Étiquette : Assemblée

  • Présentation du matin – PA 2015

    Dieu marche avec nous ( Rebecca Osiro, Kenya et Tom Yoder Neufeld, Canada )

    Le doute dépend du contexte. L’expression, jakol kudho (celui qui enlève les épines) a été formée avec kiawa pour souligner le positif, ainsi que pour gommer les aspects négatifs du doute. Jakol kudho s’applique littéralement à quelqu’un qui enlève l’épine qui a percé le pied du voyageur. En tant que concept, ce terme s’applique à un aide, un assistant ou un compagnon.

    Le doute raffermit nos convictions ( Tigist Tesfaye Gelagle, Éthiopie )

    La foi, c’est comme marcher avec des doutes et des convictions. J’aime profondément la tradition africaine [dont nous a parlé Rebecca]. Nous, les jeunes, dans notre cheminement avec Dieu, nous sommes confrontés à ces animaux sauvages et ces reptiles venimeux que sont les doutes. En effet, malgré tout leur courage et leurs efforts, il est impossible aux voyageurs de réussir à échapper aux épines.

    Les enfants de la lumière ( Nancy Heisey, États Unis )

    Puissions-nous entrer dans le cœur pastoral de Paul et de ceux qui avaient entendu son appel, de sorte que notre lumière en tant qu’enfants de la Lumière soit vue là où nous vivons.

    Soldats dans l’armée du Dieu vivant ( Remilyn Mondez, Philippines )

    Ne nous attardons pas sur la mort de Jésus, mais réjouissons-nous aussi de la victoire de sa glorieuse résurrection. Gardons nos yeux fixés sur lui, en qui nous trouvons la guérison. Il est l’auteur et le consommateur de notre foi. Combattons le bon combat de la foi en étant des soldats vaillants et audacieux.

    En Christ, nous sommes libre d’aimer ( Shant Kunjam, Inde )

    Nous avons été libérés pour un style de vie royal, divin d’amour et de service. La liberté en Jésus-Christ est une liberté qui nous invite à manifester dans nos vies personnelles et communautaires le caractère de Dieu en Jésus-Christ, et à partager nos dons et talents, c’est-à-dire à nos vies, par une entraide empreinte d’amour.

    Repentance et pardon ( Kevin Ressler, États Unis )

    C’est toujours un défi d’équilibrer autonomie et communauté. Quelquefois, il semble plus naturel de dire ‘autonomie par opposition à communauté’. Mais c’est notre diversité qui nous permet de mûrir. Bien que nous ne découvrions notre autonomie qu’en découvrant notre différence avec les autres, elle n’a aucune valeur si nous ne faisons pas passer  nos priorités individuelles après celles de la communauté en l’enrichissant grâce à nos dons uniques.

     L’Église doit s’intéresser à la mission globale ( Hippolyto Tshimanga, Canada )

    L’offre de Jésus de prendre part à son Royaume est un don à accueillir avec gratitude. Et la gratitude (« hakarat ha’tov » selon la traduction hébraïque) évoque le fait de reconnaître tout ce qui nous a été donné, et à en rendre grâce. Soyons reconnaissants à Dieu pour l’offre de son Royaume, car la reconnaissance est contagieuse.

     

  • Bogotá (Colombie) – Le 16e Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale (CCM) en Pennsylvanie aux États-Unis a relié les anabaptistes du monde entier, en personne et par voie électronique.

    Une nouvelle affiche publiée par la CMM montre les dernières statistiques sur PA 2015. Il y a plusieurs faits intéressants, notamment : 75 pourcent des demandes de visa ont été acceptées et 4,25 tonnes de déchets ont été compostées.

    Plus de personnes ont participé par voie électronique qu’à tous les autres rassemblements de la CMM : plus de 21 700 personnes ont visionné la diffusion en continu en direct et plus de 250 000 personnes ont été actives sur la page Facebook de la CMM.

    La CMM invite toutes les églises à continuer de célébrer le thème de PA 2015 « En marche avec Dieu » en se joignant à nous pour célébrer le Dimanche de la Fraternité Mondiale le 24 janvier 2016.

    Cliquez ici pour voir l’affiche Statistiques PA 2015.

    Cliquez ici pour voir les statistiques PA 2015 (Vous pouvez les utiliser dans un bulletin d’information)

    Cliquez ici pour voir les documents pour le culte du Dimanche de la Fraternité Mondiale.

    —Communiqué de la CMM

  • Cercles d’amitié et activités

    Il y a eu tellement de belles choses à la Conférence Mennonite Mondiale [Rassemblement PA 2015]. C’était la première fois que j’y allais et j’ai vraiment aimé les cultes d’adoration, en particulier leur diversité (je n’avais aucune idée de ce qu’avait l’air un culte japonais!). Mais peut-être la raison la plus importante pour laquelle je voulais aller à PA 2015 était de rencontrer et d’échanger avec des mennonites de partout dans le monde. Les cercles d’amitié et les activités ont été les deux meilleurs endroits pour avoir des conversations.

    Chaque jour, après le culte d’ouverture, nous étions invités à nous joindre à un cercle d’amitié. Au début, la conversation n’était pas aisée car nous apprenions à nous connaître les uns les autres. On nous a donné des questions à discuter, cela a aidé. Ê la fin de la semaine, les questions nous ont incités à réfléchir sur un sujet controversé. Après les cultes extraordinaires de la semaine, j’étais curieux de voir comment notre cercle (quatre Canadiens et un Philippin) allait traiter le sujet. J’ai été déçu. On pouvait presque voir les barrières relationnelles, qui avaient pourtant été si soigneusement abolies, le groupe a fait un pas en arrière se fractionnant lui-même dans divers camps théologiques.

    Il était clair que ce problème théologique n’allait pas se résoudre en 30 minutes, mais cela n’a pas empêché des personnes de faire valoir leur verset biblique et leur théologie de choix dont tous les participants avaient évidemment déjà entendu parler. Ce qui aurait pu être l’occasion de réaffirmer nos points communs et notre volonté de rester en communion tout en conservant nos convictions particulières s’est plutôt réduit en bouillie « j’accepte le désaccord ».

    Cependant, les cercles d’amitié n’ont été qu’un moment dans la journée. Au premier jour complet du rassemblement, j’ai participé à une randonnée dans une portion du sentier des Appalaches. La plupart d’entre nous ne nous connaissions pas; nous étions tellement concentrés sur la marche que c’est seulement à la moitié de la randonnée que je me suis aperçu que personne ne parlait réellement. Durant une pause, j’ai finalement engagé une conversation avec une femme du Royaume-Uni qui travaille avec le Réseau Anabaptiste. C’était formidable de parler avec elle d’autant plus que j’avais lu The Naked Anabaptist (Radicalement chrétien) il y a quelques années. Nous avons parlé de plusieurs choses, notamment des façons différentes que nos pays se souviennent des vétérans et des diverses réponses que les églises de paix ont apportées.

