Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • La colonne du président

    Il y a quelques années, nous avions organisé une réunion des Commissions aux Pays-Bas. Avec d’autres personnes, j’étais chargé d’aller chercher les participants à l’aéroport. Nous étions en train de dîner lorsque mon téléphone a sonné. C’était quelqu’un qui appelait au nom d’un membre d’une Commission originaire d’Angola dont le vol avait été retardé. La personne m’a informé que l’Angolais était prêt et attendait que son frère vienne le chercher.

    Lorsque je suis arrivé au point de rendezvous, la personne qui avait appelé était toujours là. Je n’oublierai jamais la surprise sur son visage lorsqu’il a réalisé que j’étais le ‘frère’ de cet Africain.

    Nous ne correspondions pas à l’image qu’il se faisait des frères. Mon frère angolais et moi ne correspondions pas au stéréotype.

    N’est-ce pas cela, être chrétien, et particulièrement, anabaptiste, dans le monde d’aujourd’hui?

    Dans ce monde, les gens haïssent les autres parce qu’ils sont différents, parce qu’ils ont des idées politiques différentes, parce qu’ils parlent une autre langue, parce que… parce que… Il y a tant de raisons.

    diversity staff faces
    Les responsables passés et présents de la CMM célèbrent les 100 ans de la CMM (de gauche à droite) : Sandra Báez, César García, Henk Stenvers, Larry Miller, Eleanor Miller, Janet Plenert et Danisa Ndlovu.

    Nous avons besoin de courage

    Si nous voulons suivre le Christ, qui nous a enseigné à aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous avons besoin de courage.

    Le courage de dire NON à la haine et OUI à l’amour, même si cela va à l’encontre de nos propres intérêts.

    Le courage d’aimer, même si les autres ne nous aiment pas.

    Le courage de ne pas nous conformer, mais de montrer qu’une autre voie est possible, une voie qui mène à la paix plutôt qu’à la guerre.

    Nous avons besoin du courage dont ont fait preuve ceux qui, il y a 500 ans à Zurich, ont défié les pouvoirs en place parce qu’ils voulaient être de véritables disciples du Christ.

    J’espère, et je prie pour, voir encore beaucoup de visages surpris, comme celui de cet homme à l’aéroport, lorsque nous, communauté de disciples du Christ, nous nous aimons les uns les autres, vivons l’unité malgré nos différences et proclamons ainsi un message de paix.

    —Henk Stenvers est président de la Conférence Mennonite Mondiale (2022-2028). Il vit aux Pays-Bas. 


  • La CMM nomme un cinquième membre du bureau 

    « Une organisation dynamique, au service de ses membres, doit être prête à changer et à s’adapter au fur et à mesure que nous apprenons et grandissons. Notre plus récente addition à l’équipe de direction de la CMM en est un exemple, illustrant notre volonté de répondre aux besoins de nos membres », déclare César García, secrétaire général de la CMM.

    Siaka Traoré a été nommé membre d’office du bureau de direction de la Conférence Mennonite Mondiale en tant que représentant pour l’Afrique, avec effet immédiat. 

    « Je ne viens pas dans cette équipe en tant que personne ayant une expertise, mais je viens avec foi et conviction que, si Dieu l’a voulu, il se servira de moi pour le bien-être de la CMM, dit Siaka Traoré. Ma prière est que la CMM réponde aux attentes de ses membres. »

    L’organe décisionnel de la Conférence Mennonite Mondiale est le Conseil Général, dont les délégués représentent nos Églises membres partout dans le monde. Un Comité Exécutif est choisi parmi les membres de cet organe, et ce comité est dirigé par des membres du bureau de direction : le secrétaire général, le président, le vice-président et le trésorier. Ces fonctions sont actuellement occupées par César García (Amérique latine), Henk Stenvers (Europe), Lisa Carr-Pries (Amérique du Nord) et Sunoko Lin (Asie).

    Ces quatre postes ne permettent pas de représenter les cinq régions que compte la CMM. Lors des réunions du Conseil Général en 2025, il a été décidé que le Comité Exécutif devait nommer un membre d’office afin d’assurer une représentation complète des continents et que cette personne devait provenir d’Afrique, la région actuellement absente parmi les membres du bureau. 

    Les membres du bureau se rencontrent deux fois par an en personne et une fois par mois en ligne.

    Le révérend Siaka Traoré est pasteur à l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso. Il est titulaire d’une maîtrise en missions de la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui (FATEB). Il a collaboré avec le Comité central mennonite à un programme pour la paix en Afrique de l’Ouest.

    Au sein de la Conférence Mennonite Mondiale, Siaka Traoré a occupé le poste de président de la Commission Diacres (2015-2022) et celui de représentant régional pour l’Afrique centrale et occidentale de 2022 jusqu’à sa nomination au sein du bureau. 

    « Pour moi cette nomination exprime le souhait de la CMM d’inclure tous les membres de toutes les parties du monde dans la gestion de la vie de l’organisme. Au regard de la composante de la CMM, celle-ci a adopté l’image de la mosaïque. En me joignant à l’équipe des membres du bureau, nous voulons rendre visible cette mosaïque », dit Siaka Traoré.

    « Au fil des nombreuses années de service en tant que dirigeant d’Église animé d’un esprit de service, tant dans son pays d’origine, le Burkina Faso, qu’à l’international en tant qu’orateur invité, mentor, artisan de paix chevronné et interprète culturel, Siaka s’est fait largement connaître au sein de la famille de la CMM. Nous sommes heureux de l’inviter à assumer cette fonction pour laquelle son expérience l’a bien préparé », déclare César García.


    Siaka Traoré (Burkina Faso) speaks about being a mentor at the panel discussion in Zurich, “Standing Between the Lines in a World on Fire.”
  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    Les activités organisées pour commémorer les 500 ans du mouvement anabaptiste à Zurich le 29 mai 2025 comprenaient 18 ateliers répartis sur deux périodes. Les salles mises généreusement à disposition par l’Église réformée dans plusieurs endroits du centre-ville étaient bondées de participants désireux de découvrir des témoignages et des analyses sur les anabaptistes qui ont incarné « le courage d’aimer » dans l’histoire et aujourd’hui. 

    Les ateliers allaient d’une session de chant participatif inspirée des cantiques mennonites, à une table ronde à propos des dialogues trilatéraux sur le baptême avec des partenaires catholiques et luthériens, en passant par une présentation de l’engagement des mennonites en faveur de la paix et de la justice au Moyen-Orient et les témoignages sur la vie communautaire et l’amour des ennemis. 

    Voici un aperçu d’un des ateliers : 

    La culture de la mémoire au sein des minorités religieuses 

    Comme beaucoup de mouvements religieux minoritaires, le mouvement anabaptiste a une histoire qui lui est propre, une histoire qui l’a façonné. Cette histoire comprend des souvenirs de persécution, de discrimination et de migration. Si elles sont laissées de côté, ces histoires peuvent facilement conduire à une éruption volcanique dans un monde déjà instable. 

    Les intervenants de cet atelier étaient Andrea Strübind, Astrid von Schlachta et Danang Kristiawan. 

    Andrea Strübind, issue de la tradition baptiste, est professeure d’histoire de l’Église et de Théologie historique à l’université d’Oldenburg en Allemagne. Astrid von Schlachta est déléguée du Conseil Général de l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Gemeinden in Deutschland. Elle est également assistante de recherche à l’Arbeitsstelle Theologie der Friedenskirchen (Centre de recherche sur la Théologie des Églises de paix) en Allemagne. Danang Kristiawan est pasteur à la GITJ Jepara et chargé de cours à la SSTAKW Bible School à Java (Indonésie). 

    Andrea Strübind et Astrid von Schlachta ont présenté à l’auditoire l’histoire des anabaptistes depuis leurs débuts en 1525 et ont retracé les différents événements sociopolitiques mondiaux qui se sont produits depuis lors. 

    Danang Kristiawan a parlé de son expérience avec les chrétiens minoritaires dans son pays natal, l’Indonésie, où les musulmans sont majoritaires. 

    Points principaux 

    • Une vie marquée par la persécution et l’expulsion consiste davantage à trouver des cachettes qu’à laisser des monuments visibles. 
    • La Confession d’Augsbourg (Confessio Augustana) de 1530 condamne les anabaptistes. 
    • En Indonésie, le christianisme est associé au colonialisme. 

    Initiatives pour prévenir les éruptions. 

    En volcanologie, une éruption volcanique est l’expulsion de gaz et de lave en fusion depuis l’intérieur de la terre vers la surface terrestre ou dans l’atmosphère par un conduit. De la même manière, dans la vie réelle, toute question susceptible d’entraîner des problèmes entre les êtres humains peut provoquer une éruption métaphorique, notamment en matière de perceptions religieuses. Cela peut causer des dommages irréparables non seulement aux personnes en conflit, mais aussi au monde en général. 

    Bien que la ville de Zurich et l’Église réformée aient été parmi les ennemis des premiers anabaptistes, il existe aujourd’hui un dialogue entre les responsables réformés et les anabaptistes à différents niveaux. (Voir ‘La recherche d’un témoignage commun’) 

    Pour les luthériens, le désir de dialoguer avec les anabaptistes remonte à la commémoration des 450 ans de la Confession d’Augsbourg en 1980. Lors de sa conclusion, la Fédération luthérienne mondiale a reconnu que les déclarations contenues dans le document de 1530 étaient une provocation pour les anabaptistes et que celles-ci ne reflétaient pas la réalité des croyants contemporains des deux confessions. 

    Par la grâce de Dieu, lors de l’Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale à Stuttgart en 2010, les anabaptistes ont reçu des excuses pour les persécutions passées. 

    En Indonésie, les mennonites de Jepara ont lancé une initiative d’amitié entre mennonites et musulmans. Elle est fermement ancrée dans Colossiens 1:20, l’incarnation du Christ, et qui contextualise l’amour de manière créative. La base théologique de l’amitié entre mennonites et musulmans, en particulier la mise en œuvre créative de l’amour, comprend l’engagement envers l’identité personnelle, l’ouverture à la vulnérabilité et l’imagination. 

    Outre l’expertise et l’expérience par les intervenants sur le sujet, les participants à l’atelier ont posé des questions et échangé leurs points de vue. 

    Un participant d’origine pakistanaise vivant au Canada a dit que, dans la plupart des cas, les persécutions et les discriminations résultent de manœuvres orchestrées par les dirigeants. 

    D’autres ont posé des questions sur les expériences de persécution des anabaptistes indonésiens. L’Église, qui compte de plus en plus de jeunes, a peu d’expérience directe, dit Danang Kristiawan. 

