Auteur/autrice : Stephanie Setiawan

  • Binuangan Mennonite Christian Church, aux Philippines, a célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale en chantant «What a Friend We Have in Jesus», «Blessed Assurance», «Trust and Obey» et «God You’re Good». Certains de ces cantiques ont été chantés en ilocano, une langue couramment utilisée parallèlement à d’autres dialectes locaux tels que le kankanaey, le bugkalot, l’ibaloi, le kalanguya et d’autres encore.

    Secrétaire Général

    La créativité nous aide à avoir l’imagination nécessaire pour visualiser des choses que nous n’avons encore jamais vu ni expérimenté. 

    Lorsque j’ai découvert l’histoire de Dirk Willems, cet anabaptiste emprisonné qui sauva son poursuivant tombé à travers la glace, je devais autrefois me représenter la scène par l’imagination. Depuis mon installation au Canada en 2019, j’ai vu de mes propres yeux des lacs et des rivières figés par le gel. Marcher sur la glace est une réalité tangible — tout aussi réelle que l’Esprit du Dieu d’amour à l’œuvre dans la vie de Dirk Willems et dans celle de son poursuivant. 

    Aujourd’hui, face à ce monde fracturé, rempli de colère, de violence et de désaccords — hélas, même au sein de l’Église — mettons notre imagination au défi de vivre dans le monde de shalom auquel Dieu nous appelle. 

    • À quoi ressemblerait le monde s’il était peuplé de personnes comme Dirk Willems ? 
    • Et si nous apprenions à reconnaître Jésus dans le visage de ceux que nous considérons comme nos ennemis ? 
    • Comment devenir une Église mondiale dont la pierre angulaire serait l’amour mutuel entre chrétiens, un amour prêt à aller jusqu’au don de sa propre vie ? 
    • Comment vivre concrètement cet amour dans nos familles, sur nos lieux de travail et au cœur de nos quartiers ? 

    C’est cette manière de vivre qui nous permet de comprendre profondément l’autre, en l’écoutant et en lui parlant dans l’amour. 

    Lorsque nous chantons, comme on le découvre dans ce numéro, nous éveillons notre imagination. Nous chantons notre amour pour Dieu et pour les autres, et la musique nous émeut et nous fait ressentir cet amour. Dans l’harmonie, nous donnons corps à notre imagination en manifestant l’unité au cœur même de la diversité. 

    Demandons à Dieu sa présence pour nous aider à vivre selon cette imagination dans chacune de nos relations. 

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cette réflexion est adaptée d’une lettre du secrétaire général à l’occasion des fêtes religieuses.


    group of  Filipino singing at a church
  • Perspectives — Paraguay 

    Chaque semaine, lors du culte à la chapelle du campus de l’IBA, nous consacrons un temps pour louer Dieu à travers la musique. Étant donné que nous sommes un institut biblique où convergent différentes traditions théologiques et divers arrière-plans culturels, d’aucuns pourraient penser que les différences auraient plus de poids que ce que nous partageons. Malgré cela, chanter ensemble joue un rôle important dans le renforcement de notre unité en tant que peuple de Dieu. 

    Communauté et unité 

    Pendant les cultes, nous chantons des cantiques classiques, mais aussi des chants contemporains aux rythmes latino-américains et anglo-saxons. Cette variété reflète la diversité de notre corps étudiant, qui participe activement à nos temps musicaux. 

    Bien entendu, en tant qu’institut anabaptiste, nous accordons une grande importance à la communauté et à l’unité en Christ. 

    C’est pourquoi le chant d’assemblée n’est pas simplement un « moment musical » pendant le culte, mais un acte communautaire qui façonne notre identité. Lorsque nous chantons, plus que d’accompagner un groupe de musique, nous cherchons à adorer notre Seigneur d’une seule voix. Il est intéressant de constater que la musique peut transcender des barrières que la théologie, avec ses débats et ses formulations, ne parvient parfois pas à franchir aussi facilement. 

    Cela ne signifie pas que la théologie ne soit pas importante – au contraire, elle est vitale pour la santé de l’Église -, mais nous reconnaissons qu’il existe, au sein du monde évangélique, différentes interprétations sur des questions secondaires. En classe, nous pouvons dialoguer, débattre et approfondir divers sujets qui mettent en lumière nos désaccords. Mais dans la chapelle, en chantant les vérités centrales de notre foi, nous nous retrouvons sur un terrain commun où l’essentiel résonne plus fortement que le secondaire. 

    À de nombreuses reprises, j’ai vu des étudiants issus d’Églises aux styles et traditions différents élever leurs voix ensemble avec une profonde conviction. Même s’ils ne formulent pas certains points doctrinaux de la même manière, ils sont capables de déclarer ensemble : « Christ est Seigneur » ou « Nous sommes le peuple de Dieu ». Dans ces moments-là, la musique devient un espace où nous pouvons réaffirmer notre accord, non pas sur des sujets secondaires, mais sur les fondements centraux de notre foi. 

    Le peuple du Seigneur 

    Un aspect clé de cette expérience a été la démarche intentionnelle dans le choix des chants. Nous nous efforçons d’inclure des cantiques qui exaltent Jésus non seulement comme notre sauveur individuel, mais aussi comme le sauveur de la communauté. Les paroles parlent de « nous », l’Église en tant que corps, et de marcher ensemble dans la lumière. De telles paroles nous aident à développer une spiritualité moins privée et plus enracinée dans la communauté. Cela est profondément cohérent avec notre héritage anabaptiste qui comprend la foi comme le fait de suivre visiblement le Christ dans la communauté. 

    En même temps, les chants d’abandon et de dévouement à Jésus jouent un rôle unificateur. Lorsque l’assemblée chante des paroles d’abandon – « Prends ma vie », « Je me donne à toi », « Je veux te rester fidèle » – nous nous alignons spirituellement. Nous n’affirmons pas nos préférences personnelles ni ne défendons nos propres points de vue ; nous nous soumettons ensemble à la souveraineté du Christ. Cette attitude commune d’humilité devant lui nous aligne sur la vérité centrale selon laquelle Jésus est Seigneur et que nous devenons tous ses disciples. 

    J’ai également remarqué que la musique crée des souvenirs collectifs. Des années plus tard, d’anciens étudiants reviennent sur le campus et sont émus en entendant un chant que nous chantions à la chapelle. Ils ne se souviennent pas seulement de la mélodie, mais aussi du temps passé à étudier, des amitiés profondes et des rencontres avec Dieu au sein de la communauté. 

    Par tout cela, je ne veux pas dire que la musique ne puisse pas être une cause de division – elle l’est souvent. Mais, d’après ce que nous vivons chaque semaine sur le Campus IBA, la musique chantée comme un peuple et consacrée au Seigneur a le pouvoir de nous unir. Et peut-être même, qui sait, la capacité de formuler la théologie avec un cœur juste. 

    Fernando Miranda est actuellement professeur à l’Institut biblique Campus IBA, situé à Mariano Roque Alonso, au Paraguay. Il est marié à Miriam Sawatzky et ils ont deux enfants, Andrea et Sebastián. En plus de ses fonctions académiques, il coordonne et dirige les moments de louange sur le campus, en particulier la musique. 


    singing and playing music on stage
  • Inspiration et réflexion

    Louer ensemble, et particulièrement chanter ensemble, est souvent cité comme l’un des moments forts des Assemblées de la Conférence mennonite mondiale. Après tout, rien ne vaut le fait de chanter avec plusieurs milliers de frères et sœurs en Christ réunis. Même lorsque tout le monde ne parle pas la même langue, la musique a ce pouvoir d’unir que d’autres moments n’ont pas. 

    Le chant est annoncé, et sur l’écran apparaissent les mots d’une langue que beaucoup dans la salle ne parlent pas couramment, voire pas du tout. 

    La mélodie peut sembler inconnue, le rythme légèrement différent de ce à quoi le corps s’attend. 

    Des choristes du monde entier aident à lancer le chant. Puis, progressivement, le son communautaire prend forme. 

    Des milliers de voix, portant des accents différents, des formes de voyelles variées et des instincts musicaux distincts, commencent à résonner ensemble. 

    Lors des Assemblées de la Conférence mennonite
    mondiale, l’unité est quelque chose que l’on peut entendre. 

    Le son n’est jamais impeccable : certains mots sont mal prononcés, certaines harmonies sont floues, mais, dans ces instants, il se passe quelque chose d’indéniable. Des personnes qui vivent leur culte différemment, qui ont des perspectives différentes et qui viennent de contextes très différents s’engagent à chanter le même chant au même moment. 

    Personne ne chante seul. Personne ne chante exactement de la même manière. Une vérité plus profonde est mise en lumière : l’unité dans une Église mondiale ne se découvre pas en effaçant les différences, mais en apprenant à les maintenir ensemble dans un son. 

    Le but de cet article est d’explorer le rôle que la musique a joué au cours d’un siècle d’Assemblées de la CMM, comment elle a évolué à mesure que la communion mennonite s’est mondialisée, et comment le fait de chanter ensemble continue de façonner un sentiment d’unité vécu. 

    La première rencontre de la Conférence mennonite
    mondiale a eu lieu en 1925 à Bâle, en Suisse, pour commémorer le 400ème anniversaire de la Réforme anabaptiste. Alors que l’Église mondiale vient de célébrer son 500ème anniversaire, le moment semble opportun pour réfléchir aux Assemblées du siècle dernier, à travers le prisme particulier de la musique. 

