Étiquette : Assemblée

  • De gauche à droite, John M. Sean, secrétaire général du KMKT, et Emmanuel Hagai, secrétaire général du KMT. Photo : Liesa Unger

    L’Assemblée de la CMM reste en Afrique de l’Est

    « Construire ensemble le corps du Christ et renforcer la fraternité mondiale [voilà la vision qui sous-tend la décision d’accueillir l’Assemblée mondiale de l’Église anabaptiste] », déclare l’évêque Nelson Kisare, de la Kanisa la Mennonite Tanzania.

    Le Comité Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale a accepté l’invitation des églises membres de Tanzanie à accueillir la 18e Assemblée mondiale en 2028. Ce rassemblement de cinq jours réunissant des anabaptistes du monde entier aura lieu lors des deux premières semaines de juin. Le thème est en cours de finalisation.

    La Tanzanie compte plus de 46 000 mennonites répartis dans deux églises membres de la CMM : Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (Église évangélique mennonite de Tanzanie).

    « Nous attendons environ 1 500 à 2 000 participants venus d’autres continents, et 500 à 1 000 d’autres pays d’Afrique », déclare Liesa Unger, responsable des événements internationaux. « Les responsables d’Églises tanzaniennes s’attendent à ce que plus de 2 500 participants locaux assistent à l’ensemble de l’Assemblée et à ce que 200 supplémentaires participent au culte de clôture samedi. »

    La KMT est la plus ancienne union d’églises mennonites d’Afrique de l’Est, fondée dans les années 1930. Des vagues de réveil ont traversé la Tanzanie des années 1940 aux années 1960. Des évangélistes tanzaniens issus des églises mennonites ont apporté l’Évangile au Kenya, y établissant l’Église mennonite.

    En 1971, le nom de l’Église nationale a été changé de l’anglais au swahili, reflétant la direction africaine de l’Église qui avait commencé avec la nomination des pasteurs Ezekiel Muganda et Andrea Mabeba en 1950 et celle de l’évêque Zedekiah Kisare en 1964. Actuellement, Emmanuel Hagai occupe le poste de secrétaire general et Nelson Kisare celui d’évêque président.

    La KMKT a été créée en 1988, dans le prolongement de la KMT. En 2005, elle a été reconnue comme Église par le gouvernement national. Leur mission consiste à partager l’Évangile, à encourager les jeunes à suivre Jésus et à participer aux activités de l’Église, ainsi qu’à servir la communauté par le don de sang volontaire et l’aide aux plus démunis. Elle est actuellement dirigée par John Sean, secrétaire general, et Lameck Manji, evêque président.

    Les mennonites de Tanzanie gèrent plusieurs écoles, du primaire au supérieur, ainsi que plusieurs hôpitaux et centres de santé.

    « Notre groupe continental africain apporte son soutien à cette invitation adressée à notre famille anabaptiste mondiale de venir en Tanzanie », déclare Samson Omondi, représentant du Comité Exécutif pour l’Afrique et évêque de l’Église mennonite du Kenya.

    African women's choir stand at the front of the church
    Les chorales font partie intégrante des cultes dans les assemblées du KMT, comme ici à Arusha.Photo : Liesa Unger

    « Nous espérons proposer des options d’Assemblée Dispersée non seulement en Tanzanie, mais aussi dans d’autres régions d’Afrique de l’Est », ajoute Nelson Martínez, coordinateur logistique. (Les Assemblée Dispersées sont des excursions avant et après l’Assemblée Réunie qui permettent à de petits groupes de découvrir la région et de prier avec les assemblées locales.)

    Le nouveau lieu de l’Assemblée a dû être choisi seulement deux ans avant l’événement, après que l’hôte initial, la MKC en Éthiopie, ait retiré son invitation.

    « Depuis des années, notre rêve était d’organiser la 18e Assemblée en Afrique. Cela clôt notre décennie de Renouveau, marquant les 500 ans de l’anabaptisme par une célébration sur le continent où l’anabaptisme connaît la croissance la plus rapide », déclare César García, Secrétaire General de la CMM. « Nous nous réjouissons de cette occasion de tisser des liens et d’apprendre à mieux connaître nos frères et sœurs en Tanzanie, tout en partageant mutuellement nos dons à travers ce grand rassemblement. »

    « Malgré certaines difficultés prévisibles, nous pensons que la tenue de l’Assemblée à Arusha sera une expérience unique et positive. Le fait qu’elle se déroule dans un lieu relativement petit nous aidera à nous rapprocher les uns des autres. L’engagement des Églises apportera de la joie et de nombreuses bonnes volontés à l’Assemblée », déclare Liesa Unger.



  • Inspiration et réflexion

    Louer ensemble, et particulièrement chanter ensemble, est souvent cité comme l’un des moments forts des Assemblées de la Conférence mennonite mondiale. Après tout, rien ne vaut le fait de chanter avec plusieurs milliers de frères et sœurs en Christ réunis. Même lorsque tout le monde ne parle pas la même langue, la musique a ce pouvoir d’unir que d’autres moments n’ont pas. 

    Le chant est annoncé, et sur l’écran apparaissent les mots d’une langue que beaucoup dans la salle ne parlent pas couramment, voire pas du tout. 

    La mélodie peut sembler inconnue, le rythme légèrement différent de ce à quoi le corps s’attend. 

    Des choristes du monde entier aident à lancer le chant. Puis, progressivement, le son communautaire prend forme. 

    Des milliers de voix, portant des accents différents, des formes de voyelles variées et des instincts musicaux distincts, commencent à résonner ensemble. 

    Lors des Assemblées de la Conférence mennonite
    mondiale, l’unité est quelque chose que l’on peut entendre. 

    Le son n’est jamais impeccable : certains mots sont mal prononcés, certaines harmonies sont floues, mais, dans ces instants, il se passe quelque chose d’indéniable. Des personnes qui vivent leur culte différemment, qui ont des perspectives différentes et qui viennent de contextes très différents s’engagent à chanter le même chant au même moment. 

    Personne ne chante seul. Personne ne chante exactement de la même manière. Une vérité plus profonde est mise en lumière : l’unité dans une Église mondiale ne se découvre pas en effaçant les différences, mais en apprenant à les maintenir ensemble dans un son. 

    Le but de cet article est d’explorer le rôle que la musique a joué au cours d’un siècle d’Assemblées de la CMM, comment elle a évolué à mesure que la communion mennonite s’est mondialisée, et comment le fait de chanter ensemble continue de façonner un sentiment d’unité vécu. 

    La première rencontre de la Conférence mennonite
    mondiale a eu lieu en 1925 à Bâle, en Suisse, pour commémorer le 400ème anniversaire de la Réforme anabaptiste. Alors que l’Église mondiale vient de célébrer son 500ème anniversaire, le moment semble opportun pour réfléchir aux Assemblées du siècle dernier, à travers le prisme particulier de la musique. 

    Les recueils de chants créés pour chaque rassemblement permettent de retracer ce qui a été chanté lors des Assemblées de la CMM. Bien qu’aucun recueil ne reprenne tout ce qui a été chanté ou entendu (et que certains chants imprimés ne soient jamais utilisés), ils offrent un aperçu concret de la vision que l’Église mondiale a d’elle-même, de son unité et des voix qui sont invitées à participer au culte communautaire. 

    choir at MWC assembly
    7ème Assemblée, 1962, Kitchener (Canada)

    Chanter ensemble notre foi, l’importance de la musique 

    Chanter ensemble exige de nous quelque chose que peu d’autres pratiques collectives demandent. Cela requiert de la vulnérabilité et de la confiance, et ne peut se faire en privé au sein d’une foule. 

    Les voix sont révélées, le souffle est partagé et le tempo est négocié en temps réel. Chanter ensemble, c’est autant écouter que se faire entendre. 

    Pour une communion mondiale comme la Conférence mennonite mondiale, cela revêt une importance capitale. L’unité au sein de la CMM ne signifie pas une uniformité totale des croyances, des pratiques ou des perspectives. La communauté s’étend sur plusieurs continents, cultures et histoires façonnées par des réalités sociales et politiques très différentes.  

    Pourtant, encore et encore, l’Église se rassemble et choisit de louer. Ce faisant, elle pratique une forme d’unité qui ne dépend pas de l’effacement de toutes les différences, mais de l’engagement envers des convictions communes, même si ces convictions s’incarnent de diverses manières. 

    Lors des Assemblées de la CMM, cette unité s’exprime souvent à travers ce que l’on pourrait appeler des « chants du cœur » : des chants chers à certaines communautés et qui racontent leur témoignage de foi, de souffrance, d’espoir et de joie. 

    Ces chants n’ont pas nécessairement la même signification pour tous ceux qui les chantent. Au contraire, ils invitent à prendre conscience des différents styles musicaux, des nuances théologiques, des langues utilisées dans les textes et des pratiques cultuelles. Chanter les « chants du cœur » les uns des autres devient un moyen d’apprendre qui nous sommes, ensemble. 

    Cette pratique comporte des risques : les mots peuvent être mal prononcés ou mal compris, les formes musicales peuvent sembler inhabituelles ou dérangeantes : Pourtant, c’est précisément dans cette vulnérabilité que la musique joue son rôle le plus important. 

    Une unité qui ne coûte rien n’exige pas grand-chose de nous. En revanche, chanter malgré les différences apprend à l’Église à écouter avant de diriger, à suivre avant de façonner et à remettre en question ses convictions profondes sur le culte et la musique. 

    group of Africa singing
    10ème Assemblée, 1978, Wichita (États-Unis)

    Recueils de chants et tournant décisif : 1967-1972 

    Un recueil de chants n’est jamais une compilation neutre. Chaque inclusion ou omission reflète un ensemble de valeurs : quelle théologie est mentionnée, quelle langue est entendue et quels styles musicaux sont considérés comme chantables par une communauté mondiale. 

    À mesure que la Conférence mennonite mondiale s’est internationalisée, ses recueils de chants sont devenus de plus en plus complexes. 

    Les procès-verbaux de la première Assemblée de la CMM en 1925 mentionnent des chorales et des chefs de chœurs, mais le premier recueil de chants imprimé spécifiquement pour une Assemblée date de 1936, lors du rassemblement à Amsterdam et Elspeet, aux Pays-Bas. Avant cela, les Assemblées chantaient probablement à partir des recueils de cantiques existants disponibles dans les lieux de culte. 

    Ces premiers recueils de chants de l’Assemblée contenaient exclusivement des cantiques européens et nord-américains, généralement en anglais, allemand, français et néerlandais. 

    À mesure que la représentation au sein de la CMM se diversifiait, en particulier suite à l’expansion significative dans les pays du Sud, ce panorama musical devenait de plus en plus incongru. Lors de l’Assemblée de 1967 à Amsterdam, qui réunissait des délégués de plus de 30 pays, les participants ont pris conscience que la communion mennonite était en train de changer. 

    La diversité des cultures, des langues et des couleurs de peau n’était plus un élément marginal : elle était bien présente dans la salle. 

    Ce moment a marqué un tournant. 

    L’Assemblée suivante, qui s’est tenue en 1972 à Curitiba, au Brésil, a été la première Assemblée de la CMM dans l’hémisphère sud. L’historien Cornelius Dyck a saisi le défi auquel l’Église était confrontée en posant une question pertinente : « Quel type d’unité est possible et souhaitable dans une fraternité mondiale où chaque Assemblée n’est finalement responsable que d’elle-même ? » 

    L’Assemblée au Brésil s’est déroulée dans un contexte difficile, marqué notamment par la répression politique sous le régime militaire et des difficultés de traduction et d’accès linguistique. 

