Le Comité Exécutif est élu par le Conseil Général et se réunit chaque année. Deux membres de chaque région continentale sont élus au sein du Conseil Général ; un président et un vice-président sont également élus par le Conseil Général. Le président élu commence son mandat trois ans avant la passation des responsabilités. Le trésorier et le secrétaire général sont également membres du Comité Exécutif. Voir le numéro d’octobre 2021 de Courrier pour rencontrer les membres du bureau.
Représentants d’Afrique
Samson Omondi
Paroisse : Majiwa Mennonite Church, Kisumu, Kenya
« C’est un honneur de servir l’Église mondiale à travers la CMM car elle offre une excellente occasion de partager des expériences et des idées issues des diverses cultures du monde entier. »
Représentants d’Asie/ Pacifique
Paul Phinehas
Paroisse : Gilgal Mission Trust Pollachi, Tamil Nadu, Inde
« Je suis reconnaissant de faire partie de la CMM parce que nous pouvons faire ensemble plus que ce nous pouvons faire individuellement, et nous nous rassemblons pour adorer Dieu comme il l’a enseigné dans la Bible. »
MZ Ichsanudin
Paroisse : GITJ Semarang, Java Centre, Indonésie
« C’est un honneur d’être engagé dans le ministère de l’Église à l’échelle mondiale par le biais de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) car, sur le plan organisationnel, la CMM est le seul forum qui permette aux Églises de promouvoir la paix de manière spécifique, non seulement à petite échelle, mais aussi au niveau mondial, entre religions, tribus et nations. Comment parvenir à la paix sans entrer en guerre, utiliser des armes et faire de la politique, c’est un grand défi pour la CMM. Nous ne pensons pas seulement à nous-mêmes mais à tous les êtres humains. »
Représentants d’Europe
Alexander Neufeld
Paroisse : Evangelischmennonitische Freikirche Dresden, Allemagne
« Je suis reconnaissant de faire partie de la CMM car cela renforce mon sentiment d’appartenance à cette merveilleuse famille spirituelle. Elle me donne l’occasion de rencontrer et d’agir avec de nombreuses personnes aimantes et intéressantes. Ma prière pour l’église anabaptistemennonite mondiale est que nous puissions glorifier le Christ et faire connaître l’Évangile de Jésus, sa façon de vivre et d’être en relation avec les autres. »
Wieteke van der Molen
Paroisse : Doopsgezind Gemeente Schoorl, Pays-Bas
« Ce qui est le plus beau dans la CMM est que nous essayons : nous essayons de tendre la main, de vraiment nous écouter les uns les autres, nous-mêmes, Dieu, de voir le Christ à travers les yeux d’un frère ou d’une sœur. Nous échouons totalement, complètement et constamment : à nous comprendre, à communiquer, à vraiment nous aider mutuellement, à créer un espace sûr pour que tous nos frères et sœurs se joignent à cette histoire unique de Dieu et de l’humanité. Et pourtant nous essayons encore. C’est cette essai, cet échec et cet nouvel essai, qui édifient le royaume de Dieu »
Représentants d’Amérique du Nord
Lisa Carr Pries
Paroisse : Nith Valley Mennonite Church, New Hamburg, Canada
« En tant que bénévole, je souhaite intéresser les gens à la vision de la Conférence Mennonite Mondiale en leur offrant l’espérance de Jésus et la lumière du Christ afin qu’ils soient transformés, soient convaincus qu’ils sont les enfants bien-aimés de Dieu et sachent voir les signes de l’action de Dieu. »
Représentants des Caraïbes, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud
Carlos Martínez García
Paroisse : Fraternité Chrétienne/Vie Nouvelle (CIEAMM), Mexique.
« C’est un grand privilège et une bénédiction de pouvoir connaître les difficultés et les opportunités auxquelles notre famille mondiale est confrontée. C’est enrichissant de partager nos expériences et nos projets liés au fait d’être disciples du Christ dans un monde de plus en plus diversifié. »
Juan Silverio Verón Aquino
Paroisse : Église Maranata des Frères Mennonites (Frères Mennonites), Asuncion, Paraguay
« Ma prière pour l’Église anabaptiste mondiale est qu’elle continue à apporter la paix du Christ dans chaque ‘coin’ de la Terre. »
Vacant **
Afrique
*Steven Mang’ana Watson est décédé le 4 mars 2021.
Amérique du Nord *
*Le mandat de Bill Braun a pris fin en décembre 2021 lorsque sa paroisse locale Willow Avenue Mennonite a été suspendue de son adhésion à la US Conference of Mennonite Brethren Churches.
La H·ªôi Thánh Mennonite Vi·ªát Nam (Église Mennonite du Viêt Nam – VMC) a été fondée en 1964 par la Mission mennonite au Viêt Nam, un ministère de l’Eastern Mennonite Missions (1957). Après une période d’inactivité suite au changement de gouvernement en 1975, elle a repris son travail dans les années 1980 et a été officiellement reconnue par le gouvernement actuel en 2007.
L’Église Évangélique Mennonite du Viêt Nam (non enregistrée) a vu le jour en 1998 et s’est constituée officiellement en 2004. Elle rassemble divers groupes indigènes et est soutenue par les mennonites vietnamiens du Canada.
Jésus au centre
Au Viêt Nam, être anabaptiste-mennonite c’est simplement vivre l’évangile tel qu’on le reçoit. ‘Jésus est au centre de notre foi, la communauté est au centre de notre vie et la réconciliation est au centre de notre mission’. Cette approche, enseignée par le pasteur et professeur nord-américain Palmer Becker, est appréciée par les Vietnamiens.
Les pasteurs et les responsables mennonites apportent ce message dans leur prédication. Il est facile à comprendre et attrayant. Ê l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église, il trouve une résonance dans les cœurs.
Le message de paix et d’amour des enseignements non violents anabaptistes fait aussi partie de la prédication transformatrice qui touche les mennonites vietnamiens et influent sur la manière dont ils se comportent les uns avec les autres. « Cela affecte tous les domaines de la vie », disent les pasteurs mennonites. « Suivre Jésus sur le chemin de la paix apporte la réconciliation à tous. »
Pour les non-croyants, il est bienfaisant de parler du péché et d’apprendre comment Jésus en délivre. Les membres de l’église évangélique traditionnelle considèrent que cette approche est libératrice.
Ce message intéresse aussi les groupes d’églises de maisons indigènes qui ne font partie d’aucun réseau d’églises. Après avoir entendu cette conception de la foi, certains demandent à rejoindre la communauté mennonite.
« Pour démontrer ce que nous croyons, nous le vivons au quotidien », disent les pasteurs mennonites Vietnamiens. « La foi chrétienne est une foi vécue, pas seulement un système de croyances. »
Un culte mennonite à Hai Phong, Viêt Nam Toutes les photos sont publiées avec l’aimable autorisation d’EMM
Une foi vécue
Dans la partie nord du Viêt Nam, certaines églises mennonites sont très actives dans l’évangélisation, et témoignent de leur foi en la puissance du Saint-Esprit. Tous les jours, les femmes évangélisent en faisant leurs courses au marché. Certaines sont des vendeuses qui partagent l’évangile avec leurs clients. Des guérisons se produisent. Lorsque quelqu’un se tourne vers Jésus par l’intermédiaire d’un membre de l’assemblée, on le présente au pasteur pour qu’il étudie la Bible avec lui.
Dans le centre et le sud du pays, il y a neuf équipes missionnaires organisées composées de membres des paroisses mennonites qui partent chaque mois en mission.
Il y a une équipe à la frontière du Cambodge, et une dans la partie la plus à l’ouest (Kien Giang).
Ê Da-nang, le pasteur Hoang Bich dirige une équipe qui évangélise le groupe ethnique Ka-tu, et qui travaille aussi avec un groupe d’étudiants.
Une équipe est très active à Quang Ngai (Région Centre).
En outre, il y a des équipes dans les régions Est et de Daklak, deux équipes à Soc Trang et une autre à Ca Mau.
