Étiquette : Commission Foi et Vie

  • « Les anabaptistes présentent une merveilleuse diversité (langues, cultures, atouts uniques à apporter à la grande famille anabaptiste). Mais la diversité des convictions sur certaines questions fondamentales (théologie, éthique, mission) pose des défis de taille », explique Tim Geddert.

    En tant que Président de la Commission Foi & Vie (2025-2031), Tim Geddert dirige les efforts de l’équipe pour relever ces défis.

    Tim Geddert, membre de l’Église Frères mennonites des États-Unis (USMB), est professeur émérite à l’université Fresno Pacific et occupe les fonctions de vice-président du conseil d’administration ainsi que de membre du Conseil Foi et Vie de l’USMB.

    Lors de la réunion des commissions de la CMM du 12 au 14 mai aux Pays-Bas, l’équipe de la communication s’est entretenue avec lui pour réfléchir à sa foi anabaptiste et à la perspective qu’il apporte à la Commission Foi & Vie.

    Il est né dans une famille des Frères mennonites à Hepburn, en Saskatchewan (Canada), où son père enseignait au Bethany Bible College. « J’ai toujours été membre d’une Église mennonite, à l’exception des trois années où j’ai vécu en Écosse et où nous étions les seuls anabaptistes de notre village », a déclaré Tim Geddert.

    « Bien que j’aie grandi dans un contexte ecclésial imprégné de la culture mennonite, je n’ai découvert la “théologie anabaptiste” qu’en suivant des études au séminaire de Fresno, en Californie, aux États-Unis. »

    La diversité, avec un accord sur les fondements

    « Je ne suis pas naïf quant aux défis [de la diversité au sein de la famille anabaptiste mondiale], surtout dans un monde qui se polarise de plus en plus entre “nous” et “eux”… “ceux qui ont tout compris” et “ceux qui ont tout faux” », déclare Tim Geddert. « Mais nous pouvons apprendre à faire mieux. En fait, nous devons faire mieux si nous voulons être fidèles à Jésus. »

    « Nous devons apprendre à nous accorder mutuellement le bénéfice du doute, au moins le temps de construire des relations significatives et d’avoir des conversations saines. »

    Pour commencer, il existe des accords fondamentaux au sein de la famille anabaptiste, exprimés dans les Convictions Communes

    « La place centrale de Jésus en matière de théologie, d’herméneutique, d’éthique, de relations interpersonnelles, de quête de paix et de justice… ce sont là des valeurs fondamentales pour les anabaptistes, reconnues comme essentielles dans de nombreux autres contextes chrétiens.

    « Je suis optimiste et pense que nous, en tant qu’anabaptistes, avons beaucoup à offrir au monde chrétien au sens large. Je suis également convaincu que nous avons beaucoup à apprendre de ceux qui ne partagent pas notre étiquette anabaptiste mais qui suivent véritablement Jésus. »

    « Mon espoir et ma prière sont que nous apprenions à dialoguer avec respect et confiance sur les questions qui menacent de nous diviser, et que nous réalisions à quel point il est plus important de construire ensemble une communauté que de persuader tout le monde de croire la même chose. C’est là l’essence même du travail de la Commission Foi & Vie », déclare Tim Geddert.

    « En ce sens, je suis donc ravi de travailler avec de merveilleux frères et sœurs du monde entier qui ont une passion pour Jésus, pour l’Église et pour la famille mondiale des anabaptistes. « Même si cela signifie que moi qui suis en Californie, aux États-Unis, je dois me lever à 6 h du matin pour des réunions en ligne afin que mon frère au Japon n’ait pas à nous rejoindre plus tard que 22 h, heure locale, c’est tout de même passionnant ! Tels sont les défis d’une famille mondiale… mais les joies l’emportent largement sur les défis. »


  • À l’occasion des réunions du Comité Exécutif et du Conseil Général de la Conférence Mennonite Mondiale, qui se réunissent pour prier, fraterniser et discerner, il y a des « au revoir » et des « bienvenue ». Les membres du Comité Exécutif et de la Commission ont un mandat de six ans. 