    En réponse à la question « Comment pouvons-nous réagir aux politiques étrangères des gouvernements qui défendent le nationalisme », les intervenants ont souligné la nécessité de construire sincèrement des ponts et de poursuivre le dialogue. 

    Conclusion 

    Le sujet méritait d’être approfondi. Chaque pays a son propre contexte de persécution et de discrimination. Le courage est un processus par lequel les parties en conflit mobilisent au maximum leurs ressources mentales et morales pour contrôler un danger imminent. Par conséquent, des discussions ouvertes et persistantes sur ces questions seront bénéfiques non seulement pour les religions en conflit, mais aussi pour rendre la terre plus habitable. Cela permettra ainsi de concrétiser le thème de la rencontre : le courage d’aimer.  

    —Jumanne Magiri Mafwiri est membre de Kanisa Mennonite Tanzania. Il est le représentant régional de la CMM pour l’Afrique de l’Est. Il a décidé de participer à l’atelier suite à la persécution des chrétiens en Ouganda en 1885-1887, après laquelle le gouvernement ougandais a déclaré le 3 juin comme journée des martyrs, ce qui attire des pèlerins de divers horizons. 


  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    La journée commémorative à Zurich a été marquée par de nombreux moments forts, notamment par des chants. Les chorales ont eu le privilège de jouer un rôle central en réunissant des voix venues du monde entier pour célébrer la foi, la réconciliation et l’unité.

    Les chorales participantes étaient les suivantes

    • Eastleigh Fellowship Centre (EFC) Chorale de l’église mennonite — Nairobi, Kenya
    • Ágape Band – Asunción, Paraguay 
    • Eastern Mennonite University (EMU) Chamber Singers — Harrisonburg, Virginie, États-Unis
    • Songs of Peace — Liestal, Suisse
    • TIARA (The Indonesian Anabaptist peRforming Art) TIARA Église GKMI Anugerah, Jakarta, Indonésie 

    Parmi ces chorales, celle de l’église mennonite Eastleigh Fellowship Centre (EFC) m’a particulièrement fasciné.

    La chorale de l’EFC

    La chorale de l’EFC, issue d’une église mennonite de Nairobi, était l’un des cinq ensembles musicaux sélectionnés pour présenter la musique anabaptiste du monde entier lors de la rencontre organisée à Zurich pour le 500e anniversaire. La chorale a accueilli avec enthousiasme cette occasion d’annoncer l’amour du Christ à travers un riche mélange de traditions musicales africaines et d’harmonies de gospel. 

    La chorale s’est produite à deux reprises : lors d’un concert à l’intérieur de la Predigerkirche et lors d’un concert en plein air sur la Zwingli Platz, devant l’église Grossmünster, sans amplification. Elle a également participé au culte de clôture, qui a été retransmis en direct mondialement. 

    La chorale décrit son style musical comme de l’’afrofusion’. « Notre musique rassemble des influences de différents pays d’Afrique », explique George Ochieng, membre de la chorale. 

    De plus, la chorale elle-même reflète la diversité culturelle du Kenya, ses membres étant issus de diverses origines ethniques. 

    Le ministère de la musique 

    Pour la chorale EFC, faire de la musique va au-delà d’une simple performance, c’est un ministère. Son profond engagement envers la foi chrétienne la pousse à annoncer le message du Christ à travers le chant. La musique est pour elle un moyen de renforcer la foi, de fortifier les esprits et d’encourager les autres. 

    La chorale estime que ses voix sont des instruments de guérison et d’unité, capables de briser les barrières culturelles et de toucher des vies de tous horizons. Sa performance incarne les thèmes de l’espoir, de la persévérance et de la grâce divine, rappelant aux auditeurs la présence éternelle de Dieu. 

    Le chant préféré 

    La chorale de l’EFC travaille activement à la composition et à l’arrangement de morceaux qui reflètent son cheminement spirituel et son héritage culturel. Son style mêle rythmes africains traditionnels et thèmes de gospel, créant une expérience spirituelle unique et enrichissante. 

    Certains de ses chants proviennent de recueils de cantiques, d’autres ont été composés par des auteurs inconnus ou par les membres de la chorale eux-mêmes. 

    L’un de leurs chants le plus apprécié est « Yesu Vamuvamba », qui signifie « Jésus a été crucifié » en tiriki, une langue parlée par le peuple tiriki de l’ouest du Kenya. La chanson évoque la crucifixion du Christ et la liberté qu’elle a apportée à l’humanité, en résonnant profondément avec les thèmes du sacrifice, de la rédemption et du pardon. 

    Une vocation 

    La chorale de l’EFC considère que louer en musique est un moyen de renforcer la foi, d’encourager la croissance spirituelle et de favoriser l’unité de la communauté. Ses mélodies s’étendent au-delà de son église d’origine, car ses membres voyagent fréquemment à travers le Kenya pour chanter lors de services religieux, de réunions de réveil, de conférences et de festivals de musique. 

    Bien que les membres de la chorale soient profondément dévoués à leur ministère musical, il s’agit d’un engagement à temps partiel. Beaucoup d’entre eux poursuivent une carrière dans l’enseignement, le commerce, la santé et d’autres domaines pour subvenir à leurs besoins, car la chorale ne dispose pas de ressources financières nécessaires pour soutenir des musiciens à plein temps. 

    Malgré ces difficultés, les membres de la chorale consacrent beaucoup de temps aux répétitions, aux offices religieux et à des évènements particuliers, considérant leurs dons musicaux comme une vocation divine plutôt que comme un simple passe-temps. 

    En outre, la chorale encadre activement des jeunes musiciens et encourage la participation des jeunes au culte, contribuant ainsi à former la prochaine génération d’artistes et de responsables chrétiens. 

    Les 500 ans de l’Anabaptisme

    Être invité à se produire lors de cette célébration historique du 500e anniversaire est à la fois un honneur et un événement spirituel marquant pour la chorale de l’EFC. Sa présence à Zurich lui a permis de faire connaître sa musique sur une scène mondiale et de tisser des liens avec les communautés anabaptistes du monde entier. 

    Cette célébration est un témoignage puissant de la persévérance de la foi et souligne comment l’anabaptisme a prospéré pendant des siècles de persécution, de changement et de croissance. En participant à cet événement, la chorale souhaite apporter sa contribution à l’histoire et mettre en valeur son héritage musical mennonite africain dans un contexte chrétien international. 

    La chorale considère cet anniversaire comme un rappel de l’unité, de la persévérance et du réveil spirituel. Elle espère que cet événement renforcera les liens entre les assemblées anabaptistes et sera une occasion d’apprendre, une occasion de réconciliation et de renouveau. 

    C’était un privilège de représenter les anabaptistes kenyans lors de cette célébration historique. Les membres de la chorale de l’EFC espèrent que leur musique a édifié et inspiré les participants, leur rappelant que la foi transcende les frontières et que la musique est un langage universel de louange.  

    Ce qui me passionne dans ces chorales 

    Cette expérience a été vraiment électrisante. Il y avait quelque chose de profondément émouvant à entendre des voix venues des quatre coins du monde se mélanger harmonieusement, chacune porteuse de sa propre culture, de son histoire et de sa foi. 

    Chaque chorale a apporté quelque chose d’unique à la célébration, qu’il s’agisse de rythmes ‘afrofusion’, de gospel latino ou de musique sacrée a cappella. Être témoin de cette expression musicale diversifiée de la foi m’a permis de mieux comprendre comment la louange à travers le chant unit les croyants de toutes traditions et de toutes nations. 

    — Melvin Banda est membre de lÉglise de Frères mennonites du Malawi. Il était le délégué des YABs pour son église lors des réunions de 2025. 


    EFC Choir with soloist Naaman Ochieng
performs “Anawuok adhi e dala wa ka
Nyasaye” on the outdoor stage in front of the Grossmünster in Zurich, Switzerland.
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    Nous invitons la famille anabaptiste mondiale à prier pour les populations de la région des Caraïbes après le passage de l’ouragan Melissa.

    « Du point de vue humain, les perspectives sont sombres, mais, en tant qu’enfants de Dieu, nous continuons à nous accrocher à notre espérance en Christ. Continuez à prier pour la foi », déclare le pasteur Liston Aiken, président de l’Église mennonite de Jamaïque.

    L’ouragan Melissa, un ouragan de catégorie 5, a frappé les Caraïbes durant la dernière semaine d’octobre. Il a provoqué de graves inondations, entraîné la destruction de bâtiments à cause du vent et de la pluie, provoqué des glissements de terrain, abattu des arbres et emporté des récoltes. Les perturbations des réseaux de communication et de transport ont entravé l’acheminement de l’aide.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, le bilan humain de la tempête s’élève à 65 morts confirmés dans toute la région, mais ce chiffre devrait augmenter à mesure que les communications et l’accès aux zones les plus reculées seront rétablis. Des milliers de personnes vivent dans des abris temporaires.

    Il faudra des années pour se remettre de ces destructions. Cependant, on estime que les mesures prises pour se préparer aux désastres ont permis de sauver des vies et d’accélérer les interventions.

    • Parmi les quatre assemblées de l’Église mennonite jamaïcaine directement touchées par la tempête, Joyland et Abrams ont perdu leur toit et ont subi d’autres dommages ; la porte de Ridge a été arracheé ; le bâtiment de Salter Hill s’est effondré et le toit du presbytère a été détruit. Les membres de l’Église de ces communautés ont perdu leurs toits et leurs biens personnels.
      Les fidèles de tout le pays sont bouleversés par les dégâts, mais ils font confiance à Dieu pour leur révéler comment aider à mettre en place des solutions à court et à long terme.
    • À Cuba, les 56 assemblées BIC dans les cinq provinces orientales de l’île ont été touchées. Certains membres ont perdu leur maison à cause des vents et des inondations. Comme la plupart des assemblées se réunissent dans des maisons, l’impact est multiplié. Les conséquences de la tempête aggravent les difficultés économiques que la population connaissait déjà.
    • En République dominicaine, les assemblées ont été touchées par les inondations qui ont précédé la tempête et se sont intensifiées lorsque Melissa a traversé l’île.

    « L’évaluation des dégâts est toujours en cours, de nombreuses routes sont en cours de déblaiement, l’électricité est en train d’être rétablie. Une aide matérielle est fournie aux personnes touchées. Cela va prendre beaucoup de temps, car les dégâts sont très importants dans les zones où l’œil de l’ouragan est passé », explique William George Broughton, représentant régional de la CMM et cadre de santé à la retraite en Jamaïque.

    Nous vous invitons à prier pour nos frères et sœurs dans ces îles.

    Que la solidarité remplace le sentiment d’isolement qu’ils ressentent souvent.