    Pourtant, les comptes rendus font état d’une impression particulièrement positive concernant la musique. Les chants communs ont été accueillis par des applaudissements enthousiastes et, pour la première fois, des groupes d’Amérique du Sud se sont produits. Seul un tiers des participants venait d’Europe et d’Amérique du Nord. Un groupe de travail sur la musique a reconnu la nécessité d’avoir des chants de différentes époques, styles et cultures afin de mieux refléter l’Église mondiale. 

    Des changements organisationnels ont également suivi. Les réunions du Conseil général ont commencé à se tenir dans les pays du Sud, des conférences régionales ont été organisées et les réseaux missionnaires se sont étendus à plus de 50 pays où les Églises connaissaient souvent une croissance plus rapide que celles du Nord. 

    La Conférence mennonite mondiale a clarifié son objectif en tant que « canal de communion et de témoignage », mettant l’accent sur la communication, l’encouragement mutuel et la responsabilité partagée. Elle a également créé par la suite un poste de Secrétaire général rémunéré, passant d’une direction de la CMM assurée principalement par des historiens à une direction assurée par des personnes ayant une expérience dans le domaine de la mission. 

    choir group from Africa at MWC assembly
    14ème Assemblée, 2003, Bulawayo (Zimbabwe)

    Ce que nous apprenons en chantant ensemble 

    À partir des années 1970, les Assemblées de la CMM ont continué à croître en taille et en diversité. Des recueils internationaux de chants, représentant délibérément le monde entier, ont été développés à partir de l’Assemblée de 1978 à Wichita. 

    Davantage de langues sont apparues sur les pages et dans les cultes, parfois avec l’aide d’une traduction simultanée. À partir de ce recueil, les « chants du cœur » de chaque continent ont été privilégiés. Les femmes ont joué un rôle de plus en plus visible dans la musique, notamment des personnalités telles que Mary Oyer en tant que cheffe de chœur. Pour la première fois, le président n’était ni américain ni allemand, mais éthiopien. 

    Lors de l’Assemblée de 1984 à Strasbourg, la forme de l’Assemblée moderne de la CMM avait commencé à se dessiner : un comité du programme, un sous-comité musique et culte, une structure thématique rythmée par les journées et une musique tissée tout au long de l’Assemblée. Des musiciens du monde entier se sont produits, montrant que l’unité nécessite une intention et une pratique. 

    L’unité formée par le chant lors des Assemblées de la CMM n’est pas permanente. Lorsque le dernier chant s’éteint, les participants retournent dans leur contexte d’origine, emportant avec eux différentes questions, convictions et défis. Pourtant, quelque chose subsiste : le souvenir d’avoir chanté ensemble remodèle la façon dont les différences sont portées par la suite. 

    diversity group of people singing
    17ème Assemblée, 2022, Indonesia

    La musique enseigne à l’Église mondiale que l’unité n’exige pas de résoudre tous les désaccords. Elle exige d’être présent. 

    En chantant, l’Église s’entraîne à rester ensemble dans le temps présent, à écouter attentivement, à s’adapter si nécessaire et à s’engager dans une action commune, même lorsque cela nous demande des efforts. L’unité, en ce sens, n’est pas un idéal abstrait, mais une discipline pratiquée. 

    Les Assemblées de la CMM fonctionnent comme des espaces de répétition pour ce type d’appartenance. Elles offrent un aperçu de ce qui est possible lorsque la diversité n’est pas gérée ou minimisée, mais accueillie dans un rythme partagé. 

    Chaque voix compte, précisément parce qu’elle est distincte. Et dans l’acte partagé du chant, l’Église mondiale réapprend ce que signifie d’appartenir ensemble. 

    Benjamin Bergey est professeur agrégé de musique à l’Eastern Mennonite University, à Harrisonburg, en Virginie (États-Unis), où il dirige les chœurs et l’orchestre et enseigne la théorie musicale et la direction d’orchestre. Il a été coordinateur musical pour l’Assemblée 2022 en Indonésie et dirige les EMU Chamber Singers, qui se sont produits lors de la commémoration du 500ème anniversaire à Zurich. Benjamin Bergey a également été rédacteur musical pour Voices Together, un recueil de cantiques pour l’Église mennonite aux États-Unis et au Canada. Il est membre de l’Église mennonite Harrisonburg. 

    Aperçu historique 

    #1 – 1925 Bâle et Zurich 

    • Objectif : se réunir pour célébrer le 400ème anniversaire et publier un livre commémoratif 
    • Les chorales de la région de Bâle (Holee et Schänzli) se produisent, et de nombreux cantiques sont mentionnés, notamment « Gott grüße Dich », « Große Gott », « Die Sach ist Dein » et « Nun danket alle Gott ». 

    #2 – 1930 Danzig 

    • « Conférence mennonite
      mondiale humanitaire ». 
    • Objectif : recevoir des rapports de diverses communautés et organisations mennonites sur les activités humanitaires,
      recevoir des conseils sur la situation difficile des communautés mennonites en Union soviétique et échanger des informations sur d’autres mesures d’aide coordonnées. 
    • Le chant est référencé et des cantiques précis sont indiqués. (« Wach auf, du Geist der ersten Zeugen, » « Kein schöner Land in dieser Zeit, » « Innsbruck, ich muß dich lassen ». 

    #3 – 1936 Amsterdam et Elspeet 

    • Objectif : poursuivre ce type de rassemblement, renforcer les liens entre les membres, célébrer les 400 ans de la conversion de Menno Simons aux Pays-Bas. 
    • Le premier recueil de chants est imprimé, avec les cantiques classés dans l’ordre prévu pour chaque cultes (textes en allemand et en néerlandais). 
    • Sont mentionnés des chants informels sur le bateau alors que les participants traversaient l’Ijsselmeer pour se rendre à Elspeet sous une forte pluie 

    #4 – 1948 Goshen et North Newton 

    • Objectif : maintenir les liens de fraternité mondiale, de l’appréciation et de l’apprentissage mutuels. 
    • L’excellence des chants interprétés par l’Assemblée, les chorales et les quatuors (divers chorales et ensembles des régions hôtes mentionnés) est soulignée. 
    • Les archives de la MC USA conservent 43 bobines de bandes magnétiques contenant les enregistrements audio de cette Assemblée. 

    #5 – 1952 Bâle (St. Chrischona) 

    • Objectif : continuer à partager et à communier, et « mieux connaître les assemblées mennonites largement dispersées à travers le monde » (JC Wenger). 
    • Des chorales venues de France, de Suisse, d’Allemagne et du Kansas (États-Unis) sont mentionnées. 
    • Deuxième recueil de chants imprimé pour une Assemblée. 
    • Le cantique « Faith of our fathers » (la foi de nos pères) est entonné près de la Limmat, où Felix Manz fut noyé. 

    #6 – 1957 Karlsruhe 

    • Une conférence davantage populaire, avec une
      participation plus importante (environ 1 300 personnes ont eu besoin d’un hébergement). Moins de la moitié des participants viennent
      des États-Unis et du Canada. 
    • Des questionnaires sont
      distribués afin de recueillir des retours et des
      suggestions ; une constitution
      est rédigée et votée ; un Comité exécutif et un Conseil général (présidium)
      sont créés. 
    • Création d’un troisième recueil de chants comprenant 30 cantiques en français, allemand, anglais et néerlandais. 

    #7 – 1962 Kitchener 

    • Un comité de musique est mentionné pour la première fois. 
    • De nombreuses chorales nord-américaines sont mentionnées. 
    • Un plus grand nombre de chefs de chœur et d’organistes sont mentionnés (là où il n’y en avait qu’un ou deux seulement lors des Assemblées précédentes). 
    • Quatrième recueil de chants comprenant 40 cantiques en allemand et en anglais. 

    #8 – 1967 Amsterdam 

    • L’Église connaît une croissance dans les pays du Sud, avec plus de 30 pays représentés (voir « tournant décisif » dans l’article ci-dessus). 
    • Plusieurs chorales universitaires américaines et européennes sont mentionnées.
    • Cinquième recueil de chants comprenant 38 cantiques en allemand, anglais, français et néerlandais. 
    • Premier recueil de chants à inclure la notation musicale occidentale. 

    #9 – 1972 Curitiba 

    • Première Assemblée avec plus de participants du Sud que du Nord. 
    • La musique se
      distingue positivement grâce aux chants collectifs et aux représentations des groupes mennonites d’Amérique du Nord et du Sud. 
    • Le sixième recueil de chants comprend pour la première fois des chants en espagnol et en portugais, en plus de l’anglais et de l’allemand. 

    # 10 – 1978 Wichita — « Le Royaume de Dieu dans un monde qui change » 

    • Des chorales du monde entier se produisent pour la première fois (dont la Russie, chaleureusement applaudie). 
    • Publication du premier « Recueil international de chants », marquant le lancement du nouveau modèle (avec une préface et une introduction). 
    • 63 cantiques avec notation musicale occidentale, organisés en cinq chapitres par continent. 
    • Conclusion avec « Praise God from whom ». 

    #11 – 1984 Strasbourg – « Servir Dieu dans l’espérance » 

    • Utilisation du Recueil international de chants de 1978 avec un nouveau supplément. 
    • L’oratorio « The abiding place » d’Esther Wiebe et Barbara
      Smucker est composé et interprété pour cette Assemblée. 
    • « Je louerai l’Éternel »
      devient un « chant du cœur ». 

    #12 – 1990 Winnipeg – « Être des témoins de Christ dans le monde d’aujourd’hui » 

    #13 – 1997 Calcutta – « Écoutez ce que l’Esprit dit aux Églises » 

    • Le recueil comprenait des réimpressions du recueil de 1990 et de cantiques
      américains, ainsi que quelques traductions locales. 
    • Un chant pour cette Assemblée est écrit par l’évêque Shant Kunjam : « Sun Aatma kya kahta hai sab Mandliyon se ». 
    • Le village de l’Église mondiale débute, avec une scène offrant ainsi l’occasion de partager de la musique. 

    #14 – 2003 Bulawayo – « Mettons nos dons en commun dans la souffrance et la joie » 

    • Publication du troisième Recueil international de chants, avec un comité de musique qui comprend cette fois-ci des représentants des cinq continents, ainsi que plusieurs chants écrits dans des notations musicales non occidentales. 
    • La première chorale internationale lance le modèle d’ensemble avec deux chanteurs de chaque continent. Un enregistrement réalisé à l’avance permet aux participants d’apprendre les chants de l’Assemblée. 
    • « Hakuna akaita », toujours autant apprécié, est présenté et fréquemment chanté. 

    #15 – 2009 Asuncion – « Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ » 

    • Publication du quatrième
      Recueil international de chants, avec une préface reconnaissant que tout le monde ne sait pas lire la musique et que des dizaines de langues sont utilisées, mais que la musique est une force unificatrice. 
    • « Tengan la Mente de Cristo » (N° 9), composé en lien avec le thème de cette Assemblée. 
    • Moment de chant spontané lors d’une coupure de courant : « Siyahamba ». 
    • Pour la première fois, toutes les séances plénières sont retransmises en direct. 

    #16 – 2015 Harrisburg – « En marche avec Dieu » 

    •  Publication du cinquième Recueil international de chants
    • « Tú eres todopoderoso » devient un chant très apprécié. 
    • Un couplet de « El Senyor és la meva força » (N° 37) est interprété en langue des signes pour un grand nombre de participants sourds ou malentendants. 
    • De nombreuses vidéos de cette Assemblée sont disponibles.  

    #17 – 2022 Salatiga – « Suivre Jésus ensemble à travers les frontières » 

    • Publication du sixième Recueil international de chants, le premier à inclure la notation musicale orientale. 
    • La version numérique est également utilisée par de nombreux participants en ligne en raison de la pandémie mondiale. 
    • Le chant N° 2, « Dhuh
      pangeran
       », composé par le mennonite indonésien
      Saptojoadi pour l’Assemblée de 1978, devient un « chant du cœur ». 