Les équipes font du porte-à-porte. Elles s’adressent aux personnes qu’elles connaissent, aux membres de leur famille et aux habitants des provinces désignées. Une fois qu’un groupe se montre intéressé, elles commencent une étude biblique pour le préparer au baptême.
Le pasteur Quyen dirige une équipe dans la province la plus au sud (Ca Mau). Il a consacré sa vie à servir Jésus après que sa fille soit tombée malade et ait été déclarée morte par le médecin. Mais elle est revenue à la vie pendant que sa femme continuait à prier.
Il est très actif et a réuni un groupe pour étudier la Bible. Ce groupe est très discipliné, presque comme dans un monastère médiéval.
En ces temps de COVID-19, le pasteur Quyen prêche tous les deux jours sur Internet (via Zoom). Sa paroisse virtuelle est si grande – près de 1 000 personnes qui écoutent en même temps – qu’elle va au-delà des limites de la plate-forme.
Ceux qui rencontrent le Christ à travers le ministère du pasteur Quyen sont témoins de manifestations du Saint-Esprit et de miracles. Certaines personnes choisissent de déménager pour se rapprocher de son église. Il contacte également d’autres églises locales pour rencontrer personnellement ceux qui se sont connectés via son ministère sur Zoom.
Dans les régions de Quang Ngai, Soc Trang, Thu Duc et Binh Thanh, des membres aident les plus démunis.
Bien que les paroisses ne soient pas très grandes, elles ont un impact important.
Au-delà des limites
Les assemblées mennonites se développent tout aussi bien à la campagne qu’en ville. Les principaux groupes ethniques minoritaires auxquels la MVC s’adresse sont les S’tiengs, les Kors, les Bahnars, les H’mongs, les Ka-tus, les Edes, les Des, les Khmers et les Chams. Aujourd’hui, environ 50 % des membres appartiennent à au moins 10 groupes ethniques minoritaires différents. L’autre moitié est vietnamienne.
Les paroissiens des villes s’adressent aux membres d’ethnies rurales qui se déplacent vers la ville pour le travail, l’éducation et pour avoir davantage d’opportunités.
Les membres de la paroisse suivent les directives du Saint-Esprit. « Nous sommes libres et ouverts à recevoir tous les dons de l’Esprit, selon les enseignements bibliques », disent les pasteurs vietnamiens ; ce que ne font pas les églises évangéliques traditionnelles qui ont tendance à décourager ou à ne pas reconnaître certains dons de l’Esprit.
Bien que cela ne soit pas formalisé, les assemblées mennonites vietnamiennes suivent également Jésus au-delà des limites [traditionnelles] en reconnaissant aux femmes le rôle de pasteurs et de responsables.
Difficultés et opportunités
Un évangéliste mennonite prie avec un membre de la communauté à Quang Ninh, Viêt Nam. Toutes les photos sont publiées avec l’aimable autorisation d’EMM.
Comme beaucoup d’églises qui grandissent rapidement, leur force présente aussi une faiblesse : elles ont donc besoin de former rapidement des responsables. Le COVID-19 affecte les ressources financières des paroisses car le ralentissement de l’économie touche les revenus des membres.
De nombreuses personnes – même dans les zones rurales – ont pu se faire vacciner. « Cela nous donne de l’espoir », disent les pasteurs.
La VMC n’a pas de bureau ni de centre de formation. Lorsque les restrictions dues au COVID-19 seront levées, le besoin d’un centre se fera plus pressant. L’évangélisation fidèle de la population pauvre contribue à la croissance des paroisses, mais leur capacité financière reste faible.
Avec le soutien des mennonites vietnamiens des États-Unis, les assemblées ont pu apporter à leurs voisins une aide médicale et sociale et de la nourriture pendant le pire moment de la pandémie. « Cela montre l’amour des anabaptistes pour le peuple du Viêt Nam », disent les pasteurs mennonites.
Bien que le COVID-19 ait restreint le champ du possible, il a aussi contribué à créer de nouvelles occasions d’étude, de formation et de fraternité en ligne. Des études bibliques et d’autres formations ont lieu via Zoom, ce qui rassemble des personnes très éloignées les unes des autres – y compris de l’Est et de l’Ouest – et ceci avec un investissement minime en temps et en argent.
C’est aussi une opportunité pour les jeunes. « Nous encourageons des jeunes d’autres pays intéressés par la mission à s’adresser aux responsables des jeunes du Viêt Nam », déclarent les pasteurs mennonites. « Est-ce que les jeunes de la communauté de la Conférence Mennonite Mondiale pourraient être régulièrement en contact avec des jeunes du Viêt Nam ?
Les jeunes du Viêt Nam, dont beaucoup savent l’anglais, sont prêts à tirer le meilleur parti d’internet, pour développer des relations, apprendre et aider les autres. « Cela peut transformer la mission. C’est une opportunité pour les jeunes du monde entier », déclarent les pasteurs mennonites.
La famille mondiale
La VMC se souvient avec émotion de la visite de la délégation fraternelle de la CMM (venue des cinq continents) en 2008 à l’occasion de leur reconnaissance légale par les autorités gouvernementales du Viêt Nam. Cela a été très important car la délégation de la CMM a passé trois jours avec des responsables et a visité des assemblées locales, o√π elle a pratiqué, entre autres, le lavement des pieds.
La VMC a été heureuse de devenir une Église membre de la CMM en 2009 au Paraguay. « Nous apprécions les occasions de communion avec les croyants du monde entier lors des réunions du Conseil Général et de l’Assemblée. Puissent ces relations grandir et s’approfondir », disent les pasteurs mennonites.
Ils désirent être en contact avec d’autres mennonites proches en Asie, et développer davantage de liens avec Eastern Mennonite Mission aux États-Unis.
Les jeunes ont participé au Programme International d’Échange de Volontaires (IVEP) du Comité Central Mennonite (MCC), qui s’est fait connaître au Viêt Nam en 1954. « Plusieurs de nos jeunes ont bien bénéficié de ce programme », disent-ils.
Une Église qui grandit
L’Église Mennonite du Viêt Nam est un témoignage de l’action de Dieu. « La VMC est consciente de la bénédiction de Dieu en ce moment », disent les pasteurs. Le COVID-19 n’empêche pas ce message simple d’être transmis : nous sommes tous pécheurs et nous avons besoin de Jésus. Avec Jésus, on jouit d’une nouvelle liberté, paix et protection.
Pendant cette pandémie, de nombreuses personnes souffrent de problèmes émotionnels en raison de l’incertitude constante. Debout sur le roc qu’est Jésus Christ, les mennonites vietnamiens trouvent le réconfort et l’assurance qu’ils apportent aux autres. « Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter ; Dieu prend soin de vous ! »
-Les pasteurs vietnamiens suivants ont contribué à cet article : Huynh Dinh Nghia, président, VMC ; Huynh Minh Dang, secrétaire général, VMC ; et Tuyen Nguyen, évêque, LMC (communauté d’églises anabaptistes des États-Unis) a répondu aux questions de Gerry H. Keener, qui travaille avec l’EMM.
L’Assemblée est une expérience qui change la vie. Tous les six ans, depuis des décennies, se tient la ‘conférence’ de la Conférence Mennonite Mondiale. C’est toujours un moment fort pour ses membres du monde entier – à la fois ceux pour ceux qui travaillent quotidiennement à favoriser les liens au sein de la famille anabaptistemennonite et pour ceux qui assistent surtout aux grands événements.
C’est un moment où les anabaptistes-mennonites du monde entier se rencontrent et découvrent leurs différents styles de culte – en particulier ceux qui sont influencés par le pentecôtisme, et qui caractérisent souvent les pays du Sud.
« Une fois que vous avez participé à une Assemblée, vous voulez absolument y retourner, car une communauté mondiale comme celle-ci est rare », déclare Elina Ciptadi, qui s’est rendue pour la première fois à l’Assemblée au Zimbabwe en 2003.
« Mon plus beau souvenir est l’exubérance et la joie de jouer de la musique et de chanter des chants du monde entier », dit Mark Wenger, un pasteur de Pennsylvanie qui a participé à la chorale internationale de 2015.
