.

    Au fil du temps, MNI a développé des partenariats avec des agences missionnaires mennonites nord-américaines. Ces collaborations comprenaient le soutien d’agences telles que Eastern Mennonite Missions (anciennement Eastern Mennonite Board of Missions and Charities), qui a travaillé avec MNI au développement des responsables et à l’implantation d’Églises.

    En 1987, MNI a connu des conflits internes et des changements d’orientation. En 1991, les membres du mouvement qui restaient fermement attachés aux enseignements mennonites se sont réorganisés pour former l’Église mennonite intégrée (IMC).

    L’IMC a rejoint la grande famille mennonite mondiale en adhérant à la Conférence mennonite mondiale en 1992.


  • Lors de ‘Renouveau 2026’, les danses sont l’expression de la culture et de l’unité

    « La danse utilise des mouvements familiers pour entrer en communion avec Dieu, créer des liens au sein de la communauté et exprimer notre gratitude, tout en mettant en valeur nos pratiques culturelles, en particulier lors des célébrations », explique Marcial Arenos, de l’Église chrétien mennonite de Binuangan, district Nord de l’Integrated Mennonite Church aux Philippines. « C’est une expression corporelle de la célébration qui implique une participation collective. »

    Le programme de ‘Renouveau 2026’ aux Philippines a été ponctué de danses culturelles issues de plusieurs districts de l’IMC aux origines culturelles distinctes. Les représentations de groupes de danse locaux issus de ces districts constituent également un élément caractéristique des rassemblements régionaux et culturels de l’IMC.

    Ces danses mettent en scène des costumes traditionnels (cousus par les membres de l’Église), des gestes symboliques et des mouvements répétitifs qui racontent une histoire. Ces éléments reflètent les traditions et les valeurs des communautés, explique Blessing Joy Turqueza, représentante des YABs pour l’Asie et l’un des responsables de l’Association des jeunes mennonites des Philippines (IMC).

    « Le recours à la danse enrichit le culte, la prière ou les lectures bibliques ; nous pouvons nous exprimer dans notre langue, à travers nos traditions et notre culture », déclare Marcial Arenos. C’est également un moyen de s’ouvrir à la communauté, où la préservation de la culture et du dialecte par la danse crée des liens avec les communautés autochtones.

    « Ces danses traditionnelles symbolisent pour nous, aux Philippines, l’unité et la célébration. La Bible dit également que ‘tout genou fléchira devant Jésus et que toute langue célébrera la gloire de Dieu’ (Philippiens 2.10-11). C’est pourquoi nous célébrons Dieu par notre danse », explique Shammah Micah B. Abadier, de l’Église mennonite de Red Cross Village, dans le district central, IMC.

    Pandanggo sa Ilaw

    L’une des danses au programme était le Pandanggo sa Ilaw. Cette danse folklorique originaire de l’île de Lubang, à Mindoro, est dérivée du fandango espagnol de l’époque coloniale. Elle met en scène la cour amoureuse à travers un jeu d’équilibre avec des lampes allumées symbolisant des lucioles.

    « La beauté de la danse dépend de la clarté et de la stabilité de la flamme portée par le danseur », explique Felipe Magbuhos, Jr., de l’Église mennonite ‘Bible’ de Lacao à Lumban. À l’origine, on utilisait des bougies, mais aujourd’hui, on utilise une lampe à piles.

    « Comme il est dit : ‘Vous êtes la lumière du monde […] que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux’ (Matthieu 5.14-16). »

    « Cette danse nous rappelle qu’au milieu des situations sombres, nos vies — la ‘lumière’ que nous tenons entre nos mains — doivent être une source d’inspiration et témoigner de la bonté de Dieu », ajoute-t-il.

    À la fin du programme ‘Renouveau’, tous les participants et invités internationaux ont été invités à participer ensemble à la danse de l’unité. Cette danse fait régulièrement partie du congrès annuel de l’IMC.

    « En agitant et en tendant nos mains ainsi, nous louons notre Dieu », explique Shammah Micah B. Abadier.


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  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun 

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9ème édition annuelle de la rencontre « Renouveau » de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10). 

    La rencontre « Renouveau » a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes). 

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents. 

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement. 

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile. 

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. » 

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse. 

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    La solidarité repose sur un témoignage commun 

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme. 

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. » 

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. » 

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction. 

    Doug Klassen, Pasteur exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada. 

     « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. » 

    IMC 

    Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC
    Belen Raga, maire de Lumban

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM. 

    Le rassemblement « Renouveau » s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale. 

