Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • Selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2025 par Randstad, les jeunes adultes sont ambitieux, compĂ©tents et plus instruits que les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes. Cependant, le marchĂ© du travail est de plus en plus concurrentiel et beaucoup ont du mal Ă  trouver un emploi. 

    D’un autre cĂŽtĂ©, le don fait partie intĂ©grante de la vie chrĂ©tienne. Les jeunes anabaptistes s’accordent Ă  dire que le don financier est important. Ils reconnaissent que leurs Ă©glises locales ont investi des ressources pour dĂ©velopper leur foi et aider ceux qui sont dans le besoin. 

    « L’aide ne doit pas ĂȘtre refusĂ©e tant qu’il est possible de servir par le don. Comme le dit Matthieu 10.8, nous devons donner par grĂące ce que nous avons reçu par grĂące », a dĂ©clarĂ© Luz Merier (RĂ©publique dominicaine) de l’Iglesia Evangelica Menonita Luz y Vida Av. Mexico, Conferencia Evangelica Menonita Inc. 

    « Le fait de se soutenir Ă  travers les dons, cela enrichit et solidifie les relations, ainsi que l’encouragement dans la foi », a dĂ©clarĂ© Fousseni JosuĂ© Dembele (Burkina Faso) de l’Église ÉvangĂ©lique Mennonite du Burkina Faso. 

    « En donnant, je fais partie de quelque chose de plus grand. Une cause plus grande », a dĂ©clarĂ© Valentina Kunze, de la Konferenz der Mennonitengemeinden en Uruguay, et reprĂ©sentante de l’AmĂ©rique latine au ComitĂ© des Jeunes Anabaptistes (YABs).

    « Donner de tout son cƓur est un moyen trĂšs important de dĂ©velopper notre foi en Dieu », a dĂ©clarĂ© Isaac Gborbitey, de l’Église mennonite du Ghana et reprĂ©sentant de l’Afrique au ComitĂ© YABs. « Cela montre notre volontĂ© de remettre nos affaires entre les mains de Dieu. »

    Chercher l’équilibre entre don et redevabilitĂ©

    La sagesse ainsi que la notion de redevabilité jouent un rÎle important dans la décision des jeunes adultes de donner.

    « J’ai besoin de transparence, [pour savoir] ce qui est fait avec l’argent donné », a dĂ©clarĂ© Saskia Horsch (Allemagne), de la Mennonitengemeinde Schwandorf, et reprĂ©sentante de l’Europe au ComitĂ© YABs. « Avant de donner, j’ai besoin de connaĂźtre les valeurs de l’organisation ou de la personne. Je ne donnerais qu’à quelque chose ou Ă  quelqu’un dont les valeurs correspondent aux nĂŽtres. »

    « J’aurais besoin d’une relation personnelle, en face Ă  face, avec l’organisation Ă  laquelle je fais un don, et pas seulement de voir leurs informations publiĂ©es sur Internet. J’aurais besoin que quelqu’un me donne des tĂ©moignages sur ce que fait cette organisation et sur l’impact qu’elle a eu », a dĂ©clarĂ© Valentina Kunze.

    Dans différents contextes culturels, donner avec sagesse peut prendre des formes trÚs différentes.

    « Au Ghana, avant de donner de l’argent, en particulier Ă  un inconnu dans la rue qui semble en dĂ©tresse, les gens s’inquiĂštent pour leur sĂ©curitĂ©. Nous faisons une priĂšre silencieuse avant de donner, non pas pour que Dieu bĂ©nisse l’argent ou le donateur et le bĂ©nĂ©ficiaire, mais pour demander que les personnes Ă  qui nous donnons ne l’utilisent pas Ă  des fins qui leur nuisent ou qui nous nuisent en tant que donateurs », explique Isaac Gborbitey.

    Et mĂȘme au sein d’une mĂȘme culture, diffĂ©rentes Ă©glises ou familles peuvent avoir des points de vue diffĂ©rents sur les dons financiers.

    « Ma famille et moi avons l’habitude de donner la dĂźme. Mais je sais que ce n’est pas la norme dans de nombreuses familles chrĂ©tiennes », explique Valentina Kunze.

    Changer la maniùre de parler de l’argent

    Les jeunes sont progressivement Ă  l’origine d’un changement dans les pratiques de don. Beaucoup utilisent encore des moyens traditionnels, comme mettre de l’argent dans le panier de quĂȘte ou soutenir une vente aux enchĂšres de biens et de services. Mais ils sont de plus en plus nombreux Ă  recourir Ă  des moyens Ă©lectroniques, comme les virements bancaires, ou Ă  des mĂ©thodes combinant d’autres moyens, comme les campagnes de collecte de fonds en ligne.

    « Tout comme ils sont Ă  l’origine d’innovations dans le domaine de la collecte de fonds, les jeunes pourraient Ă©galement changer la maniĂšre de parler de l’argent. Alors que les discussions sur les finances personnelles pouvaient ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme taboues dans le passĂ©, les jeunes d’aujourd’hui semblent plus pragmatiques et disposĂ©s Ă  parler franchement de ce qu’ils font de leur argent. À mesure que la responsabilitĂ© de l’Église passe Ă  des personnes plus jeunes, plus habiles dans l’utilisation des technologies, nous observons qu’il y a une marge de progression dans ce domaine », a dĂ©clarĂ© Bruce Campbell-Janz, directeur du dĂ©veloppement de la CMM.

    « En suivant JĂ©sus, nous comprenons que chacun a quelque chose Ă  donner, quel que soit le montant, pour construire l’ensemble », a-t-il ajoutĂ©. 


    diversity young people
  • « Le courage d’aimer » est toujours d’actualitĂ© dans notre monde divisĂ©. « ƒuvrer pour la paix ne signifie pas que nous allons rester les bras croisĂ©s, mais que nous allons agir. La paix, c’est l’action », a dĂ©clarĂ© Oscar Siwali (Afrique du Sud) de SADRA, membre du GAPN. 

    Le RĂ©seau Anabaptiste Mondial pour la Paix (GAPN) a organisĂ© un webinaire le 22 septembre 2025, Ă  l’occasion du Dimanche de la Paix et de la JournĂ©e internationale de la Paix. Des intervenants de Colombie et d’Afrique du Sud (dont Oscar Siwali) ont discutĂ© des questions urgentes qui concernent la paix aujourd’hui et les participants ont partagĂ© leurs expĂ©riences d’actions non violentes dans leurs contextes respectifs. 

     « Les Commissions sont composĂ©es de reprĂ©sentants des Ă©glises membres, tandis que les rĂ©seaux sont composĂ©s de reprĂ©sentants d’agences et d’organisations liĂ©es aux Églises. Les commissions servent surtout les Ă©glises membres tandis que les rĂ©seaux servent plutĂŽt leurs organisations membres. Mais tous deux travaillent sur des questions d’importance vitale pour l’Église mondiale », explique J Ron Byler (États-Unis), responsable des commissions de la CMM. 

    Lors des rĂ©unions du Conseil gĂ©nĂ©ral en Allemagne cette annĂ©e, les quatre rĂ©seaux se sont Ă©galement rĂ©unis du 25 au 28 mai 2025 afin de clarifier leur vision et leur mission, de nommer de nouveaux dirigeants et de prendre des dĂ©cisions concernant l’adhĂ©sion, le programme et les finances. 

    Les objectifs des RĂ©seaux sont : 

    • encourager une collaboration plus Ă©troite entre les membres ; 
    • partager les bonnes pratiques ; 
    • offrir des possibilitĂ©s de formation communes ; 
    • rĂ©ussir ensemble ce que chacun ne pourrait accomplir seul. 

    Pour J Ron Byler ; « La prĂ©sence de Commissions et de RĂ©seaux travaillant main dans la main illustre aide Ă  incarner la vision de la CMM d’« ĂȘtre liĂ©s les uns aux autres dans une communautĂ© de foi Ă  travers le monde pour vivre la communion fraternelle, le culte, le service, et le tĂ©moignage. » 

    Nouvelles nominations 

    RĂ©seaux anabaptistes mondiaux pour l’éducation (GAEN) 

    • Conrad Swartzentruber (États-Unis), prĂ©sident, GAPSEN 
    • Melody Raj (Inde), GAPSEN
    • Arnold Driediger (Allemagne), GAPSEN

    • Henry Paetkau (Canada), prĂ©sident, GAHEN 
    • Teguh Karyanto (IndonĂ©sie), GAHEN
    • Santiago Espitia, (Colombie), GAHEN

    Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (GAPN) 

    • John Wambura (Tanzanie), prĂ©sident 
    • Ruth Plett (Canada) 
    • Fernando Enns (Allemagne) 

    Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) 

    • Gomes de Miranda (Angola)  
    • Noelia Hidalgo (Espagne) 
    • Lorri Bentch (États-Unis), reprĂ©sentant Ă  la Commission Mission 

    RĂ©seau Anabaptiste Mondial d’Entraide (GASN) 

    • Fabio Carvalho (BrĂ©sil), reprĂ©sentant Ă  la Commission Mission 
    • Sophie Hege (France)  
    • Sunju Moon (CorĂ©e du Sud) 

  • La colonne du prĂ©sident

    Il y a quelques annĂ©es, nous avions organisĂ© une rĂ©union des Commissions aux Pays-Bas. Avec d’autres personnes, j’étais chargĂ© d’aller chercher les participants Ă  l’aĂ©roport. Nous Ă©tions en train de dĂźner lorsque mon tĂ©lĂ©phone a sonnĂ©. C’était quelqu’un qui appelait au nom d’un membre d’une Commission originaire d’Angola dont le vol avait Ă©tĂ© retardĂ©. La personne m’a informĂ© que l’Angolais Ă©tait prĂȘt et attendait que son frĂšre vienne le chercher.

    Lorsque je suis arrivĂ© au point de rendezvous, la personne qui avait appelĂ© Ă©tait toujours lĂ . Je n’oublierai jamais la surprise sur son visage lorsqu’il a rĂ©alisĂ© que j’étais le ‘frĂšre’ de cet Africain.

    Nous ne correspondions pas Ă  l’image qu’il se faisait des frĂšres. Mon frĂšre angolais et moi ne correspondions pas au stĂ©rĂ©otype.

    N’est-ce pas cela, ĂȘtre chrĂ©tien, et particuliĂšrement, anabaptiste, dans le monde d’aujourd’hui?

    Dans ce monde, les gens haĂŻssent les autres parce qu’ils sont diffĂ©rents, parce qu’ils ont des idĂ©es politiques diffĂ©rentes, parce qu’ils parlent une autre langue, parce que
 parce que
 Il y a tant de raisons.

    diversity staff faces
    Les responsables passés et présents de la CMM célÚbrent les 100 ans de la CMM (de gauche à droite) : Sandra Båez, César García, Henk Stenvers, Larry Miller, Eleanor Miller, Janet Plenert et Danisa Ndlovu.

    Nous avons besoin de courage

    Si nous voulons suivre le Christ, qui nous a enseignĂ© Ă  aimer notre prochain comme nous-mĂȘmes, nous avons besoin de courage.

    Le courage de dire NON Ă  la haine et OUI Ă  l’amour, mĂȘme si cela va Ă  l’encontre de nos propres intĂ©rĂȘts.

    Le courage d’aimer, mĂȘme si les autres ne nous aiment pas.

    Le courage de ne pas nous conformer, mais de montrer qu’une autre voie est possible, une voie qui mùne à la paix plutît qu’à la guerre.

    Nous avons besoin du courage dont ont fait preuve ceux qui, il y a 500 ans Ă  Zurich, ont dĂ©fiĂ© les pouvoirs en place parce qu’ils voulaient ĂȘtre de vĂ©ritables disciples du Christ.

    J’espĂšre, et je prie pour, voir encore beaucoup de visages surpris, comme celui de cet homme Ă  l’aĂ©roport, lorsque nous, communautĂ© de disciples du Christ, nous nous aimons les uns les autres, vivons l’unitĂ© malgrĂ© nos diffĂ©rences et proclamons ainsi un message de paix.

    —Henk Stenvers est prĂ©sident de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale (2022-2028). Il vit aux Pays-Bas. 


  • La CMM nomme un cinquiĂšme membre du bureau 

    « Une organisation dynamique, au service de ses membres, doit ĂȘtre prĂȘte Ă  changer et Ă  s’adapter au fur et Ă  mesure que nous apprenons et grandissons. Notre plus rĂ©cente addition Ă  l’équipe de direction de la CMM en est un exemple, illustrant notre volontĂ© de rĂ©pondre aux besoins de nos membres », dĂ©clare CĂ©sar GarcĂ­a, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CMM.

    Siaka TraorĂ© a Ă©tĂ© nommĂ© membre d’office du bureau de direction de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale en tant que reprĂ©sentant pour l’Afrique, avec effet immĂ©diat. 

