Étiquette : vivre l’unité

  • « L’unité ne nous donne pas la force, l’unité est notre force », a affirmé la pasteure Leotina Mahamba, déléguée de l’Église de la communauté mennonite en Angola, lors de la Rencontre des dirigeants anabaptistes africains à Accra, au Ghana, du 10 au 12 juillet 2026.

    Cette rencontre, tenue sous le thème « Un seul corps, une seule voix : renforcer l’unité au sein de la famille anabaptiste africaine », a réuni 35 participants officiels : des responsables de 22 conférences membres de la CMM provenant de 15 pays d’Afrique, des membres du personnel et des représentants régionaux de la CMM, ainsi qu’un membre du personnel africain du Comité central mennonite qui s’occupe de l’Afrique de l’Est et du Sahel.

    « À ma connaissance, il s’agit du premier rassemblement de ce type en Afrique. À ce titre, il marque un moment important dans notre parcours commun et dans l’histoire de notre communion sur le continent », a déclaré Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises à la CMM et ancien évêque de l’Église des Frères en Christ du Zimbabwe.

    Les discussions ont été menées en anglais, en français et en portugais. Le culte multilingue a souligné l’unité commune en Christ et la diversité comme un don au service de la mission.

    « Après deux années bien remplies, consacrées à rêver et à planifier, ces trois jours passés ensemble ont constitué un riche espace de consultation, de fraternité, de louange, de discernement partagé, de rires et de conversations informelles », a affirmé Danisa Ndlovu.

    Pour favoriser une plus grande variété d’opinions, quatre femmes occupant des postes de direction faisaient partie des délégués invités (dont l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro).

    Au cours de ces trois jours, les participants ont réaffirmé la vocation de l’Église à être un témoin d’espoir et de guérison face aux héritages du colonialisme, aux divisions culturelles, aux pressions sur les ressources et à la violence xénophobe.

    « Nous avons reconnu les ressources humaines, financières et de leadership déjà présentes au sein de nos Églises africaines. Nous avons planifié et organisé cet événement de manière autonome. Il était important de reconnaître notre force pour le ministère », a souligné Danisa Ndlovu.

    A big group photo standing together in front of a statue
    Des responsables anabaptistes africains au Parc commémoratif Kwame Nkrumah.
    PHOTO fournie.

    Les dirigeants ont abordé en toute franchise la nécessité d’assurer des transitions de pouvoir plus saines, notamment en ce qui concerne la préparation des successeurs, la responsabilisation et un soutien durable.

    Isaac Gborbitey, coordinateur de YABs (Jeunes Anabaptistes) et représentant pour l’Afrique, a exhorté les responsables d’Églises à intentionnellement encadrer la prochaine génération, plutôt que d’attendre les périodes de transition pour former les successeurs.

    « Les jeunes dirigeants ont besoin d’occasions d’apprendre, de s’investir, d’assumer des responsabilités et de mûrir progressivement vers des fonctions de direction, tout en tirant parti de la sagesse et de l’expérience des dirigeants plus âgés », a affirmé Isaac Gborbitey. Ce dernier a été un acteur clé dans l’organisation de cet événement, qui s’est déroulé dans son pays natal.

    « C’est la première fois que nous rencontrons nos frères et sœurs issus de différentes conférences, réunis ici, chacun apportant ses dons spirituels pour s’enseigner mutuellement et apprendre les uns des autres, » a declaré Daniel CAnganguela, Igreja Evangélica dos Irmãos Mennonitas em Angola.

    « Cette rencontre a été unique pour moi », a ajouté Francis Kamoto, évêque de l’Église des Frères en Christ (Malawi) Mpingo Wa Abale Mwa Kristu et membre de la Commission Foi et Vie de la CMM. Il a exprimé sa joie d’avoir pu découvrir des Églises mennonites au Ghana et d’avoir partagé un moment de communion enrichissant avec les dirigeants africains. « Je suis également très ému par les moments de recueillement que nous avons eus. »

    Les responsables ont affirmé que ces rencontres avaient permis de lever des barrières et de créer un sentiment de communion. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de poursuivre ces rencontres à un rythme régulier. La prochaine est prévue avant la 18e Assemblée de la CMM, qui se tiendra en Tanzanie en 2028.

    « Nous pensons que, en retour, cela renforcera véritablement notre capacité à poursuivre l’œuvre du Seigneur. Nous prions pour que d’autres rassemblements de ce type aient lieu », a déclaré Joseph dit Boureïma Sinou, secrétaire général de l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso.

    En signe d’engagement commun envers la prochaine Assemblée en Tanzanie, les participants ont collecté de leur plein gré environ 230 USD afin de soutenir les préparatifs de l’Assemblée. Les responsables ont également convenu que chaque conférence membre de la CMM en Afrique verserait au moins 300 USD au budget de CMM de l’Assemblée « Afrique ».

    « Nous sommes plus forts et plus unis parce que nous nous sommes réunis », a déclaré Danisa Ndlovu.

    « Nous rendons grâce à Dieu pour ce qui s’est accompli parmi nous : la diversité des langues, la présence de nombreux pays et les différentes conférences. Ce fut véritablement un moment de renouveau. Cela nous a vraiment donné l’occasion de redécouvrir qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble », a déclaré Samson Omondi, président de l’Église mennonite du Kenya et représentant de l’Afrique au Comité exécutif de la CMM.

    Faisant référence au Psaume 133, il a ajouté : « Comme il est agréable et bon que des frères et sœurs se réunissent, car être ensemble signifie être uni. Et lorsque vous êtes unis, vous devenez de plus en plus forts. »


    a group of African people interacting
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    L’apôtre Paul a exhorté l’Église à s’appliquer à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éphésiens 4. 3 TOB). Ces paroles sont particulièrement pertinentes pour la Conférence Mennonite Mondiale aujourd’hui.