    Que les communautés soient renforcées afin de se rassembler pour réagir, se soutenir mutuellement et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

    Que l’amour du Christ nous remplisse tous : pour que les membres de notre communauté dans les Caraïbes prennent soin les uns des autres ; pour que ceux d’entre nous qui vivent ailleurs dans le monde joignent le geste à la prière.

    Nous prions pour les dirigeants mondiaux qui ont été interpellés par la Jamaïque et d’autres pays afin de mettre en place un financement climatique. Ils demandent aux pays riches de réparer leur rôle disproportionné dans l’aggravation de la crise climatique.

    Par la grâce de Dieu, nous cherchons à vivre et à proclamer la bonne nouvelle de la réconciliation en Jésus-Christ, avec l’assurance que nous faisons partie du corps unique du Christ en tout temps et en tout lieu.

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye
    Secrétaire, Commission Diacres

    P.S. Après la rédaction de cette lettre, nous avons appris que le typhon Kalmaegi a frappé l’Asie. Merci de prier pour les personnes touchées et de suivre les réseaux sociaux de la CMM pour connaître les dernières nouvelles concernant les églises mennonites touchées.


    Hurricane Melissa Carribean
  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Le temps des offrandes est aussi important que la prédication. Souvent, quelqu’un présente un témoignage et une Écriture sur le thème du don.

    Le pasteur demande souvent à l’un des responsables de prier, de bénir les donateurs et aussi que ceux qui ne donnent pas soient bénis pour pouvoir le faire.

    Parfois, les responsables font circuler les paniers, et d’autres fois, les membres viennent à l’avant pour mettre leur offrande dans un panier. Dans de nombreux endroits, les gens chantent et dansent car le don est accompagné de beaucoup de joie.

    En ce dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, la CMM invite les églises à collecter une offrande spéciale pour notre communauté anabaptiste mondiale. L’idée est d’inviter chaque membre à donner l’équivalent du coût d’un repas local pour soutenir les réseaux et les ressources de notre famille spirituelle mondiale de la CMM. Sacrifier un repas, c’est notre humble manière de remercier Dieu et d’apporter un soutien aux ministères de la CMM pour le Seigneur.

    Ce don « d’un repas » par personne une fois par an est quelque chose que tous les membres de la CMM peuvent faire. Certaines personnes ont les moyens de donner beaucoup plus que cela, et devraient être encouragées à le faire. D’autres, dont les ressources sont plus limitées, pourraient être encouragées par le fait que le Comité
    Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale, composé de membres de tous les continents, est convaincu que la plupart des adultes du monde entier peuvent donner l’équivalent d’un repas par an pour soutenir le travail de l’Église mondiale.

    Voici quelques suggestions pour préparer le temps de l’offrande dans votre assemblée :

    • Prévoyez que les offrandes « d’un repas » soient déposées dans un panier spécial à l’avant, ou dans des contenants culturellement appropriés et en lien avec les repas lors du culte.
    • Prévoyez un repas communautaire partagé ensemble avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale
      • Ça pourrait être une « auberge espagnole » où chaque famille amène de grands plats à partager, avec un panier réservé pour l’offrande pour la CMM présente au repas.
      • Chaque famille pourrait ramener un repas tout préparé. Ces repas préparés sont alors mis aux enchères, vendus ou offerts avec participation libre pour être ramenés à la maison et être mangés en famille après le culte.
    • Prévoyez un temps de jeûne et de prièr pour l’Église mondiale pendant un repas avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale, et faites une offrande pour la CMM pendant ce temps, représentant au moins la valeur du repas qui n’est pas consommé.

    Les fonds recueillis par cette offrande spéciale dans chaque assemblée peuvent être envoyés directement à la Conférence Mennonite Mondiale (trouver des moyens de donner sur mwc-cmm.org/fr/faire-un-don).

    Vous pouvez également envoyer ces fonds au bureau de votre union d’église nationale, en les désignant clairement comme destinés à la Conférence mennonite mondiale et en indiquant qu’il s’agit de l’offrande du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale. Vous pouvez demander qu’ils transmettent alors les fonds à la CMM.


    La collecte des offrandes aux Pays-Bas 

    Dans les assemblées mennonites (Doopsgezind) des Pays-Bas, l’offrande est collectée en faisant passer les paniers de la collecte, appelés collectezakken : ce sont de petits sacs en tissu. Les personnes y déposent pièces et billets. Ces sacs sont soit attachés à un petit manche en bois et passés de main en main, soit fixés à l’extrémité de longues perches que les personnes désignées tendent en passant dans l’assemblée.  

    L’offrande reçue dans l’un des sacs est généralement destinée au fonctionnement de l’assemblée locale, alors que l’offrande reçue dans un second sac est plutôt destinée à la mission en dehors des murs de l’église. Pour ce deuxième sac, toutes les églises mennonites des Pays-Bas se mettent souvent d’accord sur le même projet soutenu chaque dimanche.  

    Aujourd’hui, la plupart des assemblées affichent également un QR code et un numéro de compte bancaire pour les personnes qui souhaitent donner de cette manière. 

    Les dons supérieurs à un certain montant donnent droit à une déduction fiscale de la part du gouvernement à la fin de l’année. 


    Evangelisch-mennonitische Freikirche, Dresden, Germany, shares
a meal outside with refugees from Venezuela as part of their
Anabaptist World Fellowship Sunday celebration in 2024.
  • Changements dans l’équipe des représentants régionaux  

    « J’ai personnellement expérimenté le pouvoir de ‘vivre l’unité’ au sein de communautés diverses et le besoin constant de ‘construire la paix’ par le dialogue et la compréhension », témoigne Vikal Pravin Rao, nouveau représentant régional pour l’Asie du Sud. 

    Les représentants régionaux de la CMM sont des bénévoles à temps partiel qui développent et soutiennent les relations avec les églises membres, membres associés et membres potentiels de la CMM, les églises locales ainsi que les agences et les partenaires liés à la CMM. Cette année, plusieurs changements ont été apportés à l’équipe des représentants régionaux. 

    Selon César García, secrétaire général, « nos représentants régionaux jouent un rôle crucial en reliant le travail de la Conférence Mennonite Mondiale et celui de nos églises membres dans le monde. « Ces responsables possèdent une connaissance approfondie des églises de leur région. Ils s’efforcent de renforcer ce lien pour que nous puissions partager nos dons de manière encore plus profonde au sein de la CMM. » 

    Les représentants régionaux ne se contentent pas de présenter la Conférence Mennonite Mondiale aux unions d’églises, mais ils relaient également les préoccupations de ces dernières à l’ensemble de la famille mondiale. 

    Après plus d’une décennie de service, Cynthia Peacock a pris sa retraite de son poste de représentante régionale pour l’Asie du Sud. 

    « Cynthia a incarné parfaitement le travail d’un représentant régional depuis la création du poste. Elle n’a cessé de rencontrer les dirigeants des églises, d’écouter attentivement et avec sagesse les nombreux défis des églises, et d’encourager les dirigeants à suivre Jésus, à construire la paix et à vivre dans l’unité », déclare Janet Plenert, coordinatrice des représentants régionaux. 

    En savoir plus “Je suis devenue mennonite dans mon cœur”

    Vikal Pravin Rao occupe le poste de secrétaire général de l’Église mennonite indienne (MCI), basée au Chhattisgarh. Son mandat prendra fin en novembre, juste avant qu’il ne prenne ses fonctions de représentant régional pour la CMM. Lui et son épouse Roopam Rao ont un fils et une belle-fille. 

    Vikal Pravin Rao a été le représentant de l’Asie lors du premier Sommet Mondial de la Jeunesse au Zimbabwe en 2003. Il a travaillé au sein de l’équipe de serviteurs mondiaux (jeunes dirigeants) qui ont contribué à organiser le Village Mondial de l’Église lors de l’Assemblée en Inde en 1997 et il a coordonné l’expérience immersive de l’exposition pour l’Assemblée tenue en Pennsylvanie (États-Unis) en 2015. Il vient tout juste de terminer un mandat à la Commission des diacres (2018-2025). En raison de sa fonction au sein de cette commission, il accompagnait souvent Cynthia Peacock lors des visites aux huit églises membres de la CMM en Inde et à l’église membre au Népal. 

    « Mon expérience au sein de la Commission Diacres, pendant laquelle j’ai assisté Mme Cynthia Peacock lors de visites dans des églises membres de la CMM en Inde et au Népal, a accru ma détermination à adhérer à ces principes (slogan de la CMM). Je pense que ma capacité à établir des liens avec divers groupes, à saisir les enjeux locaux et à promouvoir des solutions collaboratives sera très utile pour renforcer la présence et l’impact de la CMM en Asie du Sud, ‘suivant Jésus’ comme notre guide », dit-il. 

    Deux autres représentants régionaux ont terminé leur mandat. Gerald Hildebrand, pasteur de longue date au sein des frères mennonites au Canada, a pris sa retraite en tant que représentant régional de la CMM pour l’Amérique du Nord en juin, après les réunions du Conseil général en Allemagne. Il occupait cette fonction depuis les réunions du Conseil Général au Kenya en 2018. 

    « Gerald est un pasteur dans l’âme et il a mis cette âme au service de son travail. Navigant entre les relations parfois conflictuelles entre les confessions nord-américaines, il s’est imposé comme une présence paisible, patiente et à l’écoute », déclare Janet Plenert. 

    Cynthia Dück, qui représentait conjointement la grande région du cône Sud (Cono Sur) en Amérique latine, a également terminé son mandat commencé juste avant l’Assemblée en Indonésie. Infirmière de formation et membre de l’Église des frères mennonites, elle avait précédemment occupé le poste de coordinatrice de l’hébergement pour l’Assemblée mondiale au Paraguay en 2009. 

    « Cynthia a apporté une énergie jeune, une grande aisance avec les médias sociaux et des compétences linguistiques (anglais, espagnol et allemand). Son dynamisme a ouvert de nouvelles voies de communication avec les églises de la région », explique Freddy Barrón, qui travaille conjointement avec Cynthia dans la région du cône Sud. 

    « Nous sommes reconnaissants envers ces fidèles serviteurs qui mettent leur sagesse et leur expérience au service de l’Église mondiale en tant que représentants régionaux. Nous savons que chacun d’entre eux continuera à suivre Jésus, à vivre l’unité et à construire la paix dans le prochain chapitre de leur vie », déclare César García, secrétaire général de la CMM. 


    2025 Regional Reps - different size
  • « J’ai toujours souhaité voir et comprendre le monde au-delà de mon environnement immédiat, d’apprendre auprès de différentes communautés. Quand j’ai découvert la vision de YAMEN pour les jeunes en matière d’apprentissage et de service au niveau mondial, j’y ai vu une plateforme qui me permettrait de m’épanouir, de me former et de m’équiper pour mon propre bien, pour celui de l’église et de celui de ma communauté. » explique Moses Johnson Jumbo.