    « Je ne viens pas dans cette Ă©quipe en tant que personne ayant une expertise, mais je viens avec foi et conviction que, si Dieu l’a voulu, il se servira de moi pour le bien-ĂȘtre de la CMM, dit Siaka TraorĂ©. Ma priĂšre est que la CMM rĂ©ponde aux attentes de ses membres. »

    L’organe dĂ©cisionnel de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale est le Conseil GĂ©nĂ©ral, dont les dĂ©lĂ©guĂ©s reprĂ©sentent nos Églises membres partout dans le monde. Un ComitĂ© ExĂ©cutif est choisi parmi les membres de cet organe, et ce comitĂ© est dirigĂ© par des membres du bureau de direction : le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident, le vice-prĂ©sident et le trĂ©sorier. Ces fonctions sont actuellement occupĂ©es par CĂ©sar GarcĂ­a (AmĂ©rique latine), Henk Stenvers (Europe), Lisa Carr-Pries (AmĂ©rique du Nord) et Sunoko Lin (Asie).

    Ces quatre postes ne permettent pas de reprĂ©senter les cinq rĂ©gions que compte la CMM. Lors des rĂ©unions du Conseil GĂ©nĂ©ral en 2025, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que le ComitĂ© ExĂ©cutif devait nommer un membre d’office afin d’assurer une reprĂ©sentation complĂšte des continents et que cette personne devait provenir d’Afrique, la rĂ©gion actuellement absente parmi les membres du bureau. 

    Les membres du bureau se rencontrent deux fois par an en personne et une fois par mois en ligne.

    Le rĂ©vĂ©rend Siaka TraorĂ© est pasteur Ă  l’Église Ă©vangĂ©lique mennonite du Burkina Faso. Il est titulaire d’une maĂźtrise en missions de la FacultĂ© de ThĂ©ologie ÉvangĂ©lique de Bangui (FATEB). Il a collaborĂ© avec le ComitĂ© central mennonite Ă  un programme pour la paix en Afrique de l’Ouest.

    Au sein de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale, Siaka TraorĂ© a occupĂ© le poste de prĂ©sident de la Commission Diacres (2015-2022) et celui de reprĂ©sentant rĂ©gional pour l’Afrique centrale et occidentale de 2022 jusqu’à sa nomination au sein du bureau. 

    « Pour moi cette nomination exprime le souhait de la CMM d’inclure tous les membres de toutes les parties du monde dans la gestion de la vie de l’organisme. Au regard de la composante de la CMM, celle-ci a adoptĂ© l’image de la mosaĂŻque. En me joignant Ă  l’équipe des membres du bureau, nous voulons rendre visible cette mosaĂŻque », dit Siaka TraorĂ©.

    « Au fil des nombreuses annĂ©es de service en tant que dirigeant d’Église animĂ© d’un esprit de service, tant dans son pays d’origine, le Burkina Faso, qu’à l’international en tant qu’orateur invitĂ©, mentor, artisan de paix chevronnĂ© et interprĂšte culturel, Siaka s’est fait largement connaĂźtre au sein de la famille de la CMM. Nous sommes heureux de l’inviter Ă  assumer cette fonction pour laquelle son expĂ©rience l’a bien prĂ©paré », dĂ©clare CĂ©sar GarcĂ­a.


    Siaka TraorĂ© (Burkina Faso) speaks about being a mentor at the panel discussion in Zurich, “Standing Between the Lines in a World on Fire.”
  • Perspectives (ActivitĂ©s Anabaptisme : 500 ans)

    Les activitĂ©s organisĂ©es pour commĂ©morer les 500 ans du mouvement anabaptiste Ă  Zurich le 29 mai 2025 comprenaient 18 ateliers rĂ©partis sur deux pĂ©riodes. Les salles mises gĂ©nĂ©reusement Ă  disposition par l’Église rĂ©formĂ©e dans plusieurs endroits du centre-ville Ă©taient bondĂ©es de participants dĂ©sireux de dĂ©couvrir des tĂ©moignages et des analyses sur les anabaptistes qui ont incarnĂ© « le courage d’aimer » dans l’histoire et aujourd’hui. 

    Les ateliers allaient d’une session de chant participatif inspirĂ©e des cantiques mennonites, Ă  une table ronde Ă  propos des dialogues trilatĂ©raux sur le baptĂȘme avec des partenaires catholiques et luthĂ©riens, en passant par une prĂ©sentation de l’engagement des mennonites en faveur de la paix et de la justice au Moyen-Orient et les tĂ©moignages sur la vie communautaire et l’amour des ennemis. 

    Voici un aperçu d’un des ateliers : 

    La culture de la mĂ©moire au sein des minoritĂ©s religieuses 

    Comme beaucoup de mouvements religieux minoritaires, le mouvement anabaptiste a une histoire qui lui est propre, une histoire qui l’a façonnĂ©. Cette histoire comprend des souvenirs de persĂ©cution, de discrimination et de migration. Si elles sont laissĂ©es de cĂŽtĂ©, ces histoires peuvent facilement conduire Ă  une Ă©ruption volcanique dans un monde dĂ©jĂ  instable. 

    Les intervenants de cet atelier Ă©taient Andrea StrĂŒbind, Astrid von Schlachta et Danang Kristiawan. 

    Andrea StrĂŒbind, issue de la tradition baptiste, est professeure d’histoire de l’Église et de ThĂ©ologie historique Ă  l’universitĂ© d’Oldenburg en Allemagne. Astrid von Schlachta est dĂ©lĂ©guĂ©e du Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Gemeinden in Deutschland. Elle est Ă©galement assistante de recherche Ă  l’Arbeitsstelle Theologie der Friedenskirchen (Centre de recherche sur la ThĂ©ologie des Églises de paix) en Allemagne. Danang Kristiawan est pasteur Ă  la GITJ Jepara et chargĂ© de cours Ă  la SSTAKW Bible School Ă  Java (IndonĂ©sie). 

    Andrea StrĂŒbind et Astrid von Schlachta ont prĂ©sentĂ© Ă  l’auditoire l’histoire des anabaptistes depuis leurs dĂ©buts en 1525 et ont retracĂ© les diffĂ©rents Ă©vĂ©nements sociopolitiques mondiaux qui se sont produits depuis lors. 

    Danang Kristiawan a parlĂ© de son expĂ©rience avec les chrĂ©tiens minoritaires dans son pays natal, l’IndonĂ©sie, oĂč les musulmans sont majoritaires. 

    Points principaux 

    • Une vie marquĂ©e par la persĂ©cution et l’expulsion consiste davantage Ă  trouver des cachettes qu’à laisser des monuments visibles. 
    • La Confession d’Augsbourg (Confessio Augustana) de 1530 condamne les anabaptistes. 
    • En IndonĂ©sie, le christianisme est associĂ© au colonialisme. 

    Initiatives pour prĂ©venir les Ă©ruptions. 

    En volcanologie, une Ă©ruption volcanique est l’expulsion de gaz et de lave en fusion depuis l’intĂ©rieur de la terre vers la surface terrestre ou dans l’atmosphĂšre par un conduit. De la mĂȘme maniĂšre, dans la vie rĂ©elle, toute question susceptible d’entraĂźner des problĂšmes entre les ĂȘtres humains peut provoquer une Ă©ruption mĂ©taphorique, notamment en matiĂšre de perceptions religieuses. Cela peut causer des dommages irrĂ©parables non seulement aux personnes en conflit, mais aussi au monde en gĂ©nĂ©ral. 

    Bien que la ville de Zurich et l’Église rĂ©formĂ©e aient Ă©tĂ© parmi les ennemis des premiers anabaptistes, il existe aujourd’hui un dialogue entre les responsables rĂ©formĂ©s et les anabaptistes Ă  diffĂ©rents niveaux. (Voir ‘La recherche d’un tĂ©moignage commun’) 

    Pour les luthĂ©riens, le dĂ©sir de dialoguer avec les anabaptistes remonte Ă  la commĂ©moration des 450 ans de la Confession d’Augsbourg en 1980. Lors de sa conclusion, la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale a reconnu que les dĂ©clarations contenues dans le document de 1530 Ă©taient une provocation pour les anabaptistes et que celles-ci ne reflĂ©taient pas la rĂ©alitĂ© des croyants contemporains des deux confessions. 

    Par la grĂące de Dieu, lors de l’AssemblĂ©e de la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale Ă  Stuttgart en 2010, les anabaptistes ont reçu des excuses pour les persĂ©cutions passĂ©es. 

    En IndonĂ©sie, les mennonites de Jepara ont lancĂ© une initiative d’amitiĂ© entre mennonites et musulmans. Elle est fermement ancrĂ©e dans Colossiens 1:20, l’incarnation du Christ, et qui contextualise l’amour de maniĂšre crĂ©ative. La base thĂ©ologique de l’amitiĂ© entre mennonites et musulmans, en particulier la mise en Ɠuvre crĂ©ative de l’amour, comprend l’engagement envers l’identitĂ© personnelle, l’ouverture Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© et l’imagination. 

    Outre l’expertise et l’expĂ©rience par les intervenants sur le sujet, les participants Ă  l’atelier ont posĂ© des questions et Ă©changĂ© leurs points de vue. 

    Un participant d’origine pakistanaise vivant au Canada a dit que, dans la plupart des cas, les persĂ©cutions et les discriminations rĂ©sultent de manƓuvres orchestrĂ©es par les dirigeants. 

    D’autres ont posĂ© des questions sur les expĂ©riences de persĂ©cution des anabaptistes indonĂ©siens. L’Église, qui compte de plus en plus de jeunes, a peu d’expĂ©rience directe, dit Danang Kristiawan. 

    En rĂ©ponse Ă  la question « Comment pouvons-nous rĂ©agir aux politiques Ă©trangĂšres des gouvernements qui dĂ©fendent le nationalisme », les intervenants ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de construire sincĂšrement des ponts et de poursuivre le dialogue. 

    Conclusion 

    Le sujet mĂ©ritait d’ĂȘtre approfondi. Chaque pays a son propre contexte de persĂ©cution et de discrimination. Le courage est un processus par lequel les parties en conflit mobilisent au maximum leurs ressources mentales et morales pour contrĂŽler un danger imminent. Par consĂ©quent, des discussions ouvertes et persistantes sur ces questions seront bĂ©nĂ©fiques non seulement pour les religions en conflit, mais aussi pour rendre la terre plus habitable. Cela permettra ainsi de concrĂ©tiser le thĂšme de la rencontre : le courage d’aimer.  

    —Jumanne Magiri Mafwiri est membre de Kanisa Mennonite Tanzania. Il est le reprĂ©sentant rĂ©gional de la CMM pour l’Afrique de l’Est. Il a dĂ©cidĂ© de participer Ă  l’atelier suite Ă  la persĂ©cution des chrĂ©tiens en Ouganda en 1885-1887, aprĂšs laquelle le gouvernement ougandais a dĂ©clarĂ© le 3 juin comme journĂ©e des martyrs, ce qui attire des pĂšlerins de divers horizons. 


  • Perspectives (ActivitĂ©s Anabaptisme : 500 ans)

    La journĂ©e commĂ©morative Ă  Zurich a Ă©tĂ© marquĂ©e par de nombreux moments forts, notamment par des chants. Les chorales ont eu le privilĂšge de jouer un rĂŽle central en rĂ©unissant des voix venues du monde entier pour cĂ©lĂ©brer la foi, la rĂ©conciliation et l’unitĂ©.

    Les chorales participantes étaient les suivantes

    • Eastleigh Fellowship Centre (EFC) Chorale de l’église mennonite — Nairobi, Kenya
    • Ágape Band – AsunciĂłn, Paraguay 
    • Eastern Mennonite University (EMU) Chamber Singers — Harrisonburg, Virginie, États-Unis
    • Songs of Peace — Liestal, Suisse
    • TIARA (The Indonesian Anabaptist peRforming Art) TIARA — Église GKMI Anugerah, Jakarta, IndonĂ©sie 

    Parmi ces chorales, celle de l’église mennonite Eastleigh Fellowship Centre (EFC) m’a particuliĂšrement fascinĂ©.

    La chorale de l’EFC

    La chorale de l’EFC, issue d’une Ă©glise mennonite de Nairobi, Ă©tait l’un des cinq ensembles musicaux sĂ©lectionnĂ©s pour prĂ©senter la musique anabaptiste du monde entier lors de la rencontre organisĂ©e Ă  Zurich pour le 500e anniversaire. La chorale a accueilli avec enthousiasme cette occasion d’annoncer l’amour du Christ Ă  travers un riche mĂ©lange de traditions musicales africaines et d’harmonies de gospel. 

    La chorale s’est produite Ă  deux reprises : lors d’un concert Ă  l’intĂ©rieur de la Predigerkirche et lors d’un concert en plein air sur la Zwingli Platz, devant l’église GrossmĂŒnster, sans amplification. Elle a Ă©galement participĂ© au culte de clĂŽture, qui a Ă©tĂ© retransmis en direct mondialement. 

    La chorale dĂ©crit son style musical comme de l’’afrofusion’. « Notre musique rassemble des influences de diffĂ©rents pays d’Afrique », explique George Ochieng, membre de la chorale. 

    De plus, la chorale elle-mĂȘme reflĂšte la diversitĂ© culturelle du Kenya, ses membres Ă©tant issus de diverses origines ethniques. 

