Auteur/autrice : Karla Braun

  • Sœurs et frères bien-aimés :

    L’apôtre Paul a exhorté l’Église à « s’appliquer à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éphésiens 4. 3). Ces paroles sont particulièrement pertinentes pour la Conférence Mennonite Mondiale aujourd’hui.

    Préserver l’unité de l’Esprit n’a jamais été facile pour l’Église — ni hier ni aujourd’hui, à une époque où la technologie peut amplifier les forces de division et de polarisation. À l’instar de nombreuses confessions chrétiennes mondiales, la CMM est confrontée à de sérieuses difficultés alors qu’elle s’efforce de préserver cette unité face à des points de vue divergents sur les relations entre personnes du même sexe. Nous avons constaté à quel point les réseaux sociaux peuvent propager des rumeurs, aggraver la méfiance et créer une communication malsaine parmi nos membres, en particulier autour de ce sujet. Ces dynamiques menacent l’unité de l’Esprit au sein de la CMM. Et pourtant, nous restons une communion mondiale dans la tradition anabaptiste, appelés à suivre Jésus ensemble.

    Vous vous souvenez peut-être qu’après de longues consultations au début des années 2000, les Églises membres de la CMM ont clarifié deux engagements importants. Premièrement, l’autonomie et l’autodétermination de chaque union d’Églises sont essentielles. Deuxièmement, les relations entre nos Églises dans le monde doivent être renforcées. Notre communion mondiale doit donc être construite au sein d’une fraternité d’Églises autonomes.

    La CMM reconnaît et respecte l’autorité et la diversité des structures ecclésiales locales et nationales. Dans le même temps, les Églises membres se sont engagées à aller plus loin que l’indépendance et à prendre part à la communion les unes avec les autres. Nous comprenons cet appel à l’interdépendance et à la communion comme une réponse fidèle à la volonté de Dieu exprimée dans la prière de Jésus dans l’Évangile selon Jean : « pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé » (Jean 17. 23 TOB).

    Cette espérance de relations renforcées et interdépendantes se reflète dans les « Convictions communes » de la CMM : sept valeurs partagées et acceptées par tous les membres de la CMM, adoptées par le Conseil général il y a 20 ans, ces convictions expriment notre engagement mutuel à suivre Jésus, à centrer nos vies sur les Écritures et à nous en remettre au Saint-Esprit pour chercher à vivre fidèlement.

    Pourtant, déjà à cette époque, une question difficile subsistait : comment gérer les convictions que nous ne partageons pas forcément ? Des convictions façonnées par la diversité de nos cultures, de nos histoires, de nos expériences et de nos interprétations des Écritures ?

    La sexualité humaine et le mariage constituaient l’un des sujets identifiés comme source de profond désaccord parmi nos membres. En particulier, les points de vue concernant les relations entre personnes de même sexe ont, pendant de nombreuses années, contribué à la fragmentation au sein de certaines Églises membres. Lors de la préparation de l’Assemblée mondiale de 2015 aux États-Unis, il est apparu clairement que la CMM devait définir comment nous allions répondre à la réalité de convictions « non partagées », ou divergentes, au sein de notre communion mondiale.

    Lors du Conseil général de 2018, notre Commission Foi et Vie a proposé un processus visant à nous aider à cerner les domaines de désaccord. L’objectif était de respecter l’autonomie de chaque union d’Églises tout en renforçant les relations entre les Églises à l’échelle mondiale. Malheureusement, cette proposition n’a pas été acceptée.

    Alors que la question des relations entre personnes de même sexe continue de mettre à rude épreuve notre famille mondiale, la direction de la CMM continue d’explorer des moyens fidèles d’y répondre. La Commission Foi et Vie, en collaboration avec le Comité exécutif, travaille actuellement sur une nouvelle proposition qui sera présentée au Conseil général en 2028, ainsi que sur un accord interne concernant les « convictions divergentes » et les critères de recrutement et de nomination des responsables, qui devra être ratifié par le Comité exécutif en 2027.

    À l’heure actuelle, concernant la question spécifique des relations entre personnes de même sexe, nous souhaitons communiquer clairement trois points.

    1. Il n’existe pas de consensus parmi les Églises de la CMM sur les relations entre personnes de même sexe. Nous avons convenu ensemble de respecter nos Convictions communes, mais celles-ci n’abordent pas la question des relations entre personnes de même sexe. Parmi nos 110 Églises et conférences membres, certaines ont laissé aux assemblées locales la liberté de déterminer leur propre position sur les relations entre personnes de même sexe. Certaines de ces assemblées locales sont « ouvertes et affirmantes » ; d’autres ne le sont pas.
    2. La CMM n’a pas adopté de position sur les relations entre personnes du même sexe. La CMM n’appuie ni une position affirmante ni une position non affirmante. Et nous tenons à préciser très clairement que la CMM n’a subi aucune pression pour soutenir une opinion particulière concernant les relations entre personnes de même sexe.
    3. Lorsque nos opinions divergent, nous cherchons à discerner ensemble la volonté de Dieu. Depuis plus de 12 ans, nous cherchons dans la prière la meilleure voie à suivre face aux désaccords, aux malentendus et aux rumeurs non vérifiées concernant la manière dont la CMM aborde ce sujet. Tout au long de ce parcours, un principe nous a guidés : lorsque les Églises sont confrontées à des désaccords, nous sommes appelés par Dieu à engager le dialogue et à discerner ensemble la volonté de Dieu. Nous retrouvons ce modèle dans Actes 15, où l’Église a écouté, s’est exprimée avec franchise et a recherché la direction du Saint-Esprit. À l’instar de l’Église primitive, nous prenons au sérieux notre appel à tout mettre en œuvre pour garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Éphésiens 4. 3).

    Les sujets qui divisent suscitent souvent la peur et la tension. Face aux désaccords, les sociétés peuvent se fragmenter, se séparant en groupes de personnes qui partagent déjà les mêmes opinions. Mais Jésus nous appelle à suivre une voie différente. Guidés par Jésus et fortifiés par le Saint-Esprit, nous sommes appelés à vivre en tant que communauté à contre-courant : un peuple qui recherche l’unité, aborde les différences avec amour, qui cherche ensemble la direction de Dieu et continue à marcher avec Dieu comme un seul corps dont la tête est Jésus-Christ. Nous agissons ainsi « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adulte, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Éphésiens 4. 13 TOB).