    2025 Zurich – « Le courage d’aimer » 

    • Bien qu’il ne s’agisse pas tout à fait d’une Assemblée, cette rencontre commémore le 500ème anniversaire de l’anabaptisme. 
    • Cinq groupes musicaux venus du monde entier donnent des concerts et participent au culte au Grossmünster. 
    • Des chants tirés du Recueil international de chants 2022
      sont interprétés, ainsi que « We want peace », un chant trilingue composé par un mennonite et spécialement arrangé pour l’occasion. 

    singing at MWC assembly
  • « Participer à une Assemblée est une expérience formidable. C’est l’occasion de découvrir une autre partie du monde et de rencontrer beaucoup de gens. Nous apprenons de nouvelles façons de travailler ensemble, nous nous adaptons à des situations imprévues et, surtout, nous tissons des liens », explique César García, secrétaire général de la CMM. 

    Lorsque les responsables de la Meserete Kristos Church ont informé la Conférence Mennonite Mondiale qu’ils ne pourraient pas accueillir l’Assemblée en 2028, il était évident pour chacun qu’il fallait arrêter le projet en Éthiopie. « Accueillir une Assemblée est censé être une bénédiction pour l’Église », explique César García. « Si cette tâche est un fardeau, alors nous devons trouver une autre solution. »

    « La MKC déclare clairement que si [certains membres de la CMM autorisent les assemblées à approuver les relations homosexuelles], la Meserete Kristos Church ne pourra pas accueillir l’Assemblée 2028 en Éthiopie. Cette décision est fondée sur des convictions théologiques et le respect des Écritures et ne doit pas être interprétée comme un acte de rejet, de condamnation ou de haine envers un individu ou une église. Il s’agit plutôt d’une mesure prise pour défendre la conception de la MKC de l’enseignement biblique sur le mariage tout en conservant son intégrité dans sa participation à la communauté anabaptiste mondiale… », déclare Desalegn Abebe, président de la MKC.

    « Nous continuons à chérir la communion, le dialogue et le respect mutuel avec tous les partenaires anabaptistes qui partagent notre engagement envers le Christ et ses enseignements. La MKC prie et espère que, malgré ces discernements difficiles, la communauté anabaptiste dans son ensemble restera unie dans l’amour, la vérité et sa mission commune, et que toutes les décisions refléteront l’intégrité, la fidélité et la compassion. »

    « MKC est un membre précieux de la Conférence Mennonite Mondiale », ajoute César Garcia.

    « Nous respectons le processus de discernement qu’elle a déjà suivi pour arriver aux positions théologiques qu’elle défend. Les principes fondamentaux auxquels tous les membres de la CMM adhèrent sont nos Convictions Communes, qui ont été définies ensemble et approuvées à l’unanimité lors du Conseil Général de 2006. »

    La plus grande église membre nationale de la CMM a apporté une contribution significative à la direction de la CMM. Le premier président de la CMM qui ne provenait pas des premiers membres d’Amérique du Nord et d’Europe était issu de la MKC (1973-1978). Par la suite, le vice-président était membre de la MKC en Éthiopie (1997-2003).

    La MKC a toujours été représentée au sein des commissions, notamment à la présidence de la Commission Paix (2009-2012), parmi les membres de la Commission Foi & Vie, des diacres, dans les groupes de travail des réseaux GASN et GAHEN, et au secrétariat des diacres (depuis 2022).

    Les questions qui menacent de diviser peuvent changer, mais « chaque nouvelle génération doit se poser la question suivante : allons-nous rester ensemble malgré nos différences ? », déclare César García.

    « Notre appel à l’unité ne vise pas à maintenir le fonctionnement d’une institution ; c’est un appel de l’Évangile à vivre l’unité comme une manifestation du corps du Christ », explique César García. « Nous ne sommes rien si nous maintenons l’unité institutionnelle, mais que les Églises ne peuvent pas s’exprimer ensemble. »

    « C’est précisément parce que les relations sont si importantes que le Comité Exécutif a décidé de chercher un autre lieu pour accueillir l’Assemblée en 2028 », explique Henk Stenvers, président de la CMM. « Les relations se construisent lorsque nous passons du temps ensemble, non seulement lors de réunions (qui peuvent se tenir sur Zoom), mais aussi lors de repas partagés, lorsque nous adorons ensemble, partageons la communion, prions, chantons les chants les uns des autres, voyageons ensemble en bus ou en taxi, servons côte à côte dans la préparation des repas ou la peinture d’une école. Nous avons besoin de l’Assemblée pour mettre en pratique l’unité ensemble. »

    « Nous invitons nos églises membres, en particulier celles d’Afrique, à envisager cette opportunité d’accueillir la famille mondiale réunie », déclare Liesa Unger, responsable des événements internationaux. « Nous examinerons les propositions d’accueil au cours des prochains mois et, espérons-le, annoncerons en 2026 une nouvelle date et un nouveau lieu. »


  • La CMM en Éthiopie est reportée et sera organisée dans un autre pays.

    En raison d’une crise interne, l’Église Meserete Kristos (MKC) a malheureusement retiré son invitation à héberger l’Assemblée de la CMM. Son besoin de se concentrer sur le maintien de l’unité interne ne lui permet pas de consacrer toute l’attention nécessaire à la préparation de l’accueil des visiteurs mondiaux en 2028.

    « Les assemblées de la CMM sont appelées à être une bénédiction pour nos Églises. Si elles deviennent un fardeau en période de crise, nous devons reconsidérer la mise en œuvre des plans pour l’assemblée », déclare César García, secrétaire général.

    « Nous apprécions le travail acharné que les dirigeants de la MKC ont déjà investi dans la préparation de cet événement à venir », déclare Liesa Unger, responsable des événements. « L’amour qu’ils nous ont témoigné à travers cette généreuse invitation nous a inspirés. Nous regrettons la fin prématurée de ce processus. »

    « La CMM, c’est nous tous : ce qui nous donne vie, c’est le fait que les Églises choisissent de rechercher l’unité et l’identité au-delà des différences. Il existe des différences qui remettent en question notre unité lorsque nous nous réunissons en Église, mais nous voulons persévérer avec l’amour du Christ pour tous ceux qui revendiquent le nom de Jésus dans la foi anabaptiste », déclare César García, secrétaire général.

    Nous vous invitons à prier pour l’unité du MKC, pour les dirigeants de la CMM qui réfléchissent à un nouveau plan pour notre prochaine Assemblée, et pour l’ensemble de la communion anabaptiste mondiale dans 61 pays à travers le monde, chacun luttant contre ses propres tensions et épreuves.

    De plus amples informations sur la prochaine Assemblée suivront dans les semaines à venir.


    Veuillez prier avec nous…

    Seigneur Dieu,

    Jésus nous a commandé de nous aimer les uns les autres comme tu nous as aimés (Jean 15. 12). Il a prié dans le jardin pour que tu nous protèges du malin qui cherche à nous diviser et à nous voler notre joie (Jean 17. 15). Merci pour l’exemple du Christ, notre paix, qui a abattu le mur de séparation et l’hostilité entre nous (Éphésiens 2. 14).

    Puissions-nous remettre nos différences au Christ qui les rassemble pour bâtir un temple saint pour Dieu (Éphésiens 2. 22).

    Puissions-nous demeurer en toi (Jean 15. 4), notre source de vie, reliés aux nombreux rameaux de ton œuvre fructueuse dans le monde à travers des églises de toutes tailles et de toutes formes.

    Amen.

    orange cloaked choir in front of room full of african spectators
  • « Si vous venez à la prochaine Assemblée, vous pourrez avoir la même chemise que la mienne ! », a déclaré Kelbessa Demana, délégué du Conseil Général pour la Meserete Kristos Church (MKC). Vêtu d’une chemine traditionnelle d’un blanc immaculé et ornée de broderies complexes, il faisait partie d’une délégation qui a invité le Conseil Général à se rendre à la 18ème Assemblée en Ethiopie.   

    Organisée en Ethiopie du 11 au 15 janvier 2028, la prochaine Assemblée mondiale aura pour thème « Christ nous unit ».  

    Le Conseil Consultatif National (NAC) pour la 18ème Assemblée a été nommé en 2024. Ses membres se rencontrent par Zoom tous les deux ou trois mois pour continuer d’organiser l’évènement, qui amènera les anabaptistes du monde entier à se rencontrer pour louer ensemble et faire vivre la fraternité qui nous unit.  

    « Le mois de janvier a été choisi en raison du climat et des jours fériés », explique Liesa Unger. « L’Assemblée se tiendra entre la fête de Noël éthiopienne et les célébrations de l’Épiphanie. »  

    Les cinq jours de l’Assemblée seront animés par des cultes quotidiens, des ateliers, des visites touristiques locales et des occasions de servir et d’apprendre. Des activités pour tous les âges sont prévues, y compris un programme spécial pour les enfants et les jeunes. 

    Le culte, en plusieurs langues, animé par une chorale internationale est toujours un moment fort. 

    Le Sommet mondial de la jeunesse se tiendra en même temps que l’Assemblée. Les participants prendront part au programme de l’Assemblée avec des options réservées au GYS

    Les réunions du Conseil général* et des délégués du YABs* précéderont l’Assemblée. 

    « Une attention particulière sera accordée à l’Assemblée Dispersée, qui sera proposée à tous du 15 au 17-18 janvier », explique Liesa Unger. Des visites dans la région après l’événement permettront de prolonger le séjour et de visiter des communautés MKC en Éthiopie et de mieux découvrir la région. 

    Le choix de l’Afrique de l’Est offre aux mennonites des pays voisins une meilleure occasion de participer à l’Assemblée. 

    Delegates from Ethiopia shares about the upcoming Assembly

    « Bien que nous soyons conscients des graves préoccupations liées au coût environnemental des déplacements, les immenses bienfaits de la communion fraternelle lors de cet événement qui n’a lieu que tous les six ans doivent également être pris en compte », déclare César García, secrétaire général de la CMM. 

    « Nous espérons que vous commencerez bientôt à planifier pleinement votre participation à cette Assemblée ! », ajoute César García. 


    Chaque église membre de la CMM est invitée à envoyer un délégué YABs pour représenter son église, son pays et sa culture… Sommet Mondial de la Jeunesse. Un délégué YABs est censé servir le réseau YABs pendant trois années en représentant le réseau YABs dans son propre pays et union d’églises. 

    Les églises et unions d’églises membres de la CMM envoient chacune de un à trois délégués (en se basant sur le nombre de membres de l’église ou de la conférence) aux sessions du Conseil Général

    Ce groupe de responsables d’églises se réunit tous les trois ans pour donner forme au mandat de la CMM, pour échanger des préoccupations et des idées, et prier ensemble. 


    Delegates from Ethiopia
  • Y-aura-t-il une Assemblée réunie cet été ? Oui ! Qui sera présent en Indonésie ? Guettez les nouvelles à paraitre.   

    Lors de la réunion virtuelle qui aura lieu en février, le Comité Exécutif décidera du mode de participation à l’Assemblée en s’appuyant sur les informations de santé publique récentes, les recommandations de déplacement et les prévisions.     

    « Nous dépendons des décisions du gouvernement en ce qui concerne les visas et la quarantaine et nous voulons garantir la sécurité des participants et des assemblées locales, » explique Liesa Unger, Responsable des événements internationaux de la CMM.  

    Le personnel de la Conférence Mennonite Mondiale prépare divers modes de participation à l’Assemblée réunie en Indonésie. Y compris un mode hybride avec des réunions présentielles et une communion virtuelle. L’Assemblée hybride parviendra à rassembler les paroisses indonésiennes et les participants du monde entier de bien des manières.   

