Étiquette : solidarité

  • Ces nouvelles ont été finalisées juste avant que deux tremblements de terre ne frappent le Venezuela. Cliquez ici pour lire l’appel à la prière urgent en réponse à cet événement. 

    « Père céleste, créateur du ciel et de la terre…
    Touche le cœur des nations et de nos prochains afin qu’ils réagissent avec urgence et compassion pour suivre les paroles de Jésus :
    “Aime ton prochain”…
    Que les communautés s’unissent, partageant le peu qu’elles possèdent,
    en faisant confiance à Ton abondance.
    Accorde-leur guérison, restauration et espoir.
    Dans Ta miséricorde, Seigneur, écoute notre prière. Amen. » 

    Le président de la Conférence Mennonite Mondiale a lancé un appel pastoral à la prière il y a quelques mois, d’abord pour le Venezuela après l’intervention violente des États-Unis dans sa gouvernance, puis pour Cuba qui souffre de pénuries alimentaires et de carburant en raison d’un blocus américain sur le carburant. Des responsables locaux de la famille anabaptiste ont expliqué comment leurs communautés avaient été touchées. 

    La prière ci-dessus, émanant d’une église membre de la CMM en Inde, est un exemple des messages que les destinataires envoient en réponse à ces appels à la prière, explique Kristina Toews, responsable de la communication. Des lettres pastorales sont envoyées aux délégués du Conseil Général afin qu’ils les diffusent à leurs membres, aux abonnés de la liste de diffusion du Réseau de prière, ainsi qu’aux représentants régionaux pour qu’ils les transmettent à leurs contacts. Elles sont également publiées dans « CMM Infos », la lettre d’information électronique mensuelle, et mises en ligne sur le site web, où les membres du monde entier peuvent partager des paroles de prière et d’encouragement. 

    Quelques mois plus tard, les représentants régionaux de la CMM ont demandé aux responsables d’Église de leur faire part des dernières nouvelles : 

    Cuba 

    Au cours des deux dernières années, la situation est devenue de plus en plus instable, avec une recrudescence de la violence et des vols, selon le pasteur Luis Hernández, de l’église membre de la CMM, « Sociedad Misionera Cubana Hermanos en Cristo » (Frères en Christ). 

    Il rapporte que l’accès à la nourriture diminue de jour en jour, que les prix sont élevés et que certaines personnes passent plusieurs jours sans manger. Le gouvernement ne dispose d’aucune ressource à distribuer. L’église partage ses maigres ressources avec les communautés environnantes. 

    « La situation peut être qualifiée de désastreuse », déclare George Broughton, Représentant régional de la CMM pour l’Amérique latine et les Caraïbes. 

    L’Église continue de tisser des liens et d’accompagner les communautés. Malgré les difficultés, Luis Hernández affirme que l’Église montre des signes positifs de croissance : des baptêmes fréquents et une fréquentation accrue des offices. La perte des jeunes — en particulier des jeunes responsables formés par l’Église — qui émigrent à la recherche d’un avenir offrant davantage d’opportunités, reste toutefois un défi permanent. 

    Quel message Luis Hernández adresse-t-il à l’Église mondiale au nom de sa communauté à Cuba ? 

    « Malgré la souffrance, la douleur, la pénurie, les problèmes de transport et les difficultés économiques, l’Église anabaptiste à Cuba voit ses effectifs croître. Nous aimerions être soutenus non seulement par la prière, mais aussi sur le plan économique et émotionnel. » 

    Venezuela 

    Ces nouvelles ont été finalisées juste avant que deux tremblements de terre ne frappent le Venezuela. Cliquez ici pour lire l’appel à la prière urgent en réponse à cet événement. 

    Le Venezuela connaissait déjà de graves difficultés économiques depuis des années avant le coup d’État de 2026. C’est pourquoi certains l’ont accueilli avec l’espoir d’un changement. Des prisonniers politiques ont été libérés et certaines améliorations économiques ont été observées. 

    Cependant, les prix augmentent, les réseaux d’approvisionnement en eau sont hors service dans certaines régions, et le gaz et l’électricité se font rares. 

    Le gouvernement a procédé à la nationalisation de certains biens immobiliers, mais les recettes profitent généralement à des proches du pouvoir. Certaines Églises ont cherché à en tirer profit en s’alignant sur les intérêts du gouvernement et en utilisant les rencontres religieuses à des fins de campagne, tandis que d’autres s’y opposent. 

    De nombreux pasteurs ne perçoivent pas de salaire pour leur travail, et certains jettent l’éponge. Le pasteur Euclides Bauza, de la Red de Misiones Menonitas au Venezuela, continue de rendre visite aux assemblées de toute la région et bénéficie de l’hospitalité de celles-ci. 

    Quel message Euclides Bauza adresse-t-il à l’Église mondiale au nom de sa communauté au Venezuela ? 

    « En tant que mennonites, nous persévérons, nous nous entraidons et bénéficions d’un certain soutien de l’étranger. Nous créons une nouvelle assemblée. À chaque réunion de l’assemblée, nous partageons un repas. 

    Nous nous entraidons et sommes en contact avec les pompiers et la protection civile pour aider les gens à se rendre à l’hôpital. De nombreuses personnes sont dans le besoin. Les maladies sont nombreuses et l’alimentation est insuffisante. Nous mettons de côté une partie de l’argent qui entre à l’église pour aider les gens à se procurer des médicaments, etc. » 

    Selon la dernière enquête statistique de la CMM, 390 membres baptisés étaient recensés dans les assemblées anabaptistes au Venezuela. La Casa de Restauración y Vida Shalom est membre associé de la CMM. Les Églises de Cuba ont déclaré 5 200 membres, dont la Sociedad Misionera Cubana Hermanos en Cristo (Frères en Christ), membre de la CMM. 

    Pour que chacun ait assez 

    Malheureusement, en plus d’une instabilité politique et de perturbations dues au changement climatique, une disparité économique croissante accompagne notre grande famille anabaptiste-mennonite mondiale. 

    Inspirée par l’enseignement biblique du « jubilé » (dans Lévitique 25), la Conférence Mennonite Mondiale a mis en place le Fonds de Partage de l’Église Mondiale. Le but est de mettre en pratique les paroles de l’apôtre Paul dans 2 Corinthiens 8. 13—15 : « Il s’agit d’établir l’égalité. Cela fera l’égalité comme il est écrit : Qui avait beaucoup recueilli n’a eu de trop, qui avait peu recueilli n’a manqué de rien. » 

    Grâce au soutien du Fonds de partage de l’église mondiale de la CMM, la Sociedad
    Misionera Cubana Hermanos en Cristo a pu installer des panneaux solaires sur un site afin d’alimenter en électricité une église et la communauté environnante. 

    « Prier les uns pour les autres est l’une des façons dont nous mettons en pratique notre vocation à former une communion d’Églises d’inspiration anabaptiste, unies au sein d’une communauté spirituelle mondiale pour la communion fraternelle, le culte, le service et le témoignage », déclare Henk Stenvers, président de la CMM. « C’est une manière d’apporter notre soutien à distance. Mais puissent nos prières nous pousser également à agir, à mesure que l’Esprit nous montre comment nous pouvons soutenir nos frères et sœurs lointains. » 


  • « J’apprécie beaucoup de voir comment l’ordre du jour des réunions des commissions est établi par les églises membres. En tant que nouveau venu à ce poste, je trouve vraiment intéressant d’observer cette approche qui part de base, qui exige de l’écoute. L’essence même de notre réunion était le discernement collectif des questions importantes soulevées lors du Conseil Général, ainsi que la réflexion sur la manière de mieux doter notre Église mondiale en ressources », déclare Nelson Okanya, directeur des commissions

    Les quatre Commissions de la CMM se sont réunies à Mennorode, à Elspeet, aux Pays-Bas, du 12 au 14 mai 2026, en amont de la CMERK*. Au cours de cette réunion de trois jours, elles ont fait le point sur leurs travaux à la lumière de la stratégie de la CMM approuvée en 2025 et ont discuté des priorités pour les trois prochaines années. 

    Diacres 

    « Nous avons eu de nombreuses conversations importantes, notamment sur le renforcement des relations, l’approfondissement des liens d’amitié et la redéfinition du rôle futur de la Commission Diacres en tant que l’une des “quatre cavités du cœur”. Nous avons réfléchi à la manière dont la Commission Diacres peut accompagner les membres des églises de la CMM dans les moments de souffrance et de crise, en signe de notre solidarité », explique Tigist Tesfaye, secrétaire de la Commission Diacres. 

    L’heure de prière virtuelle (OPH), organisée tous les deux mois, continue de susciter un vif intérêt, avec une moyenne de plus de 60 participants. 

    Dans le cadre de voyages de solidarité, une petite délégation composée de diacres et de spécialistes se rend dans une église membre située dans un pays en difficulté. Trois voyages sont en cours de planification. 

    Les diacres continuent d’affiner le Fonds de partage de l’église mondiale afin de répondre au mieux aux besoins des églises membres de la CMM. 

    Un axe majeur des discussions a porté sur le renforcement des ressources en matière d’accompagnement pastoral pour les églises. La Commission Diacres a également reconnu le besoin croissant d’un accompagnement pastoral tenant compte des traumatismes et a discuté du développement d’outils pratiques et de suivi à l’intention des Églises. 

    Foi & Vie 

    Sous la houlette d’un nouveau président, la Commission Foi & Vie relève le défi d’étudier la Bible et d’interpréter l’enseignement de Jésus en tant que communion mondiale unique, alors que de multiples perspectives coexistent sur des questions qui menacent de nous diviser. 

    « Mon espoir et ma prière sont que nous apprenions à dialoguer avec respect et confiance sur une multitude de questions, et que nous prenions conscience à quel point il est bien plus important de construire ensemble une communauté que de persuader tout le monde de croire la même chose », déclare Tim Geddert, Président de la Commission Foi & Vie. 

    La Commission « Foi et Vie » a également collaboré avec le service de la communication pour créer des vidéos mettant en avant les ressources disponibles sur le site web de la CMM et au-delà. 

