Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • Comment maintenir des relations au sein d’une communion mondiale diversifiée composée de 110 églises membres nationales réparties dans 61 pays, avec des situations économiques et des contextes politiques et culturels très différents, parlant plus de 30 langues différentes ?

    « La Conférence Mennonite Mondiale est une communauté organique et non une institution bureaucratique. En tant qu’Église mondiale, nous nous engageons à servir les personnes plutôt qu’à construire une infrastructure pour maintenir notre institution » déclare César García, secrétaire général de la CMM.

    Mettre autour de la table toute la diversité géographique, théologique, de genre et d’âge au sein de l’Église mondiale est un défi permanent qui stimule le discernement. Les dirigeants de la communion anabaptiste mondiale se réunissent de différentes manières.

    Conseil Général

    La table du banquet de la communion la CMM est le Conseil général. Chaque église membre nomme son propre délégué au Conseil général (jusqu’à trois pour les unions d’églises comptant plus de 25 000 membres).

    Au cours des réunions triennales du Conseil général, ces délégués régissent la vie, le travail et l’organisation de la CMM. Réunis autour d’une table, ils participent aux discussions et à la prise de décisions.

    Comité exécutif 

    Afin d’assurer la continuité entre ces réunions, le Comité Exécutif se réunit au moins une fois par an. Les cinq groupes continentaux du Conseil Général sélectionnent chacun deux personnes parmi leurs membres respectifs pour siéger au Comité.

    À cette table, le Comité Exécutif élabore des plans à long terme conformément à la mission et à la vision, autorise des programmes, nomme des groupes de travail, approuve des comités et approuve des budgets.

    Bureau

    Le Comité Exécutif est dirigé par des membres du Bureau : le Secrétaire General (un membre du personnel), un trésorier (nommé par le Comité Exécutif), un président et un vice-président élus par le Conseil Général. Un cinquième membre sans droit de vote a été ajouté afin de garantir que chaque continent soit représenté au Bureau.

    Un membre du bureau doit faire partie d’une église membre de la CMM, et doit être approuvé par son église membre, mais ne doit pas forcément être délégué au Conseil General au moment de son élection ou de sa nomination.

    Les membres du bureau se rencontrent deux fois par an en personne et une fois par mois en ligne.

    Tandis que ces membres s’occupent de la vision et de la gouvernance de la communion, un autre groupe de représentants se réunit autour de la table pour se concentrer sur la mise en œuvre de la mission de la communion. 

    Commissions, Groupe de travail pour la protection de la création, YABs

    Une autre table ronde dont les membres sont sélectionnés de différentes manières, mais avec un souci particulier de diversité géographique et confessionnelle : commissions, groupe de travail pour la protection de la création (CCTF), comité YABs (Jeunes anabaptistes) et délégués YABs. Chaque membre de la CMM est invité à nommer un délégué YABs pour ses réunions triennales.

    Pour en savoir plus sur les YAB, cliquez ici

    Histoires sur les YABs

    La sélection de ces représentants est un ballet de diversité. Les serviteurs potentiels doivent être approuvés par leur Église. En outre, les aptitudes et les intérêts, la situation géographique, l’identité dénominationnelle et le genre sont également pris en compte. Et enfin, la disponibilité pour servir influe également sur la composition de la table.

    Représentants régionaux

    Notre vaste réseau d’Églises est non seulement uni par des Convictions Communes et des liens historiques, mais aussi par des relations. Représentant la CMM auprès des églises membres, 13 représentants régionaux facilitent ces liens en établissant des relations avec les responsables d’Églises. 

    Bien que la plupart d’entre eux soient bénévoles, cette fonction est considérée comme un membre du personnel. Les églises membres proposent des candidats potentiels, puis un processus de discernement permet de recommander un seul candidat aux églises membres de la région. Un processus d’approbation, similaire à la recherche d’un consensus, est ensuite mis en place avec les églises membres de la région. 

    Ces bénévoles à temps partiel ont pour rôle de développer et d’entretenir les relations entre les membres de la CMM, les membres associés et les membres potentiels, les assemblées locales, les organisations liées à la CMM et ses partenaires.  

    Deux représentants régionaux prendront place à la table en décembre 2025 : Vikal Pravin Rao, représentant l’Asie du Sud avec neuf églises membres dans deux pays (pour en savoir plus, cliquez ici), et Rosalina Vasco Santana, qui co-représentera la région du Cône Sud de l’Amérique latine avec 18 églises membres dans six pays.

    Rosalina Vasco Santana est membre de l’église AEM (Aliança Evangélica Menonita) au Brésil. Elle est pasteure de l’église mennonite de Samambaia, près de Brasilia, au Brésil. Rosalina a été présidente d’église régionale et présidente d’union d’églises, et a été membre du Conseil général de la CMM.

    « Rosalina apporte à son rôle un cœur pastoral et un amour pour l’Église », déclare Janet Plenert, coordinatrice des représentants régionaux.


    MWC Meetings, Germany 2025
  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    Visites et parcours  

    Lorsque j’ai participé au tour à Zurich, et alors que nous approchions de l’arrêt de bus, au dernier virage, j’ai eu une réaction brutale en apercevant la rivière dans laquelle Felix Manz a été noyé. 

    Tout à coup, sans crier gare, j’ai été submergé par l’émotion et j’ai un peu transpiré pendant quelques minutes en imaginant que j’assistais, impuissant, à la ‘cérémonie’ de noyade. J’ai sangloté en silence. 

    Ce rassemblement extraordinaire a rassemblé des personnes de toutes origines, venues des quatre coins du monde, dont la majorité était des anabaptistes. D’autres invités œcuméniques, catholiques, luthériens et croyants de la Communion mondiale d’Églises réformées, ainsi que des passants, s’y sont joints. 

    Les reproductions de situations vécues par les anabaptistes ont réveillé mes sentiments et m’ont fait réfléchir à ce que j’aurais fait. En découvrant les différentes préoccupations des anabaptistes, qui vont jusqu’à rejeter d’autres comme des groupes égarés, je me rends compte que dans le monde actuel, nous faisons tous des analogies différentes, mais que nous coexistons dans la même communauté en toute liberté religieuse. 

    Nous participons souvent à des discussions religieuses ou à des débats théologiques difficiles. Dans ces discussions, alors que nous nous débattons avec les différences qui apparaissent entre nous, puissions-nous tous comprendre clairement que la mission à laquelle nous sommes appelés n’est pas la nôtre, mais celle de Dieu. 

    L’origine de l’anabaptisme me pousse à m’engager pleinement envers le Christ en toutes circonstances. Le baptême de sang infligé à Manz est très douloureux. Cependant, le fait qu’il ait prié pour le pardon dans ses derniers instants est tellement bouleversant que je souhaite que tous les croyants en viennent à accepter Jésus malgré ce qui ‘peut arriver’ ! 