    Liesa Unger poursuit : « Nous prions pour qu’un grand nombre de membres de notre famille anabaptiste-mennonite mondiale choisisse de participer à cette Assemblée hybride en personne ou en ligne. Les églises indonésiennes ont hâte de rencontrer la famille anabaptiste-mennonite mondiale en juillet pour réfléchir à comment suivre Jésus ensemble à travers les frontières. »  

    Guettez vos emails et les réseaux sociaux de la CMM (Facebook, Instagram, Twitter) pour être informés. 

    Click here to receive a message by email when the announcement is made public.

     

  • Paulus Hartono (Indonésie)

    Être mêlé à la foule présente à PA 2015 a fait réfléchir Paulus Hartono (Indonésie) sur les débuts de sa vie et sur le peu de chances qu’il avait de se trouver à Harrisburg…

    Élevé dans une famille bouddhiste, Paulus est maintenant pasteur mennonite et il est très engagé pour la paix à Solo, Surakarta, au centre de Java (Indonésie), où la communauté musulmane est importante.

    « Ê l’école primaire, on m’a enseigné l’islam. Mes amis allaient à la mosquée, alors j’y suis aussi allé, et finalement je suis devenu imam. Je me rends compte maintenant que je ressentais l’appel à être pasteur, mais je ne connaissais pas Jésus.

    Quand je suis devenu chrétien et que j’ai été baptisé en 1984, j’ai pris le nom de Paulus. »

    Engagement pour la paix

    Dès ses débuts en tant que pasteur, l’engagement de Paulus a été clair : « Notre assemblée a démarré en 1994 avec 40 membres et la vision d’être une église de paix ».

    Des organisations mennonites nord-américaines lui ont donné des idées pour mettre sa vision en pratique. « En 1997, j’ai découvert le travail de secours, d’aide et de développement du Mennonite Central Committee. En même temps, j’ai été influencé par le témoignage et la mission mondiale de Eastern Mennonite Missions.

    J’ai appris l’existence de Mennonite Disaster Service en 2002. Et en 2005, peu de temps après que le tsunami ait frappé l’Indonésie, notre église a commencé Indonesia MDS, Mennonite Diakonia Service. Nous associons témoignage, secours, développement et transformation des conflits.

    En 2007, j’ai suivi la formation sur la transformation des conflits et la guérison des traumatismes, proposée par l’Eastern Mennonite University. Nous avons adapté ces idées pour l’Indonésie et nous les associons à notre travail de témoignage et de développement ».

    Écrire l’évangile avec nos vies

    « Maintenant, en 2015, il y a deux paroisses mennonites à Solo, 400 membres en tout. Nos églises mennonites travaillent activement à la réconciliation entre musulmans et chrétiens. Nous avons beaucoup de relations avec nos voisins musulmans, dont un groupe musulman radical, qui participe à un cours que nous proposons sur la transformation des conflits et le secours aux sinistrés.

    Le président de l’Indonésie cherche actuellement la réconciliation avec la Papouasie, une partie de notre pays où les mennonites ont mis en place un programme de transformation des conflits et de guérison des traumatismes. Il nous a demandé de l’aider à travailler sur ce dossier de manière pacifique.

    Je pense que l’Église doit développer des relations avec les musulmans afin qu’ils puissent lire l’évangile dans nos vies.

    Paulus a animé deux ateliers à PA 2015 : ‘’Marcher’ dans la Tragédie : l’Église mondiale répond aux catastrophes naturelles’ et ‘Pratiques et Dialogue interreligieux sur la Paix en Indonésie’.

    Être ici, rencontrer de nombreux pasteurs dans une atmosphère spirituelle, m’a donné beaucoup de courage » dit Paulus tranquillement.

    Barbara Hege-Galle, Allemagne

    La première fois que Barbara Hege-Galle, de Bammental (Allemagne), a assisté à un Rassemblement de la CMM, c’était en 1984 à Strasbourg (France), où elle a dirigé le programme des enfants. Mais elle était si prise par ses responsabilités qu’elle n’a eu qu’une petite idée de la partie concernant les adultes.

    « J’ai décidé d’aller au Rassemblement suivant, en 1990 à Winnipeg (Manitoba, Canada), pour participer, et après cela, j’ai su que ce ne serait pas mon dernier Rassemblement ! »

    Depuis lors, Barbara a participé à la CMM de plusieurs façons : en tant que membre du Conseil Général, de la Commission Diacres, du comité de coordination du Réseau Anabaptiste Mondial d’Entraide, et maintenant en tant que membre de la Commission Mission.

    Barbara est directrice exécutive de Christliche Dienste, un programme mennonite d’entraide, parrainé par les églises mennonites d’Allemagne. Elle fait aussi partie de l’équipe de direction de l’assemblée mennonite de Bammental, où elle a été ordonnée prédicatrice.

    Au-delà des assemblées locales

    Pourquoi ne veut-elle pas manquer un Rassemblement de la CMM ? « Parce que ce rendez-vous mondial nous permet de dépasser notre vision de l’assemblée locale. Cette rencontre me motive.

    Cette fois-ci, j’ai été vraiment encouragée à me concentrer sur nos spécificités anabaptistes ; non parce que c’est notre tradition particulière, mais parce que c’est ce que nous croyons. En Jésus nous avons la paix. S’il peut donner force et courage à quelqu’un comme Paulus Hartono, nous pouvons tous faire plus que simplement être tranquillement membre d’une paroisse qui ne fait pas de bruit.

    Dans mon travail, j’ai maintenant des partenaires dans d’autres pays – et je les rencontre ici. En Allemagne, nous travaillons avec ces frères et sœurs quand je place des jeunes de 18 à 20 ans pour faire un travail bénévole dans leurs pays. »

    Spiritualité communautaire

    Que ramène Barbara chez elle ? « Quand j’aurai un sermon à faire, j’intégrerai certaines de mes expériences. Je ne sais pas encore comment. Les classes bibliques de notre paroisse pourront aussi en bénéficier.

    Un de nos responsables est très attaché à la pratique et à l’enseignement de la méditation, en particulier concernant ce que Dieu dit à chacun. Mais certains disent que c’est une approche trop individualiste et que nous avons besoin de quelque chose de plus communautaire.

    Ici, à PA 2015, je commence à entrevoir ce dont nous pourrions avoir besoin. Ce n’est qu’une idée à ce point. J’aime cette place donnée à la méditation, mais ce n’est pas la seule forme de spiritualité. Je m’en suis souvenue ici. »

    Mthokozisi Ncube et Morgen Moyo (Zimbabwe)

    C’était la première fois que ces deux administrateurs d’écoles secondaires du Zimbabwe (frères en Christ) participaient à un Rassemblement de la CMM.

    Mthokozisi Ncube, de l’École biblique Eiluphileni, est venu pour « la communion fraternelle et pour découvrir ce que font les autres. Je ne suis pas seulement zimbabwéen, je suis anabaptiste et je fais partie d’une famille internationale. Je voulais m’asseoir avec mes frères et sœurs et connaître leurs expériences et la manière dont Dieu agit dans leur vie. »

    Les Groupes d’Amitié [qui se réunissaient tous les jours après le culte du matin] sont un bon moyen pour apprendre à connaître les autres. Nous nous sommes fait des amis. Nous avons échangé nos adresses électroniques. Nous espérons développer cette communion.

    J’ai été encouragé à m’engager davantage dans la mission, et à être en paix avec moi-même et ma famille, ceux avec qui je vis. Voilà ce que je ramène chez moi.

    Oh, et j’ai entendu que douter n’est pas toujours mauvais ! Cela peut être utile ». (‘En marche avec des doutes et des convictions’ était le thème du 22 juillet.)

    Interagir et apprendre

    Morgen Moyo est le principal de l’école secondaire de Mtshabezi. Ê PA 2015, il a été vraiment béni par les chants. « Je désirais savoir comment les autres louent [Dieu]. Je voulais apprendre d’eux. J’en ai eu l’occasion ici, dans notre Groupe d’Amitié. J’ai participé et appris ».

    Mthokozisi rajoute « Et j’ai vraiment apprécié les jeunes intervenants lors des cultes. C’est une idée que je ramènerai chez nous. »

    Unité d’esprit

    J’ai découvert quelque chose d’autre : quand nous nous promenions dans les rues de Harrisburg, personne ne nous saluait. Mais chaque fois que nous entrions dans la salle à manger de PA 2015, on nous regardait, nous souriait et nous accueillait. Toujours. Je ne me sentais pas différent. Nous étions unis.

    En fait, une chose que je n’ai pas aimée, c’était, en entrant dans les toilettes du b√¢timent, de me voir dans les grands miroirs. Alors, je voyais que j’étais différent. Je ne le sentais pas le reste du temps ! »

    Célébrer les différences

    Morgen a une suggestion pour les futurs Rassemblements. « Pourquoi ne pas offrir des repas de différentes cultures pendant la semaine ? La journée de l’Afrique, on pourrait avoir de la nourriture africaine, et ainsi de suite. C’est peut-être être difficile à faire, mais pourquoi pas ?!

    La planification et l’organisation de cet événement étaient très bonnes. Nous avons tout particulièrement apprécié qu’il n’y ait pas de ‘glamour’. »

    Mais pour Mthokozisi, les inégalités dans le monde ont refait surface en pensant à son retour chez lui. « Chez nous, les courriels n’arrivent pas souvent, ni les appels téléphoniques. Ê la campagne, c’est difficile de recevoir des messages. Nous espérons que nos nouvelles amitiés et connexions dureront quand même ».

    Todd Friesen, États-Unis

    Todd Friesen est pasteur de l’assemblée mennonite de East Chestnut Street à Lancaster, (Pennsylvanie, États-Unis). Un mois après PA 2015, il réfléchit sur l’expérience d’assister au Rassemblement pendant toute une semaine.

    « Que seraient nos paroisses – et nos jeunes – sans ces aperçus du corps mondial du Christ, et sans l’expérience de faire partie de quelque chose de beaucoup plus grand que notre assemblée locale ?

    Une semaine comme celle-ci fait éclater notre provincialisme et notre sentiment américain d’exceptionnalisme. Cet événement est une sorte de vaccination contre ces comportements, même si nous n’y sommes pas toujours sensibles. »

    Impact sur les jeunes

    « Nous ne pouvons pas minimiser l’énorme impact formateur de ces Rassemblements sur nos jeunes. J’ai assisté au Rassemblement à Strasbourg en 1984 quand j’avais 20 ans. Le chant et la louange m’ont fait une impression profonde. Je suis tellement reconnaissant que notre paroisse ait permis [financièrement] à notre groupe de jeunes de participer à PA 2015. Cela a été une expérience fantastique pour eux !

    Se frotter aux réalités éternelles

    « J’aime la façon dont nous avons voyagé d’un continent à l’autre pendant les cultes matin et soir. Les cieux seront plus riches et plus diversifiés que nous ne l’imaginons. Par cette expérience de l’Église mondiale, nous nous sommes frottés aux réalités éternelles.

    Certains d’entre nous sont allés à Kansas City [lieu de la rencontre de Mennonite Church USA 2015] : pourquoi PA 2015 semble si différent ? Ê PA 2015, l’accent était mis sur l’adoration, nos témoignages, la communion fraternelle et le service. Nous étions là tout simplement pour être ensemble autour du Christ, le centre.

    Et j’ai appris que dans notre grande diversité, il est probablement préférable de commencer par louer Dieu ensemble, servir les autres et parler de son vécu, plut√¥t que de se focaliser sur nos différences ou de débattre sur nos points de désaccord ».

    Ce qui fait encore écho en moi

    « Les voix des jeunes orateurs lors des cultes du matin ne me quitteront pas.

    J’ai entendu des idées nouvelles, et riches, sur certains passages de l’Écriture.