    Le ministĂšre de la musique 

    Pour la chorale EFC, faire de la musique va au-delĂ  d’une simple performance, c’est un ministĂšre. Son profond engagement envers la foi chrĂ©tienne la pousse Ă  annoncer le message du Christ Ă  travers le chant. La musique est pour elle un moyen de renforcer la foi, de fortifier les esprits et d’encourager les autres. 

    La chorale estime que ses voix sont des instruments de guĂ©rison et d’unitĂ©, capables de briser les barriĂšres culturelles et de toucher des vies de tous horizons. Sa performance incarne les thĂšmes de l’espoir, de la persĂ©vĂ©rance et de la grĂące divine, rappelant aux auditeurs la prĂ©sence Ă©ternelle de Dieu. 

    Le chant prĂ©fĂ©rĂ© 

    La chorale de l’EFC travaille activement Ă  la composition et Ă  l’arrangement de morceaux qui reflĂštent son cheminement spirituel et son hĂ©ritage culturel. Son style mĂȘle rythmes africains traditionnels et thĂšmes de gospel, crĂ©ant une expĂ©rience spirituelle unique et enrichissante. 

    Certains de ses chants proviennent de recueils de cantiques, d’autres ont Ă©tĂ© composĂ©s par des auteurs inconnus ou par les membres de la chorale eux-mĂȘmes. 

    L’un de leurs chants le plus apprĂ©ciĂ© est « Yesu Vamuvamba », qui signifie « JĂ©sus a Ă©tĂ© crucifié » en tiriki, une langue parlĂ©e par le peuple tiriki de l’ouest du Kenya. La chanson Ă©voque la crucifixion du Christ et la libertĂ© qu’elle a apportĂ©e Ă  l’humanitĂ©, en rĂ©sonnant profondĂ©ment avec les thĂšmes du sacrifice, de la rĂ©demption et du pardon. 

    Une vocation 

    La chorale de l’EFC considĂšre que louer en musique est un moyen de renforcer la foi, d’encourager la croissance spirituelle et de favoriser l’unitĂ© de la communautĂ©. Ses mĂ©lodies s’étendent au-delĂ  de son Ă©glise d’origine, car ses membres voyagent frĂ©quemment Ă  travers le Kenya pour chanter lors de services religieux, de rĂ©unions de rĂ©veil, de confĂ©rences et de festivals de musique. 

    Bien que les membres de la chorale soient profondĂ©ment dĂ©vouĂ©s Ă  leur ministĂšre musical, il s’agit d’un engagement Ă  temps partiel. Beaucoup d’entre eux poursuivent une carriĂšre dans l’enseignement, le commerce, la santĂ© et d’autres domaines pour subvenir Ă  leurs besoins, car la chorale ne dispose pas de ressources financiĂšres nĂ©cessaires pour soutenir des musiciens Ă  plein temps. 

    MalgrĂ© ces difficultĂ©s, les membres de la chorale consacrent beaucoup de temps aux rĂ©pĂ©titions, aux offices religieux et Ă  des Ă©vĂšnements particuliers, considĂ©rant leurs dons musicaux comme une vocation divine plutĂŽt que comme un simple passe-temps. 

    En outre, la chorale encadre activement des jeunes musiciens et encourage la participation des jeunes au culte, contribuant ainsi Ă  former la prochaine gĂ©nĂ©ration d’artistes et de responsables chrĂ©tiens. 

    Les 500 ans de l’Anabaptisme

    Être invitĂ© Ă  se produire lors de cette cĂ©lĂ©bration historique du 500e anniversaire est Ă  la fois un honneur et un Ă©vĂ©nement spirituel marquant pour la chorale de l’EFC. Sa prĂ©sence Ă  Zurich lui a permis de faire connaĂźtre sa musique sur une scĂšne mondiale et de tisser des liens avec les communautĂ©s anabaptistes du monde entier. 

    Cette cĂ©lĂ©bration est un tĂ©moignage puissant de la persĂ©vĂ©rance de la foi et souligne comment l’anabaptisme a prospĂ©rĂ© pendant des siĂšcles de persĂ©cution, de changement et de croissance. En participant Ă  cet Ă©vĂ©nement, la chorale souhaite apporter sa contribution Ă  l’histoire et mettre en valeur son hĂ©ritage musical mennonite africain dans un contexte chrĂ©tien international. 

    La chorale considĂšre cet anniversaire comme un rappel de l’unitĂ©, de la persĂ©vĂ©rance et du rĂ©veil spirituel. Elle espĂšre que cet Ă©vĂ©nement renforcera les liens entre les assemblĂ©es anabaptistes et sera une occasion d’apprendre, une occasion de rĂ©conciliation et de renouveau. 

    C’était un privilĂšge de reprĂ©senter les anabaptistes kenyans lors de cette cĂ©lĂ©bration historique. Les membres de la chorale de l’EFC espĂšrent que leur musique a Ă©difiĂ© et inspirĂ© les participants, leur rappelant que la foi transcende les frontiĂšres et que la musique est un langage universel de louange.  

    Ce qui me passionne dans ces chorales 

    Cette expĂ©rience a Ă©tĂ© vraiment Ă©lectrisante. Il y avait quelque chose de profondĂ©ment Ă©mouvant Ă  entendre des voix venues des quatre coins du monde se mĂ©langer harmonieusement, chacune porteuse de sa propre culture, de son histoire et de sa foi. 

    Chaque chorale a apportĂ© quelque chose d’unique Ă  la cĂ©lĂ©bration, qu’il s’agisse de rythmes ‘afrofusion’, de gospel latino ou de musique sacrĂ©e a cappella. Être tĂ©moin de cette expression musicale diversifiĂ©e de la foi m’a permis de mieux comprendre comment la louange Ă  travers le chant unit les croyants de toutes traditions et de toutes nations. 

    — Melvin Banda est membre de l’Église de FrĂšres mennonites du Malawi. Il Ă©tait le dĂ©lĂ©guĂ© des YABs pour son Ă©glise lors des rĂ©unions de 2025. 


    EFC Choir with soloist Naaman Ochieng
performs “Anawuok adhi e dala wa ka
Nyasaye” on the outdoor stage in front of the GrossmĂŒnster in Zurich, Switzerland.
  • SƓurs et frĂšres bien-aimĂ©s :

    Nous invitons la famille anabaptiste mondiale Ă  prier pour les populations de la rĂ©gion des CaraĂŻbes aprĂšs le passage de l’ouragan Melissa.

    « Du point de vue humain, les perspectives sont sombres, mais, en tant qu’enfants de Dieu, nous continuons Ă  nous accrocher Ă  notre espĂ©rance en Christ. Continuez Ă  prier pour la foi », dĂ©clare le pasteur Liston Aiken, prĂ©sident de l’Église mennonite de JamaĂŻque.

    L’ouragan Melissa, un ouragan de catĂ©gorie 5, a frappĂ© les CaraĂŻbes durant la derniĂšre semaine d’octobre. Il a provoquĂ© de graves inondations, entraĂźnĂ© la destruction de bĂątiments Ă  cause du vent et de la pluie, provoquĂ© des glissements de terrain, abattu des arbres et emportĂ© des rĂ©coltes. Les perturbations des rĂ©seaux de communication et de transport ont entravĂ© l’acheminement de l’aide.

    Au moment oĂč nous Ă©crivons ces lignes, le bilan humain de la tempĂȘte s’élĂšve Ă  65 morts confirmĂ©s dans toute la rĂ©gion, mais ce chiffre devrait augmenter Ă  mesure que les communications et l’accĂšs aux zones les plus reculĂ©es seront rĂ©tablis. Des milliers de personnes vivent dans des abris temporaires.

    Il faudra des annĂ©es pour se remettre de ces destructions. Cependant, on estime que les mesures prises pour se prĂ©parer aux dĂ©sastres ont permis de sauver des vies et d’accĂ©lĂ©rer les interventions.

    • Parmi les quatre assemblĂ©es de l’Église mennonite jamaĂŻcaine directement touchĂ©es par la tempĂȘte, Joyland et Abrams ont perdu leur toit et ont subi d’autres dommages ; la porte de Ridge a Ă©tĂ© arracheĂ© ; le bĂątiment de Salter Hill s’est effondrĂ© et le toit du presbytĂšre a Ă©tĂ© dĂ©truit. Les membres de l’Église de ces communautĂ©s ont perdu leurs toits et leurs biens personnels.
      Les fidÚles de tout le pays sont bouleversés par les dégùts, mais ils font confiance à Dieu pour leur révéler comment aider à mettre en place des solutions à court et à long terme.
    • À Cuba, les 56 assemblĂ©es BIC dans les cinq provinces orientales de l’üle ont Ă©tĂ© touchĂ©es. Certains membres ont perdu leur maison Ă  cause des vents et des inondations. Comme la plupart des assemblĂ©es se rĂ©unissent dans des maisons, l’impact est multipliĂ©. Les consĂ©quences de la tempĂȘte aggravent les difficultĂ©s Ă©conomiques que la population connaissait dĂ©jĂ .
    • En RĂ©publique dominicaine, les assemblĂ©es ont Ă©tĂ© touchĂ©es par les inondations qui ont prĂ©cĂ©dĂ© la tempĂȘte et se sont intensifiĂ©es lorsque Melissa a traversĂ© l’üle.

    « L’évaluation des dĂ©gĂąts est toujours en cours, de nombreuses routes sont en cours de dĂ©blaiement, l’électricitĂ© est en train d’ĂȘtre rĂ©tablie. Une aide matĂ©rielle est fournie aux personnes touchĂ©es. Cela va prendre beaucoup de temps, car les dĂ©gĂąts sont trĂšs importants dans les zones oĂč l’Ɠil de l’ouragan est passé », explique William George Broughton, reprĂ©sentant rĂ©gional de la CMM et cadre de santĂ© Ă  la retraite en JamaĂŻque.

    Nous vous invitons à prier pour nos frùres et sƓurs dans ces üles.

    Que la solidaritĂ© remplace le sentiment d’isolement qu’ils ressentent souvent.

    Que les communautés soient renforcées afin de se rassembler pour réagir, se soutenir mutuellement et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

    Que l’amour du Christ nous remplisse tous : pour que les membres de notre communautĂ© dans les CaraĂŻbes prennent soin les uns des autres ; pour que ceux d’entre nous qui vivent ailleurs dans le monde joignent le geste Ă  la priĂšre.

    Nous prions pour les dirigeants mondiaux qui ont Ă©tĂ© interpellĂ©s par la JamaĂŻque et d’autres pays afin de mettre en place un financement climatique. Ils demandent aux pays riches de rĂ©parer leur rĂŽle disproportionnĂ© dans l’aggravation de la crise climatique.

    Par la grĂące de Dieu, nous cherchons Ă  vivre et Ă  proclamer la bonne nouvelle de la rĂ©conciliation en JĂ©sus-Christ, avec l’assurance que nous faisons partie du corps unique du Christ en tout temps et en tout lieu.

    Seigneur, entends notre appel Ă  l’aide et aie pitiĂ©.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    P.S. AprĂšs la rĂ©daction de cette lettre, nous avons appris que le typhon Kalmaegi a frappĂ© l’Asie. Merci de prier pour les personnes touchĂ©es et de suivre les rĂ©seaux sociaux de la CMM pour connaĂźtre les derniĂšres nouvelles concernant les Ă©glises mennonites touchĂ©es.


    Hurricane Melissa Carribean
  • Dimanche de la FraternitĂ© Anabaptiste Mondiale 2026

    Le temps des offrandes est aussi important que la prĂ©dication. Souvent, quelqu’un prĂ©sente un tĂ©moignage et une Écriture sur le thĂšme du don.

    Le pasteur demande souvent Ă  l’un des responsables de prier, de bĂ©nir les donateurs et aussi que ceux qui ne donnent pas soient bĂ©nis pour pouvoir le faire.

    Parfois, les responsables font circuler les paniers, et d’autres fois, les membres viennent Ă  l’avant pour mettre leur offrande dans un panier. Dans de nombreux endroits, les gens chantent et dansent car le don est accompagnĂ© de beaucoup de joie.

    En ce dimanche de la fraternitĂ© anabaptiste mondiale, la CMM invite les Ă©glises Ă  collecter une offrande spĂ©ciale pour notre communautĂ© anabaptiste mondiale. L’idĂ©e est d’inviter chaque membre Ă  donner l’équivalent du coĂ»t d’un repas local pour soutenir les rĂ©seaux et les ressources de notre famille spirituelle mondiale de la CMM. Sacrifier un repas, c’est notre humble maniĂšre de remercier Dieu et d’apporter un soutien aux ministĂšres de la CMM pour le Seigneur.

    Ce don « d’un repas » par personne une fois par an est quelque chose que tous les membres de la CMM peuvent faire. Certaines personnes ont les moyens de donner beaucoup plus que cela, et devraient ĂȘtre encouragĂ©es Ă  le faire. D’autres, dont les ressources sont plus limitĂ©es, pourraient ĂȘtre encouragĂ©es par le fait que le ComitĂ©
    ExĂ©cutif de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale, composĂ© de membres de tous les continents, est convaincu que la plupart des adultes du monde entier peuvent donner l’équivalent d’un repas par an pour soutenir le travail de l’Église mondiale.