    Le 500e anniversaire de l’anabaptisme nous invite à apprécier les autres membres en Christ, et notre objectif est de les accueillir avec leurs différences et avec des prières pour que Dieu leur parle. Nous devons les accueillir, leur offrir notre amour, en notant nos différences mais en appréciant leur mission comme étant fidèle au Christ. 

    Nyangore Christopher est membre de l’église mennonite du Kenya. Il a été le délégué des YABs pour son église lors des réunions de 2025. 


    group of people visiting limmat river in swirzerland
  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    Table ronde

    Sous le titre Standing between the Lines in a World on Fire (Être entre les lignes de front dans un monde en feu), des voix de cinq continents se sont fait entendre lors d’une réunion le 29 mai à la Friedenskirche. À l’occasion du 500e anniversaire, elles ont débattu d’un sujet brûlant : comment rester fidèle à l’héritage anabaptiste de paix et de non-violence dans un monde déchiré par les conflits, les injustices et les traumatismes ? 

    Face à une salle comble, la discussion s’est déroulée en deux temps : une première partie où chaque intervenant a apporté un témoignage de terrain, suivie d’une discussion collective. La modératrice Judith Wipfler, journaliste suisse, a présenté chaque orateur, autour des thèmes communs de la vulnérabilité, du courage et de l’engagement. 

    La science du traumatisme au service de la paix 

    Carolyn Yoder, auteure de ‘Little Book of Trauma Healing’ et créatrice du programme STAR (Strategies for Trauma Awareness and Resilience), a ouvert la séance. 

    Venue des États-Unis, elle a débuté en racontant l’histoire d’un père confronté à la violence et ayant choisi une réponse pacifique, brisant ainsi un cycle destructeur. 

    S’appuyant sur les apports récents des neurosciences, elle a ensuite expliqué que face à la menace, le cerveau humain bascule en mode survie – fuite, combat ou tétanisation – ce qui entrave notre capacité à réguler nos émotions, à raisonner et à être en relation avec les autres. 

    Mais il existe des ‘antidotes communautaires’ : le chant, le culte, la solidarité. Ces pratiques, enracinées dans l’histoire anabaptiste, nous permettent de nous réengager dans une dynamique de résilience et de guérison. 

    « Nous devons protéger notre esprit pour ne pas transmettre la violence que nous avons subie », a-t-elle affirmé avec émotion, évoquant les larmes d’un père de Gaza, image poignante de l’humanité blessée. « Quand nous devenons conscients de nos blessures, nous pouvons choisir de ne pas reproduire la souffrance. » 

    Migrants et dignité : accompagner ceux qui souffrent 

    S’appuyant sur le Psaume 137, Rebeca González Torres a évoqué la perte, l’exil et la nostalgie des temps paisibles, que ressentent les migrants qu’elle accompagne à Mexico. Dans cette lamentation biblique, elle a nommé les sentiments de ces personnes : être déracinés, vulnérables, souvent invisibilisés. 

    Avec son mari, elle a fondé une ‘Maison de Paix’ proche d’un centre de détention pour migrants à la frontière avec les États-Unis. « À leur sortie, nous recevons des gens qui sont parfois pieds nus et qui n’ont absolument rien. » Au-delà de l’accueil matériel, Rebeca Gonzalez a insisté sur l’importance d’écouter : « Parfois je faisais à manger, mais ils ne mangeaient pas. Il fallait d’abord comprendre ce dont ils avaient besoin. » 

    Installée aujourd’hui dans l’État de Morelos (près de la ville de Mexico), elle continue de soutenir les familles à la recherche de proches disparus. Son message est clair : l’église a une vocation de proximité, de compassion active, et doit être un lieu d’écoute des souffrances. 

    « Même sans argent, on peut accompagner ceux qui cherchent. » 

    Servir avec humilité en Afrique de l’Ouest 

    Siaka Traoré, du Burkina Faso, a proposé une réflexion profonde sur ce que signifie être un ‘mentor’ ou un ‘encourageur’ dans son contexte. 

    Représentant régional pour la Conférence Mennonite Mondiale (MWC), il est en lien avec 10 communautés réparties dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, rassemblant plus de 240 000 fidèles. 

    Dans une région marquée par l’instabilité politique, les tensions communautaires et les enjeux linguistiques (français, anglais, portugais, en plus des langues tribales), il œuvre à la consolidation des églises par la transparence, l’humilité et la fraternité. « Un responsable n’est pas là pour être servi, mais pour servir », a-t-il rappelé, citant Marc 10.45. 

    Au-delà des conflits internes dans les églises, il avertit : « Beaucoup voient la Conférence Mennonite Mondiale comme une ONG. Il faut rappeler qu’elle est avant tout une communion d’églises. » 

    Par son travail sur le terrain, il incarne la médiation, l’unité et la paix, soulignant combien l’encouragement mutuel est un levier puissant dans les contextes de crise. 

    Être pacifiste au Myanmar est un acte de foi 

    La seule présence à Zurich d’Amos Chin, pasteur au Myanmar, relevait du miracle, au vu des obstacles administratifs et politiques à franchir pour quitter un pays en guerre. « Le Myanmar est sous régime militaire. Pour aller à l’église, il faut du courage. » 

    Issu d’une famille bouddhiste, il a dû faire face au rejet pour suivre le Christ : « Quand je me suis fait baptiser, j’ai été exclu de ma famille. » 

    Aujourd’hui, il accompagne une jeune génération de mennonites menacés par la conscription. Certains sont arrêtés, d’autres vivent cachés. Malgré cela, son message reste ancré dans la non-violence. « Nous enseignons le pacifisme, même dans ce contexte extrême. » 

    Son cri du cœur a résonné dans l’assemblée : « Pourquoi le monde oublie-t-il le Myanmar alors qu’il se mobilise tant pour l’Ukraine ? Notre souffrance est tout aussi réelle. » 

    Une foi active dans un monde de feu 

    Hans Ueli (John) Gerber, un mennonite suisse, a proposé une synthèse apaisante mais lucide. Il a rappelé que les conflits font partie de la vie humaine et qu’ils ne sont pas en soi problématiques. Ce qui compte, c’est ce que l’on en fait. 

    « Le conflit est neutre. La violence, elle, est toujours destructrice. » 

    Citant Alexandre Soljenitsyne et Friedrich Hacker, il a invité à se méfier des solutions violentes : « La violence prétend résoudre le mal, mais elle est le mal qu’elle prétend résoudre. » 

    Il a également évoqué la confusion fréquente entre la paix comme absence de conflit, et la paix comme dynamique de justice. Et de mentionner que la paix, dans la tradition anabaptiste, est exigeante : elle demande vérité, courage et communauté. 

    « Ce qui nous soutient, c’est l’amour. Mais ce qui nous guide, c’est l’humilité. » 

    La discussion 

    La discussion finale a permis d’échanger différentes perspectives. 

    Amos Chin a rappelé l’importance d’une solidarité globale et équitable. 