    Nous restons prêts à dialoguer avec les membres de la CMM qui ont des questions, des préoccupations ou le désir d’un échange plus approfondi. Veuillez garder la CMM dans vos prières alors que nous cherchons à témoigner de la nouvelle création de Dieu, à discerner ensemble la volonté de Dieu et à répondre fidèlement à notre appel à suivre Jésus en tant que communion mondiale, en gardant l’unité de l’Esprit.

    Seigneur, dans ta miséricorde, écoute notre prière.
    Au nom de Jésus, Prince de la Paix, amen.

    2025 headshot César García

    César García

    Secrétaire général

    Conférence Mennonite Mondiale


    Prières urgentes et lettres pastorales


    Throng of people gathered in a circle with laying hands
  • Que le SEIGNEUR soit une citadelle pour l’opprimé,

    une citadelle pour les temps de détresse !

    Qu’ils comptent sur toi, ceux qui connaissent ton nom,

    car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent, SEIGNEUR !

    Psaume 9.10–11

    Sœurs et frères bien-aimés

    La Colombie a subi un tremblement de terre de magnitude 7,4 sur l’échelle de Richter le 10 août 2026. La région de Chocó a été affectée, avec des effets ressentis de Bogota à certaines parties de la République de l’Equateur.

    Pereira et Cali, des villes comptant plusieurs communautés membres de la CMM, ont été particulièrement touchées. D’autres assemblées de frères mennonites réparties dans toute la région de Chocó ont été aussi affectées.

    Au moment de la rédaction de cet article, environ 130 morts ont été signalés, et ce chiffre devrait augmenter au fur et à mesure que les équipes de secours progressent et évaluent l’étendue des dégâts.

    Priez, s’il vous plait, pour nos églises et tous ceux qui sont touchés par la situation.

    Prions pour que les gens fassent preuve de générosité dans ce moment de crise. Que nos voisins, les équipes de secours et les fonctionnaires puissent coopérer, malgré leurs clivages, pour répondre aux besoins les plus urgents. Que les gens puissent, ensemble, pleurer la perte des vies humaines, des maisons, des moyens de subsistance.

    Prions pour le président nouvellement élu, Abelardo de la Espriella, alors qu’il doit faire face à ce désastre et ses conséquences.

    Que nos prières nous poussent à agir.

    Merci de rester attentif aux prochaines nouvelles de nos églises que nous donnerons bientôt.

    La Conférence Mennonite Mondiale compte 3 associations d’églises membres en Colombie, totalisant 70 assemblées et 3000 membres :

    • Iglesia Cristiana Menonita de Colombia (IMCOL),
    • Iglesias Hermanos Menonitas de Colombia (Mennonite Brethren – IHMC)
    • Iglesia Hermandad en Cristo (BIC).

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    Pablo Stucky
    Représentant régional, Amérique latine – Région Andine


    Prières urgentes et lettres pastorales

  • Dans Luc 24, 13-36 on peut lire l’histoire de deux amis qui quittent Jérusalem, le cœur désespéré. Sur la route d’Emmaüs, un inconnu se joint à eux. Il écoute leur chagrin et leur incompréhension, puis leur parle des Écritures, de la promesse de Dieu, à la fois fragile et éternelle. Et leur cœur s’enflamme. Ils lui disent : « Reste avec nous, car le soir tombe. » Et lorsqu’ils rompent le pain ensemble, ils le reconnaissent : le Christ, celui qui est vivant. Mais au moment où ils en prennent conscience, Jésus disparaît de leur vue.

    Du 14 au 17 mai 2026 à Amersfoort, aux Pays-Bas, dans un espace qui ressemblait à une arche, plus de 600 mennonites d’Europe et d’ailleurs se sont réunis pour le CMERK*. Ils se sont écoutés les uns les autres, ont développé les idées de chacun et ont collaboré autour du thème « la foi en mouvement ; danser dans le courant ».

    L’orateur de la séance plénière, Marius van Hoogstraten (Allemagne), a commenté le texte de Luc 24. Être témoin, ce n’est pas seulement proclamer la victoire de Dieu, mais aussi marcher aux côtés de ceux qui ne reconnaissent pas encore la présence divine, a-t-il déclaré. Tout comme Jésus a marché avec ces deux disciples.

    Apprendre ensemble

    Lors d’un atelier intitulé « Les réponses mennonites à la militarisation », des mennonites ont expliqué comment la paix se concrétise dans leurs pays alors que la guerre fait rage en Ukraine et ailleurs.

    • Un Ukrainien a témoigné de ses difficultés à vivre selon ses convictions. Il étudiait en Lituanie en 2022 lorsque la guerre a éclaté, et il a choisi le pacifisme.
    • Aux Pays-Bas, des jeunes explorent la signification de la paix lors de discussions organisées dans le cadre de rencontres appelées « repas de la paix ».
    • Des membres étasuniens du personnel de la CMM et des Commissions ont évoqué la manière dont les Églises s’unissent pour réagir à la réintroduction de l’inscription automatique pour la conscription.
    • Des membres des Commissions de la CMM de Colombie ont expliqué comment l’Église se mobilise pour soutenir les objecteurs de conscience.

    Lors de l’atelier intitulé « Créer une Église sécurisante », les participants ont évoqué les différentes façons dont les Églises ont réagi face aux abus, ont déploré les incidents qui n’ont pas été gérés de manière appropriée et ont réfléchi ensemble à ce qui pourrait être fait de plus.

    Par ailleurs, lors d’un atelier sur la justice climatique, un groupe de jeunes théologiens européens a sensibilisé l’auditoire à la nécessité de protéger les communautés contre les pratiques industrielles et agricoles qui détruisent les écosystèmes, principalement dans les pays du Sud.

    Chaque voix est complexe, chaque contexte différent. Pourtant, chaque histoire est liée par la même quête : comment avancer, dans la foi, dans un monde soumis à une pression croissante ?

    Créer ensemble

    Au-delà des discussions de groupe et des ateliers, le CMERK a offert un espace pour créer et se sentir ensemble :

    • en construisant une église en LEGO® ;
    • à travers des danses et des activités artistiques collaboratives ;
    • par des méditations et des prières en groupe ;
    • en préparant des kits d’aide humanitaire pour l’Ukraine.