    Moses Jumbo est membre de l’Eglise mennonite du district d’Inen, au Nigeria. Au cours de son année YAMEN, il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison pour la CMM Tchad dans le cadre du programme YAMEN d’août 2024 à juillet 2025.

    Le Réseau Anabaptiste Mondial d’Échange de Jeunes (YAMEN) est un programme conjoint du Comité central mennonite (MCC en anglais) et de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM). Il a pour objectif de promouvoir la communion entre les églises de la tradition anabaptiste et de former de jeunes dirigeants partout dans le monde. Les participants vivent une année dans un contexte interculturel, à compter du mois d’août jusqu’au mois de juillet de l’année suivante.

    « Au cours de mon année YAMEN, j’ai vécu une profonde transformation sur le plan spirituel. Avant, je vivais en respectant un certain nombre de codes sociaux, que je pensais normaux. Mais à travers ma fréquentation régulière du centre de louanges, des cultes personnels réguliers et des conversations avec les délégués nationaux, mon état d’esprit s’est clarifié. » raconte Moses Jumbo. « Aujourd’hui, en servant dans l’Eglise, je partage cette transformation sur le nécessaire renouveau de l’esprit, y compris auprès de mes amis. »

    Moses s’est montré particulièrement enthousiaste à l’idée d’apprendre la gestion de projet, l’évaluation et la liaison (note de traduction : l’abréviation anglaise est PMER pour Project Management, Evaluation and Reporting) au cours de son stage.

    « J’ai appris à planifier, gérer et évaluer des projets concrets et à faire bouger les choses. Pour moi, c’est plus qu’une compétence acquise, c’est une vocation, et j’aime beaucoup ça ! », s’exclame le jeune homme. « Chaque fois que je me suis rendu sur le terrain avec mon équipe, j’ai vu l’importance d’écouter les points de vue des gens et de valoriser leurs contributions aux projets. Cela m’a appris qu’être artisan de paix, ce n’est pas seulement résoudre des conflits, mais c’est aussi une façon de vivre, en essayant de mieux comprendre mon prochain. »

    Il ajoute que chez lui, au Nigeria, il travaille pour un projet d’initiative pour la paix au sein de sa communauté. Le but est d’éduquer et de sensibiliser les jeunes à la nécessité de rejeter le sectarisme et la violence, pour le remplacer par des valeurs de paix, d’unité, de compréhension des uns des autres.

    Il rêve à la mise en place d’un réseau dans les écoles du secondaire de la région d’Akwa Ibon. « Cette vision est née lorsque j’ai réalisé que beaucoup de comportements négatifs parmi les jeunes de cette communauté proviennent d’un certain degré d’ignorance. A travers ce réseau, j’espère les sensibiliser et leur proposer des alternatives positives. »

    « Servir avec la CMM au Tchad m’a touché profondément, et m’a rempli d’amour. Si cela était possible, j’aurais aimé poursuivre le programme pendant plusieurs années. » ajoute Moses.

    Moses Jumbo avec Jonathan Nguerassem (coordinateur de projet MCC) et Beatrice Uwase (aussi participante au programme YAMEN, originaire du Rwanda) au bureau de la CMM du Tchad, où il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison.
    Moses Jumbo avec Jonathan Nguerassem (coordinateur de projet MCC) et Beatrice Uwase (aussi participante au programme YAMEN, originaire du Rwanda) au bureau de la CMM du Tchad, où il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison.
    Moses Jumbo pendant une visite sur le terrain, en rencontre avec une organisation partenaire de la CMM Tchad.
    Moses Jumbo pendant une visite sur le terrain, en rencontre avec une organisation partenaire de la CMM Tchad.
    Jonathan Nguerassem (coordinateur de programme MCC) remet un diplôme de l’Association évangélique pour la paix et la justice (Tchad) à Moses Jumbo pour son excellente année de service et de partenariat.
    Jonathan Nguerassem (coordinateur de programme MCC) remet un diplôme de l’Association évangélique pour la paix et la justice (Tchad) à Moses Jumbo pour son excellente année de service et de partenariat.

    « Dès mon arrivée à l’aéroport au tout début du programme, j’ai ressenti tout l’amour de l’équipe autour de moi. Leur accueil chaleureux m’a tout de suite mis à l’aise. J’ai continué à ressentir cet amour chaque jour, dans leur façon de valoriser mon opinion, de toujours m’encourager, d’être toujours prêts à me soutenir.

    L’équipe a toujours été ouverte à écouter mes idées, en me disant souvent : « Moses, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à nous demander ». Ces mots de soutien m’ont donné confiance et ont renforcé nos relations.

    Je ressentais quotidiennement la chaleur de l’amitié au sein de l’équipe. Elle était sincère et m’a donné un sentiment d’appartenance durable.

    Vivre et servir avec des personnes de différentes origines m’a appris à voir Christ dans les autres, d’étendre son amour au-delà des frontières. Grâce à YAMEN, j’ai découvert que suivre Jésus signifie devenir un vecteur d’espoir pour mes proches, ma communauté, et n’importe où je vais.

    Au début, ce n’était pas facile de me retrouver dans un nouvel environnement, d’entendre une langue que je ne comprenais pas, et d’entrer en communion de louange avec des gens dont l’approche théologique était différente de celle dont j’avais l’habitude. Mais avec le temps, j’ai commencé à voir l’unité en apprenant à m’adapter, à aimer, respecter et apprécier les autres malgré nos différences. » poursuit Moses.

    « Pour moi, « le courage d’aimer » est devenu une réalité durant mon temps YAMEN de stage au Tchad. En étant originaire du Nigeria, prendre la décision de servir au Tchad est un acte de courage. Vivre dans un nouveau pays, avec une nouvelle langue, dans un nouvel environnement n’a pas non plus été facile au début, mais j’ai appris qu’aimer va au-delà de la zone de confort et de familiarité. J’ai alors commencé à exprimer mon amour en servant dans la communauté.

    Peu après mon retour, j’ai organisé un programme de trois semaines d’acquisition de compétences dans mon église. J’ai offert cette formation gratuite pour les jeunes dans les domaines de la coiffure (y compris l’art de tresser les cheveux), de la décoration, de la conception graphique et de la pâtisserie. Cette initiative – inspirée par la passion pour le service dans la communauté insufflé par le programme YAMEN – porte déjà des fruits. »

    Aujourd’hui, Moses sert en tant qu’enseignant bénévole dans l’école mennonite Star Schools, au Nigeria. Il utilise les compétences langagières apprises au cours de son stage immersif au Tchad pour donner des cours de français et d’informatique.

    « Cela me réjouit d’observer l’enthousiasme et l’excitation des élèves pour apprendre ces matières à travers des démonstrations pratiques. Grâce à cet enseignement, je continue de partager mon expérience, de construire des relations, et de former une génération pacifique et qui a un but. » explique Moses Jumbo.


    Le Réseau Anabaptiste Mondial d’Échange de Jeunes (YAMEN) est un programme conjoint du Comité central mennonite et de la Conférence Mennonite Mondiale. Il a pour objectif de promouvoir la communion entre les églises de la tradition anabaptiste et de former de jeunes dirigeants partout dans le monde.

    Les participants vivent une année dans un contexte interculturel, à compter du mois d’août jusqu’au mois de juillet de l’année suivante.

    Moses Jumbo in Chad alongside the MCC country representatives Samuel Okiror, Winfred Okiror, Beatrice Uwase and a lead from a partner organization.
  • Dans toute la ville, remplie d’anabaptistes, les cloches ont retenti ! Environ 3 500 personnes, voire plus, ont envahi les rues de la vieille ville de Zurich le jour de l’Ascension, le 29 mai 2025, pour commémorer le 500e anniversaire de l’anabaptisme. 

    « Aujourd’hui, nous, mennonites de Suisse, sommes une petite communauté », dirent Gladys Geiser et Lukas Amstutz, coprésidents de la Konferenz der Mennoniten der Schweiz, en ouvrant le culte. La ville hôte est le lieu des premiers baptêmes d’adultes connus du mouvement anabaptiste. « Mais, comme nous pouvons le voir lors de ce culte, nous faisons partie d’un mouvement qui est devenu diversifié et international. » 

    Une célébration de la réconciliation

    Toutes les nations réunies 

    Depuis ses débuts avec quelques croyants courageux en Europe, la Conférence Mennonite Mondiale compte désormais 111 unions d’églises dans 61 pays à travers le monde (après la réunion du Comité Exécutif qui s’est tenue quelques jours plus tôt en Allemagne). 

    « Aujourd’hui, nous pouvons tous nous rassembler ici : toutes les nations, comme il est écrit dans la Parole – toutes les nations, toutes les tribus, toutes les langues. 

     Seul le Seigneur peut faire cela », dit Jean-Claude Ambeke, un Frère mennonite angolais vivant en France. 

    Les nuages du matin ont laissé place à une journée ensoleillée, idéale pour se promener dans les rues historiques, remplir les salles de conférence ou écouter les chorales. L’Église réformée a même fourni un vendeur ambulant qui distribuait des glaces. 

     Les participants ont pu se dégourdir les jambes en participant à une visite guidée à pied ou en faisant des jeux de rôles ‘sur le chemin de l’histoire’, tandis que plus d’une douzaine d’ateliers présentaient diverses perspectives sur l’anabaptisme : témoignages, aperçus historiques et questions d’actualité. En outre, la théologienne et journaliste suisse Judith Wipfler a animé une table ronde avec des responsables anabaptistes vivant dans des zones connaissant de grandes difficultés et des conflits, sur le thème ‘Un monde en feu’. 

    Cinq chorales de différentes parties du monde ont donné un concert en intérieur et en extérieur et se sont jointes à une chorale imposante pour le culte. Elles ont interprété des chants préférés de l’Assemblée, tels que « Ewe Thina » et « Kirisuto no heiwa ga ». Un nouveau chant a été présenté par Songs of Peace, dont le refrain est « Nous voulons la justice, nous voulons la paix ! ». 

    Une église importante 

    Les files d’attente pour le culte de clôture ont commencé en milieu d’après-midi. La Grossmünster, qui compte 1 200 places, était pleine à craquer, tout comme les salles annexes (Predigerkirche 350, Friedenskiche 250, FEG 100 et Helferei 130, ajoutée à la dernière minute) — et des centaines de personnes sont restées dehors, assises sur la place ou dispersées dans les cafés, regardant le service sur leur téléphone portable. 

    Pendant ce temps, partout dans le monde, des milliers de personnes se sont connectées en ligne chez eux ou se sont réunies dans des églises, des bureaux ou des musées. 