    Préserver l’unité de l’Esprit n’a jamais été facile pour l’Église — ni hier ni aujourd’hui, à une époque où la technologie peut amplifier les forces de division et de polarisation. À l’instar de nombreuses confessions chrétiennes mondiales, la CMM est confrontée à de sérieuses difficultés alors qu’elle s’efforce de préserver cette unité face à des points de vue divergents sur les relations entre personnes du même sexe. Nous avons constaté à quel point les réseaux sociaux peuvent propager des rumeurs, aggraver la méfiance et créer une communication malsaine parmi nos membres, en particulier autour de ce sujet. Ces dynamiques menacent l’unité de l’Esprit au sein de la CMM. Et pourtant, nous restons une communion mondiale dans la tradition anabaptiste, appelés à suivre Jésus ensemble.

    Vous vous souvenez peut-être qu’après de longues consultations au début des années 2000, les Églises membres de la CMM ont clarifié deux engagements importants. Premièrement, l’autonomie et l’autodétermination de chaque union d’Églises sont essentielles. Deuxièmement, les relations entre nos Églises dans le monde doivent être renforcées. Notre communion mondiale doit donc être construite au sein d’une fraternité d’Églises autonomes.

    La CMM reconnaît et respecte l’autorité et la diversité des structures ecclésiales locales et nationales. Dans le même temps, les Églises membres se sont engagées à aller plus loin que l’indépendance et à prendre part à la communion les unes avec les autres. Nous comprenons cet appel à l’interdépendance et à la communion comme une réponse fidèle à la volonté de Dieu exprimée dans la prière de Jésus dans l’Évangile selon Jean : « pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé » (Jean 17. 23 TOB).

    Cette espérance de relations renforcées et interdépendantes se reflète dans les « Convictions communes » de la CMM : sept valeurs partagées et acceptées par tous les membres de la CMM, adoptées par le Conseil général il y a 20 ans, ces convictions expriment notre engagement mutuel à suivre Jésus, à centrer nos vies sur les Écritures et à nous en remettre au Saint-Esprit pour chercher à vivre fidèlement.

    Pourtant, déjà à cette époque, une question difficile subsistait : comment gérer les convictions que nous ne partageons pas forcément ? Des convictions façonnées par la diversité de nos cultures, de nos histoires, de nos expériences et de nos interprétations des Écritures ?

    La sexualité humaine et le mariage constituaient l’un des sujets identifiés comme source de profond désaccord parmi nos membres. En particulier, les points de vue concernant les relations entre personnes de même sexe ont, pendant de nombreuses années, contribué à la fragmentation au sein de certaines Églises membres. Lors de la préparation de l’Assemblée mondiale de 2015 aux États-Unis, il est apparu clairement que la CMM devait définir comment nous allions répondre à la réalité de convictions « non partagées », ou divergentes, au sein de notre communion mondiale.

    Lors du Conseil général de 2018, notre Commission Foi et Vie a proposé un processus visant à nous aider à cerner les domaines de désaccord. L’objectif était de respecter l’autonomie de chaque union d’Églises tout en renforçant les relations entre les Églises à l’échelle mondiale. Malheureusement, cette proposition n’a pas été acceptée.

    Alors que la question des relations entre personnes de même sexe continue de mettre à rude épreuve notre famille mondiale, la direction de la CMM continue d’explorer des moyens fidèles d’y répondre. La Commission Foi et Vie, en collaboration avec le Comité exécutif, travaille actuellement sur une nouvelle proposition qui sera présentée au Conseil général en 2028, ainsi que sur un accord interne concernant les « convictions divergentes » et les critères de recrutement et de nomination des responsables, qui devra être ratifié par le Comité exécutif en 2027.

    À l’heure actuelle, concernant la question spécifique des relations entre personnes de même sexe, nous souhaitons communiquer clairement trois points.

    1. Il n’existe pas de consensus parmi les Églises de la CMM sur les relations entre personnes de même sexe. Nous avons convenu ensemble de respecter nos Convictions communes, mais celles-ci n’abordent pas la question des relations entre personnes de même sexe. Parmi nos 110 Églises et conférences membres, certaines ont laissé aux assemblées locales la liberté de déterminer leur propre position sur les relations entre personnes de même sexe. Certaines de ces assemblées locales sont « ouvertes et affirmantes » ; d’autres ne le sont pas.
    2. La CMM n’a pas adopté de position sur les relations entre personnes du même sexe. La CMM n’appuie ni une position affirmante ni une position non affirmante. Et nous tenons à préciser très clairement que la CMM n’a subi aucune pression pour soutenir une opinion particulière concernant les relations entre personnes de même sexe.
    3. Lorsque nos opinions divergent, nous cherchons à discerner ensemble la volonté de Dieu. Depuis plus de 12 ans, nous cherchons dans la prière la meilleure voie à suivre face aux désaccords, aux malentendus et aux rumeurs non vérifiées concernant la manière dont la CMM aborde ce sujet. Tout au long de ce parcours, un principe nous a guidés : lorsque les Églises sont confrontées à des désaccords, nous sommes appelés par Dieu à engager le dialogue et à discerner ensemble la volonté de Dieu. Nous retrouvons ce modèle dans Actes 15, où l’Église a écouté, s’est exprimée avec franchise et a recherché la direction du Saint-Esprit. À l’instar de l’Église primitive, nous prenons au sérieux notre appel à tout mettre en œuvre pour garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Éphésiens 4. 3).

    Les sujets qui divisent suscitent souvent la peur et la tension. Face aux désaccords, les sociétés peuvent se fragmenter, se séparant en groupes de personnes qui partagent déjà les mêmes opinions. Mais Jésus nous appelle à suivre une voie différente. Guidés par Jésus et fortifiés par le Saint-Esprit, nous sommes appelés à vivre en tant que communauté à contre-courant : un peuple qui recherche l’unité, aborde les différences avec amour, qui cherche ensemble la direction de Dieu et continue à marcher avec Dieu comme un seul corps dont la tête est Jésus-Christ. Nous agissons ainsi « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adulte, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Éphésiens 4. 13 TOB).

