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  • Zoom sur les ressources : La Déclaration de solidarité avec les peuples autochtones 

    Nous exhortons l’Église à l’échelle œcuménique, confessionnelle et mondiale, à rejeter les interprétations erronées de la Bible qui justifient les mauvais traitements infligés aux peuples autochtones. Nous renouvelons notre engagement à incarner l’esprit de Jésus comme indiqué dans le Sermon sur la montagne : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Matthieu 5/9).

    Le 29 mai 2025, dans trois ans, des membres du Conseil Général de la CMM, des invités œcuméniques et une foule d’amis du monde entier se réuniront à Zurich, en Suisse, pour une journée de commémoration du 500e anniversaire des premiers baptêmes qui ont marqué le début du mouvement anabaptiste-mennonite.

    La Commission Foi et Vie de la CMM se réjouit de cet événement qui aura lieu en Suisse. Mais nous savons bien que les célébrations historiques sont compliquées.

    Il est évident que le monde anabaptiste est très différent aujourd’hui de ce qu’il était il y a 500 ans. La majorité des anabaptistes vivent hors d’Europe aujourd’hui : en Asie, en Afrique et en Amérique latine, dans des contextes culturels très différents de ceux du XVIe siècle.

    Se focaliser sur l’histoire peut facilement devenir une forme d’idéalisation transformant nos ancêtres en héros, plutôt que de se focaliser sur Jésus, « initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement » (Hébreux 12/2). Préserver les souvenirs historiques peut devenir une sorte de nostalgie, ou une justification de la lourdeur de la tradition et du statu quo.

    Il y a quelques années, la Commission Foi et Vie a demandé à l’un de nos membres, Hanspeter Jecker, un historien mennonite suisse, de réfléchir à la place que la Conférence Mennonite Mondiale en tant que communion mondiale, donne à l’histoire. Ce document : La ‘Tradition’ anabaptiste : Retrouver ses Dons tout en étant conscient de ses Faiblesses fait maintenant partie d’une large collection de ressources pédagogiques disponibles dans les trois langues officielles sur le site de la CMM.

    Ce court document commence par un bref aperçu historique du mouvement anabaptiste et de son évolution vers une église mondiale. Il définie ensuite sept thèmes théologiques qui forment le cœur de la ‘tradition anabaptiste’ que vous pourrez probablement trouver dans toutes nos églises membres, bien qu’avec des accents différents et avec des expressions culturelles variées.

    Enfin – et c’est important ! – ce document cite également plusieurs ‘faiblesses et manquements’ de la tradition anabaptiste, reconnaissant que nos forces ont aussi leur part d’ombres qui doit être reconnue et confessée.

    La “Tradition” anabaptiste : Retrouver ses Dons tout en étant conscient de ses Faiblesses est un guide utile pour la CMM alors que nous nous préparons à célébrer les débuts du mouvement anabaptiste en 2025. Cette célébration sera l’occasion de réaffirmer les convictions théologiques distinctives qui nous unissent. Mais ce sera aussi une occasion de confession et de transformation tout en suivant et renouvelant continuellement notre tradition.

    —John D. Roth est secrétaire de la Commission Foi et Vie. Il vit à Goshen, Indiana (États-Unis), et est membre de la Berkevy Avenue Mennonite Fellowship.


    Comme les quatre cavités du cœur, les quatre Commissions de la Conférence Mennonite Mondiale sont au service de la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diaconie, foi et vie, paix et mission. Les Commissions préparent des documents à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils, proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux et des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous le communiqué d’une des commissions..
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2022 de Courier/Correo/Courrier.
  • Ê un endroit où surgissent des sources dans le désert, à l’est du Jourdain, un guide explique que c’est là que Jean a baptisé Jésus, à « Béthanie au-delà du Jourdain » (Jean 1). Des bâtiments modernes en bois se dressent là où les premiers chrétiens construisaient autrefois des églises.

    Ici, Jean a appelé les foules à la repentance pour le pardon des péchés.

    Se repentir impliquait de changer de vie : ceux qui avait abondance de nourriture et de vêtements devaient partager, les collecteurs d’impôts devaient être honnêtes, les soldats ne devaient pas abuser de leur pouvoir (Luc 3).

    Jésus n’avait pas besoin du baptême pour signifier le pardon des péchés. Mais « se repentir » c’est aussi opérer un virage dans la vie. Avec la puissance reçue lors de son baptême par l’Esprit, Jésus a laissé derrière lui sa vie privée pour embrasser pleinement l’appel de Dieu à proclamer le règne de Dieu.

    Il a traversé le Jourdain là où les Israélites étaient entrés dans le pays que Dieu avait promis.

    Là, Jésus a fait face à la tentation dans le désert, au rejet à Nazareth, au harcèlement des chefs religieux et politiques, et finalement à la croix.

    Tout au long de son chemin, il a appelé des disciples, guéri, pardonné, festoyé, enseigné, aimé et prié.

    Le coût du baptême a été élevé pour Jésus, et c’est aussi le cas pour nous. Heureusement, peu d’entre nous connaîtront une fin violente aux mains d’adversaires. Mais le changement de vie qui suit le baptême nous conduit à abandonner une vie centrée sur notre ego pour pratiquer la discipline de suivre Jésus. Ce sont les choix quotidiens d’obéissance à Dieu qui donnent du sens à notre une vie : « Jésus, renonçant à la joie qui lui revenait endura la croix [….] » (Hébreux 12).

    Les premiers anabaptistes parlaient d’un triple baptême : d’eau, d’Esprit et de sang.

    Connaissez-vous quelqu’un à qui il a coûté beaucoup de tenir les promesses de son baptême ?

    Quelles traits égocentriques êtes-vous prêt à abandonner dans les eaux du baptême pour suivre Jésus dans la joie et la puissance de la résurrection ?


     

    J. Nelson Kraybill est président de la CMM (2015-2022). Il vit en Indiana (ÉtatsUnis).
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
  • Des témoignages du monde entier racontent comment nous répondons aux défis du changement climatique en tant que communautés de foi. 

    Les 353 réponses à l’enquête du Groupe de travail pour la protection de la création contiennent de nombreuses histoires d’églises qui prennent soin de la création. Ce mois-ci, nous mettons en lumière les réponses qui révèlent des solutions locales créatives mises en œuvre par les assemblées en réponse fidèle aux injustices de la dégradation de l’environnement. 

    La protection de la création peut faire partie intégrante du culte et des études bibliques,… 

    « L’Église s’est penchée sur le sujet [du changement climatique] en se basant sur l’affirmation biblique selon laquelle Dieu est le Créateur et [nous sommes] les gardiens des ressources qui [nous] sont confiées. »—Francis Kamoto, pasteur, Mpingo Wa Abale Mwa Kristu (Frères en Christ) Malawi. 

    « En plus du remplacement de notre éclairage (par un système automatique), de la mise en place d’un programme de recyclage, etc, nous sommes également en passe d’installer des panneaux solaires sur le bâtiment de l’église. »—Rebecca Helmuth, North Goshen Mennonite Church, Goshen, Indiana, Etats-Unis. 

    Rebecca Helmuth

    « Le siège de l’église Meserete Kristos envoie un bulletin bihebdomadaire en trois langues avec des méditations bibliques qui abordent les thèmes des cinq piliers du ministère de MKC. Le changement climatique est abordé dans le cadre du travail pour la paix et du ministère holistique. »—Desalegn Abebe, président, Meserete Kristos Church, Ethiopie. 

    « Nous avons eu des prédications, des cours et des ateliers pour nous aider à comprendre l’ampleur du changement climatique mondial et à trouver des pistes de réponses. Nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur le changement de nos habitudes alimentaires. Nous avons également plaidé en faveur d’une législation locale et étatique pour lutter contre le changement climatique. »—Rod Stafford, Portland Mennonite, Oregon, Etats-Unis. 

    Et elle peut être intégrée aux autres activités de l’église…  

    Une bannière de la First Mennonite Church de Kitchener, en Ontario, encourage l’action pour la justice climatique. 
    Photo avec la permission de Donna Bender     

    « Nous essayons de réduire au maximum notre production de déchets lors des événements de l’église (par exemple, utiliser de la vaisselle plutôt que des produits jetables). Nous utilisons des ampoules LED lorsque cela est possible. Nous gardons le chauffage baissé lorsque l’église n’est pas utilisée. Nous essayons de moins saler la chaussée en hiver. »—Eleanor Nash, Rouge Valley Mennonite Church, Markham, Ontario, Canada.  

    «Nous avons organisé une conversation intergénérationnelle sur le changement climatique ; nous publions des bulletins trimestriels sur la protection de la création/le changement climatique ; tous les ans nous organisons le dimanche de la protection de la création pendant le Temps de la création ; nous accueillons Wild Church tous les mois ; nous avons installé des panneaux solaires ; nous avons isolé notre bâtiment ; nous avons créé des jardins en permaculture et un système de compostage sur place ; et nos membres ont écrit un livre de cuisine (Sustainable Kitchen).»—Heather Wolfe, Taftsville Chapel Mennonite Fellowship, Woodstock, Vermont, Etats-Unis. 

    Ce qui aide les églises à dialoguer avec leurs communautés locales. 