    « La CMM a déjà produit de nombreuses ressources utiles pour les responsables d’Églises. Ne manquez pas cette série sur les réseaux sociaux dans les mois à venir. Nous espérons qu’elle vous inspirera à découvrir des outils qui vous aideront dans votre foi et votre ministère », déclare Tim Geddert. 

    a group photo of MWC Commissions and staff

    Paix 

    Que signifie être une Église de paix dans le monde d’aujourd’hui ? La Commission Paix prévoit de lancer un parcours de sept ans pour renouveler notre compréhension de cette question. Ce parcours débutera en 2028, à l’issue de la décennie du Renouveau, et se poursuivra jusqu’en 2036, date du 500e anniversaire de la conversion de Menno Simons à l’anabaptisme. 

    Par ailleurs, la Commission Paix représente la Conférence Mennonite Mondiale et participe à une initiative œcuménique intitulée « Heureux les artisans de paix », lancée par les Quakers pour commémorer en 2030 le 2000e anniversaire symbolique du Sermon sur la montagne. 

    La Commission Paix a également reçu une demande visant à élaborer une déclaration sur la liberté de religion, qu’elle est en train de rédiger. Elle a par ailleurs revu et révisé les lignes directrices relatives au plaidoyer politique, afin de pouvoir répondre aux demandes de soutien formulées par les églises membres lorsque ce plaidoyer s’avère nécessaire. 

    De plus, la Commission Paix élabore actuellement des protocoles régissant la participation de la CMM à des visites de solidarité dans des zones de conflit. 

    « Lorsque nos églises membres sollicitent et invitent à des actions de solidarité, nous voulons savoir comment nous pouvons au mieux les soutenir et leur témoigner notre solidarité dans leur combat. Cela implique également d’être conscients des risques auxquels s’exposent ceux qui participent à de telles visites et de faire preuve de sagesse dans notre manière d’agir. En fin de compte, il est important de montrer que nos églises membres ne sont pas seules dans leur cheminement vers une paix holistique dont notre monde a si désespérément besoin », déclare Andrew Suderman, secrétaire de la Commission Paix. 

    Mission 

    La Commission Mission met à jour ses ressources sur la mission, qui comprennent des récits, des témoignages et des articles. 

    En collaboration avec les Réseaux de mission et d’entraide, elle prévoit d’organiser régulièrement des webinaires afin de renforcer le lien entre la paix et la mission au sein de la famille anabaptiste mondiale. 

    « Dans le cadre de ce programme, les églises membres peuvent s’attendre à un webinaire des Réseaux de mission ou d’entraide tous les deux mois, contre quatre webinaires par an actuellement », explique James Krabill, Président de la Commission Mission. 

    Elles ont également commencé à planifier des ateliers et des interventions lors de la 18e Assemblée en Tanzanie. 

    « Les Commissions de la CMM sont au service de l’Église mondiale qui cherche à suivre Jésus, vivre l’unité et construire la paix. Travaillant en étroite collaboration, à l’image des quatre cavités du cœur, les Commissions promeuvent un évangile et une vision holistiques, en fournissant des orientations et en proposant des ressources aux églises membres de la CMM, et facilitent la collaboration des réseaux liés à la CMM sur des questions d’intérêt commun », déclare Nelson Okanya. 


    *CMERK, une rencontre régionale pour toutes les Églises mennonites européennes, est une combinaison de deux noms pour l’événement : Conférence Mennonite Européenne (français) + Mennonitische Europäische Regionale Konferenz (allemand).

    general meeting of group of diverse people
  • Image : un poing levé en signe de solidarité brandit une serviette. 
    Crédit : peinture d’Emme Schreiner, du groupe de jeunes de l’Église mennonite de Pasadena, aux États-Unis 

    Passer d’avoir le pouvoir sur quelqu’un à avoir le pouvoir avec quelqu’un

    Dans Jean 13, Jésus et ses disciples sont accoudés à une table avant la fête de la Pâque. Soudain, Jésus abandonne son rôle d’hôte et de maître : il se dépouille de ses vêtements, noue une serviette autour de la taille et commence à laver les pieds sales de ses disciples. 

    Qu’il s’abaisse ainsi pour leur laver les pieds est choquant ! Ce geste bouleverse complètement les normes et les hiérarchies établies. 

    Laver les pieds des invités était une tâche réservée aux serviteurs à cette époque. Seuls les subordonnés rendaient ce genre de service et nettoyaient la poussière des pieds salis par la marche en sandales sur les routes non pavées de Palestine. 

    Les disciples sont déconcertés de voir leur chef s’abaisser comme un serviteur. Pierre proteste d’abord en disant :
    « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » (v. 8) avant de finalement accepter. 

    Un appel à la solidarité 

    Nous entendons souvent ce passage biblique comme un appel au service, et c’est une façon de le comprendre. En effet, Jésus encourage ses disciples à assumer le rôle de serviteurs, en s’abaissant par l’acte du lavement des pieds. 

    Pourtant, je pense que Jésus appelle ses disciples (et nous avec aujourd’hui) à quelque chose de plus réciproque que le simple service. Il leur demande de se laver les pieds les uns aux autres — de faire partie d’un cercle où l’on donne et où l’on reçoit de l’amour, un cercle de réciprocité et de bienveillance. Le mot qui s’en rapproche le plus, à mon sens, est solidarité

    Aussi significatif que puisse être le fait de servir les autres, la conception du service est souvent unidirectionnelle : un groupe de personnes, souvent celles qui ont le plus de pouvoir, donne à celles qui ont moins. Et parfois, le service peut renforcer une dynamique « nous/eux » qui nous sépare de ceux « dans le besoin ». 

    Une posture de solidarité repose sur des relations mutuelles où l’on voit les difficultés de l’autre, où l’on entend ses cris, et où l’on comprend son chagrin (comme Dieu le fait pour ceux qui sont réduits en esclavage dans Exode 2. 23–25). 

    La réciprocité de la solidarité 

    Ma compréhension de la solidarité s’est approfondie lorsque les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, service de l’immigration étasunien) ont envahi Los Angeles en 2025, arrêtant plus de 14 000 personnes dans la région cette seule année-là. Un matin de juin dernier, je me suis réveillé au son des cris de détresse de nos fenêtres. Des hommes masqués, armés de fusils d’assaut et conduisant des véhicules banalisés, sont venus dans notre quartier et ont enlevé plusieurs de nos voisins alors qu’ils partaient travailler. Ce fut une période très effrayante pour notre quartier. 

    Mon conjoint et des membres de notre communauté se sont relayés pendant des mois pour effectuer des patrouilles non armées au sein d’équipes d’intervention rapide, afin d’alerter la communauté si l’ICE revenait. Nous pensons que de nombreux cas de détention injuste et de séparation familiale ont probablement été évités grâce à ces réseaux d’intervention rapide. 

    Pendant cette période éprouvante, la générosité et l’entraide ont abondé. Les gens ont commencé à déposer de la nourriture et d’autres dons pour les familles de migrants détenus et d’autres personnes trop effrayées pour quitter leur domicile. 

    Nos voisins savaient que nous avions un bébé et ont commencé à nous offrir des couches qui leur avaient été données. En tant que pasteur qui se trouve si souvent dans le rôle de celui qui donne aux autres, j’ai été frappé par leur gentillesse envers ma famille, qui recevait cette aide sous la forme de couches dont nous avions tant besoin ! C’est là la réciprocité de la solidarité ; les divisions « nous/eux » s’estompent, et nous accédons à un nouveau sentiment d’unité en tant que communauté bien-aimée. 

    La vulnérabilité de la solidarité 

    Lorsque nous recherchons la solidarité, nous reconnaissons que notre sécurité et notre liberté sont intimement liées. Nos besoins, nos intérêts et notre bien-être sont étroitement liés aux besoins, aux intérêts et au bien-être des autres, en particulier de ceux qui sont considérés comme vulnérables. 

    Jésus embrasse la vulnérabilité avec amour lorsqu’il s’agenouille pour laver les pieds sales de ses disciples. Il se met dans une position inconfortable et se salit. Son statut d’hôte pourrait le maintenir à l’écart et au-dessus de ses disciples, mais il choisit activement de se mettre dans une position vulnérable. 

    Parfois, nos différents rapports de force et de vulnérabilité font que nous avons besoin qu’on nous lave les pieds. Et parfois, nous devons laver les pieds des autres. 

    Photo : IMC Philippines

    Lorsque nous pratiquons la solidarité, nous passons consciemment d’une position de pouvoir sur (ou sous) les autres à un pouvoir avec les autres. 

    C’est ce que Dieu accomplit en s’incarnant, comme le décrit Philippiens 2. 5–11. Jésus ne considère pas la divinité (l’égalité avec Dieu, v. 6) comme quelque chose à exploiter. Au contraire, il se joint à l’humanité dans la solidarité, jusqu’à la mort sur la croix. La tendresse du lavement des pieds préfigure son acte final d’amour du don de soi. Plutôt qu’une démonstration de puissance et de domination, il choisit le chemin humiliant de la croix, le chemin de la solidarité avec ceux qui sont vulnérables ou opprimés. 

    Jésus parcourt le chemin de la croix parce qu’il ne fait qu’un avec le Dieu de l’Exode, le Dieu de la libération qui dit : « J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. » (Exode 3. 7). Dieu voit, entend, connaît et, enfin, descend (v. 8). 

    La direction de la solidarité 

    Telle est la direction de la solidarité : le pouvoir se tournant avec compassion vers ceux qui sont opprimés. 

    En lisant ces passages aujourd’hui, un point de friction pour les interprètes anabaptistes pourrait être Exode 3. 8, où Dieu décrit la terre promise : « un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du
    Jébusite. » La terre est déjà habitée par d’autres peuples. 