    Nous restons prêts à dialoguer avec les membres de la CMM qui ont des questions, des préoccupations ou le désir d’un échange plus approfondi. Veuillez garder la CMM dans vos prières alors que nous cherchons à témoigner de la nouvelle création de Dieu, à discerner ensemble la volonté de Dieu et à répondre fidèlement à notre appel à suivre Jésus en tant que communion mondiale, en gardant l’unité de l’Esprit.

    Seigneur, dans ta miséricorde, écoute notre prière.
    Au nom de Jésus, Prince de la Paix, amen.

    2025 headshot César García

    César García

    Secrétaire général

    Conférence Mennonite Mondiale


    Prières urgentes et lettres pastorales


    Throng of people gathered in a circle with laying hands
  • Qu’est-ce que les rencontres avec des croyants d’autres pays, mais vivant dans la même région, peuvent vous apporter ?

    « Au-delà de la participation aux programmes, les gens trouvent que les liens créés lors des rassemblements régionaux sont ce qui est de plus mémorable », explique Miekje Hoffscholte-Spoelder, présidente du conseil d’administration de la Conférence mennonite néerlandaise. « Nous nous faisons de nouveaux amis et nous en retrouvons d’anciens. Nous entrons en contact avec des croyants qui n’ont pas toujours les mêmes opinions et le même parcours que nous. »

    Les rassemblements régionaux sont l’occasion de nouer des amitiés et de développer des relations. Bon nombre d’entre eux sont organisés de manière autonome par des groupes de la région, dont beaucoup sont membres de la Conférence Mennonite Mondiale. Pour les représentants régionaux de la CMM, c’est une excellente occasion de rencontrer plusieurs responsables à la fois.

    « Nous avons tant à apprendre les uns des autres en continuant à vivre l’unité », déclare Bruce Campbell-Janz, directeur du service de la communication et de l’engagement pour la CMM.

    Europe 

    Large group of people lined up for photo in a courtyard of a brick building
    A gathering of the MWC member church in Spain

    Les Églises mennonites européennes se réuniront aux Pays-Bas du 14 au 17 mai 2026 pour leur rassemblement régional CMERK* (anciennement MERK). Créé en 1972 et pensé comme un événement ponctuel, il est devenu une sorte de mini-assemblée organisée entre les assemblées mondiales de la CMM, au cours de laquelle les mennonites d’Europe partagent leurs idées théologiques, trouvent des points communs et échangent les dons qu’ils peuvent offrir à la communion mennonite régionale.

    Miekje Hoffscholte-Spoelder ajoute : « Mon mari et moi avons eu le privilège d’assister à l’Assemblée mondiale en Indonésie en 2022, mais un tel voyage n’est pas possible pour tout le monde. Il est important que nous apprenions à connaître nos prochains mennonites, que nous priions et louions ensemble, et que nous discutions de sujets urgents, notamment le rôle des églises dans l’accompagnement des migrants en Europe. »

    Les membres des commissions de la Conférence Mennonite Mondiale se réuniront à Mennorode, aux Pays-Bas, juste avant la CMERK, afin de pouvoir se joindre à la rencontre régionale qui suivra. Les rencontres en personne permettent de renforcer les relations qui sous-tendent le travail qu’ils accomplissent tout au long de l’année par le biais de réunions en ligne et de communications écrites.


    Amérique Latine et Caraïbes

    large group of people lined up for photo in the drop off loop of a hotel
    Participants at the 2025 Latin American 500th anniversary of Anabaptism event

    Les Églises anabaptistes de 16 pays d’Amérique latine se sont réunies au Pérou en janvier 2025 pour commémorer les 500 ans de l’anabaptisme.

    « C’était un moment précieux pour se souvenir des pères et mères dans la foi, qui nous ont montré un chemin parsemé de sang, de sueur et de larmes, et l’engagement à suivre Jésus-Christ », dit Jaime Prieto, théologien et historien anabaptiste du Costa Rica.

    « Pour moi, ce qui a compté le plus, c’était de voir des gens issus de contextes culturels différents. Nous avons mis en lumière des problèmes, des solutions et, surtout, des sujets importants pour notre vie en communauté, tout en gardant toujours nos principes anabaptistes comme fondement de nos réflexions », a rapporté Yuri De Araùjo du Brésil, l’un des nombreux participants, engagé dans YAMEN, un programme d’entraide du Comité central mennonite et de la Conférence Mennonite Mondiale, qui a assisté à la rencontre.

    Les mennonites d’Amérique centrale et des Caraïbes attendent avec impatience la CAMCA (Consulta Anabaptista Menonita de México, Centro América y el Caribe), qui se tiendra du 13 au 18 juillet 2026 à l’Iglesia Nacional Evangélica Menonita Guatemalteca à Alta Verapaz, au Guatemala. Comme la CMERK, cette rencontre a lieu tous les deux ou trois ans et attire un large public venu pour apprendre, discerner et s’encourager mutuellement.


    Asie

    large group of Asian people lined up for photo
    Regional meeting in Asia

    Les réunions régionales peuvent également porter sur une idée commune afin d’approfondir la réflexion et de développer des actions pour la mettre en pratique. Les responsables d’Églises mennonites d’Asie, sous l’égide du Réseau asiatique d’éducation anabaptiste-mennonite, se sont réunis pour réfléchir ensemble à la contextualisation de la théologie anabaptiste pour les Églises d’Asie. Rejoints par des responsables missionnaires et théologiques du Canada et des États-Unis, ils se sont réunis en Indonésie en 2024 et en Thaïlande en 2025. 


    Amérique du Nord

    Diverse men and women smile at camera from around lunch table.
    North American leaders from MWC member churches on break at General Council meetings in Germany, 2025

    Tout récemment, la CMM a organisé une réunion pour les responsables des églises membres des États-Unis, du 6 au 8 janvier 2026. Janet Plenert, directrice de la CMM chargée du renforcement de la communion, revient sur son rôle de facilitatrice lors de cette réunion : « Parfois, les réunions sont significatives non pas en raison de ce qui a été décidé ou accompli, mais parce qu’elles se sont déroulées dans un climat de respect, de partage empreint de grâce et d’amour bienveillant, au milieu de conversations franches et honnêtes.