Ces souvenirs suscitent l’enthousiasme pour la tant attendue 17e Assemblée en Indonésie. Elle a en effet été reportée d’un an en raison de la pandémie.
Ses conséquences se font sentir aussi pour l’Assemblée : la participation est limitée à 700 personnes – bien en deçà des milliers attendus. Mais cependant nous espérons nous rassembler, comme nous l’avons appris ces deux dernières années, en nous connectant sur nos écrans et découvrir nos minuscules visages grâce aux liens fragiles d’internet.
« L’Assemblée… c’est là que je rencontre des ‘complices’ dans l’aventure de la construction du Royaume de Dieu. Nous y rencontrons d’autres disciples de Jésus passionnés de justice, de paix et de communauté. Des âmes sœurs. » dit Rianna IsaakKrauß, qui a rencontré son mari à l’Assemblée de Pennsylvanie en 2015. « Ce lien est très fort. »
Le Saint-Esprit participe de manière très puissante à la connexion entre tous dans le corps de Christ.
orps de Christ. Il a joué un rôle plus important à certains moments du mouvement anabaptiste, et a été relégué à l’arrière-plan dans nos pensées et nos paroles dans d’autres. Au cours des dernières décennies, les mouvements pentecôtistes ont apporté une spiritualité individuelle et collective mettant l’accent sur l’ouverture au Saint-Esprit. Ces mouvements ont à la fois revigoré et menacé nos paroisses.
Ce numéro de COURRIER explore certaines des difficultés et des opportunités rencontrées par les anabaptistes-mennonites dans leurs relations avec les chrétiens des mouvements pentecôtistes et ceux de notre propre famille qui pourraient être appelés ‘mennocôtistes’.
Lorsque nous nous réunirons par milliers pour l’Assemblée en juillet, nous aurons une autre occasion d’apprendre à être connectés au Saint-Esprit (et internet) avec nos divers styles de culte et tendances théologiques. Que l’Esprit touche nos écrans et nous guide sur nos chemins, ‘complices’ et nous encourageant mutuellement à rechercher la paix et la justice tout en construisant le royaume de Dieu.
—Karla Braun est rédactrice en chef de Courrier et écrivaine pour la Mennonite World Conference. Elle vit à Winnipeg, Canada.
La reconnaissance envers Dieu et envers l’Église anabaptiste mondiale remplit mon cœur alors que je termine mon mandat de président de la CMM. Cette église planétaire est devenue ma maison, et l’assemblée en Indonésie sera une réunion, un rassemblement de frères et sœurs. Dans un monde fracturé par la guerre et la pandémie, j’aspire à créer des liens avec des personnes pacifiques et généreuses de cinquante-huit pays.
Les chrétiens sont ‘des étrangers et des exilés’, dit la première épître de Pierre. Cela me rappelle les réfugiés et les personnes déplacées des régions du monde où les anabaptistes vivent aujourd’hui – notamment l’Ukraine, la République démocratique du Congo et le Venezuela. Ailleurs, des anabaptistes et d’autres chrétiens sont victimes de violence, et des églises brûlent. Les premiers anabaptistes ont subi le martyre en Europe, et cela continue aujourd’hui.
En réponse à ces crises, les anabaptistes de nombreux pays ouvrent leur maison et leur portefeuille pour aider les personnes cherchant un refuge. ‘L’espérance vivante’, comme l’appelle Pierre, inspire un tel amour. La compassion manifestée par les sœurs et les frères anabaptistes du monde entier m’encourage à aider à porter secours aux réfugiés qui arrivent dans ma patrie.
La joie abonde dans 1 Pierre, car créer une communauté avec les gens qui souffrent apporte l’espérance. « Avant vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu », se réjouit l’auteur. Pierre a écrit sa lettre parce que les chrétiens ont besoin de la force que procure la fraternité, en particulier dans les moments difficiles. Les anabaptistes d’aujourd’hui ont besoin d’apprendre les uns des autres et de se soutenir mutuellement.
Venez à l’Assemblée en Indonésie en personne ou en ligne ! Joignez-vous aux réunions de prière en ligne de la CMM ! Contribuez financièrement !
L’engagement de la CMM a été vitale pour moi, me rappelant que ma loyauté première n’est pas envers une nation ou une tribu, mais envers une communion mondiale de personnes qui connaissent Jésus. Notre citoyenneté est dans la Nouvelle Jérusalem, avec des gens qui suivent l’Agneau.
Merci, sœurs et frères, d’être une famille les uns pour les autres. Comme l’écrit Pierre aux « exilés de la dispersion », que Dieu « vous rétablisse, vous affermisse, vous fortifie et vous rende inébranlable ».
‒J. Nelson Kraybill est président de la CMM (2015–2022). Il vit en Indiana (États-Unis).
Dans le Profil Anabaptiste Mondial*, on peut lire : « Le pentecôtisme est l’expression du christianisme qui se développe le plus rapidement dans le monde, et les anabaptistes ne sont pas étrangers à cette réalité. »
Les anabaptistes du monde entier en font l’expérience en pratiquant une expression de foi que César García, secrétaire général de la CMM, appelle « le mennocôtisme ».
Aujourd’hui, de nombreux anabaptistesmennonites combinent une théologie centrée sur le Christ et un accent sur le travail pour la paix par une approche spontanée dirigée par l’Esprit, souvent associée au pentecôtisme et aux mouvements charismatiques.
Cependant, le dynamisme de ces églises à la croissance rapide peut causer un certain malaise lorsque leur expansion semble se faire au détriment de leur propre famille.
Que signifie la croissance du pentecôtisme pour les anabaptistes ?
« Dans notre siècle, le pentecôtisme est très proche de ce qu’était l’anabaptisme au XVIe siècle », écrit C. Arnold Snyder dans Anabaptist History and Theology
L’anabaptisme a été façonné et modelé par des vagues de renouveau. On trouve les ‘re-baptisants’ passionnés et audacieux du XVIe siècle, les réveils piétistes chez les mennonites dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine, l’influence du Renouveau de l’Afrique de l’Est des années 1930 sur Kanisa la Mennonite en Tanzanie et l’Église mennonite du Kenya, la naissance de Jemaat Kristen Indonesia (JKI) au sein d’un mouvement de prière des jeunes, l’épanouissement de l’église Meserete Kristos en Éthiopie dans les années 1980 malgré la persécution politique.
« Les mouvements pentecôtistes et les renouveaux charismatiques font une expérience similaire à celle que nous avons vécue en tant qu’anabaptistes-mennonites : une nouvelle lecture commune de la Bible, l’inspiration, la liberté, la joie », dit Bernhard Ott, doyen du Bienenberg, un institut biblique mennonite en Suisse.
Mais « l’ouverture à l’action de Dieu est aussi liée à l’incertitude et au manque de contrôle », dit-il. Le processus d’institutionnalisation ne favorise pas la spontanéité, pour le meilleur ou pour le pire. Les vagues de renouveau anabaptiste ont développé la théologie, la formation, la réflexion critique et par là même ont perdu une certaine ouverture. »
Mais « l’ouverture à l’action de Dieu est aussi liée à l’incertitude et au manque de contrôle », dit-il. Le processus d’institutionnalisation ne favorise pas la spontanéité, pour le meilleur ou pour le pire. Les vagues de renouveau anabaptiste ont développé la théologie, la formation, la réflexion critique et par là même ont perdu une certaine ouverture. »
Qu’apporte le mouvement pentecôtiste naissant aux anabaptistes ?
« Il offre la possibilité de revenir à nos racines charismatiques et de nous ouvrir à ce que le Saint Esprit veut accomplir dans nos assemblées locales, sans perdre notre identité anabaptiste », ajoute Pedro Calix.
Neal Blough observe que le culte de style pentecôtiste est plus proche du monde nonoccidental que les formes rationnelles des courants suisses ou russes de l’anabaptisme. Professeur émérite d’histoire de l’Église à la Faculté Libre de théologie évangélique en France, il fait partie d’une paroisse urbaine d’Europe mais qui est influencée par des personnes du reste du monde. « Dans quelle mesure est-ce théologique et dans quelle mesure est-ce culturel ? » demande-t-il.