    Nous étions si heureux d’accueillir des personnes d’autres pays dans notre assemblée, dimanche, le dernier jour du PA 2015. De cette manière, nous pouvions tous – y compris ceux qui n’avaient pas assisté à l’Assemblée Réunie – nous rendre compte que chaque croyant a quelque chose de précieux à partager et que nous avions tous des préjugés profondément ancrés à surmonter ».

    Un don durable

    « Ma communion avec ces croyants d’ailleurs a fait d’eux mes interlocuteurs spirituels et émotionnels, même si je ne continue pas à parler avec eux. J’ai souvent en tête ce qu’ils pensent, ce qu’ils diraient ou feraient, et je peux m’en inspirer ».

    Phyllis Pellman Good est écrivaine et consultante pour la CMM.

    Photos de Paulus, Barbara, Mthokozisi et Morgen de Merle Good. Photo de Todd Friesen de Marilyn High.

     

     

  • J’avais 17 ans quand un capitaine de l’armée m’a demandé « Que feriez-vous si notre bataillon était attaqué cette nuit ? Que feriez-vous si quelqu’un venait et vous tirait dessus ? »

    « Je prierais » ai-je répondu.

    Alors, j’ai senti une vive douleur à la tête. Le capitaine m’avait frappé avec un instrument en fibre de verre utilisé pour jouer de la lyre. La douleur était intense.

    Le capitaine m’a demandé à nouveau « Que feriez-vous si quelqu’un vous attaquait ? » Je lui ai dit « je ne me défendrais pas ».

    Il m’a frappé à nouveau et m’a demandé « Pourquoi êtes-vous chrétien ? Vous ne voulez pas défendre votre pays ? » « Ma réponse a été « Je suis un disciple du Christ parce que j’ai trouvé la vie en Lui ».

    « Pourquoi ai-je répondu ainsi ? J’avais juste 17 ans, et j’étais rempli de doutes. En fait, je traversais une crise spirituelle au point d’avoir presque perdu la foi. J’avais quitté mon église, et je n’avais pas de convictions anabaptistes. Le service militaire était obligatoire en Colombie, et mes convictions chrétiennes n’étaient pas assez fortes pour que je sois prêt à aller en prison.

    En marche en apprenant

    Je pense que la raison pour laquelle j’ai eu le courage de répondre de cette façon se trouve dans Luc 24. Deux disciples sont sur la route d’Emmaüs après la mort et la résurrection du Christ. ‘Marcher’ dans l’évangile de Luc a une signification spéciale : c’est un mode de vie ou un comportement. Dans cet évangile, ‘marcher’ est liée au discipulat.

    Dans Luc, on apprend de nombreuses leçons tout en marchant. Ici, les deux disciples discutent et ils ne sont pas d’accord. Jésus les rejoint au milieu de la discussion et leur demande « De quoi discutez-vous en marchant ? » Dans la langue originale, le verset 15 indique qu’il y avait une forte divergence d’opinion entre les deux disciples.

    En marche malgré les désaccords

    Est-il possible de marcher ensemble si nous sommes en désaccord ? Est-il possible de vivre dans une communauté aussi diverse que la nôtre ?

    Lorsque nous regardons la carte de la CMM, nous voyons immédiatement que le mouvement anabaptiste est répandu dans le monde entier. Est-il possible de marcher ensemble dans notre communauté mondiale, alors que nous avons tant de différences culturelles, théologiques et ecclésiologiques ?

    Dans Luc, les deux disciples qui avaient quitté Jérusalem étaient en profond désaccord. Ils en étaient probablement au point de se demander si cela valait la peine de continuer ensemble. Mais ce n’est pas ainsi que Jésus voulait que ses disciples quittent Jérusalem.

    Si nous sommes divisés en quittant Jérusalem nous ne pouvons pas répondre à notre mission ou à notre appel. Jésus voulait que ses disciples quittent Jérusalem remplis de l’Esprit pour témoigner. C’est pourquoi les deux disciples ont dû retourner à Jérusalem.

    « Si vous voulez arriver rapidement, marchez seul ; si vous voulez aller loin, marchez avec d’autres », dit un proverbe africain. C’est ce que les disciples ont découvert sur le chemin d’Emmaüs. C’est à la fin de leur marche ensemble, malgré leurs différences, au moment de célébrer la communion, que les yeux des disciples se sont ouverts et qu’ils ont compris (Luc 24.30-31). Si bien qu’ils sont retournés à Jérusalem dans l’unité.

    Marcher de diverses manières

    Il y a différentes leçons à tirer du thème de notre Rassemblement ‘En marche avec Dieu’. Ce que signifie marcher avec Dieu est différent dans chaque langue.

    En anglais, ‘walking’ est une action continue. C’est un processus sans fin, un engagement pour toute notre vie. Quand nous marchons avec Dieu, nous devons constamment nous demander « Que laissons-nous ? Que devons-nous emporter ? »

    En espagnol, ‘Caminemos’ est une invitation. Une invitation à abandonner nos craintes, à ouvrir nos cœurs et à devenir vulnérable. Il faut de la patience : nous devons attendre ceux qui sont moins rapides ou fatigués. Si nous agissons de manière individualiste et indépendante, pensant que nous n’avons pas besoin d’aide, nous serons tentés de suivre des chemins différents. Cependant, l’invitation à marcher ensemble demeure.

    En français, ‘en marche’, c’est s’investir complètement dans la marche. Il y aura certainement des tensions avec d’autres marcheurs, ce qui causera des sentiments mitigés. Mais, si nous marchons vraiment engagés pour Dieu et pour les autres, les tensions ou les problèmes qui peuvent survenir nous transformeront. Si nous ne marchons pas dans un engagement total, ces mêmes tensions ou problèmes conduiront à la division.

    Le reste de la phrase : ‘with God / con Dios / avec Dieu’ se réfère à la communion avec Dieu. Il est impossible de marcher ensemble si nous ne marchons pas avec Dieu.

    Les disciples sur la route d’Emmaüs marchaient ensemble malgré leurs différences parce que Dieu était présent. Ils ont découvert que l’unité n’était pas de l’ordre du miracle ; elle se construit au long du chemin. Cette unité mène à une transformation accessible seulement dans la communauté.

    Chaque jour, pendant ce Rassemblement, nous allons réfléchir sur ce dont nous faisons l’expérience en marchant avec Dieu.

    Comme les disciples l’ont sûrement vécu sur la route d’Emmaüs, il y aura des temps de doute et des temps où nous serons sûrs d’être sur la bonne voie.

    Il y aura des temps de conflits et des temps de réconciliations.

    Il y aura des temps où nous voudrons marcher seul, autonomes, et il y aura des temps où nous reconnaitrons notre besoin de marcher en communauté.

    Il y aura des temps où nous aurons besoin d’aide et des temps où nous serons prêts à aider.

    C’est la vie du disciple. C’est un processus ; nous n’avons pas encore atteint notre objectif, mais nous avançons.

    Ce passage m’aide à comprendre pourquoi j’ai répondu au capitaine de cette manière. À côté de moi, il y avait quatre autres soldats qui étaient aussi chrétiens. Ils n’étaient pas mennonites ou anabaptistes. Mais quand le capitaine leur a posé la même question, ils ont répondu qu’ils ne faisaient qu’obéir à Jésus et n’étaient pas prêts à tuer pour se défendre.

    Certains de ces amis ont été terrassés par la douleur des coups. J’ai pu répondre comme je l’ai fait parce qu’avec eux j’avais trouvé une nouvelle communauté. Quatre amis avec qui j’étais prêt à marcher dans la souffrance, la violence et la persécution. Quatre amis à qui je pouvais dire « Marchons avec Dieu » malgré nos différences. Et ce soir, je voudrais vous dire ‘En marche avec Dieu !’ Cette semaine et dans les années à venir, marchons ensemble ! »

    César García est intervenu mardi soir, 21 juillet 2015, lors du 16e Rassemblement. Il est secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale. Il vit à Bogotá (Colombie).


     

     

     

     

     

     

     

     

  • La compassion du Saint-Esprit : ‘défroisser nos cœurs fripés’ ?

    ‘Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ’ (1 Pierre 1.3). Pierre commence cette lettre par des louanges, en célébrant la Gloire de Dieu. Ces louanges sont une expression d’adoration. Ces mots sont très souvent utilisés comme doxologie pour bénir Dieu, en particulier dans les psaumes. Les premières églises d’Asie Mineure pouvaient facilement comprendre que Pierre commence ainsi sa lettre.

    Mais cela me semble un peu étrange. D’après le contexte de cette lettre, les chrétiens des églises d’Asie Mineure se trouvaient dans une situation périlleuse. Ils risquaient leur vie à cause d’une persécution mondiale. Pierre a écrit cette lettre pour des chrétiens vivant dans des circonstances aussi terribles. Mais je me demande : comment louer le Seigneur lorsque l’on vit dans de telles situations ? Comment Pierre le pouvait-il ? Comment les membres de l’église primitive comprenaient-ils cette lettre ?

    Vivre dans une situation dangereuse

    Il est certain que Pierre a écrit cette lettre à des chrétiens. Il leur faisait confiance et avait un grand respect pour eux. Pierre devait connaître leur situation et en être très malheureux. Sa lettre leur a probablement rappelé que le peuple élu de Dieu est ‘purifiés par l’aspersion de son sang’ (1 Pierre 1.2).

    Pierre savait donc que ses lecteurs connaissaient la signification du sang dans la réalité présente, parce que tant de gens mouraient. Et maintenant aussi, tant de gens meurent.

    Lorsque nous sommes confrontés à une réalité que nous ne pouvons changer, nous devons lutter. Nous nous accrochons à notre foi, mais c’est une lutte. Et cela provoque en nous des sentiments de malaise, d’anxiété ou de peur. Nous sommes déprimés et nos cœurs se serrent. Nous sommes terrifiés.

    Cela arrive à tout le monde, surtout lorsque nous traversons des temps particulièrement éprouvants. Cette époque est très difficile à vivre parce qu’elle nous interpelle. Des questions nous amènent à douter, et le doute nous fait perdre nos convictions. Alors, nous sommes déprimés et nous nous apitoyons sur nous-même. La crainte nous envahit.

    ‘Défroisser un cœur fripé’

    Cependant, la Bible dit ‘dans sa grande compassion’. Le caractère japonais Kanji pour le mot ‘compassion’ (à l’origine un pictogramme du caractère chinois) montre quelqu’un qui ‘repasse’ ou ‘défroisse’ un cœur fripé avec un ancien fer à repasser (pas le fer électrique moderne que nous utilisons maintenant). Utilisant l’ancien fer à repasser, quelqu’un ‘défroisse notre cœur fripé’ à température modérée. Le fer n’est ni trop chaud, ni trop froid, mais exactement à la bonne température. Le cœur guérit et il est restauré. C’est l’œuvre du Saint-Esprit, le Consolateur.

    Dieu a fait cela pour nous et continue de le faire. Et ce Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts.

    Ce passage de 2 Pierre nous dit qu’à cette époque, tant de personnes mouraient. Et aujourd’hui c’est toujours le cas. Jésus est mort, comme nous mourons tous, mais il a remporté la victoire totale sur la mort (1 Corinthiens 15.54-55).

    C’est l’œuvre de la grande puissance de Dieu. Et Dieu utilise cette puissance pour protéger notre foi du danger et restaurer notre confiance en sa grande miséricorde.

    Parfois, nous disons que nous avons la foi. Mais la foi n’est pas innée. La foi vient de l’extérieur, nous devons l’intégrer dans nos vies.

    Dieu nous fait comprendre que nous avons tous été régénérés en croyant que Jésus Christ est ressuscité. Avec la puissance ultime de Dieu, nous pouvons croire à nouveau avec une espérance vivante grâce à la résurrection. Et dans cette espérance vivante, il y a une vie qui donne la vraie vie.