    Nous étions vulnérables les uns envers les autres, exprimant une honnêteté bienveillante et directe. Nous avons également eu des conversations substantielles sur les questions qui nous ont réunis. Nous avons senti que l’Esprit de Dieu était parmi nous, et nous croyons que les prières de nombreuses personnes y ont contribué. »


    Afrique

    large group of mostly African men lined up for photo in front of building
    A gathering of Mennonite church leaders at AIMM meetings

    « Au fond de nous, il y a une aspiration constante à vivre ensemble. Les rencontres régionales, qu’elles soient organisées de manière indépendante par les Églises locales ou par la CMM, offrent un espace pour tisser des liens entre nous. Elles nous permettent de découvrir les difficultés et les joies des uns et des autres, de nous encourager mutuellement, de collaborer et d’envisager l’avenir ensemble », explique Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-églises à la CMM.

    « Dans ma région, l’Afrique, le mode de vie est principalement communautaire. Ainsi, bien que très diversifiées en termes de culture, de langue, d’histoire coloniale et de vision du monde, les réunions régionales nous permettent de créer des liens entre nous », ajoute-t-il.

    Une réunion régionale pour l’Afrique entre les responsables des églises membres de la CMM est prévue pour 2026. 


    group of people from Asia standing together
  • Les 100 ans de la CMM et les Commissions

    Dans la constitution de 2009 de la CMM, le Conseil Général a établi des commissions permanentes — Diacres, Foi & Vie, Mission, Paix — « d’importance vitale pour la communauté d’Églises de la CMM ».

    Les commissions préparent des questions ou documents à étudier par le Conseil Général, conseillent et proposent des outils à la CMM ou à ses églises membres, et peuvent aussi aider les réseaux de la CMM ou des lieux de communion fraternelle à travailler ensemble sur des questions d’intérêt commun. 

    À travers le regard de la Commission Paix, Joji Pantoja souligne comment celle-ci a contribué à la fraternité, au culte, à l’entraide et au témoignage au sein de la communion anabaptiste mondiale, et comment elle a aidé la CMM à devenir une communauté spirituelle mondiale dans la tradition anabaptiste.

    Lorsque j’étais présidente, la Commission s’est efforcée de traduire notre théologie de la paix en un témoignage concret mondial. Trois moments ont marqué cette période, chacun illustrant une facette différente de notre témoignage pour la paix.

    Le premier a été notre travail avec les Wounaan au Panama, où une visite communautaire a conduit la CMM à plaider auprès de leur gouvernement pour protéger leurs arbres sacrés, les cocobolos, et leur rôle de protecteurs de la forêt.

    Il s’agissait là d’une action concrète et enracinée en faveur de la paix : défendre la création de Dieu et les communautés qui la soutiennent.

    Le deuxième moment a été la rédaction d’une déclaration générale de la CMM affirmant notre soutien aux droits des peuples autochtones dans le monde entier. Il s’agissait là d’une prise de position prophétique en faveur de la paix. La Commission a joué un rôle déterminant dans la rédaction de cette déclaration, en s’appuyant sur les principes bibliques de justice.

    Cette déclaration nous a permis de passer d’une réaction aux crises à une définition proactive de notre identité mondiale, donnant à chaque Église membre un fondement théologique pour la solidarité.

    La troisième a été notre intervention directe en faveur d’un objecteur de conscience en Corée, membre de notre famille mondiale et emprisonné pour avoir refusé, en raison de sa foi, de participer à l’entraînement militaire. Ici, notre témoignage de paix s’est transformé en plaidoyer pastoral. La Commission a mobilisé toute la CMM pour plaider en faveur de sa libération, affirmant que notre position théologique sur la paix a des conséquences concrètes pour nos membres.

    Cette action a démontré que la Commission ne se contente pas de faire de grandes déclarations, mais qu’elle soutient également les personnes dont la vie incarne nos convictions fondamentales, garantissant ainsi que notre communion mondiale est une source tangible de soutien et de témoignage.

    Souvenir précieux

    Je me souviens du silence complet qui régnait dans la salle après que l’ancien Wounaan eut parlé de la forêt comme d’un membre de la famille. Ce moment de conviction partagée, où notre théologie rencontrait leur réalité vécue, a été sacré.

    De même, je chéris le cheminement, dans la patience et la prière, qui a mené à la rédaction de la Déclaration de Solidarité avec les Peuples Autochtones. Ce processus n’a pas été rapide ; il a fallu près de deux ans pour finaliser le document de prise de position. Cette longue période n’était pas synonyme de retard, mais une « saison » nécessaire de communion fraternelle. Nous avons écouté, débattu et affiné le texte afin de nous assurer qu’il représentait véritablement notre famille mondiale dans toute sa diversité.

    Le moment où tout a finalement été harmonisé et où nous l’avons adopté a été incroyablement puissant. Nous n’avons pas seulement approuvé un document ; nous avons été témoins du fruit d’un discernement collectif soutenu, vivant véritablement l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix.

    Avenir

    Je rêve que la Commission crée des boîtes à outils pratiques pour les Églises sur la manière de s’engager dans les processus locaux de vérité et de réconciliation, ou qu’elle facilite les partenariats dans lesquels les Églises ayant une expérience en matière de justice foncière peuvent encadrer d’autres Églises.

    Passons des déclarations percutantes à l’autonomisation d’un millier de témoins locaux, tous reliés et renforcés par notre communion mondiale.