    Carolyn Yoder a plaidé pour une culture de la non-violence active et fondée sur des recherches solides. Elle a notamment souligné que les conflits non violents se résolvent en moyenne trois fois plus vite que ceux qui impliquent la violence. 

    Rebeca González Torres, pour sa part, a exhorté les églises à sortir d’une posture purement spirituelle pour s’engager concrètement auprès des personnes en souffrance. « Souvent, nous disons seulement ‘Dieu te bénisse’, mais cela ne suffit pas. » 

    Cette table ronde restera dans les mémoires comme ayant illustré avec force que la tradition anabaptiste peut continuer à apporter une voix prophétique dans un monde tourmanté. 

    — Maude Burkhalter est rédactrice chez Alliance Presse, un groupe d’édition chrétien suisse, et membre de l’église évangélique mennonite de Tavannes (Suisse). 

    Cet article a été publié pour la première fois dans le bulletin d’information de la Konferenz Der Mennoniten Der Schweiz / Conférence Mennonite Suisse. 


    workshop
  • Des YABs au Conseil Général : un parcours mené grâce à l’accompagnement par des mentors

    « La force des jeunes et la sagesse des anciens, le Seigneur veut les deux », a déclaré Timo Doetsch, de l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Brüdergemeinden in Deutschland (AMBD) (Allemagne).

    Il répète là avec conviction ce que lui ont transmis de nombreuses années auparavant Lawrence Warkentin (implanteur d’église), ainsi que les responsables de sa dénomination. Timo Doetsch a été délégué des Jeunes Anabaptistes (YABs) de l’AMBD au Sommet Mondial de la Jeunesse 2015 ; il est ensuite devenu membre du Conseil Général en 2022.

    Plusieurs autres délégués des YABs au Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS) de la CMM sont aussi devenus membres du Conseil Général, représentant leurs Églises nationales dans les prises de décision au niveau mondial de la CMM.

    Lydia Adi, déléguée YABs 2009 de l’Église Jemaat Kristen Indonesia (JKI) (Indonésie), est devenue membre du Conseil Général en 2015. Elle a ensuite été nommée spécialiste à la Commission Foi et Vie (2018-2025). « Le GYS m’a appris l’importance de l’humilité et de l’interdépendance. Des personnes du monde entier priaient les unes pour les autres, l’une d’elles m’a même dit qu’elle avait rêvé de moi avant l’événement », a-t-elle déclaré. 

    « Grâce au GYS, j’ai vu que l’Esprit de Dieu est sans limites, qu’il agit à travers diverses cultures et expressions de foi. Dieu parle et agit d’une manière qui transcende nos attentes. »

    Gracia Felo, de la Communauté des Églises de Frères Mennonites au Congo (CEFMC) (République démocratique du Congo), était déléguée YABs en 2015. Il est devenu il aussi membre du Conseil Général en 2022.

    « Même si je n’ai pas pu me rendre au GYS en Pennsylvanie en 2015 en raison de problèmes de visa, j’ai tout de même été touché par le fait que nous formions une grande famille dispersée à travers le monde. Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes un seul peuple, les enfants d’un seul Père, malgré nos différences culturelles », a-t-il déclaré.

    « En tant qu’anabaptistes, nos valeurs communes sont universelles et interculturelles. Cela a façonné ma pensée alors que je continue à servir à travers l’Église. »

    Felo Gracia

    Intentionnalité de l’accompagnement par les mentors

    Chacun des récits transmis par les jeunes responsables laisse une grande part à l’intentionnalité de former des leaders dans l’accompagnement mis en place par le MCC.

    La CEFMC a mis en place un système de mentorat et de formation des jeunes au leadership. Elle a mis en place des programmes d’échange pour les jeunes de différentes provinces et des formations visant à renforcer les capacités de leadership des jeunes aux niveaux local et national.

    « Toutes ces pratiques nous permettent d’avoir des jeunes très engagés dans nos églises et dans d’autres structures de l’église », a déclaré le pasteur Antoine Kimbila, délégué de la CEFMC.

    « Les jeunes apportent du courage et de la force, ainsi que des compétences technologiques », a déclaré Gracia Felo. « En contribuant au fonctionnement de l’Église aujourd’hui, nous apprenons à mieux la gérer demain, lorsque nous serons appelés à assumer des responsabilités plus importantes. »

    « Il est important de faire participer les jeunes dans les décisions de l’Eglises car ils sont la force de l’Eglise et aussi, c’est une manière de bien préparer l’avenir de l’Eglise. Si les jeunes ne savent rien de ce que l’église fait aujourd’hui, comment aideront-ils l’église à se développer aujourd’hui, et comment prendront-ils de bonnes décisions pour l’Eglise demain ? » questionne le révérend Antoine Kimbila.

    Lydia Adi est du même avis. «Avec le recul, je me rends compte que la JKI a délibérément créé un espace où les jeunes peuvent servir, échouer pour mieux rebondir et grandir. Dans notre Église nationale, les jeunes ont apporté une contribution significative en développant une base de données numérique et un système darchivage, en révisant dimportants documents gouvernementaux et en trouvant de nouvelles façons de gérer les finances de lÉglise avec plus dintégrité et defficacité. Les jeunes nont jamais été traités comme de simples assistants chargés de remplir un rôle; ils étaient considérés comme des disciples et des responsables en devenir.» 

    Des générations qui servent ensemble

    Que ce soit dans l’Église locale ou dans notre communion mondiale, ces délégués au Conseil Général soulignent l’importance du partenariat entre les différentes générations pour étendre le royaume de Dieu. « Nous sommes des générations qui servent ensemble, et non l’une après l’autre », a déclaré Lydia Adi.

    « Au niveau institutionnel, un responsable expérimenté peut inviter un jeune à assister aux réunions des leaders : la première fois, le jeune observe. La deuxième fois, le jeune aide à accomplir une tâche. La troisième fois, le jeune accomplit la tâche tandis que le leader l’assiste. Enfin, le jeune participe pleinement tandis que le mentor observe », a déclaré Timo Doetsch. « Et pendant même que nous servons le Seigneur, nous devons aussi rechercher nos successeurs et les former. »

    « C’est exactement comme dans Luc 10.1-3, où Jésus a préparé ses apôtres en les envoyant deux par deux pour proclamer la bonne nouvelle et chasser les mauvais esprits », a déclaré Gracia Felo.

    Sadressant aux responsables déglises au sein de la CMM, Lydia Adi a déclaré: «Vous êtes les mieux placés pour atteindre votre génération – et la suivante.» 

    Elle se tourne ensuite vers les jeunes de la CMM : « Vous pouvez toucher des personnes que vos aînés ne peuvent pas atteindre. Votre génération et celle qui vous suit ont besoin que vous répondiez à votre appel, que vous dirigiez avec intégrité, créativité et conviction. Lorsqu’ils sont responsabilisés, équipés et encadrés, les dirigeants plus jeunes que vous ne se contentent pas de suivre votre vision, ils l’élargissent, garantissant ainsi que la mission de Dieu se poursuive et se développe de génération en génération. 

