Étiquette : Assemblée

  • De gauche à droite, John M. Sean, secrétaire général du KMKT, et Emmanuel Hagai, secrétaire général du KMT. Photo : Liesa Unger

    L’Assemblée de la CMM reste en Afrique de l’Est

    « Construire ensemble le corps du Christ et renforcer la fraternité mondiale [voilà la vision qui sous-tend la décision d’accueillir l’Assemblée mondiale de l’Église anabaptiste] », déclare l’évêque Nelson Kisare, de la Kanisa la Mennonite Tanzania.

    Le Comité Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale a accepté l’invitation des églises membres de Tanzanie à accueillir la 18e Assemblée mondiale en 2028. Ce rassemblement de cinq jours réunissant des anabaptistes du monde entier aura lieu lors des deux premières semaines de juin. Le thème est en cours de finalisation.

    La Tanzanie compte plus de 46 000 mennonites répartis dans deux églises membres de la CMM : Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (Église évangélique mennonite de Tanzanie).

    « Nous attendons environ 1 500 à 2 000 participants venus d’autres continents, et 500 à 1 000 d’autres pays d’Afrique », déclare Liesa Unger, responsable des événements internationaux. « Les responsables d’Églises tanzaniennes s’attendent à ce que plus de 2 500 participants locaux assistent à l’ensemble de l’Assemblée et à ce que 200 supplémentaires participent au culte de clôture samedi. »

    La KMT est la plus ancienne union d’églises mennonites d’Afrique de l’Est, fondée dans les années 1930. Des vagues de réveil ont traversé la Tanzanie des années 1940 aux années 1960. Des évangélistes tanzaniens issus des églises mennonites ont apporté l’Évangile au Kenya, y établissant l’Église mennonite.

    En 1971, le nom de l’Église nationale a été changé de l’anglais au swahili, reflétant la direction africaine de l’Église qui avait commencé avec la nomination des pasteurs Ezekiel Muganda et Andrea Mabeba en 1950 et celle de l’évêque Zedekiah Kisare en 1964. Actuellement, Emmanuel Hagai occupe le poste de secrétaire general et Nelson Kisare celui d’évêque président.

    La KMKT a été créée en 1988, dans le prolongement de la KMT. En 2005, elle a été reconnue comme Église par le gouvernement national. Leur mission consiste à partager l’Évangile, à encourager les jeunes à suivre Jésus et à participer aux activités de l’Église, ainsi qu’à servir la communauté par le don de sang volontaire et l’aide aux plus démunis. Elle est actuellement dirigée par John Sean, secrétaire general, et Lameck Manji, evêque président.

    Les mennonites de Tanzanie gèrent plusieurs écoles, du primaire au supérieur, ainsi que plusieurs hôpitaux et centres de santé.

    « Notre groupe continental africain apporte son soutien à cette invitation adressée à notre famille anabaptiste mondiale de venir en Tanzanie », déclare Samson Omondi, représentant du Comité Exécutif pour l’Afrique et évêque de l’Église mennonite du Kenya.

    African women's choir stand at the front of the church
    Les chorales font partie intégrante des cultes dans les assemblées du KMT, comme ici à Arusha.Photo : Liesa Unger

    « Nous espérons proposer des options d’Assemblée Dispersée non seulement en Tanzanie, mais aussi dans d’autres régions d’Afrique de l’Est », ajoute Nelson Martínez, coordinateur logistique. (Les Assemblée Dispersées sont des excursions avant et après l’Assemblée Réunie qui permettent à de petits groupes de découvrir la région et de prier avec les assemblées locales.)

    Le nouveau lieu de l’Assemblée a dû être choisi seulement deux ans avant l’événement, après que l’hôte initial, la MKC en Éthiopie, ait retiré son invitation.

    « Depuis des années, notre rêve était d’organiser la 18e Assemblée en Afrique. Cela clôt notre décennie de Renouveau, marquant les 500 ans de l’anabaptisme par une célébration sur le continent où l’anabaptisme connaît la croissance la plus rapide », déclare César García, Secrétaire General de la CMM. « Nous nous réjouissons de cette occasion de tisser des liens et d’apprendre à mieux connaître nos frères et sœurs en Tanzanie, tout en partageant mutuellement nos dons à travers ce grand rassemblement. »

    « Malgré certaines difficultés prévisibles, nous pensons que la tenue de l’Assemblée à Arusha sera une expérience unique et positive. Le fait qu’elle se déroule dans un lieu relativement petit nous aidera à nous rapprocher les uns des autres. L’engagement des Églises apportera de la joie et de nombreuses bonnes volontés à l’Assemblée », déclare Liesa Unger.



  • La CMM en Éthiopie est reportée et sera organisée dans un autre pays.

    En raison d’une crise interne, l’Église Meserete Kristos (MKC) a malheureusement retiré son invitation à héberger l’Assemblée de la CMM. Son besoin de se concentrer sur le maintien de l’unité interne ne lui permet pas de consacrer toute l’attention nécessaire à la préparation de l’accueil des visiteurs mondiaux en 2028.

    « Les assemblées de la CMM sont appelées à être une bénédiction pour nos Églises. Si elles deviennent un fardeau en période de crise, nous devons reconsidérer la mise en œuvre des plans pour l’assemblée », déclare César García, secrétaire général.

    « Nous apprécions le travail acharné que les dirigeants de la MKC ont déjà investi dans la préparation de cet événement à venir », déclare Liesa Unger, responsable des événements. « L’amour qu’ils nous ont témoigné à travers cette généreuse invitation nous a inspirés. Nous regrettons la fin prématurée de ce processus. »

    « La CMM, c’est nous tous : ce qui nous donne vie, c’est le fait que les Églises choisissent de rechercher l’unité et l’identité au-delà des différences. Il existe des différences qui remettent en question notre unité lorsque nous nous réunissons en Église, mais nous voulons persévérer avec l’amour du Christ pour tous ceux qui revendiquent le nom de Jésus dans la foi anabaptiste », déclare César García, secrétaire général.

    Nous vous invitons à prier pour l’unité du MKC, pour les dirigeants de la CMM qui réfléchissent à un nouveau plan pour notre prochaine Assemblée, et pour l’ensemble de la communion anabaptiste mondiale dans 61 pays à travers le monde, chacun luttant contre ses propres tensions et épreuves.

    De plus amples informations sur la prochaine Assemblée suivront dans les semaines à venir.


    Veuillez prier avec nous…

    Seigneur Dieu,

    Jésus nous a commandé de nous aimer les uns les autres comme tu nous as aimés (Jean 15. 12). Il a prié dans le jardin pour que tu nous protèges du malin qui cherche à nous diviser et à nous voler notre joie (Jean 17. 15). Merci pour l’exemple du Christ, notre paix, qui a abattu le mur de séparation et l’hostilité entre nous (Éphésiens 2. 14).

    Puissions-nous remettre nos différences au Christ qui les rassemble pour bâtir un temple saint pour Dieu (Éphésiens 2. 22).

    Puissions-nous demeurer en toi (Jean 15. 4), notre source de vie, reliés aux nombreux rameaux de ton œuvre fructueuse dans le monde à travers des églises de toutes tailles et de toutes formes.

    Amen.

    orange cloaked choir in front of room full of african spectators
  • « Si vous venez à la prochaine Assemblée, vous pourrez avoir la même chemise que la mienne ! », a déclaré Kelbessa Demana, délégué du Conseil Général pour la Meserete Kristos Church (MKC). Vêtu d’une chemine traditionnelle d’un blanc immaculé et ornée de broderies complexes, il faisait partie d’une délégation qui a invité le Conseil Général à se rendre à la 18ème Assemblée en Ethiopie.   

    Organisée en Ethiopie du 11 au 15 janvier 2028, la prochaine Assemblée mondiale aura pour thème « Christ nous unit ».  

    Le Conseil Consultatif National (NAC) pour la 18ème Assemblée a été nommé en 2024. Ses membres se rencontrent par Zoom tous les deux ou trois mois pour continuer d’organiser l’évènement, qui amènera les anabaptistes du monde entier à se rencontrer pour louer ensemble et faire vivre la fraternité qui nous unit.  

    « Le mois de janvier a été choisi en raison du climat et des jours fériés », explique Liesa Unger. « L’Assemblée se tiendra entre la fête de Noël éthiopienne et les célébrations de l’Épiphanie. »  

    Les cinq jours de l’Assemblée seront animés par des cultes quotidiens, des ateliers, des visites touristiques locales et des occasions de servir et d’apprendre. Des activités pour tous les âges sont prévues, y compris un programme spécial pour les enfants et les jeunes. 

    Le culte, en plusieurs langues, animé par une chorale internationale est toujours un moment fort. 

    Le Sommet mondial de la jeunesse se tiendra en même temps que l’Assemblée. Les participants prendront part au programme de l’Assemblée avec des options réservées au GYS

    Les réunions du Conseil général* et des délégués du YABs* précéderont l’Assemblée. 

    « Une attention particulière sera accordée à l’Assemblée Dispersée, qui sera proposée à tous du 15 au 17-18 janvier », explique Liesa Unger. Des visites dans la région après l’événement permettront de prolonger le séjour et de visiter des communautés MKC en Éthiopie et de mieux découvrir la région. 

    Le choix de l’Afrique de l’Est offre aux mennonites des pays voisins une meilleure occasion de participer à l’Assemblée. 