    La présence mennonite aux Philippines a débuté après la Seconde Guerre mondiale grâce à des actions de secours, d’aide médicale et de reconstruction menées par le Comité central mennonite (MCC). En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée en tant qu’organisation missionnaire dirigée par des Philippins et axée sur l’évangélisation et l’implantation d’Églises, en particulier dans les communautés rurales et tribales. Après une période de transition interne, l’Église mennonite intégrée (IMC) a été créée en 1991 et a rejoint la Conférence mennonite mondiale en 1993, intégrant ainsi la famille anabaptiste mondiale. 

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM. 

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de « Renouveau ».

    « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. » 

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    Lisez les témoignages sur Renouveau et découvrez-en davantage sur cette rencontre dans le numéro 41.3 du Courrier (uniquement en version numérique).



    Mise à jour 25 avril 2026 : titre de Eladio Mondez

  • « Si le christianisme mondial était réduit à mille personnes, les anabaptistes n’en représenteraient qu’une seule », a déclaré Timo Doetsch, membre allemand du Conseil général de la CMM représentant l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Brüdergemeinden in Deutschland (AMBD). « Nous ne sommes que le petit orteil du corps du Christ… Nous sommes minuscules, mais nous avons une voix. Et j’espère que notre voix est un petit cadeau de paix pour le christianisme mondial, et même au-delà : comme Joseph, qui avait des problèmes avec ses frères, mais qui a pu aider ses frères à se réconcilier. »

    Cinq dirigeants, actuels et anciens, de la CMM ont pris la parole lors de la table ronde intergénérationnelle animée par Ebenezer Mondez, mentor des Jeunes Anabaptistes (YABs), lors la célébration du centenaire de la CMM en Allemagne le 25 mai 2025, pour réfléchir à l’impact de la CMM sur leur vie, leur foi et leur ministère.

    Larry Miller, secrétaire général émérite de la CMM, a servi la CMM à une époque de transformation. Sous son mandat, la CMM est passée de simples réunions occasionnelles lors des Assemblées à une collaboration vivante à travers le travail continu des commissions. Il a vu l’anabaptisme évoluer d’un mouvement majoritairement issu du Nord à un mouvement inspiré par le Sud. Il a également vu le mouvement passer de la gestion des blessures de l’histoire des martyrs à la guérison des blessures causées par les conflits d’églises.

    « La Conférence Mennonite Mondiale est l’un des meilleurs endroits dont nous disposons aujourd’hui dans le monde anabaptiste pour observer et participer aux mouvements qui transforment, étendent et renouvellent l’Église », a déclaré Larry Miller.

    Transformer la foi, renouveler l’église.

    Valentina Kunze, originaire d’Uruguay, s’est engagée pour la première fois auprès de la CMM en tant que déléguée des Jeunes anabaptistes au Sommet mondial de la jeunesse 2022 en Indonésie. Aujourd’hui présidente du Comité YABs (Jeunes anabaptistes), elle a souligné le caractère transformateur de la CMM en déclarant : « J’ai pris conscience avec humilité que ma propre façon de voir et de faire les choses n’est pas la seule façon, ni la bonne, mais qu’il existe de nombreuses autres manières de connaître le Christ. J’ai également pu constater la richesse de la manière dont d’autres cultures vivent et font l’expérience d’autres facettes de Jésus, beaucoup plus mises en avant que dans ma propre culture.

    « Voir des personnes si différentes aimer et adorer le même Dieu m’a vraiment aidée à comprendre que Dieu est bien plus grand et bien plus puissant que je ne l’aurais jamais imaginé », a-t-elle déclaré.

    Amos Chin, membre du Comité Exécutif originaire du Myanmar, partage cet avis. « Louer, apprendre et servir aux côtés de croyants d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe et d’Amérique du Nord m’a montré la magnifique diversité de l’Église. Ces liens me rappellent que l’Église est plus grande que n’importe quelle assemblée isolée… c’est un corps mondial de croyants. L’unité en Christ n’efface pas nos différences, mais les transforme en occasions d’apprentissage mutuel et d’amour. »

    « [Faire partie de la CMM] a remis en question mes a priori culturels et a approfondi ma compréhension de la manière dont la foi est vécue. Apprendre auprès de responsables mondiaux, dont beaucoup viennent du Sud, m’a rendu humble… a remis en question ma complaisance et a renouvelé ma passion pour la formation de disciples », a déclaré Amos Chin, responsable de la Bible Missionary Church, une Église mennonite au Myanmar.

    Timo Doetsch a également partagé une expérience d’humilité vécue dix ans plus tôt en Pennsylvanie, aux États-Unis. Lors d’un cercle où les participants se lavaient les pieds les uns les autres, « quelqu’un est venu vers moi et — honnêtement, avant cela, je n’avais aucune sympathie pour cette personne. Mais c’est précisément cette personne qui est venue me laver les pieds. Ce moment a été très transformateur et m’a rendu humble », a-t-il déclaré.