    Les mandats sont échelonnés afin d’assurer la continuité. 

    Comité Exécutif 

    Un Comité Exécutif est élu au sein du Conseil Général, et se réunit annuellement. Deux membres de chaque région continentale sont élus au sein du Conseil par leur groupe continental. Ils représentent non seulement leur union d’églises nationale, mais aussi toute leur région.   

    Les membres du Comité Exécutif mandaté en Allemagne exerceront leur mandat de 2025 à 2031. 

    Asie  

    Sipra Biswas, Bharatiya Jukta Christa Prachar Mandali (India United Missionary Church), Inde.  

    Afrique  

    Samson Omondi Ongode, Kenya Mennonite Church. Son mandat a été renouvelé après un premier engagement entre 2018 et 2025 

    Europe  

    Wieteke van der Molen, Algemene Doopsgezind Sociëteit. Elle a été reconduite dans ses fonctions pour un nouveau mandat, après un premier engagement entre 2018 et 2025. 

    Amérique Latine

    Omar Pérez Reyes, Asociación Iglesias Cristianas Menonitas de Costa Rica 

    Amérique du Nord  

    Linda Dibble, Mennonite Church USA. Son mandat a été renouvelé après un premier engagement entre 2022 et 2025. Elle a remplacé un ancien membre du conseil d’administration qui n’a pas pu terminer son mandat. 

    « La reconduction des membres qui sont prêts à continuer de servir est une affirmation de leur sagesse et de leur discernement », déclare César García, secrétaire général. « Nous sommes reconnaissants de leur talent de responsables et nous encourageons les délégués du Conseil général à rester en contact avec leurs membres du Comité exécutif entre les réunions ». 

    Spécialistes des Commissions 

    Le Comité Exécutif a approuvé la nomination de nouveaux spécialistes, dont le président de la Commission Foi et Vie, pour chacune de ses commissions, pour un mandat qui débutera en 2025 jusqu’à 2031. Les nouveaux spécialistes ont ensuite été accueillis par consensus lors du Conseil Général. 

    Les nominations des spécialistes des commissions ont tenu compte de la volonté des candidats à servir dans chaque commission, des questions d’équilibre entre les sexes, des perspectives culturelles et dénominationnelles et des membres actuels du CG impliqués dans les commissions. 

    Commission Paix 

    • Katerina Gea, pasteure de l’église mennonite de Pasadena, en Californie, États-Unis, est diplômée en études sur la paix et a été l’une des premières activistes communautaires de la Coalition to Dismantle the Doctrine of Discovery (Coalition pour démanteler la doctrine de la découverte). 
    • Alina Itucama, une responsable Wounaan de l’Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonita, a été directrice d’un institut biblique au Panama. 
    • SeongHan Kim, éducateur pour la paix en Corée du Sud, est le représentant du Comité central mennonite pour l’Asie du Nord-Est. 

    Commission Mission 

    • Marianne Goldschmidt-Nussbaumer, membre de Mission Mennonite (France), a été envoyée au Bénin. 
    • Emerson Cardoso, membre de COBIM (église des Frères mennonites) au Brésil, fait partie de l’équipe dirigeante de Multiply, qui forme des responsables d’église et des travailleurs internationaux en Amérique latine et dans les pays de langue portugaise. 
    • Teguh Karyanto, pasteur à GITJ Pesantenan à Pati, Java central, en Indonésie, est engagé dans le synode de GITJ et enseigne à STAKWW, le collège biblique de GITJ. 