    Delegates from Ethiopia shares about the upcoming Assembly

    « Bien que nous soyons conscients des graves préoccupations liées au coût environnemental des déplacements, les immenses bienfaits de la communion fraternelle lors de cet événement qui n’a lieu que tous les six ans doivent également être pris en compte », déclare César García, secrétaire général de la CMM. 

    « Nous espérons que vous commencerez bientôt à planifier pleinement votre participation à cette Assemblée ! », ajoute César García. 


    Chaque église membre de la CMM est invitée à envoyer un délégué YABs pour représenter son église, son pays et sa culture… Sommet Mondial de la Jeunesse. Un délégué YABs est censé servir le réseau YABs pendant trois années en représentant le réseau YABs dans son propre pays et union d’églises. 

    Les églises et unions d’églises membres de la CMM envoient chacune de un à trois délégués (en se basant sur le nombre de membres de l’église ou de la conférence) aux sessions du Conseil Général

    Ce groupe de responsables d’églises se réunit tous les trois ans pour donner forme au mandat de la CMM, pour échanger des préoccupations et des idées, et prier ensemble. 


    Delegates from Ethiopia
  • Lumière et espoir dans les ténèbres

    Aujourd’hui, la sécurité mondiale est menacée par les conflits internationaux, intertribaux et même interreligieux. Quelquefois les forces de sécurité entrent en conflit avec les personnes qu’elles sont censées protéger. Le terrorisme a crée un climat d’insécurité au niveau international. Les nations sont déchirées par les guerres – comme en Ukraine, en Syrie ou au Yémen. Les mouvements politico-religieux tels qu’Al-Qaïda, État islamique et Boko-Haram font couler le sang au nom de la religion. Les opinions et les philosophies divisent les gens et créent des tensions.

    Les conflits minent la cellule de base – la famille – de la société. Ils causent des divorces et envoient les enfants à la rue. Ils font des ennemis des membres d’une même famille, ils dissolvent les entreprises et renvoient le personnel au chômage.

    Depuis ses débuts, l’Église n’a pas non plus été épargnée par les conflits tant au niveau interne qu’externe. Au niveau externe, elle a été, et est encore, victime de persécutions. Au niveau interne, elle doit constamment faire face à des controverses et des conflits de hiérarchie. Ê titre d’exemple, les anabaptistes ont quitté le mouvement de la Réforme protestante au XVIe siècle, suite à un conflit.

    Malgré l’apparence de paix qu’il offre, notre monde est dominé par les conflits. Comment aujourd’hui, l’Église en général, et les chrétiens en particulier, peuvent-ils marcher vers la réconciliation dans ce monde conflictuel ? Nous est-il possible de promouvoir la réconciliation dans un monde où le conflit gagne toujours du terrain ?

    Analyse de 1 Samuel 25:1-35

    Le récit de 1 Samuel 25:1-35 est un modèle d’une ‘marche avec des conflits et vers la réconciliation’. Son analyse nous permet de dégager des implications pratiques qui aident à cerner la pensée de Dieu concernant les conflits et la réconciliation.

    En marche avec des conflits (v 1-13)

    Dans ce récit (v 2-13) nous rencontrons Nabal, Abigaïl, David et ses messagers. Leur rencontre les conduit vers une opposition qui se transforme en conflit. 

    Nabal est un homme très riche dépourvu de valeurs et sans caractère, dur et méchant (v 2-3), en d’autres termes, dépourvu de bonté et d’humanité.

    David ayant appris que cet homme tondait ses brebis, il avait envoyé ses collaborateurs solliciter son aide parce qu’ils étaient dans le besoin. C’était un moment opportun pour David car la tonte des brebis est pour les juifs un jour de joie et de festivités où l’hospitalité s’exerce particulièrement.

    Dans son message à Nabal, David fait preuve de gentillesse, de douceur et d’humilité. Militairement, il est au-dessus de Nabal, mais David adopte un mode pacifique en faisant appel à sa gratitude. Il rappelle  à Nabal que ses troupes ont protégé son bétail dans le désert.

    Malgré les efforts de David, qui a une attitude pacifique, Nabal répond à sa douceur par la dureté, à sa courtoisie par le mépris, à sa confiance par le dédain et la haine (v 10, 11). La méchanceté de Nabal face à la douceur de David engendre le conflit (v 13) parce que David est alors emporté par la colère et décide de faire payer à Nabal sa violence par la violence.

    Il ressort de ces 13 premiers versets que l’opposition des mentalités et des caractères, l’égoïsme et la transmission des informations sont des facteurs de conflits :  

    • La dureté et la méchanceté de Nabal s’opposent à la bonne foi et à la culture de paix de David (v 6-8) et incitent les deux parties à marcher vers le conflit.
    • L’égoïsme de Nabal le conduit non seulement à refuser de partager ce qu’il possède avec ceux qui se trouvent dans le besoin, mais aussi de refuse de reconnaître  et de remercier ceux ont contribué à la protection de ses biens. Cela suscite la colère de David qui décide de corriger ce dernier en utilisant la violence.
    • Le contact entre David et Nabal est assuré par des messagers qui jouent aussi un rôle actif dans ce conflit. La transmission des informations contribue à l’éclatement du conflit.

    Les facteurs d’aggravation du conflit dans ce passage sont d’actualité. Comment l’Église peut-elle promouvoir la paix dans de telles circonstances ?

    Du conflit à la réconciliation (v 14-35)

    La seconde section de notre récit a pour acteurs principaux le serviteur de Nabal, Abigaïl et David.

    La réaction de Nabal ne laisse pas son équipe indifférente. Ses serviteurs désapprouvent ses agissements et s’attendent à des représailles de la part de David et de ses troupes. Leur maître ne devrait pas payer en monnaie de singe ceux qui leur ont accordé l’hospitalité lorsqu’ils gardaient les troupeaux au désert (v 15, 16). En homme prudent, qui voit le danger de loin et se cache (tel que l’enseigne Proverbes 22/3, 27/12), ce serviteur aide sa maîtresse à comprendre la situation. Il lui propose de contourner leur maître dont le caractère ne peut faciliter une réconciliation et promouvoir la paix (v 17).

    Abigaïl sait l’écouter et décide d’aller du conflit vers la réconciliation. Dans son approche, elle fait preuve de courage, de tact et d’humilité (v 18-20). Sa stratégie pacifique repose sur une équipe en quête de paix (v 19). Elle  affronte le conflit avec un plan pacifique (v 20) tout en gérant les obstacles à la paix (v 19). Sans gêne, elle demande pardon et s’engage à satisfaire les besoins et à apaiser les esprits.

    Quelle leçon pouvons-nous tirer de l’attitude et du modèle de cette femme dans la résolution des conflits et dans le processus de réconciliation ?

    La réconciliation, voie de la résolution des conflits

    Dieu veut que ses enfants n’aient pas part aux conflits mais recherchent plutôt la paix (Ép 4:1-3), à l’instar d’Abigaïl. Elle choisit une voie de réconciliation qui consiste à abandonner l’inimitié et à rétablir la bonne volonté et la communion entre les parties hostiles.

    La réconciliation est une urgence pour notre monde. C’est un besoin pour le rétablissement de la communion entre Dieu et l’humanité (Rm 5:8-11 ; 2 Co 5:18-19 ; Col 1:19-22), entre les êtres humains (Ép 2:11-22) et pour le rétablissement de l’harmonie dans toute la création (Rm 8:18-22).

    L’espérance de notre réconciliation est enracinée dans l’œuvre du Christ à la croix qui a anéanti la colère et le jugement de Dieu sur l’humanité. La croix du Christ pourvoit à la réconciliation. Par elle, Christ a effacé l’acte qui nous condamnait et a triomphé de l’inimitié et de toutes les barrières culturelles qui nous séparaient (Col 2:14-15).

    L’œuvre de la croix nous procure la paix et la justice – non seulement à l’Église, mais au monde entier. Nous sommes appelés non seulement à croire à la paix et à la justice, mais à les appliquer sans distinction et sans discrimination, et à les promouvoir dans le monde entier par la proclamation de la Bonne Nouvelle du salut.

    A l’instar du Christ, l’Église doit travailler pour l’amour, la paix et la justice malgré le prix à payer (És 11:1-5 ; 61:1-3 ; Lc 4:13,19). Elle doit démontrer la compassion par sa capacité à voir et à écouter les cris des opprimés et à s’identifier aux causes justes. Dieu seul nous réconcilie avec lui par le sacrifice de Christ sur la croix, le pivot de la réconciliation.

    La réconciliation entre les êtres humains est enracinée en Christ qui est la paix du monde (Ép 2:14-17) et la source de l’unité de toute l’humanité (Jn 17:11, 22, 23). En ce qui nous concerne, le processus de la réconciliation passe par la résolution des conflits non seulement au niveau personnel, mais aussi ethnique et tribal, et de l’Église.

    La résolution des conflits personnels

    La Parole de Dieu nous enseigne que la meilleure façon de résoudre un conflit personnel inclut : la confession devant Dieu de tout péché que nous reconnaissons (1 Jn 1:9-10 ; Ps 139:23-24) ; l’engagement à demander  pardon avec la décision de ne plus refaire la même faute (Ép 4:32 ; Jc 5:16).

