Étiquette : théologiennes anabaptistes

  • « Si le christianisme mondial était réduit à mille personnes, les anabaptistes n’en représenteraient qu’une seule », a déclaré Timo Doetsch, membre allemand du Conseil général de la CMM représentant l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Brüdergemeinden in Deutschland (AMBD). « Nous ne sommes que le petit orteil du corps du Christ… Nous sommes minuscules, mais nous avons une voix. Et j’espère que notre voix est un petit cadeau de paix pour le christianisme mondial, et même au-delà : comme Joseph, qui avait des problèmes avec ses frères, mais qui a pu aider ses frères à se réconcilier. »

    Cinq dirigeants, actuels et anciens, de la CMM ont pris la parole lors de la table ronde intergénérationnelle animée par Ebenezer Mondez, mentor des Jeunes Anabaptistes (YABs), lors la célébration du centenaire de la CMM en Allemagne le 25 mai 2025, pour réfléchir à l’impact de la CMM sur leur vie, leur foi et leur ministère.

    Larry Miller, secrétaire général émérite de la CMM, a servi la CMM à une époque de transformation. Sous son mandat, la CMM est passée de simples réunions occasionnelles lors des Assemblées à une collaboration vivante à travers le travail continu des commissions. Il a vu l’anabaptisme évoluer d’un mouvement majoritairement issu du Nord à un mouvement inspiré par le Sud. Il a également vu le mouvement passer de la gestion des blessures de l’histoire des martyrs à la guérison des blessures causées par les conflits d’églises.

    « La Conférence Mennonite Mondiale est l’un des meilleurs endroits dont nous disposons aujourd’hui dans le monde anabaptiste pour observer et participer aux mouvements qui transforment, étendent et renouvellent l’Église », a déclaré Larry Miller.

    Transformer la foi, renouveler l’église.

    Valentina Kunze, originaire d’Uruguay, s’est engagée pour la première fois auprès de la CMM en tant que déléguée des Jeunes anabaptistes au Sommet mondial de la jeunesse 2022 en Indonésie. Aujourd’hui présidente du Comité YABs (Jeunes anabaptistes), elle a souligné le caractère transformateur de la CMM en déclarant : « J’ai pris conscience avec humilité que ma propre façon de voir et de faire les choses n’est pas la seule façon, ni la bonne, mais qu’il existe de nombreuses autres manières de connaître le Christ. J’ai également pu constater la richesse de la manière dont d’autres cultures vivent et font l’expérience d’autres facettes de Jésus, beaucoup plus mises en avant que dans ma propre culture.

    « Voir des personnes si différentes aimer et adorer le même Dieu m’a vraiment aidée à comprendre que Dieu est bien plus grand et bien plus puissant que je ne l’aurais jamais imaginé », a-t-elle déclaré.

    Amos Chin, membre du Comité Exécutif originaire du Myanmar, partage cet avis. « Louer, apprendre et servir aux côtés de croyants d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe et d’Amérique du Nord m’a montré la magnifique diversité de l’Église. Ces liens me rappellent que l’Église est plus grande que n’importe quelle assemblée isolée… c’est un corps mondial de croyants. L’unité en Christ n’efface pas nos différences, mais les transforme en occasions d’apprentissage mutuel et d’amour. »

    « [Faire partie de la CMM] a remis en question mes a priori culturels et a approfondi ma compréhension de la manière dont la foi est vécue. Apprendre auprès de responsables mondiaux, dont beaucoup viennent du Sud, m’a rendu humble… a remis en question ma complaisance et a renouvelé ma passion pour la formation de disciples », a déclaré Amos Chin, responsable de la Bible Missionary Church, une Église mennonite au Myanmar.

    Timo Doetsch a également partagé une expérience d’humilité vécue dix ans plus tôt en Pennsylvanie, aux États-Unis. Lors d’un cercle où les participants se lavaient les pieds les uns les autres, « quelqu’un est venu vers moi et — honnêtement, avant cela, je n’avais aucune sympathie pour cette personne. Mais c’est précisément cette personne qui est venue me laver les pieds. Ce moment a été très transformateur et m’a rendu humble », a-t-il déclaré.