    Le témoignage s’est concrétisé dans des actions qui ont commencé par un choix individuel de participer, mais qui ont été menées en harmonie avec les autres. Tout comme la foi, qui est intime, mais jamais solitaire.

    Au cours de ces quatre jours de partage, d’écoute et de participation, il s’est produit quelque chose qui ressemblait à Emmaüs : les gens se sont écoutés. Et les cœurs se sont mis à brûler.

    « Dans cet espace restreint, l’arche, nous apprenons à essayer de nouvelles choses et à vivre les uns avec les autres, même si cela est inconfortable. Nous nous mettons au défi les uns les autres. Mais nous apprendrons si nous accueillons la sagesse de chacun. Car nous sommes ensemble dans ce voyage », a déclaré Wieteke van der Molen (Pays-Bas), oratrice en séance plénière et membre du Comité Exécutif de la CMM.

    – Article adapté de « CMERK 2026 : Blijf bij ons, in de stroom » publié sur Doopsgezinden.nl, rédigé par Kalle Brüsewitz, avec la contribution de Marius van Hoogstraten, Franka Riesmeijer et Iris Speckmann.

    *CMERK, une rencontre régionale pour toutes les Églises mennonites européennes, est une combinaison de deux noms pour l’événement : Conférence Mennonite Européenne (français) + Mennonitische Europäische Regionale Konferenz (allemand).


    worship service at CMERK
  • « Si le christianisme mondial était réduit à mille personnes, les anabaptistes n’en représenteraient qu’une seule », a déclaré Timo Doetsch, membre allemand du Conseil général de la CMM représentant l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Brüdergemeinden in Deutschland (AMBD). « Nous ne sommes que le petit orteil du corps du Christ… Nous sommes minuscules, mais nous avons une voix. Et j’espère que notre voix est un petit cadeau de paix pour le christianisme mondial, et même au-delà : comme Joseph, qui avait des problèmes avec ses frères, mais qui a pu aider ses frères à se réconcilier. »

    Cinq dirigeants, actuels et anciens, de la CMM ont pris la parole lors de la table ronde intergénérationnelle animée par Ebenezer Mondez, mentor des Jeunes Anabaptistes (YABs), lors la célébration du centenaire de la CMM en Allemagne le 25 mai 2025, pour réfléchir à l’impact de la CMM sur leur vie, leur foi et leur ministère.

    Larry Miller, secrétaire général émérite de la CMM, a servi la CMM à une époque de transformation. Sous son mandat, la CMM est passée de simples réunions occasionnelles lors des Assemblées à une collaboration vivante à travers le travail continu des commissions. Il a vu l’anabaptisme évoluer d’un mouvement majoritairement issu du Nord à un mouvement inspiré par le Sud. Il a également vu le mouvement passer de la gestion des blessures de l’histoire des martyrs à la guérison des blessures causées par les conflits d’églises.

    « La Conférence Mennonite Mondiale est l’un des meilleurs endroits dont nous disposons aujourd’hui dans le monde anabaptiste pour observer et participer aux mouvements qui transforment, étendent et renouvellent l’Église », a déclaré Larry Miller.

    Transformer la foi, renouveler l’église.

    Valentina Kunze, originaire d’Uruguay, s’est engagée pour la première fois auprès de la CMM en tant que déléguée des Jeunes anabaptistes au Sommet mondial de la jeunesse 2022 en Indonésie. Aujourd’hui présidente du Comité YABs (Jeunes anabaptistes), elle a souligné le caractère transformateur de la CMM en déclarant : « J’ai pris conscience avec humilité que ma propre façon de voir et de faire les choses n’est pas la seule façon, ni la bonne, mais qu’il existe de nombreuses autres manières de connaître le Christ. J’ai également pu constater la richesse de la manière dont d’autres cultures vivent et font l’expérience d’autres facettes de Jésus, beaucoup plus mises en avant que dans ma propre culture.

    « Voir des personnes si différentes aimer et adorer le même Dieu m’a vraiment aidée à comprendre que Dieu est bien plus grand et bien plus puissant que je ne l’aurais jamais imaginé », a-t-elle déclaré.

    Amos Chin, membre du Comité Exécutif originaire du Myanmar, partage cet avis. « Louer, apprendre et servir aux côtés de croyants d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe et d’Amérique du Nord m’a montré la magnifique diversité de l’Église. Ces liens me rappellent que l’Église est plus grande que n’importe quelle assemblée isolée… c’est un corps mondial de croyants. L’unité en Christ n’efface pas nos différences, mais les transforme en occasions d’apprentissage mutuel et d’amour. »

    « [Faire partie de la CMM] a remis en question mes a priori culturels et a approfondi ma compréhension de la manière dont la foi est vécue. Apprendre auprès de responsables mondiaux, dont beaucoup viennent du Sud, m’a rendu humble… a remis en question ma complaisance et a renouvelé ma passion pour la formation de disciples », a déclaré Amos Chin, responsable de la Bible Missionary Church, une Église mennonite au Myanmar.

    Timo Doetsch a également partagé une expérience d’humilité vécue dix ans plus tôt en Pennsylvanie, aux États-Unis. Lors d’un cercle où les participants se lavaient les pieds les uns les autres, « quelqu’un est venu vers moi et — honnêtement, avant cela, je n’avais aucune sympathie pour cette personne. Mais c’est précisément cette personne qui est venue me laver les pieds. Ce moment a été très transformateur et m’a rendu humble », a-t-il déclaré.

    Lorsqu’elle s’est impliquée dans le groupe chargé de rédiger les Convictions Communes, l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro, du Kenya, a déclaré : « J’ai commencé à voir des choses remises en question — des questions doctrinales auxquelles je tenais tant. Cela m’a ouvert les yeux sur le fait qu’il est nécessaire de regarder ce que nous avons en commun plutôt que ce qui nous sépare. Je pense qu’il est biblique et saint de défendre ce qui nous rassemble. »

    De la place pour tout le monde

    Rebecca Osiro a grandi dans un environnement social et culturel où les femmes pouvaient assumer de nombreuses responsabilités au sein de l’Église, mais ne pouvaient ni être consacrées ni faire de la théologie.