    Asian woman preaching

    diverse young adults discussing
  • Selon une étude réalisée en 2025 par Randstad, les jeunes adultes sont ambitieux, compétents et plus instruits que les générations précédentes. Cependant, le marché du travail est de plus en plus concurrentiel et beaucoup ont du mal à trouver un emploi. 

    Dun autre côté, le don fait partie intégrante de la vie chrétienne. Les jeunes anabaptistes saccordent à dire que le don financier est important. Ils reconnaissent que leurs églises locales ont investi des ressources pour développer leur foi et aider ceux qui sont dans le besoin. 

    « L’aide ne doit pas être refusée tant quil est possible de servir par le don. Comme le dit Matthieu10.8, nous devons donner par grâce ce que nous avons reçu par grâce», a déclaré Luz Merier (République dominicaine) de lIglesia Evangelica Menonita Luz y Vida Av. Mexico, Conferencia Evangelica Menonita Inc. 

    « Le fait de se soutenir à travers les dons, cela enrichit et solidifie les relations, ainsi que l’encouragement dans la foi », a déclaré Fousseni Josué Dembele (Burkina Faso) de l’Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso. 

    « En donnant, je fais partie de quelque chose de plus grand. Une cause plus grande », a déclaré Valentina Kunze, de la Konferenz der Mennonitengemeinden en Uruguay, et représentante de l’Amérique latine au Comité des Jeunes Anabaptistes (YABs).

    « Donner de tout son cœur est un moyen très important de développer notre foi en Dieu », a déclaré Isaac Gborbitey, de l’Église mennonite du Ghana et représentant de l’Afrique au Comité YABs. « Cela montre notre volonté de remettre nos affaires entre les mains de Dieu. »

    Chercher l’équilibre entre don et redevabilité

    La sagesse ainsi que la notion de redevabilité jouent un rôle important dans la décision des jeunes adultes de donner.

    « J’ai besoin de transparence, [pour savoir] ce qui est fait avec l’argent donné », a déclaré Saskia Horsch (Allemagne), de la Mennonitengemeinde Schwandorf, et représentante de l’Europe au Comité YABs. « Avant de donner, j’ai besoin de connaître les valeurs de l’organisation ou de la personne. Je ne donnerais qu’à quelque chose ou à quelqu’un dont les valeurs correspondent aux nôtres. »

    « J’aurais besoin d’une relation personnelle, en face à face, avec l’organisation à laquelle je fais un don, et pas seulement de voir leurs informations publiées sur Internet. J’aurais besoin que quelqu’un me donne des témoignages sur ce que fait cette organisation et sur l’impact qu’elle a eu », a déclaré Valentina Kunze.

    Dans différents contextes culturels, donner avec sagesse peut prendre des formes très différentes.

    « Au Ghana, avant de donner de l’argent, en particulier à un inconnu dans la rue qui semble en détresse, les gens s’inquiètent pour leur sécurité. Nous faisons une prière silencieuse avant de donner, non pas pour que Dieu bénisse l’argent ou le donateur et le bénéficiaire, mais pour demander que les personnes à qui nous donnons ne l’utilisent pas à des fins qui leur nuisent ou qui nous nuisent en tant que donateurs », explique Isaac Gborbitey.

    Et même au sein d’une même culture, différentes églises ou familles peuvent avoir des points de vue différents sur les dons financiers.

    « Ma famille et moi avons l’habitude de donner la dîme. Mais je sais que ce n’est pas la norme dans de nombreuses familles chrétiennes », explique Valentina Kunze.

    Changer la manière de parler de l’argent

    Les jeunes sont progressivement à l’origine d’un changement dans les pratiques de don. Beaucoup utilisent encore des moyens traditionnels, comme mettre de l’argent dans le panier de quête ou soutenir une vente aux enchères de biens et de services. Mais ils sont de plus en plus nombreux à recourir à des moyens électroniques, comme les virements bancaires, ou à des méthodes combinant d’autres moyens, comme les campagnes de collecte de fonds en ligne.

    « Tout comme ils sont à l’origine d’innovations dans le domaine de la collecte de fonds, les jeunes pourraient également changer la manière de parler de l’argent. Alors que les discussions sur les finances personnelles pouvaient être considérées comme taboues dans le passé, les jeunes d’aujourd’hui semblent plus pragmatiques et disposés à parler franchement de ce qu’ils font de leur argent. À mesure que la responsabilité de l’Église passe à des personnes plus jeunes, plus habiles dans l’utilisation des technologies, nous observons qu’il y a une marge de progression dans ce domaine », a déclaré Bruce Campbell-Janz, directeur du développement de la CMM.

    «En suivant Jésus, nous comprenons que chacun a quelque chose à donner, quel que soit le montant, pour construire lensemble», a-t-il ajouté. 


    diversity young people
  • « Le courage d’aimer » est toujours d’actualité dans notre monde divisé. « Œuvrer pour la paix ne signifie pas que nous allons rester les bras croisés, mais que nous allons agir. La paix, c’est l’action », a déclaré Oscar Siwali (Afrique du Sud) de SADRA, membre du GAPN. 

    Le Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (GAPN) a organisé un webinaire le 22 septembre 2025, à l’occasion du Dimanche de la Paix et de la Journée internationale de la Paix. Des intervenants de Colombie et d’Afrique du Sud (dont Oscar Siwali) ont discuté des questions urgentes qui concernent la paix aujourd’hui et les participants ont partagé leurs expériences d’actions non violentes dans leurs contextes respectifs. 

     « Les Commissions sont composées de représentants des églises membres, tandis que les réseaux sont composés de représentants d’agences et d’organisations liées aux Églises. Les commissions servent surtout les églises membres tandis que les réseaux servent plutôt leurs organisations membres. Mais tous deux travaillent sur des questions d’importance vitale pour l’Église mondiale », explique J Ron Byler (États-Unis), responsable des commissions de la CMM. 

    Lors des réunions du Conseil général en Allemagne cette année, les quatre réseaux se sont également réunis du 25 au 28 mai 2025 afin de clarifier leur vision et leur mission, de nommer de nouveaux dirigeants et de prendre des décisions concernant l’adhésion, le programme et les finances. 

    Les objectifs des Réseaux sont : 

    • encourager une collaboration plus étroite entre les membres ; 
    • partager les bonnes pratiques ; 
    • offrir des possibilités de formation communes ; 
    • réussir ensemble ce que chacun ne pourrait accomplir seul. 