    Les recueils de chants créés pour chaque rassemblement permettent de retracer ce qui a été chanté lors des Assemblées de la CMM. Bien qu’aucun recueil ne reprenne tout ce qui a été chanté ou entendu (et que certains chants imprimés ne soient jamais utilisés), ils offrent un aperçu concret de la vision que l’Église mondiale a d’elle-même, de son unité et des voix qui sont invitées à participer au culte communautaire. 

    choir at MWC assembly
    7ème Assemblée, 1962, Kitchener (Canada)

    Chanter ensemble notre foi, l’importance de la musique 

    Chanter ensemble exige de nous quelque chose que peu d’autres pratiques collectives demandent. Cela requiert de la vulnérabilité et de la confiance, et ne peut se faire en privé au sein d’une foule. 

    Les voix sont révélées, le souffle est partagé et le tempo est négocié en temps réel. Chanter ensemble, c’est autant écouter que se faire entendre. 

    Pour une communion mondiale comme la Conférence mennonite mondiale, cela revêt une importance capitale. L’unité au sein de la CMM ne signifie pas une uniformité totale des croyances, des pratiques ou des perspectives. La communauté s’étend sur plusieurs continents, cultures et histoires façonnées par des réalités sociales et politiques très différentes.  

    Pourtant, encore et encore, l’Église se rassemble et choisit de louer. Ce faisant, elle pratique une forme d’unité qui ne dépend pas de l’effacement de toutes les différences, mais de l’engagement envers des convictions communes, même si ces convictions s’incarnent de diverses manières. 

    Lors des Assemblées de la CMM, cette unité s’exprime souvent à travers ce que l’on pourrait appeler des « chants du cœur » : des chants chers à certaines communautés et qui racontent leur témoignage de foi, de souffrance, d’espoir et de joie. 

    Ces chants n’ont pas nécessairement la même signification pour tous ceux qui les chantent. Au contraire, ils invitent à prendre conscience des différents styles musicaux, des nuances théologiques, des langues utilisées dans les textes et des pratiques cultuelles. Chanter les « chants du cœur » les uns des autres devient un moyen d’apprendre qui nous sommes, ensemble. 

    Cette pratique comporte des risques : les mots peuvent être mal prononcés ou mal compris, les formes musicales peuvent sembler inhabituelles ou dérangeantes : Pourtant, c’est précisément dans cette vulnérabilité que la musique joue son rôle le plus important. 

    Une unité qui ne coûte rien n’exige pas grand-chose de nous. En revanche, chanter malgré les différences apprend à l’Église à écouter avant de diriger, à suivre avant de façonner et à remettre en question ses convictions profondes sur le culte et la musique. 

    group of Africa singing
    10ème Assemblée, 1978, Wichita (États-Unis)

    Recueils de chants et tournant décisif : 1967-1972 

    Un recueil de chants n’est jamais une compilation neutre. Chaque inclusion ou omission reflète un ensemble de valeurs : quelle théologie est mentionnée, quelle langue est entendue et quels styles musicaux sont considérés comme chantables par une communauté mondiale. 

    À mesure que la Conférence mennonite mondiale s’est internationalisée, ses recueils de chants sont devenus de plus en plus complexes. 

    Les procès-verbaux de la première Assemblée de la CMM en 1925 mentionnent des chorales et des chefs de chœurs, mais le premier recueil de chants imprimé spécifiquement pour une Assemblée date de 1936, lors du rassemblement à Amsterdam et Elspeet, aux Pays-Bas. Avant cela, les Assemblées chantaient probablement à partir des recueils de cantiques existants disponibles dans les lieux de culte. 

    Ces premiers recueils de chants de l’Assemblée contenaient exclusivement des cantiques européens et nord-américains, généralement en anglais, allemand, français et néerlandais. 

    À mesure que la représentation au sein de la CMM se diversifiait, en particulier suite à l’expansion significative dans les pays du Sud, ce panorama musical devenait de plus en plus incongru. Lors de l’Assemblée de 1967 à Amsterdam, qui réunissait des délégués de plus de 30 pays, les participants ont pris conscience que la communion mennonite était en train de changer. 

    La diversité des cultures, des langues et des couleurs de peau n’était plus un élément marginal : elle était bien présente dans la salle. 

    Ce moment a marqué un tournant. 

    L’Assemblée suivante, qui s’est tenue en 1972 à Curitiba, au Brésil, a été la première Assemblée de la CMM dans l’hémisphère sud. L’historien Cornelius Dyck a saisi le défi auquel l’Église était confrontée en posant une question pertinente : « Quel type d’unité est possible et souhaitable dans une fraternité mondiale où chaque Assemblée n’est finalement responsable que d’elle-même ? » 

    L’Assemblée au Brésil s’est déroulée dans un contexte difficile, marqué notamment par la répression politique sous le régime militaire et des difficultés de traduction et d’accès linguistique. 

    Pourtant, les comptes rendus font état d’une impression particulièrement positive concernant la musique. Les chants communs ont été accueillis par des applaudissements enthousiastes et, pour la première fois, des groupes d’Amérique du Sud se sont produits. Seul un tiers des participants venait d’Europe et d’Amérique du Nord. Un groupe de travail sur la musique a reconnu la nécessité d’avoir des chants de différentes époques, styles et cultures afin de mieux refléter l’Église mondiale. 

    Des changements organisationnels ont également suivi. Les réunions du Conseil général ont commencé à se tenir dans les pays du Sud, des conférences régionales ont été organisées et les réseaux missionnaires se sont étendus à plus de 50 pays où les Églises connaissaient souvent une croissance plus rapide que celles du Nord. 

    La Conférence mennonite mondiale a clarifié son objectif en tant que « canal de communion et de témoignage », mettant l’accent sur la communication, l’encouragement mutuel et la responsabilité partagée. Elle a également créé par la suite un poste de Secrétaire général rémunéré, passant d’une direction de la CMM assurée principalement par des historiens à une direction assurée par des personnes ayant une expérience dans le domaine de la mission. 

    choir group from Africa at MWC assembly
    14ème Assemblée, 2003, Bulawayo (Zimbabwe)

    Ce que nous apprenons en chantant ensemble 

    À partir des années 1970, les Assemblées de la CMM ont continué à croître en taille et en diversité. Des recueils internationaux de chants, représentant délibérément le monde entier, ont été développés à partir de l’Assemblée de 1978 à Wichita. 

    Davantage de langues sont apparues sur les pages et dans les cultes, parfois avec l’aide d’une traduction simultanée. À partir de ce recueil, les « chants du cœur » de chaque continent ont été privilégiés. Les femmes ont joué un rôle de plus en plus visible dans la musique, notamment des personnalités telles que Mary Oyer en tant que cheffe de chœur. Pour la première fois, le président n’était ni américain ni allemand, mais éthiopien. 

    Lors de l’Assemblée de 1984 à Strasbourg, la forme de l’Assemblée moderne de la CMM avait commencé à se dessiner : un comité du programme, un sous-comité musique et culte, une structure thématique rythmée par les journées et une musique tissée tout au long de l’Assemblée. Des musiciens du monde entier se sont produits, montrant que l’unité nécessite une intention et une pratique. 

    L’unité formée par le chant lors des Assemblées de la CMM n’est pas permanente. Lorsque le dernier chant s’éteint, les participants retournent dans leur contexte d’origine, emportant avec eux différentes questions, convictions et défis. Pourtant, quelque chose subsiste : le souvenir d’avoir chanté ensemble remodèle la façon dont les différences sont portées par la suite. 

    diversity group of people singing
    17ème Assemblée, 2022, Indonesia

    La musique enseigne à l’Église mondiale que l’unité n’exige pas de résoudre tous les désaccords. Elle exige d’être présent. 

    En chantant, l’Église s’entraîne à rester ensemble dans le temps présent, à écouter attentivement, à s’adapter si nécessaire et à s’engager dans une action commune, même lorsque cela nous demande des efforts. L’unité, en ce sens, n’est pas un idéal abstrait, mais une discipline pratiquée. 

    Les Assemblées de la CMM fonctionnent comme des espaces de répétition pour ce type d’appartenance. Elles offrent un aperçu de ce qui est possible lorsque la diversité n’est pas gérée ou minimisée, mais accueillie dans un rythme partagé. 

    Chaque voix compte, précisément parce qu’elle est distincte. Et dans l’acte partagé du chant, l’Église mondiale réapprend ce que signifie d’appartenir ensemble. 

    Benjamin Bergey est professeur agrégé de musique à l’Eastern Mennonite University, à Harrisonburg, en Virginie (États-Unis), où il dirige les chœurs et l’orchestre et enseigne la théorie musicale et la direction d’orchestre. Il a été coordinateur musical pour l’Assemblée 2022 en Indonésie et dirige les EMU Chamber Singers, qui se sont produits lors de la commémoration du 500ème anniversaire à Zurich. Benjamin Bergey a également été rédacteur musical pour Voices Together, un recueil de cantiques pour l’Église mennonite aux États-Unis et au Canada. Il est membre de l’Église mennonite Harrisonburg. 

    Aperçu historique 

    #1 – 1925 Bâle et Zurich 

    • Objectif : se réunir pour célébrer le 400ème anniversaire et publier un livre commémoratif 
    • Les chorales de la région de Bâle (Holee et Schänzli) se produisent, et de nombreux cantiques sont mentionnés, notamment « Gott grüße Dich », « Große Gott », « Die Sach ist Dein » et « Nun danket alle Gott ». 

    #2 – 1930 Danzig 

    • « Conférence mennonite
      mondiale humanitaire ». 
    • Objectif : recevoir des rapports de diverses communautés et organisations mennonites sur les activités humanitaires,
      recevoir des conseils sur la situation difficile des communautés mennonites en Union soviétique et échanger des informations sur d’autres mesures d’aide coordonnées. 
    • Le chant est référencé et des cantiques précis sont indiqués. (« Wach auf, du Geist der ersten Zeugen, » « Kein schöner Land in dieser Zeit, » « Innsbruck, ich muß dich lassen ». 