    Commission Foi & Vie 

    • Timothy J. Geddert, professeur émérite au Fresno Pacific Biblical Seminary en Californie (États-Unis), est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’interprétation biblique, l’ecclésiologie et l’éthique. Il en assurera la présidence. 
    • Cindy Alpízar Alpízar, pasteure de Igesia Menonita Jesucristo es el Señor au Costa Rica, est co-coordinatrice du Movement of Anabaptist Women Doing Theology from Latin America (Mouvement des théologiennes anabaptistes en Amérique Latine, MTAL). 
    • Jeremy Bergen, professeur agrégé d’études religieuses et d’études théologiques, a été directeur des études théologiques au Conrad Grebel University College en Ontario, Canada, de 2014 à 2021.  
    • Zaraí Gonzalía Polanco, autrice, relectrice et éditrice pour diverses publications théologiques, basée en Colombie, est titulaire d’un doctorat en théologie des Faculdades EST de São Leopoldo, au Brésil.  

    Commission Diacres 

    • Mary Soledad Cano, codirectrice du foyer pour enfants Centro de Vida Infantil au Honduras, est titulaire d’un diplôme de théologie biblique et d’une certification dans le domaine de la transformation des conflits. 
    • Walter Jakobeit, pasteur de l’Evangelische Freikirche Mennonitische Brüdergemeinde à Neuwied, en Allemagne, depuis près de 20 ans. 
    • Deusilene Martins Milhomen de Carvalho, pasteure de l’Igreja Menonita do Gama à Brasilia, au Brésil, coordonne Sister Care Brazil, où elle enseigne la théologie aux femmes. Elle représente le Brésil au sein du MTAL. 

    Due to changes in the delegate status of two General Council Deacons Commission members appointed in Indonesia in 2022, the EC also approved the new appointment of Raúl Rincón, [member church] Portugal, and Brian Maphosa, [member church] South Africa, to serve as General Council delegates on the Deacons Commission. 

    En raison de changements dans le statut de délégué de deux membres de la Commission Diacres du Conseil général nommés en Indonésie en 2022, le CE a également approuvé la nouvelle nomination de Raúl Rincón, Igreja dos Irmãos Menonitas de Portugal, et de Brian Maphosa, Brethren in Christ Church Afrique du Sud, en tant que délégués du Conseil général à la Commission Diacres. 

    Président et vice-présidente

    Après des discussions concernant l’âge et la répartition des différents continents au sein du groupe de direction, le Conseil Général a approuvé la proposition de re-nommer, pour un nouveau mandat : Henk Stenvers, au poste de président jusque 2034 ; Lisa Carr-Pries, au poste de vice-présidente jusque 2031.

    Le Comité exécutif a commencé à discuter des candidats aux postes de président et de vice-président lors de sa réunion de 2023. « En raison de l’excellent travail accompli par le président et la vice-présidente actuels, le Comité exécutif a recommandé à l’unanimité au Conseil général de renouveler leur mandat », a déclaré César García.

    Avec seulement quatre membres (président, vice-président, trésorier, secrétaire général), il est impossible d’assurer une représentation continentale complète au sein de ce groupe de direction. Afin de remédier à cette disparité potentielle, le Comité exécutif a décidé de créer un poste ex-officio afin qu’un dirigeant du continent manquant puisse être nommé.

    « Les responsables d’églises ont beaucoup d’exigences en termes de temps et d’expertise. Nous sommes reconnaissants à tous ceux qui servent la CMM, et qui apportent leurs relations, leur expérience et leur sagesse à l’œuvre de l’Église mondiale », dit César García, secrétaire général de la CMM. 



    EC Commission group
  • Diacres 

    La Commission Diacres a notamment pour responsabilité de superviser le Fonds de Partage de l’Église mondiale (GCSF), de favoriser la prière au sein de la communion anabaptiste (envoi du courriel du Réseau de prière, animation de l’Heure de Prière virtuelle et collaboration avec le président pour les lettres pastorales) et les visites de diacres. 

    De 2022 à fin 2024, la Commission Diacres a approuvé 20 propositions du GCSF pour un montant d’environ 239 000 USD, après un discernement et un examen minutieux. « Le GCSF montre que les églises d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ne sont pas seules et que la communauté spirituelle mondiale est unie dans le partage et le soutien », dit Tigist Tesfaye, secrétaire de la Commission Diacres. 