    « Avec A Rocha, nous nous sommes lancés dans une démarche d’église verte. Nous avons créé un potager dont nous donnons les fruits à notre banque alimentaire locale. Nous avons participé cette année au Temps de la Création pendant trois dimanches, en célébrant le culte à l’extérieur et en intégrant la nature dans notre contemplation. »—Lori Matties, River East Mennonite Church, Winnipeg, Manitoba, Canada 

    « Nous avons bêché une grande partie du terrain herbeux situé à côté de notre bâtiment et l’avons divisé en parcelles. Chaque été, les membres de l’église et les voisins de l’église y cultivent des légumes. »—Karla Braun, Crossroads MB Church, Winnipeg, Manitoba, Canada 

    Les solutions naturelles comme planter des arbres sont bonnes pour la planète et pour nos communautés 

    Tshims Mafuta

    « MB Malawi élabore une stratégie de lutte contre la déforestation et pour une meilleure gouvernance forestière. Des interventions complémentaires sur le terrain ont été lancées pour s’attaquer aux facteurs du changement climatique, tout en contribuant à créer des moyens de subsistance pour les foyers vulnérables. »—Bahati Mutabesha Safari, église Frères Mennonites du Malawi. 

    « L’église a toujours encouragé les membres à la plantation des arbres, et aujourd’hui ces plantes produisent des fruits et protègent des maisons contre les vents. »—Cristiano Mafuta M. Ngoma, Igreja da Comunidade Menonita em Angola 

    « Dans le cadre du programme GREEN Legacy visant à planter 5 milliards d’arbres], les membres de notre église ont planté des arbres dans leurs enceintes, dans des espaces ouverts et sur des terrains communautaires. »—Desalegn Abebe, président, Meserete Kristos Church, Ethiopie 

    Créer des groupes consacrés à la protection de la création aide souvent les églises à s’engager plus efficacement. 

    Wendy Janzen, éco-pasteure de l’Église mennonite de l’Est du Canada, a prononcé un sermon en plein air à la First Mennonite Kitchener en janvier. L’église a organisé une série de sermons d’un mois sur la protection de la création et y fait régulièrement référence dans ses prières. 

    Après une série de cultes pour tous les âges sur la protection de la création, « nous avons formé un sous-groupe d’action climatique. Nous avons organisé des agapes végétariennes et partagé des recettes pour encourager les gens à manger moins de viande. Nous avons organisé un événement de plantation d’arbres. Nous avons installé des panneaux solaires sur le toit de l’église il y a plusieurs années et installé une station d’eau pour promouvoir le remplissage de gourdes réutilisables. »—Donna Bender, First Mennonite Church, Kitchener, Ontario, Canada. 

    Les jeunes sont des éléments essentiels 

    « Il y a quelques années, un groupe de nos jeunes est allé planter des arbres à la source qui alimente le village en eau potable. Cela a eu un grand impact sur la communauté et sur nos jeunes qui se sont rendu compte de l’importance de préserver et de prendre soin de ce que nous avons. » —Omar Pérez Reyes, président, Asociación Iglesias Cristianas Menonitas de Costa Rica.  

    « Les jeunes de l’église profitent généralement des séances d’évangélisation pour sensibiliser les gens aux conséquences du changement climatique et aux moyens d’enrayer ses effets. »—Thioro Bananzaro, président, Eglise Evangélique Mennonite du Burkina Faso. 

    Les églises peuvent prendre des mesures qui ont un impact sur des systèmes plus larges  

    « Au début des années 2000, nous étions impliqués dans un mouvement interconfessionnel et civil pour rejeter un projet du gouvernement de construire une centrale nucléaire. C’était une question controversée… mais c’est devenu un point de rencontre pour construire un réseau interconfessionnel. »—Danang Kristiawan, GITJ Jepara, Indonésie. 

    « Notre église a collaboré avec d’autres organisations citoyennes de résistance aux mégaprojet extractif de « La Colosa » dans le Cajamarca qui serait à terme la plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Amérique latine. Nous avons participé à des initiatives citoyennes de protection de la terre, de l’eau et des ressources naturelles. » —José Antonio Vaca Bello, Iglesia Menonita Ibague, Colombie.   

    Photo : José Antonio Vaca Bello

    Toutes ces étapes sont des actes d’espoir importants 

    « Lors d’un culte de reconnaissance, les membres de l’église avaient été invités à planter un pommier sur la pelouse de l’église. Ensemble, nous nous sommes tenus sur la pelouse et avons regardé les enfants prendre leurs petites pelles et remplir le trou o√π se trouvait le nouvel arbre (une espèce ancienne). Cette année, pour le culte de reconnaissance, trois petites pommes ont été présentées comme premiers cadeaux. On nous a rappelé la bonté de notre Créateur qui fait toutes choses nouvelles. »—Dora Schmidt, Mennonitengemeinde Enkenbach, Allemagne. 

    Des enfants récoltent les pommes d’un arbre que l’assemblée a planté.  Photo: Dora Schmidt

    Réponse

    « En tant qu’organisations fondées sur la foi chrétienne dans la tradition anabaptiste, nous reconnaissons la menace importante que représente le changement climatique pour les communautés mondiales, la justice économique et les prochaines générations. Nous nous engageons à explorer notre travail et notre mission pour soutenir des solutions climatiques durables et justes. » 

    Déclaration de la réunion de la Collaboration anabaptiste sur le changement climatique, 26-27 janvier 2022. 

     

    CCTF March 2022

    Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.

    Ces témoignages mettent en lumière : 

    a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
    b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
    c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse. 

    Histoire #1: L’impact des crises environmentales sur la communauté des églises
    Histoire #2: Que ressent-on face aux problèmes environnementaux ?
    Histoire #3: Quelles sont les interactions entre le changement climatique et les autres enjeux communautaires ?
    Histoire #4: Nos églises et nos responsables sont-ils actifs au service de la création ?
    Histoire #5: Comment les églises prennent-elles soin de la Création ?
    Histoire #6: Qu’est-ce qui aiderait les Églises à s’engager davantage dans la protection de la création ?
  • Le Comité Exécutif délègue sa responsabilité aux membres du bureau chargés de superviser la vie et le travail de la CMM entre les réunions annuelles.

    • président et vice-président(e) élus par le Conseil Général,
    • secrétaire général (ex officio) nommé par le Conseil Général
    • trésorier nommé par le Comité Exécutif

    Tout membre du bureau doit être membre d’une église membre de la CMM et doit être approuvé par son église membre.

    Membres du bureau

    Secrétaire général : César García

    Paroisse : First Mennonite Church, Kitchener, Ontario (Canada)

    « Nous sommes reconnaissants pour les dons de notre famille spirituelle : les missionnaires qui ont donné leur vie pour témoigner du Christ, les frères et sœurs désireux de servir les démunis, les enseignants qui forment des disciples à travers leur vie et leur caractère, les pasteurs qui s’occupent des paroisses, les personnes généreuses qui financent l’œuvre du Christ, les pacifistes qui enseignent a gérer les confits comme Jésus. Notre communauté mondiale est richement bénie ! »

     

    Président : J. Nelson Kraybill

    Paroisse : Prairie Street Mennonite, Elkhart, Indiana (États-Unis)

    « Grâce aux relations avec la CMM, j’ai vu le plus grand espoir, la foi la plus profonde et les communautés chrétiennes les plus vivantes chez des chrétiens vivant dans l’insécurité matérielle ou politique. La puissance et la richesse créent un faux sentiment d’autosuffisance plutôt que d’avoir une sécurité et une joie fondées sur Jésus. »

     

    Vice-présidente : Rebecca Osiro

    Paroisse : Eastleigh Mennonite Church, Nairobi (Kenya)

    « Le génie de la CMM est la communion fraternelle et le réseautage. Nous partageons nos histoires. Nous nous réunissons et découvrons que nous ne faisons qu’un. Nous trouvons la force audelà des classes, au-delà du statut social. La CMM me donne du courage. »

     

    Trésorière : Sunoko Lin

    Paroisse : Maranatha Christian Fellowship, Reseda, Californie (États-Unis)

    « Être au service de l’Église mondiale anabaptistemennonite a approfondi ma formation spirituelle. Ma prière pour l’Église mondiale est que Dieu apporte paix, réconfort et espoir aux membres souffrants de la famille mondiale anabaptiste/mennonite touchés par le COVID-19, dont les conséquences sont terribles : non seulement perte de vies humaines mais aussi détérioration économique dans de nombreux pays en voie de développement. Dieu ait pitié ! »

     

    Président élu : Henk Stenvers

    Paroisse : Doopsezinde Gemeente Bussum-Naarden, Pays-Bas

    « Ce que j’ai appris en étant au service de l’Église anabaptistemennonite mondiale, c’est à apprécier l’œuvre du Saint-Esprit dans tous les pays du monde, dans tant de contextes différents, créant ainsi une merveilleuse communion diversifiée. »

     

     


    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
  • Le mois dernier, nous avons examiné les mesures prises par les Églises en matière de protection de la création. Cette semaine, nous nous penchons sur les domaines que les Églises aimeraient mieux maîtriser. En d’autres termes, qu’est-ce que les Églises souhaiteraient faire davantage ? 

    1. Les participants souhaitent s’informer sur plusieurs points clés de la protection de la création. 

    Les participants croient que leurs Églises sont surtout intéressées par deux catégories générales de protection de la création. 

    Premièrement, les gens veulent apprendre comment la protection de la création peut être mieux intégrée à la compréhension de la Bible et à leurs pratiques liturgiques (éléments indiqués en bleu dans ce tableau) (à l’exception de la prière, peut-être parce qu’elle n’est pas considérée comme quelque chose qui s’apprend). 

    Deuxièmement, les personnes interrogées se sont intéressées à ce qui est le plus efficace pour réduire notre impact sur la terre (points indiqués en vert). 

    Lorsqu’on leur demande quelles ressources ils utilisent, les gens pensent avant tout à des documents variés, y compris des ressources en ligne. En outre, de nombreuses personnes ont souligné 1) le rôle important d’une variété d’organisations de protection de la création qui fournissent de bonnes ressources, et 2) l’importance de leurs ressources humaines – des individus clés qui sont fortement motivés et/ou ont une expertise dans des domaines qui peuvent aider l’Église. 