    #3 – 1936 Amsterdam et Elspeet 

    • Objectif : poursuivre ce type de rassemblement, renforcer les liens entre les membres, célébrer les 400 ans de la conversion de Menno Simons aux Pays-Bas. 
    • Le premier recueil de chants est imprimé, avec les cantiques classés dans l’ordre prévu pour chaque cultes (textes en allemand et en néerlandais). 
    • Sont mentionnés des chants informels sur le bateau alors que les participants traversaient l’Ijsselmeer pour se rendre à Elspeet sous une forte pluie 

    #4 – 1948 Goshen et North Newton 

    • Objectif : maintenir les liens de fraternité mondiale, de l’appréciation et de l’apprentissage mutuels. 
    • L’excellence des chants interprétés par l’Assemblée, les chorales et les quatuors (divers chorales et ensembles des régions hôtes mentionnés) est soulignée. 
    • Les archives de la MC USA conservent 43 bobines de bandes magnétiques contenant les enregistrements audio de cette Assemblée. 

    #5 – 1952 Bâle (St. Chrischona) 

    • Objectif : continuer à partager et à communier, et « mieux connaître les assemblées mennonites largement dispersées à travers le monde » (JC Wenger). 
    • Des chorales venues de France, de Suisse, d’Allemagne et du Kansas (États-Unis) sont mentionnées. 
    • Deuxième recueil de chants imprimé pour une Assemblée. 
    • Le cantique « Faith of our fathers » (la foi de nos pères) est entonné près de la Limmat, où Felix Manz fut noyé. 

    #6 – 1957 Karlsruhe 

    • Une conférence davantage populaire, avec une
      participation plus importante (environ 1 300 personnes ont eu besoin d’un hébergement). Moins de la moitié des participants viennent
      des États-Unis et du Canada. 
    • Des questionnaires sont
      distribués afin de recueillir des retours et des
      suggestions ; une constitution
      est rédigée et votée ; un Comité exécutif et un Conseil général (présidium)
      sont créés. 
    • Création d’un troisième recueil de chants comprenant 30 cantiques en français, allemand, anglais et néerlandais. 

    #7 – 1962 Kitchener 

    • Un comité de musique est mentionné pour la première fois. 
    • De nombreuses chorales nord-américaines sont mentionnées. 
    • Un plus grand nombre de chefs de chœur et d’organistes sont mentionnés (là où il n’y en avait qu’un ou deux seulement lors des Assemblées précédentes). 
    • Quatrième recueil de chants comprenant 40 cantiques en allemand et en anglais. 

    #8 – 1967 Amsterdam 

    • L’Église connaît une croissance dans les pays du Sud, avec plus de 30 pays représentés (voir « tournant décisif » dans l’article ci-dessus). 
    • Plusieurs chorales universitaires américaines et européennes sont mentionnées.
    • Cinquième recueil de chants comprenant 38 cantiques en allemand, anglais, français et néerlandais. 
    • Premier recueil de chants à inclure la notation musicale occidentale. 

    #9 – 1972 Curitiba 

    • Première Assemblée avec plus de participants du Sud que du Nord. 
    • La musique se
      distingue positivement grâce aux chants collectifs et aux représentations des groupes mennonites d’Amérique du Nord et du Sud. 
    • Le sixième recueil de chants comprend pour la première fois des chants en espagnol et en portugais, en plus de l’anglais et de l’allemand. 

    # 10 – 1978 Wichita — « Le Royaume de Dieu dans un monde qui change » 

    • Des chorales du monde entier se produisent pour la première fois (dont la Russie, chaleureusement applaudie). 
    • Publication du premier « Recueil international de chants », marquant le lancement du nouveau modèle (avec une préface et une introduction). 
    • 63 cantiques avec notation musicale occidentale, organisés en cinq chapitres par continent. 
    • Conclusion avec « Praise God from whom ». 

    #11 – 1984 Strasbourg – « Servir Dieu dans l’espérance » 

    • Utilisation du Recueil international de chants de 1978 avec un nouveau supplément. 
    • L’oratorio « The abiding place » d’Esther Wiebe et Barbara
      Smucker est composé et interprété pour cette Assemblée. 
    • « Je louerai l’Éternel »
      devient un « chant du cœur ». 

    #12 – 1990 Winnipeg – « Être des témoins de Christ dans le monde d’aujourd’hui » 

    #13 – 1997 Calcutta – « Écoutez ce que l’Esprit dit aux Églises » 

    • Le recueil comprenait des réimpressions du recueil de 1990 et de cantiques
      américains, ainsi que quelques traductions locales. 
    • Un chant pour cette Assemblée est écrit par l’évêque Shant Kunjam : « Sun Aatma kya kahta hai sab Mandliyon se ». 
    • Le village de l’Église mondiale débute, avec une scène offrant ainsi l’occasion de partager de la musique. 

    #14 – 2003 Bulawayo – « Mettons nos dons en commun dans la souffrance et la joie » 

    • Publication du troisième Recueil international de chants, avec un comité de musique qui comprend cette fois-ci des représentants des cinq continents, ainsi que plusieurs chants écrits dans des notations musicales non occidentales. 
    • La première chorale internationale lance le modèle d’ensemble avec deux chanteurs de chaque continent. Un enregistrement réalisé à l’avance permet aux participants d’apprendre les chants de l’Assemblée. 
    • « Hakuna akaita », toujours autant apprécié, est présenté et fréquemment chanté. 

    #15 – 2009 Asuncion – « Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ » 

    • Publication du quatrième
      Recueil international de chants, avec une préface reconnaissant que tout le monde ne sait pas lire la musique et que des dizaines de langues sont utilisées, mais que la musique est une force unificatrice. 
    • « Tengan la Mente de Cristo » (N° 9), composé en lien avec le thème de cette Assemblée. 
    • Moment de chant spontané lors d’une coupure de courant : « Siyahamba ». 
    • Pour la première fois, toutes les séances plénières sont retransmises en direct. 

    #16 – 2015 Harrisburg – « En marche avec Dieu » 

    •  Publication du cinquième Recueil international de chants
    • « Tú eres todopoderoso » devient un chant très apprécié. 
    • Un couplet de « El Senyor és la meva força » (N° 37) est interprété en langue des signes pour un grand nombre de participants sourds ou malentendants. 
    • De nombreuses vidéos de cette Assemblée sont disponibles.  

    #17 – 2022 Salatiga – « Suivre Jésus ensemble à travers les frontières » 

    • Publication du sixième Recueil international de chants, le premier à inclure la notation musicale orientale. 
    • La version numérique est également utilisée par de nombreux participants en ligne en raison de la pandémie mondiale. 
    • Le chant N° 2, « Dhuh
      pangeran
       », composé par le mennonite indonésien
      Saptojoadi pour l’Assemblée de 1978, devient un « chant du cœur ». 

    2025 Zurich – « Le courage d’aimer » 

    • Bien qu’il ne s’agisse pas tout à fait d’une Assemblée, cette rencontre commémore le 500ème anniversaire de l’anabaptisme. 
    • Cinq groupes musicaux venus du monde entier donnent des concerts et participent au culte au Grossmünster. 
    • Des chants tirés du Recueil international de chants 2022
      sont interprétés, ainsi que « We want peace », un chant trilingue composé par un mennonite et spécialement arrangé pour l’occasion. 

    singing at MWC assembly
  • Qu’est-ce que les rencontres avec des croyants d’autres pays, mais vivant dans la même région, peuvent vous apporter ?

    « Au-delà de la participation aux programmes, les gens trouvent que les liens créés lors des rassemblements régionaux sont ce qui est de plus mémorable », explique Miekje Hoffscholte-Spoelder, présidente du conseil d’administration de la Conférence mennonite néerlandaise. « Nous nous faisons de nouveaux amis et nous en retrouvons d’anciens. Nous entrons en contact avec des croyants qui n’ont pas toujours les mêmes opinions et le même parcours que nous. »

    Les rassemblements régionaux sont l’occasion de nouer des amitiés et de développer des relations. Bon nombre d’entre eux sont organisés de manière autonome par des groupes de la région, dont beaucoup sont membres de la Conférence Mennonite Mondiale. Pour les représentants régionaux de la CMM, c’est une excellente occasion de rencontrer plusieurs responsables à la fois.

    « Nous avons tant à apprendre les uns des autres en continuant à vivre l’unité », déclare Bruce Campbell-Janz, directeur du service de la communication et de l’engagement pour la CMM.

    Europe 

    Large group of people lined up for photo in a courtyard of a brick building
    A gathering of the MWC member church in Spain

    Les Églises mennonites européennes se réuniront aux Pays-Bas du 14 au 17 mai 2026 pour leur rassemblement régional CMERK* (anciennement MERK). Créé en 1972 et pensé comme un événement ponctuel, il est devenu une sorte de mini-assemblée organisée entre les assemblées mondiales de la CMM, au cours de laquelle les mennonites d’Europe partagent leurs idées théologiques, trouvent des points communs et échangent les dons qu’ils peuvent offrir à la communion mennonite régionale.

    Miekje Hoffscholte-Spoelder ajoute : « Mon mari et moi avons eu le privilège d’assister à l’Assemblée mondiale en Indonésie en 2022, mais un tel voyage n’est pas possible pour tout le monde. Il est important que nous apprenions à connaître nos prochains mennonites, que nous priions et louions ensemble, et que nous discutions de sujets urgents, notamment le rôle des églises dans l’accompagnement des migrants en Europe. »

    Les membres des commissions de la Conférence Mennonite Mondiale se réuniront à Mennorode, aux Pays-Bas, juste avant la CMERK, afin de pouvoir se joindre à la rencontre régionale qui suivra. Les rencontres en personne permettent de renforcer les relations qui sous-tendent le travail qu’ils accomplissent tout au long de l’année par le biais de réunions en ligne et de communications écrites.