    Sur le chemin du retour, j’ai eu une conversation avec un étudiant d’un Séminaire aux États-Unis. Comme moi, il s’est converti tardivement à la tradition anabaptiste; nous avons parlé de nos expériences. Il venait d’un arrière-plan pentecôtiste et manquait parfois l’accent mis sur le Saint-Esprit. Bien que je ne provienne pas d’un milieu pentecôtiste, je comprenais ce sentiment. Il m’a aussi recommandé la lecture d’un auteur que je lirai. Ce fut deux moments édifiants de conversation et de solidarité sur la montagne.

    Dans mon cercle d’amitié et pendant les activités, j’ai expérimenté deux types de conversation : guidée et naturelle. Les deux sont pertinentes, mais les conversations engagées pendant que nous faisons des choses ensemble naturellement (dans le bus de retour à l’hôtel, autour de la table à manger ou sur la montagne) ont été celles où des relations et une compréhension mutuelle se sont bâties. Pour moi, c’est tout l’intérêt d’aller à la Conférence Mennonite Mondiale [Rassemblement].

    Cette réflexion fait partie du numéro de septembre 2015 de Lendrum Grace Notes, « Mennonites: A Global Family ». Cliquez ici pour voir tout le magazine en anglais.

    *Joignez-vous à la famille anabaptiste mondiale, le Dimanche de la Fraternité Mondiale en janvier 2016, pour célébrer le thème de PA 2015 En marche avec Dieu. Cliquez ici pour l’accès à des ressources pour votre église.

  • Winnipeg, Canada Les événements de masse peuvent laisser derrière eux une montagne de déchets. Mais au 16e Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, du 21 au 26 juillet 2015, la gestion des déchets fut en quelque sorte une forme d’adoration à Dieu le Créateur.

    Les organisateurs du Rassemblement « ont décidé très tôt qu’ils feraient tout leur possible pour organiser un événement respectueux de l’environnement dans la mesure où c’était économiquement possible », dit le coordonnateur national Howard Good,

    De l’air frais
    L’emplacement choisi, le Complexe du Champ de Foire, dispose d’un vaste plan de recyclage, d’une éolienne de 1,8 kW, d’un système de production d’énergie solaire photovoltaïque de 125 kW et d’un réservoir de récupération d’eau de pluie de 30 000 gallons qui capte l’eau de la toiture.

    La responsable des événements internationaux de la CMM, Liesa Unger, a travaillé avec l’équipe d’ingénierie de la climatisation « pour créer un environnement où des personnes de différents continents puissent se sentir bien. » Soucieux des invités qui quittaient un bâtiment frais puis entraient dans l’air chaud de la Pennsylvanie, on a réduit de moitié le nombre de ventilateurs et on a fait monter la température intérieure de plusieurs degrés.

    Des navettes ont transporté les invités entre les lieux d’hébergement et des événements de la convention pour réduire l’usage d’automobiles privées.

    Chaque personne inscrite a reçu une bouteille d’eau en aluminium portant le logo de la CMM et pouvant être remplie à une des 125 fontaines d’eau potable accessibles dans le bâtiment afin de remplacer les bouteilles d’eau jetables.

    Mais Howard Good et son équipe sont allés encore plus loin.

    Pas de gaspillage de déchets alimentaires
    Avec les encouragements du Mennonite Creation Care Network (MCCN- Réseau mennonite pour la protection de la Création), le comité organisateur a fait une dépense supplémentaire afin d’assurer que tous les couverts, les assiettes, les serviettes, les tasses ainsi que les restes de nourriture des 39 000 repas soient entièrement compostables à un coût approximatif de 0,60 $ par repas.

    Même les coupes pour la célébration du repas du Seigneur le vendredi étaient compostables.

    « Répartie sur 39 000 repas, la dépense n’était pas si importante », dit Howard Good. Des économies dans d’autres domaines ont permis d’atténuer la hausse des coûts encourus par les mesures de durabilité. Trente bénévoles le midi et 40 bénévoles le soir ont grossi les rangs du personnel du restaurateur Centerplate. Et des agriculteurs mennonites de la région ont donné de la nourriture à l’entreprise de restauration ou en ont vendu à prix réduits.

    Au cours de la semaine, au Complexe du Champ de Foire, la Société de récupération environnementale a transporté presque que 4,25 tonnes de déchets jusqu’à Oregon Dairy Organics, une société sœur de Lancaster County Farm and Supermarket. Ê cet endroit, les déchets ont été déchiquetés et mélangés à du fumier, puis régulièrement retournés. Après trois mois, le compost a été mélangé à de la terre pour un usage en aménagement paysager et pour le contrôle de l’érosion.

    On a rencontré quelques difficultés pendant le processus. « Nous avons découvert que les personnes mélangeaient les déchets réguliers avec les déchets compostables beaucoup plus facilement que nous l’avions imaginé », dit Howard Good. Des déchets recyclables ont aussi été trouvé dans les réceptacles à compost. Un conteneur, refusé en raison de sa teneur trop élevée en matières non compostables, a dû être incinéré.

    Éduquer les convives
    « Au départ, le tri n’a pas été aisé pour les convives », raconte Marlisa Yoder Bontrager. Elle et cinq membres de sa famille se sont portés bénévoles à des stations de collecte des déchets pendant les repas du Rassemblement pour aider les convives à trier leurs ordures et les éléments compostables.

    L’équipe du Rassemblement a aussi produit davantage de panneaux de signalisation et une vidéo explicative pour aider les convives à déterminer quels éléments étaient recyclables, compostables ou simplement jetables.

    « Une fois qu’ils ont compris le processus, plusieurs ont exprimé du soulagement et de l’appréciation parce que leurs déchets n’allaient pas se retrouver dans un site d’enfouissement », dit Marlisa Yoder Bontrager.

    Coopération
    La coopération de la direction du Complexe du Champ de Foire a été la clé du succès de l’ambitieux projet de réduction des déchets, dit Howard Good.

    Sharon Altland, directrice générale du Complexe du Champ de Foire, dit qu’ils font de leur mieux pour répondre aux demandes de leurs clients. Centerplate, l’entreprise de restauration du Complexe a eu recours à son vaste réseau de services alimentaires pour trouver un fournisseur fiable capable de répondre aux besoins de la CMM.