    « Les ressources humaines et techniques, nous les avons, car nous avons quelques professionnels qui peuvent animer les discussions et aider à diffuser des idées et des actions à mettre en place », dit Martha Moreno, membre de Iglesia Evangélica Mononita “Jesús el Buen Pastor”, à Guyaquil en Équateur. 

    2. Les personnes interrogées qui constatent d’avantage d’impacts du changement climatique sont plus désireuses de s’informer sur la protection de la création. 

    Pour toutes les catégories, à l’exception de la prière, il existe une forte corrélation entre l’intérêt des personnes à s’informer sur un sujet et les problèmes environnementaux qu’elles ont remarqués dans leur propre contexte. C’est logique – les personnes qui subissent ou sont conscientes des impacts environnementaux sont plus susceptibles de se sentir concernées par ces questions. Cela permet de penser que les Églises peuvent motiver leurs membres en les sensibilisant davantage. Cela suggère également que les Églises voudront en savoir plus sur ces questions au fur et à mesure que l’impact de la crise environnementale augmentera. 

    Les personnes qui déclarent être conscientes des problèmes environnementaux s’engagent-elles réellement davantage dans des actions en réponse à ces problèmes ?  

    La réponse est oui, mais avec une réserve cette relation est moins forte. En d’autres termes, les personnes qui sont plus conscientes des problèmes environnementaux sont beaucoup plus intéressées par l’apprentissage de ces problèmes, mais seulement un peu plus susceptibles de s’engager dans des actions. 

    Le travail avec les Églises devrait fournir des ressources pour l’apprentissage, mais devrait s’efforcer d’aider les églises à traduire ces ressources en actions. 

    3. Les Églises sont un peu moins intéressées par les informations sur les activités publiques. 

    Ce mois-ci, nous constatons une fois de plus que les personnes interrogées sont moins intéressées par l’engagement au niveau civique, comme le plaidoyer politique ou l’engagement dans des initiatives communautaires (éléments violets et jaunes dans la carte ci-dessous). Cependant, ces intérêts varient davantage selon les régions ; par exemple, l’intérêt pour le plaidoyer était nettement plus élevé en Afrique et en Amérique du Nord. Les Églises semblent se concentrer davantage sur leur communauté locale plutôt que de s’engager plus largement auprès du gouvernement, des entreprises ou des organisations.  

    Pourcentage de personnes interrogées se disant intéressées par l’apprentissage des thèmes liés à la protection de la création

    Les communautés religieuses se font de plus en plus entendre car elles reconnaissent l’importance de leur voix morale, et la façon dont le travail en commun crée des changements qui multiplient les actions locales. En tant qu’anabaptistes/mennonites, nous devrions considérer l’engagement plus large comme une opportunité de partager notre voix et d’apporter des changements efficaces au niveau du système. 

    « En tant qu’Église, nous devrions assumer nos responsabilités et apprendre à nos membres à comprendre la valeur et l’importance d’en savoir plus sur la nature et le changement climatique. Nous devrions apprendre qu’il est facile de changer notre mode de vie, et que le danger est réel si nous n’en sommes pas conscients. Quelques changements dans notre mode de vie peuvent avoir un grand impact sur notre avenir », dit Emmanuel Mahendra, de Mennonite Church Dhamtari, en Inde.     

    Emmanuel Mahendra

    « Ne vous concentrez pas uniquement sur la responsabilité personnelle. Le changement individuel est important, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons apprendre la nature systémique de la situation », déclare Kyle Penner, pasteur de Grace Mennonite Church à Steinbach dans le Manitoba au Canada. 

    Comme l’illustrent les deux citations ci-dessus, les gens ont besoin de sentir que leurs actions sont efficaces. Lorsqu’ils en voient directement les effets, ou lorsqu’ils sentent que l’action mène à des changements systémiques plus importants, ils sont encouragés à poursuivre.  

    Il est important de mobiliser à la fois le changement de comportement individuel et le plaidoyer systémique. Nous sommes plus efficaces lorsque nous travaillons ensemble en tant que communauté pour prendre fidèlement soin de la création à de multiples niveaux. 


    Réponse 

    S’impliquer dans le changement systémique est souvent plus facile qu’on ne le pense ! Cela peut être un élément clé pour rassembler les communautés de foi d’une manière nouvelle afin de rendre soin de la création. 

    Le plaidoyer peut faire partie des pratiques spirituelles d’une Église et contribuer à la croissance spirituelle dans le cadre du travail pour la paix. Elle peut aussi être un moyen d’amplifier les actions que les églises entreprennent à d’autres niveaux. 

    Le Mennonite Central Committee dispose d’une boîte à outils pour le plaidoyer qui peut être adaptée au contexte spécifique de votre pays.

    Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.

    Ces témoignages mettent en lumière : 

    a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
    b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
    c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse. 

    Histoire #1: L’impact des crises environmentales sur la communauté des églises
    Histoire #2: Que ressent-on face aux problèmes environnementaux ?
    Histoire #3: Quelles sont les interactions entre le changement climatique et les autres enjeux communautaires ?
    Histoire #4: Nos églises et nos responsables sont-ils actifs au service de la création ?
    Histoire #5: Comment les églises prennent-elles soin de la Création ?
    Histoire #6: Qu’est-ce qui aiderait les Églises à s’engager davantage dans la protection de la création ?
  • Le 23 septembre 2021, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, déclarait que le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat était un « code rouge pour l’humanité ». Et pourtant, Guterres restait optimiste, affirmant qu’ « il n’est pas trop tard pour agir afin que l’action climatique contribue à la paix et à la sécurité internationales. » Selon Guterres, les nations doivent travailler ensemble car, aujourd’hui, la question de la paix ne peut être séparée de celle du climat. 

    Les chrétiens ont besoin d’un cadre théologique pour lier les problèmes climatiques inquiétants à l’engagement envers la paix. L’histoire de la Création offre ce cadre, dans lequel l’existence de l’humanité s’intègre à l’ordre magnifique du Créateur concernant le climat. 

    Dans la Genèse, le premier livre de la Bible, il y a deux récits de création. La première histoire dans Genèse 1 est bien connue. Dans ce récit, le Créateur créé les cieux et la terre en six jours. La création y est décrite par des paroles ordonnées, poétiques et rythmées, que l’on retrouve dans les rituels religieux ou les cultes du dimanche. 

    Le Créateur voit que le désordre n’est pas bon et il sépare donc la lumière des ténèbres, l’eau de la terre ferme, etc. Ces séparations préparent la venue de l’être humain, le summum de la création. Le sixième jour, Dieu créé l’humain, après la nature, les plantes et les animaux. L’homme et la femme sont créés en même temps à l’image de Dieu. 

    Pourtant, Genèse 2 raconte l’histoire sous un autre angle, en inversant l’ordre de la création. Dieu créé l’homme en premier, puis les plantes, et les animaux. Et enfin, Dieu créé la femme comme aide de l’homme. On peut voir l’importance de l’être humain par sa place, premier et dernier de la création. Mais ici, la création de l’homme, des plantes et des animaux intervient dans le cadre de la création du climat par Dieu. Le texte dit que « il n’y avait encore sur la terre aucun arbuste des champs, et aucune herbe des champs n’avait encore germé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol ; mais un courant montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. » (Genese 2/5-7) 

    La pluie et le courant sont, en effet, liés au climat. Le mot « courant » peut également signifier vapeur ou brouillard. Des ruisseaux d’eau s’élèvent de la terre pour inonder le sol et arroser la terre sèche. Et la vapeur qui s’échappe du sol remplit l’air d’eau qui tombe sous forme de pluie. On nous raconte ici la belle histoire de l’origine du climat. Ensuite, le premier humain est créé à partir de la poussière du sol – une poussière humide, imprégnée de la brume qui s’élevait de la terre. 

    Voici ce qui est important : plus qu’une histoire de commencement, la création de l’être humain, dans le deuxième chapitre de la Genèse, présente les humains comme faisant partie de l’histoire du climat. Le Créateur prépare le climat avant de créer les êtres vivants, y compris les humains. 

    En tant que premier et dernier de la création de Dieu, l’homme est le protecteur non seulement du jardin mais aussi de toute la création (Genèse 2/15-17). Il doit « cultiver le sol », ce même sol dont il est issu. Mais c’est aussi un sol humide, un sol qui donnera des fruits parce que Dieu l’a préparé en ordonnant le climat et aussi grâce au travail des mains humaines. 

    Ici, le rôle de l’être humain est d’être le médiateur entre la terre et son Créateur. Les humains sont responsables devant le Créateur de la préservation du sol car leur existence dépend de son humidité du point dans ce récit. En tant que tels, les humains ne sont pas seulement les émissaires de Dieu sur la terre mais aussi des médiateurs qui transmettent au Créateur toutes les plaintes des créatures. 

    La prière est la première étape concrète par laquelle nous pouvons exercer notre rôle de médiateur par rapport aux calamités climatiques actuelles. Lorsque nous prions, nous reconnectons notre terre, belle mais abimée, au Créateur. En priant, nous associons notre désir à celui de ceux qui aspirent à une eau et un air purs, car, comme le dit Maxine Burkett, professeur et décideur politique, ceux qui « souffrent le plus [de la catastrophe climatique] sont aussi ceux qui sont le moins responsables de la crise jusqu’à présent ». 

    Lorsque nous prions, Dieu met dans nos cœurs le désir d’agir concrètement en tant qu’individus, communautés de foi ou décideurs pour la paix et la sécurité de notre maison commune. Chers amis, continuons de prier. 