    C’est lors de l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale au Zimbabwe en 2003 qu’elle a été introduite dans le cercle des théologiennes anabaptistes. Lorsqu’elle a rejoint la Commission Foi & Vie, « je me suis souvent sentie inadéquate sur le plan académique, mais les échanges qui s’y sont déroulés m’ont rendue plus forte spirituellement. »

    « Et j’ai été vraiment encouragée de voir que ces géants de l’université qui m’entouraient ne me considéraient pas comme une fourmi parmi eux, mais comme une sœur », a-t-elle déclaré.

    De même, les catholiques et les luthériens avec lesquels elle a participé au dialogue trilatéral sur le baptême « m’ont fait sentir que je faisais partie intégrante de ce corps du Christ tout à fait compétent », a déclaré Rebecca Osiro.

    Reconnaissante de l’opportunité que la CMM offre aux jeunes, Valentina Kunze, d’Uruguay, a souligné l’importance d’être véritablement écoutée. « C’est une grande qualité et je souhaite vraiment encourager la poursuite de cette démarche. »

    « La CMM a été pour nous un lieu de vie abondante et un lieu d’amitiés durables », a déclaré Larry Miller.

    MWC100 leaders interview
  • logos: World Council of Churches, Mennonite World Conference, act alliance, the Lutheran World Federation, World Communion of Reformed Churches, Anglican Communion, the Middle East Council of Churches, Christian Conference of Asia, World Methodist Council

    Le Conseil œcuménique des Églises, le Conseil des Églises du Moyen-Orient, la Fédération luthérienne mondiale, la Communion mondiale d’Églises réformées, le Conseil méthodiste mondial, la Conférence Mennonite Mondiale, la Conférence chrétienne d’Asie et l’Alliance ACT unissent leurs voix pour exprimer leur profonde préoccupation face aux conséquences humanitaires et sociales de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, ainsi qu’à la menace qu’il fait peser sur la paix et la sécurité dans la région et dans le monde.

    Après de nombreuses années des situations politiques, économiques et sociales difficiles, les plus de 92 millions d’habitants de l’Iran sont aujourd’hui menacés par le conflit actuel et font face à un avenir très incertain.

    Le recours à la force par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei le 28 février 2026 et les représailles qui ont suivi de la part de l’Iran ont débouché sur une guerre qui menace la paix non seulement dans la région, mais bien au-delà. Cela suscite également de graves préoccupations quant à la sécurité et au bien-être des civils, comme en témoigne le tragique exemple des 175 écolières et enseignants qui auraient trouvé la mort lors d’une frappe de missile sur une école de filles dans la ville de Minab, dans le sud de l’Iran.

    La crise humanitaire et les souffrances s’aggraveront inévitablement tant que ce conflit se prolongera. Qui plus est, nous sommes profondément préoccupés par les informations de plus en plus nombreuses faisant état de violations graves du droit international humanitaire au cours des opérations militaires en cours. Nous insistons sur le fait que, en vertu de leur obligation morale et juridique, toutes les parties au conflit doivent protéger les civils et s’abstenir de prendre pour cible les zones et les infrastructures civiles.

    De plus, nous craignons que le conflit n’entraîne une nouvelle période de violence et d’instabilité prolongées dans l’ensemble de la région. Il touche déjà de nombreux pays de la région et au-delà.

    Au Liban, la situation s’est transformée en une attaque israélienne à grande échelle qui touche plusieurs régions du pays, y compris la capitale, Beyrouth. Des destructions massives ont été infligées à des quartiers résidentiels au Liban, en particulier dans la banlieue sud de Beyrouth et dans de vastes régions du sud du Liban. L’intensification des hostilités a provoqué des souffrances généralisées parmi la population civile et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers en quête de sécurité.

    L’Irak a également été touché par l’escalade régionale, les tensions croissantes et les préoccupations en matière de sécurité ajoutant encore à la fragilité du contexte.

    Les frappes de représailles iraniennes ont également touché plusieurs pays du Golfe, ainsi que Chypre et l’Azerbaïdjan.

    En outre, nous sommes profondément préoccupés par le fait que ces attaques et leurs conséquences risquent d’entraîner des déplacements de population encore plus importants dans une région qui compte déjà un nombre très élevé de personnes déplacées et où les moyens ou l’organisation pour assurer le bien-être des personnes déplacées à l’intérieur de l’Iran ou des réfugiés dans les pays voisins sont malheureusement insuffisants.

    Outre les conséquences immédiates que sont les morts, les destructions et les déplacements en Iran et dans les pays les plus touchés, ce conflit a déjà un impact sur la vie et les moyens de subsistance des personnes, des communautés et des sociétés dans toute la région. À l’instar du reste de la société en Iran et dans la région au sens large, les Églises et les communautés chrétiennes sont confrontées aux dangers que cette guerre fait peser sur leur avenir.

    Il convient de souligner que les attaques conjointes d’Israël et des États-Unis sont clairement illégales au regard du droit international. Elles sont menées sans aucune preuve crédible de la menace imminente présumée de l’Iran et constituent une violation flagrante de la Charte des Nations unies, qui a été créée précisément pour sauver les peuples du monde du fléau de la guerre. L’abandon de la diplomatie au profit d’une attaque armée est imprudent et irresponsable.

    Ayant emprunté cette voie, Israël et les États-Unis d’Amérique ne doivent pas être autorisés à créer une nouvelle fois la désolation et à appeler cela la paix. Ils doivent assumer la responsabilité des conséquences de leurs actes, y compris les conséquences pour l’avenir du peuple iranien dont ils prétendent promouvoir la liberté.

    Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat, à la reprise urgente des relations diplomatiques et du dialogue politique par le biais des mécanismes internationaux et régionaux établis, et au respect total par tous les États de leurs obligations en vertu du droit international, y compris la Charte des Nations Unies.

    Notre appel est fondé sur notre foi et nos valeurs éthiques chrétiennes, ainsi que sur le droit et la politique. Nous affirmons que la guerre est incompatible avec la nature même de Dieu et sa volonté pour l’humanité, et qu’elle va à l’encontre de nos principes chrétiens fondamentaux. La paix est un impératif moral et spirituel enraciné dans notre foi en un Dieu de justice et de compassion, et un don qui ne s’obtient pas par la force ou la puissance des armes. La dignité humaine est sacrée, elle reflète l’image de Dieu. Toute atteinte à la vie civile ou toute violation systématique des droits humains, qu’elle résulte d’une attaque extérieure ou d’une oppression interne, est un affront direct à la dignité humaine donnée par Dieu et au caractère sacré de la vie.