    Le Complexe donnait déjà la priorité aux initiatives vertes, mais « travailler avec la Conférence Mennonite Mondiale a ouvert la porte à d’autres conversations », dit Sharon Altland. « Nous travaillons à prendre des mesures pour réduire les déchets alimentaires et nous sommes en conversation avec les fournisseurs de services alimentaires pour la 100e foire agricole afin qu’ils collectent les déchets de préparation. »

    « Le fait que 4,25 tonnes de déchets alimentaires ne soient pas allées dans l’incinérateur est un immense accomplissement », dit Sharon Altland.

    « [Les organisateurs du Rassemblement] ont été prêts à s’attaquer au fossé qui existe parfois entre les meilleurs pratiques environnementales et la commodité – puis ont rendu les choses possibles pour un grand rassemblement », dit Marlisa Yoder Bontrager qui est également membre du conseil d’administration du MCCN. « Ils ont mis en pratique un engagement important : honorer notre promesse de prendre soin de la création de Dieu comme un élément essentiel de la bonne nouvelle de Jésus-Christ. »

    « Même si le choix d’être responsable peut signifier des coûts plus élevés, une bonne planification dans d’autres domaines peut le rendre accessible », conclut Howard Good.

    —Communiqué de presse de la CMM par Karla Braun

  • Être indépendant tout en vivant ensemble ?

    Au début, l’homme était seul. Bien que Dieu ait créé tous les animaux et qu’il ait demandé à l’homme de les nommer, l’homme était seul. Et cela ne lui convenait pas du tout. Dieu le vit. Il souffla sur l’homme un profond, profond sommeil. Pendant qu’il dormait, Dieu prit une de ses côtes, et créa l’autre partie de l’homme : la femme.

    Depuis ce premier jour, l’humanité est une communauté.

    Depuis le jour de notre naissance, nous faisons partie d’une communauté. Que ce soit une famille, une tribu, un orphelinat ou une école, nous ne sommes jamais seuls. La communauté nous nourrit, nous lave, nous enseigne à reconnaître le bien du mal et nous élève.

    Elle nous rend plus forts, parce que nous sommes plus qu’une personne. Nous sommes plusieurs. Elle nous rend plus faibles, parce que nous devons plier notre volonté aux règles de la communauté et renoncer à notre autonomie.

    Dans la communauté, nous ne pouvons être seul. L’intérêt du groupe entre en conflit avec celui de l’individu. Et cela provoque des frictions, des souffrances et des frustrations. Mais il n’y a pas d’autre voie. Être humain, c’est faire partie d’une communauté. Nous ne pouvons pas survivre par nous-mêmes.

    Pourtant, chacun de nous désire l’autonomie. En grandissant, nous testons les règles et les limites de nos communautés. On le voit bien chez les bambins, qui disent « non ! » pour savoir jusqu’où ils peuvent aller. On le voit chez les jeunes qui se rebellent et qui décident de leur propre chemin dans la vie, faisant leurs propres choix. Et oui, ‘être autonome’ signifie littéralement ‘définir ses propres règles’. Mais l’interprétation moderne a davantage le sens de tailler son propre chemin dans la vie et d’être indépendant.

    Nous voulons désespérément avoir notre mot à dire dans tout ce qui nous concerne, nous voulons prendre nos décisions, faire de notre mieux. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’être indépendant, d’être en mesure de nous débrouiller seuls, de vivre selon nos règles et de les défendre.

    La lutte contre la communauté

    Mais être autonome n’est pas une partie de plaisir. En fait, c’est une lutte constante. Et cela a toujours été le cas, même dans l’Ancien Testament, par exemple dans l’histoire bien connue de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham.

    Même avant sa naissance, Jacob vit en communauté. Et déjà, dans le ventre de sa mère, il ne prend pas trop bien/cela se passe mal. Lui et son frère jumeau se battent si farouchement à l’intérieur de l’utérus que leur mère Rebecca se demande comment elle est toujours vivante ! Ê sa naissance, Jacob tient le talon de son frère aîné.

    Pour Jacob, Jacob vient en premier. Toujours. Il n’y a pas d’autres règles que les siennes. Et il plie la communauté à ses règles.

    Facilement, sans rien d’autre qu’un repas chaud, il ravit son droit d’aînesse à son frère Esaü. Ensuite, Jacob trompe son père. Isaac, rendu aveugle par la vieillesse, est sur son lit de mort, et attend Esaü pour lui donner sa bénédiction. Jacob arrive, prétendant être son frère aîné. Il vole sans scrupule la bénédiction patriarcale.

    Jacob possède maintenant tout ce qui devrait revenir de droit à Esaü. Il a tout gagné, et en même temps, il a tout perdu. Car il ne peut pas rester dans la communauté qu’il a tant méprisée. Il doit fuir pour avoir la vie sauve.

    Vivre par ses propres règles et vivre dans une communauté ne s’accordent pas bien.

    Être son propre chef

    En fuyant la scène du crime, Jacob quitte tout. C’est en tout cas ce qu’il pense. Mais juste avant qu’il ne pénètre dans une terre inconnue, il a un rêve. Et dans ce rêve, Dieu promet d’aller avec lui partout où il ira. Dieu le protègera, Dieu le ramènera, Dieu ne laissera pas Jacob jusqu’à ce sa promesse soit accomplie.

    Mais, fidèle à lui-même, Jacob n’en est pas sûr. Il appelle l’endroit Beth-el, ‘la Maison de Dieu’, mais il commence immédiatement à négocier. Si Dieu est vraiment avec moi, si Dieu me protège vraiment, si Dieu s’occupe vraiment de moi, alors, oui, dans ce cas, Dieu sera mon Dieu.

    Jacob ne se rend pas facilement. Oh non ! Si Dieu veut rester avec lui, très bien. Mais c’est Jacob qui fait la loi. C’est cela l’autonomie, n’est-ce pas ?

    Et l’histoire continue. L’amour de Jacob pour sa Rachel est célèbre. En essayant de l’épouser avant que sa sœur aînée Léa ne soit mariée, Jacob essaie de nouveau de faire plier la communauté. Mais il n’est pas de taille devant la duplicité de Laban, et il finira par avoir quatre femmes !

    Après quelques 20 années de travaux forcés, Dieu rappelle Jacob à Canaan. Jacob prend ses femmes, ses enfants (11 garçons et une fille à ce moment) et ses troupeaux et il file en douce pendant que Laban est occupé à tondre ses moutons.

    Encore une fois, Jacob prend une décision sans tenir compte des conséquences pour les autres. En vivant selon ses règles, ses peurs, ses a-priori. Et en s’en allant de cette manière, avec femmes et enfants, il néglige le fait qu’elles et leurs enfants font aussi partie de la vie de Laban : ce sont ses filles, ses petits-enfants, son avenir.