    Pour J Ron Byler ; « La présence de Commissions et de Réseaux travaillant main dans la main illustre aide à incarner la vision de la CMM d’« être liés les uns aux autres dans une communauté de foi à travers le monde pour vivre la communion fraternelle, le culte, le service, et le témoignage. » 

    Nouvelles nominations 

    Réseaux anabaptistes mondiaux pour l’éducation (GAEN) 

    • Conrad Swartzentruber (États-Unis), président, GAPSEN 
    • Melody Raj (Inde), GAPSEN
    • Arnold Driediger (Allemagne), GAPSEN

    • Henry Paetkau (Canada), président, GAHEN 
    • Teguh Karyanto (Indonésie), GAHEN
    • Santiago Espitia, (Colombie), GAHEN

    Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (GAPN) 

    • John Wambura (Tanzanie), président 
    • Ruth Plett (Canada) 
    • Fernando Enns (Allemagne) 

    Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) 

    • Gomes de Miranda (Angola)  
    • Noelia Hidalgo (Espagne) 
    • Lorri Bentch (États-Unis), représentant à la Commission Mission 

    Réseau Anabaptiste Mondial d’Entraide (GASN) 

    • Fabio Carvalho (Brésil), représentant à la Commission Mission 
    • Sophie Hege (France)  
    • Sunju Moon (Corée du Sud) 

  • La colonne du président

    Il y a quelques années, nous avions organisé une réunion des Commissions aux Pays-Bas. Avec d’autres personnes, j’étais chargé d’aller chercher les participants à l’aéroport. Nous étions en train de dîner lorsque mon téléphone a sonné. C’était quelqu’un qui appelait au nom d’un membre d’une Commission originaire d’Angola dont le vol avait été retardé. La personne m’a informé que l’Angolais était prêt et attendait que son frère vienne le chercher.

    Lorsque je suis arrivé au point de rendezvous, la personne qui avait appelé était toujours là. Je n’oublierai jamais la surprise sur son visage lorsqu’il a réalisé que j’étais le ‘frère’ de cet Africain.

    Nous ne correspondions pas à l’image qu’il se faisait des frères. Mon frère angolais et moi ne correspondions pas au stéréotype.

    N’est-ce pas cela, être chrétien, et particulièrement, anabaptiste, dans le monde d’aujourd’hui?

    Dans ce monde, les gens haïssent les autres parce qu’ils sont différents, parce qu’ils ont des idées politiques différentes, parce qu’ils parlent une autre langue, parce que… parce que… Il y a tant de raisons.

    diversity staff faces
    Les responsables passés et présents de la CMM célèbrent les 100 ans de la CMM (de gauche à droite) : Sandra Báez, César García, Henk Stenvers, Larry Miller, Eleanor Miller, Janet Plenert et Danisa Ndlovu.

    Nous avons besoin de courage

    Si nous voulons suivre le Christ, qui nous a enseigné à aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous avons besoin de courage.

    Le courage de dire NON à la haine et OUI à l’amour, même si cela va à l’encontre de nos propres intérêts.

    Le courage d’aimer, même si les autres ne nous aiment pas.

    Le courage de ne pas nous conformer, mais de montrer qu’une autre voie est possible, une voie qui mène à la paix plutôt qu’à la guerre.

    Nous avons besoin du courage dont ont fait preuve ceux qui, il y a 500 ans à Zurich, ont défié les pouvoirs en place parce qu’ils voulaient être de véritables disciples du Christ.

    J’espère, et je prie pour, voir encore beaucoup de visages surpris, comme celui de cet homme à l’aéroport, lorsque nous, communauté de disciples du Christ, nous nous aimons les uns les autres, vivons l’unité malgré nos différences et proclamons ainsi un message de paix.

    —Henk Stenvers est président de la Conférence Mennonite Mondiale (2022-2028). Il vit aux Pays-Bas. 


  • La CMM nomme un cinquième membre du bureau 

    « Une organisation dynamique, au service de ses membres, doit être prête à changer et à s’adapter au fur et à mesure que nous apprenons et grandissons. Notre plus récente addition à l’équipe de direction de la CMM en est un exemple, illustrant notre volonté de répondre aux besoins de nos membres », déclare César García, secrétaire général de la CMM.

    Siaka Traoré a été nommé membre d’office du bureau de direction de la Conférence Mennonite Mondiale en tant que représentant pour l’Afrique, avec effet immédiat. 

    « Je ne viens pas dans cette équipe en tant que personne ayant une expertise, mais je viens avec foi et conviction que, si Dieu l’a voulu, il se servira de moi pour le bien-être de la CMM, dit Siaka Traoré. Ma prière est que la CMM réponde aux attentes de ses membres. »

    L’organe décisionnel de la Conférence Mennonite Mondiale est le Conseil Général, dont les délégués représentent nos Églises membres partout dans le monde. Un Comité Exécutif est choisi parmi les membres de cet organe, et ce comité est dirigé par des membres du bureau de direction : le secrétaire général, le président, le vice-président et le trésorier. Ces fonctions sont actuellement occupées par César García (Amérique latine), Henk Stenvers (Europe), Lisa Carr-Pries (Amérique du Nord) et Sunoko Lin (Asie).

    Ces quatre postes ne permettent pas de représenter les cinq régions que compte la CMM. Lors des réunions du Conseil Général en 2025, il a été décidé que le Comité Exécutif devait nommer un membre d’office afin d’assurer une représentation complète des continents et que cette personne devait provenir d’Afrique, la région actuellement absente parmi les membres du bureau. 

    Les membres du bureau se rencontrent deux fois par an en personne et une fois par mois en ligne.

    Le révérend Siaka Traoré est pasteur à l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso. Il est titulaire d’une maîtrise en missions de la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui (FATEB). Il a collaboré avec le Comité central mennonite à un programme pour la paix en Afrique de l’Ouest.

    Au sein de la Conférence Mennonite Mondiale, Siaka Traoré a occupé le poste de président de la Commission Diacres (2015-2022) et celui de représentant régional pour l’Afrique centrale et occidentale de 2022 jusqu’à sa nomination au sein du bureau. 

    « Pour moi cette nomination exprime le souhait de la CMM d’inclure tous les membres de toutes les parties du monde dans la gestion de la vie de l’organisme. Au regard de la composante de la CMM, celle-ci a adopté l’image de la mosaïque. En me joignant à l’équipe des membres du bureau, nous voulons rendre visible cette mosaïque », dit Siaka Traoré.

    « Au fil des nombreuses années de service en tant que dirigeant d’Église animé d’un esprit de service, tant dans son pays d’origine, le Burkina Faso, qu’à l’international en tant qu’orateur invité, mentor, artisan de paix chevronné et interprète culturel, Siaka s’est fait largement connaître au sein de la famille de la CMM. Nous sommes heureux de l’inviter à assumer cette fonction pour laquelle son expérience l’a bien préparé », déclare César García.


    Siaka Traoré (Burkina Faso) speaks about being a mentor at the panel discussion in Zurich, “Standing Between the Lines in a World on Fire.”
  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    Les activités organisées pour commémorer les 500 ans du mouvement anabaptiste à Zurich le 29 mai 2025 comprenaient 18 ateliers répartis sur deux périodes. Les salles mises généreusement à disposition par l’Église réformée dans plusieurs endroits du centre-ville étaient bondées de participants désireux de découvrir des témoignages et des analyses sur les anabaptistes qui ont incarné « le courage d’aimer » dans l’histoire et aujourd’hui. 