« Les cultes pentecôtistes et charismatiques sont plus physiques, expressifs, vivants, joyeux, et cela correspond à ce que je connais des habitants du Sud. »
Pour l’église Frères Mennonite du Brésil, le départ des paroisses de la conférence anabaptiste stagnante pour se tourner vers des mouvements pentecôtistes à la croissance rapide a amené les responsables à réaliser que c’était en fait une opportunité.
« Nous voyons dans les Écritures que l’Église primitive était dirigée par le SaintEsprit. Nous aimons la Parole de Dieu. Pourtant, nous ne savions pas ce que signifie que d’être conduits par le SaintEsprit », explique Rodrigo Justino, un pasteur Frère Mennonite du Brésil, qui étudie la théologie au Canada. Comme les deux mouvements se sont rencontrés en étudiant, « les Frères Mennonites du Brésil ne sont pas pentecôtistes, mais ne sont pas seulement anabaptistes. Nous sommes un mélange des deux. »
« Les pentecôtistes apportent de l’émotion, mais ce n’est pas une émotion facile, c’est une manifestation d’affection profonde. Les pentecôtistes rendent leur dimension spirituelle [à l’orthopraxie] : c’est la puissance de Dieu, la puissance de l’Esprit qui nous transforme ; nous ne pouvons pas le faire par nous-mêmes », déclare Bernhard Ott. « Et nous pouvons donc apprendre beaucoup. »
Les anabaptistes-mennonites sont connus pour leur focalisation théologique sur la manière de vivre (orthopraxie).
L’éthique peut devenir un fardeau sans la puissance du Saint-Esprit ; nous avons besoin de « puissance spirituelle concernant la vision anabaptiste », dit Bernhard Ott. Les perspectives pentecôtistes peuvent aider à rappeler aux anabaptistes-mennonites notre théologie du règne de Dieu qui est ‘déjà-et-pasencore’. La puissance de Dieu se manifeste aujourd’hui, pas seulement dans l’avenir.
Dans la mesure où l’Église est un lieu de transformation sociétale et un promoteur de paix et de justice, elle est signe du règne de Dieu.
Quelles sont les difficultés ?
Les églises anabaptistes-mennonites d’Amérique latine sont très influencées par le pentecôtisme. « Voici certains aspects négatifs : la liturgie est souvent basée sur des passages bibliques sorties de leur contexte, ce qui se perçoit dans les cantiques ; il y a un fort accent sur la ‘guerre spirituelle’, ou sur la théologie de la prospérité », explique Pedro Calix
Rodrigo Justino note qu’au Brésil, les pentecôtistes « ne se concentrent pas sur les critères d’autorité – ils se concentrent sur les dons. Ils ne peuvent nier que les femmes ont des dons pastoraux : prophétesses, évangélistes. Cependant, les plus hautes responsabilités sont données aux hommes.
Les églises pentecôtistes s’appuient souvent sur la spiritualité du fondateur ; une dynastie se développe. « Il peut y avoir un problème lorsque certains s’accrochent au pouvoir », dit Rodrigo Justino.
« En Indonésie, la passion du fondateur de JKI pour le service orienté sur la prière et dirigé par l’Esprit a imprégné le mouvement ; ses racines mennonites sont moins évidentes » dit Rony Kristanto, pasteur du synode mennocôtisme JKI.
Une croissance rapide peut amener un manque d’enracinement théologique. Les mouvements pentecôtistes peuvent devenir « aussi vastes que l’océan mais aussi peu profonds qu’une flaque d’eau », explique Rodrigo Justino. « Ils peuvent devenir la proie d’autres mouvements. Nous [les anabaptistes] pouvons apporter notre aide dans le domaine de la théologie. Ils [les pentecôtistes] peuvent nous aider à discerner la voix de l’Esprit, ce que signifie vivre par la foi. Pour commencer quelque chose, vous n’avez pas besoin d’argent ni de structure ; vous n’avez besoin que de foi et de courage pour prêcher. Tout le reste, c’est le Seigneur qui le donne. C’est une leçon très importante. »
Le pentecôtisme se caractérise toujours à certains égards par l’expérience de la nouveauté, des signes et des prodiges, vécue par la première génération.
« Chaque mouvement protestant connaît ce processus cyclique », dit Neal Blough. « Ceux qui font partie de nouveaux mouvements doivent penser en termes de théologie, réaliser qu’ils ne sont pas les premiers à être chrétiens et observer comment d’autres ont géré les changements pour devenir plus structurés et apprendre d’eux. »
La rencontre de jeunes Unlimited Fire. Photo : Ebenzer Mondez
Quels dons les anabaptistes ‚Äì maintenant un mouvement mature ‚Äì et le mouvement pentecôtiste encore jeune et en développement pourraient-ils avoir l’un pour l’autre ?
« Le don du service, de la solidarité du discipulat et de l’enseignement » dit Pedro Calix.
« Nous voulons tous que le règne de Dieu vienne dans ce monde », déclare Rony Kristanto.
« Les pentecôtistes essaient de concrétiser et de manifester le salut par la guérison, le salut et les bénédictions physiques‚Ķ ce qui se produit ici et maintenant. »
Ce témoignage du salut, cette bonne nouvelle, n’est pas pour le ciel, dans l’avenir, mais ici et maintenant. « En Indonésie, un problème est que les gens n’ont pas la sécurité sociale, donc la guérison physique est très importante pour eux. »
Les premiers membres de JKI ont suivi cet exemple. « Cela a commencé par la prière. Chaque fois qu’ils se rendaient dans une région [pour exercer un ministère], ils priaient pour cette région », explique Rony Kristanto.
« L’engagement social ne peut être séparé de l’expérience charismatique du Saint-Esprit », dit-il. Les mennonites travaillent aussi avec les pauvres et les opprimés, mais pour les pentecôtistes, il ne s’agit pas seulement d’une aide sociale, mais de réaliser leur vision, avec la prière,‚Ķ dans un combat spirituel ».
« Nous devons chanter les cantiques les uns des autres », déclare Neal Blough, faisant référence au travail de Janie Blough qui étudie et enseigne ce qui concerne les cultes. « Nous devons nous ‘chanter les uns les autres’, n’avoir pas qu’une seule source d’inspiration. »
Les mennonites peuvent s’inspirer du dynamisme des cultes pentecôtistes pour avoir plus de vitalité, mais la tradition anabaptiste considère que la formation de disciples est un processus plus profond que de la musique émotionnelle et un sermon. « Les anabaptistes-mennonites ont quelque chose à offrir en matière d’humilité et de communauté », dit Neal Blough. « Le discipulat et l’éthique sont également des correctifs utiles à un mouvement qui a tendance à être trop individualiste. »
Il observe un engagement ≈ìcuménique croissant de la part des pentecôtistes, qui recherchent l’expérience d’autres églises pour devenir plus structuré en tant que mouvement en pleine maturation.
Les mennonites anabaptistes peuvent apporter des correctifs aux pentecôtistes pour ne pas mettre l’accent seulement sur l’émerveillement et la puissance, mais aussi sur l’éthique ‚Äì la manière de vivre, le témoignage pour la paix, dit Bernhard Ott. « La Parole et les actions ont toujours fait partie de la théologie et de la pratique anabaptistes-mennonites. Le mouvement pentecôtiste apporte l’expérience de la puissance de Dieu. C’est un bon défi‚Ķ. Les mennonites peuvent parler aux pentecôtistes si l’approche devient trop unilatérale. »
Le professeur de théologie à la retraite Claude Baecher remarque qu’il y a un intérêt pour l’histoire et la théologie anabaptistes dans sa région en France.
« √ätre proche, présent, voire fraternel avec ces Églises me semble aussi important que d’être engagé dans les cercles ≈ìcuméniques. Il faut le faire avec une forte approche biblique centrée sur le Christ. Il faut éviter un jugement (spirituel) trop rapide et être présent avec des outils pédagogiques : histoire anabaptiste, exégèse, éthique, théologie pratique, théologie centrée sur la paix, dialogue », dit-il.