    Bien sûr, c’est son droit en tant que personne autonome. Il est son propre chef. Il n’a de considération pour aucune communauté.

    Renoncer à tout

    Sur le point de rentrer chez lui, un changement étonnant se produit chez Jacob. Il se rend compte qu’Esaü pourrait ne pas être très heureux de l’accueillir, compte tenu de la façon dont il l’a trompé. Jacob essaie de faire la paix, en envoyant des messagers. Mais ils reviennent en disant qu’Esaü est en chemin avec au moins 400 hommes. Jacob –impressionné, inquiet, effrayé – est maintenant confronté aux conséquences de ses choix antérieurs : et si Esaü lui prenait tout : femmes, enfants, troupeaux, richesses ? Et s’il voulait se dédommager et se venger ?

    Et si la communauté lui faisait payer son autonomie ?

    Jacob prend donc une décision audacieuse : il offre tout ce qu’il a à Esaü, volontairement. Ce faisant, il tente de faire amende honorable pour ce qu’il a fait. Il reconnaît sa faute, et les conséquences de ses choix sur la vie d’Esaü.

    En offrant tout ce qu’il a acquis grâce à son indépendance, c’est en fait son indépendance même que Jacob offre à Esaü.

    Nous assistons à cette scène épique, où Jacob emmène ses épouses et leurs enfants, et tout ce qu’il possède, de l’autre côté de la rivière, puis il revient. Maintenant, il est totalement et vraiment seul. Il ne lui reste plus rien. Pas même son autonomie.

    Et puis quelqu’un arrive et lutte avec lui. Toute la nuit. Quelqu’un. Sans nom. Sans identification, sinon le sinistre « Pourquoi me demandes-tu mon nom » (32:29). Est-ce Dieu lui-même ? Un de ses messagers ? Ou devons-nous comprendre cela de manière plus métaphorique : Jacob est en fait aux prises avec lui-même ?

    Peut-être. Après tout, la vie de Jacob est une longue lutte, avec ceux qui l’entourent et leurs règles et leurs attentes, avec lui-même et ses propres choix, son propre chemin dans la vie. Peut-être, finalement, se bat-il avec Dieu. Ou avec lui-même. Ou une autre personne métaphorique. Cela n’a pas d’importance.

    Ce qui importe, c’est qu’il en sort gagnant. Avec une nouvelle bénédiction. Avec un nouveau nom. Il ne s’appelle plus Jacob (talon/usurpateur), mais Israël (celui qui lutte avec Dieu).

    Jacob ne cherche plus à s’enrichir en ‘saisissant le talon des autres’, en les faisant tomber et échouer. Au lieu de cela, pour le restant de sa vie, il se bat avec ceux qui vivent autour de lui, avec Dieu, et surtout … avec lui-même.

    Et savez-vous ? La plupart du temps, il en sort gagnant. Boitant légèrement, mais gagnant quand même. Et quand il traverse la rivière, une nouvelle aube se lève. Un patriarche est né.

    Quelle histoire !

    Une leçon sur les conséquences de ses actes

    Mais la chose vraiment étonnante au sujet de l’histoire de Jacob est que ni lui-même, ni ses actes ne sont explicitement condamnés. Nulle part dans l’histoire, Dieu ne désapprouve explicitement ce que fait Jacob.

    On a le sentiment que dans cette histoire, tout n’est pas bon, mais elle n’en dit rien. Elle montre simplement les conséquences, les résultats, des actions de Jacob : il doit fuir et tout laisser derrière lui. Il vit dans une peur constante‚Ķ d’Esaü, de Laban, d’Esaü encore. Il doit tout recommencer, de nombreuses fois.

    L’histoire nous dit tout cela. Mais elle ne nous dit jamais que Jacob a eu tort.

    Nous pouvons le lire entre les lignes, mais c’est notre imagination, finalement. L’histoire elle-même ne le précise jamais.

    Et c’est ce qui rend cette histoire fascinante. Jacob n’est ni saint, ni parfait, ni pieux. C’est un excellent exemple parce qu’il n’est pas exemplaire du tout. Il est juste comme chacun d’entre nous. Si bien que dans nos têtes et nos cœurs, nous remplissons facilement les blancs. Nous sentons à quel point certaines de ses décisions sont mauvaises, comme si c’étaient les nôtres. Nous tremblons en pensant aux conséquences. Nous attendons avec inquiétude que l’histoire tourne mal.

    Mais elle ne tourne jamais mal ! Malgré le fait qu’il ait vécu selon ses propres règles et n’a jamais reconnu les droits des autres, Jacob n’est pas jugé, sauf par lui-même. c’est fondamentalement, le sujet de cette histoire. L’autonomie. Vivre selon ses règles. Être son propre chef.

    Car être autonome ne signifie pas seulement décider et vivre selon ses propres règles. Cela signifie aussi qu’il faut se juger soi-même. Il n’y a personne d’autre pour le faire. Pas même Dieu, selon cette histoire. Il faut comprendre par soi-même. Dieu marche simplement avec nous, quel que soit le résultat. C’est Jacob qui impose ses exigences et pose ses conditions, pas Dieu.

    Et c’est une leçon de l’Ancien Testament, pour nous tous, hommes et femmes modernes, avides d’indépendance.

    Être autonome, c’est aussi savoir que ceux qui vivent autour de nous (notre communauté) limitent notre liberté. Au sens moderne, l’autonomie, ce n’est pas vivre selon ses propres règles (quelles qu’elles soient), mais réaliser, reconnaître et accepter l’existence des autres dans sa vie. Il s’agit de choisir de les respecter sans arrière-pensée, parce que, ensemble, nous formons une communauté.

    La question est donc : sommes-nous capables, suis-je capable, de vivre ma vie dans le cadre de ces limites ? Puis-je vivre libre et indépendant-e (autonome) dans le cadre d’une communauté ?

    Suis-je assez mature pour reconnaître le fait que je ne peux pas totalement prendre ma vie en charge ? Puis-je accepter d’être lié-e par les gens que j’aime, par la communauté qui m’entoure, et par Dieu qui marche avec moi où que j’aille ?

    Et, dans un sens plus large, serait-il possible aux différentes églises de garder leur autonomie au sein de la communauté anabaptiste mondiale ? Sommes-nous prêts à nous battre pour cela ?