    Nous savons que l’histoire de l’Exode ne s’achève pas par le sauvetage et la libération d’un seul peuple ; elle se poursuit par la destruction et l’anéantissement des habitants de la Terre promise. Le théologien osage Robert Allen Warrior, dans son essai « Canaanites, Cowboys, and Indians », nous invite à lire l’histoire de l’Exode à travers les « yeux des Cananéens » et à reconnaître que ceux qui sont opprimés peuvent aussi se tourner vers l’oppression d’autrui. Il déplore qu’un Dieu de délivrance puisse si rapidement devenir un Dieu de conquête. 

    Libération pour les opprimés et les oppresseurs 

    En tant qu’anabaptistes, nous cherchons à lire ces passages à travers le prisme de la vie, de la mort et de la résurrection non violentes de Jésus. Bon nombre des Écritures hébraïques que Jésus a dû entendre offrent des alternatives aux récits de conquête et ont sans aucun doute façonné le message libérateur de Jésus pour tous les peuples. 

    Par exemple, dans Amos 9. 7, Dieu implore Israël : « Pour moi, n’êtes-vous pas comme des fils de Nubiens, fils d’Israël ? […]N’ai-je pas fait monter Israël du pays d’Égypte, les Philistins de Kaftor et Aram de Qir ? » Amos offre une vision plus large de la solidarité, de la compassion et de la libération de Dieu pour ceux qui sont considérés comme les ennemis d’Israël, dont le prophète affirme qu’ils ont leurs propres récits d’exode. 

    En tant que chrétiens qui cherchent à pratiquer la solidarité avec les opprimés, nous pourrions réfléchir à la manière dont la libération et l’amour de Dieu doivent en fin de compte s’étendre à ceux que nous considérons comme des oppresseurs et des ennemis, de peur que la spirale des opprimés et des oppresseurs ne se poursuive à l’infini. 

    Katerina Gea est membre de la Commission Paix de la CMM. Elle est également pasteure à l’Église mennonite de Pasadena, située sur les terres traditionnelles des Gabrielino/Tongva, en Californie (États-Unis).


  • Un rassemblement mondial des mennonites aux Philippines met en avant la solidarité, la foi et le témoignage commun 

    Près de 300 participants venus de plus d’une douzaine de pays se sont réunis sur la place historique de Lumban le 14 mars 2026, à l’occasion de la 9ème édition annuelle de la rencontre « Renouveau » de la Conférence mennonite mondiale (CMM). Axée sur le thème « Solidarité dans la famille du Christ : partager les fardeaux, partager l’espérance », cette rencontre a mis en avant l’appel à « porter les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2-10). 

    La rencontre « Renouveau » a réuni des membres de l’Integrated Mennonite Church of the Philippines (IMC), du Comité exécutif de la CMM et du Comité YABs (Jeunes anabaptistes). 

    À travers la louange, les témoignages, les célébrations culturelles et la prière, les participants ont témoigné de l’unité, de la résilience et du soutien mutuel au-delà des cultures et des continents. 

    Bayanihan

    L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été un défilé symbolique mettant en scène une hutte traditionnelle en nipa (bahay kubo), incarnant la valeur philippine du bayanihan. Cette pratique culturelle — où des voisins travaillent ensemble pour déplacer une maison en cas de besoin — a servi de métaphore vivante au thème de ce rassemblement. 

    Ancrée dans l’unité, la compassion (malasakit) et la coopération, la bayanihan incarne une caractéristique déterminante de la conception anabaptiste de l’Évangile. 

    « Dieu nous appelle à répondre par la solidarité et l’action désintéressée aux besoins des autres au sein de notre Église mondiale », a déclaré César García, Secrétaire général de la CMM. « Ce faisant, nous vivons la bayanihan au sein de notre famille spirituelle et la diffusons dans un monde qui aspire à un amour fidèle et à une solidarité durable. » 

    Le programme a également célébré l’héritage des Philippines à travers la musique et la danse. 

    Plusieurs Églises régionales ont présenté des spectacles traditionnels de danse et de musique, alliant foi et identité locale. Parmi les danses présentées figurait le Pandanggo sa Ilaw, une danse folklorique symbolisant la lumière dans les ténèbres, inspirée de Matthieu 5. 4-16. D’autres spectacles comprenaient la Cariñosa, reflétant les thèmes de l’amour et de la connexion, ainsi que des danses des moissons célébrant la générosité de Dieu à travers l’agriculture.

    La solidarité repose sur un témoignage commun 

    Les témoignages et la prière ont constitué un élément central du programme. 

    « En écoutant [les récits des pasteurs de l’IMC], j’ai perçu la foi, la persévérance et une profonde confiance en Dieu », a déclaré Blessing Joy Turqueza, représentante pour l’Asie au sein du Comité YABs. « Même dans l’adversité, ils continuent à servir. Même dans l’incertitude, ils continuent à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins. Et à travers tout cela, j’ai vu l’espoir au sein de la communauté des croyants. » 

    Blessing Turqueza a souligné que la solidarité au sein de l’Église ne repose pas sur la perfection, mais sur un engagement commun. « L’Église est marquée par des blessures et des questions », a-t-elle déclaré, « mais nous portons aussi quelque chose de plus grand : la foi, l’espérance et l’amour du Christ. Lorsque nous nous tenons ensemble en tant que famille du Christ, en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, nous commençons à voir la fidélité de Dieu. » 

    Sindah Ngulube, évêque de l’Église des frères en Christ au Zimbabwe, a évoqué la solidarité après un incendie dévastateur dans un internat pour garçons. Fait remarquable, tous les enfants s’en sont sortis indemnes. Au lendemain de la catastrophe, les Églises locales se sont rapidement mobilisées pour apporter des soins et entamer les efforts de reconstruction. 

    Doug Klassen, Pasteur exécutif de l’Église mennonite du Canada, a appelé à la solidarité pour discerner l’engagement anabaptiste en faveur de la paix, dans le contexte des discussions sur la préparation militaire et la conscription potentielle au Canada. 

     « Il y a soixante-dix ans, de nombreux mennonites ont revendiqué le statut d’objecteur de conscience », a déclaré Doug Klassen. « Aujourd’hui, nous devons nous demander ce que nous ferions. Nous devons tirer les leçons du témoignage des mennonites en Colombie et au Myanmar, qui continuent d’incarner la paix dans des contextes difficiles. L’Église mondiale a beaucoup à nous apprendre. » 

    IMC 

    Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC
    Belen Raga, maire de Lumban

    Les participants ont été officiellement accueillis par Eladio Mondez, évêque moderateur de l’IMC, et Belen Raga, maire de Lumban, qui ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir l’occasion d’accueillir un rassemblement international. La présence de responsables mondiaux d’Églises aux côtés des assemblées locales a mis en évidence le caractère interconnecté de la famille des Églises de la CMM. 

    Le rassemblement « Renouveau » s’inscrit dans une série de manifestations pluriannuelles organisées dans différentes régions du monde, chacune visant à célébrer l’histoire commune et les diverses expressions de la foi anabaptiste. Les membres du Comité exécutif de la CMM se joignent aux participants locaux lors d’un culte collectif où les hôtes et les invités partagent leurs dons. Outre le culte et l’enseignement, ces rassemblements offrent un espace pour le partage de témoignages, le renforcement des relations et la prière pour l’Église mondiale. 

    La présence mennonite aux Philippines a débuté après la Seconde Guerre mondiale grâce à des actions de secours, d’aide médicale et de reconstruction menées par le Comité central mennonite (MCC). En 1965, Missions Now, Inc. (MNI) a été fondée en tant qu’organisation missionnaire dirigée par des Philippins et axée sur l’évangélisation et l’implantation d’Églises, en particulier dans les communautés rurales et tribales. Après une période de transition interne, l’Église mennonite intégrée (IMC) a été créée en 1991 et a rejoint la Conférence mennonite mondiale en 1993, intégrant ainsi la famille anabaptiste mondiale. 

    L’offrande recueillie lors du culte a été affectée à la contribution « part équitable » de l’IMC à la CMM. 

    La rencontre s’est conclue par un repas partagé et un moment de fraternité, ainsi que par un sentiment renouvelé de solidarité. « À travers le culte, le chant, la prière et les échanges culturels, nous nous rappelons que l’Église mondiale est appelée à porter les fardeaux les uns des autres », a déclaré John D. Roth, coordonnateur de « Renouveau ».

    « J’ai été particulièrement inspiré par l’énergie et l’engagement des jeunes de l’IMC à témoigner de l’amour de Dieu dans un monde fracturé. Leur foi est un puissant signe d’espoir pour l’avenir de l’Église. » 

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    Lisez les témoignages sur Renouveau et découvrez-en davantage sur cette rencontre dans le numéro 41.3 du Courrier (uniquement en version numérique).



    Mise à jour 25 avril 2026 : titre de Eladio Mondez

  • À la fin du Sommet mondial de la jeunesse (GYS) en Allemagne, les participants se sont
    rassemblés autour d’un feu de joie pour chanter et faire du pain ensemble. Photo: Irma Sulistyorini

    La colonne des responsables de la CMM 

    Les possibilités qui s’offrent à nous sont extraordinaires : un monde dans lequel les gens sont suffisamment guéris pour connaître leur valeur et donc capables d’entretenir des relations marquées par une intimité, une dignité et un respect authentiques. Un monde dans lequel de puissantes technologies et des connexions mondiales comblent les fossés plutôt que de les creuser, devenant des outils de compréhension mutuelle et d’épanouissement partagé. 

    En même temps, nous reconnaissons la réalité de notre époque. Partout dans le monde, de nombreuses personnes vivent dans des endroits où règne la peur, des endroits marqués par la violence, les déracinements, l’incertitude économique, la crise climatique et une profonde polarisation sociale. La peur résonne fort. Elle nous incite à nous replier sur nous-mêmes, à protéger ce qui nous appartient et à imaginer que la survie est le mieux que nous puissions espérer. 

    Et pourtant, il ne s’agit pas seulement de difficultés à subir. Ce sont aussi des moments qui éveillent notre courage. 