Et le faire avec humilité. Au Brésil, aux prises avec un schisme possible entre les paroisses plus anciennes et conservatrices des Frères mennonites et les nouvelles paroisses se référant plus directement au Saint Esprit, les responsables ont trouvé un moyen de s’en sortir en mettant ensemble l’accent sur l’humilité. « Nous avons lutté avec notre fierté, nos ressentiments [à propos du départ des membres]. Nous saisissions toutes les occasions et nous nous protégions des menaces », dit Rodrigo Justino.
Il s’agit de ce que Dieu peut faire en ce qui concerne la gr√¢ce », dit-il encore. » Il faut suivre Jésus avec humilité. Quand vous décidez de le faire, c’est beau. Ce n’est plus vous et moi, nous et eux, cela commence à être Nous. Nous travaillons ensemble. »
‚ÄîKarla Braun est rédactrice en chef de Courrier et écrivaine pour la Mennonite World Conference. Elle vit à Winnipeg, Canada.
* Le Profil Anabaptiste Mondial (GAP), une vaste enquête de trois ans portant sur 24 unions d’églises membres de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM). Lire la suite : https://mwc-cmm. org/fr/stories/faire-grandir-lunite-une-occasionexceptionnelle
‘Mennocôtistes’ – mennonites pentecôtistes – est peut-être le meilleur mot pour décrire la plupart des anabaptistes de la CMM aujourd’hui. L’influence du pentecôtisme dans les assemblées locales mennonites du monde entier est une réalité frappante. Dans leur étude des paroisses de la CMM, Conrad Kanagy, Elizabeth Miller et John D. Roth concluent : « L’une des différences déterminantes entre les membres de la CMM du Nord et du Sud est leur expérience des dons charismatiques du Saint-Esprit ; les Européens et les Nord-Américains sont beaucoup moins susceptibles de s’identifier à ces expériences… « Le pentecôtisme est l’expression du christianisme qui se développe le plus rapidement dans le monde, et les anabaptistes ne sont pas étrangers à cette réalité. »
L’influence du pentecôtisme dans nos vies a poussé beaucoup d’entre nous à avoir un dialogue interne entre la tradition anabaptiste et les nouvelles tendances pentecôtistes qui émergent dans certaines parties du monde. Dans mon cheminement spirituel, ce dialogue ressemble pour le moment à ce qui suit :
Est-ce que je crois aux miracles et aux dons de l’Esprit, comme les prophéties et les langues ?
Oui. J’y crois. Je les ai expérimentées.
Je pense aussi, comme dans Encanto (un film récent sur la Colombie), que les gens eux-mêmes sont des miracles de Dieu. Les personnes sont plus importantes que leurs dons. Ê la fin du Sermon de la Montagne, Jésus dit que l’on peut faire toutes sortes de choses surnaturelles, mais si on ne fait pas ce qu’il dit, on ne le connaît pas (Matthieu 7/21-23).
Je crois aussi que la maladie et la souffrance sont des expériences humaines quotidiennes que Dieu peut transformer pour notre bien et notre croissance. Dieu ne promet pas de supprimer ces expériences de nos vies. Mais Dieu promet de les traverser avec nous.
Est-ce que je crois que Dieu veut que nous prospérions ?
Oui. Je le crois. La prospérité financière est l’une des nombreuses choses dont les disciples de Jésus peuvent bénéficier.
Cependant, une telle prospérité économique n’est pas le résultat d’une technique de prière particulière. Elle n’est pas liée à un désir consumériste individualiste, et elle n’est pas une récompense que Dieu accorderait à ceux qui donnent leur dîme pour forcer la main de Dieu.
La prospérité financière résulte d’un style de vie simple, conséquence d’une vie soucieuse de la création et consciente de notre responsabilité face à la crise environnementale.
En communauté, nous connaissons la prospérité financière : c’est lorsque les disciples du Christ partagent leurs biens et leurs besoins. La compréhension des anabaptistes est que, selon le livre des Actes, une des conséquences d’être rempli du Saint-Esprit est le partage financier dans la communauté de l’Esprit (Actes 2/44).
En plus des prophéties, des miracles et d’autres expériences mystiques, une vie de générosité et de partage des richesses doit être un fruit de l’Esprit. Seule la présence de Dieu peut vaincre la tendance humaine naturelle à l’égocentrisme et à l’autosatisfaction. Seule la présence de Dieu est plus forte que le consumérisme et le matérialisme, créant une communauté alternative à la société.
Est-ce que je crois que Dieu remplit les responsables du Saint-Esprit ? Oui. Je le crois.
Lorsqu’un responsable est rempli du Saint-Esprit, il est au service des autres et ne recherche pas la reconnaissance, l’honneur ou des positions de pouvoir. Un responsable qui sert dans l’Esprit de Dieu résout les conflits à la manière de Jésus et ne prend jamais l’initiative de fragmenter le corps de Christ. Les divisions et les luttes de pouvoir ne sont jamais les fruits de l’Esprit de Dieu.
Est-ce que je crois au travail pour la paix et à la réconciliation ? Oui. J’y crois.
La vie dans l’Esprit est une vie orientée vers la paix et la justice réparatrice. Il est possible de promouvoir la justice et la paix sans suivre Jésus. Cependant, pour le faire comme Jésus, nous devons dépendre du Saint-Esprit et avoir une relation personnelle solide avec le Prince de la Paix, Jésus-Christ.
Ce sont quelques-unes de mes réflexions personnelles sur mon engagement à suivre Jésus dans la tradition anabaptiste et mon expérience concrète dans le contexte des mouvements pentecôtistes modernes dans les Amériques. Mais bien sûr, ces convictions peuvent changer, car suivre le Christ implique évolution et croissance. De même, elles peuvent changer lorsqu’elles sont testées et vécues dans la communauté des disciples du Christ, l’Église. Aussi vitales soient-elles, les convictions individuelles ne suffisent jamais pour témoigner d’une vie remplie de l’Esprit. Seule une vie dépendante de la communauté des croyants témoigne de la présence de Dieu dans nos vies.
Dans ce numéro du Courrier, des dialogues internes ouvrent la voie à des conversations interculturelles et inter-anabaptistes concernant l’influence du pentecôtisme dans notre communion globale, ainsi que notre expérience de vie dans l’Esprit selon notre tradition anabaptiste.
Puisse l’Esprit de Dieu nous guider pour continuer à découvrir dans la pratique les implications de la suivance de Jésus dans la puissance de l’Esprit de Dieu !
César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener (Ontario, Canada).
Cette série d’articles sur l’enquête sur la protection de la création a révélé l’importance de sujets comme le changement climatique dans la vie des anabaptistes du monde entier. Nous en arrivons maintenant à la dernière question : que devrait faire la Conférence Mennonite Mondiale pour y répondre ?
Le Groupe de travail pour la protection de la création s’inspire de vos réponses pour élaborer des activités qui aideront au mieux les assemblées à s’engager dans les questions de protection de la création.
1. La demande la plus courante était d’en savoir plus sur la sauvegarde de la création.
Les réponses les plus courantes ont exprimé le même thème de différentes manières : le besoin de mieux connaître les questions environnementales. Souvent, il s’agissait d’une demande d’aide pour apprendre comment prendre soin de la création, soit par une formation, soit par des ressources.
Cette demande était la plus fréquente dans les réponses d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
« Tous les êtres humains aspirent à … vivre en sécurité sur la planète. Alors, nous suggérons à la Conférence Mennonite Mondiale d’organiser des conférences en ligne, de fournir des documentations qui parlent de la création et de la protection de l’environnement. Cela permettra à nos membres d’avoir une connaissance sur l’environnement et les aidera de vivre de manière durable en harmonie avec l’environnement. » — Cristiano Mafuta M. Ngoma, Igreja da Comunidade Menonita em Angola (Eglise Mennonite en Angola)
Les participants d’Amérique du Nord et d’Europe ont exprimé ce thème différemment. De nombreuses demandes concernent des récits sur les actions et les conséquences de la protection de la création, en particulier pour les personnes les plus touchées par le changement climatique.