    L’histoire de Jacob nous enseigne qu’il n’est pas mauvais de suivre son propre chemin dans la vie. Il n’est pas mauvais d’essayer de tester ses forces et de lutter pour son autonomie. Il ne s’agit pas d’avoir tort ou d’avoir raison. Il s’agit de prendre ses propres décisions tout en reconnaissant l’existence de sa communauté. Il s’agit de reconnaître les blessures et les souffrances des deux côtés. Il s’agit d’assumer ses responsabilités. Pour ses propres actions, pour celles de la communauté. Pour soi. Et, si nécessaire, réparer les torts.

    Ce genre d’autonomie, l’autonomie adulte, moderne, ne va pas de soi. Grandir n’est pas facile. Garder une certaine autonomie au sein de sa communauté, c’est comme lutter constamment avec les autres, avec Dieu et surtout avec soi-même.

    Et même quand nous gagnons, nous restons un peu boiteux.

    Wieteke van der Molen (Pays-Bas) est intervenue vendredi soir, le 24 juillet 2015, lors du 16e Rassemblement. Wieteke est pasteur d’une petite paroisse mennonite rurale au nord d’Amsterdam, elle aime lire et raconter des histoires.


     

  • Un même cœur pour Dieu unit les langues et les cultures

    Photo: Jonathan Charles

    Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, la prière était incessante. Les personnes désireuses de prier pour diverses requêtes avaient accès à un espace ouvert tout au long de la journée. Une carte du monde de 40 pieds par 24 pieds, gracieusement offerte par Rosedale Mennonite Mission, était étendue sur le sol du vaste salon. Les personnes ou le petit groupe qui voulaient intercéder pour une région ou un pays en particulier devaient retirer leurs chaussures pour se tenir, se pencher ou s’agenouiller près de la nation pour laquelle ils voulaient prier, et laisser une petite lumière à piles comme un signe de prière permanent.

    La coordonnatrice du réseau de prière, Joanne Dietzel, rappelle que l’année dernière, lors du lancement de l’organisation du Rassemblement PA 2015, on avait insisté sur l’importance de promouvoir et de rappeler la valeur de la prière à la communauté anabaptiste mondiale. Avant le début du Rassemblement, 300 personnes de partout dans le monde s’étaient jointes au réseau de prière et priaient incessamment pour l’élaboration du programme et les participants du Rassemblement.

    Des personnes venant des quatre coins du monde sont venues dans le salon du réseau de prière pendant le Rassemblement. Joanne et son équipe de travail qui guidaient et aidaient ceux et celles qui venaient sur place, ont entendu et vu comment les frères et sœurs, avec différents besoins et divers arrière-plans ethniques et linguistiques, venaient ensemble pour prier. « Car, mentionne Joanne, nous pouvons provenir de différentes communautés et cultures, mais l’essence de notre foi est la même : Jésus Christ Seigneur et Sauveur. »

    Carlos Martínez García est pasteur et journaliste au Mexique.

  • Les théologiennes anabaptistes examinent les possibilités d’un réseau mondial

    Par Virginia A. Hostetler, avec les reportages de Harriet Sider Bicksler et d’Elina Ciptadi-Perkins

    Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) — Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), du 21 au 25 juillet 2015, les femmes anabaptistes se sont réunies pour une première fois afin d’examiner les possibilités de former un réseau mondial des femmes anabaptistes.

    Réunies en session, par groupes régionaux, des femmes de l’Asie, de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord et de l’Europe ont été mises au courant de ce qui se fait déjà, puis ont considéré comment elles pourraient travailler ensemble au sein de réseaux plus formels dans leurs propres régions.

    Ces sessions ont été suivies d’une rencontre commune le vendredi après-midi où les femmes de tous les continents étaient invitées à donner leur opinion sur la possibilité d’un réseau mondial. La rencontre de trois heures et demie a été animée par les théologiennes de l’Amérique latine et comprenait une liturgie, des chants, de l’expression gestuelle et de l’art ainsi que des rapports et des discussions en groupe. Près de 100 femmes ont participé à la rencontre.

    Les participantes ont examiné deux grandes questions : Ya-t-il un besoin pour un réseau mondial de théologiennes? Quelle serait la fonction de ce réseau?

    Au sujet du besoin, les participantes latino-américaines ont répondu avec enthousiasme : « Si! »

    Parmi les commentaires recueillis, on trouve notamment « Je sais que mon monde est trop petit, j’en ai besoin d’autres ».

    Les femmes ont décidé par consensus d’aller de l’avant et de nommer des personnes contacts dans chaque région pour la mise en œuvre.

    Au cours des années, la CMM a soutenu des opportunités de réseautage et de formation théologique pour les femmes. Or, parmi les 150 délégués du Conseil Général qui se sont réunis du 16 au 20 juillet, on comptait moins d’une douzaine de femmes. Une femme du Sud s’est exclamée : « Est-ce cela l’égalité? Est-ce que c’est juste? Dans nos églises, les femmes sont majoritaires! » Une autre a ajouté : « Sans la voix des femmes, nous manquons la moitié de la sagesse de Dieu. »

    (Le Conseil Général est formé de responsables d’église de partout dans le monde, choisis par les conférences et les églises membres de la CMM.)

    Réseaux régionaux

    PHOTO: Dale D Gehman

    Le mouvement des théologiennes a pris naissance en Afrique avec la formation du groupe « Théologiennes Anabaptistes Africaines » en 2001. En partenariat avec Mennonite Church USA et la CMM, le groupe a encouragé et facilité la formation théologique des femmes de divers pays africains. Le groupe africain ne s’est pas rencontré à Harrisburg.

    Au Rassemblement de la CMM au Zimbabwe, en 2003, les femmes latino-américaines ont été inspirées par leurs sœurs africaines. Elles ont alors formé le mouvement des Théologiennes latino-américaines et ont tenu leur première rencontre continentale en 2009 au Rassemblement de la CMM au Paraguay.

    Au Rassemblement de 2015, les femmes latino-américaines ont exprimé leur appréciation à l’égard du programme Sister Care de Mennonite Church USA dans plusieurs pays de l’Amérique latine.

    Des conversations ont débuté en Inde en 2012 à propos d’un réseau des théologiennes asiatiques appelé Theologically Trained Anabaptist Women of India (Femmes anabaptistes de l’Inde diplômées en théologie). C’est une initiative locale, approuvée par la CMM, pour former et habiliter sur le plan théologique les femmes anabaptistes. Au Rassemblement de 2015, elles ont poursuivi leurs conversations.

    Il n’existe pas de réseau formel en Europe ou au Canada et aux États-Unis, mais les femmes se sont réunies en groupes régionaux à Harrisburg pour examiner les possibilités.