    – Felicitas (Joji) Pantoja (Philippines), Commission Paix, présidente (2015-2022)

    Remarques formulées par d’autres commissions :

    Diacres

    Le travail très important et significatif de la Commission Diacres, qui consiste à accompagner les Églises dans les moments de souffrance et de détresse ainsi que dans les moments de joie pour encourager nos frères et sœurs, a été et continuera d’être tel qu’il a commencé dans Actes 6.1-7. Ces expériences ont véritablement rapproché nos communautés et continueront de le faire afin qu’elles soient le « sel de la terre » et la « lumière du monde. »
    – Cynthia Peacock (Inde), présidente (2009-2015)

    Foi et Vie

    Nous avons mis en place une méthode de travail dynamique dans laquelle différents membres ont préparé des études de cas sur des sujets importants qui avaient été choisis (parfois avec beaucoup de difficultés ou de conflits) dans des Églises de chaque pays. J’ai été reconnaissante de cette occasion de travailler avec l’ensemble de la Commission sur cette tâche, en tirant parti de l’expérience rassemblée sur les cinq continents et en apprenant beaucoup sur nous-mêmes au cours du processus.
    – Anicka Fast (Canada), secrétaire (2023-)

    Mission

    Il nous semblait juste et bon, à nous et à l’Esprit, de réunir enfin les organisations anabaptistes du monde entier engagés dans la mission. Pourquoi ne coopérerions-nous pas ? Pourquoi ne collaborerions-nous pas ?
    – Janet Plenert (Canada), présidente du Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) (2009)


    diversity group discussion
  • CMM : Cent ans de communion

    Dans des circonstances remarquablement similaires à celles d’aujourd’hui, un groupe de mennonites a entrepris un pèlerinage depuis le sud de la Russie (aujourd’hui l’Ukraine) jusqu’à Zurich, en Suisse, en 1925. Ils transportaient un message de la Conférence mennonite panrusse à présenter lors du premier rassemblement mondial de la Conférence Mennonite Mondiale.

    La délégation a exprimé ces aspirations dans sa lettre : « Nous accueillons favorablement l’idée de créer une union mennonite mondiale, dont l’expression unanime devrait être une réunion des représentants de tous les mennonites du monde ».

    La création d’une organisation mennonite mondiale et diversifiée renforcerait l’Église, en particulier parmi les petits groupes dispersés. Elle pourrait faciliter le financement des écoles chrétiennes, encourager les activités missionnaires, aider les nécessiteux et les souffrants, relever les défis de la migration et établir un annuaire mondial.

    La lettre apporte un message inspirant de mutualité, de solidarité mondiale et d’espoir d’unité au milieu d’une diversité dramatique.

    Les temps ont-ils changé ? Ou avons-nous encore besoin qu’on nous rappelle l’importance cruciale de l’unité compte tenu de la diversité de nos propres expériences ?

    Il y a plus de 2 500 ans, un autre groupe a entamé un pèlerinage à Jérusalem depuis une région plus à l’Est, porteur d’un message à partager entre les communautés d’autres groupes juifs exilés. Nous connaissons aujourd’hui ce message sous le nom de Psaume 133, qui se commence avec :

    « Oh ! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble ! »  (Psaume 133.1, SEM)

    En chantant ce cantique chaque année, les exilés ont découvert que le fait « d’être ensemble » est un don de Dieu, une réalité concrète et attrayante.

    Un don de Dieu

    Le passage explique comment l’huile et la rosée descendent. Ces images illustrent la manière dont le psalmiste envisage l’unité des Israélites : elle est accordée par Dieu. La véritable unité ne peut être construite ou atteinte par des accords humains sur des doctrines ou des pratiques ; c’est un don divin.

    Une réalité attrayante

    L’unité est une bénédiction qui attire d’autres bénédictions. C’est une vie épanouie qui s’étend vers l’extérieur – un parfum qui se répand, une rosée qui imprègne. Tout comme un arôme agréable attire l’attention, l’unité du peuple de Dieu est quelque chose que tout le monde souhaite expérimenter. Lorsqu’on la découvre, elle devient irrésistible.

    Une réalité concrète

    Le premier mot après le titre du Psaume 133, le mot hébreu hinneh – qui signifie « regarder » ou « contempler » – revêt une grande importance. En nous invitant à « regarder », le texte suggère que l’unité du peuple de Dieu n’est pas simplement un concept « spirituel ». Ce n’est pas non plus quelque chose que nous ne connaîtrons qu’après la mort. L’unité du peuple de Dieu est une réalité tangible qui peut être vue et ressentie ici et maintenant.

    Pendant des siècles, les théologiens chrétiens ont vu dans ce psaume un avant-goût du concept néotestamentaire d’être un ou de communion, où l’unité n’est pas comprise comme l’uniformité ou l’unisson, mais comme l’harmonie au sein de la diversité.

    Comme les Israélites en exil, la délégation mennonite de 1925 espérait que l’unité deviendrait une réalité tangible. Ils espéraient faire partie d’un organisme mondial plus grand qu’eux même.

    Ils ont imaginé une organisation qui incarnerait cette unité.

    Et aujourd’hui ?

    Nous vivons ce que la délégation avait envisagé il y a 100 ans.

    Cette communauté tant espérée a pris la forme de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM).

    Nous nous efforçons d’incarner la communion.

    Nous facilitons le travail en interdépendance dans les ministères de l’éducation, de la mission et de la paix.

    Nous aidons les Églises qui souffrent et nous nous engageons dans de nombreuses autres initiatives visant à renforcer l’unité.

    Alors que nous célébrons le centenaire de la CMM, rappelons-nous que l’unité est un don de Dieu. Soyons attirés par elle comme par un aimant. Rendons-la tangible. Prions pour que notre unité soit source d’espoir pour nos Églises dans les moments de souffrance et d’oppression, et pour un monde qui se désagrège sous le poids de la violence, du nationalisme, de la fragmentation et de la polarisation.

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cet article est adapté de son sermon prononcé à Schönblick, en Allemagne, le 25 mai 2025, à l’occasion du 100ème anniversaire.

    family in Christ photo group
  • Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026

    Prédications


    On gagne plus à partager 

    Michée 6. 8 

    Au début de l’été, je profite du soleil dans le champ de fraises de la famille Loosli à Moron, dans le Jura, et je passe au crible les petits buissons à la recherche des fraises les plus mûres et les plus belles. 