    Lorsqu’elle s’est impliquée dans le groupe chargé de rédiger les Convictions Communes, l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro, du Kenya, a déclaré : « J’ai commencé à voir des choses remises en question — des questions doctrinales auxquelles je tenais tant. Cela m’a ouvert les yeux sur le fait qu’il est nécessaire de regarder ce que nous avons en commun plutôt que ce qui nous sépare. Je pense qu’il est biblique et saint de défendre ce qui nous rassemble. »

    De la place pour tout le monde

    Rebecca Osiro a grandi dans un environnement social et culturel où les femmes pouvaient assumer de nombreuses responsabilités au sein de l’Église, mais ne pouvaient ni être consacrées ni faire de la théologie.

    C’est lors de l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale au Zimbabwe en 2003 qu’elle a été introduite dans le cercle des théologiennes anabaptistes. Lorsqu’elle a rejoint la Commission Foi & Vie, « je me suis souvent sentie inadéquate sur le plan académique, mais les échanges qui s’y sont déroulés m’ont rendue plus forte spirituellement. »

    « Et j’ai été vraiment encouragée de voir que ces géants de l’université qui m’entouraient ne me considéraient pas comme une fourmi parmi eux, mais comme une sœur », a-t-elle déclaré.

    De même, les catholiques et les luthériens avec lesquels elle a participé au dialogue trilatéral sur le baptême « m’ont fait sentir que je faisais partie intégrante de ce corps du Christ tout à fait compétent », a déclaré Rebecca Osiro.

    Reconnaissante de l’opportunité que la CMM offre aux jeunes, Valentina Kunze, d’Uruguay, a souligné l’importance d’être véritablement écoutée. « C’est une grande qualité et je souhaite vraiment encourager la poursuite de cette démarche. »

    « La CMM a été pour nous un lieu de vie abondante et un lieu d’amitiés durables », a déclaré Larry Miller.

    MWC100 leaders interview
  • « C’est ce qui nous a permis, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, à ouvrir et à libérer nos cœurs des blocages ou de situations qui nous empêchent d’être des femmes épanouies sur tous les plans. » témoigne Gladis Velasqez Maldonado.

    Gladis Velasqez Maldonado fait partie d’un nouveau réseau mondial de femmes théologiennes anabaptistes dont l’idée remonte à l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale de Bulawayo, Zimbabwe en 2003. Les responsables d’Amérique latine ont créé MTAL Movimiento de Mujeres Anabautistas haciendo teología desde América Latina (Mouvement de femmes anabaptistes pratiquant la théologie depuis l’Amérique latine), un groupe continental de femmes théologiennes.

    Gladis Velasqez Maldonado a pu sentir cette sororité solidaire lors du rassemblement des MTAL d’Amérique centrale du 13 au 15 aout au lac Yojoa, au Honduras. Les trente-six femmes des Églises mennonites d’Amérique centrale qui se réunirent, provenaient du Costa Rica, du Nicaragua, du Honduras, du Salvador, du Guatemala, de Belize, du Mexique, de Porto Rico, de Colombie et des États-Unis.

    Les réunions furent jalonnées de médiations, d’ateliers, de présentations et d’activités participatives.

    « Je suis témoin des progrès que le Seigneur nous a permis de faire en 15 ans depuis que le mouvement a commencé » raconte Ofelia García de Pedroza, participante et exposante. « Nous avons dû faire des ajustements aux objectifs initiaux, mais c’est un grand apprentissage de voir que l’Esprit de Dieu nous fait bouger comme il le veut et nous amène à réaliser sa volonté. »

    Ê cause de la violence culturelle et structurelle présente dans beaucoup de leurs pays d’origine, les femmes souffrent d’atteintes à leur santé physique, émotionnelle et spirituelle qui les empêchent de développer leurs dons et de construire des communautés saines.

    Les réunions ont permis aux femmes de guérir une partie de leurs traumatismes dans un cadre rassurant.

    « J’ai pu partager des choses dont je n’avais jamais parlé à personne… Me sentir écoutée et pouvoir recevoir des conseils et des idées venant des sœurs sur les manières de faire face à de telles situations a été libérateur. » Raconte Gladis Velasqez Maldonado.