    Les ateliers allaient d’une session de chant participatif inspirée des cantiques mennonites, à une table ronde à propos des dialogues trilatéraux sur le baptême avec des partenaires catholiques et luthériens, en passant par une présentation de l’engagement des mennonites en faveur de la paix et de la justice au Moyen-Orient et les témoignages sur la vie communautaire et l’amour des ennemis. 

    Voici un aperçu d’un des ateliers : 

    La culture de la mémoire au sein des minorités religieuses 

    Comme beaucoup de mouvements religieux minoritaires, le mouvement anabaptiste a une histoire qui lui est propre, une histoire qui l’a façonné. Cette histoire comprend des souvenirs de persécution, de discrimination et de migration. Si elles sont laissées de côté, ces histoires peuvent facilement conduire à une éruption volcanique dans un monde déjà instable. 

    Les intervenants de cet atelier étaient Andrea Strübind, Astrid von Schlachta et Danang Kristiawan. 

    Andrea Strübind, issue de la tradition baptiste, est professeure d’histoire de l’Église et de Théologie historique à l’université d’Oldenburg en Allemagne. Astrid von Schlachta est déléguée du Conseil Général de l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Gemeinden in Deutschland. Elle est également assistante de recherche à l’Arbeitsstelle Theologie der Friedenskirchen (Centre de recherche sur la Théologie des Églises de paix) en Allemagne. Danang Kristiawan est pasteur à la GITJ Jepara et chargé de cours à la SSTAKW Bible School à Java (Indonésie). 

    Andrea Strübind et Astrid von Schlachta ont présenté à l’auditoire l’histoire des anabaptistes depuis leurs débuts en 1525 et ont retracé les différents événements sociopolitiques mondiaux qui se sont produits depuis lors. 

    Danang Kristiawan a parlé de son expérience avec les chrétiens minoritaires dans son pays natal, l’Indonésie, où les musulmans sont majoritaires. 

    Points principaux 

    • Une vie marquée par la persécution et l’expulsion consiste davantage à trouver des cachettes qu’à laisser des monuments visibles. 
    • La Confession d’Augsbourg (Confessio Augustana) de 1530 condamne les anabaptistes. 
    • En Indonésie, le christianisme est associé au colonialisme. 

    Initiatives pour prévenir les éruptions. 

    En volcanologie, une éruption volcanique est l’expulsion de gaz et de lave en fusion depuis l’intérieur de la terre vers la surface terrestre ou dans l’atmosphère par un conduit. De la même manière, dans la vie réelle, toute question susceptible d’entraîner des problèmes entre les êtres humains peut provoquer une éruption métaphorique, notamment en matière de perceptions religieuses. Cela peut causer des dommages irréparables non seulement aux personnes en conflit, mais aussi au monde en général. 

    Bien que la ville de Zurich et l’Église réformée aient été parmi les ennemis des premiers anabaptistes, il existe aujourd’hui un dialogue entre les responsables réformés et les anabaptistes à différents niveaux. (Voir ‘La recherche d’un témoignage commun’) 

    Pour les luthériens, le désir de dialoguer avec les anabaptistes remonte à la commémoration des 450 ans de la Confession d’Augsbourg en 1980. Lors de sa conclusion, la Fédération luthérienne mondiale a reconnu que les déclarations contenues dans le document de 1530 étaient une provocation pour les anabaptistes et que celles-ci ne reflétaient pas la réalité des croyants contemporains des deux confessions. 

    Par la grâce de Dieu, lors de l’Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale à Stuttgart en 2010, les anabaptistes ont reçu des excuses pour les persécutions passées. 

    En Indonésie, les mennonites de Jepara ont lancé une initiative d’amitié entre mennonites et musulmans. Elle est fermement ancrée dans Colossiens 1:20, l’incarnation du Christ, et qui contextualise l’amour de manière créative. La base théologique de l’amitié entre mennonites et musulmans, en particulier la mise en œuvre créative de l’amour, comprend l’engagement envers l’identité personnelle, l’ouverture à la vulnérabilité et l’imagination. 

    Outre l’expertise et l’expérience par les intervenants sur le sujet, les participants à l’atelier ont posé des questions et échangé leurs points de vue. 

    Un participant d’origine pakistanaise vivant au Canada a dit que, dans la plupart des cas, les persécutions et les discriminations résultent de manœuvres orchestrées par les dirigeants. 

    D’autres ont posé des questions sur les expériences de persécution des anabaptistes indonésiens. L’Église, qui compte de plus en plus de jeunes, a peu d’expérience directe, dit Danang Kristiawan. 

    En réponse à la question « Comment pouvons-nous réagir aux politiques étrangères des gouvernements qui défendent le nationalisme », les intervenants ont souligné la nécessité de construire sincèrement des ponts et de poursuivre le dialogue. 

    Conclusion 

    Le sujet méritait d’être approfondi. Chaque pays a son propre contexte de persécution et de discrimination. Le courage est un processus par lequel les parties en conflit mobilisent au maximum leurs ressources mentales et morales pour contrôler un danger imminent. Par conséquent, des discussions ouvertes et persistantes sur ces questions seront bénéfiques non seulement pour les religions en conflit, mais aussi pour rendre la terre plus habitable. Cela permettra ainsi de concrétiser le thème de la rencontre : le courage d’aimer.  

    —Jumanne Magiri Mafwiri est membre de Kanisa Mennonite Tanzania. Il est le représentant régional de la CMM pour l’Afrique de l’Est. Il a décidé de participer à l’atelier suite à la persécution des chrétiens en Ouganda en 1885-1887, après laquelle le gouvernement ougandais a déclaré le 3 juin comme journée des martyrs, ce qui attire des pèlerins de divers horizons. 


  • Perspectives (Activités Anabaptisme : 500 ans)

    La journée commémorative à Zurich a été marquée par de nombreux moments forts, notamment par des chants. Les chorales ont eu le privilège de jouer un rôle central en réunissant des voix venues du monde entier pour célébrer la foi, la réconciliation et l’unité.

    Les chorales participantes étaient les suivantes

    • Eastleigh Fellowship Centre (EFC) Chorale de l’église mennonite — Nairobi, Kenya
    • Ágape Band – Asunción, Paraguay 
    • Eastern Mennonite University (EMU) Chamber Singers — Harrisonburg, Virginie, États-Unis
    • Songs of Peace — Liestal, Suisse
    • TIARA (The Indonesian Anabaptist peRforming Art) TIARA Église GKMI Anugerah, Jakarta, Indonésie 

    Parmi ces chorales, celle de l’église mennonite Eastleigh Fellowship Centre (EFC) m’a particulièrement fasciné.