    Voici quelques suggestions pour prĂ©parer le temps de l’offrande dans votre assemblĂ©e :

    • PrĂ©voyez que les offrandes « d’un repas » soient dĂ©posĂ©es dans un panier spĂ©cial Ă  l’avant, ou dans des contenants culturellement appropriĂ©s et en lien avec les repas lors du culte.
    • PrĂ©voyez un repas communautaire partagĂ© ensemble avant ou aprĂšs le culte du dimanche de la FraternitĂ© Anabaptiste Mondiale
      • Ça pourrait ĂȘtre une « auberge espagnole » oĂč chaque famille amĂšne de grands plats Ă  partager, avec un panier rĂ©servĂ© pour l’offrande pour la CMM prĂ©sente au repas.
      • Chaque famille pourrait ramener un repas tout prĂ©parĂ©. Ces repas prĂ©parĂ©s sont alors mis aux enchĂšres, vendus ou offerts avec participation libre pour ĂȘtre ramenĂ©s Ă  la maison et ĂȘtre mangĂ©s en famille aprĂšs le culte.
    • PrĂ©voyez un temps de jeĂ»ne et de priĂšr pour l’Église mondiale pendant un repas avant ou aprĂšs le culte du dimanche de la FraternitĂ© Anabaptiste Mondiale, et faites une offrande pour la CMM pendant ce temps, reprĂ©sentant au moins la valeur du repas qui n’est pas consommĂ©.

    Les fonds recueillis par cette offrande spĂ©ciale dans chaque assemblĂ©e peuvent ĂȘtre envoyĂ©s directement Ă  la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale (trouver des moyens de donner sur mwc-cmm.org/fr/faire-un-don).

    Vous pouvez Ă©galement envoyer ces fonds au bureau de votre union d’église nationale, en les dĂ©signant clairement comme destinĂ©s Ă  la ConfĂ©rence mennonite mondiale et en indiquant qu’il s’agit de l’offrande du dimanche de la FraternitĂ© anabaptiste mondiale. Vous pouvez demander qu’ils transmettent alors les fonds Ă  la CMM.


    La collecte des offrandes aux Pays-Bas 

    Dans les assemblĂ©es mennonites (Doopsgezind) des Pays-Bas, l’offrande est collectĂ©e en faisant passer les paniers de la collecte, appelĂ©s collectezakken : ce sont de petits sacs en tissu. Les personnes y dĂ©posent piĂšces et billets. Ces sacs sont soit attachĂ©s Ă  un petit manche en bois et passĂ©s de main en main, soit fixĂ©s Ă  l’extrĂ©mitĂ© de longues perches que les personnes dĂ©signĂ©es tendent en passant dans l’assemblĂ©e.  

    L’offrande reçue dans l’un des sacs est gĂ©nĂ©ralement destinĂ©e au fonctionnement de l’assemblĂ©e locale, alors que l’offrande reçue dans un second sac est plutĂŽt destinĂ©e Ă  la mission en dehors des murs de l’église. Pour ce deuxiĂšme sac, toutes les Ă©glises mennonites des Pays-Bas se mettent souvent d’accord sur le mĂȘme projet soutenu chaque dimanche.  

    Aujourd’hui, la plupart des assemblĂ©es affichent Ă©galement un QR code et un numĂ©ro de compte bancaire pour les personnes qui souhaitent donner de cette maniĂšre. 

    Les dons supĂ©rieurs Ă  un certain montant donnent droit Ă  une dĂ©duction fiscale de la part du gouvernement Ă  la fin de l’annĂ©e. 


    Evangelisch-mennonitische Freikirche, Dresden, Germany, shares
a meal outside with refugees from Venezuela as part of their
Anabaptist World Fellowship Sunday celebration in 2024.
  • Changements dans l’équipe des reprĂ©sentants rĂ©gionaux  

    « J’ai personnellement expĂ©rimentĂ© le pouvoir de â€˜vivre l’unité’ au sein de communautĂ©s diverses et le besoin constant de â€˜construire la paix’ par le dialogue et la comprĂ©hension », tĂ©moigne Vikal Pravin Rao, nouveau reprĂ©sentant rĂ©gional pour l’Asie du Sud. 

    Les reprĂ©sentants rĂ©gionaux de la CMM sont des bĂ©nĂ©voles Ă  temps partiel qui dĂ©veloppent et soutiennent les relations avec les Ă©glises membres, membres associĂ©s et membres potentiels de la CMM, les Ă©glises locales ainsi que les agences et les partenaires liĂ©s Ă  la CMM. Cette annĂ©e, plusieurs changements ont Ă©tĂ© apportĂ©s Ă  l’équipe des reprĂ©sentants rĂ©gionaux. 

    Selon CĂ©sar GarcĂ­a, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, « nos reprĂ©sentants rĂ©gionaux jouent un rĂŽle crucial en reliant le travail de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale et celui de nos Ă©glises membres dans le monde. « Ces responsables possĂšdent une connaissance approfondie des Ă©glises de leur rĂ©gion. Ils s’efforcent de renforcer ce lien pour que nous puissions partager nos dons de maniĂšre encore plus profonde au sein de la CMM. » 

    Les reprĂ©sentants rĂ©gionaux ne se contentent pas de prĂ©senter la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale aux unions d’églises, mais ils relaient Ă©galement les prĂ©occupations de ces derniĂšres Ă  l’ensemble de la famille mondiale. 

    AprĂšs plus d’une dĂ©cennie de service, Cynthia Peacock a pris sa retraite de son poste de reprĂ©sentante rĂ©gionale pour l’Asie du Sud. 

    « Cynthia a incarnĂ© parfaitement le travail d’un reprĂ©sentant rĂ©gional depuis la crĂ©ation du poste. Elle n’a cessĂ© de rencontrer les dirigeants des Ă©glises, d’écouter attentivement et avec sagesse les nombreux dĂ©fis des Ă©glises, et d’encourager les dirigeants Ă  suivre JĂ©sus, Ă  construire la paix et Ă  vivre dans l’unité », dĂ©clare Janet Plenert, coordinatrice des reprĂ©sentants rĂ©gionaux. 

    En savoir plus â€œJe suis devenue mennonite dans mon cƓur”

    Vikal Pravin Rao occupe le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Église mennonite indienne (MCI), basĂ©e au Chhattisgarh. Son mandat prendra fin en novembre, juste avant qu’il ne prenne ses fonctions de reprĂ©sentant rĂ©gional pour la CMM. Lui et son Ă©pouse Roopam Rao ont un fils et une belle-fille. 

    Vikal Pravin Rao a Ă©tĂ© le reprĂ©sentant de l’Asie lors du premier Sommet Mondial de la Jeunesse au Zimbabwe en 2003. Il a travaillĂ© au sein de l’équipe de serviteurs mondiaux (jeunes dirigeants) qui ont contribuĂ© Ă  organiser le Village Mondial de l’Église lors de l’AssemblĂ©e en Inde en 1997 et il a coordonnĂ© l’expĂ©rience immersive de l’exposition pour l’AssemblĂ©e tenue en Pennsylvanie (États-Unis) en 2015. Il vient tout juste de terminer un mandat Ă  la Commission des diacres (2018-2025). En raison de sa fonction au sein de cette commission, il accompagnait souvent Cynthia Peacock lors des visites aux huit Ă©glises membres de la CMM en Inde et Ă  l’église membre au NĂ©pal. 

    « Mon expĂ©rience au sein de la Commission Diacres, pendant laquelle j’ai assistĂ© Mme Cynthia Peacock lors de visites dans des Ă©glises membres de la CMM en Inde et au NĂ©pal, a accru ma dĂ©termination Ă  adhĂ©rer Ă  ces principes (slogan de la CMM). Je pense que ma capacitĂ© Ă  Ă©tablir des liens avec divers groupes, Ă  saisir les enjeux locaux et Ă  promouvoir des solutions collaboratives sera trĂšs utile pour renforcer la prĂ©sence et l’impact de la CMM en Asie du Sud, ‘suivant JĂ©sus’ comme notre guide », dit-il. 

    Deux autres reprĂ©sentants rĂ©gionaux ont terminĂ© leur mandat. Gerald Hildebrand, pasteur de longue date au sein des frĂšres mennonites au Canada, a pris sa retraite en tant que reprĂ©sentant rĂ©gional de la CMM pour l’AmĂ©rique du Nord en juin, aprĂšs les rĂ©unions du Conseil gĂ©nĂ©ral en Allemagne. Il occupait cette fonction depuis les rĂ©unions du Conseil GĂ©nĂ©ral au Kenya en 2018. 

    « Gerald est un pasteur dans l’ñme et il a mis cette Ăąme au service de son travail. Navigant entre les relations parfois conflictuelles entre les confessions nord-amĂ©ricaines, il s’est imposĂ© comme une prĂ©sence paisible, patiente et Ă  l’écoute », dĂ©clare Janet Plenert. 

    Cynthia DĂŒck, qui reprĂ©sentait conjointement la grande rĂ©gion du cĂŽne Sud (Cono Sur) en AmĂ©rique latine, a Ă©galement terminĂ© son mandat commencĂ© juste avant l’AssemblĂ©e en IndonĂ©sie. InfirmiĂšre de formation et membre de l’Église des frĂšres mennonites, elle avait prĂ©cĂ©demment occupĂ© le poste de coordinatrice de l’hĂ©bergement pour l’AssemblĂ©e mondiale au Paraguay en 2009. 

    « Cynthia a apportĂ© une Ă©nergie jeune, une grande aisance avec les mĂ©dias sociaux et des compĂ©tences linguistiques (anglais, espagnol et allemand). Son dynamisme a ouvert de nouvelles voies de communication avec les Ă©glises de la rĂ©gion », explique Freddy BarrĂłn, qui travaille conjointement avec Cynthia dans la rĂ©gion du cĂŽne Sud. 

    « Nous sommes reconnaissants envers ces fidĂšles serviteurs qui mettent leur sagesse et leur expĂ©rience au service de l’Église mondiale en tant que reprĂ©sentants rĂ©gionaux. Nous savons que chacun d’entre eux continuera Ă  suivre JĂ©sus, Ă  vivre l’unitĂ© et Ă  construire la paix dans le prochain chapitre de leur vie », dĂ©clare CĂ©sar GarcĂ­a, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CMM. 


    2025 Regional Reps - different size
  • « J’ai toujours souhaitĂ© voir et comprendre le monde au-delĂ  de mon environnement immĂ©diat, d’apprendre auprĂšs de diffĂ©rentes communautĂ©s. Quand j’ai dĂ©couvert la vision de YAMEN pour les jeunes en matiĂšre d’apprentissage et de service au niveau mondial, j’y ai vu une plateforme qui me permettrait de m’épanouir, de me former et de m’équiper pour mon propre bien, pour celui de l’église et de celui de ma communautĂ©. Â» explique Moses Johnson Jumbo.

    Moses Jumbo est membre de l’Eglise mennonite du district d’Inen, au Nigeria. Au cours de son annĂ©e YAMEN, il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison pour la CMM Tchad dans le cadre du programme YAMEN d’aoĂ»t 2024 Ă  juillet 2025.

    Le RĂ©seau Anabaptiste Mondial d’Échange de Jeunes (YAMEN) est un programme conjoint du ComitĂ© central mennonite (MCC en anglais) et de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale (CMM). Il a pour objectif de promouvoir la communion entre les Ă©glises de la tradition anabaptiste et de former de jeunes dirigeants partout dans le monde. Les participants vivent une annĂ©e dans un contexte interculturel, Ă  compter du mois d’aoĂ»t jusqu’au mois de juillet de l’annĂ©e suivante.

    « Au cours de mon annĂ©e YAMEN, j’ai vĂ©cu une profonde transformation sur le plan spirituel. Avant, je vivais en respectant un certain nombre de codes sociaux, que je pensais normaux. Mais Ă  travers ma frĂ©quentation rĂ©guliĂšre du centre de louanges, des cultes personnels rĂ©guliers et des conversations avec les dĂ©lĂ©guĂ©s nationaux, mon Ă©tat d’esprit s’est clarifiĂ©. Â» raconte Moses Jumbo. « Aujourd’hui, en servant dans l’Eglise, je partage cette transformation sur le nĂ©cessaire renouveau de l’esprit, y compris auprĂšs de mes amis. Â»

    Moses s’est montrĂ© particuliĂšrement enthousiaste Ă  l’idĂ©e d’apprendre la gestion de projet, l’évaluation et la liaison (note de traduction : l’abrĂ©viation anglaise est PMER pour Project Management, Evaluation and Reporting) au cours de son stage.