    En rencontrant des femmes qui exercent un même ministère dans des pays différents, « nous comprenions très bien les mots qui venaient du cœur, nous pouvions nous exprimer en toute confiance, » raconte Ofelia García Pedroza. « Être là-bas nous a permis de vivre la miséricorde de Dieu, son amour débordant, sa compassion sans limites et sa paix complète. »

    MTAL donne l’occasion aux femmes responsables comme Ofelia García de Perdoza de « parler de ce que [son] cœur ressentait comme un fardeau, de [se] laisser chérir et de permettre que d’autres s’occupe [d’elle], d’être encouragée par une embrassade, d’être vulnérable et de profiter de la compagnie, de la nature, de la nourriture, des rires, du lac, du café, des soirées pluvieuses. »

    —Communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale

  • Les théologiennes anabaptistes examinent les possibilités d’un réseau mondial

    Par Virginia A. Hostetler, avec les reportages de Harriet Sider Bicksler et d’Elina Ciptadi-Perkins

    Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) — Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), du 21 au 25 juillet 2015, les femmes anabaptistes se sont réunies pour une première fois afin d’examiner les possibilités de former un réseau mondial des femmes anabaptistes.

    Réunies en session, par groupes régionaux, des femmes de l’Asie, de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord et de l’Europe ont été mises au courant de ce qui se fait déjà, puis ont considéré comment elles pourraient travailler ensemble au sein de réseaux plus formels dans leurs propres régions.

    Ces sessions ont été suivies d’une rencontre commune le vendredi après-midi où les femmes de tous les continents étaient invitées à donner leur opinion sur la possibilité d’un réseau mondial. La rencontre de trois heures et demie a été animée par les théologiennes de l’Amérique latine et comprenait une liturgie, des chants, de l’expression gestuelle et de l’art ainsi que des rapports et des discussions en groupe. Près de 100 femmes ont participé à la rencontre.

    Les participantes ont examiné deux grandes questions : Ya-t-il un besoin pour un réseau mondial de théologiennes? Quelle serait la fonction de ce réseau?

    Au sujet du besoin, les participantes latino-américaines ont répondu avec enthousiasme : « Si! »

    Parmi les commentaires recueillis, on trouve notamment « Je sais que mon monde est trop petit, j’en ai besoin d’autres ».

    Les femmes ont décidé par consensus d’aller de l’avant et de nommer des personnes contacts dans chaque région pour la mise en œuvre.

    Au cours des années, la CMM a soutenu des opportunités de réseautage et de formation théologique pour les femmes. Or, parmi les 150 délégués du Conseil Général qui se sont réunis du 16 au 20 juillet, on comptait moins d’une douzaine de femmes. Une femme du Sud s’est exclamée : « Est-ce cela l’égalité? Est-ce que c’est juste? Dans nos églises, les femmes sont majoritaires! » Une autre a ajouté : « Sans la voix des femmes, nous manquons la moitié de la sagesse de Dieu. »

    (Le Conseil Général est formé de responsables d’église de partout dans le monde, choisis par les conférences et les églises membres de la CMM.)

    Réseaux régionaux

    PHOTO: Dale D Gehman

    Le mouvement des théologiennes a pris naissance en Afrique avec la formation du groupe « Théologiennes Anabaptistes Africaines » en 2001. En partenariat avec Mennonite Church USA et la CMM, le groupe a encouragé et facilité la formation théologique des femmes de divers pays africains. Le groupe africain ne s’est pas rencontré à Harrisburg.

    Au Rassemblement de la CMM au Zimbabwe, en 2003, les femmes latino-américaines ont été inspirées par leurs sœurs africaines. Elles ont alors formé le mouvement des Théologiennes latino-américaines et ont tenu leur première rencontre continentale en 2009 au Rassemblement de la CMM au Paraguay.

    Au Rassemblement de 2015, les femmes latino-américaines ont exprimé leur appréciation à l’égard du programme Sister Care de Mennonite Church USA dans plusieurs pays de l’Amérique latine.

    Des conversations ont débuté en Inde en 2012 à propos d’un réseau des théologiennes asiatiques appelé Theologically Trained Anabaptist Women of India (Femmes anabaptistes de l’Inde diplômées en théologie). C’est une initiative locale, approuvée par la CMM, pour former et habiliter sur le plan théologique les femmes anabaptistes. Au Rassemblement de 2015, elles ont poursuivi leurs conversations.

    Il n’existe pas de réseau formel en Europe ou au Canada et aux États-Unis, mais les femmes se sont réunies en groupes régionaux à Harrisburg pour examiner les possibilités.

    PHOTO: Dale D Gehman

    PA 2015

    Possiblement le reflet d’une réalité plus grande de la lutte des femmes pour l’obtention d’une reconnaissance et d’un statut dans l’église, la salle de rencontre désignée pour les réunions des théologiennes était située à l’extrémité du Champ de Foire, loin de la cafétéria et des aires de rencontres, avec peu de panneaux de signalisation le long du chemin.

    Quelques questions soulevées pendant les sessions à PA 2015 :

    • Qui est théologien? Certains groupes ont étoffé la définition en incluant les femmes qui font du travail pastoral et communautaire. On a aussi reconnu que les femmes « font » de la théologie différemment des hommes.
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent faire pour connaître leurs sœurs des autres pays et marcher avec elles en dépit des différences et des distances?
    • Comment les jeunes femmes peuvent-elles être encouragées à s’engager en théologie?
    • La structure de la CMM sert-elle à faire ces connexions?
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent offrir à la CMM et qu’est-ce qu’elles peuvent demander à la CMM?
    PHOTO: Dale D Gehman

    Les rencontres ont aussi eu une expression artistique collective. Audrey Kraybill, une artiste et pasteure de Lancaster en Pennsylvanie a dirigé un projet de découpage intitulé « Femmes en conversation ».

    À la grande réunion commune du vendredi, les participantes ont signé l’œuvre d’art collective avec l’intention de l’envoyer aux femmes de la République démocratique du Congo qui n’ont pas obtenu de visa pour assister au Rassemblement.

    Virginia A. Hostetler est éditrice Web pour The Canadian Mennonite. Elle faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les sessions plénières au 16e Rassemblement.

  • Des théologiens femmes de l’Amérique du Nord tiennent une réunion inaugurale

    Par Harriet Sider Bicksler

    A l’exemple de leurs soeurs de l’Afrique et de l’Amérique latine qui ont déjà des réseaux bien-développés de théologiens femmes, une cinquantaine de théologiens femmes de l’Amérique du Nord se sont réunies pour la première fois le 22 juillet 2015 au complexe d’Exposition Agricole à Harrisburg, Pennsylvanie.

    Elizabeth Soto, qui est à l’origine de la réunion, est l’ancienne modératrice de Mennonite Church USA (l’Église Mennonite des États-Unis), et s’implique dans le réseau des théologiens femmes de l’Amérique Latine. Linda Gehman Peachy et Michelle Armster, également de Mennonite Church USA, et Mary Anne Isaak, pasteur de River East Mennonite Brethren Church (Église des Frères Mennonite de River East), Winnipeg, Canada, ont conduit la réunion.

    L’assistance diversifiée de femmes se sont présentés. Parmi les raisons pour leur présence elles ont cité l’importance d’avoir une voix collective; le désire d’entendre les réflexions d’autres femmes; la recherche d’une communauté sacrée; la conviction que sans la voix des femmes la théologie n’est pas complète et le désire d’avoir des liens avec d’autres femmes.

    Audrey Kanagy displays three completed “Women in Conversation” decoupage paintings while explaining the project. Looking on are Nancy Heisey and Elie Soto. PHOTO CREDIT: Harriet Bicksler
    Audrey Kanagy affiche trois “Women in Conversation” (Les Femmes en Conversation) peintures de découpages tout en présentant le projet. A côté, Nancy Heisey et Elizabeth Soto observent. CREDIT PHOTO: Harriet Bicksler

    Audrey Kanagy, pasteur à Lancaster, Pennsylvanie, a présenté un projet d’art. Elle a invité des femmes de prendre part à tout moment pendant le rassemblement.

    Le projet de découpage appelé “Women in Conversation” (les femmes en conversation) est de nature interdépendante et communautaire a dit Kanagy. Les contributrices participent à un processus où il n’y a pas de réponse juste et où le produit fini est sans importance.

    Les femmes se sont séparées en petits groupes pour discuter des thèmes tels que leurs compréhensions bibliques, la mobilisation des jeunes, la sexualité, l’église mondiale et le leadership des femmes.

    En préparation pour une prochaine réunion conjointe avec les autres groupes continentaux de théologiens femmes, l’assistance a lancé des idées pour des activités possibles d’un Reseau Mondial de Femmes, et a considéré ce qu’un tel réseau pourrait offrir et demander de la Conférence Mennonite Mondial.

    La réunion du Réseau Mondial aura lieu le 24 juillet 2015, 13H30 à 17H00, dans la salle Delaware. (Directions: de l’entrée à la rue Cameron, suivez des panneaux à H (hall principal); traversez le hall principal jusqu’à l’entrée, tournez à gauche et montez l’escalier. La salle Delaware est derrière la salle Susquehanna, accessible par un couloir à gauche.)

    Harriet Sider Bicksler est auteur et rédactrice à la retraite. Elle sert en tant que rédactrice du Brethren in Christ Historical Society (Société Historique de l’Eglise des Frères en Christ) prés de Harrisburg.

    LEGENDE DE LA PHOTO: Audrey Kanagy affiche trois “Women in Conversation” (Les Femmes en Conversation) peintures de découpages tout en présentant le projet. A côté, Nancy Heisey et Elizabeth Soto observent.

    Audrey Kanagy displays three completed “Women in Conversation” decoupage paintings while explaining the project. Looking on are Nancy Heisey and Elie Soto. PHOTO CREDIT: Harriet Bicksler
  • Des théologiens femmes de l’Amérique du Nord tiennent une réunion inaugurale

    Par Harriet Sider Bicksler

    A l’exemple de leurs soeurs de l’Afrique et de l’Amérique latine qui ont déjà des réseaux bien-développés de théologiens femmes, une cinquantaine de théologiens femmes de l’Amérique du Nord se sont réunies pour la première fois le 22 juillet 2015 au complexe d’Exposition Agricole à Harrisburg, Pennsylvania.

    Elizabeth Soto, qui est à l’origine de la réunion, est l’ancienne modératrice de Mennonite Church USA (l’Église Mennonite des Etats-Unis), et s’implique dans le réseau des théologiens femmes de l’Amérique Latine. Linda Gehman Peachy et Michelle Armster, également de Mennonite Church USA, et Mary Anne Isaak, pasteur de River East Mennonite Brethren Church (Église des Frères Mennonite de River East), Winnipeg, Canada, ont conduit la réunion.

    L’assistance diversifiée de femmes se sont présentés. Parmi les raisons pour leur présence elles ont cité l’importance d’avoir une voix collective; le désire d’entendre les réflexions d’autres femmes; la recherche d’une communauté sacrée; la conviction que sans la voix des femmes la théologie n’est pas complète et le désire d’avoir des liens avec d’autres femmes.

    Audrey Kanagy, pasteur à Lancaster, Pennsylvania, a présenté un projet d’art. Elle a invité des femmes de prendre part à tout moment pendant le rassemblement.

    Le projet de découpage appelé “Women in Conversation” (les femmes en conversation) est de nature interdépendante et communautaire a dit Kanagy. Les contributrices participent à un processus où il n’y a pas de réponse juste et où le produit fini est sans importance.

    Les femmes se sont séparées en petits groupes pour discuter des thèmes tels que leurs compréhensions bibliques, la mobilisation des jeunes, la sexualité, l’église mondiale et le leadership des femmes.

    En préparation pour une prochaine réunion conjointe avec les autres groupes continentaux de théologiens femmes, l’assistance a lancé des idées pour des activités possibles d’un Reseau Mondial de Femmes, et a considéré ce qu’un tel réseau pourrait offrir et demander de la Conférence Mennonite Mondial.

    La réunion du Réseau Mondial aura lieu le 24 juillet 2015, 13H30 à 17H00, dans la salle Delaware. (Directions: de l’entrée à la rue Cameron, suivez des panneaux à H (hall principal); traversez le hall principal jusqu’à l’entrée, tournez à gauche et montez l’escalier. La salle Delaware est derrière la salle Susquehanna, accessible par un couloir à gauche.)

    Harriet Sider Bicksler est auteur et rédactrice à la retraite. Elle sert en tant que rédactrice du Brethren in Christ Historical Society (Société Historique de l’Église des Frères en Christ) prés de Harrisburg.

  • Cachipay, Colombie – Quarante-neuf femmes pasteurs et dirigeantes se sont rencontrées ici du 7 au 10 août 2013 afin de recevoir une formation sur le thème « Prendre soin de soi et des autres parmi les femmes »- aussi connue sous le nom de « Sister Care. »

    L’évènement faisait partie du Mouvement des Théologiennes Anabaptistes d’Amérique Latine (MTAL) et a réuni des femmes de la région des Andes : Colombie, Equateur, Pérou et Venezuela ainsi que des femmes d’Argentine et des États-Unis. La formation était dispensée par Carolyn Holderread Heggen and Elizabeth Soto Albrecht des États-Unis. « Sister Care » est un ministère des Femmes Mennonites des Etats-Unis.

    Soto Albrecht nous a raconté que beaucoup de leaders donnent et donnent, mais oublient souvent de s’arrêter pour prendre soin d’elles. Cet atelier « est devenu un moment passé à tenir chacune pour les autres le rôle de pasteur, à cheminer ensemble, et a démontré à quoi ressemble la confidentialité et la confiance dans des cultures où il est très difficile de faire confiance. »

    Cet atelier a commencé avec une analyse du contexte colombien et de ses implications pour la région des Andes. Les participantes ont parlé de l’impact que 60 années de guerre ont eu sur leur pays, leur communauté et leurs familles. Chaque jour, du temps a été alloué pour une réflexion personnelle et un profond travail interne ainsi que pour partager au sein de la communauté et se soutenir mutuellement dans la joie et la tristesse.

    Dans cette communauté, plusieurs femmes ont pu avancer sur le chemin de la guérison. « Dieu était très présent et tangible à travers l’amour de ces sœurs et l’ouverture de nos esprits » a fait remarquer Soto Albrecht. « C’était un privilège d’avoir pu voir et entendre mes sœurs, dans leurs larmes et leur profonde conviction, dire qu’elles étaient capables de revendiquer une guérison profonde dans ces domaines de leurs vies. »

    Ce groupe diversifié, avec ses différentes positions théologiques, a aussi été capable de parler de problèmes controversés auxquels l’Eglise fait présentement face. Daniela Velásquez du Pérou, une des plus jeunes participantes à l’évènement, a été profondément touchée par la façon dont elles ont pu apprendre au milieu de toutes leurs différences. « Nous avons été capables d’entendre les opinions et idées de chaque personne, et d’apprendre à vivre avec des points de vue qui diffèrent des nôtres, et ce dans une atmosphère de respect et sans s’imposer sur les autres. En cela, ce rassemblement était un petit pas pour conjuguer nos efforts, pour s’écouter et se respecter les unes les autres vis-à-vis de notre foi » nous a dit Velásquez.

    Des décisions ont aussi été prises par rapport au futur du mouvement des théologiennes anabaptistes de la région. Une nouvelle équipe de facilitation pour la zone des Andes a été élue avec un nouvel modèle de coordination partagée entre deux femmes, Martha Lucía Gómez, un pasteur, et Zaraí Gonzalía, la directrice administrative de Seminario Bíblico Menonita de Colombia, le Séminaire biblique mennonite de Colombie. Pendant leur première année, elles seront accompagnées par la coordinatrice sortante Alix Lozano.

    Au cours de cette réunion, les femmes se sont aussi mises d’accord sur un frais d’adhésion et de participation au mouvement et sur le fait qu’il faut encourager les conférences à contribuer au mouvement puisque celui-ci n’a pour l’instant aucun soutien financier constant. Des dons ont été collectés pour la première fois dans l’espoir de commencer un fond qui servira à maintenir ou à soutenir des projets de femmes générateurs de revenus

    Dans son rapport de l’évènement, Lozano exprime sa profonde gratitude aux participantes pour le soutien de toutes les personnes et organisations qui ont rendu ce rassemblement possible :

    Latin America Committee of the Council of International Anabaptist Ministries (CIMLAC- Comité d’Amérique Latine du conseil des ministères anabaptistes internationaux), Mouvement des Théologiennes Anabaptistes d’Amérique Latine (MTAL), Comité Mennonite Central, Réseau Mission Mennonite, Justapaz, Schowalter Foundation et le Séminaire Mennonite Biblique de Colombie. Les églises anabaptistes de la région des Andes ont aussi été remerciées pour leurs prières de soutien, leurs encouragements et leur soutien aux participantes.

    Communiqué de presse de Kristina Toews, Responsable de la Communication Internet de la CMM

    Martha Gomez (à gauche) et Zarai Gonzalia ont été élues nouvelle équipe d’animation pour la Zone des Andes du Mouvement des Théologiennes Anabaptistes d’Amérique Latine. Photo : Mennonite Women USA.

    Elizabeth Soto Albrecht (à droite) montre comment “ne pas écouter” dans un sketch avec Zaraí Gonzalía. Photo : Carolyn Heggen.

  • Cuttack, Inde – Les théologiennes indiennes et asiatiques ont officiellement formé deux réseaux le 26 octobre 2012, lors de la All India Mennonite Women Conference (Conférence des femmes mennonites de toute l’Inde – AIMWC) à Cuttack (Inde).

    Vingt théologiennes d’Inde, d’Indonésie, du Japon et du Népal s’étaient rassemblées. Suite à la déclaration concernant les réseaux, la pasteure Yukari Kaga d’Hokkaido (Japon), a prêché sur l’espoir et la confiance en soi au sein des souffrances et des deuils.

    La pasteure Rachel Bagh, professeur adjointe à l’Union Biblical Seminary, Pune (Inde), a créé un réseau de théologiennes mennonites d’Inde, pendant que Cynthia Peacock, avec l’approbation du caucus Asie de la CMM, a mis en place un réseau de théologiennes anabaptistes d’Asie. Rachel Bagh et Cynthia Peacock ont mis à profit le fait que des théologiennes d’Inde, du Népal, du Japon et d’Indonésie participaient à la conférence.

    Cynthia Peacock a expliqué : « Bien que le programme de la conférence était destiné à l’ensemble des personnes présentes, il y a maintenant deux réseaux qui commenceront à travailler séparément, même si les indiennes font partie du réseau asiatique. »

    Rachel Bagh a remarqué : « Il est grand temps que les indiennes ayant une formation théologique s’organisent. Il y avait déjà des réseaux de théologiennes en Afrique et en Amérique latine, mais pas en Inde. Nous voulons nous inspirer de ce qu’ont fait d’autres femmes dans le monde. »

    « Nous avions besoin d’une occasion particulière pour accomplir notre rêve », a déclaré Rachel. Pendant ses études sur la paix à Eastern Mennonite University, à Harrisonburg en Virginie, elle a été soutenue par Mennonite Women USA (MW USA), qui dispose d’un fonds appelé International Women’s Funds destiné à financer la formation théologique des femmes. Lorsque la codirectrice de MW USA, Rhoda Keener, lui a rendu visite en Virginie en 2008, Rachel a partagé avec elle son rêve de créer un réseau pour les théologiennes indiennes.

    En 2010, la Conférence Mennonite Mondiale a demandé à Cynthia Peacock, présidente de la Commission Diacres de la CMM, de développer un réseau pour les théologiennes asiatiques. Cynthia et Rhoda ont contacté Rachel en 2008, et l’ont encouragée à commencer à mettre un réseau en place.

    Ensuite, un comité a travaillé sur la mission, la vision, les critères et les activités des futurs réseaux. Elisabeth Kunjam, responsable de la jeunesse et ancienne étudiante à Anabaptist Mennonite Biblical Seminary à Elkhart (États-Unis), a déclaré : « Ces réseaux réalisent mon rêve de travailler pour l’autonomie des femmes. »

    « Si les théologiennes peuvent être en contact, elles peuvent se soutenir mutuellement et être mieux équipées pour servir », dit la pasteure Wara Adiati (Indonésie).

    Cynthia a déclaré : « Je crois et j’espère que cela ouvre une porte aux femmes pour s’engager davantage dans l’église, pour utiliser leurs dons pour le Royaume de Dieu et pour aider chacun à grandir spirituellement ».

    La mission des théologiennes indiennes et asiatiques est de donner aux femmes les moyens d’utiliser leurs dons et leurs compétences théologiques, et d’équiper et d’édifier le corps du Christ pour le ministère de la réconciliation de Dieu et de la guérison dans l’Église et dans la société.

    Pour faire partie des réseaux, les femmes doivent avoir une formation théologique ou avoir étudié pendant un minimum de six mois dans un collège ou un séminaire reconnu, sur place, par correspondance ou par internet. Les réseaux espèrent être reconnus prochainement comme un groupe de la CMM.

    Communiqué de presse de Mennonite Women USA, distribué par la CMM

    Les pasteures Rachel Bagh et Cynthia Peacock ont favorisé la formation de réseaux de théologiennes en Inde et en Asie. (Photo fournie)

  • « Comme un rire contagieux qui se propage dans une salle pleine, l’un après l’autre, des réseaux théologiques ont été créés par des femmes anabaptistes en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe », dit Ruth Guengerich, co-directrice de Mennonite Women USA (MW USA).

    Ruth, qui a assisté au Conseil Général, les 20-25 mai (voir page 6 et suivantes), a rencontré des femmes du monde entier, dont beaucoup sont des bénéficiaires présentes ou passées de bourses accordées par MW USA International Women’s Fund scholarships pour la formation de responsables d’église.

    Ruth a rencontré des membres des ‘Théologiennes anabaptistes africaines’, des ‘Théologiennes latinoaméricaines’ et des ‘Théologiennes asiatiques, ainsi que la directrice de l’Organisation des Femmes mennonites néerlandaises, qui a créé le ‘Fonds Anne Zernike’ (encadré). Tous ces groupes de femmes développent des réseaux théologiques dans le monde entier et commencent à s’organiser.

    Inspirés par les présentations des théologiennes africaines lors du Rassemblement de la CMM en 2003 au Zimbabwe, MW USA et des Africaines responsables d’église ont commencé à explorer les moyens d’encourager les femmes à utiliser leurs dons dans les églises.

    En 2004, un?projet, Sister-Link?(MW USA), est?né, pour créer des?liens entre MW?USA et un groupe de responsables africaines, ‘les Théologiennes africaines anabaptistes’ (AAWT), aidé par la CMM. Ce partenariat de cinq ans a été formé afin que déjà avant le Rassemblement mondial suivant (2009), un plus grand nombre de femmes africaines mennonites et Frères en Christ étudient la théologie.

    En 2006, les femmes latinoaméricaines ont vu que les AAWT encourageaient les femmes à prendre des responsabilités dans l’Église, aussi elles ont organisé une rencontre de réflexion biblique et théologique : un forum d’étude du rôle des femmes dans l’Église. En 2007, MW USA a aidé à parrainer trois rassemblements de théologiennes sur trois continents, avec le but de promouvoir la formation théologique d’un plus grand nombre de femmes. Pendant ce temps, MW USA International Women’s Fund scholarships a continué à accorder des bourses à des femmes d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Elles viennent toutes d’Églises membres ou membres associés de la CMM.

    Dans l’espoir d’encourager d’autres femmes, les Théologiennes latinoaméricaines ont organisé une réunion de théologiennes juste avant le Rassemblement de 2009 au Paraguay, ce qui a donné l’idée aux Néerlandaises présentes de créer le Fonds Anne Zernike.

    Les Théologiennes asiatiques se réuniront en octobre 2012. Des représentantes viendront du Japon, d’Inde et d’Indonésie. Cette rencontre sera calquée sur ce qu’elles ont observé dans les organisations d’autres théologiennes.?

    D’après un communiqué de presse de Mennonite Women USA