    Les évangiles nous proposent ce processus :

    • Prier Dieu sincèrement et demander pardon ;
    • Parler seul avec l’intéressé ;
    • Parler seul avec l’intéressé en présence de 2 ou 3 personnes ;
    • Parler avec l’intéressé devant l’église (Mt 18:15-17).

    Le désir d’honorer Dieu et d’aimer son prochain est nécessaire pour la résolution des conflits (Ps 34/15). Nous devons toujours demander le secours divin et la sagesse, la maîtrise de soi et la parole appropriée (Pr 16:32 ; Jc 1:5).

    En outre, nous devons faire usage des règles de bonne communication : écouter l’autre, dire la vérité, parler de manière juste dans l’amour, exprimer clairement ses idées et avoir des objectifs intègres. Tout ceci pour la gloire de Dieu et le bien de l’autre. L’objectif est de résoudre les problèmes qui ont suscité les conflits. Terminez par un temps de prière et des paroles fraternelles (Jc 3:13-18).

    La résolution des conflits ethniques, tribaux et raciaux

    Les conflits ethniques, tribaux et raciaux sont souvent la honte de l’Église. Notre silence est une forme de complicité telle qu’aujourd’hui les esprits avisés accusent l’Église d’entretenir ou de participer à ce genre de conflits, comme l’histoire et l’héritage du racisme, la traite des noirs, la shoah contre les juifs, l’apartheid, l’épuration ethnique, la discrimination des populations autochtones, les violences interreligieuses, politiques et ethniques, la souffrance des Palestiniens, l’oppression du système de castes et les génocides tribaux.

    Face à cette situation,  nous exhortons les pasteurs et les responsables de paroisse à enseigner la vérité biblique concernant la diversité ethnique, et aussi à reconnaître le péché dans ces ethnies. En Christ, toutes nos identités ethniques sont subordonnées à notre identité de rachetés, acquise à la croix. D’une manière pratique, l’Église doit :

    • Favoriser la guérison et la réconciliation : en cas d’agression, l’auto-défense est permise, mais non le recours à la violence. Comme Jésus qui, lorsqu’il a été agressé, n’a pas utilisé d’arme, l’Église doit emboîter le pas de son maître. Elle doit prendre soin de ses ennemis ainsi que l’illustre la parabole du bon Samaritain, et pratiquer la non-violence comme porte vers la réconciliation.
    • Promouvoir la justice est un moyen efficace de réduire les conflits ethniques et religieux. Ê cet effet, ’Église doit s’engager à faire face à l’injustice, à l’ethnocentrisme, au racisme et à l’oppression. Elle doit s’engager à la réconciliation et s’identifier avec les opprimés, travailler à la justice en leur nom.
    • Développer des églises inclusives : les paroisses ne peuvent être un lieu de divisions ethniques ou de discrimination raciale, mais un cadre où tous sont invités et intégrés. La sélection des responsables ne doit pas se faire sur des critères qui privilégient une ethnie ou une race au détriment de la spiritualité. Les églises ne devraient pas prendre en compte l’ethnie. Elles sont une entité d’unité dans la diversité où tous les membres sont un en Christ ainsi que l’enseigne Galates 3:28. Elles constituent un nouveau groupe ethnique conscient de la nécessité de protection mutuelle en vue de la sécurité de tous.
    • Avoir des principes chrétiens pour guider leur approche de la politique et de la gestion des choses publiques : les opinions politiques doivent être basées non sur les préjugés ethniques, tribaux ou raciaux mais sur des principes chrétiens. Les chrétiens engagés dans la politique doivent correctement traiter tout le monde sans tenir compte de leurs idéologies politiques et religieuses. Les politiciens doivent éviter le favoritisme ethnique et le fanatisme religieux car ils encouragent souvent la haine.
    • Pratiquer l’amour et le pardon envers les ennemis : prier pour les ennemis est l’un des signes d’obéissance  et de soumission au Seigneur Jésus. Nous devons aimer les autres parce qu’ils sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Ge 9:6 ; Jc 3:9). Souvent, le pardon n’est pas facile surtout lorsque nous sommes victimes de l’injustice, de la haine et de l’oppression. Mais nous devons obéir à la Parole de Dieu.

    La résolution des conflits dans l’Église

    La marche vers la réconciliation exige que l’Église observe des principes scripturaires et les défende devant le monde par sa façon de vivre. Elle doit faire preuve de transparence en s’appuyant sur les enseignements bibliques. Elle doit continuer à compter sur le secours de Dieu pour mieux résoudre les conflits.

    Elle doit éviter le favoritisme. En tant que prophète, elle doit veiller et s’engager à :

    • rappeler toujours aux siens la volonté de Dieu, ses commandements, ses préceptes et enfin les transmettre au monde ;
    • découvrir la vraie nature des problèmes en son sein et dans le monde en étudiant profondément leurs causes, leur origines, leurs motifs, leurs sources lointaines ou proches tout en proposant les solutions sans parti pris ;
    • rechercher la paix et combattre les politiques d’exclusion et de marginalisation qui sont un péché, et privilégier une politique qui vise la promotion de l’unité et la réconciliation.

    La réconciliation de l’homme avec la création

    Nous devons prendre soin de la création car la réconciliation inclut aussi la création. La vie humaine et la création sont liées parce que la terre prend soin de nous (Ge 1:29,30) ; la terre souffre avec nous à cause du péché de l’humanité et de ses lourdes conséquences (Os 4:1-3) ; la rédemption de Dieu inclut la création (Ps 96:10-13) ; tout a été réconcilié à la croix (Col 1:15-23) ; et enfin la bonne nouvelle inclut toute la création.

    Vu cet état de choses, l’Église en général et les chrétiens en particulier doivent être à l’avant-garde de la protection de la création. Notre quête doit inclure également le désir de vivre sur une planète verte en évitant le gaspillage de l’énergie, en réduisant notre empreinte carbone, en recyclant et en évitant la pollution.

    Dans ce même ordre d’idées nous devons soutenir les initiatives politiques et économiques qui protègent l’environnement de toutes formes de destruction. Ainsi, nous devons soutenir ceux parmi nous qui sont appelés et envoyés par Dieu avec la mission spéciale de protéger la création, de faire de la recherche scientifique dans le domaine de l’écologie et de la conservation de la nature.

    Conclusion

    En somme, la violence a été employée sous différentes formes comme moyen pour résoudre les conflits incessants dans le monde entier. Mais au cours de l’histoire l’expérience prouve que cette voie n’a pas réussi à apporter de solution aux problèmes du monde. La voie de la violence promet la haine, la colère, la vengeance, etc. au lieu de résoudre pacifiquement les conflits.

    En effet, la non-violence est la solution ultime aux conflits. Elle est la manière de résoudre les conflits au sein des églises locales.

    Christ était non-violent face aux conflits. Il nous offre donc un modèle à adopter dans la résolution des conflits. Adopter un mode non-violent dans le processus de résolution des conflits, tel que nous venons de découvrir dans la vie d’Abigaïl, n’est pas synonyme d’une acceptation passive de toutes les formes d’injustice et d’agression sans se protéger. Cela implique la non-utilisation de la force comme moyen de résoudre le conflit.

    L’Église doit résister de manière active aux conflits religieux et ethniques. Et seul l’amour pour l’ennemi et la détermination à ne pas utiliser la force ou la violence peuvent surmonter les conflits et gagner pacifiquement l’ennemi. Ceci est possible par l’élimination des structures d’injustice qui doivent être remplacées par de bonnes structures qui mettent Dieu au centre.

    La diversité ethnique est le don et le plan de Dieu dans la création. Elle a été salie et déformée par le péché et l’orgueil humain, qui ont produit la confusion, les querelles, la violence et les guerres entre les nations.

    Cependant, cette diversité sera préservée dans la nouvelle création quand des personnes de toutes nations, des toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues seront rassemblées parce qu’elles forment le peuple que Dieu a racheté.

    Ê cause de l’Évangile, nous supplions l’Église, corps du Christ, et chaque chrétien à se repentir et à demander pardon chaque fois qu’ils ont participé à la violence, à l’injustice et à l’oppression ethnique.

    Aujourd’hui, l’Église doit embrasser la plénitude de la puissance de la réconciliation qui réside dans l’Évangile et l’enseigner, car Christ n’a pas porté nos péchés sur la croix pour nous réconcilier uniquement avec Dieu, mais aussi pour détruire nos inimitiés et nous réconcilier les uns avec les autres.

    Adoptons un style de vie de réconciliation en pardonnant à ceux qui nous persécutent tout en ayant le courage de mettre en cause l’injustice qu’ils font subir aux autres. Apportons notre aide et offrons l’hospitalité à ceux de l’autre bord du conflit en prenant l’initiative de franchir les barrières pour chercher la réconciliation. Continuons à rendre témoignage du Christ dans les contextes violents en étant prêts à souffrir, voire même à mourir, plutôt que de participer à des actes de destruction ou de vengeance. Engageons-nous, après le conflit, dans le long processus de guérison des blessures, faisant de l’Église un lieu s√ªr, de refuge et de guérison pour tous, y compris les anciens ennemis.

    Nous devons être un phare et porter l’espoir. Nous devons rendre ce témoignage : ¬´ Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même ¬ª. La croix et la résurrection du Christ nous octroient l’autorité pour affronter les puissances démoniaques du mal qui aggravent les conflits humains. 