    Dans ce conflit et dans le contexte mondial plus large, nous déplorons l’absence de moralité et de légalité, l’arrogance et les idéologies du pouvoir qui prévalent, et le remplacement de la conscience par l’utilité politique. En tant que chrétiens, nous ne reconnaissons aucune licence divine pour tuer, détruire, déplacer ou occuper. Nous proclamons la dignité humaine et les droits de tous les peuples, donnés par Dieu, de manière égale et sans discrimination. Nous rejetons la logique brutale de la guerre et de la domination. Nous recherchons le don de la paix.

    Nous prions pour les peuples du Moyen-Orient qui ont trop longtemps souffert de la violence, trop souvent à la suite d’interventions d’acteurs extérieurs.

    Nous invitons toutes les Églises et tous les chrétiens du monde, ainsi que toutes les personnes de foi et de bonne volonté, à se joindre à nous pour prier pour la paix au Moyen-Orient et partout dans le monde où règnent la guerre et la tourmente.

    Seigneur, mets fin à la violence et à l’injustice.

    Incite les dirigeants à œuvrer pour le bien-être de tous.

    Que ton amour et ta compassion triomphent, unissant les nations dans une quête commune de paix.

    Que ton royaume de paix règne sur la Terre comme au ciel.


    • Alliance ACT
    • Conférence chrétienne d’Asie
    • Fédération luthérienne mondiale
    • Conférence mennonite mondiale
    • Conseil des Églises du Moyen-Orient
    • Communion mondiale d’Églises réformées
    • Conseil œcuménique des Églises
    • Conseil méthodiste mondial
    logos: World Council of Churches, Mennonite World Conference, act alliance, the Lutheran World Federation, World Communion of Reformed Churches, Anglican Communion, the Middle East Council of Churches, Christian Conference of Asia, World Methodist Council


    Prières urgentes et lettres pastorales

    God, bring an end to violence and injustice
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    « Les bontés du SEIGNEUR ! C’est qu’elles ne sont pas finies ! C’est que ses tendresses ne sont pas achevées ! Elles sont neuves tous les matins. Grande est ta fidélité ! Ma part, c’est le SEIGNEUR, me dis-je ; c’est pourquoi j’espérerai en lui. » 

    Lamentations 3. 22-24 

    Nous vous invitons à prier et à manifester votre solidarité auprès de nos membres à Cuba. 

    Le pasteur Luis Hernández, de l’église membre de la CMM Sociedad Misionera Cubana Hermanos en Cristo (Frères en Christ), écrit : 

    Les besoins ici sont nombreux. 

    Il manque de carburant. 

    Il manque d’électricité. 

    Il manque de nourriture. 

    Il manque de ressources financières.  

    La situation humanitaire à Cuba s’aggrave en raison de la pénurie de carburant qui a commencé lorsque le gouvernement américain a pris des mesures pour bloquer l’approvisionnement en pétrole de cette nation des Caraïbes il y a près d’un mois, rapporte l’Organisation des Nations Unies.  

    La poursuite de cette pénurie aura des répercussions négatives sur les soins de santé, l’approvisionnement en eau et la distribution de nourriture, aggravant la crise humanitaire et causant des souffrances, en particulier pour les plus vulnérables. 

    « Ce qui ne manque pas, c’est la foi d’un peuple qui sait grandir au milieu de ces temps difficiles. C’est pourquoi nous ne pouvons pas abandonner.  

    « Si nous pouvions aller parler à nos frères et sœurs en Christ, nous leur expliquerions notre situation. Mais ici, nous restons solide. Que notre famille anabaptiste sache les grandes choses que Dieu a faites pour nous », déclare Luis Hernández. 

    Prions pour que les biens de première nécessité parviennent rapidement à cette nation insulaire. Prions pour que, malgré l’angoisse causée par les pénuries qui s’ajoutent à la reconstruction après l’ouragan de novembre et aux conditions météorologiques encore plus sévères, les gens prennent soin les uns des autres, partageant leurs ressources comme le garçon avec ses cinq pains et ses deux poissons (Matthieu 14. 19) afin que chacun ait suffisamment. 

    Seigneur, dans ta miséricorde, écoute notre prière.
    Au nom de Jésus, Prince de la Paix, amen.

    Henk Stenvers
    président
    Conférence mondiale mennonite

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    William George Broughton

    William George Broughton
    Représentants régionaux, Amérique latine – Caraïbes



    Prières urgentes et lettres pastorales

    pray for Cuba
  • « SEIGNEUR, écoute ma prière, que mon cri parvienne jusqu’à toi !

    Ne me cache pas ton visage au jour de ma détresse. Tends vers moi l’oreille. Le jour où j’appelle, vite, réponds-moi. »

    —Psaume 102 :2–3

    Sœurs et frères bien-aimés :

    Le 10 février 2026, la junte militaire du Myanmar a procédé à des bombardements aériens dans le village de Tlangkhua, situé dans le canton de Tlangkhua, dans l’État Chin, au Myanmar. Les bombes ont causé la mort immédiate de six personnes et blessé gravement de nombreuses autres dans ce village peuplé de civils.

    La plupart des victimes font partie de l’église membre de la CMM au Myanmar, la Bible Missionary Church, Mennonite. Le diacre, le trésorier et deux responsables jeunesse de l’église mennonite figurent parmi les personnes tuées. Onze membres de l’église ont besoin de soins médicaux d’urgence. Un bâtiment de l’église était en construction à proximité de l’endroit où la bombe a été larguée.

    « Actuellement, il y a un besoin urgent de soins pour les blessés graves et d’aide immédiate pour les familles des mennonites décédés.

    Le village de Tlangkhua est mon village natal et est un village à majorité mennonite. La plupart des personnes qui sont décédées sont mes cousins et mes proches. 

    Nous demandons à tous les mennonites du monde entier de prier pour nous. Nous tenons à vous exprimer notre profonde gratitude pour votre engagement à nos côtés en ce moment difficile », déclare un responsable de la CMM au Myanmar.