Dans toutes les régions, les personnes interrogées ont exprimé leur désir que l’église soit plus sensibilisée à la protection de la création au niveau institutionnel. Ils souhaitent que la Conférence Mennonite Mondiale et les églises membres adoptent la protection de la création de manière à ce qu’elle fasse partie intégrante des activités des églises.
« Nous avons besoin d’appels à l’action qui correspondent au niveau de la crise que nous traversons : une ‘urgence climatique’. Si nous ne voyons pas plus grand et plus loin, cela peut au contraire conduire à plus de désespoir. » — Steve Heinrichs, Hope Mennonite Church, Winnipeg, Manitoba, Canada.
2. Certains ont demandé des idées d’actions pertinentes pour leurs communautés.
Mia Handoyo
Les participants ont suggéré que la protection de la création dépend des contextes locaux et que la collaboration est nécessaire. Les solutions peuvent différer selon l’endroit. Nous devrions reconnaître la diversité des contributions qui proviennent d’une variété de communautés et d’organisations.
« Travaillons avec les communautés anabaptistes mondiales. L’Afrique peut apporter une contribution importante à la lutte contre le changement climatique. » — Desalegn Abebe, président, Meserete Kristos Church, Ethiopie.
« Collaborer avec les églises pour identifier les différents problèmes et les ressources disponibles, puis intégrer la communauté locale dans la résolution des problèmes. » — Delphin Kapay, Communauté des Eglises des Frères Mennonites au Congo.
« Peut-être qu’un Groupe de travail local pour la protection de la création serait utile. Les recommandations des modes de vie plus simples et durables sont souvent basées sur ce qui se passe dans les pays occidentaux – pas très accessibles ou réalisables dans d’autres régions. » —Mia Handoyo, GKMI Semarang, Indonésie.
La plupart des demandes de conseils portaient sur des actions individuelles, telles que la plantation d’arbres ou l’installation de panneaux solaires.
« Nous devons encourager les membres de l’église à passer du stade de l’action individuelle à celui de l’action au niveau des ménages et des communautés. Rien ne changera si l’on se contente de parler. » —Durga Sunchiuri, coordinateur de programme du MCC au Népal depuis sept ans.
Durga Sunchiuri
« Le plus utile serait d’avoir des astuces sur la façon de rendre votre vie et votre église plus « vertes ». Des choses pratiques qui ne prennent pas beaucoup de temps ou d’argent, mais qui feraient une différence si toutes les églises et les familles le faisaient. » — Jantine Brouwer-Huisman, Algemene Doopsgezind Societeit, Pays-Bas.
En plus des actions individuelles, de nombreuses personnes interrogées ont demandé des actions structurelles, telles que le plaidoyer en faveur de meilleures règles gouvernementales. Parmi les autres sujets mentionnés régulièrement figurent la formation des responsables et l’aide financière.
« Je veux que mon église et notre dénomination prennent des risques pour ‘dire la vérité aux autorités’. Je veux que nous puissions mieux respirer parce que nous avons pris des mesures significatives et systémiques, au lieu d’être paralysés par la culpabilité. Je veux que nous nous unissions aux humains de toutes les religions et de toutes les visions du monde et que nous fassions des efforts sérieux pour soutenir la création non-humaine et les prochaines générations d’humains, qui courent un risque grave. » — Lisa Martens, Hope Mennonite Church, Winnipeg, Manitoba, Canada.
3. Il y a eu moins de commentaires sur d’autres stratégies d’engagement importantes
Dans une grande partie du monde, le plus grand obstacle à l’action climatique est la politisation de la question. De nombreuses personnes interrogées ont demandé à la Conférence Mennonite Mondiale de présenter une base biblique et globale pour notre discussion, afin de dépasser les clivages politiques et de toucher des personnes d’horizons divers.
« Le changement climatique est une question morale qui devrait concerner tout le monde, pas une question politique destinée à opposer les ‘écologistes’ à ceux qui vivent de la terre. » — Sarah Werner, Columbus Mennonite Church, Ohio, Etats-Unis.
Sarah Werner
« La mise en relation d’assemblées américaines avec des églises anabaptistes dans des contextes non occidentaux touchés par le changement climatique pourrait permettre de dépasser la polarisation. » —Rodney Martin, Lititz Mennonite Church, Pennsylvanie, Etats-Unis.
Les organisations qui travaillent sur les questions environnementales ont appris des stratégies qui poussent efficacement les groupes à agir. Par exemple, l’engagement sur les réseaux sociaux, la responsabilisation des jeunes et le développement d’un consensus fort sont autant de stratégies efficaces pour pousser à l’action sur le changement climatique. Étonnamment, ces stratégies n’ont pas été mentionnées fréquemment. De même, relativement peu ont demandé de l’aide pour articuler une perspective anabaptiste distincte sur la protection de la création.
« Aider l’Eglise mennonite et les ‘silencieux dans le pays’ à retrouver une voix pour s’exprimer et agir sur le changement climatique. C’est un problème qui concerne l’église. » —Heather Wolfe, Taftsville Chapel Mennonite Fellowship, Woodstock, Vermont, Etats-Unis.
Bien que les personnes interrogées aient rarement mentionné des stratégies, cela ne signifie pas qu’elles soient sans importance.
Elles peuvent au contraire représenter des domaines d’opportunité : des méthodes de mobilisation pour étendre notre impact.
Des membres de Hope Mennonite se sont rassemblés devant le bureau d’un ministre fédéral pour demander la justice en matière de transition énergétique.
Photo : Carolyn Regehr
Réponse
Le Groupe de travail pour la protection de la création est reconnaissant envers les plus de 350 personnes qui ont exprimé leurs histoires, leurs sentiments et leurs idées sur la façon dont nous pouvons répondre fidèlement en tant que communauté au défi de la protection de la création. Ne manquez pas les autres histoires, les événements et les ressources à venir. Le Groupe de travail répondra à cet appel collectif à changer la façon dont nous pensons et agissons sur le changement climatique et d’autres questions environnementales.
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Rejoignez-nous à l’occasion de la 17ème Assemblée en Indonésie, o√π la protection de la création est intégrée dans une variété de sessions et d’activités. Le Groupe de travail pour la protection de la création vous invite à découvrir les résultats de l’enquête et les projets de la CMM en matière de protection de la création, lors des sessions suivantes :
« La protection de la création et la CMM : une réponse de l’église mondiale »
Comment la Conférence Mennonite Mondiale doit-elle répondre aux crises climatiques et environnementales qui ont un impact sur les communautés du monde entier ? Cet atelier présente les apprentissages et les histoires qui proviennent de notre enquête récente sur la protection de la création. Les membres du Groupe de travail pour la protection de la création animeront une conversation sur la manière dont la CMM devrait répondre aux crises environnementales.
« Des étapes pratiques pour la sauvegarde de la création de la part de l’Église mondiale »
Un panel représentant des églises du monde entier partagera les moyens pratiques, du jardinage aux actions de plaidoyer, qu’ils utilisent pour s’engager dans la protection de la création. Il y aura un temps pour les questions et le partage entre les participants et le public. Ce panel fait partie d’une série d’ateliers du Groupe de travail pour la protection de la création.
Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.
Ces témoignages mettent en lumière :
a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse.
Ces paroles de Jésus (Marc 16/16), répétées à la Pentecôte par l’apôtre Pierre (Actes 2/38) sont une source d’inspiration pour nous anabaptistes, et nous poussent à l’action. Le mot ‘baptême’ se retrouve dans notre nom (anabaptistes) – et cette pratique est un moment déterminant dans notre formation de disciples du Christ.
Mais quelle est notre pratique ? par affusion, aspersion ou immersion ?
Quand une personne est-elle assez âgée pour prendre la décision personnelle de suivre Jésus ?
Quelles sont les conséquences du baptême ? Est-ce une déclaration personnelle de foi ou un rite d’adhésion pour devenir officiellement membre d’une assemblée locale ?
Ce sont des questions difficiles pour les églises anabaptistes-mennonites du monde entier et elles y donnent des réponses différentes selon leur contexte.