    Nzuzi Mukawa (République démocratique du Congo) a parlé jeudi soir, 23 juillet 2015. Nzuzi est le chef de l’équipe de la Mission MB en Afrique sub-saharienne. Il est professeur de missiologie et pasteur associé d’une paroisse des Frères mennonites de RD Congo.


  • Note sur l’auteur (ci-dessous)

    Rock on !’: Accomplir la loi du Royaume de Dieu

    Nous sommes une église de paix parce que nous sommes d’abord et avant tout l’église de Jésus, et Jésus nous conduit sur le chemin de la paix. La justice est importante pour nous parce que Jésus est important et qu’il se soucie de la justice. La réconciliation et la Parole de Dieu imprimée sont importantes que parce que nous voulons apprendre à connaître la Parole de Dieu en personne.

    Jésus est au cœur de notre identité. Et nous continuons à le garder au centre et à transmettre son message clair et simple. C’est un don que nous faisons au corps de Christ et qui améliore notre santé spirituelle.

    L’amour est le fruit de l’Esprit

    Je veux vous parler de l’amour, fruit de l’Esprit. Le travail de l’Esprit en nous est le travail de l’amour. Lorsque nous travaillons contre l’amour, nous travaillons contre l’œuvre de l’Esprit en nous, et lorsque nous reconnaissons l’amour, nous sommes partenaires de l’Esprit Saint.

    La plupart des théologiens conviennent que la liste de fruits de l’Esprit dans Galates 5 ne commence pas seulement avec l’amour. L’amour est le fruit de l’Esprit, et ce qui suit en est une description en huit points. Comme dans 1 Corinthiens 13, il s’agit d’une liste descriptive. Le fruit de l’Esprit est l’amour, et vous commencez à le reconnaître quand vous voyez la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.

    Je suis de plus en plus convaincu de la centralité de l’amour dans notre louange. Dieu nous appelle à l’adorer en aimant ceux qui sont autour de nous. C’est de plus en plus important pour moi de le reconnaître et de le considérer comme une forme de louange.

    En grandissant, il me semblait que ma priorité était d’avoir une bonne relation avec Dieu. Aussi je passais de plus en plus de temps sur ma relation verticale. Je pensais que quand, finalement j’y arriverai, cela se répercutera sur ceux qui m’entourent. J’apprendrai alors à vraiment aimer les autres, mais d’abord il me fallait, seul chez moi, étudier l’Écriture, prier et méditer.

    Le deuxième commandement

    En grandissant, nous sommes encouragés à avoir des moments de culte personnel, mais Jésus a été le premier à me mettre eu défi d’aller plus loin, par la manière dont il réunit les deux grands commandements en un seul, quand il a demandé à un chef religieux quel était le plus grand commandement. Le plus grand commandement – singulier. Jésus a répondu que c’est d’aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, son âme, son esprit et sa force. Je me représente les chefs religieux qui lui ont posé la question, disant « merci beaucoup », et prêts à s’en aller. Mais Jésus ajoute : ‘et le deuxième lui est semblable’.

    Le deuxième ? Quel deuxième commandement ? Le chef religieux n’avait pas demandé les deux premiers, il n’en avait demandé qu’un. Mais Jésus ne voulait pas lui en donner seulement un. Quel est le plus grand commandement ? ‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. […] Et il y en a un second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ (Mat 22:37-39).

    Et puis Jésus dit : ‘Tout ce qu’enseignent la Loi et les prophètes est contenu dans ces deux commandements.’ (Mt 22:40). Il les relie dans une sorte de spiritualité à deux directions, verticale et horizontale. Si nous oublions de pratiquer la spiritualité horizontale, nous perdons la spiritualité verticale.

    Ainsi que l’écrit l’apôtre Jean : ‘Si quelqu’un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c’est un menteur’. (1 Jean 4:20). Jean ne dit pas que vous êtes insensé. Il ne dit pas que vous avez besoin de mieux aimer votre frère, et pas seulement Dieu. Non. Il faut aimer les deux. Ne dites pas que vous aimez Dieu si vous n’aimez pas ceux qui vous entourent, qui reflètent l’image de Dieu, qui sont créés à sa ressemblance.

    C’est comme si Jésus savait que nous avons tendance à donner priorité à Dieu et que nous pourrions utiliser la religion comme excuse pour ne pas aimer les autres.

    Jésus a dit d’aimer le Seigneur Dieu de toutes ses forces. Voilà votre mission sur la terre. Mais sans un axe à double direction, nous pourrions utiliser cet amour envers Dieu pour tout excuser, que ce soit nous faire exploser (nous-mêmes et les autres), torturer, brûler les hérétiques sur le bûcher, nous lancer dans des guerres non seulement contre d’autres religions, mais contre d’autres ‘tribus’ de notre propre religion.

    Au nom de l’amour de Dieu et si c’est notre unique objectif, nous pouvons avoir un  comportement tout à fait anti-chrétien.

    Et pas seulement violent. Nous pourrions nous focaliser sur Dieu au point d’ignorer ceux qui nous entourent.

    Comment discuter le fait de passer davantage de temps avec Dieu ? Davantage de temps à méditer, à prier, à étudier la Bible… cela semble si pieux. Mais Jésus dit, ‘vous n’allez pas vous en tirer comme ça’. Vous allez aimer Dieu et vous allez aimer votre prochain comme vous-même, et si vous ne faites pas l’un, vous mentez concernant l’autre aspect.

    Dépasser ‘l’éthique du rocher’

    Mes filles ont participé à une sortie avec des enfants souffrant de handicaps mentaux. J’ai utilisé cette expérience pour qu’elles comprennent mieux ce que signifie aimer comme Jésus l’a fait.

    J’ai dit à mes filles : « Je veux que vous passiez cette journée en prenant des initiatives pour manifester de l’amour. L’amour, ce n’est pas seulement ne pas faire de mauvaises choses, l’amour, c’est aussi prendre l’initiative de faire de bonnes choses pour les autres. »

    J’ai essayé de leur expliquer simplement. Elles ont dit : « Oh oui, nous serons polies ».

    « C’est plus que d’être poli », ai-je dit. « Ça ne suffit pas d’être gentil. L’amour va au-delà. »

    Elles ont répondu : « Eh bien, nous ne dirons rien de méchant. »

    Ce n’est pas non plus ne pas être méchant, c’est faire du bien. C’est remarquer quelqu’un assis à part et aller vers lui. C’est agape, un mot grec qui signifie choisir de considérer l’autre comme ayant de la valeur.

    Je pense que c’est cette bonté qui est le fruit de l’Esprit, pas la gentillesse. Être gentil, c’est ne pas faire de mal, mais faire du bien c’est être actif.

    J’ai illustré mes paroles. Quand nous sommes sortis de la voiture, il y avait un gros rocher. « Est-ce que ce rocher aime quelqu’un ? leur ai-je demandé. « Non, les rochers n’aiment personne » ont-elles répondu. « Mais est-ce qu’il fait du mal à quelqu’un ? » ai-je persisté.

    Elles ont compris. Le rocher n’est ni grossier ni méchant, il est juste là. Les rochers ne font rien de mal ; mais ils ne font rien de bien non plus.

    Cet été, nous avons choisi la devise de la famille Cavey : ‘Rock on !’ : ‘dépasser l’éthique d’un rocher’. C’est cet amour qui est fruit de l’Esprit.

    C’est ce que les anabaptistes m’ont enseigné ces dernières années.

    Un nouveau commandement

    Il ne suffit pas de ne pas être mauvais ; aimer, c’est donner la priorité à ceux qui nous entourent. Cela devient notre louange à Dieu. Et dans le Nouveau Testament, nous voyons les apôtres faire quelque chose de fascinant. Vous rappelez-vous la spiritualité à deux dimensions ?

    Juste avant la liste des fruits de l’Esprit dans Galates 5, l’apôtre Paul écrit : ‘Car toute la loi se résume en un seul commandement’ (5:14). Un unique commandement. Et puis il cite le deuxième commandement : aime ton prochain comme toi-même.

    Jésus n’a t-il pas dit que la loi et les prophètes sont contenus dans ces deux commandements ? Paul va droit au deuxième. Et de même dans Romains 13:8 ‘Car celui qui aime l’autre a satisfait à toutes les exigences de la Loi.’ Pierre aussi : ‘Avant tout, aimez-vous ardemment les uns les autres, car l’amour pardonne un grand nombre de péchés.’ (1 P 4:8).  Jacques, le frère de Jésus, l’appelle ‘la loi du Royaume de Dieu’ (Jc 2:8).

    Ce sont les seuls exemples d’apôtres citant la loi à deux dimensions dans le Nouveau Testament. Pourquoi ? Quand Jésus a dit ces mots, il parlait à quelqu’un qui n’était pas encore un disciple, quelqu’un qui avait besoin de venir à Dieu d’abord.

    Mais à ses disciples, à ceux qui ont dit qu’ils aimaient Dieu et qu’ils étaient prêts à renoncer à tout pour le suivre, Jésus dit : voici ce que vous allez faire. Le but de votre vie sera d’aimer les autres comme vous vous aimez. C’est le commandement qui réalise toute la loi pour nous.

    C’est ce que Jésus a dit à ses disciples dans Jn 13 : ‘Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres’. ‘Nouveau’ dans le sens que pour la première fois, le commandement est seul. Il dit à ses disciples ’N’aimez pas Dieu comme si c’était un but en soi. Vous aimerez Dieu en obéissant à ce nouveau commandement : aimez-vous les uns les autres’. Jésus dit la même chose dans Jn 15:12: ‘Voici quel est mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés.’