    Ce bombardement s’inscrit dans une série d’attaques contre des civils, notamment celles perpétrées la veille dans Matupi, une ville voisine.

    Veuillez prier pour ceux qui sont en deuil et qui souffrent au Myanmar. Veuillez également prier pour que la junte militaire renonce à cette stratégie qui consiste à nuire à ses propres citoyens.

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Andrew Suderman

    Andrew Suderman sécretaire, Commission Paix

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres


    L’Esprit de Jésus nous rend capables de faire confiance à Dieu dans tous les domaines de la vie, de sorte que nous devenons artisans de paix renonçant à la violence, en aimant nos ennemis, en recherchant la justice et en partageant nos biens avec ceux qui sont dans le besoin.”
    (Convictions communes 5)

    Prières urgentes et lettres pastorales

    holding hands
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    La Conférence Mennonite Mondiale appelle tous ses membres à prier pour nos sœurs et frères au Venezuela.

    Le 3 janvier 2026 à 2 heures du matin, heure locale, les États-Unis ont bombardé des bases militaires dans la capitale, Caracas, et dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira. Les forces militaires américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, qui seront jugés pour conspiration narcoterroriste. Le président des États-Unis a déclaré son intention de « prendre le contrôle » du Venezuela et de permettre aux compagnies pétrolières américaines de s’emparer des infrastructures pétrolières vénézuéliennes.

    Selon Jaime Prieto, historien et mennonite du Costa Rica, cela s’inscrit dans une tendance. Les forces armées violentes des États-Unis envahissent les peuples d’Amérique latine, comme elles l’ont fait à plusieurs reprises depuis le XIXe siècle : Porto Rico, Guatemala, Cuba, Panama et maintenant le Venezuela.

    Les nouvelles des anabaptistes au Venezuela :

    • Ils sont actuellement en sécurité chez eux, mais il règne un sentiment général d’incertitude ; ils craignent des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant ; et il existe un réel danger de violence dans les rues.
    • Ils appellent à prier pour la stabilité civique et politique, y compris le respect des droits des citoyens, et pour la résilience spirituelle des chrétiens, car cela se traduira par une force invisible pour reconstruire le pays.

    Nous partageons avec vous quelques mots de nos églises membres dans la région.


    Le comité national de l’IMCOL (Église chrétienne mennonite de Colombie), notre église membre dans le pays voisin, la Colombie, a accueilli de nombreux réfugiés du Venezuela au cours des dernières années et participe à un ministère commun avec les églises mennonites émergentes au Venezuela.

    « Notre église sœur au Venezuela vous appelle à prier pour :

    • Un accord négocié plutôt qu’une éventuelle deuxième attaque.
    • La fin des violences entre les groupes pro-gouvernementaux et l’opposition.
    • Que l’avenir du pays soit déterminé par les Vénézuéliens et non par les intérêts internationaux.

    Nous prions également pour :

    • Toutes les victimes qui auraient pu mourir ou être blessées, ainsi que leurs familles.
    • Les implications de cette intervention politique des États-Unis pour les pays et les peuples du monde, en particulier ceux d’Amérique latine.

    Nous nous joignons au peuple vénézuélien en cette période d’incertitude et implorons Dieu d’accorder une paix et une justice authentiques qui restaurent la dignité de son peuple. 

    Que l’amour du Christ soit notre pont, notre espoir et notre chemin vers la réconciliation. »

    La Conferencia Peruana Hermanos Menonitas (les Frères mennonites du Pérou) se joint également aux prières pour le Venezuela :

    « Tout d’abord, nous rendons grâce à notre Dieu, le Créateur et Sauveur.

    Nous savons à quel point la vie est difficile pour notre pays voisin, le Venezuela.

    Nous prions, demandant à notre SEIGNEUR de mettre fin à ces souffrances… et que Sa main précieuse offre des opportunités de vie, de joie et de fêtes dans le SEIGNEUR.

    Et à partir de maintenant, nous mettons notre confiance en Dieu, convaincus que toutes choses concourront au bien pour notre avenir et celui des générations futures. »

    L’épître de Jacques nous rappelle que « Le fruit de la justice est semé dans la paix pour ceux qui font œuvre de paix. » (Jacques 3.18). La méthode utilisée pour semer est importante. Les interventions et les attaques militaires ne sont pas des semences qui produiront la justice.

    Nous déplorons la décision des États-Unis d’utiliser leur puissance militaire pour, semble-t-il, réaliser leurs propres objectifs dans un autre pays.

    Jésus nous appelle à aimer nos ennemis et à ne pas devenir ce que nous haïssons. Les craintes concernant une forme de gouvernement ne justifient pas les attaques militaires et l’intervention d’un autre pays. « Lorsque nous combattons le mal par le mal, lorsque nous le reproduisons, lorsque nous ripostons de la même manière, nous ne faisons que garantir sa perpétuation », affirme le théologien Walter Wink.

    • Nous vous invitons à prier pour ceux qui, dans la région, vivent dans l’angoisse et la souffrance. Nous prions pour que le peuple vénézuélien puisse faire valoir son droit à l’autodétermination de ses dirigeants nationaux. Nous prions pour que les dirigeants du monde entier s’expriment et
    • Nous prions pour que le peuple vénézuélien puisse faire valoir son droit à l’autodétermination de ses dirigeants nationaux.
    • Nous prions pour que les dirigeants du monde entier s’expriment et agissent avec courage et amour en cette période de conflit.
    • Nous prions également pour les dirigeants des États-Unis, afin qu’ils apprennent à gouverner avec sagesse et justice.

    Puissions-nous reconnaître les différentes perspectives, même parmi nos sœurs et nos frères, et continuer à vivre dans la grâce et la compréhension. Puissions-nous tirer les leçons de l’histoire et choisir la voie du Christ et de sa paix. Alors que nous prions pour les autres, que le Saint-Esprit transforme nos cœurs et nous guide vers l’action.