    —Nindyo Sasongko est doctorant en théologie systématique à l’Université de Fordham, New York, théologien en résidence à Manhattan Mennonite Fellowship, NYC, et membre du groupe de travail pour la protection du groupe de travail pour la protection de la création de la Conférence Mennonite Mondiale.  

  • Autriche

    Mennonitischen Freikirche Österreich (MFÖ) / Église mennonite libre d’Autriche

    L’église mennonite libre de Vienne est la communauté dans laquelle j’ai eu le privilège de grandir. Notre assemblée est petite, vraiment familiale et centrée autour de Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

    Je m’identifie facilement aux mennonites car ils se considèrent envoyés par Dieu pour apporter la paix, se réunir et aller vers leur prochain dans l’amour

    Concrètement, cela signifie qu’en tant que ‘communauté vivante’, nous sommes constamment confrontés à des défis et à diverses difficultés. Néanmoins, nous avons la volonté de grandir ensemble grâce à ces obstacles, et assez d’amour pour vouloir les surmonter dans l’unanimité. Cependant, l’unanimité ne signifie pas que nous ayons toujours un seul et même avis, mais que nous soyons prêts à nous soumettre à la décision prise ensemble en communauté réunie dans la paix.

    Lorsque j’ai été baptisée dans la foi en septembre 2011, j’ai pris la décision de servir dans cette paroisse et j’ai donc demandé à en devenir membre. Depuis que j’ai franchi ce pas, je peux dire que suivre le Christ dans la grande famille de Dieu m’a apporté d’incroyables bénédictions.

    J’ai été encouragée très souvent par d’autres membres à servir Dieu avec mes dons personnels (la louange et le travail avec les enfants). J’ai beaucoup appris, j’ai connu des hauts et des bas, et on m’a aidée à surmonter des difficultés. Mon caractère s’est formé. Je peux affirmer avec gratitude que j’ai un Seigneur patient – qui est patient avec moi – même lorsque je suis devant le même problème pour la troisième fois.

    – Franziska, membre de MFWien, assemblée mennonite de Vienne (Autriche).

    Mennonitischen Freikirche Österreich (MFÖ) / Église mennonite libre d’Autriche

    En Autriche, depuis que les mennonites se sont structurés, nous avons participé à la Conférence Mennonite Mondiale avec les Frères mennonites allemands : Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Brüdergemeinden in Deutschland (AMBD) et la Vereinigung der Menoniten Brudergemein von Bavaria (VMBB). Après que l’AMBD ait été acceptée en tant que membre de la CMM, la MFÖ a été représenté par son propre délégué.

    La MFÖ est composée de 6 paroisses comptant 385 membres. Le nombre de membres a lentement diminué pendant près de deux décennies en raison de la fermeture de deux assemblées locales et de l’échec de quatre tentatives d’implantation de nouvelles assemblées, puis a connu une augmentation en 2019. Malheureusement ‘l’année COVID-19’ en 2020 a arrêté cette croissance timide du MFÖ.

    Histoire

    L’anabaptisme, né en Suisse, s’est répandu très rapidement dans les terres héréditaires des Habsbourg. On estime qu’environ un tiers de la population étaient anabaptistes, et le reste catholiques et luthériens. Cependant, les rois de la lignée des Habsbourg se considéraient comme les défenseurs de l’église catholique romaine et s’opposaient donc à la Réforme. De nombreux luthériens et anabaptistes furent expulsés d’Autriche. Bien que des ‘protestants clandestins’ aient pu survivre dans les régions montagneuses reculées, les anabaptistes ont disparu.

    Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que les mennonites sont revenus en Autriche pour aider les réfugiés mennonites d’Europe de l’Est. Des communautés ont émergé grâce au travail des réfugiés en HauteAutriche et à Vienne. Des missionnaires Frères mennonites sont allés en HauteAutriche. Une communauté a été fondée à Vienne, en collaboration avec le MCC et la Sonnenberggemeinde en Suisse.

    Les assemblées locales mennonites, comme les autres assemblées des Églises libres, n’étaient pas reconnues comme Églises en Autriche, ce qui présentait un certain nombre d’inconvénients. Afin d’y remédier, l’Église catholique romaine, l’Église luthérienne et l’Église réformée, l’Institut de Philosophie juridique de l’Université de Vienne et le mouvement œcuménique ‘Chemins de réconciliation – la Table ronde’ se sont efforcés, en collaboration avec les Églises libres, à obtenir leur reconnaissance par l’État. Cela s’est produit en 2013 grâce à la fusion des associations des Églises libres baptistes, évangéliques, pentecôtistes et charismatiques, de la communauté chrétienne Elaia et de l’Église mennonite libre d’Autriche (MFÖ).

    En 2019, les Bruderhof ont été accepté par le MFÖ en tant que Paroisse des Bruderhof d’Autriche.

    Aujourd’hui, la MFÖ se compose de six paroisses à Gmunden, Linz, Retz, Steyr, Wels et Vienne, et compte 385 membres baptisés.

    Nos communautés sont composées principalement d’Autrichiens et de membres de pays européens et non européens. Les réfugiés de divers pays, dont le Moyen-Orient, trouvent un bon accueil dans nos communautés. Par conséquent, la composition des assemblées locales est très internationale, surtout dans les grandes villes, bien sûr.

    Beaucoup de nos membres sont issus du catholicisme, et certains des églises évangéliques. En raison de la courte histoire des Églises libres en Autriche, il n’y a que quelques chrétiens de deuxième génération et presque pas de troisième génération.

    Récemment, les paroisses ont envoyé des missionnaires au Bangladesh et au Kirghizistan ; elles les soutiennent financièrement et par la prière.

    Difficultés

    Les assemblées mennonites sont petites. La plus grande communauté est à Wels, avec environ 100 membres. Trois paroisses emploient des pasteurs à temps partiel. Deux sont dirigées par des personnes qui assurent un leadership spirituel et pratique pour leurs communautés en plus de leur emploi à plein temps. Dans un avenir proche, les responsables âgés et éprouvés depuis de nombreuses années devront être remplacés par des collègues plus jeunes – qui eux, sont occupés par leurs responsabilités professionnelles et familiales.

    Dans les assemblées, il y a aussi des jeunes familles et des collaborateurs dont la plus grande préoccupation est d’implanter des églises. Dans ces domaines aussi, la pandémie a été et reste un obstacle important.

    Nos membres apportent différents concepts théologiques, fruits de leurs histoires personnelles et de leurs origines religieuses. On constate l’influence claire du Mouvement des Frères apportée par la littérature et les évangéliques nordaméricains. Ce qui est typiquement ‘mennonite’ est moins bien compris ; c’est un peu comme une histoire plus ou moins intéressante. Nos pasteurs ne sont pas d’origine mennonite, si bien qu’ils ne prêtent pas attention à ce qui est particulier à l’anabaptisme. Il faut espérer que grâce à leur participation à des événements mennonites internationaux, nos pasteurs et collaborateurs découvriront ces caractéristiques.

    Opportunités

    Un repas fraternel en plein air à la paroisse de Steyr (Autriche). Photo avec l’aimable autorisation de MFO

    La population autrichienne est très traditionnelle et apprécient que les décisions soient prises par les autorités. C’est peut-être une conséquence de la monarchie qui a duré si longtemps en Autriche.

    Grâce à l’accréditation de l’État, Nous avons constaté – avec étonnement – que les Églises libres ont été bien mieux acceptées par la population et, surtout, par les autorités. Même si la diversité des Églises libres représente encore un problème de compréhension considérable, elles rencontrent de plus en plus d’intérêt. Le FKÖ a donc la possibilité de se joindre à des conseils d’administration qui discutent de sujets d’une grande importance pour la société. Il aussi la chance d’aider à orienter ces conseils dans les domaines ecclésiastique et politique. Le dialogue avec d’autres Églises et sociétés religieuses est également plus facile maintenant.

    Après 500 ans d’histoire anabaptiste mennonite, la société autrichienne redécouvre les racines européennes des Églises libres, ainsi que leur permanence, leur cohérence et aussi leur fiabilité – bons signes d’une ancienne tradition.

    Dans le passé, il y avait parfois des controverses et de l’animosité entre les traditions anabaptistes et les autres Églises libres, mais maintenant la collaboration a conduit à une unité beaucoup plus respectueuse.

    Au sein du FKÖ, les mennonites ont pu aider à maintenir une position équilibrée entre des convictions très différentes, comme en ont parfois les charismatiques et les évangéliques. Il semble que le comportement pacifique des mennonites soit apprécié.

    Les cinq unions d’églises au sein de l’Église libre d’Autriche (FKÖ) ont l’occasion de faire leurs preuves lors de leur interaction quotidienne et de montrer ainsi qu’il est possible de vivre dans l’unité sans avoir à renoncer à sa propre identité. Basé sur les convictions religieuses de l’Alliance évangélique, le FKÖ s’est doté d’un cadre théologique et travaille dans l’harmonie sur les questions juridiques et sociales. Pourtant, les unions d’églises et leurs paroisses restent autonomes. De cette fa√ßon, la société autrichienne peut constater à la fois la diversité et l’unité des cinq différentes traditions lors de nos interventions publiques.

    Ces principes, ou des principes similaires, pourraient également servir d’exemples au-delà des frontières de l’Autriche.


     

    Reinhard Kummer, est le président de la Mennonitischen Freikirche Österreich (MFÖ) / Église mennonite libre d’Autriche
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
  • D’après notre dernier article basé sur l’enquête mondiale, les paroisses mennonites-anabaptistes partout dans le monde 1) sont touchées de diverses façons par les problèmes environnementaux comme le changement climatique, 2) se sentent angoissées et tristes à cause de ces impacts, 3) parlent de la protection de la création dans leurs églises.   