    Jésus ressuscité dit à Pierre, ‘As-tu de l’amour pour moi ? Vraiment, m’aimes-tu ? Et si oui, prends soin de mes brebis’. (Jean 21:17). C’est le nouvel accent qu’apporte le Christ.

    La louange

    La parabole des brebis et des chèvres peut se résumer en disant que c’est en aimant et en étant au service de ceux qui, autour de nous, sont dans le besoin, que nous aimons, louons et servons Jésus. Donc, nous ne pouvons pas les séparer et dire : ‘Ceci est la louange et cela est le service’, ou ‘Ceci est la louange et cela est l’évangélisation’.

    Tout est louange. Nous louons quand nous chantons, nous louons quand nous prions, nous louerons quand nous quitterons cet endroit et quand le Rassemblement sera terminé depuis longtemps.

    La louange est un flux continu qui coule quand nous sommes en relation avec les autres. Notre religion n’est pas contenue dans un lieu saint, un espace saint et une prêtrise sainte. Notre religion est relation. Elle se manifeste dans la manière dont nous aimons ceux qui nous entourent.

    Frères et sœurs, je voudrais vous laisser une dernière pensée.

    L’assemblée locale est un laboratoire pour expérimenter ce que signifie aimer Dieu en nous aimant les uns les autres avec des personnes ayant les mêmes idées. Parce que, lorsque nous quittons l’assemblée locale et que nous essayons d’aimer ceux qui sont en dehors, parfois on nous comprend, et parfois pas. Quelquefois, c’est reçu comme un don de Dieu, et quelquefois pas. Parfois, on est applaudi, et parfois on se moque de nous. Mais l’assemblée peut être un endroit sûr o√π pratiquer notre talent pour aimer.

    Chacun de vous a reçu de Dieu un don particulier : qu’il le mette au service des autres comme un bon gérant de la grâce infiniment variée de Dieu.’ (1 Pi 4:10).

    Nous nous transmettons mutuellement la grâce de Dieu. Il nous fait confiance pour le faire. Quel privilège ! Quelle responsabilité !

    En tant qu’évangéliste occidental, je connaissais le sacerdoce universel. Je l’interprétais comme signifiant qu’en tant que prêtre, je n’avais besoin de personne d’autre, c’était juste moi et Dieu. Je pouvais être le prêtre de ma propre relation avec Dieu.

    Mais je pense que, pour un hébreu, il ne s’agissait pas d’être connectés à Dieu, mais d’être prêtres les uns des autres, de se confesser mutuellement ses péchés, de partager la grâce de Dieu. Dieu t’a donné la grâce de quelqu’un d’autre – et lui a donné ta grâce. Dieu veut vous révéler la vérité, vous encourager et vous nourrir de sa grâce. Il aurait pu faire cela individuellement mais cela nous aurait séparés les uns des autres.

    Au lieu de cela, Dieu donne sa grâce à quelqu’un d’autre et dit ‘maintenant allez le trouver’. Et il vous donne la grâce de cette personne. Il veut que vous vous retrouviez. Il veut que nous soyons les intendants de la grâce les uns des autres pour que nous nous réunissions et que nous apprenions à nous aimer et à être au service les uns les autres.

    Nous connaissons de plus en plus la grâce de Dieu dans nos vies. Quel privilège c’est d’être simplement Église.

    Je t’encourage à rechercher ta grâce. Et à donner ta grâce. En donnant et en recevant la grâce, nous développons notre capacité à aimer et à aimer bien.

    Et je conclus avec ces mots : ‘Rock on !’

    Bruxy Cavey (Canada) est intervenu samedi soir, le 25 juillet 2015 lors du 16e Rassemblement. Bruxy est pasteur de The Meeting House, l’une des églises les plus grandes et les plus novatrices du Canada. Membre des Frères en Christ, Bruxy écrit et prêche dans le monde entier.


    Note sur l’auteur

    L’orateur de la plénière de l’Assemblée 2015, Bruxy Cavey, a démissionné le 3 mars 2022 de The Meeting House, Oakville, Ontario, Canada, une église membre de Be In Christ Church of Canada, église membre de la CMM. Le conseil d’administration de la congrégation a demandé sa démission après qu’une enquête menée par une tierce partie ait déterminé qu’il avait eu une relation sexuelle qui « constituait un abus du pouvoir et de l’autorité de Bruxy. » Les accréditations ministérielles de Cavey ont été retirées par la dénomination Be In Christ.

    En savoir plus:

    Pastor resigns, admits sexual misconduct | Anabaptist World (en anglais)


  • J’avais 17 ans quand un capitaine de l’armée m’a demandé « Que feriez-vous si notre bataillon était attaqué cette nuit ? Que feriez-vous si quelqu’un venait et vous tirait dessus ? »

    « Je prierais » ai-je répondu.

    Alors, j’ai senti une vive douleur à la tête. Le capitaine m’avait frappé avec un instrument en fibre de verre utilisé pour jouer de la lyre. La douleur était intense.

    Le capitaine m’a demandé à nouveau « Que feriez-vous si quelqu’un vous attaquait ? » Je lui ai dit « je ne me défendrais pas ».

    Il m’a frappé à nouveau et m’a demandé « Pourquoi êtes-vous chrétien ? Vous ne voulez pas défendre votre pays ? » « Ma réponse a été « Je suis un disciple du Christ parce que j’ai trouvé la vie en Lui ».

    « Pourquoi ai-je répondu ainsi ? J’avais juste 17 ans, et j’étais rempli de doutes. En fait, je traversais une crise spirituelle au point d’avoir presque perdu la foi. J’avais quitté mon église, et je n’avais pas de convictions anabaptistes. Le service militaire était obligatoire en Colombie, et mes convictions chrétiennes n’étaient pas assez fortes pour que je sois prêt à aller en prison.

    En marche en apprenant

    Je pense que la raison pour laquelle j’ai eu le courage de répondre de cette façon se trouve dans Luc 24. Deux disciples sont sur la route d’Emmaüs après la mort et la résurrection du Christ. ‘Marcher’ dans l’évangile de Luc a une signification spéciale : c’est un mode de vie ou un comportement. Dans cet évangile, ‘marcher’ est liée au discipulat.

    Dans Luc, on apprend de nombreuses leçons tout en marchant. Ici, les deux disciples discutent et ils ne sont pas d’accord. Jésus les rejoint au milieu de la discussion et leur demande « De quoi discutez-vous en marchant ? » Dans la langue originale, le verset 15 indique qu’il y avait une forte divergence d’opinion entre les deux disciples.

    En marche malgré les désaccords

    Est-il possible de marcher ensemble si nous sommes en désaccord ? Est-il possible de vivre dans une communauté aussi diverse que la nôtre ?

    Lorsque nous regardons la carte de la CMM, nous voyons immédiatement que le mouvement anabaptiste est répandu dans le monde entier. Est-il possible de marcher ensemble dans notre communauté mondiale, alors que nous avons tant de différences culturelles, théologiques et ecclésiologiques ?

    Dans Luc, les deux disciples qui avaient quitté Jérusalem étaient en profond désaccord. Ils en étaient probablement au point de se demander si cela valait la peine de continuer ensemble. Mais ce n’est pas ainsi que Jésus voulait que ses disciples quittent Jérusalem.

    Si nous sommes divisés en quittant Jérusalem nous ne pouvons pas répondre à notre mission ou à notre appel. Jésus voulait que ses disciples quittent Jérusalem remplis de l’Esprit pour témoigner. C’est pourquoi les deux disciples ont dû retourner à Jérusalem.

    « Si vous voulez arriver rapidement, marchez seul ; si vous voulez aller loin, marchez avec d’autres », dit un proverbe africain. C’est ce que les disciples ont découvert sur le chemin d’Emmaüs. C’est à la fin de leur marche ensemble, malgré leurs différences, au moment de célébrer la communion, que les yeux des disciples se sont ouverts et qu’ils ont compris (Luc 24.30-31). Si bien qu’ils sont retournés à Jérusalem dans l’unité.

    Marcher de diverses manières

    Il y a différentes leçons à tirer du thème de notre Rassemblement ‘En marche avec Dieu’. Ce que signifie marcher avec Dieu est différent dans chaque langue.

    En anglais, ‘walking’ est une action continue. C’est un processus sans fin, un engagement pour toute notre vie. Quand nous marchons avec Dieu, nous devons constamment nous demander « Que laissons-nous ? Que devons-nous emporter ? »

    En espagnol, ‘Caminemos’ est une invitation. Une invitation à abandonner nos craintes, à ouvrir nos cœurs et à devenir vulnérable. Il faut de la patience : nous devons attendre ceux qui sont moins rapides ou fatigués. Si nous agissons de manière individualiste et indépendante, pensant que nous n’avons pas besoin d’aide, nous serons tentés de suivre des chemins différents. Cependant, l’invitation à marcher ensemble demeure.

    En français, ‘en marche’, c’est s’investir complètement dans la marche. Il y aura certainement des tensions avec d’autres marcheurs, ce qui causera des sentiments mitigés. Mais, si nous marchons vraiment engagés pour Dieu et pour les autres, les tensions ou les problèmes qui peuvent survenir nous transformeront. Si nous ne marchons pas dans un engagement total, ces mêmes tensions ou problèmes conduiront à la division.