    Amérique Latine et Caraïbes

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    Participants at the 2025 Latin American 500th anniversary of Anabaptism event

    Les Églises anabaptistes de 16 pays d’Amérique latine se sont réunies au Pérou en janvier 2025 pour commémorer les 500 ans de l’anabaptisme.

    « C’était un moment précieux pour se souvenir des pères et mères dans la foi, qui nous ont montré un chemin parsemé de sang, de sueur et de larmes, et l’engagement à suivre Jésus-Christ », dit Jaime Prieto, théologien et historien anabaptiste du Costa Rica.

    « Pour moi, ce qui a compté le plus, c’était de voir des gens issus de contextes culturels différents. Nous avons mis en lumière des problèmes, des solutions et, surtout, des sujets importants pour notre vie en communauté, tout en gardant toujours nos principes anabaptistes comme fondement de nos réflexions », a rapporté Yuri De Araùjo du Brésil, l’un des nombreux participants, engagé dans YAMEN, un programme d’entraide du Comité central mennonite et de la Conférence Mennonite Mondiale, qui a assisté à la rencontre.

    Les mennonites d’Amérique centrale et des Caraïbes attendent avec impatience la CAMCA (Consulta Anabaptista Menonita de México, Centro América y el Caribe), qui se tiendra du 13 au 18 juillet 2026 à l’Iglesia Nacional Evangélica Menonita Guatemalteca à Alta Verapaz, au Guatemala. Comme la CMERK, cette rencontre a lieu tous les deux ou trois ans et attire un large public venu pour apprendre, discerner et s’encourager mutuellement.


    Asie

    large group of Asian people lined up for photo
    Regional meeting in Asia

    Les réunions régionales peuvent également porter sur une idée commune afin d’approfondir la réflexion et de développer des actions pour la mettre en pratique. Les responsables d’Églises mennonites d’Asie, sous l’égide du Réseau asiatique d’éducation anabaptiste-mennonite, se sont réunis pour réfléchir ensemble à la contextualisation de la théologie anabaptiste pour les Églises d’Asie. Rejoints par des responsables missionnaires et théologiques du Canada et des États-Unis, ils se sont réunis en Indonésie en 2024 et en Thaïlande en 2025. 


    Amérique du Nord

    Diverse men and women smile at camera from around lunch table.
    North American leaders from MWC member churches on break at General Council meetings in Germany, 2025

    Tout récemment, la CMM a organisé une réunion pour les responsables des églises membres des États-Unis, du 6 au 8 janvier 2026. Janet Plenert, directrice de la CMM chargée du renforcement de la communion, revient sur son rôle de facilitatrice lors de cette réunion : « Parfois, les réunions sont significatives non pas en raison de ce qui a été décidé ou accompli, mais parce qu’elles se sont déroulées dans un climat de respect, de partage empreint de grâce et d’amour bienveillant, au milieu de conversations franches et honnêtes.

    Nous étions vulnérables les uns envers les autres, exprimant une honnêteté bienveillante et directe. Nous avons également eu des conversations substantielles sur les questions qui nous ont réunis. Nous avons senti que l’Esprit de Dieu était parmi nous, et nous croyons que les prières de nombreuses personnes y ont contribué. »


    Afrique

    large group of mostly African men lined up for photo in front of building
    A gathering of Mennonite church leaders at AIMM meetings

    « Au fond de nous, il y a une aspiration constante à vivre ensemble. Les rencontres régionales, qu’elles soient organisées de manière indépendante par les Églises locales ou par la CMM, offrent un espace pour tisser des liens entre nous. Elles nous permettent de découvrir les difficultés et les joies des uns et des autres, de nous encourager mutuellement, de collaborer et d’envisager l’avenir ensemble », explique Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-églises à la CMM.

    « Dans ma région, l’Afrique, le mode de vie est principalement communautaire. Ainsi, bien que très diversifiées en termes de culture, de langue, d’histoire coloniale et de vision du monde, les réunions régionales nous permettent de créer des liens entre nous », ajoute-t-il.

    Une réunion régionale pour l’Afrique entre les responsables des églises membres de la CMM est prévue pour 2026. 


    group of people from Asia standing together
  • Agir avec solidarité

    Il est légitime d’être frustré face à ce monde où les tensions politiques ne cessent de s’aggraver. Les églises membres de la Conférence Mennonite Mondiale de chaque région continentale appellent à la prière et à la solidarité. Beaucoup sont victimes de la corruption ou la violence dans leur pays.

    En tant qu’anabaptistes engagés dans le travail pour la paix, que pouvons-nous faire ?

    « Dans une période comme celle-ci, nous devons prier. En privé et en communauté. Faire connaître à Dieu notre colère, notre frustration, nos lamentations, notre espoir et notre angoisse », déclare Nindyo Sasongko. Il est théologien en résidence à la Manhattan Mennonite Fellowship, aux États-Unis, et pasteur de la Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI).

    Pour lui, la période était fin août 2025. Des manifestations de grande ampleur ont éclaté en Indonésie lorsque les opposants à la forte augmentation des impôts ont été réduits au silence. Un incident au cours duquel un véhicule blindé de la police a percuté et tué un chauffeur de moto-taxi devant la foule des manifestants a suscité la colère.

    C’est ainsi que le 5 septembre 2025, Nindyo Sasongko a lu sa prière représentant le christianisme (l’une des six religions reconnues en Indonésie) devant le consulat général de la République d’Indonésie à New York. Cette manifestation pacifique a été observée par le consul général Winanto Adi.

    C’est ainsi que le 5 septembre 2025, Nindyo Sasongko a lu sa prière représentant le christianisme (l’une des six religions reconnues en Indonésie) devant le consulat général de la République d’Indonésie à New York. Cette manifestation pacifique a été observée par le consul général Winanto Adi.

    (Ceci est une version abrégée de la prière)

    Ce soir, nous nous réunissons en Ta présence,
    avec sincérité dans notre appel
    pour le peuple indonésien.
    Unis d’une seule voix :
    non par rébellion,
    mais parce que leurs cris ne peuvent plus être contenus.

    Nous pleurons !
    Non, soyons audacieux en ta présence :
    nous sommes affligés !
    Non par jalousie, ou par rancune,
    Mais par une juste colère née de l’angoisse,
    De l’amour et de l’espérance des enfants de cette terre,
    Errant à travers des mers inconnues.
    Nous t’implorons : combien de temps encore, ô Dieu ?

    Ouvre les portes de ta miséricorde,
    Afin que tous ceux qui sont dans la tourmente puissent voir qu’il existe des valeurs plus importantes :
    Pas l’indifférence, mais la fraternité,
    Pas le cynisme, mais la compassion,
    Pas la cupidité, mais l’espérance pour chaque membre de la nation.

    Ouvre les voies de la réconciliation,
    Afin que chacun puisse reconstruire la confiance
    Déchirée par la méfiance et les conflits.
    Panses les blessures de cette nation —
    Les blessures physiques des conflits,
    Les cicatrices affectives du vide,
    Et la colère profonde et silencieuse qui l’habite.

    Que cette douleur se transforme
    En la naissance d’une nouvelle ère,
    Marquée par la justice, l’intégrité
    Et une paix durable pour tout le peuple indonésien.
    Ô toi dont l’amour fidèle est sans fin,
    Que les cris des pauvres ne restent pas sans réponse,
    Que leurs souffrances soient apaisées,
    Et que leur avenir soit assuré.

    La prière s’est terminée par un appel lancé à l’administration actuelle pour qu’elle obéisse à la Constitution, fasse preuve d’humilité en écoutant les cris de la foule et ouvre la voie à plus de justice.

    Persévérer même lorsque nous ne voyons pas de changements

    Malheureusement, depuis la vague de manifestations, rien n’a changé en Indonésie. Six mois après les manifestations, la situation semble même s’être aggravée. Alors pourquoi prier pour les nations ?

    « Parce que la prière nous transforme d’abord nous-mêmes. Elle adoucit nos cœurs, remodèle nos désirs et nous relie à la confiance sacrée envers le Seigneur et la communauté qui nous entoure », explique Nindyo Sasongko.

    « Je crois en un Dieu qui choisit activement la solidarité avec les plus vulnérables et protège les veuves et les orphelins », déclare Nindyo Sasongko. « Jésus a enseigné la paix et la non-violence non seulement comme des concepts, mais comme un mode de vie. Je reste convaincu que la non-violence est l’arme la plus puissante pour démanteler les inégalités sociales. »

    « Deuxièmement, mon optimisme est alimenté par une génération de jeunes [de la diaspora] qui se soucient profondément de l’Indonésie. Dans leur regard critique et leur quête de vérité, je vois la main de Dieu – le Dieu de la paix – œuvrer en coulisses pour restaurer l’Indonésie. »

    « Dans cette vérité, je trouve le courage et l’optimisme nécessaires pour relever les défis qui nous attendent. J’espère que davantage de croyants se joindront à nous dans la prière », déclare Nindyo Sasongko.

    La CMM facilite la prière communautaire pour les nations et les unions d’églises grâce à l’e-mail bimestriel de son réseau de prière et à son Heure de prière virtuelle. Rejoignez-nous.


    Indonesian man teaching
  • « En cette période où l’Église et ses membres sont persécutés, victimes des guerres qui endeuillent de nombreuses familles, il devient urgent de placer l’unité, la paix et la solidarité au cœur de l’œuvre d’évangélisation » écrit le pasteur Ernest MUSOBWA KISHAKU.  Ce dernier est le représentant du Kivu, quatrième district de la Communauté des Églises de frères mennonites au Congo, une union d’Églises membre de la CMM, dans l’est de la République démocratique du Congo, région qui fait face actuellement à de nombreuses violences. 