    PHOTO: Dale D Gehman

    PA 2015

    Possiblement le reflet d’une réalité plus grande de la lutte des femmes pour l’obtention d’une reconnaissance et d’un statut dans l’église, la salle de rencontre désignée pour les réunions des théologiennes était située à l’extrémité du Champ de Foire, loin de la cafétéria et des aires de rencontres, avec peu de panneaux de signalisation le long du chemin.

    Quelques questions soulevées pendant les sessions à PA 2015 :

    • Qui est théologien? Certains groupes ont étoffé la définition en incluant les femmes qui font du travail pastoral et communautaire. On a aussi reconnu que les femmes « font » de la théologie différemment des hommes.
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent faire pour connaître leurs sœurs des autres pays et marcher avec elles en dépit des différences et des distances?
    • Comment les jeunes femmes peuvent-elles être encouragées à s’engager en théologie?
    • La structure de la CMM sert-elle à faire ces connexions?
    • Qu’est-ce que les femmes peuvent offrir à la CMM et qu’est-ce qu’elles peuvent demander à la CMM?
    PHOTO: Dale D Gehman

    Les rencontres ont aussi eu une expression artistique collective. Audrey Kraybill, une artiste et pasteure de Lancaster en Pennsylvanie a dirigé un projet de découpage intitulé « Femmes en conversation ».

    À la grande réunion commune du vendredi, les participantes ont signé l’œuvre d’art collective avec l’intention de l’envoyer aux femmes de la République démocratique du Congo qui n’ont pas obtenu de visa pour assister au Rassemblement.

    Virginia A. Hostetler est éditrice Web pour The Canadian Mennonite. Elle faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les sessions plénières au 16e Rassemblement.

  • Harrisburg, Pennsylvanie – La première Coupe du Monde anabaptiste sera disputée les 22, 23, 24 et 25 juillet en après-midi à titre d’événement récréatif optionnel à PA 2015, le Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale.

    Les matchs auront lieu au Logan Field, un terrain de football communautaire près de Dillsburg (PA), à environ 25 minutes en voiture du Champ de foire d’Harrisburg où se tiendra PA 2015.

    « Les équipes seront formées pour représenter la diversité en termes d’âge, de pays, de sexe », explique Howard Good, le coordonnateur national de PA 2015. Aucune qualification n’est requise sur le formulaire d’inscription et aucune question n’est posée sur l’expérience du jeu.

    « Le but est de s’amuser en jouant au football, dit-il en souriant, c’est plus important que de gagner ou de perdre. Partout dans le monde, le football est une force unificatrice. C’est notre souhait pour la Coupe du Monde anabaptiste! »

    Pour jouer ou être spectateur, il faut être inscrit à temps plein à PA 2015. Chaque équipe jouera soit le mercredi et le vendredi, ou le jeudi et le samedi. « Nous ne voulons pas que le football soit un événement trop prenant et qu’il éloigne les personnes inscrites des séminaires, des excursions ou du Village de l’Église Mondiale », souligne Howard.

    Chaque après-midi, le premier match durera une heure, suivi d’une pause de 15 minutes, puis d’un second match d’une heure.

    Le calendrier pourra accueillir 16 ou 24 équipes, chacune composée de 15 à 18 joueurs, selon le nombre de personnes inscrites.

    Des points seront attribués à chaque match. L’équipe qui aura accumulé le plus de points sera déclarée vainqueur.

    « Nous allons travailler fort pour garder le tournoi amusant et pas trop intense », fait-il remarquer. C’est aussi un pari. Il n’y aura pas de pratiques, juste un peu de temps pour se réchauffer et botter le ballon avant chaque match. Nous aurons un ou deux arbitres sur chaque terrain pour surveiller le jeu et assurer la fluidité du jeu. »

    « Nous allons produire une courte vidéo sur le règlement de la Coupe du Monde anabaptiste que les joueurs et les joueuses pourront visionner pendant leur trajet en bus. Nous jouerons pour le plaisir, mais en général nous suivrons les règles de la FIFA.

    Andrew Good et Nick Miller Good, deux fils d’Howard Good et joueurs de football de longue date vivant maintenant à Philadelphie, organiseront les équipes et le calendrier.

    « Chaque équipe aura un entraîneur. Son travail consistera à établir le rôle des joueurs. Ces matchs ne seront pas professionnels. Ils sont à la portée de tous, mais nous voulons du bon jeu énergique.

    Les personnes qui ne sont pas en grande forme peuvent jouer dans les zones du terrain où il y a moins d’activité, et elles peuvent jouer pour des périodes de temps plus courtes.

    Quand des joueurs de plus de 50 cultures jouent avec des styles différents et ont diverses compréhensions du succès, il y a de fortes possibilités qu’il y ait des malentendus, mais les organisateurs sont déterminés à faire de la Coupe un véritable succès.

    Si cette première Coupe du Monde anabaptiste fonctionne bien, je suis certain qu’il y en aura une deuxième. César García, le secrétaire général de la CMM, n’est pas un grand fan de football, mais Liesa Unger, responsable des événements internationaux de la CMM, l’est et fera tout son possible pour qu’il y en ait une autre! » dit Howard Good.

    Les spectateurs sont bienvenus. Même si le terrain n’a pas de gradins, il y a beaucoup de gazon et quelques arbres.

    Oh – et chaque joueur et spectateur reçoit un tee-shirt de la Coupe du Monde anabaptiste en souvenir.

    Article par Phyllis Pellman Good, auteure et rédactrice pour la Conférence Mennonite Mondiale.

  • Le travail de la Commission Paix comprend la prière, le plaidoyer et le développement des ressources

    Par Karla Braun

    Peace Commission

    « La paix est gratuite », dit Paulus Widjaja, membre sortant de la Commission Paix. « Le conflit a un prix, mais l’évangile est gratuit. »

    La Commission Paix, formée en 2009 comme une des quatre cavités du cœur de la CMM (Paix, Diacres, Foi et Vie, Mission), a tenu un atelier pendant le Rassemblement le 23 juillet 2015.

    Quelles sont les activités de la Commission?

    La prière

    Des conférences mennonites et d’autres organisations chrétiennes ont demandé la prière à la CMM qui, par la suite, a lancé un appel à la prière à ses membres. De nombreuses églises n’ont pas les ressources dont les Nord-Américains disposent, dit un frère de l’Amérique latine, mais elles peuvent « prier, jeûner et pleurer avec ceux et celles qui souffrent et qui sont aux prises avec des conflits. »

    Le plaidoyer politique

    Le Conseil Général de la CMM réuni en 2015 a approuvé les directives de la Commission Paix sur le plaidoyer politique. Ce document peut guider l’élaboration des politiques et servir aux membres du bureau, aux conférences et aux églises de la CMM.

    La Commission Paix a envoyé des lettres d’appui en faveur de Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonitas de Panamà (Conférence des Églises des frères mennonites du Panama) où les moyens de subsistance des membres sont menacés par l’exploitation forestière illégale, et en faveur de Hôi Thánh Mennonite Viêt Nam (Église mennonite du Vietnam) où les pasteurs et les églises sont persécutés.

    La Commission travaille aussi sur une déclaration de solidarité avec les peuples autochtones.

    Le développement des ressources

    « Nous prétendons être une église de paix, mais il existe tellement d’églises mennonites déchirées », dit Paulus Widjaja. La Commission Paix crée des ressources (graphique sur les stades du développement d’un conflit, lignes directrices pour déterminer la réponse de la CMM aux conflits, « guérison des mémoires ») qui seront bientôt accessibles sur le site Web.

    De prochaines initiatives comprennent le développement d’un Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (le sujet d’un atelier le 24 juillet 2015, un des neuf ateliers préparés par la Commission Paix) et la mobilisation du Réseau des Églises pacifistes historiques. Nous dialoguons avec des ex-ennemis, dit Paulus Widjaja (en faisant référence au dialogue trilatéral de la Commission Foi et Vie avec les luthériens et les catholiques), pourquoi pas avec des amis?

    La Commission Paix est également partenaire avec Conrad Grebel University College pour la tenue d’une conférence et d’un festival mennonite mondial sur la paix en Ontario (Canada), du 9 au 12 juin 2016.

    Karla Braun est la rédactrice de Courier/Correo/Courrier.

  • Un atelier de la Commission Foi et Vie explore la question du 500e anniversaire en 2025

    Leaders from other world communions brought ecumenical greetings in plenaries. PHOTO: Merle Good

    Par Gordon Houser

    La Conférence Mennonite Mondiale a tenu son premier rassemblement en 1925 – l’année du 400e anniversaire de l’origine du mouvement anabaptiste. Avec le 500e anniversaire dans seulement dix ans, plusieurs personnes se demandent comment la CMM commémorera l’événement.

    Le 25 juillet 2015, un atelier au Rassemblement de la CMM à Harrisburg en Pennsylvanie a abordé cette question « De la Réforme 2017 à l’anabaptisme 2025 : comment l’Église mondiale commémorera-t-elle le 500e anniversaire? » et a fourni quelques indications de ce qui pourrait se faire.

    Hanspeter Jecker, Astrid von Schlachta et John D. Roth ont dirigé l’atelier. Ils ont demandé des suggestions aux participants et ont expliqué le contexte de la question.

    Bref, la réponse à la question se résume en un mot : « sagement ».

    « La manière de commémorer nos origines nous aide à comprendre qui nous sommes aujourd’hui » dit John D. Roth. Il nous met en garde contre l’exubérance : « nous commémorons une division d’église. »

    Astrid von Schlachta fait remarquer que le premier rassemblement de la CMM a mis l’accent sur le renouveau, le christocentrisme, le danger du matérialisme et sur l’église comme premier objet de la mission

    John D. Roth souligne que le renouveau est encore un sujet d’intérêt aujourd’hui. En 1925, il y avait peu d’anabaptistes, mais aujourd’hui il y en a 1,9 million.

    Il ajoute que les planificateurs des événements voudront être en communication avec les 103 groupes qui font partie de la CMM ainsi que les groupes qui ne sont pas membres mais apparentés, tels les amish, les groupes Old Colony et des groupes des églises libres en Allemagne.

    Hanspeter Jecker dit que les commémorations devraient refléter nos convictions théologiques, nos partenariats œcuméniques et notre réalité mondiale. Il a présenté un ensemble de propositions qui comprend une commémoration décennale qui s’étalera de 2017 à 2025/27.

    Provisoirement intitulés RENEWAL 2015, les commémorations comprendraient un événement régional tenu à tous les deux ans dans chacun des cinq continents. Au programme, il pourrait y avoir une rencontre des commissions en 2016, une réunion du Conseil Général en 2018, le prochain Rassemblement de la CMM en Indonésie en 2021, une autre réunion du Conseil Général en 2021 et un Rassemblement de la CMM en 2027, possiblement en Suisse.

    Les objectifs fixés pourraient être les relations intra-anabaptistes, le témoignage mondial et la connaissance de soi.

    La Commission Foi et Vie est ouverte aux suggestions sur la façon de procéder.

    Gordon Houser est rédacteur de The Mennonite, la publication de Mennonite Church USA.

  • Un cercle d’amitié offre un don en argent à un pasteur kényan

    Par Paul Schrag

    Dans son cercle d’amitié, au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, Francis Ojwang a reçu une bénédiction inattendue au contact de ses frères et de ses sœurs d’ailleurs.

    Le pasteur kényan espérait que son épouse, Everline Achieng, puisse voyager avec lui à PA 2015.

    Mais comme près de 300 autres personnes de divers pays, l’épouse de Francis Ojwang n’a pas obtenu de visa. Le couple a déboursé plus de 1 000 $ pour les demandes de visa (l’entrevue de demande de visa, les passeports) et la moitié n’a servi à rien.

    « J’étais déçu mais pas découragé, car je crois que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », dit Francis Ojwang.

    Il a raconté son histoire avec le cercle d’amitié no 348, un des quelque 300 cercles composés d’environ 10 personnes qui se rencontraient pendant 45 minutes après chaque culte de la matinée.

    Les autres membres du cercle de Francis, tous des États-Unis, ont fait une collecte. À leur dernière rencontre, ils ont remis à Francis, père de six enfants, une enveloppe contenant assez d’argent pour couvrir une bonne partie de sa perte.

    « C’est une surprise et une grande bénédiction », a-t-il dit.

    Il a promis qu’une partie des fonds servirait à aider les orphelins qui représentent la moitié des 120 enfants de l’école du dimanche de son assemblée.

    Avant de recevoir le don, il avait 5 $ dans ses poches.

    Le thème de la journée était justement «  En marche avec Dieu dans l’accueil et le don ».

    Le partage interculturel vécu au sein du cercle d’amitié no 348 n’est qu’un des innombrables moments du Rassemblement — culte d’adoration avec la multitude, la musique au Village de l’Église Mondiale, la Coupe du monde anabaptiste ou les rencontres dans les couloirs — qui ont rapproché les anabaptistes de partout dans le monde dans une communion plus étroite.

    Paul Schrag est rédacteur de Mennonite World Review. Il faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les séances plénières du 16e Rassemblement.