    Au sein de la famille anabaptiste mondiale, les communautés redécouvrent leur voix, leur capacité d’action et leur vocation à vivre différemment. La solidarité, telle que la comprend la Conférence mennonite mondiale, n’est pas un accord passif ou une préoccupation lointaine. C’est un choix fidèle de rester connecté : choisir la relation plutôt que l’isolement, l’accompagnement plutôt que le contrôle, et l’espoir plutôt que la peur. 

    Cette solidarité se vit lorsque nous écoutons attentivement à travers les cultures, lorsque l’expérience vécue façonne notre discernement commun et lorsque nous choisissons de ne pas nous retirer malgré l’incertitude de l’avenir. 

    Elle nous rappelle que la guérison est possible, qu’une nouvelle vie peut émerger des situations difficiles et que l’unité est quelque chose qui se travaille avec patience et attention. 

    À l’aube de 2026, nous sommes invités à prendre soin de ce qui nous a été confié : construire des espaces de confiance, renforcer les liens d’amour et façonner un avenir marqué par la paix du Christ. 

    Ce que nous construirons ne sera pas parfait, mais peut être empreint de fidélité. 

    Puissions-nous nous ouvrir à la grâce que Dieu nous a déjà donnée et la vivre à travers la solidarité, en marchant ensemble dans l’humilité, en nous choisissant les uns les autres avec courage et en faisant confiance à l’Esprit qui nous unit. 

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    Lisa Carr-Pries est vice-présidente de la CMM (2022-2031). Elle est directrice des soins spirituels à Parkwood Community (établissement de soins de longue durée/maison de retraite) à Waterloo, dans l’Ontario, au Canada, et est membre de l’Église mennonite Nith Valley, dans l’Ontario, au Canada. 


  • Agir avec solidarité

    Il est légitime d’être frustré face à ce monde où les tensions politiques ne cessent de s’aggraver. Les églises membres de la Conférence Mennonite Mondiale de chaque région continentale appellent à la prière et à la solidarité. Beaucoup sont victimes de la corruption ou la violence dans leur pays.

    En tant qu’anabaptistes engagés dans le travail pour la paix, que pouvons-nous faire ?

    « Dans une période comme celle-ci, nous devons prier. En privé et en communauté. Faire connaître à Dieu notre colère, notre frustration, nos lamentations, notre espoir et notre angoisse », déclare Nindyo Sasongko. Il est théologien en résidence à la Manhattan Mennonite Fellowship, aux États-Unis, et pasteur de la Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI).

    Pour lui, la période était fin août 2025. Des manifestations de grande ampleur ont éclaté en Indonésie lorsque les opposants à la forte augmentation des impôts ont été réduits au silence. Un incident au cours duquel un véhicule blindé de la police a percuté et tué un chauffeur de moto-taxi devant la foule des manifestants a suscité la colère.

    C’est ainsi que le 5 septembre 2025, Nindyo Sasongko a lu sa prière représentant le christianisme (l’une des six religions reconnues en Indonésie) devant le consulat général de la République d’Indonésie à New York. Cette manifestation pacifique a été observée par le consul général Winanto Adi.

    C’est ainsi que le 5 septembre 2025, Nindyo Sasongko a lu sa prière représentant le christianisme (l’une des six religions reconnues en Indonésie) devant le consulat général de la République d’Indonésie à New York. Cette manifestation pacifique a été observée par le consul général Winanto Adi.

    (Ceci est une version abrégée de la prière)

    Ce soir, nous nous réunissons en Ta présence,
    avec sincérité dans notre appel
    pour le peuple indonésien.
    Unis d’une seule voix :
    non par rébellion,
    mais parce que leurs cris ne peuvent plus être contenus.

    Nous pleurons !
    Non, soyons audacieux en ta présence :
    nous sommes affligés !
    Non par jalousie, ou par rancune,
    Mais par une juste colère née de l’angoisse,
    De l’amour et de l’espérance des enfants de cette terre,
    Errant à travers des mers inconnues.
    Nous t’implorons : combien de temps encore, ô Dieu ?

    Ouvre les portes de ta miséricorde,
    Afin que tous ceux qui sont dans la tourmente puissent voir qu’il existe des valeurs plus importantes :
    Pas l’indifférence, mais la fraternité,
    Pas le cynisme, mais la compassion,
    Pas la cupidité, mais l’espérance pour chaque membre de la nation.

    Ouvre les voies de la réconciliation,
    Afin que chacun puisse reconstruire la confiance
    Déchirée par la méfiance et les conflits.
    Panses les blessures de cette nation —
    Les blessures physiques des conflits,
    Les cicatrices affectives du vide,
    Et la colère profonde et silencieuse qui l’habite.

    Que cette douleur se transforme
    En la naissance d’une nouvelle ère,
    Marquée par la justice, l’intégrité
    Et une paix durable pour tout le peuple indonésien.
    Ô toi dont l’amour fidèle est sans fin,
    Que les cris des pauvres ne restent pas sans réponse,
    Que leurs souffrances soient apaisées,
    Et que leur avenir soit assuré.

    La prière s’est terminée par un appel lancé à l’administration actuelle pour qu’elle obéisse à la Constitution, fasse preuve d’humilité en écoutant les cris de la foule et ouvre la voie à plus de justice.

    Persévérer même lorsque nous ne voyons pas de changements

    Malheureusement, depuis la vague de manifestations, rien n’a changé en Indonésie. Six mois après les manifestations, la situation semble même s’être aggravée. Alors pourquoi prier pour les nations ?

    « Parce que la prière nous transforme d’abord nous-mêmes. Elle adoucit nos cœurs, remodèle nos désirs et nous relie à la confiance sacrée envers le Seigneur et la communauté qui nous entoure », explique Nindyo Sasongko.

    « Je crois en un Dieu qui choisit activement la solidarité avec les plus vulnérables et protège les veuves et les orphelins », déclare Nindyo Sasongko. « Jésus a enseigné la paix et la non-violence non seulement comme des concepts, mais comme un mode de vie. Je reste convaincu que la non-violence est l’arme la plus puissante pour démanteler les inégalités sociales. »

    « Deuxièmement, mon optimisme est alimenté par une génération de jeunes [de la diaspora] qui se soucient profondément de l’Indonésie. Dans leur regard critique et leur quête de vérité, je vois la main de Dieu – le Dieu de la paix – œuvrer en coulisses pour restaurer l’Indonésie. »

    « Dans cette vérité, je trouve le courage et l’optimisme nécessaires pour relever les défis qui nous attendent. J’espère que davantage de croyants se joindront à nous dans la prière », déclare Nindyo Sasongko.

    La CMM facilite la prière communautaire pour les nations et les unions d’églises grâce à l’e-mail bimestriel de son réseau de prière et à son Heure de prière virtuelle. Rejoignez-nous.


    Indonesian man teaching
  • « En cette période où l’Église et ses membres sont persécutés, victimes des guerres qui endeuillent de nombreuses familles, il devient urgent de placer l’unité, la paix et la solidarité au cœur de l’œuvre d’évangélisation » écrit le pasteur Ernest MUSOBWA KISHAKU.  Ce dernier est le représentant du Kivu, quatrième district de la Communauté des Églises de frères mennonites au Congo, une union d’Églises membre de la CMM, dans l’est de la République démocratique du Congo, région qui fait face actuellement à de nombreuses violences. 

    « Le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale constitue une occasion précieuse de nous rapprocher du peuple, de panser les blessures internes, de contribuer à la guérison des traumatismes et à la restauration du tissu social profondément marqué par les conséquences de la guerre » poursuit-il. 

    Chaque année, la Conférence mennonite mondiale (CMM) diffuse des ressources pour le culte pour aider les assemblées du monde entier à célébrer cette journée. À travers un thème commun, des textes bibliques, des prières et des témoignages, elles sont invitées à vivre plus intensément la communion, l’intercession et l’action de grâce avec, et pour, l’ensemble de la famille spirituelle mondiale.

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    À la paroisse Lingwaka de la Communauté Mennonite de Kinshasa, union d’Églises membre de la CMM, les membres ont célébré la communion lors de leur culte du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale.  

    Cette année, les assemblées ont célébré cette fête le 19 ou le 26 janvier, les dimanches les plus proches du 21 janvier. À la même date en 1525, avait lieu à Zurich, en Suisse, le premier baptême anabaptiste.


    Voici quelques échos de la manière dont le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale a été célébré dans nos assemblées membres à travers le monde. 

    L’Église mennonite de Bhilai, en Inde, a célébré avec beaucoup d’enthousiasme le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale. Des prières ont été élevées pour les cinq continents par divers groupes, notamment le groupe de jeunes, le groupe de femmes, le conseil d’Église et le pasteur. Un repas en commun a également été organisé dans le cadre de cette célébration. 


    La Casa da Comunidade, qui fait partie de l’Église des frères mennonites de Lisbonne, au Portugal, a utilisé l’histoire du bon Samaritain tirée du dossier pour le culte du Dimanche de la fraternité anabaptise mondiale. 


    À l’Église anabaptiste Castañeda aux Philippines, les membres ont été répartis en cinq groupes représentant les cinq régions continentales de la CMM. Au sein de ces groupes, ils ont échangé autour de témoignages mettant en lumière la solidarité vécue dans la paix, l’écoute et le pardon, ainsi que le soutien mutuel et la persévérance. 


    À l’Église mennonite de Bussum-Naarden, aux Pays-Bas, sept assemblées de la région (Ring Midden-Nederland) ont organisé un culte en commun au cours duquel elles ont allumé des bougies pour chaque continent. 


    Binuangan Mennonite Christian Church, aux Philippines, a célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale en chantant « What a Friend We Have in Jesus », « Blessed Assurance », « Trust and Obey » et « God You’re Good ». Certains de ces cantiques ont été chantés en ilocano, une langue couramment utilisée parallèlement à d’autres dialectes locaux tels que le kankana-ey, le bugkalot, l’ibaloi, le kalanguya et d’autres encore.