    La chorale de l’EFC

    La chorale de l’EFC, issue d’une église mennonite de Nairobi, était l’un des cinq ensembles musicaux sélectionnés pour présenter la musique anabaptiste du monde entier lors de la rencontre organisée à Zurich pour le 500e anniversaire. La chorale a accueilli avec enthousiasme cette occasion d’annoncer l’amour du Christ à travers un riche mélange de traditions musicales africaines et d’harmonies de gospel. 

    La chorale s’est produite à deux reprises : lors d’un concert à l’intérieur de la Predigerkirche et lors d’un concert en plein air sur la Zwingli Platz, devant l’église Grossmünster, sans amplification. Elle a également participé au culte de clôture, qui a été retransmis en direct mondialement. 

    La chorale décrit son style musical comme de l’’afrofusion’. « Notre musique rassemble des influences de différents pays d’Afrique », explique George Ochieng, membre de la chorale. 

    De plus, la chorale elle-même reflète la diversité culturelle du Kenya, ses membres étant issus de diverses origines ethniques. 

    Le ministère de la musique 

    Pour la chorale EFC, faire de la musique va au-delà d’une simple performance, c’est un ministère. Son profond engagement envers la foi chrétienne la pousse à annoncer le message du Christ à travers le chant. La musique est pour elle un moyen de renforcer la foi, de fortifier les esprits et d’encourager les autres. 

    La chorale estime que ses voix sont des instruments de guérison et d’unité, capables de briser les barrières culturelles et de toucher des vies de tous horizons. Sa performance incarne les thèmes de l’espoir, de la persévérance et de la grâce divine, rappelant aux auditeurs la présence éternelle de Dieu. 

    Le chant préféré 

    La chorale de l’EFC travaille activement à la composition et à l’arrangement de morceaux qui reflètent son cheminement spirituel et son héritage culturel. Son style mêle rythmes africains traditionnels et thèmes de gospel, créant une expérience spirituelle unique et enrichissante. 

    Certains de ses chants proviennent de recueils de cantiques, d’autres ont été composés par des auteurs inconnus ou par les membres de la chorale eux-mêmes. 

    L’un de leurs chants le plus apprécié est « Yesu Vamuvamba », qui signifie « Jésus a été crucifié » en tiriki, une langue parlée par le peuple tiriki de l’ouest du Kenya. La chanson évoque la crucifixion du Christ et la liberté qu’elle a apportée à l’humanité, en résonnant profondément avec les thèmes du sacrifice, de la rédemption et du pardon. 

    Une vocation 

    La chorale de l’EFC considère que louer en musique est un moyen de renforcer la foi, d’encourager la croissance spirituelle et de favoriser l’unité de la communauté. Ses mélodies s’étendent au-delà de son église d’origine, car ses membres voyagent fréquemment à travers le Kenya pour chanter lors de services religieux, de réunions de réveil, de conférences et de festivals de musique. 

    Bien que les membres de la chorale soient profondément dévoués à leur ministère musical, il s’agit d’un engagement à temps partiel. Beaucoup d’entre eux poursuivent une carrière dans l’enseignement, le commerce, la santé et d’autres domaines pour subvenir à leurs besoins, car la chorale ne dispose pas de ressources financières nécessaires pour soutenir des musiciens à plein temps. 

    Malgré ces difficultés, les membres de la chorale consacrent beaucoup de temps aux répétitions, aux offices religieux et à des évènements particuliers, considérant leurs dons musicaux comme une vocation divine plutôt que comme un simple passe-temps. 

    En outre, la chorale encadre activement des jeunes musiciens et encourage la participation des jeunes au culte, contribuant ainsi à former la prochaine génération d’artistes et de responsables chrétiens. 

    Les 500 ans de l’Anabaptisme

    Être invité à se produire lors de cette célébration historique du 500e anniversaire est à la fois un honneur et un événement spirituel marquant pour la chorale de l’EFC. Sa présence à Zurich lui a permis de faire connaître sa musique sur une scène mondiale et de tisser des liens avec les communautés anabaptistes du monde entier. 

    Cette célébration est un témoignage puissant de la persévérance de la foi et souligne comment l’anabaptisme a prospéré pendant des siècles de persécution, de changement et de croissance. En participant à cet événement, la chorale souhaite apporter sa contribution à l’histoire et mettre en valeur son héritage musical mennonite africain dans un contexte chrétien international. 

    La chorale considère cet anniversaire comme un rappel de l’unité, de la persévérance et du réveil spirituel. Elle espère que cet événement renforcera les liens entre les assemblées anabaptistes et sera une occasion d’apprendre, une occasion de réconciliation et de renouveau. 

    C’était un privilège de représenter les anabaptistes kenyans lors de cette célébration historique. Les membres de la chorale de l’EFC espèrent que leur musique a édifié et inspiré les participants, leur rappelant que la foi transcende les frontières et que la musique est un langage universel de louange.  

    Ce qui me passionne dans ces chorales 

    Cette expérience a été vraiment électrisante. Il y avait quelque chose de profondément émouvant à entendre des voix venues des quatre coins du monde se mélanger harmonieusement, chacune porteuse de sa propre culture, de son histoire et de sa foi. 

    Chaque chorale a apporté quelque chose d’unique à la célébration, qu’il s’agisse de rythmes ‘afrofusion’, de gospel latino ou de musique sacrée a cappella. Être témoin de cette expression musicale diversifiée de la foi m’a permis de mieux comprendre comment la louange à travers le chant unit les croyants de toutes traditions et de toutes nations. 

    — Melvin Banda est membre de lÉglise de Frères mennonites du Malawi. Il était le délégué des YABs pour son église lors des réunions de 2025. 


    EFC Choir with soloist Naaman Ochieng
performs “Anawuok adhi e dala wa ka
Nyasaye” on the outdoor stage in front of the Grossmünster in Zurich, Switzerland.
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    Nous invitons la famille anabaptiste mondiale à prier pour les populations de la région des Caraïbes après le passage de l’ouragan Melissa.

    « Du point de vue humain, les perspectives sont sombres, mais, en tant qu’enfants de Dieu, nous continuons à nous accrocher à notre espérance en Christ. Continuez à prier pour la foi », déclare le pasteur Liston Aiken, président de l’Église mennonite de Jamaïque.

    L’ouragan Melissa, un ouragan de catégorie 5, a frappé les Caraïbes durant la dernière semaine d’octobre. Il a provoqué de graves inondations, entraîné la destruction de bâtiments à cause du vent et de la pluie, provoqué des glissements de terrain, abattu des arbres et emporté des récoltes. Les perturbations des réseaux de communication et de transport ont entravé l’acheminement de l’aide.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, le bilan humain de la tempête s’élève à 65 morts confirmés dans toute la région, mais ce chiffre devrait augmenter à mesure que les communications et l’accès aux zones les plus reculées seront rétablis. Des milliers de personnes vivent dans des abris temporaires.

    Il faudra des années pour se remettre de ces destructions. Cependant, on estime que les mesures prises pour se préparer aux désastres ont permis de sauver des vies et d’accélérer les interventions.