    La lumière de notre espérance vivante

    Pierre veut partager cette joie du salut afin que les autres aussi puissent être sauvés dans la lumière de cette espérance vivante. Il sait bien à quel point il était malheureux. Par le sang de Christ, Pierre a découvert quelque chose dont il n’avait aucune idée. Grâce à la résurrection, Peter a été régénéré. C’est ce qu’il a découvert. Tout ce qu’il lui reste à faire est de vivre dans la lumière de cette espérance vivante. Telle est notre espérance chrétienne : le salut qui sera révélé dans les derniers temps.

    Donc, Pierre pouvait louer Dieu. Il nous semble l’entendre chanter d’une voix forte, les larmes aux yeux. Même si Dieu nous fait traverser des épreuves, nous pouvons aussi le louer.

    Bien sûr, nos nombreuses épreuves peuvent nous faire trébucher, et parfois tomber. Mais notre foi ne meurt jamais à cause du bouclier de Dieu. Rien ne peut détruire le bouclier de Dieu. ‘Dieu lui-même essuiera toute larme de leurs yeux’ (Apocalypse 7.17).

    Il nous semble entendre des voix joyeuses dans cette lettre. Et maintenant, nous pouvons aussi élever nos voix ensemble. Nous suivons notre Seigneur Jésus Christ en chantant ses louanges.

    Père céleste, Seigneur,

    Aie pitié de ce monde,

    Par ton amour fidèle et ta grande miséricorde.

    Restaure en nous la joie de ton salut, et garde en nous un esprit bien disposé

    Marchons à nouveau dans une espérance vivante en disciples de Jésus notre Seigneur.

    Amen.

    Yukari Kaga (Japon) a parlé mercredi soir, le 22 juillet 2015, lors du 16e Rassemblement. Yukari est pasteure de plusieurs petites assemblées mennonites à Hokkaido. Elle est directrice du Peace Mission Center et travaille au Mennonite Education and Research Center au Japon.


  • Lumière et espoir dans les ténèbres

    Aujourd’hui, la sécurité mondiale est menacée par les conflits internationaux, intertribaux et même interreligieux. Quelquefois les forces de sécurité entrent en conflit avec les personnes qu’elles sont censées protéger. Le terrorisme a crée un climat d’insécurité au niveau international. Les nations sont déchirées par les guerres – comme en Ukraine, en Syrie ou au Yémen. Les mouvements politico-religieux tels qu’Al-Qaïda, État islamique et Boko-Haram font couler le sang au nom de la religion. Les opinions et les philosophies divisent les gens et créent des tensions.

    Les conflits minent la cellule de base – la famille – de la société. Ils causent des divorces et envoient les enfants à la rue. Ils font des ennemis des membres d’une même famille, ils dissolvent les entreprises et renvoient le personnel au chômage.

    Depuis ses débuts, l’Église n’a pas non plus été épargnée par les conflits tant au niveau interne qu’externe. Au niveau externe, elle a été, et est encore, victime de persécutions. Au niveau interne, elle doit constamment faire face à des controverses et des conflits de hiérarchie. Ê titre d’exemple, les anabaptistes ont quitté le mouvement de la Réforme protestante au XVIe siècle, suite à un conflit.

    Malgré l’apparence de paix qu’il offre, notre monde est dominé par les conflits. Comment aujourd’hui, l’Église en général, et les chrétiens en particulier, peuvent-ils marcher vers la réconciliation dans ce monde conflictuel ? Nous est-il possible de promouvoir la réconciliation dans un monde où le conflit gagne toujours du terrain ?

    Analyse de 1 Samuel 25:1-35

    Le récit de 1 Samuel 25:1-35 est un modèle d’une ‘marche avec des conflits et vers la réconciliation’. Son analyse nous permet de dégager des implications pratiques qui aident à cerner la pensée de Dieu concernant les conflits et la réconciliation.

    En marche avec des conflits (v 1-13)

    Dans ce récit (v 2-13) nous rencontrons Nabal, Abigaïl, David et ses messagers. Leur rencontre les conduit vers une opposition qui se transforme en conflit. 

    Nabal est un homme très riche dépourvu de valeurs et sans caractère, dur et méchant (v 2-3), en d’autres termes, dépourvu de bonté et d’humanité.

    David ayant appris que cet homme tondait ses brebis, il avait envoyé ses collaborateurs solliciter son aide parce qu’ils étaient dans le besoin. C’était un moment opportun pour David car la tonte des brebis est pour les juifs un jour de joie et de festivités où l’hospitalité s’exerce particulièrement.

    Dans son message à Nabal, David fait preuve de gentillesse, de douceur et d’humilité. Militairement, il est au-dessus de Nabal, mais David adopte un mode pacifique en faisant appel à sa gratitude. Il rappelle  à Nabal que ses troupes ont protégé son bétail dans le désert.

    Malgré les efforts de David, qui a une attitude pacifique, Nabal répond à sa douceur par la dureté, à sa courtoisie par le mépris, à sa confiance par le dédain et la haine (v 10, 11). La méchanceté de Nabal face à la douceur de David engendre le conflit (v 13) parce que David est alors emporté par la colère et décide de faire payer à Nabal sa violence par la violence.

    Il ressort de ces 13 premiers versets que l’opposition des mentalités et des caractères, l’égoïsme et la transmission des informations sont des facteurs de conflits :  

    • La dureté et la méchanceté de Nabal s’opposent à la bonne foi et à la culture de paix de David (v 6-8) et incitent les deux parties à marcher vers le conflit.
    • L’égoïsme de Nabal le conduit non seulement à refuser de partager ce qu’il possède avec ceux qui se trouvent dans le besoin, mais aussi de refuse de reconnaître  et de remercier ceux ont contribué à la protection de ses biens. Cela suscite la colère de David qui décide de corriger ce dernier en utilisant la violence.
    • Le contact entre David et Nabal est assuré par des messagers qui jouent aussi un rôle actif dans ce conflit. La transmission des informations contribue à l’éclatement du conflit.

    Les facteurs d’aggravation du conflit dans ce passage sont d’actualité. Comment l’Église peut-elle promouvoir la paix dans de telles circonstances ?

    Du conflit à la réconciliation (v 14-35)

    La seconde section de notre récit a pour acteurs principaux le serviteur de Nabal, Abigaïl et David.

    La réaction de Nabal ne laisse pas son équipe indifférente. Ses serviteurs désapprouvent ses agissements et s’attendent à des représailles de la part de David et de ses troupes. Leur maître ne devrait pas payer en monnaie de singe ceux qui leur ont accordé l’hospitalité lorsqu’ils gardaient les troupeaux au désert (v 15, 16). En homme prudent, qui voit le danger de loin et se cache (tel que l’enseigne Proverbes 22/3, 27/12), ce serviteur aide sa maîtresse à comprendre la situation. Il lui propose de contourner leur maître dont le caractère ne peut faciliter une réconciliation et promouvoir la paix (v 17).

    Abigaïl sait l’écouter et décide d’aller du conflit vers la réconciliation. Dans son approche, elle fait preuve de courage, de tact et d’humilité (v 18-20). Sa stratégie pacifique repose sur une équipe en quête de paix (v 19). Elle  affronte le conflit avec un plan pacifique (v 20) tout en gérant les obstacles à la paix (v 19). Sans gêne, elle demande pardon et s’engage à satisfaire les besoins et à apaiser les esprits.

    Quelle leçon pouvons-nous tirer de l’attitude et du modèle de cette femme dans la résolution des conflits et dans le processus de réconciliation ?

    La réconciliation, voie de la résolution des conflits

    Dieu veut que ses enfants n’aient pas part aux conflits mais recherchent plutôt la paix (Ép 4:1-3), à l’instar d’Abigaïl. Elle choisit une voie de réconciliation qui consiste à abandonner l’inimitié et à rétablir la bonne volonté et la communion entre les parties hostiles.

    La réconciliation est une urgence pour notre monde. C’est un besoin pour le rétablissement de la communion entre Dieu et l’humanité (Rm 5:8-11 ; 2 Co 5:18-19 ; Col 1:19-22), entre les êtres humains (Ép 2:11-22) et pour le rétablissement de l’harmonie dans toute la création (Rm 8:18-22).

    L’espérance de notre réconciliation est enracinée dans l’œuvre du Christ à la croix qui a anéanti la colère et le jugement de Dieu sur l’humanité. La croix du Christ pourvoit à la réconciliation. Par elle, Christ a effacé l’acte qui nous condamnait et a triomphé de l’inimitié et de toutes les barrières culturelles qui nous séparaient (Col 2:14-15).

    L’œuvre de la croix nous procure la paix et la justice – non seulement à l’Église, mais au monde entier. Nous sommes appelés non seulement à croire à la paix et à la justice, mais à les appliquer sans distinction et sans discrimination, et à les promouvoir dans le monde entier par la proclamation de la Bonne Nouvelle du salut.

    A l’instar du Christ, l’Église doit travailler pour l’amour, la paix et la justice malgré le prix à payer (És 11:1-5 ; 61:1-3 ; Lc 4:13,19). Elle doit démontrer la compassion par sa capacité à voir et à écouter les cris des opprimés et à s’identifier aux causes justes. Dieu seul nous réconcilie avec lui par le sacrifice de Christ sur la croix, le pivot de la réconciliation.

    La réconciliation entre les êtres humains est enracinée en Christ qui est la paix du monde (Ép 2:14-17) et la source de l’unité de toute l’humanité (Jn 17:11, 22, 23). En ce qui nous concerne, le processus de la réconciliation passe par la résolution des conflits non seulement au niveau personnel, mais aussi ethnique et tribal, et de l’Église.

    La résolution des conflits personnels

    La Parole de Dieu nous enseigne que la meilleure façon de résoudre un conflit personnel inclut : la confession devant Dieu de tout péché que nous reconnaissons (1 Jn 1:9-10 ; Ps 139:23-24) ; l’engagement à demander  pardon avec la décision de ne plus refaire la même faute (Ép 4:32 ; Jc 5:16).

    Les évangiles nous proposent ce processus :

    • Prier Dieu sincèrement et demander pardon ;
    • Parler seul avec l’intéressé ;
    • Parler seul avec l’intéressé en présence de 2 ou 3 personnes ;
    • Parler avec l’intéressé devant l’église (Mt 18:15-17).

    Le désir d’honorer Dieu et d’aimer son prochain est nécessaire pour la résolution des conflits (Ps 34/15). Nous devons toujours demander le secours divin et la sagesse, la maîtrise de soi et la parole appropriée (Pr 16:32 ; Jc 1:5).

    En outre, nous devons faire usage des règles de bonne communication : écouter l’autre, dire la vérité, parler de manière juste dans l’amour, exprimer clairement ses idées et avoir des objectifs intègres. Tout ceci pour la gloire de Dieu et le bien de l’autre. L’objectif est de résoudre les problèmes qui ont suscité les conflits. Terminez par un temps de prière et des paroles fraternelles (Jc 3:13-18).

    La résolution des conflits ethniques, tribaux et raciaux

    Les conflits ethniques, tribaux et raciaux sont souvent la honte de l’Église. Notre silence est une forme de complicité telle qu’aujourd’hui les esprits avisés accusent l’Église d’entretenir ou de participer à ce genre de conflits, comme l’histoire et l’héritage du racisme, la traite des noirs, la shoah contre les juifs, l’apartheid, l’épuration ethnique, la discrimination des populations autochtones, les violences interreligieuses, politiques et ethniques, la souffrance des Palestiniens, l’oppression du système de castes et les génocides tribaux.