    Souvent en collaboration avec d’autres spécialistes de la CMM, les diacres ont envoyé une délégation visiter les églises membres en difficulté pour les écouter, être en communion, prier et célébrer avec elles. « Cela permet de renforcer l’église locale et son lien avec la communauté mondiale », dit Tigist Tesfaye. 

    En 2024, aux côtés de la Commission Paix, la Commission Diacres a rencontré en Thaïlande17 pasteurs du Myanmar. Les membres ont aussi effectué une visite non officielle à d’autres églises membres en Thaïlande. 

    Tous les deux mois, la Commission Diacres invite tous les membres à un rassemblement en ligne. L’Heure de Prière virtuelle se déroule en quatre langues — anglais, espagnol, français, hindi — avec 60 à 80 participants qui prient ensemble en temps réel. 

    Foi & Vie 

    La Commission Foi & Vie cherche à aider les églises membres de la CMM en offrant et en recevant des recommandations (développant ainsi la responsabilité mutuelle) sur des questions liées à la foi et à la pratique chrétiennes, ainsi qu’à l’identité et à l’action anabaptiste-mennonite dans le monde d’aujourd’hui. 

    Foi et Vie a promu l’enseignement, des débats et des ressources lors de la publication d’un guide d’étude concernant le Rapport sur le Baptême. Il a été distribué aux délégués du Conseil Général avec une invitation à le faire connaître, à l’utiliser et à l’étudier dans leurs unions d’églises. Les membres de la Commission ont échangé leur expérience de baptême sur le site Internet de la CMM, afin de susciter l’intérêt pour l’étude de nos convictions en matière de baptême. 

    La Commission a continué à discuter et à fournir des ressources à la CMM sur les thèmes de la communion mondiale, de l’unité et de la protection de la création. 

    Lorsque la Conférence Mennonite Mondiale est invitée à établir des relations avec d’autres communions mondiales, la Commission Foi & Vie est appelée à la représenter. Outre les dialogues avec la Communion mondiale des Églises réformées, qui ont abouti à une importante déclaration de réconciliation pour 2025, elle a aussi envoyé Anne-Cathy Graber pour représenter les anabaptistes à un synode du Vatican sur la synodalité. 

    Structurellement, les nouveaux Réseaux d’Éducation anabaptistes mondiaux relèvent de la Commission Foi & Vie. Ces réseaux émergents concernent l’enseignement primaire, secondaire et les séminaires et apprennent ensemble à former des étudiants afin qu’ils deviennent pasteurs et responsables dans le monde entier. 

    Commission Mission 

    Les rencontres — en ligne et en personne — ont constitué une part importante du travail de la Commission Mission au cours des trois dernières années. La réunion de 2023 à Harrisonburg, Virginie, a été cruciale pour la CM et ses deux réseaux, car nous avons eu l’occasion de nous réunir en personne pour un temps de communion et de ressourcement. Environ 60 délégués des réseaux y ont participé. 

    La Commission Mission a soutenu le Réseau Anabaptiste Mondial d’Entraide et la Fraternité Missionnaire Mondiale en proposant de nombreux webinaires qui furent à la fois une occasion de se connaître mieux et d’apprendre. Ce travail a été souligné dans le numéro précédent de Courrier

    Pour 2025, nous nous réjouissons de publier une bibliographie actualisée en ligne sur l’anabaptisme et la mission. Vous la trouverez sur le site de la CMM. 

    Commission Paix 

    Chaque année, la Commission Paix produit les documents concernant le Dimanche de la Paix qui sont distribués dans les églises membres de la CMM du monde entier. Les photos et les rapports que les assemblées envoient de leur célébration témoignent de notre travail de construction de la paix. 

    La Conférence mennonite mondiale sur le Travail pour la Paix est parrainée par la Commission Paix. Organisée par Eastern Mennonite University en 2023, elle a rassemblé 160 théologiens, artisans de la paix, pasteurs, activistes et artistes de 20 pays à Harrisonburg, en Virginie (États-Unis). Ils ont participé à des conversations sur la théologie et la pratique du travail pour la paix anabaptiste/mennonite et ont échangé sur la Déclaration sur l’Objection de Conscience (publiée en 2022). 

    Les membres de la Commission Paix se sont joints aux Diacres pour une visite de solidarité au Myanmar afin d’encourager les pasteurs en ce temps de guerre. 

    La Commission Paix s’est également engagée, avec d’autres partenaires, à élaborer un plan de conversation avec les Old Colony Mennonites, qui font partie de la famille des croyants anabaptistes mais ne font pas partie de notre association formelle en tant que Conférence Mennonite Mondiale. Les préoccupations concernant les pratiques agricoles ont fourni des occasions de travailler à la paix dans les conversations avec d’autres organisations, les partenaires de la CMM et les Old Colony Mennonites

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    MWC commisions meeting
  • Photo : Ashwin Vaswani/Unsplash

    La Conférence Mennonite Mondiale se joint aux catholiques et à toutes les autres communautés de foi de par le monde, qui sont endeuillées par la mort du pape François, ce 21 avril 2025, à l’âge de 88 ans. Il était alors en convalescence dans sa résidence Domus Sanctae Marthae après avoir été hospitalisé pour une pneumonie bilatérale.

    « Nous voulons nous souvenir de la vie du pape François avec gratitude », dit Cesar Garcia, secrétaire général de la CMM.

    « Nous voulons nous souvenir de la façon dont, par l’exemple de sa vie et par ses enseignements, il a mis en lumière des grands thèmes portés aussi par notre communauté anabaptiste : l’imitation du Christ dans son approche du pouvoir ; sa compréhension du leadership comme un service à rendre ; son engagement pour la paix ; son attention particulière pour les marginalisés, les pauvres et les migrants ; son intérêt pour l’unité de l’Eglise, comme il l’a montré dans ses relations avec les autres communautés chrétiennes et sa pratique de la synodalité ; son respect pour les différentes façons de croire ; et son attention pour la Création. Ces efforts, parmi d’autres, l’ont rendu cher pour beaucoup de frères et sœurs, tout au long de son ministère. »

    Le premier pape argentin de l’histoire de l’église, de son nom de naissance Jorge Mario Bergoglio, est né à Buenos Aires (Argentine) en 1936. Il avait une formation de technicien en chimie, avant de rejoindre les Jésuites en tant que novice en 1958. Il a été ordonné prêtre en 1969, puis évêque en 1992, archevêque en 1998 et cardinal en 2001. Il a été élu pape en 2013, étant le premier pape à prendre le nom de François.

    La vie du pape François est marquée par des « premières fois ». Il a été le premier jésuite à devenir pape, et le premier pape à venir du Sud. Il a été le premier pape à visiter la péninsule arabique, où il a cosigné un document sur la fraternité humaine et la coexistence commune, avec le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb.

    Au cours de son pontificat, il a suivi l’exemple de son homonyme, dont le nom est lié à la pauvreté, la simplicité et la renonciation du pouvoir. Par exemple, le pape François a refusé de vivre dans le palais Apostolique (résidence usuelle des papes), en choisissant de vivre plutôt dans un appartement de la maison d’hôtes Domus Sanctae Marthae.

    Le pape François s’est fait l’avocat des réfugiés, des pauvres, et de la paix, prêchant fermement contre la guerre à l’occasion de nombreux conflits. Il a rédigé la première encyclique papale au sujet de l’environnement, appelée « Laudato Si« , ainsi qu’une exhortation apostolique subséquente, « Laudate Deum ». Il y avait écrit : « Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. »

    En octobre 2024, le Vatican avait invité une représentante de la CMM à participer à la Seizième Assemblée Générale Ordinaire du Synode au Vatican, en tant que « déléguée fraternelle ». Le synode, mené par le pape, avait pour thème la synodalité, un terme qui désigne le fait que plusieurs parties de l’Eglise se réunissent pour former ensemble le corps du Christ.