    Mais qu’en est-il de la façon dont les églises sont appelées à agir pour la protection de la création et face au changement climatique ? 

    Pour savoir comment les églises agissent, le groupe de travail a posé deux séries de questions : une question fermée avec une liste d’actions possibles pour protéger la création en général, et une question ouverte demandant d’identifier les actions entreprises par votre église en rapport avec le changement climatique spécifiquement.    

    Les résultats nous aident à comprendre quel rôle les églises peuvent-elles jouer pour inspirer leurs membres à prendre soin de la création. 

    En général, les églises abordent la protection de la création par l’enseignement, la réflexion et la louange 

    Karen Flores Vindel de l’église Mennonite du Honduras (IEMH) travaille bénévolement pour un programme de formation en agriculture durable dans une zone rurale en Honduras.   

    « Les jeunes de l’église profitent souvent des sessions d’évangélisation pour sensibiliser sur les conséquences du changement climatique et comment en freiner les effets. »

    —Thioro Bananzoro, Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso 

    Les églises abordent la protection de la création par le biais d’activités traditionnelles telles que les sermons, le culte, la prière, les études bibliques et les activités de sensibilisation telles que des ateliers. Il s’agit de réponses spirituelles, intellectuelles ou émotionnelles qui, souvent, ne réduisent pas directement les impacts environnementaux de la même manière que d’autres actions directes.  

    Parfois perçues comme « du blabla », ces actions constituent en fait une étape importante pour agir pour la protection de la création. Les églises accordent clairement de la valeur à ces actions, et elles devraient être reconnues comme étant des aspects essentiels pour encourager les églises à s’impliquer.  

    Les actions les plus courantes portent sur les déchets, les plantes et l’énergie 

    « Malgré nos ressources limitées, chaque année entre 150 et 200 foyers reçoivent une aide pour planter des arbres sur leurs terrains. » 

    —Shemlal Hembron, Brethren In Christ Church, Népal 

    Plusieurs catégories d’actions plus « directes » ont été mentionnées.  

    De nombreuses paroisses, notamment en Amérique latine, ont fait état d’actions visant à réduire l’impact des déchets, en organisant des nettoyages de quartier, en encourageant le recyclage ou en produisant moins de déchets.  

    La plantation d’arbres ou de jardins est une autre action commune à toutes les régions, et reflète l’intérêt général mondial pour les solutions s’appuyant sur les plantes et l’alimentation.  

    La réduction de la consommation d’énergie grâce à des solution d’économies d’énergie ou par l’installation de panneaux solaire est une réponse courante en Amérique du Nord, mais elle est rarement mentionnée dans les autres régions.  

    Toutes ces actions sont socialement acceptables et relativement faciles à réaliser par plusieurs groupes d’églises, et elles multiplient les avantages (amélioration de la santé grâce à un environnement plus propre, ou réalisation d’économies grâce à la réduction de la consommation d’énergie). S’engager dans ces actions est un bon moyen pour les églises de commencer à avoir un impact positif sur l’environnement dans leurs communautés. 

    Certaines actions importantes sont moins considérées par les églises  

    Jürg Bräker

    « Notre église a abordé le thème de la protection de la création par l’enseignement, des actions politiques en adhérant à des organisations qui promeuvent la protection de l’environnement, en participant à des célébrations œcuméniques comme les vêpres à l’occasion de la journée de la création. »

    —Jürg Bräker, Mennoniten Gemeinde Bern (Alttäufer) (église mennonite de Bern), Suisse.  

    La citation ci-dessus montre combien de paroisses sont engagées dans la protection de la création à plusieurs niveaux. Un élément intéressant à souligner et celui de l’action politique. En fait, les actions publiques de plaidoyer sont un domaine qui figure systématiquement en bas de la liste des activités des églises, et la majorité des églises impliquées à ce niveau se trouvent en Amérique du Nord et en Afrique.  

    De même, peu de personnes ont mentionné le changement des modes de transport, et très peu de réponses ont indiqué qu’elles travaillaient directement sur le changement des habitudes de consommation. Toutes ces actions comportent plus de risques, sont plus difficiles à mettre en œuvre ou ne sont pas applicables à tous les contextes (la consommation varie énormément selon les régions, par exemple).  

    Néanmoins, ce sont des domaines qui ont un impact élevé sur l’environnement, et les églises devraient considérer la valeur des actions dans ces domaines si elles souhaitent avoir un impact réel sur la façon dont les sociétés abordent les problèmes environnementaux. 

    Nous, anabaptistes sommes connus pour l’importance que nous accordons au fait de vivre concrètement notre foi.  Les résultats de l’enquête montrent ce qu’il en est de la protection de la création, tout en indiquant les domaines dans lesquels les églises peuvent s’impliquer davantage dans des actions tangibles.  De quoi les églises ont-elles besoin pour augmenter leur implication dans ces actions ?  Le mois prochain, nous examinerons les ressources et les apprentissages dont les églises disent avoir besoin pour prendre fidèlement soin de la création de Dieu. 


    Réponse 

    Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.

    Ces témoignages mettent en lumière : 

    a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
    b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
    c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse. 

    Histoire #1: L’impact des crises environmentales sur la communauté des églises
    Histoire #2: Que ressent-on face aux problèmes environnementaux ?
    Histoire #3: Quelles sont les interactions entre le changement climatique et les autres enjeux communautaires ?
    Histoire #4: Nos églises et nos responsables sont-ils actifs au service de la création ?
    Histoire #5: Comment les églises prennent-elles soin de la Création ?
    Histoire #6: Qu’est-ce qui aiderait les Églises à s’engager davantage dans la protection de la création ?
  • « Pour ceux qui ne veulent pas croire, aucun argument n’est valable, et pour ceux qui veulent croire, les arguments ne sont pas nécessaires. »

    J’ai répété cette phrase (d’un auteur inconnu) à un ami en Ontario il y a quelques jours. Nous étions d’accord qu’il était vraiment difficile que quelqu’un change de position – quel que soit le sujet – en raison d’une conversation contenant des arguments logiques et rationnels. En matière de foi, c’est encore plus compliqué, car généralement, dans une discussion sur des questions doctrinales ou éthiques, chaque partie croit avoir raison.

    Connaissez-vous quelqu’un qui a changé sa façon de penser après avoir entendu un débat logique ?

    On ne s’attend pas à entendre : « Oh oui, j’étais sûr de ce que je croyais, mais après vous avoir écouté, j’ai changé mon point de vue ». Au lieu de cela, les discussions se chargent d’émotions, on élève la voix et les interlocuteurs deviennent incapables de s’écouter et de se comprendre dans leur empressement à répondre et à contredire.

    Lors de mon entretien avec mon ami, nous avons conclu que changer notre façon de voir est surtout un processus à long terme. Souvent, cela nécessite au moins une relation régulière et cordiale plutôt que des arguments logiques et bien structurés.

    Cependant, le dialogue entre nous, disciples de Jésus, est essentiel pour renforcer notre identité et favoriser l’unité dans le corps du Christ.

    Nous en trouvons un exemple dans l’Évangile de Luc, chapitre 24. Aux versets 13-35, deux disciples se disputent, assez âprement, sur la personne de Jésus et les événements concernant sa mort. Cette conversation était indispensable pour le développement de leur identité en tant que disciples du ressuscité. Elle était aussi vitale pour leur unité, retrouvée dans la communion ou la fraction du pain avec le Christ.

    Et si les disciples n’avaient pas voulu avoir cette conversation, étant donné la fermeté de leurs convictions ? Parler avec le désir sincère d’écouter et de comprendre l’autre demande un très grand degré d’humilité et d’ouverture. Sans cette attitude, les deux composantes du discipulat de Jésus – identité et unité – sont impossibles, selon le texte de Luc.

    Les dialogues éthiques et doctrinaux que nous avons à l’intérieur et à l’extérieur de notre communion à la Conférence Mennonite Mondiale (dans les conversations officielles interéglises, par exemple) ont pour but de développer notre identité et de maintenir le don de l’unité que seul l’Esprit de Dieu rend possible. Le dialogue entre les Églises exige que nous ayons de la clarté et de la fermeté dans nos convictions, et de l’humilité et de l’ouverture dans nos conversations.

    C’est pourquoi dans ce numéro du Courrier, nous rapportons les conversations que nous avons eues ces dernières années au sein de notre communion concernant le baptême et le dialogue inter-églises avec l’Église catholique et avec la Fédération luthérienne mondiale.

    Ma prière est que dans notre Église mondiale, nous maintenions des positions claires et fermes dans un cadre d’humilité et d’ouverture pour que notre identité et notre unité de disciples du Christ grandissent. Que nos convictions continuent d’être éclairée par la présence de Jésus, et que nos cœurs continuent de brûler alors que l’Esprit agit dans nos vies et nos relations !


     

     

    César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener (Ontario, Canada).
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
  • «En Allemagne, la protection de l’environnement est une préoccupation publique depuis très longtemps, et fait donc partie de la conscience collective de notre Église depuis un certain temps. Nous essayons de mettre en œuvre de différentes manières la conviction que nous devons être les gardiens de la création de Dieu.» 

    —Dora Schmidt, Mennonitengemeinde Enkenbach, Allemagne 

    Quelle est la meilleure chose que vous puissiez faire pour lutter contre la crise du changement climatique ? 

    La réponse de Katharine Hayhoe, climatologue de renom et chrétienne évangélique, pourrait vous surprendre : Nous devrions parler davantage du changement climatique avec ceux qui nous entourent. Pour être fidèles à la protection de la création, il faut commencer par en parler, ce qui conduit ensuite à d’autres actions.   