    « J’ai appris Ă  planifier, gĂ©rer et Ă©valuer des projets concrets et Ă  faire bouger les choses. Pour moi, c’est plus qu’une compĂ©tence acquise, c’est une vocation, et j’aime beaucoup ça ! Â», s’exclame le jeune homme. « Chaque fois que je me suis rendu sur le terrain avec mon Ă©quipe, j’ai vu l’importance d’écouter les points de vue des gens et de valoriser leurs contributions aux projets. Cela m’a appris qu’ĂȘtre artisan de paix, ce n’est pas seulement rĂ©soudre des conflits, mais c’est aussi une façon de vivre, en essayant de mieux comprendre mon prochain. Â»

    Il ajoute que chez lui, au Nigeria, il travaille pour un projet d’initiative pour la paix au sein de sa communautĂ©. Le but est d’éduquer et de sensibiliser les jeunes Ă  la nĂ©cessitĂ© de rejeter le sectarisme et la violence, pour le remplacer par des valeurs de paix, d’unitĂ©, de comprĂ©hension des uns des autres.

    Il rĂȘve Ă  la mise en place d’un rĂ©seau dans les Ă©coles du secondaire de la rĂ©gion d’Akwa Ibon. « Cette vision est nĂ©e lorsque j’ai rĂ©alisĂ© que beaucoup de comportements nĂ©gatifs parmi les jeunes de cette communautĂ© proviennent d’un certain degrĂ© d’ignorance. A travers ce rĂ©seau, j’espĂšre les sensibiliser et leur proposer des alternatives positives. Â»

    « Servir avec la CMM au Tchad m’a touchĂ© profondĂ©ment, et m’a rempli d’amour. Si cela Ă©tait possible, j’aurais aimĂ© poursuivre le programme pendant plusieurs annĂ©es. Â» ajoute Moses.

    Moses Jumbo avec Jonathan Nguerassem (coordinateur de projet MCC) et Beatrice Uwase (aussi participante au programme YAMEN, originaire du Rwanda) au bureau de la CMM du Tchad, oĂč il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison.
    Moses Jumbo avec Jonathan Nguerassem (coordinateur de projet MCC) et Beatrice Uwase (aussi participante au programme YAMEN, originaire du Rwanda) au bureau de la CMM du Tchad, oĂč il a servi en tant qu’assistant de partenariat et de liaison.
    Moses Jumbo pendant une visite sur le terrain, en rencontre avec une organisation partenaire de la CMM Tchad.
    Moses Jumbo pendant une visite sur le terrain, en rencontre avec une organisation partenaire de la CMM Tchad.
    Jonathan Nguerassem (coordinateur de programme MCC) remet un diplĂŽme de l’Association Ă©vangĂ©lique pour la paix et la justice (Tchad) Ă  Moses Jumbo pour son excellente annĂ©e de service et de partenariat.
    Jonathan Nguerassem (coordinateur de programme MCC) remet un diplĂŽme de l’Association Ă©vangĂ©lique pour la paix et la justice (Tchad) Ă  Moses Jumbo pour son excellente annĂ©e de service et de partenariat.

    « DĂšs mon arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport au tout dĂ©but du programme, j’ai ressenti tout l’amour de l’équipe autour de moi. Leur accueil chaleureux m’a tout de suite mis Ă  l’aise. J’ai continuĂ© Ă  ressentir cet amour chaque jour, dans leur façon de valoriser mon opinion, de toujours m’encourager, d’ĂȘtre toujours prĂȘts Ă  me soutenir.

    L’équipe a toujours Ă©tĂ© ouverte Ă  Ă©couter mes idĂ©es, en me disant souvent : « Moses, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hĂ©site pas Ă  nous demander Â». Ces mots de soutien m’ont donnĂ© confiance et ont renforcĂ© nos relations.

    Je ressentais quotidiennement la chaleur de l’amitiĂ© au sein de l’équipe. Elle Ă©tait sincĂšre et m’a donnĂ© un sentiment d’appartenance durable.

    Vivre et servir avec des personnes de diffĂ©rentes origines m’a appris Ă  voir Christ dans les autres, d’étendre son amour au-delĂ  des frontiĂšres. GrĂące Ă  YAMEN, j’ai dĂ©couvert que suivre JĂ©sus signifie devenir un vecteur d’espoir pour mes proches, ma communautĂ©, et n’importe oĂč je vais.

    Au dĂ©but, ce n’était pas facile de me retrouver dans un nouvel environnement, d’entendre une langue que je ne comprenais pas, et d’entrer en communion de louange avec des gens dont l’approche thĂ©ologique Ă©tait diffĂ©rente de celle dont j’avais l’habitude. Mais avec le temps, j’ai commencĂ© Ă  voir l’unitĂ© en apprenant Ă  m’adapter, Ă  aimer, respecter et apprĂ©cier les autres malgrĂ© nos diffĂ©rences. » poursuit Moses.

    « Pour moi, « le courage d’aimer » est devenu une rĂ©alitĂ© durant mon temps YAMEN de stage au Tchad. En Ă©tant originaire du Nigeria, prendre la dĂ©cision de servir au Tchad est un acte de courage. Vivre dans un nouveau pays, avec une nouvelle langue, dans un nouvel environnement n’a pas non plus Ă©tĂ© facile au dĂ©but, mais j’ai appris qu’aimer va au-delĂ  de la zone de confort et de familiaritĂ©. J’ai alors commencĂ© Ă  exprimer mon amour en servant dans la communautĂ©.

    Peu aprĂšs mon retour, j’ai organisĂ© un programme de trois semaines d’acquisition de compĂ©tences dans mon Ă©glise. J’ai offert cette formation gratuite pour les jeunes dans les domaines de la coiffure (y compris l’art de tresser les cheveux), de la dĂ©coration, de la conception graphique et de la pĂątisserie. Cette initiative – inspirĂ©e par la passion pour le service dans la communautĂ© insufflĂ© par le programme YAMEN – porte dĂ©jĂ  des fruits. »

    Aujourd’hui, Moses sert en tant qu’enseignant bĂ©nĂ©vole dans l’école mennonite Star Schools, au Nigeria. Il utilise les compĂ©tences langagiĂšres apprises au cours de son stage immersif au Tchad pour donner des cours de français et d’informatique.

    « Cela me rĂ©jouit d’observer l’enthousiasme et l’excitation des Ă©lĂšves pour apprendre ces matiĂšres Ă  travers des dĂ©monstrations pratiques. GrĂące Ă  cet enseignement, je continue de partager mon expĂ©rience, de construire des relations, et de former une gĂ©nĂ©ration pacifique et qui a un but. » explique Moses Jumbo.


    Le RĂ©seau Anabaptiste Mondial d’Échange de Jeunes (YAMEN) est un programme conjoint du ComitĂ© central mennonite et de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale. Il a pour objectif de promouvoir la communion entre les Ă©glises de la tradition anabaptiste et de former de jeunes dirigeants partout dans le monde.

    Les participants vivent une annĂ©e dans un contexte interculturel, Ă  compter du mois d’aoĂ»t jusqu’au mois de juillet de l’annĂ©e suivante.

    Moses Jumbo in Chad alongside the MCC country representatives Samuel Okiror, Winfred Okiror, Beatrice Uwase and a lead from a partner organization.
  • Dans toute la ville, remplie d’anabaptistes, les cloches ont retenti ! Environ 3 500 personnes, voire plus, ont envahi les rues de la vieille ville de Zurich le jour de l’Ascension, le 29 mai 2025, pour commĂ©morer le 500e anniversaire de l’anabaptisme. 

    « Aujourd’hui, nous, mennonites de Suisse, sommes une petite communauté », dirent Gladys Geiser et Lukas Amstutz, coprĂ©sidents de la Konferenz der Mennoniten der Schweiz, en ouvrant le culte. La ville hĂŽte est le lieu des premiers baptĂȘmes d’adultes connus du mouvement anabaptiste. « Mais, comme nous pouvons le voir lors de ce culte, nous faisons partie d’un mouvement qui est devenu diversifiĂ© et international. » 

    Une célébration de la réconciliation

    Toutes les nations rĂ©unies 

    Depuis ses dĂ©buts avec quelques croyants courageux en Europe, la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale compte dĂ©sormais 111 unions d’églises dans 61 pays Ă  travers le monde (aprĂšs la rĂ©union du ComitĂ© ExĂ©cutif qui s’est tenue quelques jours plus tĂŽt en Allemagne). 

    « Aujourd’hui, nous pouvons tous nous rassembler ici : toutes les nations, comme il est Ă©crit dans la Parole – toutes les nations, toutes les tribus, toutes les langues. 

     Seul le Seigneur peut faire cela », dit Jean-Claude Ambeke, un FrĂšre mennonite angolais vivant en France. 

    Les nuages du matin ont laissĂ© place Ă  une journĂ©e ensoleillĂ©e, idĂ©ale pour se promener dans les rues historiques, remplir les salles de confĂ©rence ou Ă©couter les chorales. L’Église rĂ©formĂ©e a mĂȘme fourni un vendeur ambulant qui distribuait des glaces. 

     Les participants ont pu se dĂ©gourdir les jambes en participant Ă  une visite guidĂ©e Ă  pied ou en faisant des jeux de rĂŽles ‘sur le chemin de l’histoire’, tandis que plus d’une douzaine d’ateliers prĂ©sentaient diverses perspectives sur l’anabaptisme : tĂ©moignages, aperçus historiques et questions d’actualitĂ©. En outre, la thĂ©ologienne et journaliste suisse Judith Wipfler a animĂ© une table ronde avec des responsables anabaptistes vivant dans des zones connaissant de grandes difficultĂ©s et des conflits, sur le thĂšme ‘Un monde en feu’. 

    Cinq chorales de diffĂ©rentes parties du monde ont donnĂ© un concert en intĂ©rieur et en extĂ©rieur et se sont jointes Ă  une chorale imposante pour le culte. Elles ont interprĂ©tĂ© des chants prĂ©fĂ©rĂ©s de l’AssemblĂ©e, tels que « Ewe Thina » et « Kirisuto no heiwa ga ». Un nouveau chant a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par Songs of Peace, dont le refrain est « Nous voulons la justice, nous voulons la paix ! ». 

    Une Ă©glise importante 

    Les files d’attente pour le culte de clĂŽture ont commencĂ© en milieu d’aprĂšs-midi. La GrossmĂŒnster, qui compte 1 200 places, Ă©tait pleine Ă  craquer, tout comme les salles annexes (Predigerkirche 350, Friedenskiche 250, FEG 100 et Helferei 130, ajoutĂ©e Ă  la derniĂšre minute) â€” et des centaines de personnes sont restĂ©es dehors, assises sur la place ou dispersĂ©es dans les cafĂ©s, regardant le service sur leur tĂ©lĂ©phone portable. 

    Pendant ce temps, partout dans le monde, des milliers de personnes se sont connectĂ©es en ligne chez eux ou se sont rĂ©unies dans des Ă©glises, des bureaux ou des musĂ©es. 

    Avec la prĂ©sence de reprĂ©sentants de 13 communions mondiales et de trois organisations ƓcumĂ©niques multilatĂ©rales en tant qu’invitĂ©s d’honneur, le culte n’était pas seulement consacrĂ© Ă  l’anabaptisme, mais aussi Ă  une nouvelle Ă©tape sur le chemin de la rĂ©conciliation.

    Un cheminement vers la rĂ©conciliation 

    « Nous avons tous hĂ©ritĂ© d’un lourd passĂ© marquĂ© par les divisions de la RĂ©forme. Nous savons que des diffĂ©rences thĂ©ologiques et pratiques subsistent, mais nous nous rĂ©jouissons du cheminement vers la rĂ©conciliation que nous avons parcouru ensemble », a dĂ©clarĂ© Janet Plenert lors de la liturgie. 

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    Liturgie de réconciliation : Notre chemin vers la réconciliation 

    Le service a rĂ©uni des responsables de la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale et de la Communion mondiale des Églises rĂ©formĂ©es ; le cardinal Kurt Koch, prĂ©fet du DicastĂšre pour la Promotion de l’UnitĂ© des ChrĂ©tiens a apportĂ© un message du pape LĂ©on XIV. « Je vous assure de ma priĂšre pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. », a lu le cardinal. 

    Alors que John D. Roth, de la CMM, et Hanns Lessing, de la CMER, ont confessĂ© le ‘tĂ©moignage commun de l’unitĂ© de l’Église’ de leurs communautĂ©s, les secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux CĂ©sar GarcĂ­a et Setri Nyomi se sont lavĂ© mutuellement les pieds « en signe tangible de notre engagement en faveur de la rĂ©conciliation », dit J. Nelson Kraybill. 

    Une autre expression concrĂšte de soutien a Ă©tĂ© la mise Ă  disposition gratuite des bĂątiments de l’Église rĂ©formĂ©e, y compris l’emblĂ©matique GrossmĂŒnster

    « Se retrouver dans la GrossmĂŒnster 500 ans aprĂšs la division, dĂ©sormais en tant que ‘famille rĂ©conciliĂ©e’, est un moment fort dans notre mĂ©moire collective qui, je l’espĂšre, changera la façon dont la prochaine gĂ©nĂ©ration racontera notre histoire », a dit John D. Roth. 