    « Le pape François a travaillé pour s’assurer que l’Eglise Catholique devienne une église qui se préoccupe des marginaux, qui n’est pas centrée sur elle-même et qui apporte un soin particulier envers les minorités (Evangelii Gaudiium, 2013). Il était déterminé à impliquer tous les baptisés dans la prise de décision et dans le travail de l’Eglise. Il a cherché à réfléchir au sujet de la synodalité avec des chrétiens d’autres communautés. », dit Anne-Cathy Graber, secrétaire de la CMM pour les relations œcuméniques. « Ses choix intentionnels de simplicité plutôt que de cérémonial ont montré une nouvelle façon, différente, d’être pape, une nouvelle manière d’approcher la gouvernance. »

    Pope Francis
  • « Il a fallu prendre son courage à deux mains : c’est un autre monde, un autre vocabulaire, une autre façon de penser. Comment apporter mes propres questions et être une invitée respectueuse tout en étant pleinement mennonite ? » Anne-Cathy Graber s’est posé ces questions en recevant une invitation à participer à la Seizième Assemblée Générale Ordinaire du Synode au Vatican en octobre 2024. 

    En tant que secrétaire de la CMM pour les relations œcuméniques depuis 2023, Anne-Cathy Graber a représenté la Conférence Mennonite Mondiale à cet événement qui dura un mois et qui comptait 16 « délégués fraternels » représentant d’autres églises et communautés chrétiennes, 8 protestantes et 8 orthodoxes. 

    Anne-Cathy Graber est pasteure mennonite itinérante, théologienne et co-directrice de la Chaire de Théologie Œcuménique à la Faculté Loyola Paris. Elle fait partie de la Commission Foi et Vie de la CMM. En outre, elle a représenté les anabaptistes au Comité du Forum Chrétien Mondial, dans la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Églises (2014-2022), dans le dialogue bilatéral entre la CMM et l’Église réformée. Elle est également sœur consacrée au Chemin Neuf, une communauté catholique à vocation œcuménique.  

    Le sujet était la « synodalité », qui n’est pas le mot que nous utilisons dans les églises anabaptistes, dit Anne-Cathy Graber, « mais la réalité est vraiment à l’intérieur de nos églises ». La CMM utilise souvent un autre mot théologique peu accessible, la koinonia

    Égalité et dignité  

    « J’ai été étonnée que la CMM soit invitée », dit-elle, car la CMM est une si petite église par rapport aux autres communions. « Cela montre bien la place accordée aux plus minoritaires ». 

    « En Christ, nous sommes le même corps, nous sommes égaux. » 

    L’accueil des délégués fraternels a été un gage de confiance, dit Anne-Cathy Graber, car les délégués fraternels « ont écouté chaque mot ; nous avons parfois été témoins de différences entre évêques ». 

    Autre signe d’égalité et de dignité, les délégués fraternels avaient la possibilité de s’exprimer au même titre qu’un cardinal ou un évêque. « Il était possible — en fait, c’est ce qu’ils attendaient — que je puisse poser mes propres questions, exprimer mes hésitations et partager mes propres surprises ». 

    Tout au long du processus, l’écoute mutuelle et le partage des témoignages ont été privilégiés. « Nous pouvions écouter les difficultés des autres », dit-elle. En particulier, lorsque les responsables du Moyen-Orient ont pris la parole, « nous partageons leur souffrance. Je suis très loin de leur liturgie, mais nous sommes très proches dans le Christ. » 

    Le processus a été exigeant et a pris beaucoup de temps, mais il a permis de nombreuses étapes pour ces conversations dans l’Esprit, dit-elle.  

    Une conversion est nécessaire 

    Les participants ont débattu d’une question qui se pose aussi à la CMM : « Comment éviter l’uniformité et vivre une unité qui intègre la différence ? » 

    Une réponse a été donnée et répétée : « Il n’est pas possible de vivre la synodalité sans conversion », dit Anne-Cathy Graber. « Il faut convertir notre logique, nos façons de faire, nos façons de réfléchir ».  