    On peut comprendre que la plupart des gens préfèrent éviter de parler de sujets aussi délicats que la crise climatique. 

    Dora Schmidt

    Par exemple, les données d’une enquête menée aux États-Unis montrent que, bien que 72 % des Américains pensent que le réchauffement climatique est une réalité, seuls 35 % des Américains en parlent au moins occasionnellement. Il s’agit d’un décalage étonnant entre ce que nous savons et ce dont nous parlons, et cela nous appelle à être attentifs à la place que nous accordons au climat dans nos conversations d’église. 

    Alors, parlons-nous du changement climatique dans nos églises ?  

    La protection de la création fait-elle réellement partie de notre « conscience collective » en tant qu’église, comme le suggère cette citation d’Allemagne ? 

    Le groupe de travail sur la protection de la création a demandé aux membres de la CMM à quelle fréquence ils entendaient parler de la protection de la création dans leurs églises et par leurs responsables. 

    1. La plupart des églises ont parlé de la protection de la création.

    Roy Kaufman

    La plupart des personnes interrogées ont entendu parler de la protection de la création au moins de temps en temps ou quelques fois dans leur église, et un quart à un tiers d’entre elles ont déclaré en entendre parler fréquemment ou même chaque semaine.   

    Il est intéressant de noter qu’il y a de grandes similitudes entre les régions quant à la fréquence à laquelle les églises incluent la protection de la création dans leur vie ecclésiale, malgré le fait que les églises des différentes régions font face à des défis différents dans leur vie quotidienne (voir “Quelles sont les interactions entre le changement climatique et les autres enjeux communautaires ?). 

    Bien qu’il soit encourageant de constater que la plupart des gens entendent parler de la protection de la création dans l’église, le fait que peu d’entre eux en entendent parler fréquemment indique qu’il est nécessaire d’accorder plus d’importance à ce sujet dans l’église. En fait, il existe des congrégations où la protection de la création n’est jamais mentionnée, et de nombreuses personnes interrogées ont exprimé leur déception et leur frustration face à la rareté de ce sujet dans leur assemblée. 

    « L’église elle-même n’a pas fait grand-chose pour lutter contre le changement climatique, si ce n’est par le biais de ses dirigeants qui cherchent à sensibiliser les gens à cette question. Comme dans de nombreuses communautés rurales, le changement climatique est souvent écarté car il semble représenter une menace pour le paradigme agricole dominant actuellement en vigueur. » 

    —Roy Kaufman, membre de Salem-Zion Mennonite Church, Freeman, South Dakota, Etats-Unis 

    2. Les responsables de l’église attachent de l’importance à la protection de la création. 

    Les personnes interrogées sont divisées de manière égale en déclarant que les responsables de l’église sont « très conscients » (44 %) ou « assez conscients » (47 %) de l’importance de prendre soin de la création ; seule une petite fraction (8 %) estime que les responsables ne sont « pas très conscients ». 

    Si l’on distingue les pasteurs et les membres, les résultats montrent que les responsables et les membres laïcs ont une perception similaire de l’importance que les dirigeants de l’église accordent à la protection de la création, du moins dans une certaine mesure. 

    Avec l’impact croissant des enjeux environnementaux sur les communautés, en parler davantage est une étape critique pour faire de la protection de la création une activité centrale de l’église. Normaliser les discussions sur la protection de la création est un pas important vers l’action en tant qu’individus et communautés. 

    3. Les églises intègrent la protection de la création dans l’enseignement et le culte de diverses manières. 

    Moses David Livingstone

    En plus de l’intégration de la protection de la création dans les sermons, les écoles du dimanche, les études bibliques et d’autres activités conventionnelles de l’église, les personnes interrogées ont fait état d’un large éventail de façons créatives de faire entrer la protection de la création dans la vie de leur église. 

    Par exemple, l’enseignement et le culte prennent des formes telles que des conférences, des prières publiques, un service jeunesse sur le climat, des histoires pour enfants et un défi climatique hebdomadaire.  

    Certaines églises intègrent la protection de la création dans leurs rituels, par exemple en organisant des cérémonies, en participant à la Saison de la création ou en l’incorporant dans les fêtes (comme la fête de Thanksgiving en Amérique du Nord). 

    D’autres activités sont davantage tournées vers l’extérieur, comme les célébrations œcuméniques, les dialogues interconfessionnels et le lancement d’initiatives citoyennes. 

    D’autres encore ont intégré la protection de la création dans la structure de l’église, en créant un comité d’action climatique, une équipe dont le ministère est la protection de la création ou un groupe de réflexion et de travail sur la protection de la création. 

    « Notre synode organise un programme d’études basé sur 5 caractères : amour, vérité, justice, paix et intégrité de la création. Ces thèmes sont divisés en thèmes annuels. Particulièrement dans l’année de l’intégrité de la création, nos programmes communautaires se concentrent sur le sujet de la dégradation de l’environnement, y compris le changement climatique. » 

    —Moses David Livingstone, GKMI (Gereja Kristen Muria Indonesia) à Kudus, Indonésie; aussi aumônier de la fondation Yayasan Bina Pelayanan Masehi (YBPM) à Kudus.  

    Indonésie 

    La protection de la création est clairement un thème central pour certaines églises, comme l’église indonésienne citée ci-dessus. La diversité des activités rapportées dans l’enquête illustre également les nombreuses façons dont les églises abordent sérieusement la question de la création dans l’enseignement et le culte. Ces rituels d’église et autres activités autour de la protection de la création sont des moyens importants qui nous amènent à nous engager davantage dans la crise climatique en tant que disciples de Jésus.  

    Retrouvez-nous le mois prochain pour découvrir comment les églises du monde entier déclarent agir en faveur de la création. 


    Réponse/Prière  

     

    . L’église a hébergé 150 à 200 réfugiés climatiques pendant trois semaines. Après cela, raconte Moïse David Livingstone, les dirigeants de l’église se sont engagés à prendre conscience de la menace climatique mondiale et à s’informer sur la préservation de l’environnement.  

     

    Cherchez la conversation :

    Dressez une liste de cinq personnes dans votre vie avec lesquelles vous n’avez jamais discuté de la crise climatique. En pensant à chaque personne, quels sont les obstacles qui vous empêchent de discuter de la question ? Quels avantages pourraient découler du fait d’en parler ? Priez pour que des opportunités permettent à ces conversations d’avoir lieu.  

    Encouragez celles et ceux qui œuvrent pour la sauvegarde de la création :

    Où, dans votre congrégation, avez-vous constaté une attention portée à la protection de la planète ? Que ce soit l’action d’un pasteur ou d’une classe de maternelle, remerciez les personnes impliquées. Pouvez-vous imaginer comment l’église pourrait reprendre cette parole ou agir davantage ? 


    Ceci est une série de publications sur les problèmes environnementaux et l’Église mondiale.

    Ces témoignages mettent en lumière : 

    a) l’impact des dégradations environnementales sur les anabaptistes-mennonites,
    b) ce que les anabaptistes-mennonites pensent des problèmes environnementaux,
    c) ce que font les anabaptiste-mennonites en réponse. 

    Histoire #1: L’impact des crises environmentales sur la communauté des églises
    Histoire #2: Que ressent-on face aux problèmes environnementaux ?
    Histoire #3: Quelles sont les interactions entre le changement climatique et les autres enjeux communautaires ?
    Histoire #4: Nos églises et nos responsables sont-ils actifs au service de la création ?
    Histoire #5: Comment les églises prennent-elles soin de la Création ?
    Histoire #6: Qu’est-ce qui aiderait les Églises à s’engager davantage dans la protection de la création ?
  • Ce deuxième webinaire traite du rapport: Baptism and Incorporation into the Body of Christ, the Church—LutheranMennonite-Roman Catholic Trilateral Conversations 2012–2017. Entretien de Thomas R Yoder Neufeld (Tom Yoder Neufeld) avec Larry Miller, cosecrétaire de la délégation Mennonite lors des conversations trilatérales.


    leçons de la conversation entre mennonites, catholiques et luthériens sur le baptême

    Tom Yoder Neufeld

    Peux-tu nous dire comment ces conversations ont vu le jour ? Quelle est leur origine ?

    Larry Miller

    La conversation trilatérale sur le baptême est née de deux conversations précédentes de la Conférence mennonite mondiale, l’une avec l’Église catholique (1998-2003) et l’autre avec la Fédération luthérienne mondiale (2005-2008). Dans chaque cas, il s’agissait de la première conversation officielle au niveau mondial entre ces Églises et la famille de foi anabaptistemennonite depuis les conflits du XVIe siècle – des conflits portant notamment sur la signification et la pratique du baptême.

    Le but de chacune de ces conversations était de mieux se comprendre et d’avoir de meilleures relations les uns avec les autres.

    Un point fondamental de divergence mis en évidence dans les deux conversations était le baptême.

    La question d’une conversation ciblée sur le baptême s’est posée avec ces deux Églises à peu près en même temps (2009- 2010). Les responsables de la CMM ont convenu qu’une telle conversation était importante, mais ont pensé que nous ne pouvions pas entreprendre simultanément deux conversations mondiales sur le baptême. Nous avons donc proposé un dialogue trilatéral.

    Tom Yoder Neufeld

    Y a-t-il eu des surprises, tant positives que négatives ?

    Larry Miller

    Oui, il y en a eu pour la délégation de la CMM.

    Nous avons été surpris d’entendre la délégation catholique rapporter que certains théologiens catholiques considèrent le baptême des adultes comme “normatif” dans l’histoire doctrinale et liturgique catholique puisque, comme ils l’ont dit, “c’est la forme qui exprime pleinement la signification du baptême” et que l’histoire catholique “montre clairement que c’est le rite pour adultes qui est le modèle du processus baptismal” (Rapport, §79 et note 97).

    Nous avons été surpris par l’accord théologique facile sur les différents éléments inclus sur le chemin de l’incorporation dans l’Église et la vie dans le corps du Christ : l’initiative d’amour de la grâce de Dieu, la réponse humaine de la foi et de l’engagement, le catéchisme et la formation spirituelle, un processus de croissance dans la foi et le discipulat tout au long de la vie.

    Nous avons été surpris de constater à quel point les trois délégations étaient d’accord sur le fait que le baptême est orienté vers le discipulat ; le baptême en vue du discipulat n’est pas seulement une conviction mennonite !

    Pour moi, c’est l’un des fruits les plus importants de cette conversation. “Nos trois Églises considèrent que la repentance, la foi et l’engagement dans la vie de disciple sont nécessairement liés à la vie chrétienne au sein du corps du Christ, l’Église, dont l’un des points de départ essentiels est la célébration et la réception du baptême” (Rapport, §79).

    J’ai été surpris et désolé de remarquer qu’il semblait plus difficile pour nous, mennonites, de confesser la tension entre notre théologie idéale du baptême et la façon dont nous ne vivons pas, trop souvent, les implications de notre baptême. Il ne semblait pas que c’était difficile pour les délégations catholique et luthérienne de confesser l’écart entre leur théologie et, parfois, leur pratique.

    J’ai été surpris et embarrassé d’apprendre, en écoutant les délégations catholique et luthérienne, à quel point j’ai peu considéré la profonde douleur que ressentent certains catholiques et luthériens lorsque nous rejetons automatiquement la validité de leur baptême, en particulier lorsqu’ils ont ouvert la voie du baptême vers la repentance, la confession de foi et une vie de disciple.

    Tom Yoder Neufeld

    Y avait-il des obstacles à surmonter, ou des obstacles qui sont apparus au cours de vos interactions ?

    Larry Miller

    Comment devions-nous présenter les conceptions et les pratiques anabaptistesmennonites contemporaines, étant donné la diversité des conceptions et des pratiques dans notre famille de foi mondiale aujourd’hui ?

    En tant que secrétaire général de la CMM pendant deux décennies, j’étais profondément conscient de cette diversité. Même entre les différentes églises dont provenaient les membres de la délégation, il y avait une diversité significative. C’est pourquoi, dans les “Réflexions mennonites de Conclusion” du rapport (§116-133), la délégation ne parle que pour elle-même : ni pour la Conférence Mennonite Mondiale, ni pour la grande famille de foi anabaptistemennonite.

    Après cinq ans de réunions, chacune avec de multiples présentations et des débats intenses, comment rédiger un rapport final qui ne peut inclure que ce que chaque délégation considère comme essentiel ?

    Tom Yoder Neufeld

    Quels ont été les plus grands dons de ces conversations ? Es-tu reconnaissant de ce que Dieu nous a accordé dans notre propre communion en ce qui concerne le baptême ?

    Larry Miller

    Je suis reparti reconnaissant pour ce que Dieu a donné à l’Église à travers la famille de foi anabaptiste-mennonite, grâce à notre compréhension et à nos pratiques du baptême. Au cours de ces conversations, et déjà lors de leur préparation, j’ai vu plus clairement la signification de ce don, non seulement pour nous-mêmes, mais pour toute l’Église chrétienne.

    Les conversations elles-mêmes ont montré clairement à quel point la situation a changé depuis le XVIe siècle.

    Ê l’époque, le baptême des croyants tel que pratiqué par les anabaptistes provoquait l’hostilité et parfois la persécution des autorités luthériennes et catholiques.

    t respectent officiellement le baptême anabaptiste-mennonite de personnes non baptisées auparavant. Je pense que cette transformation est un signe que la grâce de Dieu a travaillé à travers nous malgré nos faiblesses et nos échecs.

    Quels sont les plus grands dons que ce dialogue nous a offerts ?

    Les “défis” que nous avons reçus des autres Églises (cf. paragraphes 124-130), en particulier :

    • Le défi de mieux lier notre compréhension de la conversion et du baptême, d’être conscients de notre tendance continue à aller contre Dieu, d’une part, et la possibilité de suivre fidèlement Jésus-Christ, d’autre part.
    • • Le défi de ne pas laisser notre préoccupation pour la réponse humaine dans la conversion, l’engagement et le baptême éclipser l’initiative de Dieu dans tous les aspects du salut, y compris le baptême. Le baptême des adultes commence par l’acte de grâce de Dieu, et non par ma confession de foi personnelle. La formation des disciples dépend de la grâce persistante de Dieu, et non de mon baptême.
    • • Le défi consiste à développer une plus grande cohérence et profondeur dans la préparation des personnes au baptême et à faire du souvenir de notre baptême un motif récurrent de la vie de disciple. Le baptême des croyants est le cheminement de toute une vie et non l’événement d’un jour, même s’il s’agit du baptême d’un adulte.

    Si nous prenons au sérieux ces dons stimulants, je crois que nous serons énormément enrichis.

    Tom Yoder Neufeld

    Un baptême au temps du coronavirus au Canada. Photo fournie

    Pourrais-tu nous parler de la recommandation que vous nous avez faite, en tant que délégation mennonite, en tant qu’églises de la CMM, à savoir que nous “envisagions” d’accueillir dans nos rangs ceux qui ont été baptisés enfants, qui ont assumé leur baptême et l’ont vécu fidèlement, et que nous le faisons sans exiger de (re)baptême. Pourrais-tu développer ce point ?

    Larry Miller

    A la fin des conversations trilatérales et du rapport, la délégation de la CMM a réaffirmé la “conviction historique” des églises anabaptistes-mennonites que “le baptême des croyants est l’enseignement et la pratique normatifs du Nouveau Testament” et que “cet enseignement et cette pratique sont normatifs aujourd’hui” (§131).

    Nous avons aussi affirmé l’unité des croyants anabaptistes-mennonites “avec tout le corps du Christ dans la foi trinitaire vécue par la confiance et l’obéissance à Jésus-Christ” (§132). Prises ensemble, ces deux affirmations soulèvent implicitement la question de savoir comment nous témoignons de l’unité en Christ lorsque nous sommes divisés sur certains aspects de notre compréhension et de nos pratiques d’un acte chrétien fondamental, le baptême.

    Le problème n’est peut-être pas aussi important pour l’Église catholique et les Églises luthériennes. Toutes deux sont profondément blessées par notre rejet de leurs baptêmes des nourrissons, car elles ont le sentiment qu’il s’agit également d’un rejet de ce qu’elles croient être un acte de grâce du Christ et sa promesse, dans le baptême des nourrissons, de communion avec le Christ.

    Néanmoins, aujourd’hui, tous deux reconnaissent officiellement et acceptent comme valide le baptême anabaptistemennonite de personnes non baptisées auparavant.

    Ils ont parcouru un long chemin depuis le XVIe siècle !

    La situation peut être plus difficile pour nous puisque nous n’affirmons ni ne pratiquons le baptême des nourrissons. Elle peut être plus compliquée pour nous dans les cas o√π une personne voulant devenir membre d’une église anabaptistemennonite a été baptisée en tant qu’enfant mais a auparavant, en tant qu’adulte, confirmé sa foi personnelle en Christ et vécu une vie de disciple engagé. Cette personne doit-elle être baptisée à nouveau ? Ou est-ce qu’une confession de foi personnelle et publique et un engagement à continuer à être un disciple suffisent pour être membre d’une assemblée anabaptiste ?

    Et une question encore plus spécifique : que devrait faire une paroisse anabaptistemennonite si le candidat à l’adhésion demande le rebaptême ? Le processus de discernement avant la réception de ce croyant dans l’église anabaptiste-mennonite pourrait-il inclure une conversation entre le candidat, l’église d’origine et l’église d’accueil, par respect mutuel, pour témoigner les uns aux autres, et ainsi rechercher ensemble plus d’unité dans le corps du Christ, y compris le corps local du Christ ?

    La délégation a donc proposé (§133a) que ces questions soient prises en considération par nos églises alors que nous cherchons à affirmer à la fois le baptême pour suivre le Christ –le disciplulat– et l’unité en Christ.

    La délégation propose également (§133c) que, quelle que soit la réponse à ces questions, nos églises demandent à tous les membres – y compris ceux qui sont viennent d’églises ayant des pratiques de baptême des nourrissons – d’affirmer notre compréhension et notre pratique historiques du baptême des adultes croyants.

    Je voudrais attirer l’attention sur le fait que la délégation suggère plusieurs autres idées à prendre en considération, des idées qui, à mon avis, pourraient contribuer de manière plus significative à la formation de la vie spirituelle de nos églises que la question de savoir comment nous recevons les croyants baptisés lorsqu’ils étaient des nourrissons (cf. §133d-f).

    Plus précisément, la délégation suggère que nos églises envisagent de :

    • Rechercher des moyens d’enrichir ou de développer des pratiques d’action de grâce et de bénédiction pour les nourrissons, pour leurs parents et pour les assemblées locales.
    • Fournir des occasions à tous les membres de se “souvenir de leur baptême” et de renouveler leur engagement baptismal à une vie de disciple.
    • Réfléchir à la raison pour laquelle il a été si difficile pour de nombreuses églises de notre tradition de maintenir une vie de disciple fidèle, et l’unité entre elles, et avec les autres. Nous sommes une Église connue au niveau ≈ìcuménique non seulement pour le baptême des adultes et la vie de disciple, mais aussi pour les scissions d’églises.

    Tom Yoder Neufeld

    Un dernier commentaire ?