    Lorsqu’elle s’est impliquée dans le groupe chargé de rédiger les Convictions Communes, l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro, du Kenya, a déclaré : « J’ai commencé à voir des choses remises en question — des questions doctrinales auxquelles je tenais tant. Cela m’a ouvert les yeux sur le fait qu’il est nécessaire de regarder ce que nous avons en commun plutôt que ce qui nous sépare. Je pense qu’il est biblique et saint de défendre ce qui nous rassemble. »

    De la place pour tout le monde

    Rebecca Osiro a grandi dans un environnement social et culturel où les femmes pouvaient assumer de nombreuses responsabilités au sein de l’Église, mais ne pouvaient ni être consacrées ni faire de la théologie.

    C’est lors de l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale au Zimbabwe en 2003 qu’elle a été introduite dans le cercle des théologiennes anabaptistes. Lorsqu’elle a rejoint la Commission Foi & Vie, « je me suis souvent sentie inadéquate sur le plan académique, mais les échanges qui s’y sont déroulés m’ont rendue plus forte spirituellement. »

    « Et j’ai été vraiment encouragée de voir que ces géants de l’université qui m’entouraient ne me considéraient pas comme une fourmi parmi eux, mais comme une sœur », a-t-elle déclaré.

    De même, les catholiques et les luthériens avec lesquels elle a participé au dialogue trilatéral sur le baptême « m’ont fait sentir que je faisais partie intégrante de ce corps du Christ tout à fait compétent », a déclaré Rebecca Osiro.

    Reconnaissante de l’opportunité que la CMM offre aux jeunes, Valentina Kunze, d’Uruguay, a souligné l’importance d’être véritablement écoutée. « C’est une grande qualité et je souhaite vraiment encourager la poursuite de cette démarche. »

    « La CMM a été pour nous un lieu de vie abondante et un lieu d’amitiés durables », a déclaré Larry Miller.

    MWC100 leaders interview
  • Un atelier de la Commission Foi et Vie explore la question du 500e anniversaire en 2025

    Leaders from other world communions brought ecumenical greetings in plenaries. PHOTO: Merle Good

    Par Gordon Houser

    La Conférence Mennonite Mondiale a tenu son premier rassemblement en 1925 – l’année du 400e anniversaire de l’origine du mouvement anabaptiste. Avec le 500e anniversaire dans seulement dix ans, plusieurs personnes se demandent comment la CMM commémorera l’événement.

    Le 25 juillet 2015, un atelier au Rassemblement de la CMM à Harrisburg en Pennsylvanie a abordé cette question « De la Réforme 2017 à l’anabaptisme 2025 : comment l’Église mondiale commémorera-t-elle le 500e anniversaire? » et a fourni quelques indications de ce qui pourrait se faire.

    Hanspeter Jecker, Astrid von Schlachta et John D. Roth ont dirigé l’atelier. Ils ont demandé des suggestions aux participants et ont expliqué le contexte de la question.

    Bref, la réponse à la question se résume en un mot : « sagement ».

    « La manière de commémorer nos origines nous aide à comprendre qui nous sommes aujourd’hui » dit John D. Roth. Il nous met en garde contre l’exubérance : « nous commémorons une division d’église. »

    Astrid von Schlachta fait remarquer que le premier rassemblement de la CMM a mis l’accent sur le renouveau, le christocentrisme, le danger du matérialisme et sur l’église comme premier objet de la mission

    John D. Roth souligne que le renouveau est encore un sujet d’intérêt aujourd’hui. En 1925, il y avait peu d’anabaptistes, mais aujourd’hui il y en a 1,9 million.

    Il ajoute que les planificateurs des événements voudront être en communication avec les 103 groupes qui font partie de la CMM ainsi que les groupes qui ne sont pas membres mais apparentés, tels les amish, les groupes Old Colony et des groupes des églises libres en Allemagne.

    Hanspeter Jecker dit que les commémorations devraient refléter nos convictions théologiques, nos partenariats œcuméniques et notre réalité mondiale. Il a présenté un ensemble de propositions qui comprend une commémoration décennale qui s’étalera de 2017 à 2025/27.

    Provisoirement intitulés RENEWAL 2015, les commémorations comprendraient un événement régional tenu à tous les deux ans dans chacun des cinq continents. Au programme, il pourrait y avoir une rencontre des commissions en 2016, une réunion du Conseil Général en 2018, le prochain Rassemblement de la CMM en Indonésie en 2021, une autre réunion du Conseil Général en 2021 et un Rassemblement de la CMM en 2027, possiblement en Suisse.

    Les objectifs fixés pourraient être les relations intra-anabaptistes, le témoignage mondial et la connaissance de soi.

    La Commission Foi et Vie est ouverte aux suggestions sur la façon de procéder.

    Gordon Houser est rédacteur de The Mennonite, la publication de Mennonite Church USA.