    La rencontre, dĂ©libĂ©rĂ©ment placĂ©e sous le signe de la commĂ©moration, s’est ainsi terminĂ©e dans une ambiance festive. Des chƓurs venus de cinq rĂ©gions ont formĂ© un tunnel de chants Ă  la sortie de l’église, sur la place, et les invitĂ©s ont pris congĂ© en chantant « Siyahamba » (Nous marchons dans la lumiĂšre de Dieu).  


    Une cĂ©lĂ©bration de la rĂ©conciliation 

    PriĂšre d’ouverture : PriĂšre d’invocation 

    Unissons nos cƓurs dans la priĂšre. 

    Dieu de compassion, dans un monde divisĂ© par le nationalisme, les conflits religieux, la xĂ©nophobie et la guerre, tu nous as rĂ©unis aujourd’hui pour former un peuple issu de nombreuses nations, parlant multiples langues et membres de diffĂ©rentes Églises. 

    C’est par ta grĂące, ĂŽ Dieu, que nous pouvons nous retrouver dans l’amour. Merci pour l’hospitalitĂ© extraordinaire dont ont fait preuve la ville de Zurich et les Églises rĂ©formĂ©es de Suisse envers les anabaptistes. BĂ©nis cette gĂ©nĂ©reuse bonté ! 

    Merci pour le tĂ©moignage de tous ceux prĂ©sents ici aujourd’hui et qui connaissent et expriment ton amour rĂ©conciliateur. MĂȘme si l’Église mondiale est parfois divisĂ©e, tu nous appelles Ă  vivre comme des frĂšres et sƓurs en Christ. Donne-nous le courage de nous aimer les uns les autres et d’aimer « l’autre », quel qu’il soit. 

    RĂ©pands ton Esprit Saint sur nous aujourd’hui afin que ta guĂ©rison et ton amour puissent se rĂ©pandre Ă  travers nous vers le monde. Fais de nous, et des Églises que nous reprĂ©sentons, « une nouvelle humanité » unie dans l’amour, « afin que le monde sache » que notre espĂ©rance est en Christ, au nom duquel nous prions. 

    Amen. 

    Sunoko Lin, trĂ©sorier de la CMM, prĂ©side la priĂšre d’ouverture au GrossmĂŒnster lors du culte de clĂŽture de la journĂ©e anniversaire Ă  Zurich (Suisse).
    Environ 1200 fidĂšles venus du monde entier ont rempli la GrossmĂŒnster pour le culte de clĂŽture, et des milliers d’autres ont suivi l’évĂ©nement en ligne/Dale Gehman

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    Perturbation : Des enfants de Dieu 

    L’église troublĂ©e par des enfants de Dieu 

    Officiant : Enfants de Dieu, nous nous retrouvons ensemble Ă  Zurich, une ville historique, berceau d’un mouvement de renouveau du XVIe siĂšcle dirigĂ© par Ulrich Zwingli, et lieu de naissance de ce mouvement qu’on appelle aujourd’hui l’anabaptisme. 

    [Des centaines de petits tracts contenant des messages tombent du balcon sur les personnes assises dans les bancs et sur l’estrade. Trois manifestants en costume d’Ă©poque se lĂšvent et s’Ă©crient.] 

    1er manifestant/e : Mais qu’est-ce que c’est que cette Ă©glise ?! Qui appartient vraiment au corps du Christ ? Les Écritures appellent les disciples de JĂ©sus Ă  se sĂ©parer de ceux qui ne mĂšnent pas une vie pure ! 

    2e manifestant/e : D’exclure ceux qui ne baptisent pas uniquement sur confession de foi ! 

    3e manifestant/e : D’exclure ceux qui dĂ©tiennent l’autoritĂ© et qui ne laissent pas nos assemblĂ©es vivre tranquilles et en paix ! 

    Officiant : Vous perturbez un culte ! Qui ĂȘtes-vous ? Pourquoi faites-vous cela ? 

    1er manifestant/e : Nous sommes vos ancĂȘtres anabaptistes. Le Christ est notre autoritĂ©. Lui aussi a perturbĂ© l’ordre Ă©tabli ! 

    2e manifestant/e : Nous avons Ă©tudiĂ© la Parole. Dieu nous a donnĂ© une vision ! 

    1er manifestant/e : Ă‰coutez-nous ! 

    3e manifestant/e : Le royaume de Dieu est proche ! 

    1er manifestant/e : Heureux ceux qui ont faim et soif de justice ! 

    3e manifestant/e : Aux riches, nous disons : « LĂ  oĂč est ton trĂ©sor, lĂ  aussi sera ton cƓur ! » 

    2e manifestant/e : Aux puissants nous disons : « La guerre est contraire Ă  la volontĂ© de Dieu ». Nous obĂ©issons Ă  Dieu et non aux autoritĂ©s humaines ! 

    3e manifestant/e : Le Christ est avec ceux qui n’ont personne pour les aider — avec les rĂ©fugiĂ©s, les victimes de la violence, ceux qui sont emprisonnĂ©s pour leur foi et leur identitĂ©. 

    Officiant : Attendez
 s’il vous plait ! Écoutez la parole du Seigneur, telle que l’apĂŽtre Paul l’a proclamĂ©e. 

    N’ayez pas de prĂ©tentions au-delĂ  de ce qui est raisonnable. Chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnĂ©e en partage. Nous avons plusieurs membres en un seul corps et ces membres n’ont pas tous la mĂȘme fonction. 
 Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ; rivalisez d’estime rĂ©ciproque. 

    Repentance et lamentation 

    Officiant : L’assemblĂ©e vous a Ă©coutĂ©. Le cƓur tremblant, nous partageons votre espoir et nous partageons vos plaintes. Tous ceux qui sont ici rĂ©unis aujourd’hui souhaitent ressembler davantage Ă  JĂ©sus. Nous avons tous pĂ©chĂ© et sommes privĂ©s de la gloire de Dieu. Prions pour la grĂące de confesser nos pĂ©chĂ©s et de mener une vie sainte. 

    1er manifestant/e : Merci de nous avoir Ă©coutĂ©s. 

    Officiant : Les eaux du baptĂȘme nous ont divisĂ©s. 

    [versant de l’eau] 

    Mais ceux qui boivent Ă  la source salvatrice de JĂ©sus n’auront plus jamais soif. Purifie-nous, Saint-Esprit, rafraĂźchis-nous avec l’eau de la vie Ă©ternelle. 

    Officiant : Nous ne croyons pas que JĂ©sus soit mort en vain. Nous ne croyons pas que ceux qui ont souffert pour leur foi Ă  travers les Ăąges l’aient fait en vain. 

    2manifestant/e : Oui ! Nous avions besoin de vous l’entendre dire. 

    Officiant : Prions. Dieu tout-puissant, nous venons devant toi non pas par notre propre justice, mais grĂące Ă  ta grande misĂ©ricorde. 

    1er manifestant/e : Pardonne-nous l’arrogance de penser que nous pourrions ĂȘtre parfaits et sans pĂ©chĂ©. 

    2e manifestant/e : Que nous vivions dans des communautĂ©s Ă  l’écart du monde ou au milieu du monde, pardonne-nous d’ĂȘtre aveugles aux besoins de nos prochains. 

    3e manifestant/e : Pardonne-nous toutes les fois oĂč nous n’avons pas « pratiquĂ© la justice et aimĂ© la misĂ©ricorde ». 

    1er manifestant/e : Pardonne-nous notre silence
 de ne pas avoir su « rendre raison de l’espĂ©rance qui est en nous ». 

    2e manifestant/e : Pardonne-nous d’avoir refusĂ© de travailler avec des personnes diffĂ©rentes de nous, mĂȘme lorsque le besoin Ă©tait grand. 

    3manifestant/e : Pardonne-nous d’avoir mĂ©prisĂ© d’autres Ă©glises et d’avoir manquĂ© des occasions d’apprendre d’elles et de collaborer avec elles. Merci pour ces communautĂ©s de foi qui nous ont ouvert leur cƓur et qui marchent avec nous sur le chemin de JĂ©sus. 

    Officiant : Reçois nos priĂšres, ĂŽ PĂšre, au nom de JĂ©sus-Christ, par la puissance du Saint-Esprit. 

    Ensemble, unissons-nous dans la priĂšre que le Christ a prononcĂ©e
 chacun dans sa propre langue. 

    « Notre PĂšre… » 

    Annonce du pardon 

    Officiant Le Christ lui-mĂȘme a dit : « Tes pĂ©chĂ©s sont pardonnĂ©s. Va et ne pĂšche plus ». Nous sommes pardonnĂ©s, aimĂ©s et libres. Amen. 

    Lisa Carr-Pries (Canada), vice-prĂ©sidente de la CMM, et Danisa Ndlovu (Zimbabwe), ancien prĂ©sident de la CMM, ont dirigĂ© cette liturgie. Ebenezer Mondez (Philippines), James Jakob Fehr (Allemagne) et Ulrike Schmutz (Suisse) ont jouĂ© le rĂŽle des manifestants. 

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    Sermon : Le courage d’aimer

    Le courage d’aimer

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    Liturgie de rĂ©conciliation : Notre chemin vers la rĂ©conciliation 

    Voici [ci-dessous] les paroles que les responsables des diffĂ©rentes communions ont prononcĂ©. Lorsque les reprĂ©sentants luthĂ©riens et mennonites ont pris la parole, ils ont tracĂ© une croix sur le front de leur interlocuteur. Lorsque les reprĂ©sentants rĂ©formĂ©s et mennonites ont pris la parole, les secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux se sont lavĂ© les pieds mutuellement.

    Représentants

    ReprĂ©sentants de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale 

    • Anne-Cathy Graber, secrĂ©taire aux relations ƓcumĂ©niques 
    • J. Nelson Kraybill, ancien prĂ©sident 
    • Janet Plenert, ancienne vice-prĂ©sidente, actuelle coordinatrice des reprĂ©sentants rĂ©gionaux 
    • John D. Roth, prĂ©sident du comitĂ© de planification de Renouveau 
    • Larry Miller, ancien secrĂ©taire general 

    ReprĂ©sentant de l’Église catholique 

    • Cardinal Kurt Koch, PrĂ©fet, DicastĂšre pour la Promotion de l’UnitĂ© des ChrĂ©tiens 

    ReprĂ©sentant de la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale 

    • Pasteure Anne Burghardt, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale 

    ReprĂ©sentants de la Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es 

    • Pasteur Hanns Lessing, secrĂ©taire exĂ©cutif pour la communion et la thĂ©ologie 
    • Pasteur Dr Setri Nyomi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral intĂ©rimaire 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, lors de notre culte [des membres de la] ConfĂ©rence Mennonite Mondiale, ainsi que des reprĂ©sentants d’autres traditions anabaptistes et des Églises libres, se sont rĂ©unis aux cĂŽtĂ©s de reprĂ©sentants de l’Église catholique romaine, de la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale et de la Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es pour rendre un tĂ©moignage commun. 

    Nous hĂ©ritons tous d’un lourd passĂ© marquĂ© par les divisions issues de la RĂ©forme. Nous savons que des diffĂ©rences thĂ©ologiques et pratiques subsistent, mais nous nous rĂ©jouissons du cheminement vers la rĂ©conciliation que nous avons parcouru ensemble. 

    En 2003, catholiques et mennonites ont conclu un dialogue de cinq ans intitulĂ© â€˜AppelĂ©s ensemble Ă  faire ƒuvre de Paix’, qui partait du constat commun que â€˜l’allĂ©geance au Christ comme Seigneur prime sur les exigences de l’État’. 

    Plus rĂ©cemment, la participation des catholiques et des luthĂ©riens au Dialogue trilatĂ©ral sur le baptĂȘme a contribuĂ© Ă  clarifier les points de convergence ainsi que les diffĂ©rences persistantes concernant notre comprĂ©hension et notre pratique du baptĂȘme. Nous considĂ©rons ces dialogues comme un don à l’Église. 

    Les catholiques 

    Message du Saint PĂšre LĂ©on XIV aux participants Ă  la commĂ©moration 
    des 500 ans du mouvement anabaptiste 

    Alors que vous vous rĂ©unissez pour commĂ©morer les 500 ans du mouvement anabaptiste, chers amis, je vous salue cordialement en reprenant les premiers mots prononcĂ©s par JĂ©sus ressuscitĂ© : « La paix soit avec vous! Â» (Jean 20.19). 

    Dans la joie de la cĂ©lĂ©bration de PĂąques, comment ne pas mĂ©diter sur l’apparition du Christ le soir de ce « premier jour de la semaine » (ibid.), lorsque JĂ©sus a non seulement traversĂ© les murs et les portes closes, mais est aussi entrĂ© dans le cƓur de ses disciples oĂč rĂ©gnaient la peur et la confusion ? En outre, en accordant son don si prĂ©cieux de la paix, le Christ Ă©tait sensible aux expĂ©riences de ses disciples, ses amis, et n’a pas cachĂ© les marques de sa Passion encore visibles sur son corps glorieux. 