    Avec la présence de représentants de 13 communions mondiales et de trois organisations œcuméniques multilatérales en tant qu’invités d’honneur, le culte n’était pas seulement consacré à l’anabaptisme, mais aussi à une nouvelle étape sur le chemin de la réconciliation.

    Un cheminement vers la réconciliation 

    « Nous avons tous hérité d’un lourd passé marqué par les divisions de la Réforme. Nous savons que des différences théologiques et pratiques subsistent, mais nous nous réjouissons du cheminement vers la réconciliation que nous avons parcouru ensemble », a déclaré Janet Plenert lors de la liturgie. 

    Lire

    Liturgie de réconciliation : Notre chemin vers la réconciliation 

    Le service a réuni des responsables de la Fédération luthérienne mondiale et de la Communion mondiale des Églises réformées ; le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens a apporté un message du pape Léon XIV. « Je vous assure de ma prière pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. », a lu le cardinal. 

    Alors que John D. Roth, de la CMM, et Hanns Lessing, de la CMER, ont confessé le ‘témoignage commun de l’unité de l’Église’ de leurs communautés, les secrétaires généraux César García et Setri Nyomi se sont lavé mutuellement les pieds « en signe tangible de notre engagement en faveur de la réconciliation », dit J. Nelson Kraybill. 

    Une autre expression concrète de soutien a été la mise à disposition gratuite des bâtiments de l’Église réformée, y compris l’emblématique Grossmünster

    « Se retrouver dans la Grossmünster 500 ans après la division, désormais en tant que ‘famille réconciliée’, est un moment fort dans notre mémoire collective qui, je l’espère, changera la façon dont la prochaine génération racontera notre histoire », a dit John D. Roth. 

    La rencontre, délibérément placée sous le signe de la commémoration, s’est ainsi terminée dans une ambiance festive. Des chœurs venus de cinq régions ont formé un tunnel de chants à la sortie de l’église, sur la place, et les invités ont pris congé en chantant « Siyahamba » (Nous marchons dans la lumière de Dieu).  


    Une célébration de la réconciliation 

    Prière d’ouverture : Prière d’invocation 

    Unissons nos cœurs dans la prière. 

    Dieu de compassion, dans un monde divisé par le nationalisme, les conflits religieux, la xénophobie et la guerre, tu nous as réunis aujourd’hui pour former un peuple issu de nombreuses nations, parlant multiples langues et membres de différentes Églises. 

    C’est par ta grâce, ô Dieu, que nous pouvons nous retrouver dans l’amour. Merci pour l’hospitalité extraordinaire dont ont fait preuve la ville de Zurich et les Églises réformées de Suisse envers les anabaptistes. Bénis cette généreuse bonté ! 

    Merci pour le témoignage de tous ceux présents ici aujourd’hui et qui connaissent et expriment ton amour réconciliateur. Même si l’Église mondiale est parfois divisée, tu nous appelles à vivre comme des frères et sœurs en Christ. Donne-nous le courage de nous aimer les uns les autres et d’aimer « l’autre », quel qu’il soit. 

    Répands ton Esprit Saint sur nous aujourd’hui afin que ta guérison et ton amour puissent se répandre à travers nous vers le monde. Fais de nous, et des Églises que nous représentons, « une nouvelle humanité » unie dans l’amour, « afin que le monde sache » que notre espérance est en Christ, au nom duquel nous prions. 

    Amen. 

    Sunoko Lin, trésorier de la CMM, préside la prière d’ouverture au Grossmünster lors du culte de clôture de la journée anniversaire à Zurich (Suisse).
    Environ 1200 fidèles venus du monde entier ont rempli la Grossmünster pour le culte de clôture, et des milliers d’autres ont suivi l’événement en ligne/Dale Gehman

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    Perturbation : Des enfants de Dieu 

    L’église troublée par des enfants de Dieu 

    Officiant: Enfants de Dieu, nous nous retrouvons ensemble à Zurich, une ville historique, berceau d’un mouvement de renouveau du XVIe siècle dirigé par Ulrich Zwingli, et lieu de naissance de ce mouvement qu’on appelle aujourd’hui l’anabaptisme. 

    [Des centaines de petits tracts contenant des messages tombent du balcon sur les personnes assises dans les bancs et sur l’estrade. Trois manifestants en costume d’époque se lèvent et s’écrient.] 

    1er manifestant/e : Mais qu’est-ce que c’est que cette église ?! Qui appartient vraiment au corps du Christ ? Les Écritures appellent les disciples de Jésus à se séparer de ceux qui ne mènent pas une vie pure ! 

    2e manifestant/e : D’exclure ceux qui ne baptisent pas uniquement sur confession de foi ! 

    3e manifestant/e : D’exclure ceux qui détiennent l’autorité et qui ne laissent pas nos assemblées vivre tranquilles et en paix ! 

    Officiant: Vous perturbez un culte ! Qui êtes-vous ? Pourquoi faites-vous cela ? 

    1er manifestant/e : Nous sommes vos ancêtres anabaptistes. Le Christ est notre autorité. Lui aussi a perturbé l’ordre établi ! 

    2e manifestant/e : Nous avons étudié la Parole. Dieu nous a donné une vision ! 

    1er manifestant/e : Écoutez-nous ! 

    3e manifestant/e : Le royaume de Dieu est proche ! 

    1er manifestant/e : Heureux ceux qui ont faim et soif de justice ! 

    3e manifestant/e : Aux riches, nous disons : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ! » 

    2e manifestant/e : Aux puissants nous disons : « La guerre est contraire à la volonté de Dieu ». Nous obéissons à Dieu et non aux autorités humaines ! 

    3e manifestant/e : Le Christ est avec ceux qui n’ont personne pour les aider — avec les réfugiés, les victimes de la violence, ceux qui sont emprisonnés pour leur foi et leur identité. 

    Officiant: Attendez… s’il vous plait ! Écoutez la parole du Seigneur, telle que l’apôtre Paul l’a proclamée. 

    N’ayez pas de prétentions au-delà de ce qui est raisonnable. Chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage. Nous avons plusieurs membres en un seul corps et ces membres n’ont pas tous la même fonction. … Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ; rivalisez d’estime réciproque. 

    Repentance et lamentation 

    Officiant : L’assemblée vous a écouté. Le cœur tremblant, nous partageons votre espoir et nous partageons vos plaintes. Tous ceux qui sont ici réunis aujourd’hui souhaitent ressembler davantage à Jésus. Nous avons tous péché et sommes privés de la gloire de Dieu. Prions pour la grâce de confesser nos péchés et de mener une vie sainte. 

    1er manifestant/e : Merci de nous avoir écoutés. 

    Officiant : Les eaux du baptême nous ont divisés. 

    [versant de l’eau] 

    Mais ceux qui boivent à la source salvatrice de Jésus n’auront plus jamais soif. Purifie-nous, Saint-Esprit, rafraîchis-nous avec l’eau de la vie éternelle. 

    Officiant : Nous ne croyons pas que Jésus soit mort en vain. Nous ne croyons pas que ceux qui ont souffert pour leur foi à travers les âges l’aient fait en vain. 

    2manifestant/e : Oui ! Nous avions besoin de vous l’entendre dire. 

    Officiant : Prions. Dieu tout-puissant, nous venons devant toi non pas par notre propre justice, mais grâce à ta grande miséricorde. 

    1er manifestant/e : Pardonne-nous l’arrogance de penser que nous pourrions être parfaits et sans péché. 

    2e manifestant/e : Que nous vivions dans des communautés à l’écart du monde ou au milieu du monde, pardonne-nous d’être aveugles aux besoins de nos prochains. 

    3e manifestant/e : Pardonne-nous toutes les fois où nous n’avons pas « pratiqué la justice et aimé la miséricorde ». 

    1er manifestant/e : Pardonne-nous notre silence… de ne pas avoir su « rendre raison de l’espérance qui est en nous ». 

    2e manifestant/e : Pardonne-nous d’avoir refusé de travailler avec des personnes différentes de nous, même lorsque le besoin était grand. 

    3manifestant/e : Pardonne-nous d’avoir méprisé d’autres églises et d’avoir manqué des occasions d’apprendre d’elles et de collaborer avec elles. Merci pour ces communautés de foi qui nous ont ouvert leur cœur et qui marchent avec nous sur le chemin de Jésus. 

    Officiant : Reçois nos prières, ô Père, au nom de Jésus-Christ, par la puissance du Saint-Esprit. 

    Ensemble, unissons-nous dans la prière que le Christ a prononcée… chacun dans sa propre langue. 

    « Notre Père… » 

    Annonce du pardon 

    Officiant Le Christ lui-même a dit : « Tes péchés sont pardonnés. Va et ne pèche plus ». Nous sommes pardonnés, aimés et libres. Amen. 

    Lisa Carr-Pries (Canada), vice-présidente de la CMM, et Danisa Ndlovu (Zimbabwe), ancien président de la CMM, ont dirigé cette liturgie. Ebenezer Mondez (Philippines), James Jakob Fehr (Allemagne) et Ulrike Schmutz (Suisse) ont joué le rôle des manifestants. 

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    Sermon : Le courage d’aimer

    Le courage d’aimer

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    Liturgie de réconciliation : Notre chemin vers la réconciliation 

    Voici [ci-dessous] les paroles que les responsables des différentes communions ont prononcé. Lorsque les représentants luthériens et mennonites ont pris la parole, ils ont tracé une croix sur le front de leur interlocuteur. Lorsque les représentants réformés et mennonites ont pris la parole, les secrétaires généraux se sont lavé les pieds mutuellement.

    Représentants

    Représentants de la Conférence Mennonite Mondiale 

    • Anne-Cathy Graber, secrétaire aux relations œcuméniques 
    • J. Nelson Kraybill, ancien président 
    • Janet Plenert, ancienne vice-présidente, actuelle coordinatrice des représentants régionaux 
    • John D. Roth, président du comité de planification de Renouveau 
    • Larry Miller, ancien secrétaire general 

    Représentant de l’Église catholique 

    • Cardinal Kurt Koch, Préfet, Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens 

    Représentant de la Fédération luthérienne mondiale 

    • Pasteure Anne Burghardt, secrétaire générale 

    Représentants de la Communion mondiale d’Églises réformées 

    • Pasteur Hanns Lessing, secrétaire exécutif pour la communion et la théologie 
    • Pasteur Dr Setri Nyomi, secrétaire général intérimaire 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, lors de notre culte [des membres de la] Conférence Mennonite Mondiale, ainsi que des représentants d’autres traditions anabaptistes et des Églises libres, se sont réunis aux côtés de représentants de l’Église catholique romaine, de la Fédération luthérienne mondiale et de la Communion mondiale d’Églises réformées pour rendre un témoignage commun. 