Le retour aux textes bibliques nous montre qu’il y existe aussi une diversité : nous trouvons à la fois le baptême spontané de l’eunuque éthiopien après avoir entendu Philippe et un baptême intergénérationnel en grand groupe dans la maison de Corneille. L’Église primitive a continué à développer des pratiques et des symboles du baptême audelà du livre des Actes.
La Conférence Mennonite Mondiale encourage ses paroisses membres à se souvenir des premiers baptêmes qui ont déclenché notre mouvement spirituel : chaque année, nous célébrons le dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale autour du 21 janvier, rappelant l’acte de foi courageux de Conrad Grebel, Felix Manz et Georg Blaurock qui se sont faits re-baptisés à Zurich à cette date en 1525.
Ce numéro du Courrier publie les présentations des webinaires de Renouveau 2021 en ligne, qui ont eu lieu en juin 2021. Ces sessions ont étudié l’histoire des anabaptistes et ce que nous apprenons aujourd’hui des autres traditions concernant le baptême – et même des catholiques et des luthériens avec lesquels nos ancêtres spirituels étaient si fortement en désaccord en 1525.
Pour ces premiers croyants, le baptême n’était pas seulement un acte de foi personnel, mais aussi une révolte contre les pouvoirs politiques de l’époque. Cherchant à refléter la foi et la ferveur de nos ancêtres spirituels, comment pouvons-nous aujourd’hui nous engager de manière audacieuse ?
Comment notre baptême nous enseigne-t-il à mettre de côté notre intérêt personnel et à chercher le bien de la communauté par amour pour les autres ?
Comment notre baptême nous aide-t-il à résister à l’attirance de la cupidité et de la domination, et à vivre les valeurs alternatives de paix et de réconciliation dans la fraternité du Royaume de Dieu « déjà présent mais pas tout-à-fait » ?
Karla Braun est rédactrice en chef de Courrier et écrivaine pour la Mennonite World Conference. Elle vit à Winnipeg, Canada.
Nous exhortons l’Église à l’échelle œcuménique, confessionnelle et mondiale, à rejeter les interprétations erronées de la Bible qui justifient les mauvais traitements infligés aux peuples autochtones. Nous renouvelons notre engagement à incarner l’esprit de Jésus comme indiqué dans le Sermon sur la montagne : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Matthieu 5/9).
Le 29 mai 2025, dans trois ans, des membres du Conseil Général de la CMM, des invités œcuméniques et une foule d’amis du monde entier se réuniront à Zurich, en Suisse, pour une journée de commémoration du 500e anniversaire des premiers baptêmes qui ont marqué le début du mouvement anabaptiste-mennonite.
La Commission Foi et Vie de la CMM se réjouit de cet événement qui aura lieu en Suisse. Mais nous savons bien que les célébrations historiques sont compliquées.
Il est évident que le monde anabaptiste est très différent aujourd’hui de ce qu’il était il y a 500 ans. La majorité des anabaptistes vivent hors d’Europe aujourd’hui : en Asie, en Afrique et en Amérique latine, dans des contextes culturels très différents de ceux du XVIe siècle.
Se focaliser sur l’histoire peut facilement devenir une forme d’idéalisation transformant nos ancêtres en héros, plutôt que de se focaliser sur Jésus, « initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement » (Hébreux 12/2). Préserver les souvenirs historiques peut devenir une sorte de nostalgie, ou une justification de la lourdeur de la tradition et du statu quo.
Il y a quelques années, la Commission Foi et Vie a demandé à l’un de nos membres, Hanspeter Jecker, un historien mennonite suisse, de réfléchir à la place que la Conférence Mennonite Mondiale en tant que communion mondiale, donne à l’histoire. Ce document : La ‘Tradition’ anabaptiste : Retrouver ses Dons tout en étant conscient de ses Faiblesses fait maintenant partie d’une large collection de ressources pédagogiques disponibles dans les trois langues officielles sur le site de la CMM.
Ce court document commence par un bref aperçu historique du mouvement anabaptiste et de son évolution vers une église mondiale. Il définie ensuite sept thèmes théologiques qui forment le cœur de la ‘tradition anabaptiste’ que vous pourrez probablement trouver dans toutes nos églises membres, bien qu’avec des accents différents et avec des expressions culturelles variées.
Enfin – et c’est important ! – ce document cite également plusieurs ‘faiblesses et manquements’ de la tradition anabaptiste, reconnaissant que nos forces ont aussi leur part d’ombres qui doit être reconnue et confessée.
La “Tradition” anabaptiste : Retrouver ses Dons tout en étant conscient de ses Faiblesses est un guide utile pour la CMM alors que nous nous préparons à célébrer les débuts du mouvement anabaptiste en 2025. Cette célébration sera l’occasion de réaffirmer les convictions théologiques distinctives qui nous unissent. Mais ce sera aussi une occasion de confession et de transformation tout en suivant et renouvelant continuellement notre tradition.
—John D. Roth est secrétaire de la Commission Foi et Vie. Il vit à Goshen, Indiana (États-Unis), et est membre de la Berkevy Avenue Mennonite Fellowship.
Comme les quatre cavités du cœur, les quatre Commissions de la ConférenceMennoniteMondiale sont au service de la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diaconie, foi et vie, paix et mission. Les Commissions préparent des documents à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils, proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux et des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous le communiqué d’une des commissions..
Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2022 de Courier/Correo/Courrier.
Ê un endroit où surgissent des sources dans le désert, à l’est du Jourdain, un guide explique que c’est là que Jean a baptisé Jésus, à « Béthanie au-delà du Jourdain » (Jean 1). Des bâtiments modernes en bois se dressent là où les premiers chrétiens construisaient autrefois des églises.
Ici, Jean a appelé les foules à la repentance pour le pardon des péchés.
Se repentir impliquait de changer de vie : ceux qui avait abondance de nourriture et de vêtements devaient partager, les collecteurs d’impôts devaient être honnêtes, les soldats ne devaient pas abuser de leur pouvoir (Luc 3).
Jésus n’avait pas besoin du baptême pour signifier le pardon des péchés. Mais « se repentir » c’est aussi opérer un virage dans la vie. Avec la puissance reçue lors de son baptême par l’Esprit, Jésus a laissé derrière lui sa vie privée pour embrasser pleinement l’appel de Dieu à proclamer le règne de Dieu.
Il a traversé le Jourdain là où les Israélites étaient entrés dans le pays que Dieu avait promis.
Là, Jésus a fait face à la tentation dans le désert, au rejet à Nazareth, au harcèlement des chefs religieux et politiques, et finalement à la croix.
Tout au long de son chemin, il a appelé des disciples, guéri, pardonné, festoyé, enseigné, aimé et prié.
Le coût du baptême a été élevé pour Jésus, et c’est aussi le cas pour nous. Heureusement, peu d’entre nous connaîtront une fin violente aux mains d’adversaires. Mais le changement de vie qui suit le baptême nous conduit à abandonner une vie centrée sur notre ego pour pratiquer la discipline de suivre Jésus. Ce sont les choix quotidiens d’obéissance à Dieu qui donnent du sens à notre une vie : « Jésus, renonçant à la joie qui lui revenait endura la croix [….] » (Hébreux 12).
Les premiers anabaptistes parlaient d’un triple baptême : d’eau, d’Esprit et de sang.
Connaissez-vous quelqu’un à qui il a coûté beaucoup de tenir les promesses de son baptême ?
Quelles traits égocentriques êtes-vous prêt à abandonner dans les eaux du baptême pour suivre Jésus dans la joie et la puissance de la résurrection ?
J. Nelson Kraybill est président de la CMM (2015-2022). Il vit en Indiana (ÉtatsUnis).
Des témoignages du monde entier racontent comment nous répondons aux défis du changement climatique en tant que communautés de foi.
Les 353 réponses à l’enquête du Groupe de travail pour la protection de la création contiennent de nombreuses histoires d’églises qui prennent soin de la création. Ce mois-ci, nous mettons en lumière les réponses qui révèlent des solutions locales créatives mises en œuvre par les assemblées en réponse fidèle aux injustices de la dégradation de l’environnement.