    « Le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale constitue une occasion précieuse de nous rapprocher du peuple, de panser les blessures internes, de contribuer à la guérison des traumatismes et à la restauration du tissu social profondément marqué par les conséquences de la guerre » poursuit-il. 

    Chaque année, la Conférence mennonite mondiale (CMM) diffuse des ressources pour le culte pour aider les assemblées du monde entier à célébrer cette journée. À travers un thème commun, des textes bibliques, des prières et des témoignages, elles sont invitées à vivre plus intensément la communion, l’intercession et l’action de grâce avec, et pour, l’ensemble de la famille spirituelle mondiale.

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    À la paroisse Lingwaka de la Communauté Mennonite de Kinshasa, union d’Églises membre de la CMM, les membres ont célébré la communion lors de leur culte du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale.  

    Cette année, les assemblées ont célébré cette fête le 19 ou le 26 janvier, les dimanches les plus proches du 21 janvier. À la même date en 1525, avait lieu à Zurich, en Suisse, le premier baptême anabaptiste.


    Voici quelques échos de la manière dont le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale a été célébré dans nos assemblées membres à travers le monde. 

    L’Église mennonite de Bhilai, en Inde, a célébré avec beaucoup d’enthousiasme le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale. Des prières ont été élevées pour les cinq continents par divers groupes, notamment le groupe de jeunes, le groupe de femmes, le conseil d’Église et le pasteur. Un repas en commun a également été organisé dans le cadre de cette célébration. 


    La Casa da Comunidade, qui fait partie de l’Église des frères mennonites de Lisbonne, au Portugal, a utilisé l’histoire du bon Samaritain tirée du dossier pour le culte du Dimanche de la fraternité anabaptise mondiale. 


    À l’Église anabaptiste Castañeda aux Philippines, les membres ont été répartis en cinq groupes représentant les cinq régions continentales de la CMM. Au sein de ces groupes, ils ont échangé autour de témoignages mettant en lumière la solidarité vécue dans la paix, l’écoute et le pardon, ainsi que le soutien mutuel et la persévérance. 


    À l’Église mennonite de Bussum-Naarden, aux Pays-Bas, sept assemblées de la région (Ring Midden-Nederland) ont organisé un culte en commun au cours duquel elles ont allumé des bougies pour chaque continent. 


    Binuangan Mennonite Christian Church, aux Philippines, a célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale en chantant « What a Friend We Have in Jesus », « Blessed Assurance », « Trust and Obey » et « God You’re Good ». Certains de ces cantiques ont été chantés en ilocano, une langue couramment utilisée parallèlement à d’autres dialectes locaux tels que le kankana-ey, le bugkalot, l’ibaloi, le kalanguya et d’autres encore.


    L’assemblée de la Mennnonitengemeinde Worms-Ibersheim, en Allemagne, a prolongé la célébration du Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale par un moment convivial autour d’un café et de gâteaux. L’église a été édifiée sur un terrain offert à la paroisse par un mennonite à la fin du XIXᵉ siècle. Le vitrail central, l’un des trois qui ornent le bâtiment, représente le Christ debout sur « une fondation mennonite », précise le pasteur Andreas Kohrn.


    « Nous sommes très reconnaissants à la Conférence mennonite mondiale de partager les ressources pour le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale afin que nous puissions tous prier dans un même esprit. C’est le moment pour nous de nous unir et de relever le défi qui consiste à avoir le courage d’aimer tout le monde et de grandir dans la solidarité », déclare Ashisha Kumar Milap, pasteur de l’Église mennonite Sunderganj Dhamtari en Inde. 

    Ils ont organisé un concours de coloriage à l’école du dimanche à partir du dessin partagé pour le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale

    Après un repas partagé, les membres ont échangé sur les facteurs qui fragilisent la solidarité ou, au contraire, la renforcent. 


    À la Level Ground Mennonite Church à Abbotsford, en Colombie-Britannique (Canada), les enfants ont apprécié les coloriages pendant que l’assemblée priait pour la fraternité anabaptiste mondiale, soulignant en particulier sa solidarité avec le peuple vénézuélien. 


    Comment avez-vous célébré le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale ? Envoyez-nous vos photos ! Partagez vos témoignages ! Envoyez-les à photos@mwc-cmm.org


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    Continuer avec la solidarité

    Que nos prières nous poussent à agir. En 2026, la Conférence Mennonite Mondiale mettra l’accent sur la solidarité. Nous vous invitons, en particulier pendant cette période de réflexion avant Pâques, à vivre la solidarité avec les anabaptistes du monde entier par la prière. 

    Prenez une photo ou une vidéo pour faire connaître à la famille mondiale comment vous priez en solidarité. Utilisez le texte ci-dessous. Envoyez votre photo ou vidéo à photos@mwc-cmm.org.

    Nous prions en solidarité avec nos sœurs et frères de ____________ (écrire le nom du pays).

    OU

    __________ (écrire le nom de votre église locale) prie en solidarité avec nos sœurs et frères de __________ (écrire le nom du pays).

  • Les subventions du Fonds de partage de l’église mondiale illustrent une solidarité concrète

    « Qui avait beaucoup recueilli n’a rien eu de trop, qui avait peu recueilli n’a manqué de rien. » —2 Corinthiens 8.15 

    « La vision de l’égalité que nous lisons dans 2 Corinthiens 8. 13—15 est au cœur du travail de la Commission Diacres », déclare Tigist Tesfaye, secrétaire de la Commission Diacres de la Conférence Mennonite Mondiale.

    La Commission Diacres met en pratique la solidarité à travers le Fonds de partage de l’église mondiale (Compte Jubilé/Fonds Jubilé). Ces subventions accordées aux églises membres de la CMM sont destinées à des activités qui font progresser la vie et la mission de leurs églises.

    En 2025, les subventions du Fonds de partage de l’église mondiale (Compte Jubilé) ont été accordées aux fins suivantes :

    • Aide alimentaire pour les personnes déplacées par le conflit violent en République démocratique du Congo
    • Aide alimentaire et fonds pour la réparation des infrastructures endommagées par les inondations au Vietnam
    • Rassemblement entre mennonite pour commémorer la naissance de l’anabaptisme au Pérou
    • Rassemblement de jeunes adultes anabaptistes en Indonésie
    • Traduction de ressources anabaptistes dans une langue locale au Brésil
    • Construction d’une maison d’hôtes pour l’église au Ghana 

    Les initiatives des églises membres éligibles aux subventions doivent respecter les quatre piliers de la vie d’église de la CMM : communion, culte, entraide et témoignage.

    Sauf en cas d’intervention d’urgence, au moins 30 % du coût total de l’activité est pris en charge par le ministère bénéficiaire.

    Le Fonds de partage de l’église mondiale a été créé en 1997 et est devenu l’un des moyens les plus reconnus pour montrer la solidarité au sein de la famille anabaptiste mondiale.

    « Nous prenons au sérieux l’appel de 2 Corinthiens 8 : “votre abondance actuelle” dans un domaine répondra à “leurs besoins”, tandis que leur abondance répondra aux nôtres », déclare Henk Stenvers, président de la CMM (2022-2031) et ancien secrétaire de la Commission Diacres. « Le partage des dons est un élément central du royaume de Dieu et un moyen de rechercher l’égalité telle que décrite dans 2 Corinthiens 8. »

    « Le message biblique clair [est] que toute la création de Dieu est dotée de dons, que toutes les personnes ont un rôle à jouer et des dons à offrir à l’ensemble du corps, à l’Église mondiale… chaque partie du corps, de l’Église, de la création, a besoin de toutes les autres parties », ont écrit Pakisa Tshimika et Tim Lind dans leur livre publié en 2003, Dons de chacun au service de tous : L’expérience d’une Église mondiale.

    La Commission Diacres invite également à la solidarité par la prière. Tous les deux mois, elle envoie une lettre de prière mettant en avant les joies et les défis de notre famille mondiale. Cette lettre est suivie d’une Heure de prière virtuelle, un appel vidéo ouvert à toutes nos églises membres, sur inscription, qui souhaitent partager ensemble dans la prière.

    De cette manière, les responsables et les membres des églises membres peuvent se joindre à la Commission Diacres pour écouter, prier, encourager et soutenir leurs frères et sœurs.

    « La Commission Diacres doit être la main chaleureuse posée sur l’épaule des églises membres », explique Danisa Ndlovu, responsable des relations interéglises, tant dans les moments difficiles que dans les moments de célébration.

    « Comme le dit Romains 12. 4—8 : “Ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps en Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part.” La Commission Diacres vit cette solidarité en travaillant main dans la main pour partager nos dons avec le reste du corps du Christ, par l’intermédiaire de la CMM », explique Andi Santoso, président de la Commission Diacres (2022-2028). « Nous avons des dons de prophétie, de ministère, d’enseignement, d’encouragement, de direction et de compassion que nous utilisons « selon la grâce qui nous a été donnée ».

    —Bruce Campbell-Janz est directeur de la communication et de l’engagement pour le Service de la communication de la CMM.


    Découvrez dès aujourd’hui comment vous pouvez accompagner vos sœurs et frères à travers le monde en participant au Fonds de partage de l’église mondiale.  

    group photo in Latin America
  • « C’était merveilleux de commencer l’année en priant ensemble », a déclaré Willi Hugo Perez après l’Heure de prière en ligne du mois de janvier. « Que Dieu encourage et renforce l’esprit d’unité et de paix au sein de notre chère famille anabaptiste mennonite dans le monde. »

    Environ 80 personnes se sont réunies sur Zoom à 14 h UTC le 16 janvier 2026 pour prier ensemble lors de cet événement bimestriel de la Conférence Mennonite Mondiale. La présentation principale était une vidéo d’actualité d’un pasteur mennonite du Venezuela.

    Après la prière d’ouverture, la lecture des Écritures et la présentation, les participants sont répartis en petits groupes selon leur langue et consacrent les 35 à 40 minutes suivantes à prier ensemble, se laissant guider par l’Esprit.

    À la fin, tous les participants rejoignent la salle principale et les responsables de sous-groupe présentent un bref rapport.

    Le thème des prières dans les salles de sous-groupe était la paix dans le monde : des prières pour les élections, les transitions de pouvoir, les réfugiés, les personnes déplacées en raison de catastrophes naturelles, les questions de pouvoir dans la politique mondiale et aussi dans l’Église.

    « Nous étions sept personnes provenant de six pays différents… » Chaque responsable de groupe commence son rapport en indiquant le nombre de pays représentés dans sa salle. Par exemple, une salle anglophone a rapporté avoir prié ensemble en anglais, en hindi et en allemand. 

    Lors de l’événement organisé en janvier, de nombreuses salles ont adressé à Dieu des prières pour l’Iran, les États-Unis, le Venezuela, la Colombie, Gaza, l’Équateur et Hong Kong (où 60 personnes ont perdu la vie et 1 000 autres ont perdu leur logement dans l’incendie d’une tour d’habitation).

    « Nous avons prié pour l’unité des personnes dans les Églises, alors que la polarisation politique tend à se traduire par un éloignement et une désunion », a déclaré l’un des responsables d’un sous-groupe.

    « Nous avons prié pour la stabilité économique, car elle est importante pour la survie des gens et pour préserver l’unité des familles », a déclaré un autre.

    Dans le groupe hindiphone, dont les membres provenaient de cinq unions d’Églises différentes, ils ont prié pour un membre qui venait d’élire un nouveau comité exécutif. Les dirigeants sont confrontés au défi de se réconcilier avec des groupes qui se sont séparés de l’union d’Églises.

    Une joyeuse cacophonie de salutations éclate à la fin du programme officiel au moment où des anabaptistes du monde entier saluent leurs amis de l’autre côté de l’écran. 

    Pendant que ces salutations se succèdent, Thomas R Yoder Neufeld lance une requête de prière dans la conversation : « N’oublions pas de prier pour la CMM afin que nous vivions dans l’unité et la paix du Christ malgré nos différences. »


    Continuer avec la solidarité

    Que nos prières nous poussent à agir. En 2026, la Conférence Mennonite Mondiale mettra l’accent sur la solidarité. Nous vous invitons, en particulier pendant cette période de réflexion avant Pâques, à vivre la solidarité avec les anabaptistes du monde entier par la prière. 

    Prenez une photo ou une vidéo pour faire connaître à la famille mondiale comment vous priez en solidarité. Utilisez le texte ci-dessous. Envoyez votre photo ou vidéo à photos@mwc-cmm.org.

    Nous prions en solidarité avec nos sœurs et frères de ____________ (écrire le nom du pays).

    OU

    __________ (écrire le nom de votre église locale) prie en solidarité avec nos sœurs et frères de __________ (écrire le nom du pays).


    Joignez-vous à nous lors de la prochaine heure de prière en ligne. Veuillez vous inscrire ici. 


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  • Le point violet sur la Tanzanie sur la carte mondiale de la CMM représente deux églises membres, Kanisa La Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa la Mennonite la Kiinjili Tanzania (Église évangélique mennonite de Tanzanie). Cette dernière, KMKT, est l’une des plus récentes églises membres de la CMM. Elle a obtenu le statut de membre de la CMM lors des réunions du Comité Exécutif au Brésil en 2024. Bien que l’église se soit développée en se séparant de la KMT, ses dirigeants ont eu des conversations de réconciliation avant de rejoindre la CMM et continuent à œuvrer pour apaiser les tensions. La KMKT a célébré son 20e anniversaire en décembre 2025 avec une semaine de festivités, auxquelles le président de la CMM, Henk Stenvers, a participé en tant qu’invité spécial.

    La carte triennale de la CMM

    Sur l’affiche de la carte « Anabaptistes du monde entier » de la CMM, les pays du nord semblent écrasés, mais la taille de l’Afrique est à peu près proportionnelle à ce qu’elle devrait être. Il s’agit de la projection de Gall-Peters, appelée carte à aire égale. Les formes sont déformées afin de conserver des proportions plus précises. Les statistiques de la CMM sont superposées à cette carte depuis des décennies afin d’indiquer les pays où se trouvent des églises anabaptistes. Partout dans le monde, les panneaux d’affichage des églises sont ornés de cette illustration de la présence des anabaptistes.

    Sur l’affiche de la carte « Anabaptistes du monde entier » de la CMM, les pays du nord semblent écrasés, mais la taille de l’Afrique est à peu près proportionnelle à ce qu’elle devrait être. Il s’agit de la projection de Gall-Peters, appelée carte à aire égale. Les formes sont déformées afin de conserver des proportions plus précises. Les statistiques de la CMM sont superposées à cette carte depuis des décennies afin d’indiquer les pays où se trouvent des églises anabaptistes. Partout dans le monde, les panneaux d’affichage des églises sont ornés de cette illustration de la présence des anabaptistes.

    Sur notre carte du monde, vous pouvez voir les pays où vivent 2 millions d’anabaptistes baptisés à travers le monde.

    Le monde anabaptiste Église membres de la CMM et non membres +2 million Églises membres de la CMM + 1.4 million membres baptisés 383 Union d’églises 87 pays 110 Union d’églises 61 pays 68% d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine/87 % d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine

    Près de la moitié des anabaptistes recensés vivent en Afrique, et presque tous sont membres de la CMM.

    Le monde anabaptiste Membres baptisés en % par continent North America/Norteamérica/28% Latin America/Latinoamérica / 10% Europe/Europa/Europe 3% Asia/Asia/Asie 12 % Africa/África/Afrique 46 %

    Tous les trois ans, la CMM compile les statistiques que nous avons recueillies non seulement auprès de nos églises membres, mais aussi auprès d’autres groupes anabaptistes partout dans le monde.

    En Amérique du Nord, où vivent d’importantes communautés amish et mennonites conservatrices, il y a plus d’églises qui ne sont pas membres que de membres de la CMM.

    Le monde anabaptiste / Membres baptisés en % par continent

    Les mennonites et autres anabaptistes sont organisés en six grandes familles dénominationnelles. L’Église Meserete Kristos, présente en Éthiopie et en Érythrée, compte le plus grand nombre de membres.

    Membre de la CMM Membres baptisés par famille dénominationnelle Total 1 440 000 Amor Viviente 13,000 Frères en Christ 100 000 Église conservatrice 22 000 Frères Mennonites 310 000 Église mennonite 426 000 MKC 515 000 Autres 55 000

    La création de la carte de la CMM est la dernière étape du processus de collecte de statistiques à des fins d’adhésion. La part équitable (cotisation des membres indexée sur la parité de pouvoir d’achat) et le nombre de délégués au Conseil Général sont tous deux basés sur le nombre de membres d’une église membre.

    « Nous essayons d’obtenir les statistiques les plus récentes, mais le processus de recherche d’informations est long », explique Nelson Martínez, qui collecte des statistiques anabaptistes depuis 2015 dans le cadre de ce qui est aujourd’hui le service de renforcement de la communion. L’équipe commence à travailler au moins un ou deux ans avant la publication souhaitée de l’annuaire et de la carte. Elle commence par envoyer une lettre à toutes les églises pour leur demander des informations.

    Mais la partie facile du travail s’arrête là.

    Les réponses n’arrivent pas à temps. Les contacts dans les églises non membres peuvent être perdus.

    Les églises mettent souvent à jour leurs statistiques lors de leur assemblée générale, qui peut ne pas coïncider avec les dates limites de la CMM. Pour les conférences éloignées avec des églises rurales réparties sur une vaste zone, le seul moyen de recueillir des chiffres peut être les rapports que les pasteurs apportent à une convention annuelle. Des circonstances telles que les conditions météorologiques ou la santé peuvent empêcher un pasteur de se rendre à la rencontre chaque année.

    Bien que la carte soit destinée à représenter les membres baptisés, certaines églises envoient une estimation du nombre de fidèles réguliers.

    Un autre défi est le mode de transmission : certaines informations sont renvoyées sous forme manuscrite sur un document, puis photographiées et envoyées sous forme d’image.

    « Il peut être difficile de comprendre ce qu’ils essaient de dire. Nous devons être en communication constante pour confirmer que ce que nous avons pu lire est la bonne information », explique Nelson Martínez.

    La langue peut compliquer la communication. Les églises utilisent divers termes pour désigner leurs instances organisées : synode, conférence, etc., ce qui peut entraîner une certaine confusion quant à la manière de classer les informations.

    « Nous essayons d’adapter nos catégories aux informations qu’ils nous envoient. Nous essayons de nous en approcher le plus possible, mais ce n’est pas tout à fait exact », explique Nelson Martínez. « Quelques églises n’ont pas répondu depuis des années, nous conservons donc les chiffres de la dernière mise à jour, mais nous ne savons pas vraiment. »

    Les relations facilitent le processus de collecte des statistiques. Les représentants régionaux sont utiles pour obtenir des informations lorsque les réponses ne sont pas fournies. Nelson Martínez s’occupe également de l’organisation des voyages des délégués du Conseil Général. Le développement de liens d’amitié se fait au cours de la préparation de leurs voyages, et il devient plus facile d’aborder les conversations sur les statistiques.

    Une fois que toutes les statistiques ont été soigneusement collectées et classées par catégories parallèles, les données peuvent être transformées en visuels et en statistiques. Le personnel de la CMM se charge alors de la conception créative d’une présentation PowerPoint pour le personnel, d’un annuaire pour les membres du Conseil Général et de la célèbre affiche cartographique très appréciée.

    délégués du Conseil Général 110 Églises membres Peuvent nommer jusqu’à 141 délégués

    Depuis la présentation des statistiques de 2025, le Consejo de las Congregaciones de los Hermanos Menonitas del Uruguay (l’église MB en Uruguay) a retiré son adhésion, ajustant le nombre total d’églises de 111 annoncé en juin 2025 à 110 en 2026.