    Nous héritons tous d’un lourd passé marqué par les divisions issues de la Réforme. Nous savons que des différences théologiques et pratiques subsistent, mais nous nous réjouissons du cheminement vers la réconciliation que nous avons parcouru ensemble. 

    En 2003, catholiques et mennonites ont conclu un dialogue de cinq ans intitulé ‘Appelés ensemble à faire Œuvre de Paix’, qui partait du constat commun que ‘l’allégeance au Christ comme Seigneur prime sur les exigences de l’État’. 

    Plus récemment, la participation des catholiques et des luthériens au Dialogue trilatéral sur le baptême a contribué à clarifier les points de convergence ainsi que les différences persistantes concernant notre compréhension et notre pratique du baptême. Nous considérons ces dialogues comme un don à l’Église. 

    Les catholiques 

    Message du Saint Père Léon XIV aux participants à la commémoration 
    des 500 ans du mouvement anabaptiste 

    Alors que vous vous réunissez pour commémorer les 500 ans du mouvement anabaptiste, chers amis, je vous salue cordialement en reprenant les premiers mots prononcés par Jésus ressuscité : « La paix soit avec vous! » (Jean 20.19). 

    Dans la joie de la célébration de Pâques, comment ne pas méditer sur l’apparition du Christ le soir de ce « premier jour de la semaine » (ibid.), lorsque Jésus a non seulement traversé les murs et les portes closes, mais est aussi entré dans le cœur de ses disciples où régnaient la peur et la confusion ? En outre, en accordant son don si précieux de la paix, le Christ était sensible aux expériences de ses disciples, ses amis, et n’a pas caché les marques de sa Passion encore visibles sur son corps glorieux. 

    En recevant la paix du Seigneur et en acceptant son appel, qui implique d’être ouvert aux dons du Saint Esprit, tous les disciples de Jésus peuvent s’immerger dans la nouveauté radicale de la foi et de la vie chrétiennes. En effet, un tel désir de renouveau caractérise le mouvement anabaptiste lui-même. 

    La devise choisie de votre célébration, « Le courage d’Aimer », nous rappelle, avant tout, la nécessité pour les catholiques et les mennonites de tout mettre en œuvre pour vivre le commandement de l’amour, l’appel à l’unité chrétienne et la mission de servir les autres. Elle souligne également la nécessité d’une réflexion honnête et bienveillante sur notre histoire commune, qui comporte des blessures douloureuses et des récits qui affectent les relations et les perceptions qu’ont les catholiques et les mennonites jusqu’à aujourd’hui. 

    Combien importante est donc cette purification des mémoires, et cette relecture commune de l’histoire, qui peuvent nous permettre de guérir les blessures du passé et de construire un nouvel avenir grâce au « courage d’aimer » ! En outre, ce n’est qu’ainsi que le dialogue théologique et pastoral pourra porter des fruits qui demeurent (cf. Jean 15.16). 

    Ce n’est certainement pas une tâche facile ! Pourtant, c’est précisément dans des moments particuliers d’épreuve que le Christ a révélé la volonté du Père : c’est lorsque les pharisiens ont cherché à l’éprouver qu’il nous a enseigné que les deux plus grands commandements sont d’aimer Dieu et notre prochain (cf. Matthieu 22.34-40). C’est à la veille de sa Passion qu’il a parlé de la nécessité de l’unité, « afin que tous soient un […] afin que le monde croie » (Jean 17.21). Mon souhait pour chacun de nous est donc que nous puissions dire avec saint Augustin : « Mon espérance tout entière repose uniquement sur la grandeur immense de ta miséricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu désires. » (Les Confessions, X, 29, 40). 

    Enfin, dans notre monde déchiré par la guerre, notre marche continue vers la guérison. L’approfondissement de la communion fraternelle a un rôle essentiel à jouer, car plus les chrétiens seront unis, plus notre témoignage du Christ, Prince de la Paix, sera efficace pour édifier une civilisation où l’on se rencontre dans l’amour. 

    Avec ces vœux, je vous assure de ma prière pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. Sur vous tous, j’invoque la joie et la sérénité qui viennent du Seigneur ressuscité. 

    Du Vatican, le 23 mai 2025 

    LEO PP. XIV 

    Les mennonites 

    En 2010, l’Assemblée mondiale luthérienne, réunie à Stuttgart, en Allemagne, a officiellement approuvé une ‘action mennonite’, sur la base du rapport d’un dialogue de cinq ans intitulé ‘Guérir les Mémoires : se réconcilier dans le Christ’. Un culte de réconciliation a été célébré, au cours duquel les deux communautés se sont mutuellement pardonnées et se sont engagées à interpréter les confessions luthériennes et les récits mennonites de leur passé à la lumière de l’histoire commune décrite dans ce rapport. Ce processus a marqué un moment clé dans les relations entre nos deux communautés et a jeté les bases d’un apprentissage mutuel sur les thèmes du baptême et de la relation des chrétiens à l’État. 

    Lors du service de réconciliation en 2010, toutes les personnes présentes ont fait le signe de la croix afin de nous rappeler la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. La croix touche les blessures du péché, guérit nos fractures et restaure nos vies. Elle promet la guérison par la grâce de Dieu et est le signe du don d’un cœur nouveau et d’un esprit nouveau. 

    Aujourd’hui, la Conférence Mennonite Mondiale et la Fédération Luthérienne Mondiale se souviennent et renouvellent leur engagement par le signe de la croix. 

    Les luthériens 

    Lors du dialogue ‘Guérir les Mémoires’, nous nous sommes engagés à écouter attentivement l’histoire de l’autre communion et à relater l’histoire de nos débuts communs d’une manière qui puisse être acceptée par les deux parties. La conviction luthérienne selon laquelle l’initiative de Dieu rend possible notre réponse dans la foi a été chaleureusement accueillie par les mennonites. La demande luthérienne de pardon pour avoir persécuté les anabaptistes a été pleinement accordée. L’analyse commune et honnête du baptême a contribué à ouvrir la voie à un dialogue trilatéral fructueux sur le baptême avec la Conférence Mennonite Mondiale et l’Église catholique. 

    Nous rendons grâce à Dieu que de plus en plus de luthériens et de mennonites apprécient le témoignage de l’Évangile de chacun. 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, à Zurich, nous célébrons les progrès accomplis vers la réconciliation avec les représentants de la tradition réformée. 

    En 2004, la ville de Zurich et l’Église réformée suisse ont contribué à l’érection d’une plaque commémorative sur les rives de la Limmat, en souvenir de l’exécution de Felix Manz et de six autres anabaptistes à Zurich. 

    Trois ans plus tard, la Conférence mennonite suisse et l’Église réformée du canton de Zurich ont conclu un dialogue important dans lequel elles s’engageaient à poursuivre le chemin de la réconciliation. Dans ce document, les mennonites affirmaient : « Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes. Nous appartenons à Jésus-Christ, qui nous appelle à le suivre, qui a abattu le mur de la séparation et qui a uni les peuples proches et lointains en un seul corps. » 

    La semaine dernière, le Conseil Général de la Conférence Mennonite Mondiale a officiellement reçu une déclaration rédigée avec des représentants de la Communion mondiale d’Églises réformées intitulée ‘Restaurer l’intégrité de notre famille : la recherche d’un témoignage commun’. 

    Pendant que nous écouterons une litanie de confession, de gratitude et d’engagement tirée de cette déclaration, le Secrétaire General de la Conférence Mennonite Mondiale, César García, et le Secrétaire General par intérim de la Communion mondiale d’Églises réformées, Setri Nyomi, se laveront mutuellement les pieds en signe tangible de notre engagement en faveur de la réconciliation. Nous vous invitons tous à être témoins de ce signe de repentance et de pardon. 

    Les réformés 

    Nous avons confessé l’origine commune de nos Églises et la douleur causée par leur fracture. Nous demandons à Dieu de bénir la redécouverte d’une compréhension commune de l’Évangile afin qu’elle inspire l’évangélisation et la paix. 

    Les mennonites 

    En présence de représentants de l’Église tout entière, la Conférence Mennonite Mondiale et la Communion mondiale d’Églises réformées rendent un témoignage commun de l’unité de l’Église. 

    Les réformés 

    Aujourd’hui, nous commémorons les origines communes de nos communions mondiales, nous confessons notre relation brisée, et nous nous réjouissons de ce que maintenant, grâce à des efforts soutenus pendant de nombreuses années pour nous comprendre mutuellement et nous réconcilier, nous pouvons obéir à Christ notre Paix en nous engageant dans l’unité de l’Esprit. Liés les uns aux autres, nous persévérons dans l’entretien de cette unité. Nous nous engageons à être humbles, patients, honnêtes et, par-dessus tout, animés par l’amour, dans notre marche commune en tant que corps unique de Christ. 

    Les mennonites 

    Rassemblés sous le regard bienveillant de Dieu, nous célébrons le fait que notre identité se trouve dans notre confession commune de Jésus comme Seigneur, dans nos ancêtres communs de foi, et dans notre appel commun à être des disciples et des témoins de l’Évangile au sein d’un monde fragmenté. 

    Les réformés 

    Nous avons été bénis dans nos traditions d’avoir une passion pour la justice et la paix. Que le Dieu de la croix et de la résurrection nous donne le courage et le désir de poursuivre la paix et de pratiquer la justice qui résiste à la violence, à l’oppression et au désastre écologique, une justice qui trouve son expression la plus complète dans le pardon, la miséricorde et la réconciliation. 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, en tant que membres anabaptistes et réformés du Corps de Christ, nous affirmons que notre témoignage devant le monde est nourri et soutenu par la grâce de Dieu qui nous rend capables d’aimer Dieu, de nous aimer les uns les autres, ainsi que toute la création. 

    Les réformés 

    Ensemble, nous nous engageons dans la mission fondamentale de la proclamation de l’Évangile d’amour dans chacun de nos contextes, face aux défis et exigences qui leur sont propres. Nous ne voulons pas laisser la peur, la méfiance ou des obstacles au dialogue nous détourner de cet appel. 

    Les mennonites 

    Nous promettons de cheminer ensemble pour guérir les blessures du passé, et travailler à l’unité du Corps de Christ. Nous nous engageons à apprendre les uns des autres en partageant la richesse et la diversité de nos traditions. Nous nous attachons à coopérer de façon résolue pour proclamer la miséricorde de Dieu et ouvrir les portes à la justice qui conduit à la paix. 

    Les réformés 

    Ensemble, nous prions pour le Corps de Christ. En Christ nous sommes membres les uns des autres, sœurs et frères de la même chair et du même Esprit. 