    Le reste de la phrase : ‘with God / con Dios / avec Dieu’ se réfère à la communion avec Dieu. Il est impossible de marcher ensemble si nous ne marchons pas avec Dieu.

    Les disciples sur la route d’Emmaüs marchaient ensemble malgré leurs différences parce que Dieu était présent. Ils ont découvert que l’unité n’était pas de l’ordre du miracle ; elle se construit au long du chemin. Cette unité mène à une transformation accessible seulement dans la communauté.

    Chaque jour, pendant ce Rassemblement, nous allons réfléchir sur ce dont nous faisons l’expérience en marchant avec Dieu.

    Comme les disciples l’ont sûrement vécu sur la route d’Emmaüs, il y aura des temps de doute et des temps où nous serons sûrs d’être sur la bonne voie.

    Il y aura des temps de conflits et des temps de réconciliations.

    Il y aura des temps où nous voudrons marcher seul, autonomes, et il y aura des temps où nous reconnaitrons notre besoin de marcher en communauté.

    Il y aura des temps où nous aurons besoin d’aide et des temps où nous serons prêts à aider.

    C’est la vie du disciple. C’est un processus ; nous n’avons pas encore atteint notre objectif, mais nous avançons.

    Ce passage m’aide à comprendre pourquoi j’ai répondu au capitaine de cette manière. À côté de moi, il y avait quatre autres soldats qui étaient aussi chrétiens. Ils n’étaient pas mennonites ou anabaptistes. Mais quand le capitaine leur a posé la même question, ils ont répondu qu’ils ne faisaient qu’obéir à Jésus et n’étaient pas prêts à tuer pour se défendre.

    Certains de ces amis ont été terrassés par la douleur des coups. J’ai pu répondre comme je l’ai fait parce qu’avec eux j’avais trouvé une nouvelle communauté. Quatre amis avec qui j’étais prêt à marcher dans la souffrance, la violence et la persécution. Quatre amis à qui je pouvais dire « Marchons avec Dieu » malgré nos différences. Et ce soir, je voudrais vous dire ‘En marche avec Dieu !’ Cette semaine et dans les années à venir, marchons ensemble ! »

    César García est intervenu mardi soir, 21 juillet 2015, lors du 16e Rassemblement. Il est secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale. Il vit à Bogotá (Colombie).


     

     

     

     

     

     

     

     

  • Être indépendant tout en vivant ensemble ?

    Au début, l’homme était seul. Bien que Dieu ait créé tous les animaux et qu’il ait demandé à l’homme de les nommer, l’homme était seul. Et cela ne lui convenait pas du tout. Dieu le vit. Il souffla sur l’homme un profond, profond sommeil. Pendant qu’il dormait, Dieu prit une de ses côtes, et créa l’autre partie de l’homme : la femme.

    Depuis ce premier jour, l’humanité est une communauté.

    Depuis le jour de notre naissance, nous faisons partie d’une communauté. Que ce soit une famille, une tribu, un orphelinat ou une école, nous ne sommes jamais seuls. La communauté nous nourrit, nous lave, nous enseigne à reconnaître le bien du mal et nous élève.

    Elle nous rend plus forts, parce que nous sommes plus qu’une personne. Nous sommes plusieurs. Elle nous rend plus faibles, parce que nous devons plier notre volonté aux règles de la communauté et renoncer à notre autonomie.

    Dans la communauté, nous ne pouvons être seul. L’intérêt du groupe entre en conflit avec celui de l’individu. Et cela provoque des frictions, des souffrances et des frustrations. Mais il n’y a pas d’autre voie. Être humain, c’est faire partie d’une communauté. Nous ne pouvons pas survivre par nous-mêmes.

    Pourtant, chacun de nous désire l’autonomie. En grandissant, nous testons les règles et les limites de nos communautés. On le voit bien chez les bambins, qui disent « non ! » pour savoir jusqu’où ils peuvent aller. On le voit chez les jeunes qui se rebellent et qui décident de leur propre chemin dans la vie, faisant leurs propres choix. Et oui, ‘être autonome’ signifie littéralement ‘définir ses propres règles’. Mais l’interprétation moderne a davantage le sens de tailler son propre chemin dans la vie et d’être indépendant.

    Nous voulons désespérément avoir notre mot à dire dans tout ce qui nous concerne, nous voulons prendre nos décisions, faire de notre mieux. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’être indépendant, d’être en mesure de nous débrouiller seuls, de vivre selon nos règles et de les défendre.

    La lutte contre la communauté

    Mais être autonome n’est pas une partie de plaisir. En fait, c’est une lutte constante. Et cela a toujours été le cas, même dans l’Ancien Testament, par exemple dans l’histoire bien connue de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham.

    Même avant sa naissance, Jacob vit en communauté. Et déjà, dans le ventre de sa mère, il ne prend pas trop bien/cela se passe mal. Lui et son frère jumeau se battent si farouchement à l’intérieur de l’utérus que leur mère Rebecca se demande comment elle est toujours vivante ! Ê sa naissance, Jacob tient le talon de son frère aîné.

    Pour Jacob, Jacob vient en premier. Toujours. Il n’y a pas d’autres règles que les siennes. Et il plie la communauté à ses règles.

    Facilement, sans rien d’autre qu’un repas chaud, il ravit son droit d’aînesse à son frère Esaü. Ensuite, Jacob trompe son père. Isaac, rendu aveugle par la vieillesse, est sur son lit de mort, et attend Esaü pour lui donner sa bénédiction. Jacob arrive, prétendant être son frère aîné. Il vole sans scrupule la bénédiction patriarcale.

    Jacob possède maintenant tout ce qui devrait revenir de droit à Esaü. Il a tout gagné, et en même temps, il a tout perdu. Car il ne peut pas rester dans la communauté qu’il a tant méprisée. Il doit fuir pour avoir la vie sauve.

    Vivre par ses propres règles et vivre dans une communauté ne s’accordent pas bien.

    Être son propre chef

    En fuyant la scène du crime, Jacob quitte tout. C’est en tout cas ce qu’il pense. Mais juste avant qu’il ne pénètre dans une terre inconnue, il a un rêve. Et dans ce rêve, Dieu promet d’aller avec lui partout où il ira. Dieu le protègera, Dieu le ramènera, Dieu ne laissera pas Jacob jusqu’à ce sa promesse soit accomplie.

    Mais, fidèle à lui-même, Jacob n’en est pas sûr. Il appelle l’endroit Beth-el, ‘la Maison de Dieu’, mais il commence immédiatement à négocier. Si Dieu est vraiment avec moi, si Dieu me protège vraiment, si Dieu s’occupe vraiment de moi, alors, oui, dans ce cas, Dieu sera mon Dieu.

    Jacob ne se rend pas facilement. Oh non ! Si Dieu veut rester avec lui, très bien. Mais c’est Jacob qui fait la loi. C’est cela l’autonomie, n’est-ce pas ?

    Et l’histoire continue. L’amour de Jacob pour sa Rachel est célèbre. En essayant de l’épouser avant que sa sœur aînée Léa ne soit mariée, Jacob essaie de nouveau de faire plier la communauté. Mais il n’est pas de taille devant la duplicité de Laban, et il finira par avoir quatre femmes !

    Après quelques 20 années de travaux forcés, Dieu rappelle Jacob à Canaan. Jacob prend ses femmes, ses enfants (11 garçons et une fille à ce moment) et ses troupeaux et il file en douce pendant que Laban est occupé à tondre ses moutons.

    Encore une fois, Jacob prend une décision sans tenir compte des conséquences pour les autres. En vivant selon ses règles, ses peurs, ses a-priori. Et en s’en allant de cette manière, avec femmes et enfants, il néglige le fait qu’elles et leurs enfants font aussi partie de la vie de Laban : ce sont ses filles, ses petits-enfants, son avenir.

    Bien sûr, c’est son droit en tant que personne autonome. Il est son propre chef. Il n’a de considération pour aucune communauté.

    Renoncer à tout

    Sur le point de rentrer chez lui, un changement étonnant se produit chez Jacob. Il se rend compte qu’Esaü pourrait ne pas être très heureux de l’accueillir, compte tenu de la façon dont il l’a trompé. Jacob essaie de faire la paix, en envoyant des messagers. Mais ils reviennent en disant qu’Esaü est en chemin avec au moins 400 hommes. Jacob –impressionné, inquiet, effrayé – est maintenant confronté aux conséquences de ses choix antérieurs : et si Esaü lui prenait tout : femmes, enfants, troupeaux, richesses ? Et s’il voulait se dédommager et se venger ?

    Et si la communauté lui faisait payer son autonomie ?

    Jacob prend donc une décision audacieuse : il offre tout ce qu’il a à Esaü, volontairement. Ce faisant, il tente de faire amende honorable pour ce qu’il a fait. Il reconnaît sa faute, et les conséquences de ses choix sur la vie d’Esaü.

    En offrant tout ce qu’il a acquis grâce à son indépendance, c’est en fait son indépendance même que Jacob offre à Esaü.

    Nous assistons à cette scène épique, où Jacob emmène ses épouses et leurs enfants, et tout ce qu’il possède, de l’autre côté de la rivière, puis il revient. Maintenant, il est totalement et vraiment seul. Il ne lui reste plus rien. Pas même son autonomie.