La protection de la création peut faire partie intégrante du culte et des études bibliques,…
« L’Église s’est penchée sur le sujet [du changement climatique] en se basant sur l’affirmation biblique selon laquelle Dieu est le Créateur et [nous sommes] les gardiens des ressources qui [nous] sont confiées. »—Francis Kamoto, pasteur, Mpingo Wa Abale Mwa Kristu (Frères en Christ) Malawi.
« En plus du remplacement de notre éclairage (par un système automatique), de la mise en place d’un programme de recyclage, etc, nous sommes également en passe d’installer des panneaux solaires sur le bâtiment de l’église. »—Rebecca Helmuth, North Goshen Mennonite Church, Goshen, Indiana, Etats-Unis.
Rebecca Helmuth
« Le siège de l’église Meserete Kristos envoie un bulletin bihebdomadaire en trois langues avec des méditations bibliques qui abordent les thèmes des cinq piliers du ministère de MKC. Le changement climatique est abordé dans le cadre du travail pour la paix et du ministère holistique. »—Desalegn Abebe, président, Meserete Kristos Church, Ethiopie.
« Nous avons eu des prédications, des cours et des ateliers pour nous aider à comprendre l’ampleur du changement climatique mondial et à trouver des pistes de réponses. Nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur le changement de nos habitudes alimentaires. Nous avons également plaidé en faveur d’une législation locale et étatique pour lutter contre le changement climatique. »—Rod Stafford, Portland Mennonite, Oregon, Etats-Unis.
Et elle peut être intégrée aux autres activités de l’église…
Une bannière de la First Mennonite Church de Kitchener, en Ontario, encourage l’action pour la justice climatique.
Photo avec la permission de Donna Bender
« Nous essayons de réduire au maximum notre production de déchets lors des événements de l’église (par exemple, utiliser de la vaisselle plutôt que des produits jetables). Nous utilisons des ampoules LED lorsque cela est possible. Nous gardons le chauffage baissé lorsque l’église n’est pas utilisée. Nous essayons de moins saler la chaussée en hiver. »—Eleanor Nash, Rouge Valley Mennonite Church, Markham, Ontario, Canada.
«Nous avons organisé une conversation intergénérationnelle sur le changement climatique ; nous publions des bulletins trimestriels sur la protection de la création/le changement climatique ; tous les ans nous organisons le dimanche de la protection de la création pendant le Temps de la création ; nous accueillons Wild Church tous les mois ; nous avons installé des panneaux solaires ; nous avons isolé notre bâtiment ; nous avons créé des jardins en permaculture et un système de compostage sur place ; et nos membres ont écrit un livre de cuisine (Sustainable Kitchen).»—Heather Wolfe, Taftsville Chapel Mennonite Fellowship, Woodstock, Vermont, Etats-Unis.
Ce qui aide les églises à dialoguer avec leurs communautés locales.
« Avec A Rocha, nous nous sommes lancés dans une démarche d’église verte. Nous avons créé un potager dont nous donnons les fruits à notre banque alimentaire locale. Nous avons participé cette année au Temps de la Création pendant trois dimanches, en célébrant le culte à l’extérieur et en intégrant la nature dans notre contemplation. »—Lori Matties, River East Mennonite Church, Winnipeg, Manitoba, Canada
« Nous avons bêché une grande partie du terrain herbeux situé à côté de notre bâtiment et l’avons divisé en parcelles. Chaque été, les membres de l’église et les voisins de l’église y cultivent des légumes. »—Karla Braun, Crossroads MB Church, Winnipeg, Manitoba, Canada
Les solutions naturelles comme planter des arbres sont bonnes pour la planète et pour nos communautés
Tshims Mafuta
« MB Malawi élabore une stratégie de lutte contre la déforestation et pour une meilleure gouvernance forestière. Des interventions complémentaires sur le terrain ont été lancées pour s’attaquer aux facteurs du changement climatique, tout en contribuant à créer des moyens de subsistance pour les foyers vulnérables. »—Bahati Mutabesha Safari, église Frères Mennonites du Malawi.
« L’église a toujours encouragé les membres à la plantation des arbres, et aujourd’hui ces plantes produisent des fruits et protègent des maisons contre les vents. »—Cristiano Mafuta M. Ngoma, Igreja da Comunidade Menonita em Angola
« Dans le cadre du programme GREEN Legacy visant à planter 5 milliards d’arbres], les membres de notre église ont planté des arbres dans leurs enceintes, dans des espaces ouverts et sur des terrains communautaires. »—Desalegn Abebe, président, Meserete Kristos Church, Ethiopie
Créer des groupes consacrés à la protection de la création aide souvent les églises à s’engager plus efficacement.
Wendy Janzen, éco-pasteure de l’Église mennonite de l’Est du Canada, a prononcé un sermon en plein air à la First Mennonite Kitchener en janvier. L’église a organisé une série de sermons d’un mois sur la protection de la création et y fait régulièrement référence dans ses prières.
Après une série de cultes pour tous les âges sur la protection de la création, « nous avons formé un sous-groupe d’action climatique. Nous avons organisé des agapes végétariennes et partagé des recettes pour encourager les gens à manger moins de viande. Nous avons organisé un événement de plantation d’arbres. Nous avons installé des panneaux solaires sur le toit de l’église il y a plusieurs années et installé une station d’eau pour promouvoir le remplissage de gourdes réutilisables. »—Donna Bender, First Mennonite Church, Kitchener, Ontario, Canada.
Les jeunes sont des éléments essentiels
« Il y a quelques années, un groupe de nos jeunes est allé planter des arbres à la source qui alimente le village en eau potable. Cela a eu un grand impact sur la communauté et sur nos jeunes qui se sont rendu compte de l’importance de préserver et de prendre soin de ce que nous avons. » —Omar Pérez Reyes, président, Asociación Iglesias Cristianas Menonitas de Costa Rica.
« Les jeunes de l’église profitent généralement des séances d’évangélisation pour sensibiliser les gens aux conséquences du changement climatique et aux moyens d’enrayer ses effets. »—Thioro Bananzaro, président, Eglise Evangélique Mennonite du Burkina Faso.
Les églises peuvent prendre des mesures qui ont un impact sur des systèmes plus larges
« Au début des années 2000, nous étions impliqués dans un mouvement interconfessionnel et civil pour rejeter un projet du gouvernement de construire une centrale nucléaire. C’était une question controversée… mais c’est devenu un point de rencontre pour construire un réseau interconfessionnel. »—Danang Kristiawan, GITJ Jepara, Indonésie.
« Notre église a collaboré avec d’autres organisations citoyennes de résistance aux mégaprojet extractif de « La Colosa » dans le Cajamarca qui serait à terme la plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Amérique latine. Nous avons participé à des initiatives citoyennes de protection de la terre, de l’eau et des ressources naturelles. » —José Antonio Vaca Bello, Iglesia Menonita Ibague, Colombie.
Photo : José Antonio Vaca Bello
Toutes ces étapes sont des actes d’espoir importants
« Lors d’un culte de reconnaissance, les membres de l’église avaient été invités à planter un pommier sur la pelouse de l’église. Ensemble, nous nous sommes tenus sur la pelouse et avons regardé les enfants prendre leurs petites pelles et remplir le trou o√π se trouvait le nouvel arbre (une espèce ancienne). Cette année, pour le culte de reconnaissance, trois petites pommes ont été présentées comme premiers cadeaux. On nous a rappelé la bonté de notre Créateur qui fait toutes choses nouvelles. »—Dora Schmidt, Mennonitengemeinde Enkenbach, Allemagne.
Des enfants récoltent les pommes d’un arbre que l’assemblée a planté. Photo: Dora Schmidt
Réponse
« En tant qu’organisations fondées sur la foi chrétienne dans la tradition anabaptiste, nous reconnaissons la menace importante que représente le changement climatique pour les communautés mondiales, la justice économique et les prochaines générations. Nous nous engageons à explorer notre travail et notre mission pour soutenir des solutions climatiques durables et justes. »
Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.
Ces témoignages mettent en lumière :
a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse.