Image : un poing levé en signe de solidarité brandit une serviette. Crédit : peinture d’Emme Schreiner, du groupe de jeunes de l’Église mennonite de Pasadena, aux États-Unis
Passer d’avoir le pouvoir sur quelqu’un à avoir le pouvoir avec quelqu’un
Dans Jean 13, Jésus et ses disciples sont accoudés à une table avant la fête de la Pâque. Soudain, Jésus abandonne son rôle d’hôte et de maître : il se dépouille de ses vêtements, noue une serviette autour de la taille et commence à laver les pieds sales de ses disciples.
Qu’il s’abaisse ainsi pour leur laver les pieds est choquant ! Ce geste bouleverse complètement les normes et les hiérarchies établies.
Laver les pieds des invités était une tâche réservée aux serviteurs à cette époque. Seuls les subordonnés rendaient ce genre de service et nettoyaient la poussière des pieds salis par la marche en sandales sur les routes non pavées de Palestine.
Les disciples sont déconcertés de voir leur chef s’abaisser comme un serviteur. Pierre proteste d’abord en disant : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » (v. 8) avant de finalement accepter.
Parfois, nos différents rapports de force et de vulnérabilité font que nous avons besoin qu’on nous lave les pieds. Et parfois, nous devons laver les pieds des autres.
Katerina Gea
Un appel à la solidarité
Nous entendons souvent ce passage biblique comme un appel au service, et c’est une façon de le comprendre. En effet, Jésus encourage ses disciples à assumer le rôle de serviteurs, en s’abaissant par l’acte du lavement des pieds.
Pourtant, je pense que Jésus appelle ses disciples (et nous avec aujourd’hui) à quelque chose de plus réciproque que le simple service. Il leur demande de se laver les pieds les uns aux autres — de faire partie d’un cercle où l’on donne et où l’on reçoit de l’amour, un cercle de réciprocité et de bienveillance. Le mot qui s’en rapproche le plus, à mon sens, est solidarité.
Aussi significatif que puisse être le fait de servir les autres, la conception du service est souvent unidirectionnelle : un groupe de personnes, souvent celles qui ont le plus de pouvoir, donne à celles qui ont moins. Et parfois, le service peut renforcer une dynamique « nous/eux » qui nous sépare de ceux « dans le besoin ».
Une posture de solidarité repose sur des relations mutuelles où l’on voit les difficultés de l’autre, où l’on entend ses cris, et où l’on comprend son chagrin (comme Dieu le fait pour ceux qui sont réduits en esclavage dans Exode 2. 23–25).
La réciprocité de la solidarité
Ma compréhension de la solidarité s’est approfondie lorsque les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, service de l’immigration étasunien) ont envahi Los Angeles en 2025, arrêtant plus de 14 000 personnes dans la région cette seule année-là. Un matin de juin dernier, je me suis réveillé au son des cris de détresse de nos fenêtres. Des hommes masqués, armés de fusils d’assaut et conduisant des véhicules banalisés, sont venus dans notre quartier et ont enlevé plusieurs de nos voisins alors qu’ils partaient travailler. Ce fut une période très effrayante pour notre quartier.
Mon conjoint et des membres de notre communauté se sont relayés pendant des mois pour effectuer des patrouilles non armées au sein d’équipes d’intervention rapide, afin d’alerter la communauté si l’ICE revenait. Nous pensons que de nombreux cas de détention injuste et de séparation familiale ont probablement été évités grâce à ces réseaux d’intervention rapide.
Pendant cette période éprouvante, la générosité et l’entraide ont abondé. Les gens ont commencé à déposer de la nourriture et d’autres dons pour les familles de migrants détenus et d’autres personnes trop effrayées pour quitter leur domicile.
Nos voisins savaient que nous avions un bébé et ont commencé à nous offrir des couches qui leur avaient été données. En tant que pasteur qui se trouve si souvent dans le rôle de celui qui donne aux autres, j’ai été frappé par leur gentillesse envers ma famille, qui recevait cette aide sous la forme de couches dont nous avions tant besoin ! C’est là la réciprocité de la solidarité ; les divisions « nous/eux » s’estompent, et nous accédons à un nouveau sentiment d’unité en tant que communauté bien-aimée.
La vulnérabilité de la solidarité
Lorsque nous recherchons la solidarité, nous reconnaissons que notre sécurité et notre liberté sont intimement liées. Nos besoins, nos intérêts et notre bien-être sont étroitement liés aux besoins, aux intérêts et au bien-être des autres, en particulier de ceux qui sont considérés comme vulnérables.
Jésus embrasse la vulnérabilité avec amour lorsqu’il s’agenouille pour laver les pieds sales de ses disciples. Il se met dans une position inconfortable et se salit. Son statut d’hôte pourrait le maintenir à l’écart et au-dessus de ses disciples, mais il choisit activement de se mettre dans une position vulnérable.
Parfois, nos différents rapports de force et de vulnérabilité font que nous avons besoin qu’on nous lave les pieds. Et parfois, nous devons laver les pieds des autres.
Photo : IMC Philippines
Lorsque nous pratiquons la solidarité, nous passons consciemment d’une position de pouvoir sur (ou sous) les autres à un pouvoir avec les autres.
C’est ce que Dieu accomplit en s’incarnant, comme le décrit Philippiens 2. 5–11. Jésus ne considère pas la divinité (l’égalité avec Dieu, v. 6) comme quelque chose à exploiter. Au contraire, il se joint à l’humanité dans la solidarité, jusqu’à la mort sur la croix. La tendresse du lavement des pieds préfigure son acte final d’amour du don de soi. Plutôt qu’une démonstration de puissance et de domination, il choisit le chemin humiliant de la croix, le chemin de la solidarité avec ceux qui sont vulnérables ou opprimés.
Jésus parcourt le chemin de la croix parce qu’il ne fait qu’un avec le Dieu de l’Exode, le Dieu de la libération qui dit : « J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. » (Exode 3. 7). Dieu voit, entend, connaît et, enfin, descend (v. 8).
La direction de la solidarité
Telle est la direction de la solidarité : le pouvoir se tournant avec compassion vers ceux qui sont opprimés.
En lisant ces passages aujourd’hui, un point de friction pour les interprètes anabaptistes pourrait être Exode 3. 8, où Dieu décrit la terre promise : « un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébusite. » La terre est déjà habitée par d’autres peuples.
Nous savons que l’histoire de l’Exode ne s’achève pas par le sauvetage et la libération d’un seul peuple ; elle se poursuit par la destruction et l’anéantissement des habitants de la Terre promise. Le théologien osage Robert Allen Warrior, dans son essai « Canaanites, Cowboys, and Indians », nous invite à lire l’histoire de l’Exode à travers les « yeux des Cananéens » et à reconnaître que ceux qui sont opprimés peuvent aussi se tourner vers l’oppression d’autrui. Il déplore qu’un Dieu de délivrance puisse si rapidement devenir un Dieu de conquête.
Libération pour les opprimés et les oppresseurs
En tant qu’anabaptistes, nous cherchons à lire ces passages à travers le prisme de la vie, de la mort et de la résurrection non violentes de Jésus. Bon nombre des Écritures hébraïques que Jésus a dû entendre offrent des alternatives aux récits de conquête et ont sans aucun doute façonné le message libérateur de Jésus pour tous les peuples.
Par exemple, dans Amos 9. 7, Dieu implore Israël : « Pour moi, n’êtes-vous pas comme des fils de Nubiens, fils d’Israël ? […]N’ai-je pas fait monter Israël du pays d’Égypte, les Philistins de Kaftor et Aram de Qir ? » Amos offre une vision plus large de la solidarité, de la compassion et de la libération de Dieu pour ceux qui sont considérés comme les ennemis d’Israël, dont le prophète affirme qu’ils ont leurs propres récits d’exode.
En tant que chrétiens qui cherchent à pratiquer la solidarité avec les opprimés, nous pourrions réfléchir à la manière dont la libération et l’amour de Dieu doivent en fin de compte s’étendre à ceux que nous considérons comme des oppresseurs et des ennemis, de peur que la spirale des opprimés et des oppresseurs ne se poursuive à l’infini.
Katerina Gea est membre de la Commission Paix de la CMM. Elle est également pasteure à l’Église mennonite de Pasadena, située sur les terres traditionnelles des Gabrielino/Tongva, en Californie (États-Unis).
Prions pour que nos Églises mennonites soient fortifiées par l’Esprit, ravivées dans la foi et remplies de courage, de sainteté et de vérité.
Prions pour que l’Église reste ferme et fidèle à la Parole de Dieu, sans compromis.
Prions pour qu’elle soit protégée contre le découragement, la division et la peur. Que l’Église brille comme un phare d’espoir, transformant des vies et des nations.
Prions pour que chaque épreuve se transforme en témoignage, et que la gloire de Dieu se révèle avec puissance.
Zimbabwe
Prions pour que Dieu nous aide à nous aimer, à nous soutenir et à prendre soin les uns des autres et être un phare d’espoir dans ce monde.
Prions pour être protégés du mal et pour que nos cœurs soient remplis de compassion, de bonté et de générosité.
Prions pour la stabilité économique, la subsistance et un avenir prometteur pour les jeunes et les familles au Zimbabwe.
Prions pour des dirigeants avisés, la justice, la liberté, l’unité et la paix entre les citoyens.
Prions pour la protection de l’Église, sa croissance spirituelle, son unité, son audace et son renouveau, ainsi que pour la force des responsables et des moyens nécessaires à sa mission.
Angola
Prions pour que les familles touchées par les inondations d’avril à Benguela et à Luanda trouvent réconfort, force et soit renouvelées dans leur espérance.
Prions pour que ceux qui ont perdu leur maison et leurs biens reçoivent de l’aide et du soutien grâce à des gestes de solidarité.
Prions pour que les autorités et toutes les personnes impliquées dans les opérations de secours agissent avec sagesse, et pour que la miséricorde de Dieu se manifeste en cette période de calamité.
Malawi
Prions pour la croissance spirituelle, l’unité et l’amour entre les jeunes et les aînés, afin qu’ils restent fermes dans la foi et vivent en harmonie.
Prions pour que des opportunités s’offrent à eux, pour leurs besoins, et la stabilité économique, sources d’espoir et d’un avenir meilleur.
Prions pour des dirigeants avisés, pour la paix et la sécurité dans le pays, ainsi que pour une protection contre la violence et l’insécurité.
Nigeria
Prions pour que Dieu pourvoie aux besoins des familles confrontées au coût élevé de la vie et aux difficultés, et leur apporte un soulagement.
Prions pour que tous ceux qui traversent des moments difficiles retrouvent l’espoir et la force.
Ouganda
Prions pour que miséricorde et soutien soient accordés à ceux qui sont touchés par les démolitions et la perte de leurs moyens de subsistance, et pour qu’ils soient soulagés de la pauvreté croissante et des vols.
Prions pour que la sagesse et la compassion guident les dirigeants et les décisions qui touchent les citoyens.
Prions pour que l’espoir, la foi et l’engagement dans la prière soient renouvelés, afin que les cœurs soient apaisés et que la confiance en l’Église soit renforcée.
Asie
Inde
Prions pour la protection et l’assurance des croyants confrontés à la pression, à l’opposition, aux railleries et aux menaces en raison de leur foi.
Prions pour que le courage soit donné aux jeunes, aux nouveaux croyants, aux responsables d’Église et aux familles qui ont peur ou sont contraints de cacher leur foi.
Prions pour que le peuple de Dieu vive dans l’amour, le pardon, la paix et l’unité, et reste un phare d’espoir malgré les défis.
Indonésie
Prions pour la paix en Indonésie et la stabilité de la nation.
Prions pour que les responsables du gouvernement soient guidés par la sagesse.
Prions pour que les gens trouvent un nouvel espoir et une nouvelle vision pour leur vie, même dans un contexte instable.
Népal
Prions pour la stabilité politique, des responsables avisés et la paix au milieu des tensions et des tensions actuelles.
Prions pour les croyants confrontés à la persécution dans différentes régions du pays.
Prions pour l’économie, l’influence de la génération Z dans la société et pour que Dieu guide la nation, y compris en lui accordant un climat stable.
Philippines
Prions pour que la guérison, l’unité et des relations centrées sur le Christ se développent au sein des communautés, des églises et parmi les responsables.
Prions pour que de nouvelles églises centrées sur le Christ soient établies tant dans les zones urbaines que rurales.
Prions pour que Dieu suscite, forme et fortifie des responsables pour un ministère et un discipulat efficaces.
Prions pour que ceux qui sont au pouvoir dirigent avec sagesse, intégrité, justice et droiture.
Europe
Allemagne
Prions pour une soif plus profonde de la Parole de Dieu et une crainte plus grande du Seigneur.
Prions pour que nous agissions, animés par l’amour et la générosité de Dieu, avec empathie et humilité, et non par peur.
Prions contre les clans, et pour l’unité et l’ouverture au sein de l’Église.
Prions pour un esprit d’accueil envers les réfugiés et les personnes différentes.
Prions pour ceux qui sont réfugiés en église, afin qu’ils trouvent patience, paix et joie pendant leur temps ici.
Prions pour que davantage d’églises réagissent avec compassion et agissent pour soutenir ceux qui sont dans le besoin.
France
Prions pour que les jeunes se détournent de l’égocentrisme pour se tourner vers les autres, en ouvrant les yeux sur leurs prochains et sur le monde.
Prions pour la croissance, l’encouragement et l’engagement actif des jeunes qui suivent le Christ au sein de l’Église.
Amérique Latine
Belize
Prions pour que le ministère soit marqué par davantage de sérieux, de constance et de fidélité.
Argentine
Prions pour un réveil et un renouveau sans précédent, afin que les jeunes soient remplis du Saint-Esprit.
Prions pour avoir la force de rester fermes en Christ et de vivre selon la Parole de Dieu, sans nous laisser déconcerter par les tendances du monde.
Pérou
Prions pour que les élus gouvernent avec sagesse et dans le respect de Dieu.
Prions pour que la criminalité et le racket cessent, et pour que les autorités agissent avec justice.
Costa Rica
Prions pour la paix dans le pays et pour une diminution de la criminalité et de l’insécurité.
Prions pour que le gouvernement fasse preuve de sagesse afin de diriger le pays pour le bien-être de tous.
Prions pour un renouveau au sein de l’Église, pour l’évangélisation de ceux qui ne connaissent pas Dieu et pour une foi inébranlable chez les croyants.
El Salvador
Que Jésus soit au cœur de la nation, en particulier au sein des instances dirigeantes et dans la prise de décision.
Prions pour l’économie, la santé physique et une culture de paix.
Amérique du Nord
Canada
Prions pour les personnes et les communautés touchées par les incendies, afin qu’elles trouvent la guérison, la force et le réconfort.
Prions pour la reconstruction et la remise en état des maisons et des villes.
Prions pour que les communautés en phase de reconstruction, longtemps après la catastrophe, continuent de bénéficier d’un soutien et persévèrent.
Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026
Voici quelques-unes des façons dont les églises d’Europe célèbrent leur culte ensemble, avec des actions symboliques pour démontrer leur solidarité.
Lors du culte
Dans les assemblées doopsgezinde (mennonites) des Pays-Bas, le président du culte allume une bougie sur une table à l’avant au début du service et l’éteint à la fin du service.
Accompagnant ces gestes, le responsable du culte prononce une version des paroles suivantes :
Nous allumons cette bougie pour nous rappeler la lumière qui nous guide et nous réconforte. Vivons dans la lumière de l’éternité.
OU
Nous allumons cette bougie en signe de notre lien les uns avec les autres, avec Dieu, avec nous-mêmes et avec le monde.
Nous soufflons la bougie, mais nous emportons la lumière dans nos cœurs à travers le monde.
Après le culte
Repas en commun
Une fois par mois, nous célébrons le Gemeinschaftssonntag (dimanche de la fraternité). Chacun apporte quelque chose à manger (par exemple, une salade, un gâteau, un dessert ou un pot-au-feu) et nous préparons un grand buffet. Après le culte, nous retirons les chaises de la salle de culte et installons des tables.
Tout le monde est invité à manger, y compris les invités, et jusqu’à présent, tout le monde a toujours eu assez à manger ! Il y a généralement beaucoup de restes, et beaucoup de gens en emportent chez eux.
Après le repas, certaines personnes passent tout l’après-midi à l’église. Les enfants et les adultes jouent dehors sur la pelouse ou s’assoient ensemble.
Parfois, nous ouvrons également un café l’après-midi pour les personnes qui vivent à proximité de notre église ou qui font de la randonnée dans la région. Cela crée une communauté colorée composée d’inconnus, de familles, d’habitants de la région et de membres de l’église. Il y a de nombreuses occasions de conversations et de rencontres dans lesquelles l’Esprit de Dieu peut agir.
— Joel Driedger, Mennonitengemeinde Karlsruhe-Thomashof e.V., Karlsruhe, Allemagne
Depuis plusieurs années, nous nous réunissons pour un repas en commun après le culte à l’église mennonite de Ratisbonne. Toute personne qui souhaite partager un délicieux repas en bonne compagnie est la bienvenue.
Le repas est organisé de manière très informelle via un groupe WhatsApp.
Le groupe est composé de personnes qui participent régulièrement au repas et qui sont heureuses d’apporter leur contribution. Trois à quatre jours avant le culte, nous décidons ensemble de ce que nous voulons manger. Il peut s’agir, par exemple, d’un dimanche soupe, de pâtes ou riz avec différentes sauces, ou simplement de hot-dogs avec des salades. Bien sûr, le dessert est indispensable.
Tout le monde peut se joindre à nous pour le repas, même à la dernière minute. Nous aimons particulièrement inviter les nouveaux visiteurs au culte.
Même si cela signifie que le nombre de personnes qui mangent ensemble varie, tout le monde a toujours été satisfait jusqu’à présent.
Nous trouvons ces repas communautaires très précieux pour notre assemblée. Ils sont l’occasion de mieux se connaître et d’avoir de bonnes conversations. L’échange entre les générations est particulièrement agréable. La bonne cuisine rassemble les gens, des enfants de maternelle aux seniors.
— Lena Schmutz, Mennonitengemeinde Regensburg, Allemagne
Recettes
Allemagne
Gâteau aux pommes englouties
Mélangez 125 g de margarine et 125 g de sucre, ajoutez 3 œufs et continuez à mélanger.
Mélangez 200 g de farine et 2 cuillères à café de levure chimique, puis incorporez-les à la pâte.
Ajoutez 2 cuillères à soupe de lait.
Épluchez et coupez en deux 5 pommes, retirez les trognons et incisez-les à l’aide d’une fourchette.
Beurrez un moule rond, versez-y la pâte, puis disposez les moitiés de pommes sur la pâte.
Faites cuire 40 à 50 minutes à 200 °C ou 390 °F.
—Liesa Unger,Directora de eventos Internacionales del CMM
Portugal
Lavadas (gaspacho)
Ingrédients
3 tomates
3 poivrons verts et rouges (pas des piments)
3 gousses d’ail
Huile d’olive extra vierge (de préférence du Portugal, d’Espagne, d’Italie ou de Grèce)
200 grammes de prosciutto
1 miche de pain dur (plus il est vieux, mieux c’est…)
Eau
Glaçons
Instructions
Commencez dans un grand saladier. Écrasez les 3 gousses d’ail, puis ajoutez l’huile d’olive. (Je mettrais 2 ou 3 cuillères à soupe.)
Coupez les tomates en petits morceaux. Coupez les poivrons en lamelles (enlevez les graines). Coupez le prosciutto en cubes. Mettez le tout dans le saladier.
Coupez le pain en cubes de taille moyenne.
Avant d’ajouter le pain, versez de l’eau froide dans le saladier et mélangez le tout à l’aide d’une grande cuillère.
Lorsque tout est bien mélangé, ajoutez le pain pour qu’il s’imprègne.
Ajoutez quelques glaçons pour garder le tout au frais.
C’est un excellent repas d’été frais. J’ai appris cette recette de ma mère bien-aimée. Elle venait de l’intérieur de l’Alentejo, au Portugal. Là-bas, on ne parlait pas de gaspacho mais de « Lavadas ». À l’époque, les ingrédients étaient rares et les gens mangeaient ce qu’ils avaient sous la main.
— José Arrais, Représentant régional de la CMM, Europe
Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026
Sur une table à l’avant, placez cinq bougies de couleurs différentes pour chaque continent sur une carte du monde (ou à côté d’un globe terrestre), ainsi qu’une bougie blanche représentant le Christ au centre.
Au début du culte, nommez chaque continent au fur et à mesure que la bougie correspondante est allumée, en saluant les frères et sœurs de chaque continent.
Allumez la bougie du Christ en dernier (ou en premier) comme source de lumière pour l’Église partout dans le monde.
Pendant le culte ou à la fin de celui-ci, des prières peuvent être dites pour bénir les frères et sœurs des différentes régions du monde.
Ressources supplémentaires pour montrer le lien avec la famille anabaptiste mondiale :
Utilisez l’invocation et la bénédiction pour l’allumage des bougies dans la section « idées de célébration »
Regardez les vidéos de bienvenue dans la section ressources multimédia
Affichez la carte de la CMM (sous forme d’affiche ou de version interactive en ligne).
Prière de rassemblement
D’après le Psaume 40.1-11
Seigneur, nous avons mis tout notre espoir en toi,En nous préparant à faire de la place pour toi,Sachant que tu prêtes l’oreille à nos supplications.
Tu nous as fait remonter du puits de la destruction, et du fond de la boue ;Tu nous as remis debout, les pieds sur un rocher, et tu as affermi nos pas.
Tu as mis dans nos bouches un cantique nouveau,Et la louange pour notre Dieu.
Quand ils verront ce qu’il a fait, ils seront nombreux à le craindre Et à mettre leur confiance en l’Eternel.Heureux l’homme qui fait confiance à l’Eternel !
O Eternel, notre Dieu, toi, tu as accompli tant d’œuvres merveilleuses,Et combien de projets tu as formés pour nous !Nul n’est semblable à toi,
Nous voulons publier, redire tes merveilles, mais leur nombre est trop grand.Seigneur, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande que tu demandes de nous,Mais notre être tout entier.Nous prenons plaisir à faire ta volonté, notre Dieu,Et ta Loi est gravée tout au fond de nos cœurs.Dans la grande assemblée, nous annonçons la bonne nouvelle de ta justice.Nous ne nous retenons pas d’annoncer que tu es juste, que ton amour est sans limites.
Nous proclamons bien haut combien tu es fidèle, et que tu nous as sauvés.Tu es celui qui nous aide et celui qui nous sauve.
Seigneur, nous te louons, nous te servons, nous te prions.
Amen.
Bienvenue à vous…
Bienvenue à vous qui avez un cœur de pauvre !Bienvenue à vous qui pleurez !Bienvenue à vous qui avez faim et soif de justice !Bienvenue à vous les faiseurs de paix !Bienvenue à vous qui souffrez et supportez l’insupportable au nom de Jésus-Christ !
Dieu, en Jésus, souhaite à chacun de vous la bienvenue.C’est lui qui veut porter, avec nous, les fardeaux de nos jours.Ouvrons-nous à sa présence et que sa joie, ce matin, nous saisissePar la grâce de son Esprit !
—De Nathalie Werner, de Paroles et prières pour le culte (Éditions Mennonites)
Repentance – Pardon
Seigneur, nous t’adorons et te louons, nous nous tenons humblement devant toi.
Nous reconnaissons que tu accomplis tes desseins pour le monde.
Nous confessons notre refus de voir la promesse d’une nouvelle humanité.
Nous sommes submergés par les affaires du monde.
Nous sommes distraits de nos engagements par d’autres appels.
Nous sommes victimes de nos préjugés, de nos peurs et de notre vision à courte terme.
Nous te prions de nous transformer à l’image du Christ.
Nous te prions de nous prendre à ton service et de nous utiliser, pour que tous les peuples, toutes les races et toutes les nations puissent grandir ensemble en paix et en bonne intelligence.
Nous te le demandons au nom du Christ qui, seul, peut faire de notre fraternité une réalité.
— De Michel Sommer, de Paroles et prières pour le culte (Éditions Mennonites)
Confession de foi – Engagement – Consécration
Partager avec ceux qui vivent la précarité
Tous ceux qui sont nés de Dieu, ont reçu les dons de l’Esprit du Seigneur,
appelés à être un seul corps et s’aimant en Jésus-Christ,
sont bien préparés par un tel amour
à aider leurs voisins, non seulement avec de l’argent et des biens,
mais aussi en suivant l’exemple de leur Seigneur,
d’une manière évangélique,
par leur sang et leur vie.
Ils font montre de miséricorde et de piété autant que possible.
Ils prennent à cœur les besoins des saints.
Ils reçoivent ceux qui sont dans la détresse.
Ils reçoivent l’étranger dans leurs maisons.
Ils consolent les affligés, assistent les nécessiteux,
habillent ceux qui sont nus, nourrissent les affamés,
et ne détournent pas leur visage des pauvres…
— Menno Simons (1496–1561), de Paroles et prières pour le culte (Éditions Mennonites)
Une prière pour l’offrande
Notre Dieu, notre Père, le Père des lumières chez qui il n’y a pas d’avarice… apprends-nous à nous confectionner un trésor dans le ciel et non sur cette terre. Apprends-nous à placer notre foi en toi uniquement, et non dans ces biens matériels passagers. Comme tu nous l’as enseigné, nous prions pour que ta volonté se fasse sur cette terre comme aux cieux. Nous t’apportons maintenant une partie des biens dont tu nous as confié la gestion. Permets, nous t’en prions, que cette offrande contribue à la manifestation de ta volonté sur cette terre. Amen
— De Nicolas Widmer, de Paroles et prières pour le culte (Éditions Mennonites)
La prière d’intercession
Donne-nous le pouvoir
Dieu,
Donne-nous le pouvoir de faire confiance aux autres Et de choisir la durabilité environnementaleQui libère ta création de la souffrance.
Donne-nous le pouvoir de partager nos connaissancesEt de rechercher des solutions durablesQui permettent aux futures générations de vivre.
Donne-nous le pouvoir de coopérerPour prendre des décisions et entreprendre des actionsQui donnent un fruit durable.
Donne-nous ce pouvoirPar ton Saint Esprit.
Toi qui as vu que cela était bon.
Après-demain comme au commencement.
Pour que ton règne vienne Et que ta gloire rayonne À jamais.
Amen
— Traduction libre d’une prière extraite de Dancing with the Golden Frog: Global Warming and the Lord’s Prayer, de Herman Heijn, pasteur à Doopsgezinde Gemeente Haarlem, Pays-Bas.
Poème pour entrer en méditation
J’aimerais créer une compagnie de deuilPour partager ensemble la solitude du chagrinSans dire quoi que ce soit qui n’ait vraiment d’importanceMais simplement pour pleurer ensembleCe qui n’est plus là.
J’aimerais créer une compagnie de deuil : Un groupe, un club ou juste une personne Qui puisse rester et demeurer sans se soucier de l’heure Aussi longtemps qu’il le faudra
Même si cela dure et dure encore.
J’aimerais créer une compagnie de deuil ;Alors je viendrai, si je peuxAvec des mouchoirs supplémentaires et des signes de compassion, en silenceEt ici et là, un soupir profond,
Pour, peut-être, un moment de calme et de respiration.
— Adapté librement d’un poème d’Annegreet van der Wijk, pasteure à DoopsgezindBussum-Naarden, aux Pays-Bas. Extrait de BijEb & BijVloed : negentiggedichten/gebeden en meer (À marée haute et à marée basse : poèmes, prières et plus encore), publié par DoopsgezindBruderschapshuisDopersduin.
Bénédiction
Notre Dieu, nous prions que rien ne soit perdu, Mais : cherche-nous, Regarde-nous, Pour que nous soyons trouvés.
Seigneur, nous te prions, Inspire-nous par ton Esprit, Car il est temps maintenant de redécouvrir, de mettre de l’ordre, de purifier.
Avec ton souffle, mets-nous en mouvement, Que nous puissions nous engager à nouveau à vivre, et à oser vivre avec toi et par toi, Et d’être artisan de paix.
— adapté librement d’un texte de Hans Marseille, extrait de BijEb & BijVloed : negentiggedichten/gebeden en meer (À marée haute et à marée basse : poèmes, prières et plus encore), publié par DoopsgezindBruderschapshuisDopersduin.
Au début de l’été, je profite du soleil dans le champ de fraises de la famille Loosli à Moron, dans le Jura, et je passe au crible les petits buissons à la recherche des fraises les plus mûres et les plus belles.
En cette belle matinée de juin, je pense à la devise du prochain week-end d’automne réservé aux femmes : « On gagne plus à partager ».
L’inspiration vient du cours « Just People » de Stop Poverty. Les valeurs dont nous allons parler sont la charité, la soutenabilité, la justice et la miséricorde. Notre texte clé sera Michée 6. 8.
« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »
Prenons une grande inspiration. Dieu a déjà défini ce qui est important dans ses commandements. Il n’y a rien à ajouter.
Il s’agit maintenant de combiner la devise du week-end femmes, « On gagne plus à partager », avec Michée 6. 8.
Cette devise nous interpelle, non seulement ce qu’elle affirme, mais aussi parce qu’elle est contradictoire : une partie est moins que le tout, et non plus ! Moins, c’est moins, pas plus.
Quand quelque chose est paradoxal et semble absurde, cela peut renvoyer à une signification plus profonde.
Quelle pourrait être cette signification ?
Lorsque je partage ou donne une partie des fraises que j’ai cueillies à la sueur de mon front sous le soleil de Moron, j’ai moins de fraises, pas plus. Le « plus » ne peut donc pas se référer aux fraises, mais alors à quoi ? Quelle est la valeur ajoutée ?
Changement de décor
Voici la carte du monde telle que nous la connaissons. Les couleurs représentent les différents continents :
Il s’agit d’une carte du monde dans laquelle les contours naturels sont déformés. L’Europe, l’Amérique du Nord et certaines parties de l’Asie sont gonflées parce qu’elles consomment plus de ressources naturelles en termes relatifs.
Mais les ressources mondiales sont limitées.
Ce que certains consomment pour la production alimentaire, l’espace de vie par habitant, l’extraction minière, etc.
Sur cette carte, l’Afrique, l’Inde et le Pakistan sont agrandis. Il s’agit de la carte de la malnutrition infantile. Il y a beaucoup plus d’enfants souffrant de malnutrition dans les continents agrandis, alors qu’il n’y en a pratiquement pas en Europe et en Amérique. La répartition inégale des ressources est un fait.
Mani Matter, le chanteur suisse, a résumé cette réalité de manière ingénieuse et pertinente dans un court poème ou une chanson.
« Ceux qui sont bien lotis Seraient mieux lotis Si ceux qui sont moins bien lotis Étaient mieux lotis Mais cela n’est pas possible Sans que ceux Qui sont bien lotis Soient moins bien lotis… »
En Suisse, nous sommes vraiment très bien lotis. La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde. La plupart d’entre nous ne connaissent que très peu de privations. De l’autre côté du globe, des gens travaillent dur et dans des conditions précaires pour garantir notre prospérité matérielle. Notre prospérité a un prix, mais ce n’est pas nécessairement nous qui le payons.
Si les biens étaient répartis plus équitablement dans le monde, tout le monde serait mieux loti. Mais comment pouvons-nous nous résoudre à partager ce que nous avons ?
Selon les recherches sur le bonheur et le Rapport mondial sur le bonheur des Nations Unies, cela devrait être assez simple : partager nous rend heureux.
Vous augmentez votre propre bonheur en augmentant celui des autres. Ainsi, si nous veillions à ce que la malnutrition dans les pays du Sud diminue et que les gens aient accès à plus de ressources, à plus de nourriture, à plus de possibilités d’éducation, etc., nous serions plus heureux.
En ce sens, vous gagne plus lorsque vous partagez.
Revenons au champ de fraises
Lorsque je partage les fraises que j’ai cueillies moi-même et que je les apporte à quelqu’un, je rends cette personne heureuse. Il y a le moment de plaisir pour le destinataire et la joie de recevoir un cadeau. Comme je suis témoin de cela, je suis moi-même plus heureuse. Et ce n’est pas tout.
D’une certaine manière, cela ne me satisfait toujours pas complètement.
Il y a certainement beaucoup de vérité dans cela, mais c’est en fait une idée vertueuse au sens où l’entendaient les Grecs anciens. Mais nous parlons ici d’un week-end entre femmes mennonites.
Voici à nouveau Michée 6. 8 :
« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »
Selon Michée, les éléments suivants sont importants :
respecter la loi (certaines traductions parlent de pratiquer la justice, de faire ce qui est juste, de ne pas permettre l’injustice) ;
être bienveillant envers nos semblables (certaines traductions parlent de solidarité, d’attention) ;
vivre en communion constante avec Dieu (certaines traductions disent « marcher attentivement avec Dieu, être compréhensifs et conscients, vivre dans le respect de Dieu »).
Dieu fera miséricorde à ceux qui vivent ainsi.
Ce texte met l’accent sur une foi pratique et vécue. Examinons-le de plus près :
Justice et droiture
Le thème de la justice est un fil conducteur dans la Bible. Quand nous pensons à la justice, nous pouvons d’abord penser que chacun reçoit ce qu’il mérite, que chacun devrait recevoir une punition juste pour ses mauvaises actions.
Mais la justice de Dieu ne concerne pas principalement le jugement. La justice de Dieu consiste à créer des conditions favorables à la vie, des relations équilibrées entre les personnes, entre Dieu et les êtres créés. Comme nous sommes faillibles, la justice de Dieu a beaucoup en commun avec la miséricorde.
Et cette justice ne concerne pas seulement l’individu, mais vise l’ensemble de la coexistence sociale : Nous pensons à l’exemple à l’année du Jubilé, où tous les sept fois sept ans, toutes les dettes sont effacées (Lévitique 25).
Faire preuve d’humanité, de solidarité et d’affection
Beaucoup d’entre nous savent ce que l’on ressent lorsqu’on est accueilli par des personnes qui, selon nos critères, n’ont rien, mais qui veulent partager le peu qu’elles peuvent offrir à leurs hôtes. C’est très impressionnant, parfois même embarrassant, car on ne peut rien leur rendre en échange.
Mais peut-être décidez-vous d’imiter cet exemple. Grâce à l’exemple des plus pauvres, nous apprenons à partager et un effet domino se crée.
Vivre en connexion constante avec Dieu, marcher attentivement avec Dieu
Cela signifie que Dieu nous montre le chemin et que nous le suivons.
Ce n’est pas nous qui décidons où aller et Dieu qui nous suit, mais plutôt Dieu qui trace le chemin que nous devons parcourir attentivement avec lui.
Si nous ne faisons pas attention et nous laissons distraire, nous risquons de manquer un tournant en cours de route et de nous retrouver soudainement dans les broussailles. « Vivre en communion constante avec Dieu » signifie, idéalement, prendre la main de Dieu comme un petit enfant et la tenir aussi fermement que possible.
C’est donc ce qui préoccupait Michée en 700 avant J.-C. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, même dans la vie avec Jésus ?
En cherchant un verset qui résume aussi succinctement que Michée 6. 8 ce qui importe dans la vie avec Dieu, et qui aborde également la question du sacrifice et du partage, je suis tombé sur un verset dans l’épître aux Hébreux. La Lettre aux Hébreux s’adresse à une communauté dont l’enthousiasme initial semble s’estomper. Il est donc nécessaire de lui rappeler ce qui est important. Dans les exhortations finales du chapitre 13, nous lisons (13. 15) :
« Par [Jésus], offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. »
Et puis vient le verset qui résume si bien cela (13. 16) :
« N’oubliez pas la bienfaisance et l’entraide communautaire, car ce sont de tels sacrifices qui plaisent à Dieu. »
Dieu se réjouit lorsque nous faisons le bien et partageons. C’est ainsi que nous voulons comprendre la devise « On gagne plus à partager ».
Ce « plus » est le lien étroit avec notre Seigneur Jésus, l’attention sans partage, le questionnement reconnaissant, l’écoute de ce que nous devons et pouvons partager et comment.
Et lorsque nous prions, chantons et écoutons, nous sentons que le partage est un besoin qui vient du plus profond de nous-mêmes. C’est le besoin de marcher attentivement avec Dieu et de partager nos forces, nos ressources, nos expériences de foi, tout ce qui fait de nous ce que nous, et d’autres avec nous, sommes.
— Mathild Gyger est membre de l’Assemblée évangélique mennonite Schanzli, en Suisse. Adapté d’un sermon qu’elle a prononcé le 1er octobre 2023.
Un repas en commun après le culte à l’église mennonite de Ratisbonne, Allemagne. Photo fournie
Le Samaritain en moi
Luc 10. 25-37
Nous connaissons tous et toutes l’histoire du bon Samaritain. La morale de cette histoire est très simple. Jésus la résume lui-même après la parabole : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37).
Cependant, je pense à une histoire qui pourrait en quelque sorte se rattacher à la parabole du bon Samaritain.
L’automne dernier, Alfred, originaire du Ghana, a vécu cinq mois chez mes parents dans le cadre d’un semestre à l’étranger à l’université de Bâle, où il étudie la théologie. Pendant son séjour en Suisse, il est rentré deux fois à la maison très bouleversé parce qu’il avait vu des gens tomber dans l’escalator de la gare de Bâle. Ce qui le dérangeait particulièrement, ce n’était pas les blessures subies par les personnes qui étaient tombées, mais le fait qu’il n’y avait pratiquement personne à côté de lui qui aide les victimes.
Cela montre que le courage civique n’est finalement pas si simple. Même si la situation, comme dans ce cas, ne présente en réalité aucun danger, il faut beaucoup d’efforts pour décider d’aimer. Beaucoup semblent échouer à « aller et faire de même » !
Il vaut alors peut-être la peine d’examiner de plus près ce texte biblique.
Dans cette parabole, presque tout est inversé. Le héros de l’histoire n’est pas le prêtre, ni le Lévite, ni le Juif ordinaire.
Non, le héros est le Samaritain, quelqu’un qui, du point de vue juif de l’époque, s’était égaré et suivait une croyance erronée.
On peut presque entendre le légiste grincer des dents lorsqu’il répond à la question de Jésus après l’histoire : « Lequel des trois s’est montré compagnon d’humanité (prochain) envers l’homme qui a été attaqué ? » (10. 36). Il ne peut se résoudre à dire : « Le Samaritain ! » Au lieu de cela, il dit : « Celui qui a fait preuve de bonté » (10. 37).
Quel héros nous mettrait aujourd’hui mal à l’aise si Jésus nous racontait personnellement cette histoire ? Nous avons également des groupes de personnes qui sont plus ou moins largement rejetés dans notre société. Même si nous ne le voulons pas, nous avons nous aussi nos réserves et nos préjugés, qui sont souvent difficiles à surmonter.
Jésus raconte délibérément cette histoire de façon à mettre ses auditeurs mal à l’aise. Je vous invite donc à prendre un bref instant pour remplacer le Samaritain par quelqu’un qui vous mettrait mal à l’aise.
Essayez de garder cette personne ou ce groupe de personnes à l’esprit pendant le reste du sermon.
Lorsque l’on raconte l’histoire du bon Samaritain, on met généralement l’accent sur la compassion pour l’humanité.
Cependant, Kenneth E. Bailey, un expert de la culture du Moyen-Orient, m’a montré au cours de ma préparation comment un manque de courage d’aimer joue un rôle dans cette histoire.
Commençons par le prêtre, qui rentrait probablement chez lui à Jéricho après deux semaines de ministère à Jérusalem. S’il s’était approché de l’homme blessé, dont il ne savait pas s’il était mort ou encore en vie, il aurait couru le risque d’être rituellement impur, ce qui aurait entraîné un long processus de purification durant lequel lui, ses serviteurs et sa famille auraient dû faire face à des conséquences désagréables. S’il s’était rendu impur et avait ensuite esquivé le processus de purification, cela aurait signifié qu’il officiait à l’autel en état d’impureté, ce qui aurait pu entraîner une accusation aux conséquences encore plus graves.
Pour le prêtre, cette situation comportait donc certains dangers ou inconvénients. Il lui manquait manifestement le courage nécessaire et il lui était plus facile de passer son chemin.
Dans l’histoire d’Alfred à la gare de Bâle, beaucoup de ceux qui n’ont pas aidé avaient probablement aussi leurs raisons. « Si je m’arrête maintenant, je vais être en retard à ma réunion et mon patron est déjà en colère contre moi. » « Et si je ne peux pas aider, je ne connais rien aux premiers secours. Tout le monde le verrait, ce serait tellement embarrassant ! »
Après le prêtre vient le Lévite, assistant du prêtre dans le temple. Kenneth Bailey pense que le Lévite devait savoir qu’un prêtre avait emprunté ce chemin peu avant lui. Le Lévite était subordonné au prêtre. Aurait-il dû dénoncer le prêtre comme quelqu’un qui n’avait pas agi comme il le devait ? Cela aurait également demandé beaucoup de courage.
De plus, comme le prêtre qui était déjà passé connaissait mieux le bien et le mal, le Lévite pouvait donc continuer presque sans remords.
Dans le cas d’Alfred, certains se sont peut-être demandé : « Pourquoi devrais-je aider ? Il y en a tellement d’autres. Ils pourraient probablement le faire encore mieux que moi. »
Et maintenant vient le Samaritain.
Ce qu’il fait est inimaginable : il a le courage d’agir avec amour.
En tant qu’ennemi des Juifs de l’époque, il prend soin de l’homme blessé et l’emmène dans une auberge voisine, probablement dans une ville juive.
Les personnes qui écoutaient cette histoire à l’époque s’attendaient probablement à ce que le Samaritain laisse le blessé à la périphérie de la ville et s’enfuie. Même en tant que sauveur de ce Juif, un Samaritain n’aurait pas été à l’abri d’une éventuelle vengeance.
De plus, en amenant l’homme blessé à l’auberge et en fournissant de l’argent pour ses soins, le Samaritain a non seulement sauvé la vie du Juif, mais probablement aussi sa liberté. Étant donné que l’homme n’avait plus rien après le vol, il aurait pu être vendu comme esclave pour payer ses dettes.
Le courage d’agir du Samaritain montre comment l’amour peut changer la vie des autres.
Revenons à la question de Jésus : « Lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme qui a été volé ? »
Jésus formule la question différemment. On pourrait penser que la question ne devrait pas être « Qui est mon prochain ? », mais « Pour qui devrais-je être un prochain ? ».
Il ne répond pas à la question : « Qui est celui que je suis censé aimer pour gagner ma vie éternelle ? », mais plutôt : « À qui puis-je tendre la main ? Qui puis-je soutenir ? Qui devrait pouvoir compter sur moi ? ».
L’accent est davantage mis sur « être ensemble » plutôt que sur « je dois assurer ma vie éternelle ». Et la réponse à la question du prochain dans la parabole est presque révolutionnaire. Elle brise les frontières religieuses, linguistiques et ethniques et fait sortir le légiste de sa zone de confort. Elle montre la vision de Dieu d’un monde nouveau.
Jésus dit au légiste : « Va et, toi aussi, fais de même » (10. 37).
De par notre nature même, nous ne sommes pas en mesure d’aimer à la fois Dieu et nos semblables comme Dieu l’exige. Et pourtant, je veux m’orienter vers cette vision divine d’un monde nouveau dans lequel nous aidons de manière sacrificielle les personnes dans le besoin : nous apportons les premiers secours aux blessés, nous donnons aux pauvres une partie de ce dont nous avons trop, nous nous opposons au racisme, nous tendons la main aux personnes marginalisées, nous nous rangeons du côté des opprimés.
Malheureusement, le monde n’est pas noir ou blanc.
Ai-je toutes les informations nécessaires pour savoir qui je dois défendre ? Les situations sont souvent nuancées et l’on ne peut pas simplement dire quelle est la bonne chose à faire.
Jésus ne s’attend pas à ce que nous fassions toujours tout correctement. Et pourtant, je ne veux pas m’arrêter à la grâce. Le Samaritain de notre histoire peut et doit être un modèle pour moi. Il doit m’enseigner l’humilité, me faire descendre de mes grands chevaux, m’aider à voir au-delà des frontières et m’encourager à trouver le courage d’aimer tous mes semblables, même si cela semble impossible à première vue.
Parfois, il est facile d’aimer. Et parfois, cela demande du courage.
Mais si nous parvenons à aimer sincèrement, alors nous pouvons changer la vie de nos voisins et devenir un compagnon d’humanité à leurs yeux.
Pour résumer, comme le dit une chanson d’Unspoken : « If we’re gonna be known for something let it be love » (Si nous devons être connus pour quelque chose, que ce soit pour l’amour.)
Amen.
— Hanna Sagesser est membre de la Evangelische Mennonitengemeinde Schänzli, à Muttenz, en Suisse. Cette prédication est adaptée de celle qu’elle a prononcé devant des invités internationaux et l’assemblée le 1er juin 2025.
Les membres du Conseil Général se réunissent pour prier pour Roman Rakhuba, délégué d’Ukraine au Conseil Général, avant son départ. Photo : Irma Sulistyorini
Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2026
Le temps des offrandes est aussi important que la prédication. Souvent, quelqu’un présente un témoignage et une Écriture sur le thème du don.
Le pasteur demande souvent à l’un des responsables de prier, de bénir les donateurs et aussi que ceux qui ne donnent pas soient bénis pour pouvoir le faire.
Parfois, les responsables font circuler les paniers, et d’autres fois, les membres viennent à l’avant pour mettre leur offrande dans un panier. Dans de nombreux endroits, les gens chantent et dansent car le don est accompagné de beaucoup de joie.
En ce dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale, la CMM invite les églises à collecter une offrande spéciale pour notre communauté anabaptiste mondiale. L’idée est d’inviter chaque membre à donner l’équivalent du coût d’un repas local pour soutenir les réseaux et les ressources de notre famille spirituelle mondiale de la CMM. Sacrifier un repas, c’est notre humble manière de remercier Dieu et d’apporter un soutien aux ministères de la CMM pour le Seigneur.
Ce don « d’un repas » par personne une fois par an est quelque chose que tous les membres de la CMM peuvent faire. Certaines personnes ont les moyens de donner beaucoup plus que cela, et devraient être encouragées à le faire. D’autres, dont les ressources sont plus limitées, pourraient être encouragées par le fait que le Comité Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale, composé de membres de tous les continents, est convaincu que la plupart des adultes du monde entier peuvent donner l’équivalent d’un repas par an pour soutenir le travail de l’Église mondiale.
Voici quelques suggestions pour préparer le temps de l’offrande dans votre assemblée :
Prévoyez que les offrandes « d’un repas » soient déposées dans un panier spécial à l’avant, ou dans des contenants culturellement appropriés et en lien avec les repas lors du culte.
Prévoyez un repas communautaire partagé ensemble avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale
Ça pourrait être une « auberge espagnole » où chaque famille amène de grands plats à partager, avec un panier réservé pour l’offrande pour la CMM présente au repas.
Chaque famille pourrait ramener un repas tout préparé. Ces repas préparés sont alors mis aux enchères, vendus ou offerts avec participation libre pour être ramenés à la maison et être mangés en famille après le culte.
Prévoyez un temps de jeûne et de prièr pour l’Église mondiale pendant un repas avant ou après le culte du dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale, et faites une offrande pour la CMM pendant ce temps, représentant au moins la valeur du repas qui n’est pas consommé.
Les fonds recueillis par cette offrande spéciale dans chaque assemblée peuvent être envoyés directement à la Conférence Mennonite Mondiale (trouver des moyens de donner sur mwc-cmm.org/fr/faire-un-don).
Vous pouvez également envoyer ces fonds au bureau de votre union d’église nationale, en les désignant clairement comme destinés à la Conférence mennonite mondiale et en indiquant qu’il s’agit de l’offrande du dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale. Vous pouvez demander qu’ils transmettent alors les fonds à la CMM.
Dans les assemblées mennonites (Doopsgezind) des Pays-Bas, l’offrande est collectée en faisant passer les paniers de la collecte, appelés collectezakken : ce sont de petits sacs en tissu. Les personnes y déposent pièces et billets. Ces sacs sont soit attachés à un petit manche en bois et passés de main en main, soit fixés à l’extrémité de longues perches que les personnes désignées tendent en passant dans l’assemblée.
L’offrande reçue dans l’un des sacs est généralement destinée au fonctionnement de l’assemblée locale, alors que l’offrande reçue dans un second sac est plutôt destinée à la mission en dehors des murs de l’église. Pour ce deuxième sac, toutes les églises mennonites des Pays-Bas se mettent souvent d’accord sur le même projet soutenu chaque dimanche.
Aujourd’hui, la plupart des assemblées affichent également un QR code et un numéro de compte bancaire pour les personnes qui souhaitent donner de cette manière.
Les dons supérieurs à un certain montant donnent droit à une déduction fiscale de la part du gouvernement à la fin de l’année.
“Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand.” 1 Corinthiens 13. 13)
Comment ces trois choses se manifestent-elles dans la pratique ? Elles se manifestent sous forme de loyauté, d’anticipation et de solidarité. Et la plus grande d’entre elles est la solidarité.
Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand.
On comprend parfois la foi comme la simple capacité de croire. Mais ce que Paul entend par foi est une relation beaucoup plus profonde. Elle signifie que les gens se font confiance et restent loyaux. C’est une relation de confiance entre les personnes, ou entre les personnes et Dieu.
La foi signifie en réalité la loyauté.
L’espérance est dirigée vers quelque chose que nous ne possédons pas, mais que nous essayons d’atteindre. Malheureusement, certaines personnes la perdent, car elles ne savent pas quoi espérer. Ou elles sont déçues parce que ce qu’elles espèrent semble leur échapper.
Mais l’anticipation est une espérance qui s’accompagne d’une stratégie.
Nous pouvons planifier où nous voulons aller avec notre espérance. Il ne s’agit pas de se raccrocher à n’importe quoi, mais de tendre vers un plan tout tracé dont nous anticipons la réalisation.
Et l’amour ?
L’amour survit à tout le reste. Lorsque nous rêvons nos rêves les plus fous – la guérison de toutes les relations, le renouveau de la confiance dans la société, la présence de Dieu parmi nous dans la joie – lorsque tous ces rêves auront été réalisés, nous n’aurons plus besoin de foi/confiance ou espérance/anticipation. Mais l’amour perdurera.
Même dans une société parfaite, si tant est qu’elle existe, nous aurions encore besoin d’amour.
Et l’amour mis en pratique, c’est la solidarité.
Être solidaires avec ceux qui sont à la fois proches et éloignés de nous. Oui, même ceux qui ont des croyances différentes, qui agissent, parlent, mangent différemment, recevront notre solidarité. Et nous recevrons la leur, car l’amour signifie aussi l’entraide.
Mais la solidarité est la plus grande.
Sur l’île grecque de Lesbos, des mennonites allemands et néerlandais ont développé une profonde solidarité avec les migrants et les Grecs qui recherchent un monde meilleur. Un monde qui dépasse les frontières et les murs. Où les gens prennent soin les uns des autres et respectent la dignité de chacun. En coopération avec les Community Peacemaker Teams, le Comité mennonite allemand pour la paix (DMFK) envoie des volontaires et des délégations à Lesbos depuis plus de 10 ans maintenant. Nous aidons aujourd’hui à financer une équipe de quatre « solidaires » grecs.
Le travail est devenu plus difficile. Même s’il ne fait plus la une des journaux, le service de ces solidaires est extrêmement important. Les migrants qui ont été contraints de diriger un bateau arrivent en Europe avec l’étiquette de « passeurs » et sont régulièrement condamnés à des peines de prison de plus de 100 ans. Notre équipe leur rend visite, les met en relation avec leurs familles, leur fournit des avocats, organise des manifestations, documente les abus. Notre équipe fait preuve d’amour et de solidarité.
—J. Jakob Fehr est membre du Deutsches Mennonitisches Friedenskomitee (DMFK), le Comité mennonite allemand pour la paix.
En juin 2023, on m’a diagnostiqué un anévrisme près de la rate. J’ai subi une intervention chirurgicale, mais six mois plus tard, je me suis réveillé avec des douleurs abdominales presque insupportables. Astrid (ma femme) et moi sommes très reconnaissants de vivre dans une maison où la solidarité est une réalité.
Nos voisins étaient là.
Benny, un ancien pompier, m’a giflé pour m’empêcher de sombrer dans le coma.
Josiane a aidé Astrid à appeler les urgences.
J’ai passé deux jours et demi entre la vie et la mort, alors que des hémorragies internes et des infections se propageaient dans mon abdomen.
La situation a été relayée par des amis, des membres de notre église, des membres de notre communauté religieuse et au-delà. Une chaîne de prière et de solidarité s’est formée sans même que je le sache !
Astrid, quant à elle, était bien consciente de la gravité de la situation. Elle témoigne : « Quelle force et quelle puissance avaient ces prières ! Elles ont permis à notre famille de supporter cette épreuve et de garder espoir. Chaque mot, chaque souffle, chaque supplication a été entendu par notre Seigneur tout-puissant, et par la grâce de Dieu, Dieu a répondu positivement. Notre prière est que cette épreuve ne se termine pas avec un seul nom, Max, mais que la puissance toute-puissante du Seigneur soit révélée. »
Avec le recul, je peux dire à quel point il est précieux d’avoir une communauté et des amis qui se sont engagés avec amour pour mon rétablissement. Les chirurgiens parlent d’un miracle, et nous sommes d’accord ! Josiane a laissé à Astrid les paroles de Lamentations 3. 22–23 : « Les bontés du SEIGNEUR ! C’est qu’elles ne sont pas finies ! C’est que ses tendresses ne sont pas achevées ! Elles sont neuves tous les matins. Grande est ta fidélité ! »
La solidarité de Dieu est la plus grande qui soit.
— Max Wiedmer, Église Mennonite d’Altkirch, France
La première histoire ci-dessous est celle d’un de nos frères en Argentine. Il a choisi de garder l’anonymat car l’histoire aborde des sujets sensibles. Nous partageons cette belle histoire parce qu’elle montre comment Dieu a réuni des personnes de couleurs et d’origines différentes, créant ainsi une mosaïque colorée de personnes. De même, l’histoire d’Elisante montre comment Dieu a rassemblé des personnes pour trouver l’harmonie entre elles malgré des croyances et des pratiques différentes, et ce, dans sa ville natale en Tanzanie.
Un garçon originaire d’une ville voisine, où il était connu comme le plus méchant des méchants, est venu vivre avec moi. Sa famille (des policiers) le traitait très mal parce qu’il était connu pour être un voleur, qu’il prenait de la drogue et que, pour se procurer de la drogue, on l’envoyait faire n’importe quoi.
Il avait une très mauvaise réputation là-bas.
Ê un moment de sa vie, il a eu un accident de voiture et une overdose, ce qui l’a conduit à être admis dans un centre de réhabilitation. Après y avoir passé du temps, il est venu vivre avec moi – une étape intermédiaire entre le centre et le début de sa réintégration complète dans la société.
L’une des choses qui l’ont le plus marqué durant son séjour ici, c’est que son image a changé, que Dieu a pu agir dans son esprit et dans son cœur – qu’il était digne d’être sauvé.
Il a pu se forger une nouvelle identité. Pendant qu’il vivait avec nous, il a été surpris que les gens lui fassent confiance et lui laissent sa chance. Il était même connu comme faisant partie de notre famille.
Un soir, il s’est mis à pleurer parce qu’il ne comprenait pas comment, après avoir été « l’ordure de sa ville », il pouvait trouver une vie totalement différente dans le Seigneur. Cela l’a rempli de joie.
Je viens d’un pays qui est presque à moitié chrétien et à moitié musulman. Certaines églises chrétiennes ont subi des attaques, notamment à Zanzibar, une île située au large de la Tanzanie. Ê Zanzibar, la population est à 90 % musulmane. Cette région a tendance à être plus violente à l’égard des chrétiens, plus exigeante. Et il y a parfois de la violence même dans la partie nord, à Mwanza.
Dans ces situations, quelqu’un qui se rend à l’église est tué ou l’église et tout ce qu’elle contient sont brûlés par des inconnus. Mais nous savons généralement qu’il s’agit d’un groupe de personnes ayant des croyances religieuses différentes.
Parler de la paix ou de Jésus avec les musulmans de mon pays peut s’avérer difficile.
Parfois, ils sont un peu agressifs lorsque vous leur dites quelque chose qui est différent de ce qu’ils croient. Cela m’est arrivé lors de conversations en face à face, mais aussi sur les réseaux sociaux.
J’ai participé à des groupes Facebook de musulmans et de chrétiens pour discuter de la foi et des croyances. Lorsque les musulmans utilisaient des mots violents, les chrétiens se mettaient parfois sur la défensive. Et j’ai vu que certains chrétiens pouvaient aussi être violents, en utilisant le même type de langage. Les disputes s’envenimaient donc.
Mais je me suis vite rendu compte que les paroles non violentes permettaient de calmer la situation.
Chaque fois que l’autre partie utilisait un langage violent et agressif, j’utilisais des mots très polis. Souvent, je disais : « J’aime vraiment ce que tu as dit et je comprends ce que tu dis. Et je t’aime vraiment. » Je disais cela même s’ils étaient très en colère contre les chrétiens.
Si nous aimons les personnes qui ne croient pas comme nous, nous montrerons l’amour. Si nous faisons preuve de paix et d’amour, ils voudront savoir ce que nous croyons.
Je ne blâme pas la religion islamique, car nous avons beaucoup, beaucoup d’amis islamiques qui nous aident beaucoup. Nous travaillons ensemble, nous mangeons ensemble. Nous pouvons manger dans la même assiette ou boire dans la même tasse. Nous partageons beaucoup de choses.
Mais nous avons beaucoup de différences. C’est vrai même entre chrétiens.
C’est pourquoi, chaque fois que nous avons des malentendus, nous devons venir nous asseoir et parler ensemble. Nous pouvons avoir des différences, mais elles s’atténuent au fur et à mesure que nous parlons.
Elisante Daniel Lulu est un mennonite tanzanien. Il a enregistré ce témoignage dans le cadre du projet Bearing Witness Stories lors de l’Assemblée 2015 de la Conférence mennonite mondiale à Harrisburg, Pennsylvanie, USA. Regardez la vidéo ici .
Lors de la célébration du Dimanche de la Paix le 18 septembre 2022, l’église GKMI de Petra-Depok en Indonésie a évoqué le thème « être une nouvelle création » avec un invité spécial. Sadanand Hembrom s’est joint au culte par vidéo depuis l’Inde.
Depuis quelques années, l’église GKMI de Petra-Depok dans le grand Jakarta franchit les murs de l’église pour diffuser la bonne nouvelle. Avant la pandémie, les membres de l’église ont effectué plusieurs missions dans des régions éloignées de différentes îles d’Indonésie.
Après l’Assemblée de la CMM de 2022, leur vision s’est élargie au-delà des frontières de l’Indonésie. Huit délégués de l’église ont assisté à l’Assemblée et trois jeunes adultes ont participé au Sommet Mondial de la Jeunesse.
« Nous nous rendons compte qu’il y a des églises en dehors de l’Indonésie que nous devons connaître, à qui nous pouvons apporter notre soutien dans la prière et avec qui nous pouvons aussi partager nos ressources », déclare Ary Rusdianto, un responsable d’église qui a également été coordinateur de l’interprétation vers l’indonésien pendant l’Assemblée.
Les participants de l’église au Sommet Mondial des Jeunes (GYS) ont suggéré que Sadanand Hembrom, délégué de l’Église des Frères en Christ du Népal au GYS, s’adresse à l’église lors du Dimanche de la Paix. Ary Rusdianto lui avait servi d’interprète en indonésien pendant le culte satellite à l’église GKMI de Solo.
« Inviter quelqu’un d’une autre partie du monde à prendre la parole lors d’une occasion spéciale à l’église est une bonne façon de mieux se connaître et de se soutenir les uns les autres », dit Ary Rusdianto.
« En plus de cela, nous pensons au grand potentiel que représentent les jeunes générations pour la vie future de l’Église. »
Ê la fin de sa présentation, Sadanand Hembrom a demandé la prière pour les implanteurs d’église, pour les personnes touchées par les fortes pluies et les inondations, et pour les activités de son union d’églises, l’Église des Frères en Christ du Népal.
« Dans notre église, notre compréhension et notre vision des autres se sont élargies, et nous éprouvons de la joie à en faire l’expérience », dit Ary Rusdianto.
« Quelquefois, notre communauté semble petite et isolée ; la célébration du Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale a permis de porter notre attention sur la famille mondiale », déclare Chani Wiens. Ce professeur de mathématiques et aumônier à la UMEI Christian High School de Leamington, Ontario, (Canada), a utilisé les documents fournis pour le culte du Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale lors d’un culte dans la chapelle [de l’école].
« La plupart de nos étudiants venant d’une assemblée mennonite ont un arrière-plan mennonite russe, et c’est donc vraiment bien de leur montrer que l’anabaptisme est si répandu dans le monde et qu’ils font partie d’une grande famille », dit Chani Wiens.
Lors du Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale, des responsables de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) ont prêché dans plusieurs assemblées le 23 janvier 2022, apportant des prédications en ligne – ce qui est désormais familier – dans des endroits très éloignés de leur domicile.
Ce fut une grande joie pour la paroisse mennonite Summit, dans l’Ohio (États-Unis) d’accueillir un prédicateur de la CMM, le représentant régional d’Europe José Arrais, lors du Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale, dit la pasteure Christine Nafziger. « Je me suis sentie particulièrement bénie d’avoir une relation avec un frère en Christ de l’autre côté de l’océan – c’était un tel privilège d’écouter son expérience », dit-elle.
« Quand une partie de l’Église mondiale m’invite à parler de la CMM, cela m’encourage et me rappelle que nous sommes tous liés » , dit Cynthia Peacock, représentante régionale de la CMM pour l’Asie du Sud, qui a pris la parole lors de plusieurs événements pendant le week-end. « Notre famille devient plus forte lorsque nous apprenons les uns des autres, nous partageons et nous marchons ensemble pour bénir et être bénis, participant ainsi à l’élargissent du royaume de Dieu sur terre ».
Le thème du Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale de cette année était ‘Suivre ensemble Jésus’ – une partie du thème de l’Assemblée. Les documents ont été préparées par les églises hôtes d’Indonésie : Gereja Injil Tanah Jawa (GITJ), Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI), Jemaat Kristen Indonesia (JKI).
En outre, 33 vidéos montrant des textes bibliques en 16 langues et les salutations de 11 assemblées locales ou groupes du monde entier ont permis des ‘visites’ du monde entier dans des paroisses au-delà des océans et des frontières.
Comment votre paroisse ou votre école a-t-elle célébré le Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale ? Envoyez-nous vos témoignages et vos photos. Dites ‘Bonjour !’ à la famille mondiale : Envoyez-nous vos vidéos de 5 secondes de salutations.
« Nous, disciples de Jésus, nous suivons son exemple et travaillons pour apporter la paix au sein du chaos. »
Les églises membres du monde entier ont célébré le Dimanche de la Paix 2021 en utilisant le matériel pour le culte de la Conférence mennonite mondiale intitulé « Trouver l’espoir et la guérison en temps de crise ».
Amos Ganjboir et Rajendra Masih, de l’église mennonite Bethel, à Balodgahan, en Inde, ont travaillé pendant trois jours pour peindre une toile de fond et découper des vagues pour l’activité du dimanche de la paix. Sankalp Jurri et Darshit Dadar les ont aidés à terminer le travail.
« Je remercie Dieu pour ces jeunes et le talent qu’il leur a donné », déclare le pasteur Ashish Kumar Milap.
Il a utilisé le matériel du dimanche de la paix dans toutes les parties du culte.
Pour l’activité, les jeunes ont distribué des stylos et des cartes en forme de vague aux membres de l’église, qui ont écrit ce qui leur volait la paix. Les cartes ont été collectées et collées autour de la peinture du bateau.
« Certains ont écrit que l’inquiétude pour l’avenir de leurs enfants est comme une tempête, d’autres ont écrit que leurs mauvaises habitudes sont comme une tempête, d’autres encore ont écrit que le fait de ne pas avoir de bonnes relations avec [un conjoint] est comme une tempête pour eux, etc. »
Les diacres Divesh Dadar, Dr. Vinay Joseph, Dr. Shasheed Milap et Mme Madhulika Johnson ont témoigné des moments où ils ont été réconfortés par la paix de Dieu en période de maladie physique, de stress mental et entourés de la peur du COVID-19.
L’évêque Dr. V.M. Jurri a conduit la congrégation dans une prière pour la paix au milieu de toutes les « vagues » de la vie. Après le service, l’assemblée a été invitée à prier pour les « tempêtes » que les autres membres avaient écrites sur les vagues.
« Nous remercions la Commission Paix de la CMM de nous avoir conduits à un dimanche de la paix aussi merveilleux et béni. Cela nous a sûrement unis et encouragés à rester fermes en temps de crise en ayant foi en Jésus-Christ, qui a l’autorité pour calmer toutes les tempêtes qui volent notre paix », dit Ashish Kumar Milap.
Comment votre assemblée célèbre-t-elle les événements spéciaux et prie-t-elle pour l’église mondiale ? Racontez-nous vos histoires et partagez vos photos.
Amos Ganjboir et Rajendra Masih, de l’église mennonite Bethel, à Balodgahan, en Inde, ont travaillé pendant trois jours pour peindre une toile de fond et découper des vagues pour l’activité du dimanche de la paix. Sankalp Jurri et Darshit Dadar les ont aidés à terminer le travail. Photos: avec l’aimable autorisation de l’église mennonite Bethel
La Chapelle Emmanuel, une église membre de la BJCPM à Kolkata (Inde), a invité la représentante régionale de la CMM, Cynthia Peacock, à intervenir lors de leur culte du dimanche de la paix. Les jeunes et les enfants de l’école du dimanche de l’église mennonite de Rajnandgaon ont aidé à préparer l’activité « Un bateau au milieu de la tempête » et ont joué une pièce de théâtre. Le témoignage d’Agus Setianto a été lu en hindi, après quoi les membres de l’assemblée ont partagé leurs expériences de la paix de Dieu dans les moments difficiles. « C’était un moment béni d’entendre ces témoignages vivants, et nous avons loué Dieu pour eux », a déclaré le pasteur Vikal Rao.
La congrégation de la Voie du Salut à Conakry, Guinée. Photo : Guilvogui
Iglesia Evangelica Unida Hermanos Mennonitas de Panama Photo : avec l’aimable autorisation de Jacobo Piraza
Que chacun de vous mette au service des autres le don particulier qu’il a reçu de Dieu. Vous serez ainsi de bons administrateurs de la grâce infiniment variée de Dieu. Que la personne qui a le don de la parole transmette les paroles de Dieu ; que celle qui a le don de servir l’utilise avec la force que Dieu lui accorde : il faut qu’en toutes choses gloire soit rendue à Dieu, par Jésus Christ à qui appartiennent la gloire et la puissance pour toujours ! Amen. (1 Pierre 4 / 10-11, NFC)
En juillet 2019, mon amie Linia Sommer a demandé à mon mari Dan et à moi-même de l’aider à mesurer l’exposition de sa communauté au mercure. Linia vit en Guyane française, dans une communauté reculée de la forêt tropicale appelée Taluen sur le Haut Maroni. Dans la communauté de Linia, les aliments sont contaminés par l’extraction de l’or.
Le Bouclier de la Guyane est une région d’Amérique du Sud qui comprend le Suriname, la Guyane française et le nord du Brésil. Comme beaucoup de peuples autochtones du monde entier, le peuple dont fait partie Linia ne possède pas de titre de propriété sur ses terres traditionnelles ni de contrôle sur ce qui se passe dans son pays.
Lorsque les gouvernements permettent aux concessions minières de s’installer sur des terres autochtones ou à proximité, les habitants ne peuvent rien faire face aux intérêts nationaux et à ceux des entreprises.
Linia est wayana, et les Wayanas et les autres peuples qui vivent sur la rivière du Haut Maroni dépendent du poisson comme principale source de nourriture. L’exploitation aurifère contamine les poissons car les métaux lourds s’accumulent dans leurs tissus.
L’exposition aux métaux lourds comme le mercure provoque des maladies neurologiques et une mort prématurée. Elle a pour conséquence divers bouleversements et des déplacements pour les communautés
Bien que le gouvernement français teste régulièrement les populations autochtones de Guyane française concernant la toxicité du mercure, il n’informe pas des résultats les membres de la communauté.
En tant que mère, Linia pense qu’elle devrait être informée de la menace que l’exploitation minière de l’or représente pour ses enfants. Elle a cofondé ‘l’Organisation pour promouvoir l’Entraide et la Solidarité entre les Victimes du ercure’ pour tenter de résoudre le problème.
Je suis une femme indigène nord-américaine, une Tewa. Je sais ce que c’est que de se sentir impuissant, tout petit, dans un monde où les lois et les politiques ne vont pas toujours dans le sens des intérêts de ma famille ou de mon peuple.
Lorsque Linia nous a demandé de l’aide pour documenter l’impact du mercure sur son peuple, Dan et moi avons été tout de suite d’accord.
Nous avons commencé à travailler avec les peuples indigènes et tribaux dans le Bouclier de la Guyane en 2004. Nous avons alors créé le ‘Suriname Indigenous Health Fund’, un organisme à but non lucratif basé aux États-Unis, dont le but est de fournir aux peuples autochtones de cette région de Guyane le matériel et le soutien technique dont ils ont besoin pour trouver leurs propres solutions.
Bien que nous ayons l’équipement scientifique nécessaire, il est difficile et coûteux de lancer un projet transnational qui nous fournirait des échantillons et retransmettrait les résultats aux membres de la communauté concernée.
Quand nous sommes rentrés chez nous à Washington, j’ai demandé de l’aide à la Dismantling the Doctrine of Discovery Coalition (Coalition pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte [de l’Amérique]). Leur réseau a été contacté à travers les États-Unis, et s’est fait notre avocat pour obtenir des kits de test du mercure, pour leur campagne de fin d’année. En réponse, le groupe de jeunes de Shalom Mennonite à San Francisco (Californie, États-Unis), a décidé que leur propre collecte de Noël serait utilisé pour le financement de kits de test.
Grâce à l’aide de la Coalition, nous sommes en mesure de financer des kits de test et d’investir dans des infrastructures pour nous aider à mieux communiquer avec Linia et avec d’autres communautés éloignées du Bouclier de Guyane.
Bien que l’infrastructure financière qui néglige la santé de Linia et de sa communauté poursuive ses activités, nous la soutenons dans la recherche de solutions pour son peuple. Alors que le système de santé dédaigne la participation des femmes autochtones, nous fournissons des résultats de tests pour aider à l’autodétermination les mères qui veulent contribuer à la bonne santé de leurs enfants.
Linia espère trouver et transporter des aliments non contaminés pour sa communauté afin de réduire l’exposition de son peuple à des niveaux de mercure dangereux causant la mort, des maladies et des handicaps, alors qu’il n’existe aucune alternative de secours. Nous savons que c’est un projet ambitieux, mais c’est l’étape suivante pour que la communauté trouve une solution appropriée à sa culture à cette crise de santé publique. Nous espérons lui rendre visite.
Lorsque Linia nous a demandé de l’aide, nous avons manifesté immédiatement notre solidarité. Lorsque nous avons demandé de l’aide à la ‘Coalition pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte’, ils ont répondu immédiatement en étant solidaires de Linia et du peuple Wayana. Pour nous, c’est une histoire émouvante de solidarité.
—Sarah Augustine est une descendante du peuple Tewa (Pueblo) et fréquente la Seattle Mennonite Church (État de Washington, États-Unis). Elle est directrice exécutive du Centre de Résolution des conflits des comtés de Yakima et de Kittitas. Elle a cofondé le Suriname Indigenous Health Funds et la ‘Coalition pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte’.