    Face à cette situation,  nous exhortons les pasteurs et les responsables de paroisse à enseigner la vérité biblique concernant la diversité ethnique, et aussi à reconnaître le péché dans ces ethnies. En Christ, toutes nos identités ethniques sont subordonnées à notre identité de rachetés, acquise à la croix. D’une manière pratique, l’Église doit :

    • Favoriser la guérison et la réconciliation : en cas d’agression, l’auto-défense est permise, mais non le recours à la violence. Comme Jésus qui, lorsqu’il a été agressé, n’a pas utilisé d’arme, l’Église doit emboîter le pas de son maître. Elle doit prendre soin de ses ennemis ainsi que l’illustre la parabole du bon Samaritain, et pratiquer la non-violence comme porte vers la réconciliation.
    • Promouvoir la justice est un moyen efficace de réduire les conflits ethniques et religieux. Ê cet effet, ’Église doit s’engager à faire face à l’injustice, à l’ethnocentrisme, au racisme et à l’oppression. Elle doit s’engager à la réconciliation et s’identifier avec les opprimés, travailler à la justice en leur nom.
    • Développer des églises inclusives : les paroisses ne peuvent être un lieu de divisions ethniques ou de discrimination raciale, mais un cadre où tous sont invités et intégrés. La sélection des responsables ne doit pas se faire sur des critères qui privilégient une ethnie ou une race au détriment de la spiritualité. Les églises ne devraient pas prendre en compte l’ethnie. Elles sont une entité d’unité dans la diversité où tous les membres sont un en Christ ainsi que l’enseigne Galates 3:28. Elles constituent un nouveau groupe ethnique conscient de la nécessité de protection mutuelle en vue de la sécurité de tous.
    • Avoir des principes chrétiens pour guider leur approche de la politique et de la gestion des choses publiques : les opinions politiques doivent être basées non sur les préjugés ethniques, tribaux ou raciaux mais sur des principes chrétiens. Les chrétiens engagés dans la politique doivent correctement traiter tout le monde sans tenir compte de leurs idéologies politiques et religieuses. Les politiciens doivent éviter le favoritisme ethnique et le fanatisme religieux car ils encouragent souvent la haine.
    • Pratiquer l’amour et le pardon envers les ennemis : prier pour les ennemis est l’un des signes d’obéissance  et de soumission au Seigneur Jésus. Nous devons aimer les autres parce qu’ils sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Ge 9:6 ; Jc 3:9). Souvent, le pardon n’est pas facile surtout lorsque nous sommes victimes de l’injustice, de la haine et de l’oppression. Mais nous devons obéir à la Parole de Dieu.

    La résolution des conflits dans l’Église

    La marche vers la réconciliation exige que l’Église observe des principes scripturaires et les défende devant le monde par sa façon de vivre. Elle doit faire preuve de transparence en s’appuyant sur les enseignements bibliques. Elle doit continuer à compter sur le secours de Dieu pour mieux résoudre les conflits.

    Elle doit éviter le favoritisme. En tant que prophète, elle doit veiller et s’engager à :

    • rappeler toujours aux siens la volonté de Dieu, ses commandements, ses préceptes et enfin les transmettre au monde ;
    • découvrir la vraie nature des problèmes en son sein et dans le monde en étudiant profondément leurs causes, leur origines, leurs motifs, leurs sources lointaines ou proches tout en proposant les solutions sans parti pris ;
    • rechercher la paix et combattre les politiques d’exclusion et de marginalisation qui sont un péché, et privilégier une politique qui vise la promotion de l’unité et la réconciliation.

    La réconciliation de l’homme avec la création

    Nous devons prendre soin de la création car la réconciliation inclut aussi la création. La vie humaine et la création sont liées parce que la terre prend soin de nous (Ge 1:29,30) ; la terre souffre avec nous à cause du péché de l’humanité et de ses lourdes conséquences (Os 4:1-3) ; la rédemption de Dieu inclut la création (Ps 96:10-13) ; tout a été réconcilié à la croix (Col 1:15-23) ; et enfin la bonne nouvelle inclut toute la création.

    Vu cet état de choses, l’Église en général et les chrétiens en particulier doivent être à l’avant-garde de la protection de la création. Notre quête doit inclure également le désir de vivre sur une planète verte en évitant le gaspillage de l’énergie, en réduisant notre empreinte carbone, en recyclant et en évitant la pollution.

    Dans ce même ordre d’idées nous devons soutenir les initiatives politiques et économiques qui protègent l’environnement de toutes formes de destruction. Ainsi, nous devons soutenir ceux parmi nous qui sont appelés et envoyés par Dieu avec la mission spéciale de protéger la création, de faire de la recherche scientifique dans le domaine de l’écologie et de la conservation de la nature.

    Conclusion

    En somme, la violence a été employée sous différentes formes comme moyen pour résoudre les conflits incessants dans le monde entier. Mais au cours de l’histoire l’expérience prouve que cette voie n’a pas réussi à apporter de solution aux problèmes du monde. La voie de la violence promet la haine, la colère, la vengeance, etc. au lieu de résoudre pacifiquement les conflits.

    En effet, la non-violence est la solution ultime aux conflits. Elle est la manière de résoudre les conflits au sein des églises locales.

    Christ était non-violent face aux conflits. Il nous offre donc un modèle à adopter dans la résolution des conflits. Adopter un mode non-violent dans le processus de résolution des conflits, tel que nous venons de découvrir dans la vie d’Abigaïl, n’est pas synonyme d’une acceptation passive de toutes les formes d’injustice et d’agression sans se protéger. Cela implique la non-utilisation de la force comme moyen de résoudre le conflit.

    L’Église doit résister de manière active aux conflits religieux et ethniques. Et seul l’amour pour l’ennemi et la détermination à ne pas utiliser la force ou la violence peuvent surmonter les conflits et gagner pacifiquement l’ennemi. Ceci est possible par l’élimination des structures d’injustice qui doivent être remplacées par de bonnes structures qui mettent Dieu au centre.

    La diversité ethnique est le don et le plan de Dieu dans la création. Elle a été salie et déformée par le péché et l’orgueil humain, qui ont produit la confusion, les querelles, la violence et les guerres entre les nations.

    Cependant, cette diversité sera préservée dans la nouvelle création quand des personnes de toutes nations, des toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues seront rassemblées parce qu’elles forment le peuple que Dieu a racheté.

    Ê cause de l’Évangile, nous supplions l’Église, corps du Christ, et chaque chrétien à se repentir et à demander pardon chaque fois qu’ils ont participé à la violence, à l’injustice et à l’oppression ethnique.

    Aujourd’hui, l’Église doit embrasser la plénitude de la puissance de la réconciliation qui réside dans l’Évangile et l’enseigner, car Christ n’a pas porté nos péchés sur la croix pour nous réconcilier uniquement avec Dieu, mais aussi pour détruire nos inimitiés et nous réconcilier les uns avec les autres.

    Adoptons un style de vie de réconciliation en pardonnant à ceux qui nous persécutent tout en ayant le courage de mettre en cause l’injustice qu’ils font subir aux autres. Apportons notre aide et offrons l’hospitalité à ceux de l’autre bord du conflit en prenant l’initiative de franchir les barrières pour chercher la réconciliation. Continuons à rendre témoignage du Christ dans les contextes violents en étant prêts à souffrir, voire même à mourir, plutôt que de participer à des actes de destruction ou de vengeance. Engageons-nous, après le conflit, dans le long processus de guérison des blessures, faisant de l’Église un lieu s√ªr, de refuge et de guérison pour tous, y compris les anciens ennemis.

    Nous devons être un phare et porter l’espoir. Nous devons rendre ce témoignage : ¬´ Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même ¬ª. La croix et la résurrection du Christ nous octroient l’autorité pour affronter les puissances démoniaques du mal qui aggravent les conflits humains. 

    Nzuzi Mukawa (République démocratique du Congo) a parlé jeudi soir, 23 juillet 2015. Nzuzi est le chef de l’équipe de la Mission MB en Afrique sub-saharienne. Il est professeur de missiologie et pasteur associé d’une paroisse des Frères mennonites de RD Congo.


  • Note sur l’auteur (ci-dessous)

    Rock on !’: Accomplir la loi du Royaume de Dieu

    Nous sommes une église de paix parce que nous sommes d’abord et avant tout l’église de Jésus, et Jésus nous conduit sur le chemin de la paix. La justice est importante pour nous parce que Jésus est important et qu’il se soucie de la justice. La réconciliation et la Parole de Dieu imprimée sont importantes que parce que nous voulons apprendre à connaître la Parole de Dieu en personne.

    Jésus est au cœur de notre identité. Et nous continuons à le garder au centre et à transmettre son message clair et simple. C’est un don que nous faisons au corps de Christ et qui améliore notre santé spirituelle.

    L’amour est le fruit de l’Esprit

    Je veux vous parler de l’amour, fruit de l’Esprit. Le travail de l’Esprit en nous est le travail de l’amour. Lorsque nous travaillons contre l’amour, nous travaillons contre l’œuvre de l’Esprit en nous, et lorsque nous reconnaissons l’amour, nous sommes partenaires de l’Esprit Saint.

    La plupart des théologiens conviennent que la liste de fruits de l’Esprit dans Galates 5 ne commence pas seulement avec l’amour. L’amour est le fruit de l’Esprit, et ce qui suit en est une description en huit points. Comme dans 1 Corinthiens 13, il s’agit d’une liste descriptive. Le fruit de l’Esprit est l’amour, et vous commencez à le reconnaître quand vous voyez la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.

    Je suis de plus en plus convaincu de la centralité de l’amour dans notre louange. Dieu nous appelle à l’adorer en aimant ceux qui sont autour de nous. C’est de plus en plus important pour moi de le reconnaître et de le considérer comme une forme de louange.

    En grandissant, il me semblait que ma priorité était d’avoir une bonne relation avec Dieu. Aussi je passais de plus en plus de temps sur ma relation verticale. Je pensais que quand, finalement j’y arriverai, cela se répercutera sur ceux qui m’entourent. J’apprendrai alors à vraiment aimer les autres, mais d’abord il me fallait, seul chez moi, étudier l’Écriture, prier et méditer.

    Le deuxième commandement

    En grandissant, nous sommes encouragés à avoir des moments de culte personnel, mais Jésus a été le premier à me mettre eu défi d’aller plus loin, par la manière dont il réunit les deux grands commandements en un seul, quand il a demandé à un chef religieux quel était le plus grand commandement. Le plus grand commandement – singulier. Jésus a répondu que c’est d’aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, son âme, son esprit et sa force. Je me représente les chefs religieux qui lui ont posé la question, disant « merci beaucoup », et prêts à s’en aller. Mais Jésus ajoute : ‘et le deuxième lui est semblable’.

    Le deuxième ? Quel deuxième commandement ? Le chef religieux n’avait pas demandé les deux premiers, il n’en avait demandé qu’un. Mais Jésus ne voulait pas lui en donner seulement un. Quel est le plus grand commandement ? ‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. […] Et il y en a un second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ (Mat 22:37-39).

    Et puis Jésus dit : ‘Tout ce qu’enseignent la Loi et les prophètes est contenu dans ces deux commandements.’ (Mt 22:40). Il les relie dans une sorte de spiritualité à deux directions, verticale et horizontale. Si nous oublions de pratiquer la spiritualité horizontale, nous perdons la spiritualité verticale.

    Ainsi que l’écrit l’apôtre Jean : ‘Si quelqu’un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c’est un menteur’. (1 Jean 4:20). Jean ne dit pas que vous êtes insensé. Il ne dit pas que vous avez besoin de mieux aimer votre frère, et pas seulement Dieu. Non. Il faut aimer les deux. Ne dites pas que vous aimez Dieu si vous n’aimez pas ceux qui vous entourent, qui reflètent l’image de Dieu, qui sont créés à sa ressemblance.