  • Harrisburg, Pennsylvanie – La nécessité pour plusieurs d’obtenir des visas de visiteurs aux États-Unis pour assister à Pennsylvania 2015, le Rassemblement de la CMM à Harrisburg, a longtemps été une préoccupation pour de nombreux planificateurs et participants. Depuis plus d’un an, le groupe de travail de la CMM pour les visas a accompli de nombreux préparatifs.

    Maintenant que nous sommes en avril 2015 et qu’il ne reste que quelques mois avant le Rassemblement de juillet, nous pouvons dire que les obstacles et les difficultés existent vraiment, mais qu’il y en a moins que prévu. Nous attendons une bonne assistance au Rassemblement.

    Nous savions depuis le début qu’environ 1 000 personnes, en provenance de 44 pays, auraient besoin d’un visa de visiteur et qu’elles auraient à travailler fort pour venir à Pennsylvania 2015. Nous avons discerné trois secteurs problématiques dès le début : Y aura-t-il assez de personnes prêtes à dépenser de l’argent et de l’énergie pour demander un visa et prendre les dispositions nécessaires pour le voyage? Est-ce que le soutien financier et logistique de la CMM sera en mesure de rendre cela possible? Est-ce que les systèmes publics de délivrance de passeports nationaux et de visas américains seront collaboratifs?

    Sur chacun de ces fronts, nous avons été souvent surpris et bénis. Des personnes de plusieurs pays se sont annoncées : très tôt, plus de 200 du Zimbabwe, près de 300 de l’Inde, plus de 100 du Congo, un nombre toujours croissant de l’Indonésie, de l’Éthiopie, de l’Amérique centrale et du Sud, de l’Ukraine, etc.

    Plusieurs autres personnes planifient de venir de l’Europe, du Japon, de la Corée du Sud et d’autres pays pour lesquels un visa de visiteur n’est pas requis. Ce fut réellement une leçon d’humilité de voir autant de personnes faire de grands efforts pour assister à Pennsylvania 2015!

    L’aide supplémentaire dont nous avions besoin de la part des conférences d’églises du Canada et des États-Unis a aussi été importante. Des personnes vivant près d’Harrisburg ont ouvert leurs maisons pour accueillir les visiteurs. Plusieurs donnent du temps, de la nourriture et de l’argent pour soutenir Pennsylvania 2015. Nous découvrons qu’effectivement les gens de la région veulent être de bons hôtes et ils travaillent fort pour le montrer.

    Et enfin, le souci constant à propos du soutien des ambassades des États-Unis qui octroient les visas de visiteurs. Dès le début, nous avons été encouragés par les réponses que nous avons reçues des fonctionnaires. Ils ont communiqué un soutien réel et une ouverture à prodiguer des conseils sur ce qui est demandé et pourquoi c’est demandé. Plusieurs autres gouvernements qui délivrent des passeports aux personnes qui souhaitent voyager ont aussi été aidants.

    Nous sommes conscients que dans ces trois secteurs (capacité des gens à venir, soutien financier et logistique et les autorisations/documents de voyage), il existe encore toutes sortes de besoins et de demandes. Pennsylvania 2015 demeure tout un défi. Nous savons que ce ne sera pas tous ceux et celles qui veulent venir qui pourront le faire. Nous savons que les systèmes de soutien au sein de nos propres églises se révèleront parfois difficiles.

    Et nous savons que ce ne sera pas tous ceux et celles qui demandent des documents de voyage et des visas qui auront du succès. Dans certains cas, les agents consulaires américains auront des doutes et des questions, ce qui signifie que certaines personnes verront leur demande de visa refusée. Dans chacun de ces cas, il y aura des frustrations et de nombreuses possibilités de malentendus

    Mais au bout du compte, nous nous attendons à avoir un grand rassemblement à Harrisburg en juillet. Il y aura une bonne représentation de sœurs et de frères de partout dans le monde qui raconteront l’histoire de leurs efforts pour faire ce voyage. Nous attendons avec impatience ce moment important avec l’Église mondiale et nous espérons que vous planifiez aussi de venir.

    Article par Bob Herr et Judy Zimmerman Herr, coordonnateurs du groupe de travail de la CMM pour les visas

    Histoires entendues en cours de route

    Quand nous avons demandé des exemples d’histoires vécues par les personnes qui cherchent à obtenir un visa, les auteurs ont répondu : « Ce ne sont que quelques histoires. Nous n’avons pas examiné tous les aspects du pourquoi certaines demandes de visa ont été refusées, car il est très difficile de comprendre toutes les raisons en ce moment alors que nous sommes en plein milieu des procédures de demande de visa. Et les agents consulaires ne donnent pas souvent les raisons, de sorte que nous nous retrouvons avec les spéculations des personnes. »

    • Quand une dame âgée africaine a appris que sa demande de visa était refusée, elle n’a pas voulu aller chercher son passeport à l’ambassade. Elle a dit : « Non, j’ai seulement besoin d’un passeport s’il y a un visa à l’intérieur pour assister à Pennsylvania 2015, je n’irai pas le chercher. » Après d’autres délibérations, le visa lui a été octroyé et elle est allée chercher son passeport. (Nous ne suggérons pas aux personnes d’agir ainsi – seulement ceux ou celles qui ont une attitude et un esprit de grand-mère convaincante.)
    • Quelques refus de visas sont le résultat d’information inconsistante dans le dossier du demandeur, par exemple, demander un visa dont les dates ne correspondent pas aux dates du Rassemblement de la CMM. Cela peut sembler un détail du point de vue du demandeur, mais c’est perçu différemment par les fonctionnaires qui connaissent peu la personne à part ce qui est présenté dans la demande.
    • Les catégories de demandeurs de visa les plus à risque sont les jeunes qui peuvent être perçus comme des personnes voulant demeurer aux États-Unis pour des raisons économiques, et les personnes plus âgées à la retraite qui pourraient avoir de la famille chez qui rester après le Rassemblement. Nous encourageons ces personnes à se préparer à répondre à des questions relatives à ces inquiétudes. Les personnes ayant les meilleures chances d’obtenir un visa sont celles qui ont un dossier de voyage ou qui sont bien enracinées dans une entreprise ou une profession.
    • Une personne (un pharmacien) s’est faite poser la question suivante lors de l’entretien à l’ambassade : « Pourquoi les mennonites ont-ils besoin d’un pharmacien au Rassemblement? » Sa réponse a été convaincante et sa demande de visa approuvée.
    • Dans un autre cas, on a refusé d’octroyer un visa à un couple pastoral parce que l’agent consulaire estimait qu’ils n’avaient pas les ressources suffisantes pour effectuer le voyage au Rassemblement. Ce couple a déposé une nouvelle demande avec une lettre de leur église attestant que l’église finançait leur voyage. Ils espèrent que cela fera une différence.