    En cette belle matinée de juin, je pense à la devise du prochain week-end d’automne réservé aux femmes : « On gagne plus à partager ». 

    L’inspiration vient du cours « Just People » de Stop Poverty. Les valeurs dont nous allons parler sont la charité, la soutenabilité, la justice et la miséricorde. Notre texte clé sera Michée 6. 8. 

    « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » 

    Prenons une grande inspiration. Dieu a déjà défini ce qui est important dans ses commandements. Il n’y a rien à ajouter. 

    Il s’agit maintenant de combiner la devise du week-end femmes, « On gagne plus à partager », avec Michée 6. 8. 

    Cette devise nous interpelle, non seulement ce qu’elle affirme, mais aussi parce qu’elle est contradictoire : une partie est moins que le tout, et non plus ! Moins, c’est moins, pas plus. 

    Quand quelque chose est paradoxal et semble absurde, cela peut renvoyer à une signification plus profonde. 

    Quelle pourrait être cette signification ? 

    Lorsque je partage ou donne une partie des fraises que j’ai cueillies à la sueur de mon front sous le soleil de Moron, j’ai moins de fraises, pas plus. Le « plus » ne peut donc pas se référer aux fraises, mais alors à quoi ? Quelle est la valeur ajoutée ? 

    Changement de décor 

    Voici la carte du monde telle que nous la connaissons. Les couleurs représentent les différents continents : 

    Il s’agit d’une carte du monde dans laquelle les contours naturels sont déformés. L’Europe, l’Amérique du Nord et certaines parties de l’Asie sont gonflées parce qu’elles consomment plus de ressources naturelles en termes relatifs. 

    Mais les ressources mondiales sont limitées. 

    Ce que certains consomment pour la production alimentaire, l’espace de vie par habitant, l’extraction minière, etc. 

    Sur cette carte, l’Afrique, l’Inde et le Pakistan sont agrandis. Il s’agit de la carte de la malnutrition infantile. Il y a beaucoup plus d’enfants souffrant de malnutrition dans les continents agrandis, alors qu’il n’y en a pratiquement pas en Europe et en Amérique. La répartition inégale des ressources est un fait. 

    Mani Matter, le chanteur suisse, a résumé cette réalité de manière ingénieuse et pertinente dans un court poème ou une chanson. 

    « Ceux qui sont bien lotis 
    Seraient mieux lotis 
    Si ceux qui sont moins bien lotis 
    Étaient mieux lotis 
    Mais cela n’est pas possible 
    Sans que ceux 
    Qui sont bien lotis 
    Soient moins bien lotis… » 

    En Suisse, nous sommes vraiment très bien lotis. La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde. La plupart d’entre nous ne connaissent que très peu de privations. De l’autre côté du globe, des gens travaillent dur et dans des conditions précaires pour garantir notre prospérité matérielle. Notre prospérité a un prix, mais ce n’est pas nécessairement nous qui le payons. 

    Si les biens étaient répartis plus équitablement dans le monde, tout le monde serait mieux loti. Mais comment pouvons-nous nous résoudre à partager ce que nous avons ? 

    Selon les recherches sur le bonheur et le Rapport mondial sur le bonheur des Nations Unies, cela devrait être assez simple : partager nous rend heureux. 

    Vous augmentez votre propre bonheur en augmentant celui des autres. Ainsi, si nous veillions à ce que la malnutrition dans les pays du Sud diminue et que les gens aient accès à plus de ressources, à plus de nourriture, à plus de possibilités d’éducation, etc., nous serions plus heureux. 

    En ce sens, vous gagne plus lorsque vous partagez. 

    Revenons au champ de fraises 

    Lorsque je partage les fraises que j’ai cueillies moi-même et que je les apporte à quelqu’un, je rends cette personne heureuse. Il y a le moment de plaisir pour le destinataire et la joie de recevoir un cadeau. Comme je suis témoin de cela, je suis moi-même plus heureuse. Et ce n’est pas tout. 

    D’une certaine manière, cela ne me satisfait toujours pas complètement. 

    Il y a certainement beaucoup de vérité dans cela, mais c’est en fait une idée vertueuse au sens où l’entendaient les Grecs anciens. Mais nous parlons ici d’un week-end entre femmes mennonites. 

    Voici à nouveau Michée 6. 8 : 

    « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » 

    Selon Michée, les éléments suivants sont importants : 

    • respecter la loi (certaines traductions parlent de pratiquer la justice, de faire ce qui est juste, de ne pas permettre l’injustice) ; 
    • être bienveillant envers nos semblables (certaines traductions parlent de solidarité, d’attention) ; 
    • vivre en communion constante avec Dieu (certaines traductions disent « marcher attentivement avec Dieu, être compréhensifs et conscients, vivre dans le respect de Dieu »). 

    Dieu fera miséricorde à ceux qui vivent ainsi. 

    Ce texte met l’accent sur une foi pratique et vécue. Examinons-le de plus près : 

    Justice et droiture 

    Le thème de la justice est un fil conducteur dans la Bible. Quand nous pensons à la justice, nous pouvons d’abord penser que chacun reçoit ce qu’il mérite, que chacun devrait recevoir une punition juste pour ses mauvaises actions. 

    Mais la justice de Dieu ne concerne pas principalement le jugement. La justice de Dieu consiste à créer des conditions favorables à la vie, des relations équilibrées entre les personnes, entre Dieu et les êtres créés. Comme nous sommes faillibles, la justice de Dieu a beaucoup en commun avec la miséricorde. 

    Et cette justice ne concerne pas seulement l’individu, mais vise l’ensemble de la coexistence sociale : Nous pensons à l’exemple à l’année du Jubilé, où tous les sept fois sept ans, toutes les dettes sont effacées (Lévitique 25). 