    En recevant la paix du Seigneur et en acceptant son appel, qui implique d’ĂȘtre ouvert aux dons du Saint Esprit, tous les disciples de JĂ©sus peuvent s’immerger dans la nouveautĂ© radicale de la foi et de la vie chrĂ©tiennes. En effet, un tel dĂ©sir de renouveau caractĂ©rise le mouvement anabaptiste lui-mĂȘme. 

    La devise choisie de votre cĂ©lĂ©bration, « Le courage d’Aimer », nous rappelle, avant tout, la nĂ©cessitĂ© pour les catholiques et les mennonites de tout mettre en Ɠuvre pour vivre le commandement de l’amour, l’appel Ă  l’unitĂ© chrĂ©tienne et la mission de servir les autres. Elle souligne Ă©galement la nĂ©cessitĂ© d’une rĂ©flexion honnĂȘte et bienveillante sur notre histoire commune, qui comporte des blessures douloureuses et des rĂ©cits qui affectent les relations et les perceptions qu’ont les catholiques et les mennonites jusqu’à aujourd’hui. 

    Combien importante est donc cette purification des mĂ©moires, et cette relecture commune de l’histoire, qui peuvent nous permettre de guĂ©rir les blessures du passĂ© et de construire un nouvel avenir grĂące au « courage d’aimer » ! En outre, ce n’est qu’ainsi que le dialogue thĂ©ologique et pastoral pourra porter des fruits qui demeurent (cf. Jean 15.16). 

    Ce n’est certainement pas une tĂąche facile ! Pourtant, c’est prĂ©cisĂ©ment dans des moments particuliers d’épreuve que le Christ a rĂ©vĂ©lĂ© la volontĂ© du PĂšre : c’est lorsque les pharisiens ont cherchĂ© Ă  l’éprouver qu’il nous a enseignĂ© que les deux plus grands commandements sont d’aimer Dieu et notre prochain (cf. Matthieu 22.34-40). C’est Ă  la veille de sa Passion qu’il a parlĂ© de la nĂ©cessitĂ© de l’unitĂ©, « afin que tous soient un […] afin que le monde croie » (Jean 17.21). Mon souhait pour chacun de nous est donc que nous puissions dire avec saint Augustin : « Mon espĂ©rance tout entiĂšre repose uniquement sur la grandeur immense de ta misĂ©ricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu dĂ©sires. » (Les Confessions, X, 29, 40). 

    Enfin, dans notre monde dĂ©chirĂ© par la guerre, notre marche continue vers la guĂ©rison. L’approfondissement de la communion fraternelle a un rĂŽle essentiel Ă  jouer, car plus les chrĂ©tiens seront unis, plus notre tĂ©moignage du Christ, Prince de la Paix, sera efficace pour Ă©difier une civilisation oĂč l’on se rencontre dans l’amour. 

    Avec ces vƓux, je vous assure de ma priĂšre pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. Sur vous tous, j’invoque la joie et la sĂ©rĂ©nitĂ© qui viennent du Seigneur ressuscitĂ©. 

    Du Vatican, le 23 mai 2025 

    LEO PP. XIV 

    Les mennonites 

    En 2010, l’AssemblĂ©e mondiale luthĂ©rienne, rĂ©unie Ă  Stuttgart, en Allemagne, a officiellement approuvĂ© une â€˜action mennonite’, sur la base du rapport d’un dialogue de cinq ans intitulĂ© â€˜GuĂ©rir les MĂ©moires : se rĂ©concilier dans le Christ’. Un culte de rĂ©conciliation a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©, au cours duquel les deux communautĂ©s se sont mutuellement pardonnĂ©es et se sont engagĂ©es Ă  interprĂ©ter les confessions luthĂ©riennes et les rĂ©cits mennonites de leur passĂ© Ă  la lumiĂšre de l’histoire commune dĂ©crite dans ce rapport. Ce processus a marquĂ© un moment clĂ© dans les relations entre nos deux communautĂ©s et a jetĂ© les bases d’un apprentissage mutuel sur les thĂšmes du baptĂȘme et de la relation des chrĂ©tiens Ă  l’État. 

    Lors du service de rĂ©conciliation en 2010, toutes les personnes prĂ©sentes ont fait le signe de la croix afin de nous rappeler la vie, la mort et la rĂ©surrection de JĂ©sus-Christ. La croix touche les blessures du pĂ©chĂ©, guĂ©rit nos fractures et restaure nos vies. Elle promet la guĂ©rison par la grĂące de Dieu et est le signe du don d’un cƓur nouveau et d’un esprit nouveau. 

    Aujourd’hui, la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale et la FĂ©dĂ©ration LuthĂ©rienne Mondiale se souviennent et renouvellent leur engagement par le signe de la croix. 

    Les luthĂ©riens 

    Lors du dialogue â€˜GuĂ©rir les MĂ©moires’, nous nous sommes engagĂ©s Ă  Ă©couter attentivement l’histoire de l’autre communion et Ă  relater l’histoire de nos dĂ©buts communs d’une maniĂšre qui puisse ĂȘtre acceptĂ©e par les deux parties. La conviction luthĂ©rienne selon laquelle l’initiative de Dieu rend possible notre rĂ©ponse dans la foi a Ă©tĂ© chaleureusement accueillie par les mennonites. La demande luthĂ©rienne de pardon pour avoir persĂ©cutĂ© les anabaptistes a Ă©tĂ© pleinement accordĂ©e. L’analyse commune et honnĂȘte du baptĂȘme a contribuĂ© Ă  ouvrir la voie Ă  un dialogue trilatĂ©ral fructueux sur le baptĂȘme avec la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale et l’Église catholique. 

    Nous rendons grĂące Ă  Dieu que de plus en plus de luthĂ©riens et de mennonites apprĂ©cient le tĂ©moignage de l’Évangile de chacun. 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, Ă  Zurich, nous cĂ©lĂ©brons les progrĂšs accomplis vers la rĂ©conciliation avec les reprĂ©sentants de la tradition rĂ©formĂ©e. 

    En 2004, la ville de Zurich et l’Église rĂ©formĂ©e suisse ont contribuĂ© Ă  l’érection d’une plaque commĂ©morative sur les rives de la Limmat, en souvenir de l’exĂ©cution de Felix Manz et de six autres anabaptistes Ă  Zurich. 

    Trois ans plus tard, la ConfĂ©rence mennonite suisse et l’Église rĂ©formĂ©e du canton de Zurich ont conclu un dialogue important dans lequel elles s’engageaient Ă  poursuivre le chemin de la rĂ©conciliation. Dans ce document, les mennonites affirmaient : « Nous ne nous appartenons pas Ă  nous-mĂȘmes. Nous appartenons Ă  JĂ©sus-Christ, qui nous appelle Ă  le suivre, qui a abattu le mur de la sĂ©paration et qui a uni les peuples proches et lointains en un seul corps. » 

    La semaine derniĂšre, le Conseil GĂ©nĂ©ral de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale a officiellement reçu une dĂ©claration rĂ©digĂ©e avec des reprĂ©sentants de la Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es intitulĂ©e â€˜Restaurer l’intĂ©gritĂ© de notre famille : la recherche d’un tĂ©moignage commun’. 

    Pendant que nous Ă©couterons une litanie de confession, de gratitude et d’engagement tirĂ©e de cette dĂ©claration, le SecrĂ©taire General de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale, CĂ©sar GarcĂ­a, et le SecrĂ©taire General par intĂ©rim de la Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es, Setri Nyomi, se laveront mutuellement les pieds en signe tangible de notre engagement en faveur de la rĂ©conciliation. Nous vous invitons tous Ă  ĂȘtre tĂ©moins de ce signe de repentance et de pardon. 

    Les rĂ©formĂ©s 

    Nous avons confessĂ© l’origine commune de nos Églises et la douleur causĂ©e par leur fracture. Nous demandons Ă  Dieu de bĂ©nir la redĂ©couverte d’une comprĂ©hension commune de l’Évangile afin qu’elle inspire l’évangĂ©lisation et la paix. 

    Les mennonites 

    En prĂ©sence de reprĂ©sentants de l’Église tout entiĂšre, la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale et la Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es rendent un tĂ©moignage commun de l’unitĂ© de l’Église. 

    Les rĂ©formĂ©s 

    Aujourd’hui, nous commĂ©morons les origines communes de nos communions mondiales, nous confessons notre relation brisĂ©e, et nous nous rĂ©jouissons de ce que maintenant, grĂące Ă  des efforts soutenus pendant de nombreuses annĂ©es pour nous comprendre mutuellement et nous rĂ©concilier, nous pouvons obĂ©ir Ă  Christ notre Paix en nous engageant dans l’unitĂ© de l’Esprit. LiĂ©s les uns aux autres, nous persĂ©vĂ©rons dans l’entretien de cette unitĂ©. Nous nous engageons Ă  ĂȘtre humbles, patients, honnĂȘtes et, par-dessus tout, animĂ©s par l’amour, dans notre marche commune en tant que corps unique de Christ. 

    Les mennonites 

    RassemblĂ©s sous le regard bienveillant de Dieu, nous cĂ©lĂ©brons le fait que notre identitĂ© se trouve dans notre confession commune de JĂ©sus comme Seigneur, dans nos ancĂȘtres communs de foi, et dans notre appel commun Ă  ĂȘtre des disciples et des tĂ©moins de l’Évangile au sein d’un monde fragmentĂ©. 

    Les rĂ©formĂ©s 

    Nous avons Ă©tĂ© bĂ©nis dans nos traditions d’avoir une passion pour la justice et la paix. Que le Dieu de la croix et de la rĂ©surrection nous donne le courage et le dĂ©sir de poursuivre la paix et de pratiquer la justice qui rĂ©siste Ă  la violence, Ă  l’oppression et au dĂ©sastre Ă©cologique, une justice qui trouve son expression la plus complĂšte dans le pardon, la misĂ©ricorde et la rĂ©conciliation. 

    Les mennonites 

    Aujourd’hui, en tant que membres anabaptistes et rĂ©formĂ©s du Corps de Christ, nous affirmons que notre tĂ©moignage devant le monde est nourri et soutenu par la grĂące de Dieu qui nous rend capables d’aimer Dieu, de nous aimer les uns les autres, ainsi que toute la crĂ©ation. 

    Les rĂ©formĂ©s 

    Ensemble, nous nous engageons dans la mission fondamentale de la proclamation de l’Évangile d’amour dans chacun de nos contextes, face aux dĂ©fis et exigences qui leur sont propres. Nous ne voulons pas laisser la peur, la mĂ©fiance ou des obstacles au dialogue nous dĂ©tourner de cet appel. 

    Les mennonites 

    Nous promettons de cheminer ensemble pour guĂ©rir les blessures du passĂ©, et travailler Ă  l’unitĂ© du Corps de Christ. Nous nous engageons Ă  apprendre les uns des autres en partageant la richesse et la diversitĂ© de nos traditions. Nous nous attachons Ă  coopĂ©rer de façon rĂ©solue pour proclamer la misĂ©ricorde de Dieu et ouvrir les portes Ă  la justice qui conduit Ă  la paix. 

    Les rĂ©formĂ©s 

    Ensemble, nous prions pour le Corps de Christ. En Christ nous sommes membres les uns des autres, sƓurs et frĂšres de la mĂȘme chair et du mĂȘme Esprit. 

    Les mennonites 

    Ensemble, nous accueillons le don de l’unitĂ© dans la conviction que c’est toi, ĂŽ Dieu, qui es en train de restaurer l’intĂ©gritĂ© de ta famille. Amen 

    Confesser ensemble notre foi 

    En reconnaissance de notre identitĂ© commune au sein du corps du Christ, les participants se sont levĂ©s et ont rĂ©citĂ© – chacun dans sa propre langue – le Credo de NicĂ©e. Cette ancienne dĂ©claration de foi chrĂ©tienne issue du Conseil ƓcumĂ©nique de NicĂ©e marque cette annĂ©e son 1700e anniversaire.

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    Une litanie pour la guérison des nations 

    La litanie a Ă©tĂ© ponctuĂ©e en versant de l’eau en souvenir du baptĂȘme, et par de courts morceaux Ă  l’orgue. 

    Aujourd’hui, nous sommes rĂ©unis pour le culte dans la ville oĂč les premiers anabaptistes ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par les enseignements d’Ulrich Zwingli
 et au bord des eaux de la Limmat oĂč Felix Manz, le premier martyr anabaptiste, a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©. 

    [L’eau est versĂ©e] 

    Dieu d’amour, nous nous souvenons de Felix Manz et des disciples de l’Agneau de toutes Ă©poques et de tous lieux qui ont souffert Ă  cause de leur fidĂ©litĂ©. 

    Une voix forte sort du trĂŽne de Dieu et dit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. [
] À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » (Apocalypse 21.5-6) 

    [L’eau est versĂ©e] 

    Dieu d’amour, dans un monde dĂ©chirĂ© par la guerre et dans une Église mondiale trop souvent divisĂ©e, comme nous avons soif que tu renouvelles toutes choses ! Viens, Seigneur JĂ©sus ! 