    Il sera juge entre les nations,
    l’arbitre de peuples nombreux.
    Martelant leurs épées, ils en feront des socs,
    de leurs lances, ils feront des serpes.
    On ne brandira plus l’épée nation contre nation,
    on n’apprendra plus à se battre. (Ésaïe 2.4)

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Andrew Suderman

    Andrew Suderman sécretaire, Commission Paix


    Prières urgentes et lettres pastorales

    man and woman hand out bowls of soup across a table
  • La colonne des responsables de la CMM

    Le 21 janvier 1525, un petit groupe de croyants se réunit en secret à Zurich, en Suisse, animé par une conviction enracinée dans les Écritures.

    Ils aspiraient à une Église fidèle à la suite de Jésus, une communauté où le baptême marquait une décision personnelle et consciente de suivre le Christ. Cet acte de courage, qui défiait la tradition et risquait la persécution, marque la naissance du mouvement anabaptiste mennonite.

    Alors que nous célébrons notre 500ème anniversaire, nous nous souvenons de ces origines avec gratitude et humilité à travers le thème « Le courage d’aimer », inspiré de 1 Jean 4.7-21 et du Psaume 136.

    1 Jean 4.7-21 nous appelle à nous aimer les uns les autres, « car l’amour vient de Dieu ». C’est au cœur de notre identité : nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier en Christ. Le courage des premiers anabaptistes d’agir selon leur foi était une réponse à l’amour parfait de Dieu, qui « chasse la peur ».

    De même, le psalmiste chante à plusieurs reprises : « La fidélité du Seigneur dure à toujours » (Psaume 136). Ce refrain nous rappelle que l’amour de Dieu a porté notre Église à travers les persécutions, les souffrances et le renouveau.

    Aujourd’hui, la Conférence Mennonite Mondiale perpétue cet héritage. En commémorant la date de 1525, nous nous rappelons que notre mouvement n’a pas commencé par une dispute, mais par un acte d’amour. Les premiers anabaptistes ont tout risqué. Leur amour n’est pas timide, mais constant et actif.

    Incarnons cet acte : le courage d’aimer. Le courage de pardonner quand on vous fait du tort. Le courage de résister à la violence par la paix. Et le courage de suivre Jésus même quand le chemin est difficile.

    Sunoko Lin est trésorier de la CMM. Originaire d’Indonésie, il vit aujourd’hui à Los Angeles, en Californie (États-Unis), où il est pasteur de la Maranatha Christian Fellowship, une paroisse de la LMC : A Fellowship of Anabaptist Churches (Communauté des Églises anabaptistes).


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  • Les 100 ans de la CMM et les Commissions

    Dans la constitution de 2009 de la CMM, le Conseil Général a établi des commissions permanentes — Diacres, Foi & Vie, Mission, Paix — « d’importance vitale pour la communauté d’Églises de la CMM ».

    Les commissions préparent des questions ou documents à étudier par le Conseil Général, conseillent et proposent des outils à la CMM ou à ses églises membres, et peuvent aussi aider les réseaux de la CMM ou des lieux de communion fraternelle à travailler ensemble sur des questions d’intérêt commun. 

    À travers le regard de la Commission Paix, Joji Pantoja souligne comment celle-ci a contribué à la fraternité, au culte, à l’entraide et au témoignage au sein de la communion anabaptiste mondiale, et comment elle a aidé la CMM à devenir une communauté spirituelle mondiale dans la tradition anabaptiste.

    Lorsque j’étais présidente, la Commission s’est efforcée de traduire notre théologie de la paix en un témoignage concret mondial. Trois moments ont marqué cette période, chacun illustrant une facette différente de notre témoignage pour la paix.

    Le premier a été notre travail avec les Wounaan au Panama, où une visite communautaire a conduit la CMM à plaider auprès de leur gouvernement pour protéger leurs arbres sacrés, les cocobolos, et leur rôle de protecteurs de la forêt.

    Il s’agissait là d’une action concrète et enracinée en faveur de la paix : défendre la création de Dieu et les communautés qui la soutiennent.

    Le deuxième moment a été la rédaction d’une déclaration générale de la CMM affirmant notre soutien aux droits des peuples autochtones dans le monde entier. Il s’agissait là d’une prise de position prophétique en faveur de la paix. La Commission a joué un rôle déterminant dans la rédaction de cette déclaration, en s’appuyant sur les principes bibliques de justice.

    Cette déclaration nous a permis de passer d’une réaction aux crises à une définition proactive de notre identité mondiale, donnant à chaque Église membre un fondement théologique pour la solidarité.

    La troisième a été notre intervention directe en faveur d’un objecteur de conscience en Corée, membre de notre famille mondiale et emprisonné pour avoir refusé, en raison de sa foi, de participer à l’entraînement militaire. Ici, notre témoignage de paix s’est transformé en plaidoyer pastoral. La Commission a mobilisé toute la CMM pour plaider en faveur de sa libération, affirmant que notre position théologique sur la paix a des conséquences concrètes pour nos membres.

    Cette action a démontré que la Commission ne se contente pas de faire de grandes déclarations, mais qu’elle soutient également les personnes dont la vie incarne nos convictions fondamentales, garantissant ainsi que notre communion mondiale est une source tangible de soutien et de témoignage.

    Souvenir précieux

    Je me souviens du silence complet qui régnait dans la salle après que l’ancien Wounaan eut parlé de la forêt comme d’un membre de la famille. Ce moment de conviction partagée, où notre théologie rencontrait leur réalité vécue, a été sacré.

    De même, je chéris le cheminement, dans la patience et la prière, qui a mené à la rédaction de la Déclaration de Solidarité avec les Peuples Autochtones. Ce processus n’a pas été rapide ; il a fallu près de deux ans pour finaliser le document de prise de position. Cette longue période n’était pas synonyme de retard, mais une « saison » nécessaire de communion fraternelle. Nous avons écouté, débattu et affiné le texte afin de nous assurer qu’il représentait véritablement notre famille mondiale dans toute sa diversité.

    Le moment où tout a finalement été harmonisé et où nous l’avons adopté a été incroyablement puissant. Nous n’avons pas seulement approuvé un document ; nous avons été témoins du fruit d’un discernement collectif soutenu, vivant véritablement l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix.

    Avenir

    Je rêve que la Commission crée des boîtes à outils pratiques pour les Églises sur la manière de s’engager dans les processus locaux de vérité et de réconciliation, ou qu’elle facilite les partenariats dans lesquels les Églises ayant une expérience en matière de justice foncière peuvent encadrer d’autres Églises.