    Faire preuve d’humanité, de solidarité et d’affection 

    Beaucoup d’entre nous savent ce que l’on ressent lorsqu’on est accueilli par des personnes qui, selon nos critères, n’ont rien, mais qui veulent partager le peu qu’elles peuvent offrir à leurs hôtes. C’est très impressionnant, parfois même embarrassant, car on ne peut rien leur rendre en échange. 

    Mais peut-être décidez-vous d’imiter cet exemple. Grâce à l’exemple des plus pauvres, nous apprenons à partager et un effet domino se crée. 

    Vivre en connexion constante avec Dieu, marcher attentivement avec Dieu 

    Cela signifie que Dieu nous montre le chemin et que nous le suivons. 

    Ce n’est pas nous qui décidons où aller et Dieu qui nous suit, mais plutôt Dieu qui trace le chemin que nous devons parcourir attentivement avec lui. 

    Si nous ne faisons pas attention et nous laissons distraire, nous risquons de manquer un tournant en cours de route et de nous retrouver soudainement dans les broussailles. « Vivre en communion constante avec Dieu » signifie, idéalement, prendre la main de Dieu comme un petit enfant et la tenir aussi fermement que possible. 

    C’est donc ce qui préoccupait Michée en 700 avant J.-C. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, même dans la vie avec Jésus ? 

    En cherchant un verset qui résume aussi succinctement que Michée 6. 8 ce qui importe dans la vie avec Dieu, et qui aborde également la question du sacrifice et du partage, je suis tombé sur un verset dans l’épître aux Hébreux. La Lettre aux Hébreux s’adresse à une communauté dont l’enthousiasme initial semble s’estomper. Il est donc nécessaire de lui rappeler ce qui est important. Dans les exhortations finales du chapitre 13, nous lisons (13. 15) : 

    « Par [Jésus], offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. » 

    Et puis vient le verset qui résume si bien cela (13. 16) : 

    « N’oubliez pas la bienfaisance et l’entraide communautaire, car ce sont de tels sacrifices qui plaisent à Dieu. » 

    Dieu se réjouit lorsque nous faisons le bien et partageons. C’est ainsi que nous voulons comprendre la devise « On gagne plus à partager ». 

    Ce « plus » est le lien étroit avec notre Seigneur Jésus, l’attention sans partage, le questionnement reconnaissant, l’écoute de ce que nous devons et pouvons partager et comment. 

    Et lorsque nous prions, chantons et écoutons, nous sentons que le partage est un besoin qui vient du plus profond de nous-mêmes. C’est le besoin de marcher attentivement avec Dieu et de partager nos forces, nos ressources, nos expériences de foi, tout ce qui fait de nous ce que nous, et d’autres avec nous, sommes. 

    — Mathild Gyger est membre de l’Assemblée évangélique mennonite Schanzli, en Suisse. Adapté d’un sermon qu’elle a prononcé le 1er octobre 2023. 

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    Un repas en commun après le culte à l’église mennonite de Ratisbonne, Allemagne. Photo fournie

    Le Samaritain en moi 

    Luc 10. 25-37 

    Nous connaissons tous et toutes l’histoire du bon Samaritain. La morale de cette histoire est très simple. Jésus la résume lui-même après la parabole : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37). 

    Cependant, je pense à une histoire qui pourrait en quelque sorte se rattacher à la parabole du bon Samaritain. 

    L’automne dernier, Alfred, originaire du Ghana, a vécu cinq mois chez mes parents dans le cadre d’un semestre à l’étranger à l’université de Bâle, où il étudie la théologie. Pendant son séjour en Suisse, il est rentré deux fois à la maison très bouleversé parce qu’il avait vu des gens tomber dans l’escalator de la gare de Bâle. Ce qui le dérangeait particulièrement, ce n’était pas les blessures subies par les personnes qui étaient tombées, mais le fait qu’il n’y avait pratiquement personne à côté de lui qui aide les victimes. 

    Cela montre que le courage civique n’est finalement pas si simple. Même si la situation, comme dans ce cas, ne présente en réalité aucun danger, il faut beaucoup d’efforts pour décider d’aimer. Beaucoup semblent échouer à « aller et faire de même » ! 

    Il vaut alors peut-être la peine d’examiner de plus près ce texte biblique. 

    Dans cette parabole, presque tout est inversé. Le héros de l’histoire n’est pas le prêtre, ni le Lévite, ni le Juif ordinaire. 

    Non, le héros est le Samaritain, quelqu’un qui, du point de vue juif de l’époque, s’était égaré et suivait une croyance erronée. 

    On peut presque entendre le légiste grincer des dents lorsqu’il répond à la question de Jésus après l’histoire : « Lequel des trois s’est montré compagnon d’humanité (prochain) envers l’homme qui a été attaqué ? » (10. 36). Il ne peut se résoudre à dire : « Le Samaritain ! » Au lieu de cela, il dit : « Celui qui a fait preuve de bonté » (10. 37). 

    Quel héros nous mettrait aujourd’hui mal à l’aise si Jésus nous racontait personnellement cette histoire ? Nous avons également des groupes de personnes qui sont plus ou moins largement rejetés dans notre société. Même si nous ne le voulons pas, nous avons nous aussi nos réserves et nos préjugés, qui sont souvent difficiles à surmonter. 

    Jésus raconte délibérément cette histoire de façon à mettre ses auditeurs mal à l’aise. Je vous invite donc à prendre un bref instant pour remplacer le Samaritain par quelqu’un qui vous mettrait mal à l’aise. 

    Essayez de garder cette personne ou ce groupe de personnes à l’esprit pendant le reste du sermon. 

    Lorsque l’on raconte l’histoire du bon Samaritain, on met généralement l’accent sur la compassion pour l’humanité. 

    Cependant, Kenneth E. Bailey, un expert de la culture du Moyen-Orient, m’a montré au cours de ma préparation comment un manque de courage d’aimer joue un rôle dans cette histoire. 