    Les mennonites 

    Ensemble, nous accueillons le don de l’unité dans la conviction que c’est toi, ô Dieu, qui es en train de restaurer l’intégrité de ta famille. Amen 

    Confesser ensemble notre foi 

    En reconnaissance de notre identité commune au sein du corps du Christ, les participants se sont levés et ont récité – chacun dans sa propre langue – le Credo de Nicée. Cette ancienne déclaration de foi chrétienne issue du Conseil œcuménique de Nicée marque cette année son 1700e anniversaire.

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    Une litanie pour la guérison des nations 

    La litanie a été ponctuée en versant de l’eau en souvenir du baptême, et par de courts morceaux à l’orgue. 

    Aujourd’hui, nous sommes réunis pour le culte dans la ville où les premiers anabaptistes ont été inspirés par les enseignements d’Ulrich Zwingli… et au bord des eaux de la Limmat où Felix Manz, le premier martyr anabaptiste, a été exécuté. 

    [L’eau est versée] 

    Dieu d’amour, nous nous souvenons de Felix Manz et des disciples de l’Agneau de toutes époques et de tous lieux qui ont souffert à cause de leur fidélité. 

    Une voix forte sort du trône de Dieu et dit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. […] À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » (Apocalypse 21.5-6) 

    [L’eau est versée] 

    Dieu d’amour, dans un monde déchiré par la guerre et dans une Église mondiale trop souvent divisée, comme nous avons soif que tu renouvelles toutes choses ! Viens, Seigneur Jésus ! 

    [interlude à l’orgue] 

    « Puis il me montra un fleuve d’eau vive, brillant comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve, est un arbre de vie produisant douze récoltes. Chaque mois il donne son fruit, et son feuillage sert à la guérison des nations. » (Apocalypse 22.1-2) 

    Nous voyons avec douleur que nos différences sont devenues une source de conflit et de division, et nous prions aujourd’hui pour avoir le courage et la créativité nécessaires pour les repenser de manière à enrichir notre unité dans le corps du Christ. 

    [L’eau est versée] 

    Pour la guérison des nations ! Pour la guérison de l’Église ! « En Christ, nous sommes membres les uns des autres, sœurs et frères de la même chair et du même Esprit… » 

    Dieu de guérison, le fleuve d’eau vive nous a atteints. Les feuilles de l’arbre de vie ont apporté la guérison entre les communions représentées ici aujourd’hui. 

    [interlude à l’orgue] 

    « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. 

    Je suis le rejeton et la lignée de David, l’étoile brillante du matin. L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Que celui qui a soif vienne. 

    Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement » (Apocalypse 22.16-17) 

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    Le courage d’aimer dans un monde perturbé  

    Ô, Dieu, notre secours par le passé, notre espoir pour les années à venir : 

    Grâce à l’œuvre du Saint-Esprit en nous, nous retrouvons l’espoir en voyant la guérison et l’unité se manifester dans l’Église mondiale. 

    Nous gardons espoir en voyant la vitalité des Églises géographiquement éloignées des racines confessionnelles en Europe représentées ici aujourd’hui. 

    Nous gardons espoir en voyant le travail de l’évangélisation et la paix sont unis dans de nombreux endroits à travers le monde. 

    Mais surtout, nous avons de l’espoir parce que, en Christ, tu as promis que tu serais avec nous « tous les jours, jusqu’à la fin des temps ». 

    Viens, Esprit Saint, donne-nous la fidélité des saints à travers les âges. Comme eux, ne nous laisse jamais avoir honte de l’Évangile. Seigneur Jésus-Christ, bénis-nous en nous donnant le courage de prendre le risque de nous aimer les uns les autres, d’aimer nos prochains et même nos ennemis, comme tu nous as aimés. 

    Amen. 

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  • C’était une jeune esclave. Nous ne connaissons pas son nom, mais nous savons qu’elle était prisonnière de guerre. Nous ne pouvons qu’imaginer la détresse, le désarroi et le traumatisme qu’elle a dû endurer en tant que personne déplacée, une réfugiée esclave dans un pays étranger. 

    L’histoire est racontée dans le chapitre 5 du deuxième livre des Rois. Naaman, un commandant de l’armée araméenne, vient de remporter une importante victoire militaire sur le peuple d’Israël. Une jeune fille faisait partie du butin de guerre, et Naaman l’a forcée à devenir la servante de sa femme. 

    Mais maintenant, Naaman, celui qui l’a réduite en esclavage, est malade. Et la jeune fille sait exactement ce qu’il faut faire pour le guérir. 

    C’est un moment décisif : alors qu’elle vit parmi ceux qui ont brisé ses rêves, détruit ses relations, anéanti sa famille et lui ont pris ses biens, sa liberté et son identité culturelle, elle est confrontée à un choix difficile. 

    Comment va-t-elle réagir face à ceux qui menacent son existence ? 


    Il y a environ 500 ans, Ulrich Zwingli était confronté à la même question : comment réagir face à ceux qui menaçaient son existence et celle de sa ville ? Les circonstances étaient très différentes. Il était le meneur de la Réforme à Zurich et pasteur dans cette même église [où nous nous trouvons]. 

    Au printemps 1529, les autorités catholiques menaçaient d’écraser la Réforme à Zurich. Craignant que ses réformes ne s’effondrent et que la progression de l’Évangile soit stoppée, Zwingli, inquiet, envoya un appel urgent au Conseil municipal, l’exhortant à mobiliser une armée. 

    Dans une lettre au Conseil, Zwingli inclut une phrase qui deviendra plus tard un slogan de la Réforme suisse. « Pour l’amour de Dieu, » écrivit-il, « faites quelque chose de courageux ! » 

    Pour Zwingli, l’objectif était clair : face aux ennemis de l’Évangile, le courage signifiait se mobiliser pour la guerre. 

    À quoi ressemble le courage lorsque nous sommes confrontés à des choix difficiles ? Cette question est tout aussi pertinente aujourd’hui qu’il y a 500 ans ou au IXe siècle avant Jésus-Christ. 

    De toute évidence, la servante de Naaman aurait dû se taire. Après tout, elle était jeune, elle était une femme, elle était israélite et elle était esclave. Elle n’avait pas le droit de parler. 

    De plus, Naaman était un païen et un oppresseur, ce qui suffisait à le rendre odieux aux yeux des Israélites. Et sa maladie de peau le rendait encore plus impur du point de vue de la loi juive. 

    Rien ne lui donnait l’autorité de prendre la parole, et pourtant elle l’a fait. Elle a trouvé le courage d’agir d’une manière qui transcendait son identité de victime… Elle a trouvé le courage de répondre avec compassion et même avec amour. 

    « Il y a un prophète en Samarie, le pays de vos ennemis, qui peut vous guérir. » lui dit-elle 

    Le courage est précisément ce dont les victimes ont besoin pour trouver leur voix et résister au silence que les autres veulent leur imposer. 

    Pourtant, le courage, en particulier face à nos agresseurs, nos bourreaux ou nos ennemis, prend de multiples formes. 

    Pour Zwingli, le courage face aux ennemis de l’Évangile signifiait se mobiliser pour la guerre. 

    Pour certains chrétiens, le courage implique souvent l’attente d’une justice punitive, exigeant que les coupables paient pour leurs actes et subissent un châtiment juste pour leurs crimes violents. 

    Pour de nombreux dirigeants politiques, le courage implique une riposte légitime contre leurs ennemis. 

    Certaines personnes exigent une justice qui exclut toute possibilité de pardon et de transformation pour l’oppresseur, garantissant ainsi que le cycle de la violence se poursuivra dans la génération suivante. 

    Jésus, cependant, a proposé un modèle différent. Il n’a pas nié ni ignoré la violence, l’oppression et l’injustice terribles de son époque. Mais il n’a pas non plus cherché à se venger. Dans le chapitre 4 de Luc, immédiatement après avoir proclamé son ministère dans la synagogue en lisant Ésaïe 61, Jésus mentionne l’histoire de Naaman et de sa guérison miraculeuse. 

    Bien qu’il ne nomme pas la jeune fille, nous reconnaissons dans ses actions quelque chose qui touche au cœur même de l’Évangile. Jésus n’a jamais eu peur d’affronter l’injustice ; cependant, la justice qu’il prêchait ouvre la porte à la transformation de l’oppresseur. Dans les Évangiles, la justice n’est pas rétributive ; elle ne donne pas aux oppresseurs ce qu’ils méritent, mais plutôt ce dont ils ont besoin : la vérité, l’amour, la compassion, la possibilité de se transformer et le pardon. 

    Dans le récit de 2 Rois, la jeune fille refuse de voir la vulnérabilité de son oppresseur comme une occasion de vengeance ou de représailles. Au contraire, sa voix incarne l’espoir et l’accueil pour quelqu’un qui lui a causé un tort immense. 

    Elle a eu le courage d’aimer, offrant à son agresseur ce qu’il ne pouvait obtenir avec sa puissance : la guérison, la liberté et la possibilité d’un nouveau départ. Elle n’a pas donné à Naaman ce qu’il méritait, mais ce dont il avait besoin : la chance d’être transformé. 

    C’est un amour qui dépasse l’entendement humain. 


    Il y a cinq cents ans, un nouveau mouvement au sein de l’Église à Zurich et dans d’autres régions d’Europe a trouvé ce courage dans sa relation avec Jésus, dans sa vie et ses enseignements, dans sa mort et sa résurrection, affirmant que l’appel de Dieu à aimer son ennemi n’est pas ‘idéaliste’ ou ‘naïf ’. Pour eux, le courage d’aimer, rendu possible par l’œuvre du Saint-Esprit, était la seule voie vers une nouvelle humanité. Ce mouvement fut connu sous le nom d’anabaptisme. C’est cette tradition chrétienne que nous commémorons ici aujourd’hui. Malheureusement, Zwingli et d’autres dirigeants de l’Église européenne de l’époque perçurent le mouvement anabaptiste comme une menace et y répondirent par la violence et la persécution. 

    Pour l’amour de Dieu, faites quelque chose de courageux ! 

    Tôt le matin du 11 octobre 1531, Zwingli a conduit un groupe de soldats zurichois sur un champ de bataille juste à l’extérieur de la ville pour affronter l’armée catholique qui menaçait sa vision d’une Zurich réformée. Ils ont été presque immédiatement écrasés. Alors qu’ils tentaient de battre en retraite, Zwingli a été tué, ainsi qu’au moins 500 autres citoyens de Zurich. 

    Aujourd’hui, alors que nous commémorons la mémoire des premiers anabaptistes, je nous invite à nous poser la question suivante, aussi bien en tant qu’individus qu’en tant qu’églises : que signifie « faire quelque chose de courageux, pour l’amour de Dieu » ? 

    Photo : Après la ‘perturbation’, César García, secrétaire général de la CMM, prêche sur le thème ‘Le Courage d’aimer’/Preshit Rao

    Following the “disruption,” César García, MWC
general secretary, preaches on The Courage to Love.