    C’est comme si Jésus savait que nous avons tendance à donner priorité à Dieu et que nous pourrions utiliser la religion comme excuse pour ne pas aimer les autres.

    Jésus a dit d’aimer le Seigneur Dieu de toutes ses forces. Voilà votre mission sur la terre. Mais sans un axe à double direction, nous pourrions utiliser cet amour envers Dieu pour tout excuser, que ce soit nous faire exploser (nous-mêmes et les autres), torturer, brûler les hérétiques sur le bûcher, nous lancer dans des guerres non seulement contre d’autres religions, mais contre d’autres ‘tribus’ de notre propre religion.

    Au nom de l’amour de Dieu et si c’est notre unique objectif, nous pouvons avoir un  comportement tout à fait anti-chrétien.

    Et pas seulement violent. Nous pourrions nous focaliser sur Dieu au point d’ignorer ceux qui nous entourent.

    Comment discuter le fait de passer davantage de temps avec Dieu ? Davantage de temps à méditer, à prier, à étudier la Bible… cela semble si pieux. Mais Jésus dit, ‘vous n’allez pas vous en tirer comme ça’. Vous allez aimer Dieu et vous allez aimer votre prochain comme vous-même, et si vous ne faites pas l’un, vous mentez concernant l’autre aspect.

    Dépasser ‘l’éthique du rocher’

    Mes filles ont participé à une sortie avec des enfants souffrant de handicaps mentaux. J’ai utilisé cette expérience pour qu’elles comprennent mieux ce que signifie aimer comme Jésus l’a fait.

    J’ai dit à mes filles : « Je veux que vous passiez cette journée en prenant des initiatives pour manifester de l’amour. L’amour, ce n’est pas seulement ne pas faire de mauvaises choses, l’amour, c’est aussi prendre l’initiative de faire de bonnes choses pour les autres. »

    J’ai essayé de leur expliquer simplement. Elles ont dit : « Oh oui, nous serons polies ».

    « C’est plus que d’être poli », ai-je dit. « Ça ne suffit pas d’être gentil. L’amour va au-delà. »

    Elles ont répondu : « Eh bien, nous ne dirons rien de méchant. »

    Ce n’est pas non plus ne pas être méchant, c’est faire du bien. C’est remarquer quelqu’un assis à part et aller vers lui. C’est agape, un mot grec qui signifie choisir de considérer l’autre comme ayant de la valeur.

    Je pense que c’est cette bonté qui est le fruit de l’Esprit, pas la gentillesse. Être gentil, c’est ne pas faire de mal, mais faire du bien c’est être actif.

    J’ai illustré mes paroles. Quand nous sommes sortis de la voiture, il y avait un gros rocher. « Est-ce que ce rocher aime quelqu’un ? leur ai-je demandé. « Non, les rochers n’aiment personne » ont-elles répondu. « Mais est-ce qu’il fait du mal à quelqu’un ? » ai-je persisté.

    Elles ont compris. Le rocher n’est ni grossier ni méchant, il est juste là. Les rochers ne font rien de mal ; mais ils ne font rien de bien non plus.

    Cet été, nous avons choisi la devise de la famille Cavey : ‘Rock on !’ : ‘dépasser l’éthique d’un rocher’. C’est cet amour qui est fruit de l’Esprit.

    C’est ce que les anabaptistes m’ont enseigné ces dernières années.

    Un nouveau commandement

    Il ne suffit pas de ne pas être mauvais ; aimer, c’est donner la priorité à ceux qui nous entourent. Cela devient notre louange à Dieu. Et dans le Nouveau Testament, nous voyons les apôtres faire quelque chose de fascinant. Vous rappelez-vous la spiritualité à deux dimensions ?

    Juste avant la liste des fruits de l’Esprit dans Galates 5, l’apôtre Paul écrit : ‘Car toute la loi se résume en un seul commandement’ (5:14). Un unique commandement. Et puis il cite le deuxième commandement : aime ton prochain comme toi-même.

    Jésus n’a t-il pas dit que la loi et les prophètes sont contenus dans ces deux commandements ? Paul va droit au deuxième. Et de même dans Romains 13:8 ‘Car celui qui aime l’autre a satisfait à toutes les exigences de la Loi.’ Pierre aussi : ‘Avant tout, aimez-vous ardemment les uns les autres, car l’amour pardonne un grand nombre de péchés.’ (1 P 4:8).  Jacques, le frère de Jésus, l’appelle ‘la loi du Royaume de Dieu’ (Jc 2:8).

    Ce sont les seuls exemples d’apôtres citant la loi à deux dimensions dans le Nouveau Testament. Pourquoi ? Quand Jésus a dit ces mots, il parlait à quelqu’un qui n’était pas encore un disciple, quelqu’un qui avait besoin de venir à Dieu d’abord.

    Mais à ses disciples, à ceux qui ont dit qu’ils aimaient Dieu et qu’ils étaient prêts à renoncer à tout pour le suivre, Jésus dit : voici ce que vous allez faire. Le but de votre vie sera d’aimer les autres comme vous vous aimez. C’est le commandement qui réalise toute la loi pour nous.

    C’est ce que Jésus a dit à ses disciples dans Jn 13 : ‘Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres’. ‘Nouveau’ dans le sens que pour la première fois, le commandement est seul. Il dit à ses disciples ’N’aimez pas Dieu comme si c’était un but en soi. Vous aimerez Dieu en obéissant à ce nouveau commandement : aimez-vous les uns les autres’. Jésus dit la même chose dans Jn 15:12: ‘Voici quel est mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés.’

    Jésus ressuscité dit à Pierre, ‘As-tu de l’amour pour moi ? Vraiment, m’aimes-tu ? Et si oui, prends soin de mes brebis’. (Jean 21:17). C’est le nouvel accent qu’apporte le Christ.

    La louange

    La parabole des brebis et des chèvres peut se résumer en disant que c’est en aimant et en étant au service de ceux qui, autour de nous, sont dans le besoin, que nous aimons, louons et servons Jésus. Donc, nous ne pouvons pas les séparer et dire : ‘Ceci est la louange et cela est le service’, ou ‘Ceci est la louange et cela est l’évangélisation’.

    Tout est louange. Nous louons quand nous chantons, nous louons quand nous prions, nous louerons quand nous quitterons cet endroit et quand le Rassemblement sera terminé depuis longtemps.

    La louange est un flux continu qui coule quand nous sommes en relation avec les autres. Notre religion n’est pas contenue dans un lieu saint, un espace saint et une prêtrise sainte. Notre religion est relation. Elle se manifeste dans la manière dont nous aimons ceux qui nous entourent.

    Frères et sœurs, je voudrais vous laisser une dernière pensée.

    L’assemblée locale est un laboratoire pour expérimenter ce que signifie aimer Dieu en nous aimant les uns les autres avec des personnes ayant les mêmes idées. Parce que, lorsque nous quittons l’assemblée locale et que nous essayons d’aimer ceux qui sont en dehors, parfois on nous comprend, et parfois pas. Quelquefois, c’est reçu comme un don de Dieu, et quelquefois pas. Parfois, on est applaudi, et parfois on se moque de nous. Mais l’assemblée peut être un endroit sûr o√π pratiquer notre talent pour aimer.

    Chacun de vous a reçu de Dieu un don particulier : qu’il le mette au service des autres comme un bon gérant de la grâce infiniment variée de Dieu.’ (1 Pi 4:10).

    Nous nous transmettons mutuellement la grâce de Dieu. Il nous fait confiance pour le faire. Quel privilège ! Quelle responsabilité !

    En tant qu’évangéliste occidental, je connaissais le sacerdoce universel. Je l’interprétais comme signifiant qu’en tant que prêtre, je n’avais besoin de personne d’autre, c’était juste moi et Dieu. Je pouvais être le prêtre de ma propre relation avec Dieu.

    Mais je pense que, pour un hébreu, il ne s’agissait pas d’être connectés à Dieu, mais d’être prêtres les uns des autres, de se confesser mutuellement ses péchés, de partager la grâce de Dieu. Dieu t’a donné la grâce de quelqu’un d’autre – et lui a donné ta grâce. Dieu veut vous révéler la vérité, vous encourager et vous nourrir de sa grâce. Il aurait pu faire cela individuellement mais cela nous aurait séparés les uns des autres.

    Au lieu de cela, Dieu donne sa grâce à quelqu’un d’autre et dit ‘maintenant allez le trouver’. Et il vous donne la grâce de cette personne. Il veut que vous vous retrouviez. Il veut que nous soyons les intendants de la grâce les uns des autres pour que nous nous réunissions et que nous apprenions à nous aimer et à être au service les uns les autres.

    Nous connaissons de plus en plus la grâce de Dieu dans nos vies. Quel privilège c’est d’être simplement Église.

    Je t’encourage à rechercher ta grâce. Et à donner ta grâce. En donnant et en recevant la grâce, nous développons notre capacité à aimer et à aimer bien.

    Et je conclus avec ces mots : ‘Rock on !’

    Bruxy Cavey (Canada) est intervenu samedi soir, le 25 juillet 2015 lors du 16e Rassemblement. Bruxy est pasteur de The Meeting House, l’une des églises les plus grandes et les plus novatrices du Canada. Membre des Frères en Christ, Bruxy écrit et prêche dans le monde entier.


    Note sur l’auteur

    L’orateur de la plénière de l’Assemblée 2015, Bruxy Cavey, a démissionné le 3 mars 2022 de The Meeting House, Oakville, Ontario, Canada, une église membre de Be In Christ Church of Canada, église membre de la CMM. Le conseil d’administration de la congrégation a demandé sa démission après qu’une enquête menée par une tierce partie ait déterminé qu’il avait eu une relation sexuelle qui « constituait un abus du pouvoir et de l’autorité de Bruxy. » Les accréditations ministérielles de Cavey ont été retirées par la dénomination Be In Christ.

    En savoir plus:

    Pastor resigns, admits sexual misconduct | Anabaptist World (en anglais)


  • Lire les textes complets des predications de PA 2015 de César García, Yukari Kaga, Nzuzi Mukwa, Wieteke van der Molen et Bruxy Cavey. Ces textes peuvent aussi servir de resources pour vous aider à préparer le Dimanche de la Fraternité Mondiale dans votre église.

    Prédications soirées – PA 2015

    En marche avec Dieu 

    (César García, Colombia)

    Ils ont découvert que l’unité n’était pas de l’ordre du miracle ; elle se construit au long du chemin. Cette unité mène à une transformation accessible seulement dans la communauté.. 

    En marche avec des doutes et des convictions 

    (Yukari Kaga, Japon)

    C’est l’œuvre de la grande puissance de Dieu. Et Dieu utilise cette puissance pour protéger notre foi du danger et restaurer notre confiance en sa grande miséricorde.

    En marche avec des conflits et vers la réconciliation

    (Nzuzi Mukwa, RD Congo)

    Nous devons être un phare et porter l’espoir. Nous devons rendre ce témoignage : « Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même ». La croix et la résurrection du Christ nous octroient l’autorité pour affronter les puissances démoniaques du mal qui aggravent les conflits humains.

    En marche avec autonomie et en communaut

    (Wieteke van der Molen, Les Pays-Bas)

    Dans la communauté, nous ne pouvons être seul. L’intérêt du groupe entre en conflit avec celui de l’individu. Et cela provoque des frictions, des souffrances et des frustrations. Mais il n’y a pas d’autre voie. Être humain, c’est faire partie d’une communauté. Nous ne pouvons pas survivre par nous-mêmes. 

    En marche en recevant et en donnant

    (Bruxy Cavey, Canada)

    Nous sommes une église de paix parce que nous sommes d’abord et avant tout l’église de Jésus, et Jésus nous conduit sur le chemin de la paix. La justice est importante pour nous parce que Jésus est important et qu’il se soucie de la justice.