    • Parmi les quatre assemblées de l’Église mennonite jamaïcaine directement touchées par la tempête, Joyland et Abrams ont perdu leur toit et ont subi d’autres dommages ; la porte de Ridge a été arracheé ; le bâtiment de Salter Hill s’est effondré et le toit du presbytère a été détruit. Les membres de l’Église de ces communautés ont perdu leurs toits et leurs biens personnels.
      Les fidèles de tout le pays sont bouleversés par les dégâts, mais ils font confiance à Dieu pour leur révéler comment aider à mettre en place des solutions à court et à long terme.
    • À Cuba, les 56 assemblées BIC dans les cinq provinces orientales de l’île ont été touchées. Certains membres ont perdu leur maison à cause des vents et des inondations. Comme la plupart des assemblées se réunissent dans des maisons, l’impact est multiplié. Les conséquences de la tempête aggravent les difficultés économiques que la population connaissait déjà.
    • En République dominicaine, les assemblées ont été touchées par les inondations qui ont précédé la tempête et se sont intensifiées lorsque Melissa a traversé l’île.

    « L’évaluation des dégâts est toujours en cours, de nombreuses routes sont en cours de déblaiement, l’électricité est en train d’être rétablie. Une aide matérielle est fournie aux personnes touchées. Cela va prendre beaucoup de temps, car les dégâts sont très importants dans les zones où l’œil de l’ouragan est passé », explique William George Broughton, représentant régional de la CMM et cadre de santé à la retraite en Jamaïque.

    Nous vous invitons à prier pour nos frères et sœurs dans ces îles.

    Que la solidarité remplace le sentiment d’isolement qu’ils ressentent souvent.

    Que les communautés soient renforcées afin de se rassembler pour réagir, se soutenir mutuellement et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

    Que l’amour du Christ nous remplisse tous : pour que les membres de notre communauté dans les Caraïbes prennent soin les uns des autres ; pour que ceux d’entre nous qui vivent ailleurs dans le monde joignent le geste à la prière.

    Nous prions pour les dirigeants mondiaux qui ont été interpellés par la Jamaïque et d’autres pays afin de mettre en place un financement climatique. Ils demandent aux pays riches de réparer leur rôle disproportionné dans l’aggravation de la crise climatique.

    Par la grâce de Dieu, nous cherchons à vivre et à proclamer la bonne nouvelle de la réconciliation en Jésus-Christ, avec l’assurance que nous faisons partie du corps unique du Christ en tout temps et en tout lieu.

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    P.S. Après la rédaction de cette lettre, nous avons appris que le typhon Kalmaegi a frappé l’Asie. Merci de prier pour les personnes touchées et de suivre les réseaux sociaux de la CMM pour connaître les dernières nouvelles concernant les églises mennonites touchées.


    Hurricane Melissa Carribean
  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Le temps des offrandes est aussi important que la prédication. Souvent, quelqu’un présente un témoignage et une Écriture sur le thème du don.

    Le pasteur demande souvent à l’un des responsables de prier, de bénir les donateurs et aussi que ceux qui ne donnent pas soient bénis pour pouvoir le faire.

    Parfois, les responsables font circuler les paniers, et d’autres fois, les membres viennent à l’avant pour mettre leur offrande dans un panier. Dans de nombreux endroits, les gens chantent et dansent car le don est accompagné de beaucoup de joie.

    En ce dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, la CMM invite les églises à collecter une offrande spéciale pour notre communauté anabaptiste mondiale. L’idée est d’inviter chaque membre à donner l’équivalent du coût d’un repas local pour soutenir les réseaux et les ressources de notre famille spirituelle mondiale de la CMM. Sacrifier un repas, c’est notre humble manière de remercier Dieu et d’apporter un soutien aux ministères de la CMM pour le Seigneur.

    Ce don « d’un repas » par personne une fois par an est quelque chose que tous les membres de la CMM peuvent faire. Certaines personnes ont les moyens de donner beaucoup plus que cela, et devraient être encouragées à le faire. D’autres, dont les ressources sont plus limitées, pourraient être encouragées par le fait que le Comité
    Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale, composé de membres de tous les continents, est convaincu que la plupart des adultes du monde entier peuvent donner l’équivalent d’un repas par an pour soutenir le travail de l’Église mondiale.

    Voici quelques suggestions pour préparer le temps de l’offrande dans votre assemblée :

    • Prévoyez que les offrandes « d’un repas » soient déposées dans un panier spécial à l’avant, ou dans des contenants culturellement appropriés et en lien avec les repas lors du culte.
    • Prévoyez un repas communautaire partagé ensemble avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale
      • Ça pourrait être une « auberge espagnole » où chaque famille amène de grands plats à partager, avec un panier réservé pour l’offrande pour la CMM présente au repas.
      • Chaque famille pourrait ramener un repas tout préparé. Ces repas préparés sont alors mis aux enchères, vendus ou offerts avec participation libre pour être ramenés à la maison et être mangés en famille après le culte.
    • Prévoyez un temps de jeûne et de prièr pour l’Église mondiale pendant un repas avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale, et faites une offrande pour la CMM pendant ce temps, représentant au moins la valeur du repas qui n’est pas consommé.

    Les fonds recueillis par cette offrande spéciale dans chaque assemblée peuvent être envoyés directement à la Conférence Mennonite Mondiale (trouver des moyens de donner sur mwc-cmm.org/fr/faire-un-don).

    Vous pouvez également envoyer ces fonds au bureau de votre union d’église nationale, en les désignant clairement comme destinés à la Conférence mennonite mondiale et en indiquant qu’il s’agit de l’offrande du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale. Vous pouvez demander qu’ils transmettent alors les fonds à la CMM.


    La collecte des offrandes aux Pays-Bas 

    Dans les assemblées mennonites (Doopsgezind) des Pays-Bas, l’offrande est collectée en faisant passer les paniers de la collecte, appelés collectezakken : ce sont de petits sacs en tissu. Les personnes y déposent pièces et billets. Ces sacs sont soit attachés à un petit manche en bois et passés de main en main, soit fixés à l’extrémité de longues perches que les personnes désignées tendent en passant dans l’assemblée.  

    L’offrande reçue dans l’un des sacs est généralement destinée au fonctionnement de l’assemblée locale, alors que l’offrande reçue dans un second sac est plutôt destinée à la mission en dehors des murs de l’église. Pour ce deuxième sac, toutes les églises mennonites des Pays-Bas se mettent souvent d’accord sur le même projet soutenu chaque dimanche.  

    Aujourd’hui, la plupart des assemblées affichent également un QR code et un numéro de compte bancaire pour les personnes qui souhaitent donner de cette manière. 

    Les dons supérieurs à un certain montant donnent droit à une déduction fiscale de la part du gouvernement à la fin de l’année. 


    Evangelisch-mennonitische Freikirche, Dresden, Germany, shares
a meal outside with refugees from Venezuela as part of their
Anabaptist World Fellowship Sunday celebration in 2024.