    La carte de 2025 a été redessinée et se présente désormais sous deux formats : l’un avec des cercles reflétant la taille des églises, l’autre avec des nuances de gris indiquant les conférences plus ou moins importantes. Les deux versions montrent à la fois les églises non membres et les églises membres de la CMM sur la carte, les chiffres de chaque pays étant rassemblés par famille confessionnelle.

    Sur le site web, les utilisateurs peuvent consulter une carte interactive. Les statistiques peuvent être filtrées par continent, pays, membre ou union d’églises. Un onglet affiche les informations par membres baptisés, un autre présente la taille des cercles en fonction du nombre d’assemblées.

    « Nous savons que nos membres, les historiens et autres chercheurs trouvent la carte utile sur le plan visuel et la version web interactive très pratique. Lors de mes échanges avec d’autres dirigeants mondiaux, ceux-ci ont également admiré notre carte qui présente la famille anabaptiste mondiale. Nous sommes reconnaissants à nos églises d’avoir coopéré à nos demandes d’informations afin que nous puissions partager des informations sur la famille mondiale avec la famille mondiale », déclare César García, Secrétaire General de la CMM.


  • Découvrez les nouveaux membres du Comité YABs (Jeunes anabaptistes)

    « Les jeunes occupent déjà des responsabilités au sein de l’Église, mais ils sont souvent sous-estimés en raison de leur âge. Nous devons reconnaître que chaque jeune a le potentiel de grandir et d’être encadré. Avec de la patience, nous pouvons leur laisser l’espace nécessaire pour explorer les dons que Dieu leur a donnés et les partager avec l’Église », a déclaré Ebenezer Mondez, mentor des YABs (Young AnaBaptists, Jeunes Anabaptistes) (2022-2028).

    Trois nouveaux représentants continentaux ont été nommés au Comité YABs. Les cinq membres bénévoles du comité, ainsi qu’un mentor membre du personnel, facilitent la mise en place d’un réseau mondial de jeunes anabaptistes pour leur épanouissement, leur soutien et l’aide à la prise de décision. Le Comité YABs présente également au Comité Exécutif et au Conseil Général les préoccupations des jeunes anabaptistes du monde entier. 

    Historiquement, les membres du Comité YABs étaient nommés pour un mandat de six ans. À un stade de la vie marqué par de fréquentes transitions, c’est une longue période. À chaque mandat, au moins un membre du Comité YABs n’a pas été en mesure de remplir ses fonctions pendant les six années complètes.

    En 2025, la structure a été ajustée, parallèlement à une augmentation de la fréquence du Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS). Désormais, les membres du Comité YABs (Jeunes anabaptistes) ont un mandat de trois ans, et au moins deux d’entre eux sont invités à signer pour un nouveau mandat de trois ans. Cela permet d’assurer à la fois la continuité et le changement au sein du Comité YABs.


    Comité YAB (2025-2028)

    Asie

    Blessing Joy Turqueza 

    Église locale 

    San Juan Anabaptist Mennonite Church

    Union déglises 

    Integrated Mennonite Churches Inc. — Philippines (IMC)

    Ton meilleur souvenir du GYS 

    Un moment qui m’a marqué a été celui où j’ai animé une petite discussion de groupe avec les jeunes qui m’étaient confiés. Dans cet espace, j’ai ressenti à quel point nous étions profondément unis par une même foi et une même vocation, malgré nos différences. L’Église mondiale est devenue très réelle et a résonné en moi.

    Un souvenir de ta première rencontre avec la CMM 

    J’étais émerveillé de voir des personnes de différents pays et cultures, parlant des langues variées, toutes adorant ensemble le seul vrai Dieu. Sachant, bien sûr, que le paradis sera encore plus beau que cela, j’ai eu l’impression d’avoir un petit aperçu de ce à quoi il pourrait ressembler.

    Un souvenir de ta première rencontre avec la CMM 

    Je veux écouter, apprendre des autres et aussi partager ce que Dieu m’a enseigné, afin qu’ensemble nous puissions contribuer au royaume de Dieu… et glorifier le nom de Dieu.

    Quels dons apportes-tu à l’église mondiale ? 

    J’espère aider à toucher davantage de personnes, en particulier les jeunes, dans des régions où nous avons actuellement peu ou pas de contacts, notamment en Asie. J’espère également contribuer à établir des partenariats avec d’autres pays afin de travailler ensemble au renforcement et à l’édification du corps du Christ, l’Église.

    Un chant de la CMM que tu préfères ? 

    “Siyahamba” / “We are marching” / “Caminamos en la luz” / “Nous marchons” (Indonésie 2022)


    Europe 

    Raphael Burkhalter 

    Église locale 

    EEMT : Église Evangelique Mennonite Tavannes, Switzerland 

    Union déglises 

    Conférence Mennonite Suisse (CMS / KMS) Konferenz der Mennoniten der Schweiz 

    Ton meilleur souvenir du GYS 

    Célébrer notre unité malgré nos différentes langues et nos diversités culturelles. Les soirées jeux qui nous ont rassemblés.

    Un souvenir de ta première rencontre avec la CMM 

    Pouvoir se retrouver pendant le Conseil Général a été un véritable privilège qui m’a permis de nouer des liens importants au sein de la CMM. J’ai été impressionné de voir de jeunes responsables d’autres assemblées mennonites du monde entier. Trouver des points communs a été une expérience inoubliable.

    Un souvenir de ta première rencontre avec la CMM 

    J’ai beaucoup appris de notre rencontre en personne avec les délégués YAB en 2025. Comment pouvons-nous apprendre à favoriser davantage des communautés relationnelles ? J’espère pouvoir apprendre à reconnaître la beauté dans la diversité des facettes des mennonites engagés dans leur appel commun à suivre Jésus, à vivre l’unité et à construire la paix à travers le monde.

    Qu’est-ce que tu souhaites maintenant que tu es au Comité YABs (Jeunes anabaptistes) ? 

    Ayant grandi dans une petite assemblée mennonite rurale et bilingue en Suisse, j’ai appris qu’il existe déjà une diversité dans la compréhension de la foi, de la Bible et de notre vision de l’Église. Le fait de vivre dans le Sud et d’étudier la théologie dans des universités pentecôtistes et catholiques romaines m’a profondément marqué, et j’espère être un artisan de paix et un bâtisseur de ponts au sein de notre jeunesse de la CMM en Europe et à l’échelle mondiale avec le Comité YABs (Jeunes anabaptistes). 

    Un chant de la CMM que tu préfères ? 

    “True evangelical faith” (Inde 1997, Indonésie 2022), “We want peace” (Zurich 2025)


    Amérique du Nord

    Liam Kachkar  

    Église locale 

    First Mennonite Church in Edmonton, Canada 

    Union déglises 

    Mennonite Church Canada 

    Ton meilleur souvenir du GYS 

    Apprendre, réfléchir et prier avec mon petit groupe au GYS — sans oublier les sorties nature !

    Un souvenir de ta première rencontre avec la CMM 

    Participer à l’Assemblée 2015 en Pennsylvanie et discuter tard le soir au Messiah College avec des jeunes du monde entier.

    Qu’est-ce que tu souhaites maintenant que tu es au Comité YABs (Jeunes anabaptistes) ? 

    La CMM me rappelle constamment que le Royaume de Dieu est plus fort grâce à notre diversité et à nos nombreux points communs. Cela me touche particulièrement dans un monde qui divise, sépare et classe souvent les gens en différents groupes. Je suis convaincue que mon temps au sein du comité YABs (Jeunes anabaptistes) contribuera à démontrer davantage cette force dans la diversité et l’unité que nous partageons en Jésus-Christ.

    Quels dons apportes-tu à l’église mondiale ? 

    J’espère apporter au groupe une présence calme, joyeuse et travailleuse. J’aime réfléchir et rêver à ce qu’il est possible de réaliser ensemble. Je me réjouis de pouvoir entrer davantage en contact avec les expressions propres à l’Église mondiale grâce aux interactions avec mes pairs du YABs et les jeunes que je rencontrerai dans les mois à venir.

    Un chant de la CMM que tu préfères ? 

    “Kirisuto no heiwa” / “May the peace of Christ be with you” (Pennsylvanie 2015, Indonésie 2022) 


    Paroles des responsables

    Les membres du Comité YABs sont nommés pour servir l’ensemble de leur région continentale. Pour toute personne nommée à un poste de membre du personnel ou de bénévole au sein de la CMM, la CMM sollicite l’approbation des dirigeants de leur église membre (délégués au Conseil Général). 

    « En plus de son travail en tant que pasteur auprès des jeunes de notre Conférence de jeunesse, où il encourage les jeunes à ancrer leur spiritualité dans une compréhension anabaptiste de la foi centrée sur le Christ, Raphaël s’engage également à témoigner de la compréhension anabaptiste de la foi au sein de la communauté œcuménique et a participé au GETI 2025 (Global Ecumenical Theological Institute) en Égypte. Grâce à son approche pastorale et à sa capacité d’écoute active, il sera un atout pour les YAB. » — Jürg Bräker, Secrétaire General, Conférence Mennonite Suisse (CMS/KMS) Konferenz der Mennoniten der Schweiz 

    « L’amour de Liam pour le Christ et l’Église est évident. Nous savons que le mandat de Liam au sein du Comité YABs (Jeunes anabaptistes) sera une bénédiction pour la CMM et MC Canada. Passer du temps ensemble dans la louange, la prière et la réflexion avec des jeunes adultes anabaptistes du monde entier vous transforme. Nous considérons comme un immense privilège qu’un de nos jeunes adultes puisse vivre la riche bénédiction que représente l’engagement dans l’Église mondiale. » — Doug Klassen, directeur exécutif de Mennonite Church Canada 

     « La nomination de Blessings Joy Turquesa au Comité YABs (Jeunes anabaptistes) sera une source d’inspiration pour d’autres jeunes anabaptistes philippins au sein de l’IMC. Je crois que Blessing Joy, par la grâce de Dieu et grâce aux dons que lui a accordés le Saint-Esprit, sera utile au service de l’Église mondiale au sein du comité YABs (Jeunes anabaptistes). Et je pense que son expérience et ses apprentissages seront en retour bénéfiques à l’organisation nationale de jeunesse de l’IMC.”—Eladio Mondez, évêque modérateur—Integrated Mennonite Churches, Inc. 


  • Au cours de son siècle d’histoire, la Conférence Mennonite Mondiale a connu de nombreux changements. Comme toute organisation vivante, elle continue de croître et d’évoluer.

    « Les structures organisationnelles doivent être flexibles et s’adapter aux changements si elles veulent rester efficaces dans leur mission », déclare César García, Secrétaire General. « Il est devenu évident que la structure d’équipe que nous avons mise en place en 2012 ne suffit plus à garantir que la CMM remplisse sa mission. À mesure que la CMM grandit, une nouvelle structure est nécessaire pour assurer notre bonne santé. »

    En 2026, l’équipe de la CMM est composée de 19 postes à temps plein, représentant 29 personnes dans 13 pays, et de 15 bénévoles à poste équivalent dans 15 pays.

    Ces serviteurs mondiaux se consacrent à soutenir la CMM dans son appel à être une communion (Koinonia) dÉglises anabaptistes liées les unes aux autres dans une communauté spirituelle mondiale pour vivre la communion fraternelle, le culte, le service et le témoignage. La CMM favorise les relations entre les Églises anabaptistes de manière plus approfondie, en soutenant les responsables dÉglise par le biais des réunions du Conseil Général, du travail des commissions et des ressources pour toutes nosÉglises. 

    À la fin de l’année 2025, le personnel de la CMM a mis en place un nouvel organigramme. L’équipe de la direction générale l’a conçu au cours des 18 derniers mois avec le soutien de Credence & Co., une société de conseil en gestion du changement et en santé organisationnelle aux racines ancrées dans la foi mennonite. Le Secrétaire General continue de diriger l’ensemble de l’équipe de la CMM, qui est désormais structurée en quatre services : Opérations, Communication et engagement, Commissions et
    renforcement de la communion. 

    Chaque service est dirigé par un directeur, qui rejoint le Secrétaire General pour former l’équipe de direction. Ils sont soutenus par les responsables et les secrétaires des départements, qui forment l’équipe de la direction générale.

    Les différents départements gèrent :

    • service des opérations : comptabilité, administration et services aux employés. 
    • Service de la communication et de lengagement : relations publiques et collecte de fonds de la CMM. 
    • Service des commissions : les activités des quatre commissions, des réseaux anabaptistes mondiaux et du Groupe de travail pour la protection de la création. 
    • Service du renforcement de la communion : rencontres, relations interéglises (y compris les représentants régionaux) et Réseau YABs (Jeunes anabaptistes).

    Ensemble, les quatre services mettent en œuvre tous les aspects de la vision et de la mission de la CMM, de la logistique et des programmes à l’éthique et aux relations qui sont au cœur de l’organisation.

    « La collaboration entre les services est essentielle pour que l’organisme fonctionne efficacement et fidèlement. Chaque domaine apporte des atouts et des perspectives uniques, et lorsqu’ils travaillent ensemble dans le respect mutuel et avec un objectif commun, c’est toute l’organisation qui prospère », explique Jeanette Bissoon, directrice des opérations.

    « Plutôt que d’avoir une organisation pyramidale, la CMM fonctionne comme un cercle de coopération, où la communication, la confiance et le discernement commun guident notre travail commun au service de la famille anabaptiste mondiale », explique Janet Plenert, directrice du renforcement de la communion.

    Cliquez ici pour voir les détails de la restructuration de l’équipe de la CMM.


  • Une nouvelle série de livres sur l’histoire mondiale des anabaptistes nous aide à voir Dieu à l’œuvre dans le monde 

    En 1922, alors qu’elle avait environ 14 ans, Rebecca Sengu désobéit à ses parents et s’inscrivit à l’école mennonite pour filles de la mission de Nyanga, dans l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). Elle rassembla son courage après avoir entendu parler de Dieu, qui aimait autant les filles que les garçons, et elle était prête à braver les normes sociales pour suivre un tel Dieu. 

    Devenue mère, elle reçut le surnom de Kasasashiye (celle qui élève les orphelins) car elle ouvrait sa maison aux enfants vulnérables, s’occupait d’eux et les aidait à faire leurs études. Son foyer était rythmé par la louange, le travail et la prière. 

    À l’église, elle débattait avec les responsables masculins lors des réunions sur l’importance pour les femmes de prendre la place que Dieu leur avait donnée dans l’Église. Parfois, elle prêchait. 

    L’histoire de Rebecca Sengu fait partie d’une nouvelle série biographique de la Conférence Mennonite Mondiale, Précurseurs Anabaptistes dans le monde, éditée par Anicka Fast, Secrétaire de la Commission Foi & Vie de la CMM, qui travaille également pour le Mennonite Mission Network (Réseau Missionnaire Mennonite, MMN). 

    Dans le cadre de sa thèse de doctorat sur les débuts de l’Église mennonite en RDC, Anicka Fast a voulu savoir qui étaient les précurseurs anabaptistes africains. 

    Comment vivaient-ils leur foi ? Quelles questions se posaient les premiers anabaptistes africains ? Quelles étaient leurs difficultés ? 

    Mais Anicka Fast était frustrée par l’absence de voix congolaises dans les histoires et les archives. 

    « J’ai remarqué que les femmes étaient très absentes des récits officiels, tant les missionnaires que les Congolaises. J’ai remarqué que les hommes congolais étaient également très absents », a déclaré Anicka Fast dans un entretien avec le Mennonite Mission Network en 2025. 

    Dans le cadre de ses études sur le christianisme mondial à l’université de Boston, elle s’est rendu compte que les biographies étaient un bon moyen d’entendre la voix des personnes marginalisées dans les récits historiques écrits par les missionnaires européens et nord-américains. Elle a donc recherché des sources primaires dans les archives et a mené des entretiens avec des mennonites de la RDC sur les débuts de l’Église mennonite dans ce pays. 

    En 2021, après avoir obtenu son doctorat, Anicka Fast a enseigné l’histoire de l’Église au Burkina Faso et a encouragé ses étudiants à écrire l’histoire de leurs assemblées locales et les biographies des premiers membres de l’Église, hommes et femmes. Les mennonites de RDC l’ont également invitée à enseigner et à animer des ateliers d’historiographie. 

    « J’avais la conviction que ces récits écrits par des historiens locaux pourraient contribuer à donner une image plus fidèle de ce que signifie être une Église anabaptiste mondiale », explique Anicka Fast. « Nous avons besoin d’une nouvelle génération de manuels scolaires [qui nous présentent] nos ancêtres, en prenant conscience que beaucoup de nos précurseurs dans la foi viennent d’autres continents que celui où nous vivons. 

    Il y a des femmes dans l’Église en Afrique qui ont joué un rôle très important en tant que figures de proue du renouveau et du réveil », a déclaré Anicka Fast. « Il y a eu des prophètes et des guérisseuses. Elles ont [prié et vu] des miracles, chassés des démons. Elles se sont beaucoup impliquées dans la médiation entre le christianisme et la religion traditionnelle et dans la recherche de façons d’exprimer le message de l’Évangile dans des termes adaptés au contexte. » 

    « Nous devons les reconnaître comme des semblables. » 

    Certaines des biographies rédigées par les étudiants et les participants à l’atelier ont été publiées dans le Dictionary of African Christian Biographydont la directrice, Michèle Sigg, a collaboré étroitement avec Anicka Fast pour affiner une méthode d’enseignement construire autour d’ateliers. 

    Quand Anicka Fast a vu à quel point certains historiens burkinabés et congolais étaient enthousiastes à l’idée de voir leur travail publié, elle a élargi sa vision pour y inclure une série de livres sur les biographies anabaptistes mondiales, avec des volumes sur l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. 

    Le premier volume, consacré aux mennonites congolais (hommes et femmes), est le fruit d’un atelier organisé en 2023 par Anicka Fast et Michèle Sigg et sera publié en 2026 par Regnum Books

    « [Les historiens africains ont] une bien meilleure compréhension du contexte sociopolitique et une bien meilleure compréhension des responsabilités exercées par les femmes. Ils abordent également certaines des dynamiques douloureuses de l’inégalité dans les relations entre les dirigeants religieux africains et les missionnaires nord-américains avec lesquels ils travaillaient », a déclaré Anicka Fast. 

    Si vous souhaitez participer à la diffusion d’une histoire anabaptiste plus englobante, vous pouvez faire un don au ministère d’Anicka Fast et au Global Anabaptist Histories Fund par l’intermédiaire de l’université de Boston, l’alma mater de Anicka Fast. Si vous résidez au Canada et souhaitez recevoir un reçu fiscal pour votre don, vous pouvez également faire un don via la Conférence Mennonite Mondiale, en fléchant votre don comme « Global Mennonite History Project ». La CMM transfère 100 % des dons au Fonds pour l’histoire anabaptiste mondiale de l’Université de Boston. 

    Article rédigé par Lynda Hollinger-Janzen, rédactrice au Mennonite Mission Network. Publié pour la première fois sur mmnworld.net 


    Anicka Fast reading