    Et puis quelqu’un arrive et lutte avec lui. Toute la nuit. Quelqu’un. Sans nom. Sans identification, sinon le sinistre « Pourquoi me demandes-tu mon nom » (32:29). Est-ce Dieu lui-même ? Un de ses messagers ? Ou devons-nous comprendre cela de manière plus métaphorique : Jacob est en fait aux prises avec lui-même ?

    Peut-être. Après tout, la vie de Jacob est une longue lutte, avec ceux qui l’entourent et leurs règles et leurs attentes, avec lui-même et ses propres choix, son propre chemin dans la vie. Peut-être, finalement, se bat-il avec Dieu. Ou avec lui-même. Ou une autre personne métaphorique. Cela n’a pas d’importance.

    Ce qui importe, c’est qu’il en sort gagnant. Avec une nouvelle bénédiction. Avec un nouveau nom. Il ne s’appelle plus Jacob (talon/usurpateur), mais Israël (celui qui lutte avec Dieu).

    Jacob ne cherche plus à s’enrichir en ‘saisissant le talon des autres’, en les faisant tomber et échouer. Au lieu de cela, pour le restant de sa vie, il se bat avec ceux qui vivent autour de lui, avec Dieu, et surtout … avec lui-même.

    Et savez-vous ? La plupart du temps, il en sort gagnant. Boitant légèrement, mais gagnant quand même. Et quand il traverse la rivière, une nouvelle aube se lève. Un patriarche est né.

    Quelle histoire !

    Une leçon sur les conséquences de ses actes

    Mais la chose vraiment étonnante au sujet de l’histoire de Jacob est que ni lui-même, ni ses actes ne sont explicitement condamnés. Nulle part dans l’histoire, Dieu ne désapprouve explicitement ce que fait Jacob.

    On a le sentiment que dans cette histoire, tout n’est pas bon, mais elle n’en dit rien. Elle montre simplement les conséquences, les résultats, des actions de Jacob : il doit fuir et tout laisser derrière lui. Il vit dans une peur constante‚Ķ d’Esaü, de Laban, d’Esaü encore. Il doit tout recommencer, de nombreuses fois.

    L’histoire nous dit tout cela. Mais elle ne nous dit jamais que Jacob a eu tort.

    Nous pouvons le lire entre les lignes, mais c’est notre imagination, finalement. L’histoire elle-même ne le précise jamais.

    Et c’est ce qui rend cette histoire fascinante. Jacob n’est ni saint, ni parfait, ni pieux. C’est un excellent exemple parce qu’il n’est pas exemplaire du tout. Il est juste comme chacun d’entre nous. Si bien que dans nos têtes et nos cœurs, nous remplissons facilement les blancs. Nous sentons à quel point certaines de ses décisions sont mauvaises, comme si c’étaient les nôtres. Nous tremblons en pensant aux conséquences. Nous attendons avec inquiétude que l’histoire tourne mal.

    Mais elle ne tourne jamais mal ! Malgré le fait qu’il ait vécu selon ses propres règles et n’a jamais reconnu les droits des autres, Jacob n’est pas jugé, sauf par lui-même. c’est fondamentalement, le sujet de cette histoire. L’autonomie. Vivre selon ses règles. Être son propre chef.

    Car être autonome ne signifie pas seulement décider et vivre selon ses propres règles. Cela signifie aussi qu’il faut se juger soi-même. Il n’y a personne d’autre pour le faire. Pas même Dieu, selon cette histoire. Il faut comprendre par soi-même. Dieu marche simplement avec nous, quel que soit le résultat. C’est Jacob qui impose ses exigences et pose ses conditions, pas Dieu.

    Et c’est une leçon de l’Ancien Testament, pour nous tous, hommes et femmes modernes, avides d’indépendance.

    Être autonome, c’est aussi savoir que ceux qui vivent autour de nous (notre communauté) limitent notre liberté. Au sens moderne, l’autonomie, ce n’est pas vivre selon ses propres règles (quelles qu’elles soient), mais réaliser, reconnaître et accepter l’existence des autres dans sa vie. Il s’agit de choisir de les respecter sans arrière-pensée, parce que, ensemble, nous formons une communauté.

    La question est donc : sommes-nous capables, suis-je capable, de vivre ma vie dans le cadre de ces limites ? Puis-je vivre libre et indépendant-e (autonome) dans le cadre d’une communauté ?

    Suis-je assez mature pour reconnaître le fait que je ne peux pas totalement prendre ma vie en charge ? Puis-je accepter d’être lié-e par les gens que j’aime, par la communauté qui m’entoure, et par Dieu qui marche avec moi où que j’aille ?

    Et, dans un sens plus large, serait-il possible aux différentes églises de garder leur autonomie au sein de la communauté anabaptiste mondiale ? Sommes-nous prêts à nous battre pour cela ?

    L’histoire de Jacob nous enseigne qu’il n’est pas mauvais de suivre son propre chemin dans la vie. Il n’est pas mauvais d’essayer de tester ses forces et de lutter pour son autonomie. Il ne s’agit pas d’avoir tort ou d’avoir raison. Il s’agit de prendre ses propres décisions tout en reconnaissant l’existence de sa communauté. Il s’agit de reconnaître les blessures et les souffrances des deux côtés. Il s’agit d’assumer ses responsabilités. Pour ses propres actions, pour celles de la communauté. Pour soi. Et, si nécessaire, réparer les torts.

    Ce genre d’autonomie, l’autonomie adulte, moderne, ne va pas de soi. Grandir n’est pas facile. Garder une certaine autonomie au sein de sa communauté, c’est comme lutter constamment avec les autres, avec Dieu et surtout avec soi-même.

    Et même quand nous gagnons, nous restons un peu boiteux.

    Wieteke van der Molen (Pays-Bas) est intervenue vendredi soir, le 24 juillet 2015, lors du 16e Rassemblement. Wieteke est pasteur d’une petite paroisse mennonite rurale au nord d’Amsterdam, elle aime lire et raconter des histoires.


     

  • Un même cœur pour Dieu unit les langues et les cultures

    Photo: Jonathan Charles

    Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, la prière était incessante. Les personnes désireuses de prier pour diverses requêtes avaient accès à un espace ouvert tout au long de la journée. Une carte du monde de 40 pieds par 24 pieds, gracieusement offerte par Rosedale Mennonite Mission, était étendue sur le sol du vaste salon. Les personnes ou le petit groupe qui voulaient intercéder pour une région ou un pays en particulier devaient retirer leurs chaussures pour se tenir, se pencher ou s’agenouiller près de la nation pour laquelle ils voulaient prier, et laisser une petite lumière à piles comme un signe de prière permanent.

    La coordonnatrice du réseau de prière, Joanne Dietzel, rappelle que l’année dernière, lors du lancement de l’organisation du Rassemblement PA 2015, on avait insisté sur l’importance de promouvoir et de rappeler la valeur de la prière à la communauté anabaptiste mondiale. Avant le début du Rassemblement, 300 personnes de partout dans le monde s’étaient jointes au réseau de prière et priaient incessamment pour l’élaboration du programme et les participants du Rassemblement.

    Des personnes venant des quatre coins du monde sont venues dans le salon du réseau de prière pendant le Rassemblement. Joanne et son équipe de travail qui guidaient et aidaient ceux et celles qui venaient sur place, ont entendu et vu comment les frères et sœurs, avec différents besoins et divers arrière-plans ethniques et linguistiques, venaient ensemble pour prier. « Car, mentionne Joanne, nous pouvons provenir de différentes communautés et cultures, mais l’essence de notre foi est la même : Jésus Christ Seigneur et Sauveur. »

    Carlos Martínez García est pasteur et journaliste au Mexique.

  • Les théologiennes anabaptistes examinent les possibilités d’un réseau mondial

    Par Virginia A. Hostetler, avec les reportages de Harriet Sider Bicksler et d’Elina Ciptadi-Perkins

    Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) — Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), du 21 au 25 juillet 2015, les femmes anabaptistes se sont réunies pour une première fois afin d’examiner les possibilités de former un réseau mondial des femmes anabaptistes.

    Réunies en session, par groupes régionaux, des femmes de l’Asie, de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord et de l’Europe ont été mises au courant de ce qui se fait déjà, puis ont considéré comment elles pourraient travailler ensemble au sein de réseaux plus formels dans leurs propres régions.

    Ces sessions ont été suivies d’une rencontre commune le vendredi après-midi où les femmes de tous les continents étaient invitées à donner leur opinion sur la possibilité d’un réseau mondial. La rencontre de trois heures et demie a été animée par les théologiennes de l’Amérique latine et comprenait une liturgie, des chants, de l’expression gestuelle et de l’art ainsi que des rapports et des discussions en groupe. Près de 100 femmes ont participé à la rencontre.

    Les participantes ont examiné deux grandes questions : Ya-t-il un besoin pour un réseau mondial de théologiennes? Quelle serait la fonction de ce réseau?

    Au sujet du besoin, les participantes latino-américaines ont répondu avec enthousiasme : « Si! »

    Parmi les commentaires recueillis, on trouve notamment « Je sais que mon monde est trop petit, j’en ai besoin d’autres ».

    Les femmes ont décidé par consensus d’aller de l’avant et de nommer des personnes contacts dans chaque région pour la mise en œuvre.