    Commençons par le prêtre, qui rentrait probablement chez lui à Jéricho après deux semaines de ministère à Jérusalem. S’il s’était approché de l’homme blessé, dont il ne savait pas s’il était mort ou encore en vie, il aurait couru le risque d’être rituellement impur, ce qui aurait entraîné un long processus de purification durant lequel lui, ses serviteurs et sa famille auraient dû faire face à des conséquences désagréables. S’il s’était rendu impur et avait ensuite esquivé le processus de purification, cela aurait signifié qu’il officiait à l’autel en état d’impureté, ce qui aurait pu entraîner une accusation aux conséquences encore plus graves. 

    Pour le prêtre, cette situation comportait donc certains dangers ou inconvénients. Il lui manquait manifestement le courage nécessaire et il lui était plus facile de passer son chemin. 

    Dans l’histoire d’Alfred à la gare de Bâle, beaucoup de ceux qui n’ont pas aidé avaient probablement aussi leurs raisons. « Si je m’arrête maintenant, je vais être en retard à ma réunion et mon patron est déjà en colère contre moi. » « Et si je ne peux pas aider, je ne connais rien aux premiers secours. Tout le monde le verrait, ce serait tellement embarrassant ! » 

    Après le prêtre vient le Lévite, assistant du prêtre dans le temple. Kenneth Bailey pense que le Lévite devait savoir qu’un prêtre avait emprunté ce chemin peu avant lui. Le Lévite était subordonné au prêtre. Aurait-il dû dénoncer le prêtre comme quelqu’un qui n’avait pas agi comme il le devait ? Cela aurait également demandé beaucoup de courage. 

    De plus, comme le prêtre qui était déjà passé connaissait mieux le bien et le mal, le Lévite pouvait donc continuer presque sans remords. 

    Dans le cas d’Alfred, certains se sont peut-être demandé : « Pourquoi devrais-je aider ? Il y en a tellement d’autres. Ils pourraient probablement le faire encore mieux que moi. » 

    Et maintenant vient le Samaritain. 

    Ce qu’il fait est inimaginable : il a le courage d’agir avec amour. 

    En tant qu’ennemi des Juifs de l’époque, il prend soin de l’homme blessé et l’emmène dans une auberge voisine, probablement dans une ville juive. 

    Les personnes qui écoutaient cette histoire à l’époque s’attendaient probablement à ce que le Samaritain laisse le blessé à la périphérie de la ville et s’enfuie. Même en tant que sauveur de ce Juif, un Samaritain n’aurait pas été à l’abri d’une éventuelle vengeance. 

    De plus, en amenant l’homme blessé à l’auberge et en fournissant de l’argent pour ses soins, le Samaritain a non seulement sauvé la vie du Juif, mais probablement aussi sa liberté. Étant donné que l’homme n’avait plus rien après le vol, il aurait pu être vendu comme esclave pour payer ses dettes. 

    Le courage d’agir du Samaritain montre comment l’amour peut changer la vie des autres. 

    Revenons à la question de Jésus : « Lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme qui a été volé ? » 

    Jésus formule la question différemment. On pourrait penser que la question ne devrait pas être « Qui est mon prochain ? », mais « Pour qui devrais-je être un prochain ? ». 

    Il ne répond pas à la question : « Qui est celui que je suis censé aimer pour gagner ma vie éternelle ? », mais plutôt : « À qui puis-je tendre la main ? Qui puis-je soutenir ? Qui devrait pouvoir compter sur moi ? ». 

    L’accent est davantage mis sur « être ensemble » plutôt que sur « je dois assurer ma vie éternelle ». Et la réponse à la question du prochain dans la parabole est presque révolutionnaire. Elle brise les frontières religieuses, linguistiques et ethniques et fait sortir le légiste de sa zone de confort. Elle montre la vision de Dieu d’un monde nouveau. 

    Jésus dit au légiste : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37). 

    De par notre nature même, nous ne sommes pas en mesure d’aimer à la fois Dieu et nos semblables comme Dieu l’exige. Et pourtant, je veux m’orienter vers cette vision divine d’un monde nouveau dans lequel nous aidons de manière sacrificielle les personnes dans le besoin : nous apportons les premiers secours aux blessés, nous donnons aux pauvres une partie de ce dont nous avons trop, nous nous opposons au racisme, nous tendons la main aux personnes marginalisées, nous nous rangeons du côté des opprimés. 

    Malheureusement, le monde n’est pas noir ou blanc. 

    Ai-je toutes les informations nécessaires pour savoir qui je dois défendre ? Les situations sont souvent nuancées et l’on ne peut pas simplement dire quelle est la bonne chose à faire. 

    Jésus ne s’attend pas à ce que nous fassions toujours tout correctement. Et pourtant, je ne veux pas m’arrêter à la grâce. Le Samaritain de notre histoire peut et doit être un modèle pour moi. Il doit m’enseigner l’humilité, me faire descendre de mes grands chevaux, m’aider à voir au-delà des frontières et m’encourager à trouver le courage d’aimer tous mes semblables, même si cela semble impossible à première vue. 

    Parfois, il est facile d’aimer. Et parfois, cela demande du courage. 

    Mais si nous parvenons à aimer sincèrement, alors nous pouvons changer la vie de nos voisins et devenir un compagnon d’humanité à leurs yeux. 

    Pour résumer, comme le dit une chanson d’Unspoken : « If we’re gonna be known for something let it be love » (Si nous devons être connus pour quelque chose, que ce soit pour l’amour.) 

    Amen. 

    — Hanna Sagesser est membre de la Evangelische Mennonitengemeinde Schänzli, à Muttenz, en Suisse. Cette prédication est adaptée de celle qu’elle a prononcé devant des invités internationaux et l’assemblée le 1er juin 2025. 

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    Les membres du Conseil Général se réunissent pour prier pour Roman Rakhuba, délégué d’Ukraine au Conseil Général, avant son départ. Photo : Irma Sulistyorini