    Larry Miller

    Le rapport est publié “comme un document d’étude” – et non comme un document législatif – dans l’espoir que, grâce à une large discussion au sein des trois communions et au-delà, il contribuera à une ¬´ meilleure compréhension mutuelle et à une plus grande fidélité à Jésus-Christ ¬ª. C’est certainement mon espoir : que nos trois communions grandissent dans la fidélité à Jésus-Christ.

    Tom Yoder Neufeld

    Notre prière est que les efforts que toi et les autres participants à ces six années de conversations nous permettent d’être plus fidèles à nos v≈ìux de baptême et à la manière dont nous vivons notre nouvelle vie en Christ.

    Un baptême en plein air en Tha√Ølande. Photo avec l’aimable autorisation d’ICOMB

    Des dons surprenants

    Nous ressentons tous le grand don que nous font nos s≈ìurs et des frères, qui bien que souvent en profond désaccord les uns avec les autres, ont le courage de vivre dans cette unité que nous avons en Christ. Elle ne dépend pas d’un accord, mais de la réalité fondamentale que c’est le même Dieu qui, en Christ et par l’Esprit, nous a rassemblés en un seul corps du Christ.

    Dans cet échange entre les trois traditions ecclésiales, nous avons un exemple de ce don de l’Esprit reçu avec des communions dont nous avons été profondément éloignés à cause de l’un des événements centraux de la vie d’un chrétien, le baptême.

    Permettez-moi de souligner quelques-uns de ces ‚Äòdons surprenants’ figurant dans le rapport.

    Nous pratiquons le baptême des croyants parce que pratiquement tous nos membres sont des membres convertis. (Ils ne viennent pas viennent pas de la famille mennonite ou protestante ou évangélique). Le baptême est une partie très importante de l’engagement à suivre Jésus dans le contexte d’une communauté de croyants qui confessent Jésus comme Seigneur et Sauveur. —Carlos Mart√≠nez Garc√≠a, Mexique

    La Grâce

    Pour les catholiques et les luthériens, le baptême est d’abord et avant tout un acte de grâce de Dieu. Dieu est l’acteur de ce sacrement, qu’il s’agisse du baptême des enfants ou des adultes. C’est ainsi que Dieu traite le “péché originel” et commence le travail de transformation et d’incorporation qui durera toute la vie.

    Cela peut nous aider à comprendre pourquoi les catholiques et les luthériens estiment qu’il est important d’offrir cette grâce salvatrice dès le tout début de la vie d’une personne. Certes, la foi est nécessaire, mais dans le cas des enfants en bas âge, il s’agit avant tout de la foi des parents et de l’Église. Nous pouvons alors aussi mieux comprendre pourquoi les catholiques et les luthériens sont troublés par les anabaptistes qui rejettent le baptême des enfants. Ê leurs yeux, nous rejetons cette grâce de Dieu.

    Bien s√ªr, nous aussi, nous accordons beaucoup de prix la grâce de Dieu. Dans la conception anabaptiste, c’est la grâce de Dieu par l’Esprit qui appelle les personnes et leur permet de chercher Dieu, d’offrir leur vie à Dieu et, finalement, par le baptême, de s’engager à suivre le Christ dans une vie de disciple et de participer à l’assemblée locale des croyants.

    Tout cela est la grâce habilitante et salvatrice de Dieu à l’≈ìuvre – avant, pendant et après le baptême.

    Néanmoins, pourrait-il avoir raison de dire que nous perdons trop facilement de vue la grâce de Dieu lorsque nous mettons tellement l’accent sur la décision personnelle du croyant de demander le baptême et de s’engager dans la vie de disciple et dans l’église ?

    Le discipulat

    Un autre don surprenant a été, comme l’a dit Larry, d’apprendre que le discipulat n’est pas une préoccupation uniquement mennonite ou anabaptiste, mais une préoccupation partagée par les catholiques et les luthériens.

    Bien s√ªr, il y avait de sérieuses différences entre les délégations sur ce qu’est le discipulat.

    Par exemple, une différence importante entre les communions concerne la relation de l’Église avec l’État et ses exigences, en particulier le port d’armes. Et cela est lié, bien s√ªr, à l’importance centrale que les anabaptistes accordent à la non-résistance et à la non-violence.

    Toutes sont cependant d’accord pour dire que le baptême est intimement lié à la vie de disciple, au fait de “vivre notre baptême”, comme il est écrit dans le Rapport.

    Lacunes dans la mise en pratique du baptême

    Les trois communions ont nommé et déploré la grande distance entre la théologie souvent profonde et belle du baptême, d’une part, et la façon dont les gens “vivent leur baptême” ou ne le font pas, d’autre part.

    Il semble évident que nous pouvons rejoindre les catholiques et les luthériens en soulignant l’importance de la formation, comme le disent les catholiques, ou du “souvenir du baptême” comme les luthériens aiment à en parler.

    Peut-être qu’en tant que mennonites, nous pouvons retrouver quelque chose de la signification fondamentale de ce qu’est ‚Äòêtre un disciple, à savoir être un étudiant, un apprenant. Et cela signifie aussi enseigner le baptême et la manière de le vivre.

    Répondre à l’invitation des mennonites à “réfléchir”

    Les délégués mennonites affirment pleinement que le “baptême des croyants” est la compréhension la plus fidèle à la Bible.

    La deuxième conviction est que nous devons également être fidèles à la Bible tout autant qu’à la prière du Christ qui nous demandent de vivre dans l’unité reçue par la grâce de Dieu avec ceux qui sont aussi membres du corps du Christ.

    La délégation mennonite nous demande donc d’honorer à la fois le désir d’être bibliquement fidèle et à l’appel du Christ à vivre dans l’unité que Dieu a déjà créée en Christ par son Esprit.

    Christ par son Esprit. C’est un moment étonnant dans le temps o√π des membres du corps du Christ qui ont souvent été si tragiquement hostiles les uns aux autres veulent ensemble se construire mutuellement, encourager les chrétiens à être plus fidèles au Christ en vivant leur baptême.

    Saisissons donc cette splendide occasion, en tant que famille d’églises anabaptistes/mennonites, de faire précisément cela, et de faire de cet appel à vivre notre baptême un élément central de notre processus de renouveau jusqu’en 2028 et au-delà.


     

     

    Thomas R Yoder Neufeld est président de la Commission Foi et Vie. Professeur de théologie émérite, il est membre de la First Mennonite Church, Kitchener, Ontario (Canada).
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
  • Il est très difficile de se rendre dans le nord de l’Éthiopie depuis le début de la guerre. Mais, malgré les problèmes de sécurité, lorsque j’ai appris que les membres de notre église de l’ouest du Tigré étaient dans une situation pénible, j’ai formé une équipe. Nous voulions nous rendre sur place pour montrer notre amour envers les membres de la MKC (Meserete Kristos Church) dans la région.

    Les infrastructures d’avantguerre, les logements et l’activité commerciale n’existent plus. C’est le vide.

    Nous avons pu aller dans les villes où il y a encore des églises locales MKC. Ê un endroit appelé Abduraf, vivait un nouveau converti qui avait reçu une formation sur la doctrine chrétienne de base et était prêt pour le baptême d’eau. Malheureusement, avant qu’il ne soit baptisé, la guerre a éclaté. Les responsables de l’église se sont dispersés ; le nouveau croyant ne pouvait pas être baptisé.

    Lorsque nous avons visité cette région, ce nouveau croyant est venu et m’a demandé de le baptiser. Lorsque je me suis renseigné sur son témoignage, les croyants locaux m’ont dit qu’il avait appris la vérité mais qu’il n’avait pas encore été baptisé.

    Nous baptisons souvent les gens dans une rivière ou dans une grande baignoire. Ni l’un ni l’autre n’était disponible dans la région. Je lui ai dit que le baptême n’était pas possible.

    Le nouveau croyant a réfléchi un peu et m’a dit que je pouvais le baptiser dans un tonneau !

    Mais il y avait une pénurie d’eau dans la région. Sans se laisser décourager, lui et d’autres croyants ont acheté des bourriches d’eau et ont rempli le tonneau.

    Puis je me suis demandé comment cet homme pourrait entrer dans un tonneau. Il m’a répondu : « J’ai une formation militaire, J’y arriverai. »

    Les croyants m’ont apporté une robe blanche avec une croix pour que je ressemble à un prêtre. Ils en ont également apporté une au nouveau croyant. Je l’ai revêtu de la robe blanche avec une croix, et je l’ai baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Ê ma grande surprise, il a été rempli du Saint-Esprit dès qu’il est sorti du tonneau. J’étais émerveillé ! Je n’avais jamais vu quelqu’un rempli du SaintEsprit dans une situation aussi difficile.

    Tout le monde a remercié Dieu. Nous avons oublié que nous étions dans une zone d’insécurité… Nous avons tous ressenti la présence de Dieu.

    Il semblait que nous vivions un rêve, pas la réalité. C’était un événement incroyable ! Après son baptême, les croyants l’ont intégré dans leur groupe en chantant. Ils l’ont serré dans leurs bras l’un après l’autre et lui ont dit : « Félicitations ! ».

    Notre frère s’est réjoui d’avoir été baptisé.

    « Dans une situation impossible, Dieu a ouvert la voie pour que je sois baptisé. C’est une journée historique pour moi. Dieu a envoyé le président de notre église pour me baptiser ! »

    Dieu est partout, quelles que soient les situations, et accomplit son œuvre lorsque nous sommes prêts à aller dans le monde et à partager la Bonne Nouvelle.


     

     

    Desalegn Abebe est président de Meserete Kristos Church, un église membre de la CMM en Éthiopie.
    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2021 de Courier/Correo/Courrier.
    Baptism in a barrel, Ethiopia