    L’assemblée de la Mennnonitengemeinde Worms-Ibersheim, en Allemagne, a prolongé la célébration du Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale par un moment convivial autour d’un café et de gâteaux. L’église a été édifiée sur un terrain offert à la paroisse par un mennonite à la fin du XIXᵉ siècle. Le vitrail central, l’un des trois qui ornent le bâtiment, représente le Christ debout sur « une fondation mennonite », précise le pasteur Andreas Kohrn.


    « Nous sommes très reconnaissants à la Conférence mennonite mondiale de partager les ressources pour le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale afin que nous puissions tous prier dans un même esprit. C’est le moment pour nous de nous unir et de relever le défi qui consiste à avoir le courage d’aimer tout le monde et de grandir dans la solidarité », déclare Ashisha Kumar Milap, pasteur de l’Église mennonite Sunderganj Dhamtari en Inde. 

    Ils ont organisé un concours de coloriage à l’école du dimanche à partir du dessin partagé pour le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale

    Après un repas partagé, les membres ont échangé sur les facteurs qui fragilisent la solidarité ou, au contraire, la renforcent. 


    À la Level Ground Mennonite Church à Abbotsford, en Colombie-Britannique (Canada), les enfants ont apprécié les coloriages pendant que l’assemblée priait pour la fraternité anabaptiste mondiale, soulignant en particulier sa solidarité avec le peuple vénézuélien. 


    Comment avez-vous célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale ? Envoyez-nous vos photos ! Partagez vos témoignages ! Envoyez-les à photos@mwc-cmm.org


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    Continuer avec la solidarité

    Que nos prières nous poussent à agir. En 2026, la Conférence Mennonite Mondiale mettra l’accent sur la solidarité. Nous vous invitons, en particulier pendant cette période de réflexion avant Pâques, à vivre la solidarité avec les anabaptistes du monde entier par la prière. 

    Prenez une photo ou une vidéo pour faire connaître à la famille mondiale comment vous priez en solidarité. Utilisez le texte ci-dessous. Envoyez votre photo ou vidéo à photos@mwc-cmm.org.

    Nous prions en solidarité avec nos sœurs et frères de ____________ (écrire le nom du pays).

    OU

    __________ (écrire le nom de votre église locale) prie en solidarité avec nos sœurs et frères de __________ (écrire le nom du pays).

  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Voici quelques-unes des façons dont les églises d’Europe célèbrent leur culte ensemble, avec des actions symboliques pour démontrer leur solidarité. 

    Lors du culte 

    Dans les assemblées doopsgezinde (mennonites) des Pays-Bas, le président du culte allume une bougie sur une table à l’avant au début du service et l’éteint à la fin du service. 

    Accompagnant ces gestes, le responsable du culte prononce une version des paroles suivantes : 

    Nous allumons cette bougie pour nous rappeler la lumière qui nous guide et nous réconforte. Vivons dans la lumière de l’éternité. 

    OU 

    Nous allumons cette bougie en signe de notre lien les uns avec les autres, avec Dieu, avec nous-mêmes et avec le monde

    Nous soufflons la bougie, mais nous emportons la lumière dans nos cœurs à travers le monde. 


    Après le culte 

    Repas en commun 

    Une fois par mois, nous célébrons le Gemeinschaftssonntag (dimanche de la fraternité). Chacun apporte quelque chose à manger (par exemple, une salade, un gâteau, un dessert ou un pot-au-feu) et nous préparons un grand buffet. Après le culte, nous retirons les chaises de la salle de culte et installons des tables. 

    Tout le monde est invité à manger, y compris les invités, et jusqu’à présent, tout le monde a toujours eu assez à manger ! Il y a généralement beaucoup de restes, et beaucoup de gens en emportent chez eux.

    Après le repas, certaines personnes passent tout l’après-midi à l’église. Les enfants et les adultes jouent dehors sur la pelouse ou s’assoient ensemble. 

    Parfois, nous ouvrons également un café l’après-midi pour les personnes qui vivent à proximité de notre église ou qui font de la randonnée dans la région. Cela crée une communauté colorée composée d’inconnus, de familles, d’habitants de la région et de membres de l’église. Il y a de nombreuses occasions de conversations et de rencontres dans lesquelles l’Esprit de Dieu peut agir. 

    — Joel Driedger, Mennonitengemeinde Karlsruhe-Thomashof e.V., Karlsruhe, Allemagne 


    Depuis plusieurs années, nous nous réunissons pour un repas en commun après le culte à l’église mennonite de Ratisbonne. Toute personne qui souhaite partager un délicieux repas en bonne compagnie est la bienvenue. 

    Le repas est organisé de manière très informelle via un groupe WhatsApp. 

    Le groupe est composé de personnes qui participent régulièrement au repas et qui sont heureuses d’apporter leur contribution. Trois à quatre jours avant le culte, nous décidons ensemble de ce que nous voulons manger. Il peut s’agir, par exemple, d’un dimanche soupe, de pâtes ou riz avec différentes sauces, ou simplement de hot-dogs avec des salades. Bien sûr, le dessert est indispensable. 

    Tout le monde peut se joindre à nous pour le repas, même à la dernière minute. Nous aimons particulièrement inviter les nouveaux visiteurs au culte. 

    Même si cela signifie que le nombre de personnes qui mangent ensemble varie, tout le monde a toujours été satisfait jusqu’à présent. 

    Nous trouvons ces repas communautaires très précieux pour notre assemblée. Ils sont l’occasion de mieux se connaître et d’avoir de bonnes conversations. L’échange entre les générations est particulièrement agréable. La bonne cuisine rassemble les gens, des enfants de maternelle aux seniors.  

    — Lena Schmutz, Mennonitengemeinde Regensburg, Allemagne 


    Recettes 

    Allemagne 

    Gâteau aux pommes englouties 

    • Mélangez 125 g de margarine et 125 g de sucre, ajoutez 3 œufs et continuez à mélanger. 
    • Mélangez 200 g de farine et 2 cuillères à café de levure chimique, puis incorporez-les à la pâte. 
    • Ajoutez 2 cuillères à soupe de lait. 
    • Épluchez et coupez en deux 5 pommes, retirez les trognons et incisez-les à l’aide d’une fourchette. 
    • Beurrez un moule rond, versez-y la pâte, puis disposez les moitiés de pommes sur la pâte. 
    • Faites cuire 40 à 50 minutes à 200 °C ou 390 °F. 

    —Liesa Unger, Directora de eventos Internacionales del CMM


    Portugal 

    Lavadas (gaspacho) 

    Ingrédients

    • 3 tomates 
    • 3 poivrons verts et rouges (pas des piments) 
    • 3 gousses d’ail 
    • Huile d’olive extra vierge (de préférence du Portugal, d’Espagne, d’Italie ou de Grèce) 
    • 200 grammes de prosciutto 
    • 1 miche de pain dur (plus il est vieux, mieux c’est…) 
    • Eau 
    • Glaçons 

    Instructions 

    • Commencez dans un grand saladier. Écrasez les 3 gousses d’ail, puis ajoutez l’huile d’olive. (Je mettrais 2 ou 3 cuillères à soupe.) 
    • Coupez les tomates en petits morceaux. Coupez les poivrons en lamelles (enlevez les graines). Coupez le prosciutto en cubes. Mettez le tout dans le saladier. 
    • Coupez le pain en cubes de taille moyenne.  
    • Avant d’ajouter le pain, versez de l’eau froide dans le saladier et mélangez le tout à l’aide d’une grande cuillère. 
    • Lorsque tout est bien mélangé, ajoutez le pain pour qu’il s’imprègne. 
    • Ajoutez quelques glaçons pour garder le tout au frais. 

    C’est un excellent repas d’été frais. J’ai appris cette recette de ma mère bien-aimée. Elle venait de l’intérieur de l’Alentejo, au Portugal. Là-bas, on ne parlait pas de gaspacho mais de « Lavadas ». À l’époque, les ingrédients étaient rares et les gens mangeaient ce qu’ils avaient sous la main. 

    — José Arrais, Représentant régional de la CMM, Europe 


  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Prédications


    On gagne plus à partager 

    Michée 6. 8 

    Au début de l’été, je profite du soleil dans le champ de fraises de la famille Loosli à Moron, dans le Jura, et je passe au crible les petits buissons à la recherche des fraises les plus mûres et les plus belles. 

    En cette belle matinée de juin, je pense à la devise du prochain week-end d’automne réservé aux femmes : « On gagne plus à partager ». 

    L’inspiration vient du cours « Just People » de Stop Poverty. Les valeurs dont nous allons parler sont la charité, la soutenabilité, la justice et la miséricorde. Notre texte clé sera Michée 6. 8. 

    « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » 

    Prenons une grande inspiration. Dieu a déjà défini ce qui est important dans ses commandements. Il n’y a rien à ajouter. 

    Il s’agit maintenant de combiner la devise du week-end femmes, « On gagne plus à partager », avec Michée 6. 8. 

    Cette devise nous interpelle, non seulement ce qu’elle affirme, mais aussi parce qu’elle est contradictoire : une partie est moins que le tout, et non plus ! Moins, c’est moins, pas plus. 

    Quand quelque chose est paradoxal et semble absurde, cela peut renvoyer à une signification plus profonde. 

    Quelle pourrait être cette signification ? 

    Lorsque je partage ou donne une partie des fraises que j’ai cueillies à la sueur de mon front sous le soleil de Moron, j’ai moins de fraises, pas plus. Le « plus » ne peut donc pas se référer aux fraises, mais alors à quoi ? Quelle est la valeur ajoutée ? 

    Changement de décor 

    Voici la carte du monde telle que nous la connaissons. Les couleurs représentent les différents continents : 

    Il s’agit d’une carte du monde dans laquelle les contours naturels sont déformés. L’Europe, l’Amérique du Nord et certaines parties de l’Asie sont gonflées parce qu’elles consomment plus de ressources naturelles en termes relatifs. 

    Mais les ressources mondiales sont limitées. 

    Ce que certains consomment pour la production alimentaire, l’espace de vie par habitant, l’extraction minière, etc. 

    Sur cette carte, l’Afrique, l’Inde et le Pakistan sont agrandis. Il s’agit de la carte de la malnutrition infantile. Il y a beaucoup plus d’enfants souffrant de malnutrition dans les continents agrandis, alors qu’il n’y en a pratiquement pas en Europe et en Amérique. La répartition inégale des ressources est un fait. 

    Mani Matter, le chanteur suisse, a résumé cette réalité de manière ingénieuse et pertinente dans un court poème ou une chanson. 

    « Ceux qui sont bien lotis 
    Seraient mieux lotis 
    Si ceux qui sont moins bien lotis 
    Étaient mieux lotis 
    Mais cela n’est pas possible 
    Sans que ceux 
    Qui sont bien lotis 
    Soient moins bien lotis… » 

    En Suisse, nous sommes vraiment très bien lotis. La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde. La plupart d’entre nous ne connaissent que très peu de privations. De l’autre côté du globe, des gens travaillent dur et dans des conditions précaires pour garantir notre prospérité matérielle. Notre prospérité a un prix, mais ce n’est pas nécessairement nous qui le payons. 

    Si les biens étaient répartis plus équitablement dans le monde, tout le monde serait mieux loti. Mais comment pouvons-nous nous résoudre à partager ce que nous avons ? 

    Selon les recherches sur le bonheur et le Rapport mondial sur le bonheur des Nations Unies, cela devrait être assez simple : partager nous rend heureux. 

    Vous augmentez votre propre bonheur en augmentant celui des autres. Ainsi, si nous veillions à ce que la malnutrition dans les pays du Sud diminue et que les gens aient accès à plus de ressources, à plus de nourriture, à plus de possibilités d’éducation, etc., nous serions plus heureux. 

    En ce sens, vous gagne plus lorsque vous partagez. 

    Revenons au champ de fraises 

    Lorsque je partage les fraises que j’ai cueillies moi-même et que je les apporte à quelqu’un, je rends cette personne heureuse. Il y a le moment de plaisir pour le destinataire et la joie de recevoir un cadeau. Comme je suis témoin de cela, je suis moi-même plus heureuse. Et ce n’est pas tout. 

    D’une certaine manière, cela ne me satisfait toujours pas complètement. 

    Il y a certainement beaucoup de vérité dans cela, mais c’est en fait une idée vertueuse au sens où l’entendaient les Grecs anciens. Mais nous parlons ici d’un week-end entre femmes mennonites. 

    Voici à nouveau Michée 6. 8 : 

    « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » 

    Selon Michée, les éléments suivants sont importants : 

    • respecter la loi (certaines traductions parlent de pratiquer la justice, de faire ce qui est juste, de ne pas permettre l’injustice) ; 
    • être bienveillant envers nos semblables (certaines traductions parlent de solidarité, d’attention) ; 
    • vivre en communion constante avec Dieu (certaines traductions disent « marcher attentivement avec Dieu, être compréhensifs et conscients, vivre dans le respect de Dieu »). 

    Dieu fera miséricorde à ceux qui vivent ainsi. 

    Ce texte met l’accent sur une foi pratique et vécue. Examinons-le de plus près : 

    Justice et droiture 

    Le thème de la justice est un fil conducteur dans la Bible. Quand nous pensons à la justice, nous pouvons d’abord penser que chacun reçoit ce qu’il mérite, que chacun devrait recevoir une punition juste pour ses mauvaises actions. 

    Mais la justice de Dieu ne concerne pas principalement le jugement. La justice de Dieu consiste à créer des conditions favorables à la vie, des relations équilibrées entre les personnes, entre Dieu et les êtres créés. Comme nous sommes faillibles, la justice de Dieu a beaucoup en commun avec la miséricorde. 

    Et cette justice ne concerne pas seulement l’individu, mais vise l’ensemble de la coexistence sociale : Nous pensons à l’exemple à l’année du Jubilé, où tous les sept fois sept ans, toutes les dettes sont effacées (Lévitique 25). 

    Faire preuve d’humanité, de solidarité et d’affection 

    Beaucoup d’entre nous savent ce que l’on ressent lorsqu’on est accueilli par des personnes qui, selon nos critères, n’ont rien, mais qui veulent partager le peu qu’elles peuvent offrir à leurs hôtes. C’est très impressionnant, parfois même embarrassant, car on ne peut rien leur rendre en échange. 

    Mais peut-être décidez-vous d’imiter cet exemple. Grâce à l’exemple des plus pauvres, nous apprenons à partager et un effet domino se crée. 

    Vivre en connexion constante avec Dieu, marcher attentivement avec Dieu 

    Cela signifie que Dieu nous montre le chemin et que nous le suivons. 

    Ce n’est pas nous qui décidons où aller et Dieu qui nous suit, mais plutôt Dieu qui trace le chemin que nous devons parcourir attentivement avec lui. 

    Si nous ne faisons pas attention et nous laissons distraire, nous risquons de manquer un tournant en cours de route et de nous retrouver soudainement dans les broussailles. « Vivre en communion constante avec Dieu » signifie, idéalement, prendre la main de Dieu comme un petit enfant et la tenir aussi fermement que possible. 

    C’est donc ce qui préoccupait Michée en 700 avant J.-C. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, même dans la vie avec Jésus ? 

    En cherchant un verset qui résume aussi succinctement que Michée 6. 8 ce qui importe dans la vie avec Dieu, et qui aborde également la question du sacrifice et du partage, je suis tombé sur un verset dans l’épître aux Hébreux. La Lettre aux Hébreux s’adresse à une communauté dont l’enthousiasme initial semble s’estomper. Il est donc nécessaire de lui rappeler ce qui est important. Dans les exhortations finales du chapitre 13, nous lisons (13. 15) : 

    « Par [Jésus], offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. » 

    Et puis vient le verset qui résume si bien cela (13. 16) : 

    « N’oubliez pas la bienfaisance et l’entraide communautaire, car ce sont de tels sacrifices qui plaisent à Dieu. » 

    Dieu se réjouit lorsque nous faisons le bien et partageons. C’est ainsi que nous voulons comprendre la devise « On gagne plus à partager ». 

    Ce « plus » est le lien étroit avec notre Seigneur Jésus, l’attention sans partage, le questionnement reconnaissant, l’écoute de ce que nous devons et pouvons partager et comment. 

    Et lorsque nous prions, chantons et écoutons, nous sentons que le partage est un besoin qui vient du plus profond de nous-mêmes. C’est le besoin de marcher attentivement avec Dieu et de partager nos forces, nos ressources, nos expériences de foi, tout ce qui fait de nous ce que nous, et d’autres avec nous, sommes. 

    — Mathild Gyger est membre de l’Assemblée évangélique mennonite Schanzli, en Suisse. Adapté d’un sermon qu’elle a prononcé le 1er octobre 2023. 

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    Un repas en commun après le culte à l’église mennonite de Ratisbonne, Allemagne. Photo fournie

    Le Samaritain en moi 

    Luc 10. 25-37 

    Nous connaissons tous et toutes l’histoire du bon Samaritain. La morale de cette histoire est très simple. Jésus la résume lui-même après la parabole : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37). 

    Cependant, je pense à une histoire qui pourrait en quelque sorte se rattacher à la parabole du bon Samaritain. 

    L’automne dernier, Alfred, originaire du Ghana, a vécu cinq mois chez mes parents dans le cadre d’un semestre à l’étranger à l’université de Bâle, où il étudie la théologie. Pendant son séjour en Suisse, il est rentré deux fois à la maison très bouleversé parce qu’il avait vu des gens tomber dans l’escalator de la gare de Bâle. Ce qui le dérangeait particulièrement, ce n’était pas les blessures subies par les personnes qui étaient tombées, mais le fait qu’il n’y avait pratiquement personne à côté de lui qui aide les victimes. 

    Cela montre que le courage civique n’est finalement pas si simple. Même si la situation, comme dans ce cas, ne présente en réalité aucun danger, il faut beaucoup d’efforts pour décider d’aimer. Beaucoup semblent échouer à « aller et faire de même » ! 

    Il vaut alors peut-être la peine d’examiner de plus près ce texte biblique. 

    Dans cette parabole, presque tout est inversé. Le héros de l’histoire n’est pas le prêtre, ni le Lévite, ni le Juif ordinaire. 

    Non, le héros est le Samaritain, quelqu’un qui, du point de vue juif de l’époque, s’était égaré et suivait une croyance erronée. 

    On peut presque entendre le légiste grincer des dents lorsqu’il répond à la question de Jésus après l’histoire : « Lequel des trois s’est montré compagnon d’humanité (prochain) envers l’homme qui a été attaqué ? » (10. 36). Il ne peut se résoudre à dire : « Le Samaritain ! » Au lieu de cela, il dit : « Celui qui a fait preuve de bonté » (10. 37). 

    Quel héros nous mettrait aujourd’hui mal à l’aise si Jésus nous racontait personnellement cette histoire ? Nous avons également des groupes de personnes qui sont plus ou moins largement rejetés dans notre société. Même si nous ne le voulons pas, nous avons nous aussi nos réserves et nos préjugés, qui sont souvent difficiles à surmonter. 

    Jésus raconte délibérément cette histoire de façon à mettre ses auditeurs mal à l’aise. Je vous invite donc à prendre un bref instant pour remplacer le Samaritain par quelqu’un qui vous mettrait mal à l’aise. 

    Essayez de garder cette personne ou ce groupe de personnes à l’esprit pendant le reste du sermon. 

    Lorsque l’on raconte l’histoire du bon Samaritain, on met généralement l’accent sur la compassion pour l’humanité. 

    Cependant, Kenneth E. Bailey, un expert de la culture du Moyen-Orient, m’a montré au cours de ma préparation comment un manque de courage d’aimer joue un rôle dans cette histoire. 

    Commençons par le prêtre, qui rentrait probablement chez lui à Jéricho après deux semaines de ministère à Jérusalem. S’il s’était approché de l’homme blessé, dont il ne savait pas s’il était mort ou encore en vie, il aurait couru le risque d’être rituellement impur, ce qui aurait entraîné un long processus de purification durant lequel lui, ses serviteurs et sa famille auraient dû faire face à des conséquences désagréables. S’il s’était rendu impur et avait ensuite esquivé le processus de purification, cela aurait signifié qu’il officiait à l’autel en état d’impureté, ce qui aurait pu entraîner une accusation aux conséquences encore plus graves. 

    Pour le prêtre, cette situation comportait donc certains dangers ou inconvénients. Il lui manquait manifestement le courage nécessaire et il lui était plus facile de passer son chemin. 

    Dans l’histoire d’Alfred à la gare de Bâle, beaucoup de ceux qui n’ont pas aidé avaient probablement aussi leurs raisons. « Si je m’arrête maintenant, je vais être en retard à ma réunion et mon patron est déjà en colère contre moi. » « Et si je ne peux pas aider, je ne connais rien aux premiers secours. Tout le monde le verrait, ce serait tellement embarrassant ! » 

    Après le prêtre vient le Lévite, assistant du prêtre dans le temple. Kenneth Bailey pense que le Lévite devait savoir qu’un prêtre avait emprunté ce chemin peu avant lui. Le Lévite était subordonné au prêtre. Aurait-il dû dénoncer le prêtre comme quelqu’un qui n’avait pas agi comme il le devait ? Cela aurait également demandé beaucoup de courage. 

    De plus, comme le prêtre qui était déjà passé connaissait mieux le bien et le mal, le Lévite pouvait donc continuer presque sans remords. 

    Dans le cas d’Alfred, certains se sont peut-être demandé : « Pourquoi devrais-je aider ? Il y en a tellement d’autres. Ils pourraient probablement le faire encore mieux que moi. » 

    Et maintenant vient le Samaritain. 

    Ce qu’il fait est inimaginable : il a le courage d’agir avec amour. 

    En tant qu’ennemi des Juifs de l’époque, il prend soin de l’homme blessé et l’emmène dans une auberge voisine, probablement dans une ville juive. 

    Les personnes qui écoutaient cette histoire à l’époque s’attendaient probablement à ce que le Samaritain laisse le blessé à la périphérie de la ville et s’enfuie. Même en tant que sauveur de ce Juif, un Samaritain n’aurait pas été à l’abri d’une éventuelle vengeance. 

    De plus, en amenant l’homme blessé à l’auberge et en fournissant de l’argent pour ses soins, le Samaritain a non seulement sauvé la vie du Juif, mais probablement aussi sa liberté. Étant donné que l’homme n’avait plus rien après le vol, il aurait pu être vendu comme esclave pour payer ses dettes. 

    Le courage d’agir du Samaritain montre comment l’amour peut changer la vie des autres. 

    Revenons à la question de Jésus : « Lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme qui a été volé ? » 

    Jésus formule la question différemment. On pourrait penser que la question ne devrait pas être « Qui est mon prochain ? », mais « Pour qui devrais-je être un prochain ? ». 

    Il ne répond pas à la question : « Qui est celui que je suis censé aimer pour gagner ma vie éternelle ? », mais plutôt : « À qui puis-je tendre la main ? Qui puis-je soutenir ? Qui devrait pouvoir compter sur moi ? ». 

    L’accent est davantage mis sur « être ensemble » plutôt que sur « je dois assurer ma vie éternelle ». Et la réponse à la question du prochain dans la parabole est presque révolutionnaire. Elle brise les frontières religieuses, linguistiques et ethniques et fait sortir le légiste de sa zone de confort. Elle montre la vision de Dieu d’un monde nouveau. 

    Jésus dit au légiste : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37). 

    De par notre nature même, nous ne sommes pas en mesure d’aimer à la fois Dieu et nos semblables comme Dieu l’exige. Et pourtant, je veux m’orienter vers cette vision divine d’un monde nouveau dans lequel nous aidons de manière sacrificielle les personnes dans le besoin : nous apportons les premiers secours aux blessés, nous donnons aux pauvres une partie de ce dont nous avons trop, nous nous opposons au racisme, nous tendons la main aux personnes marginalisées, nous nous rangeons du côté des opprimés. 

    Malheureusement, le monde n’est pas noir ou blanc. 

    Ai-je toutes les informations nécessaires pour savoir qui je dois défendre ? Les situations sont souvent nuancées et l’on ne peut pas simplement dire quelle est la bonne chose à faire. 

    Jésus ne s’attend pas à ce que nous fassions toujours tout correctement. Et pourtant, je ne veux pas m’arrêter à la grâce. Le Samaritain de notre histoire peut et doit être un modèle pour moi. Il doit m’enseigner l’humilité, me faire descendre de mes grands chevaux, m’aider à voir au-delà des frontières et m’encourager à trouver le courage d’aimer tous mes semblables, même si cela semble impossible à première vue. 

    Parfois, il est facile d’aimer. Et parfois, cela demande du courage. 

    Mais si nous parvenons à aimer sincèrement, alors nous pouvons changer la vie de nos voisins et devenir un compagnon d’humanité à leurs yeux. 

    Pour résumer, comme le dit une chanson d’Unspoken : « If we’re gonna be known for something let it be love » (Si nous devons être connus pour quelque chose, que ce soit pour l’amour.) 

    Amen. 

    — Hanna Sagesser est membre de la Evangelische Mennonitengemeinde Schänzli, à Muttenz, en Suisse. Cette prédication est adaptée de celle qu’elle a prononcé devant des invités internationaux et l’assemblée le 1er juin 2025. 

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    Les membres du Conseil Général se réunissent pour prier pour Roman Rakhuba, délégué d’Ukraine au Conseil Général, avant son départ. Photo : Irma Sulistyorini

  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Le temps des offrandes est aussi important que la prédication. Souvent, quelqu’un présente un témoignage et une Écriture sur le thème du don.

    Le pasteur demande souvent à l’un des responsables de prier, de bénir les donateurs et aussi que ceux qui ne donnent pas soient bénis pour pouvoir le faire.

    Parfois, les responsables font circuler les paniers, et d’autres fois, les membres viennent à l’avant pour mettre leur offrande dans un panier. Dans de nombreux endroits, les gens chantent et dansent car le don est accompagné de beaucoup de joie.

    En ce dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, la CMM invite les églises à collecter une offrande spéciale pour notre communauté anabaptiste mondiale. L’idée est d’inviter chaque membre à donner l’équivalent du coût d’un repas local pour soutenir les réseaux et les ressources de notre famille spirituelle mondiale de la CMM. Sacrifier un repas, c’est notre humble manière de remercier Dieu et d’apporter un soutien aux ministères de la CMM pour le Seigneur.

    Ce don « d’un repas » par personne une fois par an est quelque chose que tous les membres de la CMM peuvent faire. Certaines personnes ont les moyens de donner beaucoup plus que cela, et devraient être encouragées à le faire. D’autres, dont les ressources sont plus limitées, pourraient être encouragées par le fait que le Comité
    Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale, composé de membres de tous les continents, est convaincu que la plupart des adultes du monde entier peuvent donner l’équivalent d’un repas par an pour soutenir le travail de l’Église mondiale.

    Voici quelques suggestions pour préparer le temps de l’offrande dans votre assemblée :

    • Prévoyez que les offrandes « d’un repas » soient déposées dans un panier spécial à l’avant, ou dans des contenants culturellement appropriés et en lien avec les repas lors du culte.
    • Prévoyez un repas communautaire partagé ensemble avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale
      • Ça pourrait être une « auberge espagnole » où chaque famille amène de grands plats à partager, avec un panier réservé pour l’offrande pour la CMM présente au repas.
      • Chaque famille pourrait ramener un repas tout préparé. Ces repas préparés sont alors mis aux enchères, vendus ou offerts avec participation libre pour être ramenés à la maison et être mangés en famille après le culte.
    • Prévoyez un temps de jeûne et de prièr pour l’Église mondiale pendant un repas avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale, et faites une offrande pour la CMM pendant ce temps, représentant au moins la valeur du repas qui n’est pas consommé.

    Les fonds recueillis par cette offrande spéciale dans chaque assemblée peuvent être envoyés directement à la Conférence Mennonite Mondiale (trouver des moyens de donner sur mwc-cmm.org/fr/faire-un-don).

    Vous pouvez également envoyer ces fonds au bureau de votre union d’église nationale, en les désignant clairement comme destinés à la Conférence mennonite mondiale et en indiquant qu’il s’agit de l’offrande du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale. Vous pouvez demander qu’ils transmettent alors les fonds à la CMM.


    La collecte des offrandes aux Pays-Bas 

    Dans les assemblées mennonites (Doopsgezind) des Pays-Bas, l’offrande est collectée en faisant passer les paniers de la collecte, appelés collectezakken : ce sont de petits sacs en tissu. Les personnes y déposent pièces et billets. Ces sacs sont soit attachés à un petit manche en bois et passés de main en main, soit fixés à l’extrémité de longues perches que les personnes désignées tendent en passant dans l’assemblée.  

    L’offrande reçue dans l’un des sacs est généralement destinée au fonctionnement de l’assemblée locale, alors que l’offrande reçue dans un second sac est plutôt destinée à la mission en dehors des murs de l’église. Pour ce deuxième sac, toutes les églises mennonites des Pays-Bas se mettent souvent d’accord sur le même projet soutenu chaque dimanche.  

    Aujourd’hui, la plupart des assemblées affichent également un QR code et un numéro de compte bancaire pour les personnes qui souhaitent donner de cette manière. 

    Les dons supérieurs à un certain montant donnent droit à une déduction fiscale de la part du gouvernement à la fin de l’année. 


    Evangelisch-mennonitische Freikirche, Dresden, Germany, shares
a meal outside with refugees from Venezuela as part of their
Anabaptist World Fellowship Sunday celebration in 2024.
  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026


    Solidarité à Lesbos  

    “Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand.” 1 Corinthiens 13. 13) 

    Comment ces trois choses se manifestent-elles dans la pratique ? Elles se manifestent sous forme de loyauté, d’anticipation et de solidarité. Et la plus grande d’entre elles est la solidarité. 

    Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand. 

    On comprend parfois la foi comme la simple capacité de croire. Mais ce que Paul entend par foi est une relation beaucoup plus profonde. Elle signifie que les gens se font confiance et restent loyaux. C’est une relation de confiance entre les personnes, ou entre les personnes et Dieu. 

    La foi signifie en réalité la loyauté. 

    L’espérance est dirigée vers quelque chose que nous ne possédons pas, mais que nous essayons d’atteindre. Malheureusement, certaines personnes la perdent, car elles ne savent pas quoi espérer. Ou elles sont déçues parce que ce qu’elles espèrent semble leur échapper. 

    Mais l’anticipation est une espérance qui s’accompagne d’une stratégie. 

    Nous pouvons planifier où nous voulons aller avec notre espérance. Il ne s’agit pas de se raccrocher à n’importe quoi, mais de tendre vers un plan tout tracé dont nous anticipons la réalisation. 

    Et l’amour ? 

    L’amour survit à tout le reste. Lorsque nous rêvons nos rêves les plus fous – la guérison de toutes les relations, le renouveau de la confiance dans la société, la présence de Dieu parmi nous dans la joie – lorsque tous ces rêves auront été réalisés, nous n’aurons plus besoin de foi/confiance ou espérance/anticipation. Mais l’amour perdurera. 

    Même dans une société parfaite, si tant est qu’elle existe, nous aurions encore besoin d’amour. 

    Et l’amour mis en pratique, c’est la solidarité. 

    Être solidaires avec ceux qui sont à la fois proches et éloignés de nous. Oui, même ceux qui ont des croyances différentes, qui agissent, parlent, mangent différemment, recevront notre solidarité. Et nous recevrons la leur, car l’amour signifie aussi l’entraide. 

    Mais la solidarité est la plus grande. 

    Sur l’île grecque de Lesbos, des mennonites allemands et néerlandais ont développé une profonde solidarité avec les migrants et les Grecs qui recherchent un monde meilleur. Un monde qui dépasse les frontières et les murs. Où les gens prennent soin les uns des autres et respectent la dignité de chacun. En coopération avec les Community Peacemaker Teams, le Comité mennonite allemand pour la paix (DMFK) envoie des volontaires et des délégations à Lesbos depuis plus de 10 ans maintenant. Nous aidons aujourd’hui à financer une équipe de quatre « solidaires » grecs. 

    Le travail est devenu plus difficile. Même s’il ne fait plus la une des journaux, le service de ces solidaires est extrêmement important. Les migrants qui ont été contraints de diriger un bateau arrivent en Europe avec l’étiquette de « passeurs » et sont régulièrement condamnés à des peines de prison de plus de 100 ans. Notre équipe leur rend visite, les met en relation avec leurs familles, leur fournit des avocats, organise des manifestations, documente les abus. Notre équipe fait preuve d’amour et de solidarité.  

    J. Jakob Fehr est membre du Deutsches Mennonitisches Friedenskomitee (DMFK), le Comité mennonite allemand pour la paix.   

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    Solidarité au sein de la communauté locale 

    En juin 2023, on m’a diagnostiqué un anévrisme près de la rate. J’ai subi une intervention chirurgicale, mais six mois plus tard, je me suis réveillé avec des douleurs abdominales presque insupportables. Astrid (ma femme) et moi sommes très reconnaissants de vivre dans une maison où la solidarité est une réalité. 

    Nos voisins étaient là. 

    Benny, un ancien pompier, m’a giflé pour m’empêcher de sombrer dans le coma. 

    Josiane a aidé Astrid à appeler les urgences. 

    J’ai passé deux jours et demi entre la vie et la mort, alors que des hémorragies internes et des infections se propageaient dans mon abdomen. 

    La situation a été relayée par des amis, des membres de notre église, des membres de notre communauté religieuse et au-delà. Une chaîne de prière et de solidarité s’est formée sans même que je le sache ! 

    Astrid, quant à elle, était bien consciente de la gravité de la situation. Elle témoigne : « Quelle force et quelle puissance avaient ces prières ! Elles ont permis à notre famille de supporter cette épreuve et de garder espoir. Chaque mot, chaque souffle, chaque supplication a été entendu par notre Seigneur tout-puissant, et par la grâce de Dieu, Dieu a répondu positivement. Notre prière est que cette épreuve ne se termine pas avec un seul nom, Max, mais que la puissance toute-puissante du Seigneur soit révélée. » 

    Avec le recul, je peux dire à quel point il est précieux d’avoir une communauté et des amis qui se sont engagés avec amour pour mon rétablissement. Les chirurgiens parlent d’un miracle, et nous sommes d’accord ! Josiane a laissé à Astrid les paroles de Lamentations 3. 22–23 : « Les bontés du SEIGNEUR ! C’est qu’elles ne sont pas finies ! C’est que ses tendresses ne sont pas achevées ! Elles sont neuves tous les matins. Grande est ta fidélité ! » 

    La solidarité de Dieu est la plus grande qui soit. 

    — Max Wiedmer, Église Mennonite d’Altkirch, France 

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    Max Wiedmer with the Francophone
Network, a group of French speaking organizations within MWC.
  • Les attaques terroristes ont déplacé 700 000 personnes au Burkina Faso, pays d’Afrique de l’est. Beaucoup disent que ce dont ils ont le plus besoin, c’est de prières. 

    « Seul Dieu peut nous aider à trouver une solution ; elle ne viendra pas des forces armées, » déclare un gouverneur provincial à Bobo-Dioulasso. Il s’est exprimé lors d’une réunion de 150 responsables religieux et civiques à l’occasion de la visite de la Conférence Mennonite Mondiale.

    Les membres de la délégation, Siaka Traoré du Burkina Faso, Jürg Bräker de Suisse, Jean Paul Pelsy et Didier Bellefleur de France, et Nelson Kraybill des États-Unis se sont rendus sur place du 17 au 24 février 2020 au nom de la Commission Diacres. L’Africa Inter-Mennonite Mission était également représentée dans la délégation par Léonard Kiswangi de République Démocratique du Congo et le Comité Central Mennonite s’est chargé de la logistique.

    Depuis 2016, les pasteurs et les églises du Burkina Faso ont subi des attaques mortelles. Mais les mosquées, les communes, la police, les écoles et d’autres lieux de cohésion sociale ont également été ciblés. Deux cent mille enfants sont déscolarisés et la famine menace car les agriculteurs ne sont plus en mesure de semer ou de récolter.

    Respect pour la diversité 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    Le porte-parole du président de la communauté musulmane à Bobo-Dioulasso a déclaré lors de la réunion que les membres de sa communauté voulaient la paix. Le respect de la diversité est au cœur de l’Islam. La diversité est un moyen d’expression du Créateur. Dieu veut que nous soyons tous différents mais unis. »   

    Il a remercié les mennonites pour leur soutien et a cité Ésaïe 58, « Le jeûne tel que je l’aime, (…) c’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés ».

    Lors d’une autre réunion les pasteurs mennonites ont expliqué que la violence avait diminuer la confiance entre les gens. Les églises doivent être vigilantes car des espions se font passer pour des sympathisants. Abdias Coulibaly, président de l’Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso, témoigne : « Avant nous pouvions organiser les activités d’église librement. Mais maintenant il faut prendre en compte la sécurité ». Certaines paroisses se réunissent uniquement dans les maisons.

    Souffrir ensemble

    Siaka Traoré en s’adressant aux autres membres de la délégation, dit : « Vous avez risqué vos vies pour venir nous apporter votre soutien. Si un membre du corps souffre, tous les membres souffre avec lui. » 

    Les visiteurs de la CMM ont entendu à maintes reprises que la crise n’est pas due principalement au conflit entre musulmans et chrétiens. Certaines attaques sont attribuées aux extrémistes islamistes mais d’autres sont liées à la criminalité dérivée du trafic de stupéfiant ou de la traite de personnes. Le chômage élevé rend les jeunes plus vulnérables aux idéologies radicales.

    Outre les rencontres avec les pasteurs mennonites, la délégation s’est entretenue en privé avec les hauts responsables de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME), à Ouagadougou. Elle a pu également échanger avec l’archevêque catholique romain et avec le Mogho Naba (empereur) du peuple Mossi. Peuple qui représente 40 pourcents de la population du pays.

    Acte d’amour 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    L’empereur a reçu la délégation assis sous un arbre majestueux dans son palais. « Les feuilles de l’arbre au-dessus de vos têtes apportent des paroles de paix, de réconciliation, d’harmonie, de pardon et d’amour. Les Écritures disent que les fruits de l’Esprit de Dieu sont l’amour, la joie et la paix. Nous servons Jésus, le Prince de la Paix et nous voulons à la même chose que vous. »

    La délégation a remercié l’empereur pour son travail de réconciliation dans le soutien qu’il a apporté à l’insurrection populaire en 2015 et lui a promis qu’elle prierait pour lui. L’empereur a répondu en langue mòoré : « Merci d’être venus dans notre pays. Cet acte d’amour montre que vous êtes vraiment des hommes selon Dieu. »  

    Lorsque la délégation s’est entretenue avec l’archevêque, elle a cité un proverbe africain : un seul doigt ne ramasse pas la farine. Les doigts et les mains doivent tous travailler ensemble pour préparer un repas tout comme les croyants de différentes traditions religieuses et culturelles doivent travailler ensemble.  

    Il a fait remarquer que les armes ne sont pas fabriquées dans son pays, elles proviennent d’ailleurs. « Nous appelons la communauté internationale à nous aider à y mettre fin. »

    Commencer avec la prière

    Les membres de la délégation ont été impressionnés par les responsables religieux et civiles, déterminés à collaborer pour la paix, par le courage des responsables mennonites et par le fait que tout le monde semble conscient des racines spirituelles de la violence.

    Pour Jürg Bräker, « dans les sociétés occidentales, la prière est souvent symbolique et les gens veulent seulement aller ‘agir pour de vrai’. Ce n’est pas par là que les Burkinabais commencent. »

    —Un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par J. Nelson Kraybill, président de la CMM.

     

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