    [interlude Ă  l’orgue] 

    « Puis il me montra un fleuve d’eau vive, brillant comme du cristal, qui jaillissait du trĂŽne de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la citĂ© et des deux bras du fleuve, est un arbre de vie produisant douze rĂ©coltes. Chaque mois il donne son fruit, et son feuillage sert Ă  la guĂ©rison des nations. » (Apocalypse 22.1-2) 

    Nous voyons avec douleur que nos diffĂ©rences sont devenues une source de conflit et de division, et nous prions aujourd’hui pour avoir le courage et la crĂ©ativitĂ© nĂ©cessaires pour les repenser de maniĂšre Ă  enrichir notre unitĂ© dans le corps du Christ. 

    [L’eau est versĂ©e] 

    Pour la guĂ©rison des nations ! Pour la guĂ©rison de l’Église ! « En Christ, nous sommes membres les uns des autres, sƓurs et frĂšres de la mĂȘme chair et du mĂȘme Esprit  » 

    Dieu de guĂ©rison, le fleuve d’eau vive nous a atteints. Les feuilles de l’arbre de vie ont apportĂ© la guĂ©rison entre les communions reprĂ©sentĂ©es ici aujourd’hui.  

    [interlude Ă  l’orgue] 

    « Moi, JĂ©sus, j’ai envoyĂ© mon ange pour vous apporter ce tĂ©moignage au sujet des Églises. 

    Je suis le rejeton et la lignĂ©e de David, l’étoile brillante du matin. L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Que celui qui a soif vienne. 

    Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement » (Apocalypse 22.16-17) 

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    Le courage d’aimer dans un monde perturbé  

    Ô, Dieu, notre secours par le passĂ©, notre espoir pour les annĂ©es Ă  venir : 

    GrĂące Ă  l’Ɠuvre du Saint-Esprit en nous, nous retrouvons l’espoir en voyant la guĂ©rison et l’unitĂ© se manifester dans l’Église mondiale. 

    Nous gardons espoir en voyant la vitalitĂ© des Églises gĂ©ographiquement Ă©loignĂ©es des racines confessionnelles en Europe reprĂ©sentĂ©es ici aujourd’hui. 

    Nous gardons espoir en voyant le travail de l’évangĂ©lisation et la paix sont unis dans de nombreux endroits Ă  travers le monde. 

    Mais surtout, nous avons de l’espoir parce que, en Christ, tu as promis que tu serais avec nous « tous les jours, jusqu’à la fin des temps ». 

    Viens, Esprit Saint, donne-nous la fidĂ©litĂ© des saints Ă  travers les Ăąges. Comme eux, ne nous laisse jamais avoir honte de l’Évangile. Seigneur JĂ©sus-Christ, bĂ©nis-nous en nous donnant le courage de prendre le risque de nous aimer les uns les autres, d’aimer nos prochains et mĂȘme nos ennemis, comme tu nous as aimĂ©s. 

    Amen. 

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  • C’était une jeune esclave. Nous ne connaissons pas son nom, mais nous savons qu’elle Ă©tait prisonniĂšre de guerre. Nous ne pouvons qu’imaginer la dĂ©tresse, le dĂ©sarroi et le traumatisme qu’elle a dĂ» endurer en tant que personne dĂ©placĂ©e, une rĂ©fugiĂ©e esclave dans un pays Ă©tranger. 

    L’histoire est racontĂ©e dans le chapitre 5 du deuxiĂšme livre des Rois. Naaman, un commandant de l’armĂ©e aramĂ©enne, vient de remporter une importante victoire militaire sur le peuple d’IsraĂ«l. Une jeune fille faisait partie du butin de guerre, et Naaman l’a forcĂ©e Ă  devenir la servante de sa femme. 

    Mais maintenant, Naaman, celui qui l’a rĂ©duite en esclavage, est malade. Et la jeune fille sait exactement ce qu’il faut faire pour le guĂ©rir. 

    C’est un moment dĂ©cisif : alors qu’elle vit parmi ceux qui ont brisĂ© ses rĂȘves, dĂ©truit ses relations, anĂ©anti sa famille et lui ont pris ses biens, sa libertĂ© et son identitĂ© culturelle, elle est confrontĂ©e Ă  un choix difficile. 

    Comment va-t-elle rĂ©agir face Ă  ceux qui menacent son existence ? 


    Il y a environ 500 ans, Ulrich Zwingli Ă©tait confrontĂ© Ă  la mĂȘme question : comment rĂ©agir face Ă  ceux qui menaçaient son existence et celle de sa ville ? Les circonstances Ă©taient trĂšs diffĂ©rentes. Il Ă©tait le meneur de la RĂ©forme Ă  Zurich et pasteur dans cette mĂȘme Ă©glise [oĂč nous nous trouvons]. 

    Au printemps 1529, les autoritĂ©s catholiques menaçaient d’écraser la RĂ©forme Ă  Zurich. Craignant que ses rĂ©formes ne s’effondrent et que la progression de l’Évangile soit stoppĂ©e, Zwingli, inquiet, envoya un appel urgent au Conseil municipal, l’exhortant Ă  mobiliser une armĂ©e. 

    Dans une lettre au Conseil, Zwingli inclut une phrase qui deviendra plus tard un slogan de la RĂ©forme suisse. « Pour l’amour de Dieu, » Ă©crivit-il, « faites quelque chose de courageux ! » 

    Pour Zwingli, l’objectif Ă©tait clair : face aux ennemis de l’Évangile, le courage signifiait se mobiliser pour la guerre. 

    À quoi ressemble le courage lorsque nous sommes confrontĂ©s Ă  des choix difficiles ? Cette question est tout aussi pertinente aujourd’hui qu’il y a 500 ans ou au IXe siĂšcle avant JĂ©sus-Christ. 

    De toute Ă©vidence, la servante de Naaman aurait dĂ» se taire. AprĂšs tout, elle Ă©tait jeune, elle Ă©tait une femme, elle Ă©tait israĂ©lite et elle Ă©tait esclave. Elle n’avait pas le droit de parler. 

    De plus, Naaman Ă©tait un paĂŻen et un oppresseur, ce qui suffisait Ă  le rendre odieux aux yeux des IsraĂ©lites. Et sa maladie de peau le rendait encore plus impur du point de vue de la loi juive. 

    Rien ne lui donnait l’autoritĂ© de prendre la parole, et pourtant elle l’a fait. Elle a trouvĂ© le courage d’agir d’une maniĂšre qui transcendait son identitĂ© de victime
 Elle a trouvĂ© le courage de rĂ©pondre avec compassion et mĂȘme avec amour. 

    « Il y a un prophĂšte en Samarie, le pays de vos ennemis, qui peut vous guĂ©rir. » lui dit-elle 

    Le courage est prĂ©cisĂ©ment ce dont les victimes ont besoin pour trouver leur voix et rĂ©sister au silence que les autres veulent leur imposer. 

    Pourtant, le courage, en particulier face Ă  nos agresseurs, nos bourreaux ou nos ennemis, prend de multiples formes. 

    Pour Zwingli, le courage face aux ennemis de l’Évangile signifiait se mobiliser pour la guerre. 

    Pour certains chrĂ©tiens, le courage implique souvent l’attente d’une justice punitive, exigeant que les coupables paient pour leurs actes et subissent un chĂątiment juste pour leurs crimes violents. 

    Pour de nombreux dirigeants politiques, le courage implique une riposte lĂ©gitime contre leurs ennemis. 

    Certaines personnes exigent une justice qui exclut toute possibilitĂ© de pardon et de transformation pour l’oppresseur, garantissant ainsi que le cycle de la violence se poursuivra dans la gĂ©nĂ©ration suivante. 

    JĂ©sus, cependant, a proposĂ© un modĂšle diffĂ©rent. Il n’a pas niĂ© ni ignorĂ© la violence, l’oppression et l’injustice terribles de son Ă©poque. Mais il n’a pas non plus cherchĂ© Ă  se venger. Dans le chapitre 4 de Luc, immĂ©diatement aprĂšs avoir proclamĂ© son ministĂšre dans la synagogue en lisant ÉsaĂŻe 61, JĂ©sus mentionne l’histoire de Naaman et de sa guĂ©rison miraculeuse. 

    Bien qu’il ne nomme pas la jeune fille, nous reconnaissons dans ses actions quelque chose qui touche au cƓur mĂȘme de l’Évangile. JĂ©sus n’a jamais eu peur d’affronter l’injustice ; cependant, la justice qu’il prĂȘchait ouvre la porte Ă  la transformation de l’oppresseur. Dans les Évangiles, la justice n’est pas rĂ©tributive ; elle ne donne pas aux oppresseurs ce qu’ils mĂ©ritent, mais plutĂŽt ce dont ils ont besoin : la vĂ©ritĂ©, l’amour, la compassion, la possibilitĂ© de se transformer et le pardon. 

    Dans le rĂ©cit de 2 Rois, la jeune fille refuse de voir la vulnĂ©rabilitĂ© de son oppresseur comme une occasion de vengeance ou de reprĂ©sailles. Au contraire, sa voix incarne l’espoir et l’accueil pour quelqu’un qui lui a causĂ© un tort immense. 

    Elle a eu le courage d’aimer, offrant Ă  son agresseur ce qu’il ne pouvait obtenir avec sa puissance : la guĂ©rison, la libertĂ© et la possibilitĂ© d’un nouveau dĂ©part. Elle n’a pas donnĂ© Ă  Naaman ce qu’il mĂ©ritait, mais ce dont il avait besoin : la chance d’ĂȘtre transformĂ©. 

    C’est un amour qui dĂ©passe l’entendement humain. 


    Il y a cinq cents ans, un nouveau mouvement au sein de l’Église Ă  Zurich et dans d’autres rĂ©gions d’Europe a trouvĂ© ce courage dans sa relation avec JĂ©sus, dans sa vie et ses enseignements, dans sa mort et sa rĂ©surrection, affirmant que l’appel de Dieu Ă  aimer son ennemi n’est pas ‘idĂ©aliste’ ou ‘naĂŻf ’. Pour eux, le courage d’aimer, rendu possible par l’Ɠuvre du Saint-Esprit, Ă©tait la seule voie vers une nouvelle humanitĂ©. Ce mouvement fut connu sous le nom d’anabaptisme. C’est cette tradition chrĂ©tienne que nous commĂ©morons ici aujourd’hui. Malheureusement, Zwingli et d’autres dirigeants de l’Église europĂ©enne de l’époque perçurent le mouvement anabaptiste comme une menace et y rĂ©pondirent par la violence et la persĂ©cution. 

    Pour l’amour de Dieu, faites quelque chose de courageux ! 

    TĂŽt le matin du 11 octobre 1531, Zwingli a conduit un groupe de soldats zurichois sur un champ de bataille juste Ă  l’extĂ©rieur de la ville pour affronter l’armĂ©e catholique qui menaçait sa vision d’une Zurich rĂ©formĂ©e. Ils ont Ă©tĂ© presque immĂ©diatement Ă©crasĂ©s. Alors qu’ils tentaient de battre en retraite, Zwingli a Ă©tĂ© tuĂ©, ainsi qu’au moins 500 autres citoyens de Zurich. 

    Aujourd’hui, alors que nous commĂ©morons la mĂ©moire des premiers anabaptistes, je nous invite Ă  nous poser la question suivante, aussi bien en tant qu’individus qu’en tant qu’églises : que signifie « faire quelque chose de courageux, pour l’amour de Dieu » ? 

    Photo : AprĂšs la ‘perturbation’, CĂ©sar GarcĂ­a, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CMM, prĂȘche sur le thĂšme ‘Le Courage d’aimer’/Preshit Rao

    Following the “disruption,” CĂ©sar GarcĂ­a, MWC
general secretary, preaches on The Courage to Love.

    FortifiĂ©s par le Saint-Esprit, pouvons-nous trouver le courage de briser le cycle de la violence ? 

    Pouvons-nous affronter directement notre passĂ©, non pas pour appuyer et revenir sur ce que nous avons subi, mais pour guĂ©rir nos blessures et celles des autres, et pour rĂ©parer les relations brisĂ©es ? 

    Pouvons-nous devenir des phares d’espoir dans un monde oĂč la fragmentation et la division semblent progresser de toutes parts ? 

    Pouvons-nous envisager notre avenir comme une nouvelle crĂ©ation, oĂč la compassion et l’amour ouvrent Ă  un nouveau dĂ©part ? 

    Le courage d’aimer — activement, avec imagination et vulnĂ©rabilitĂ© — est plus qu’une technique de rĂ©solution des conflits ; c’est une spiritualitĂ© profondĂ©ment enracinĂ©e, une stratĂ©gie remarquablement originale. Dans un monde oĂč le mal engendre le mal et oĂč la violence engendre davantage de violence, l’amour a le pouvoir de briser ces chaĂźnes. L’amour a le pouvoir de guĂ©rir Ă  la fois celui qui aime et celui qui est aimĂ©. 

    Amis chrĂ©tiens, suivant les traces de JĂ©sus, ayons ensemble le courage d’aimer, pour l’amour de Dieu ! 

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada).


    Throughout the day, participants gathered
at the “Schipfe” to view the site where
early Anabaptists were drowned as
punishment for their beliefs.