    Passons des déclarations percutantes à l’autonomisation d’un millier de témoins locaux, tous reliés et renforcés par notre communion mondiale.

    – Felicitas (Joji) Pantoja (Philippines), Commission Paix, présidente (2015-2022)

    Remarques formulées par d’autres commissions :

    Diacres

    Le travail très important et significatif de la Commission Diacres, qui consiste à accompagner les Églises dans les moments de souffrance et de détresse ainsi que dans les moments de joie pour encourager nos frères et sœurs, a été et continuera d’être tel qu’il a commencé dans Actes 6.1-7. Ces expériences ont véritablement rapproché nos communautés et continueront de le faire afin qu’elles soient le « sel de la terre » et la « lumière du monde. »
    – Cynthia Peacock (Inde), présidente (2009-2015)

    Foi et Vie

    Nous avons mis en place une méthode de travail dynamique dans laquelle différents membres ont préparé des études de cas sur des sujets importants qui avaient été choisis (parfois avec beaucoup de difficultés ou de conflits) dans des Églises de chaque pays. J’ai été reconnaissante de cette occasion de travailler avec l’ensemble de la Commission sur cette tâche, en tirant parti de l’expérience rassemblée sur les cinq continents et en apprenant beaucoup sur nous-mêmes au cours du processus.
    – Anicka Fast (Canada), secrétaire (2023-)

    Mission

    Il nous semblait juste et bon, à nous et à l’Esprit, de réunir enfin les organisations anabaptistes du monde entier engagés dans la mission. Pourquoi ne coopérerions-nous pas ? Pourquoi ne collaborerions-nous pas ?
    – Janet Plenert (Canada), présidente du Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) (2009)


    diversity group discussion
  • CMM : Cent ans de communion

    Dans des circonstances remarquablement similaires à celles d’aujourd’hui, un groupe de mennonites a entrepris un pèlerinage depuis le sud de la Russie (aujourd’hui l’Ukraine) jusqu’à Zurich, en Suisse, en 1925. Ils transportaient un message de la Conférence mennonite panrusse à présenter lors du premier rassemblement mondial de la Conférence Mennonite Mondiale.

    La délégation a exprimé ces aspirations dans sa lettre : « Nous accueillons favorablement l’idée de créer une union mennonite mondiale, dont l’expression unanime devrait être une réunion des représentants de tous les mennonites du monde ».

    La création d’une organisation mennonite mondiale et diversifiée renforcerait l’Église, en particulier parmi les petits groupes dispersés. Elle pourrait faciliter le financement des écoles chrétiennes, encourager les activités missionnaires, aider les nécessiteux et les souffrants, relever les défis de la migration et établir un annuaire mondial.

    La lettre apporte un message inspirant de mutualité, de solidarité mondiale et d’espoir d’unité au milieu d’une diversité dramatique.

    Les temps ont-ils changé ? Ou avons-nous encore besoin qu’on nous rappelle l’importance cruciale de l’unité compte tenu de la diversité de nos propres expériences ?

    Il y a plus de 2 500 ans, un autre groupe a entamé un pèlerinage à Jérusalem depuis une région plus à l’Est, porteur d’un message à partager entre les communautés d’autres groupes juifs exilés. Nous connaissons aujourd’hui ce message sous le nom de Psaume 133, qui se commence avec :

    « Oh ! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble ! »  (Psaume 133.1, SEM)

    En chantant ce cantique chaque année, les exilés ont découvert que le fait « d’être ensemble » est un don de Dieu, une réalité concrète et attrayante.

    Un don de Dieu

    Le passage explique comment l’huile et la rosée descendent. Ces images illustrent la manière dont le psalmiste envisage l’unité des Israélites : elle est accordée par Dieu. La véritable unité ne peut être construite ou atteinte par des accords humains sur des doctrines ou des pratiques ; c’est un don divin.

    Une réalité attrayante

    L’unité est une bénédiction qui attire d’autres bénédictions. C’est une vie épanouie qui s’étend vers l’extérieur – un parfum qui se répand, une rosée qui imprègne. Tout comme un arôme agréable attire l’attention, l’unité du peuple de Dieu est quelque chose que tout le monde souhaite expérimenter. Lorsqu’on la découvre, elle devient irrésistible.

    Une réalité concrète

    Le premier mot après le titre du Psaume 133, le mot hébreu hinneh – qui signifie « regarder » ou « contempler » – revêt une grande importance. En nous invitant à « regarder », le texte suggère que l’unité du peuple de Dieu n’est pas simplement un concept « spirituel ». Ce n’est pas non plus quelque chose que nous ne connaîtrons qu’après la mort. L’unité du peuple de Dieu est une réalité tangible qui peut être vue et ressentie ici et maintenant.

    Pendant des siècles, les théologiens chrétiens ont vu dans ce psaume un avant-goût du concept néotestamentaire d’être un ou de communion, où l’unité n’est pas comprise comme l’uniformité ou l’unisson, mais comme l’harmonie au sein de la diversité.

    Comme les Israélites en exil, la délégation mennonite de 1925 espérait que l’unité deviendrait une réalité tangible. Ils espéraient faire partie d’un organisme mondial plus grand qu’eux même.

    Ils ont imaginé une organisation qui incarnerait cette unité.

    Et aujourd’hui ?

    Nous vivons ce que la délégation avait envisagé il y a 100 ans.

    Cette communauté tant espérée a pris la forme de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM).

    Nous nous efforçons d’incarner la communion.

    Nous facilitons le travail en interdépendance dans les ministères de l’éducation, de la mission et de la paix.

    Nous aidons les Églises qui souffrent et nous nous engageons dans de nombreuses autres initiatives visant à renforcer l’unité.

    Alors que nous célébrons le centenaire de la CMM, rappelons-nous que l’unité est un don de Dieu. Soyons attirés par elle comme par un aimant. Rendons-la tangible. Prions pour que notre unité soit source d’espoir pour nos Églises dans les moments de souffrance et d’oppression, et pour un monde qui se désagrège sous le poids de la violence, du nationalisme, de la fragmentation et de la polarisation.

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cet article est adapté de son sermon prononcé à Schönblick, en Allemagne, le 25 mai 2025, à l’occasion du 100ème anniversaire.

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