    Le synode a été précédé de deux jours de retraite silencieuse. Au cours de cette période de prière de repentance, « nous avons demandé pardon pour les péchés commis contre les femmes, contre la création, contre les migrants ». Cela a été la marque d’une Église qui entend les appels du monde et admet ses propres faiblesses. 

    À la fin du mois de rassemblement, le synode a produit un document pour le magistère sur la synodalité. Une fois de plus, les délégués fraternels ont été invités à proposer des amendements.  

    Il faudra du temps pour que le document soit reçu dans la pratique partout dans le monde. « C’est nécessaire », affirme Anne-Cathy Graber. « Quand quelque chose est important, vraiment fondamental, cela prend du temps ». 

    L’expérience a renouvelé son engagement en faveur de l’œcuménisme : « C’était comme une parabole : pour être vraiment l’Église, nous avons besoin les uns des autres. » 

    Même dans ce processus très structuré et formel, « j’ai vu comment l’Esprit Saint peut travailler dans les questions institutionnelles. Nous ne pouvons pas arrêter le travail de l’Esprit. » 

  • Assemblée 16 : PA 2015

    Le dialogue œcuménique de la Commission Foi et Vie aide à découvrir ses propres convictions

    Pourquoi la Commission Foi et Vie de la CMM passe du temps avec des catholiques? À l’atelier « Beyond the Shared Convictions: The Work of the MWC Faith and Life Commission » (Au-delà des convictions communes : le travail de la Commission Foi et Vie de la CMM), le président Alfred Neufeld a expliqué le mandat de la Commission : promouvoir les conversations théologiques, apprendre comment les membres comprennent et décrivent la foi et la vie anabaptistes, donner et recevoir des conseils et se tenir mutuellement responsable.

    Alfred Neufeld a dit qu’une des façons d’accomplir le mandat a été « un travail œcuménique réceptif [avec d’autres confessions] : écouter le récit des luttes des uns et des autres. »

    En plus des conversations importantes avec la Fédération luthérienne mondiale qui ont culminé au service de la réconciliation en 2010, la Commission a eu des conversations avec l’Église Adventiste du Septième Jour et est actuellement engagée dans un dialogue trilatéral sur le baptême avec la Fédération luthérienne mondiale et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

    Alfred Neufeld a demandé la prière en disant « ce travail exige beaucoup de sensibilité et de sagesse. »

    Ces conversations ont mis au défi l’humilité anabaptiste (« l’Église Adventiste du Septième Jour parlait de ses problèmes et pas de ses réussites ») et a demandé un examen de la grâce (« Nous sommes des personnes de la loi; comment devenir des personnes de la grâce? »).

    Alfred Neufeld encourage les anabaptistes à saisir l’occasion des anniversaires qui approchent (celui de la Réforme en 2017 et celui de l’anabaptisme en 2025) pour reconquérir notre identité, en racontant qui nous sommes et ce que nous désirons être et non en racontant ce que nous ne sommes pas.

    Il faut que chaque génération renouvelle le sens d’être anabaptiste, a expliqué le secrétaire de la Commission, John D. Roth. Il suggère de formuler le 500e anniversaire « Renouveau 2025 »

    La Commission Foi et Vie surpervise aussi plusieurs groupes, y compris Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (l’encyclopédie mondiale en ligne de l’anabaptisme mennonite) et travaille à établir des liens au sein du réseau des éducateurs et du réseau des théologiennes.

    À l’ordre du jour au cours des prochaines années : un rapport des résultats du Profil Anabaptiste Mondial, une étude au sujet des Convictions Communes de la CMM et un travail théologique au sujet de la « paix juste ».

    Les membres de la Commission ont dirigé 16 ateliers durant PA 2015 dont un sur le dialogue avec l’Église Adventiste du Septième Jour (le mercredi) et sur le dialogue trilatéral (le jeudi).

    Karla Braun a été la rédactrice adjointe du MB Herald (le magazine de la Conférence canadienne des Églises des frères mennonites) et deviendra rédactrice de Courrier-Correo-Courieraprès le Rassemblement.