    Fortifiés par le Saint-Esprit, pouvons-nous trouver le courage de briser le cycle de la violence ? 

    Pouvons-nous affronter directement notre passé, non pas pour appuyer et revenir sur ce que nous avons subi, mais pour guérir nos blessures et celles des autres, et pour réparer les relations brisées ? 

    Pouvons-nous devenir des phares d’espoir dans un monde où la fragmentation et la division semblent progresser de toutes parts ? 

    Pouvons-nous envisager notre avenir comme une nouvelle création, où la compassion et l’amour ouvrent à un nouveau départ ? 

    Le courage d’aimer — activement, avec imagination et vulnérabilité — est plus qu’une technique de résolution des conflits ; c’est une spiritualité profondément enracinée, une stratégie remarquablement originale. Dans un monde où le mal engendre le mal et où la violence engendre davantage de violence, l’amour a le pouvoir de briser ces chaînes. L’amour a le pouvoir de guérir à la fois celui qui aime et celui qui est aimé. 

    Amis chrétiens, suivant les traces de Jésus, ayons ensemble le courage d’aimer, pour l’amour de Dieu ! 

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada).


    Throughout the day, participants gathered
at the “Schipfe” to view the site where
early Anabaptists were drowned as
punishment for their beliefs.
  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026


    Solidarité à Lesbos  

    “Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand.” 1 Corinthiens 13. 13) 

    Comment ces trois choses se manifestent-elles dans la pratique ? Elles se manifestent sous forme de loyauté, d’anticipation et de solidarité. Et la plus grande d’entre elles est la solidarité. 

    Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand. 

    On comprend parfois la foi comme la simple capacité de croire. Mais ce que Paul entend par foi est une relation beaucoup plus profonde. Elle signifie que les gens se font confiance et restent loyaux. C’est une relation de confiance entre les personnes, ou entre les personnes et Dieu. 

    La foi signifie en réalité la loyauté. 

    L’espérance est dirigée vers quelque chose que nous ne possédons pas, mais que nous essayons d’atteindre. Malheureusement, certaines personnes la perdent, car elles ne savent pas quoi espérer. Ou elles sont déçues parce que ce qu’elles espèrent semble leur échapper. 

    Mais l’anticipation est une espérance qui s’accompagne d’une stratégie. 

    Nous pouvons planifier où nous voulons aller avec notre espérance. Il ne s’agit pas de se raccrocher à n’importe quoi, mais de tendre vers un plan tout tracé dont nous anticipons la réalisation. 

    Et l’amour ? 

    L’amour survit à tout le reste. Lorsque nous rêvons nos rêves les plus fous – la guérison de toutes les relations, le renouveau de la confiance dans la société, la présence de Dieu parmi nous dans la joie – lorsque tous ces rêves auront été réalisés, nous n’aurons plus besoin de foi/confiance ou espérance/anticipation. Mais l’amour perdurera. 

    Même dans une société parfaite, si tant est qu’elle existe, nous aurions encore besoin d’amour. 

    Et l’amour mis en pratique, c’est la solidarité. 

    Être solidaires avec ceux qui sont à la fois proches et éloignés de nous. Oui, même ceux qui ont des croyances différentes, qui agissent, parlent, mangent différemment, recevront notre solidarité. Et nous recevrons la leur, car l’amour signifie aussi l’entraide. 

    Mais la solidarité est la plus grande. 

    Sur l’île grecque de Lesbos, des mennonites allemands et néerlandais ont développé une profonde solidarité avec les migrants et les Grecs qui recherchent un monde meilleur. Un monde qui dépasse les frontières et les murs. Où les gens prennent soin les uns des autres et respectent la dignité de chacun. En coopération avec les Community Peacemaker Teams, le Comité mennonite allemand pour la paix (DMFK) envoie des volontaires et des délégations à Lesbos depuis plus de 10 ans maintenant. Nous aidons aujourd’hui à financer une équipe de quatre « solidaires » grecs. 

    Le travail est devenu plus difficile. Même s’il ne fait plus la une des journaux, le service de ces solidaires est extrêmement important. Les migrants qui ont été contraints de diriger un bateau arrivent en Europe avec l’étiquette de « passeurs » et sont régulièrement condamnés à des peines de prison de plus de 100 ans. Notre équipe leur rend visite, les met en relation avec leurs familles, leur fournit des avocats, organise des manifestations, documente les abus. Notre équipe fait preuve d’amour et de solidarité.  

    J. Jakob Fehr est membre du Deutsches Mennonitisches Friedenskomitee (DMFK), le Comité mennonite allemand pour la paix.   

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    Solidarité au sein de la communauté locale 

    En juin 2023, on m’a diagnostiqué un anévrisme près de la rate. J’ai subi une intervention chirurgicale, mais six mois plus tard, je me suis réveillé avec des douleurs abdominales presque insupportables. Astrid (ma femme) et moi sommes très reconnaissants de vivre dans une maison où la solidarité est une réalité. 

    Nos voisins étaient là. 

    Benny, un ancien pompier, m’a giflé pour m’empêcher de sombrer dans le coma. 

    Josiane a aidé Astrid à appeler les urgences. 

    J’ai passé deux jours et demi entre la vie et la mort, alors que des hémorragies internes et des infections se propageaient dans mon abdomen. 

    La situation a été relayée par des amis, des membres de notre église, des membres de notre communauté religieuse et au-delà. Une chaîne de prière et de solidarité s’est formée sans même que je le sache ! 

    Astrid, quant à elle, était bien consciente de la gravité de la situation. Elle témoigne : « Quelle force et quelle puissance avaient ces prières ! Elles ont permis à notre famille de supporter cette épreuve et de garder espoir. Chaque mot, chaque souffle, chaque supplication a été entendu par notre Seigneur tout-puissant, et par la grâce de Dieu, Dieu a répondu positivement. Notre prière est que cette épreuve ne se termine pas avec un seul nom, Max, mais que la puissance toute-puissante du Seigneur soit révélée. » 

    Avec le recul, je peux dire à quel point il est précieux d’avoir une communauté et des amis qui se sont engagés avec amour pour mon rétablissement. Les chirurgiens parlent d’un miracle, et nous sommes d’accord ! Josiane a laissé à Astrid les paroles de Lamentations 3. 22–23 : « Les bontés du SEIGNEUR ! C’est qu’elles ne sont pas finies ! C’est que ses tendresses ne sont pas achevées ! Elles sont neuves tous les matins. Grande est ta fidélité ! » 

    La solidarité de Dieu est la plus grande qui soit. 

    — Max Wiedmer, Église Mennonite d’Altkirch, France 

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    Max Wiedmer with the Francophone
Network, a group of French speaking organizations within MWC.
  • « Faisons le bien sans défaillance ; car, au temps voulu, nous récolterons si nous ne nous relâchons pas. » (Galates 6. 9). Ce verset inspire le conseil d’administration de GAMEO.

    En 2025 et 2026, l’Encyclopédie anabaptiste mondiale électronique (GAMEO) se concentrera sur l’amélioration de l’expérience utilisateur et la mobilisation des auteurs.

    L’une des initiatives prévues pour cette année consiste à accroître le soutien apporté aux rédacteurs de GAMEO en développant les ressources de formation et en renforçant les liens entre les auteurs.

    D’autres activités à venir mettront l’accent sur l’expérience utilisateur.

    Après les modifications apportées l’année dernière pour rendre le site GAMEO plus accessible sur les appareils mobiles, les membres du conseil d’administration se sont concentrés cette année sur la structure des articles. De nouvelles politiques clarifient les procédures de mise à jour des articles, les crédits des auteurs, les citations et les sections de notes. Elles alignent GAMEO sur les autres encyclopédies en ligne et rendent les informations actualisées plus claires et plus accessibles aux lecteurs.

    GAMEO prévoit d’ajouter de nouveaux articles cette année.

    Le conseil d’administration de GAMEO a tenu sa réunion annuelle le 9 mai 2025 avec des membres du Canada, des États-Unis et des Pays-Bas.

    Anicka Fast (Conférence Mennonite Mondiale) a indiqué que la série biographique Global Anabaptist Forebears documentera les récits de foi des mennonites du monde entier, aidant ainsi GAMEO à mieux représenter l’Église anabaptiste mondiale.

    Une première série de biographies de mennonites congolais est en train de voir le jour dans le cadre de cette action.

    Le conseil d’administration a également eu le plaisir d’accueillir Ian Kleinsasser, de la colonie huttérite de Crystal Springs, au Manitoba (Canada), en tant qu’invité. Les articles sur les colonies huttérites sont parmi les plus consultés sur GAMEO, et Ian Kleinsasser apporte son expertise et ses liens étroits avec les utilisateurs huttérites de GAMEO.

    Les membres du conseil d’administration ont salué la qualité des services fournis par GAMEO à ses 386 000 utilisateurs cette année et ont envisagé le travail à accomplir pour que GAMEO puisse continuer à servir ses lecteurs et à prospérer en reliant de nombreuses dénominations à travers la planète. 

    Le conseil d’administration de GAMEO*

    • Aileen Friesen, présidente (Fondation de recherche historique D. F. Plett)
    • Elizabeth Miller, rédacteutrice en chef (Institut d’étude de l’anabaptisme mondial)
    • Bert Friesen, rédacteur en chef adjoint
    • Alf Redekopp, rédacteur en chef adjoint
    • Anicka Fast (Conférence Mennonite Mondiale)
    • Laureen Harder-Gissing (Société historique mennonite du Canada)
    • Ken Sensenig (Comité central mennonite)
    • Richard Thiessen (Commission historique des Frères mennonites)

    *La Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (Encyclopédie anabaptiste mennonite mondiale électronique, GAMEO) est une encyclopédie en ligne gratuite. C’est la source d’information sur les mennonites, les amishs et les huttérites la plus fiable sur internet.


    GAMEO est une encyclopédie en ligne, qui a pour but de rendre accessible sur internet les 5 tomes de l’Encyclopédie Mennonite. Elle contient les 12 000 articles originaux en anglais, la plupart mis à jour avec des informations récentes, ainsi que nouveaux articles soumis par des éditeurs bénévoles et des comités régionaux de partout dans le monde. 

    La Conférence Mennonite Mondiale est l’un des six propriétaires institutionnels de GAMEO : le Comité Central Mennonite (MCC), la Société Historique Mennonite du Canada, Mennonite Church USA, la Commission Historique des Frères mennonites l’Institut d’Études de l’Anabaptisme Mondial. Un conseil d’administration, composé de représentants de ces organisations, supervise les opérations. La Conférence Mennonite Mondiale se charge d’administrer les finances du projet.