    Au cours des années, la CMM a soutenu des opportunités de réseautage et de formation théologique pour les femmes. Or, parmi les 150 délégués du Conseil Général qui se sont réunis du 16 au 20 juillet, on comptait moins d’une douzaine de femmes. Une femme du Sud s’est exclamée : « Est-ce cela l’égalité? Est-ce que c’est juste? Dans nos églises, les femmes sont majoritaires! » Une autre a ajouté : « Sans la voix des femmes, nous manquons la moitié de la sagesse de Dieu. »

    (Le Conseil Général est formé de responsables d’église de partout dans le monde, choisis par les conférences et les églises membres de la CMM.)

    Réseaux régionaux

    PHOTO: Dale D Gehman

    Le mouvement des théologiennes a pris naissance en Afrique avec la formation du groupe « Théologiennes Anabaptistes Africaines » en 2001. En partenariat avec Mennonite Church USA et la CMM, le groupe a encouragé et facilité la formation théologique des femmes de divers pays africains. Le groupe africain ne s’est pas rencontré à Harrisburg.

    Au Rassemblement de la CMM au Zimbabwe, en 2003, les femmes latino-américaines ont été inspirées par leurs sœurs africaines. Elles ont alors formé le mouvement des Théologiennes latino-américaines et ont tenu leur première rencontre continentale en 2009 au Rassemblement de la CMM au Paraguay.

    Au Rassemblement de 2015, les femmes latino-américaines ont exprimé leur appréciation à l’égard du programme Sister Care de Mennonite Church USA dans plusieurs pays de l’Amérique latine.

    Des conversations ont débuté en Inde en 2012 à propos d’un réseau des théologiennes asiatiques appelé Theologically Trained Anabaptist Women of India (Femmes anabaptistes de l’Inde diplômées en théologie). C’est une initiative locale, approuvée par la CMM, pour former et habiliter sur le plan théologique les femmes anabaptistes. Au Rassemblement de 2015, elles ont poursuivi leurs conversations.

    Il n’existe pas de réseau formel en Europe ou au Canada et aux États-Unis, mais les femmes se sont réunies en groupes régionaux à Harrisburg pour examiner les possibilités.

    PHOTO: Dale D Gehman

    PA 2015

    Possiblement le reflet d’une réalité plus grande de la lutte des femmes pour l’obtention d’une reconnaissance et d’un statut dans l’église, la salle de rencontre désignée pour les réunions des théologiennes était située à l’extrémité du Champ de Foire, loin de la cafétéria et des aires de rencontres, avec peu de panneaux de signalisation le long du chemin.

    Quelques questions soulevées pendant les sessions à PA 2015 :

    • Qui est théologien? Certains groupes ont étoffé la définition en incluant les femmes qui font du travail pastoral et communautaire. On a aussi reconnu que les femmes « font » de la théologie différemment des hommes.
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent faire pour connaître leurs sœurs des autres pays et marcher avec elles en dépit des différences et des distances?
    • Comment les jeunes femmes peuvent-elles être encouragées à s’engager en théologie?
    • La structure de la CMM sert-elle à faire ces connexions?
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent offrir à la CMM et qu’est-ce qu’elles peuvent demander à la CMM?
    PHOTO: Dale D Gehman

    Les rencontres ont aussi eu une expression artistique collective. Audrey Kraybill, une artiste et pasteure de Lancaster en Pennsylvanie a dirigé un projet de découpage intitulé « Femmes en conversation ».

    À la grande réunion commune du vendredi, les participantes ont signé l’œuvre d’art collective avec l’intention de l’envoyer aux femmes de la République démocratique du Congo qui n’ont pas obtenu de visa pour assister au Rassemblement.

    Virginia A. Hostetler est éditrice Web pour The Canadian Mennonite. Elle faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les sessions plénières au 16e Rassemblement.

  • Le travail de la Commission Paix comprend la prière, le plaidoyer et le développement des ressources

    Par Karla Braun

    Peace Commission

    « La paix est gratuite », dit Paulus Widjaja, membre sortant de la Commission Paix. « Le conflit a un prix, mais l’évangile est gratuit. »

    La Commission Paix, formée en 2009 comme une des quatre cavités du cœur de la CMM (Paix, Diacres, Foi et Vie, Mission), a tenu un atelier pendant le Rassemblement le 23 juillet 2015.

    Quelles sont les activités de la Commission?

    La prière

    Des conférences mennonites et d’autres organisations chrétiennes ont demandé la prière à la CMM qui, par la suite, a lancé un appel à la prière à ses membres. De nombreuses églises n’ont pas les ressources dont les Nord-Américains disposent, dit un frère de l’Amérique latine, mais elles peuvent « prier, jeûner et pleurer avec ceux et celles qui souffrent et qui sont aux prises avec des conflits. »

    Le plaidoyer politique

    Le Conseil Général de la CMM réuni en 2015 a approuvé les directives de la Commission Paix sur le plaidoyer politique. Ce document peut guider l’élaboration des politiques et servir aux membres du bureau, aux conférences et aux églises de la CMM.

    La Commission Paix a envoyé des lettres d’appui en faveur de Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonitas de Panamà (Conférence des Églises des frères mennonites du Panama) où les moyens de subsistance des membres sont menacés par l’exploitation forestière illégale, et en faveur de Hôi Thánh Mennonite Viêt Nam (Église mennonite du Vietnam) où les pasteurs et les églises sont persécutés.

    La Commission travaille aussi sur une déclaration de solidarité avec les peuples autochtones.

    Le développement des ressources

    « Nous prétendons être une église de paix, mais il existe tellement d’églises mennonites déchirées », dit Paulus Widjaja. La Commission Paix crée des ressources (graphique sur les stades du développement d’un conflit, lignes directrices pour déterminer la réponse de la CMM aux conflits, « guérison des mémoires ») qui seront bientôt accessibles sur le site Web.

    De prochaines initiatives comprennent le développement d’un Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (le sujet d’un atelier le 24 juillet 2015, un des neuf ateliers préparés par la Commission Paix) et la mobilisation du Réseau des Églises pacifistes historiques. Nous dialoguons avec des ex-ennemis, dit Paulus Widjaja (en faisant référence au dialogue trilatéral de la Commission Foi et Vie avec les luthériens et les catholiques), pourquoi pas avec des amis?

    La Commission Paix est également partenaire avec Conrad Grebel University College pour la tenue d’une conférence et d’un festival mennonite mondial sur la paix en Ontario (Canada), du 9 au 12 juin 2016.

    Karla Braun est la rédactrice de Courier/Correo/Courrier.

  • Un atelier de la Commission Foi et Vie explore la question du 500e anniversaire en 2025

    Leaders from other world communions brought ecumenical greetings in plenaries. PHOTO: Merle Good

    Par Gordon Houser

    La Conférence Mennonite Mondiale a tenu son premier rassemblement en 1925 – l’année du 400e anniversaire de l’origine du mouvement anabaptiste. Avec le 500e anniversaire dans seulement dix ans, plusieurs personnes se demandent comment la CMM commémorera l’événement.

    Le 25 juillet 2015, un atelier au Rassemblement de la CMM à Harrisburg en Pennsylvanie a abordé cette question « De la Réforme 2017 à l’anabaptisme 2025 : comment l’Église mondiale commémorera-t-elle le 500e anniversaire? » et a fourni quelques indications de ce qui pourrait se faire.

    Hanspeter Jecker, Astrid von Schlachta et John D. Roth ont dirigé l’atelier. Ils ont demandé des suggestions aux participants et ont expliqué le contexte de la question.

    Bref, la réponse à la question se résume en un mot : « sagement ».

    « La manière de commémorer nos origines nous aide à comprendre qui nous sommes aujourd’hui » dit John D. Roth. Il nous met en garde contre l’exubérance : « nous commémorons une division d’église. »

    Astrid von Schlachta fait remarquer que le premier rassemblement de la CMM a mis l’accent sur le renouveau, le christocentrisme, le danger du matérialisme et sur l’église comme premier objet de la mission

    John D. Roth souligne que le renouveau est encore un sujet d’intérêt aujourd’hui. En 1925, il y avait peu d’anabaptistes, mais aujourd’hui il y en a 1,9 million.

    Il ajoute que les planificateurs des événements voudront être en communication avec les 103 groupes qui font partie de la CMM ainsi que les groupes qui ne sont pas membres mais apparentés, tels les amish, les groupes Old Colony et des groupes des églises libres en Allemagne.

    Hanspeter Jecker dit que les commémorations devraient refléter nos convictions théologiques, nos partenariats œcuméniques et notre réalité mondiale. Il a présenté un ensemble de propositions qui comprend une commémoration décennale qui s’étalera de 2017 à 2025/27.

    Provisoirement intitulés RENEWAL 2015, les commémorations comprendraient un événement régional tenu à tous les deux ans dans chacun des cinq continents. Au programme, il pourrait y avoir une rencontre des commissions en 2016, une réunion du Conseil Général en 2018, le prochain Rassemblement de la CMM en Indonésie en 2021, une autre réunion du Conseil Général en 2021 et un Rassemblement de la CMM en 2027, possiblement en Suisse.

    Les objectifs fixés pourraient être les relations intra-anabaptistes, le témoignage mondial et la connaissance de soi.

    La Commission Foi et Vie est ouverte aux suggestions sur la façon de procéder.

    Gordon Houser est rédacteur de The Mennonite, la publication de Mennonite Church USA.