Il y a quelques années, dans mon assemblée locale en Colombie, un ami m’a dit : « Oh ! César, comme je t’envie ! » « Pourquoi ? » lui ai-je demandé. « Je travaille dans une entreprise multinationale. Je fais face à beaucoup de stress en raison des conflits persistants et des relations brisées avec mes collègues et mes patrons. Mais toi, César, tu travailles avec des pasteurs et des responsables d’églises. Quels conflits pourriez-vous avoir ? »
Nous savons que les conflits entre responsables, la polarisation et les divisions font partie de toutes les églises – locales, régionales ou mondiales. Les relations brisées en raison de désaccords semblent être la seule option lorsque les différences sont irréconciliables. Cependant, je me demande s’il doit en être ainsi.
La manière particulière dont les paroisses gèrent les conflits devrait être la spécificité d’une communauté alternative. L’Église est la communauté qui peut montrer au monde qu’il est possible de gérer les conflits sans division ni relations brisées.
Mais nous, anabaptistes, nous savons que notre histoire nous montre que cela n’a pas été toujours le cas.
Il y a quelques mois, je lisais un article dans un magazine mennonite. Son auteur a déclaré : « Je suis fier de quitter cette assemblée parce que c’est ce que la fidélité me demande. Vous savez, quand vous devez sacrifier la doctrine ou l’éthique, il est temps de partir.
Bien sûr, c’est un dilemme si vous devez choisir entre l’unité d’un côté ou la doctrine ou l’éthique de l’autre. Faut-il sacrifier l’unité pour garder une doctrine saine ou une éthique intègre ? C’est ainsi que nous avons approché les conflits doctrinaux et éthiques au cours de notre histoire anabaptiste. Notre expérience de constante fragmentation nous a amenés à spiritualiser l’unité ou à la laisser pour l’au-delà.
Cependant, le Nouveau Testament parle de l’unité des disciples de Jésus comme d’un don du Saint-Esprit qui doit être reçu, apprécié et maintenu ici et maintenant (voir, par exemple, l’Épître aux Éphésiens).
Parler d’unité implique l’existence de différences et de désaccords.
Je crois que l’unité et les désaccords ne sont pas opposés. Dans ma propre vie, je vis des contradictions. Aujourd’hui, je ne suis pas entièrement d’accord avec tout ce que j’ai enseigné au cours de mes 30 années de ministère. Grâce à Dieu, je peux dire que j’ai grandi dans ma vie spirituelle et dans mon parcours à la suite de Jésus.
« Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait », dit l’apôtre Paul (Romains 12,2). Le renouvellement implique un changement, une transformation et une certaine contradiction interne avec ce que je croyais, faisais ou étais auparavant.
Si les désaccords et les contradictions font partie du corps du Christ, les conflits le font aussi. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les désaccords, les enseignements sur le pardon et la résolution des conflits entre disciples sont des sujets fréquents tout au long du Nouveau Testament.
Le problème n’est donc pas lié à l’existence de conflits, mais plutôt à la manière dont nous les gérons.
Les conflits ne doivent pas nécessairement aboutir à des relations brisées et à des divisions. S’il existe un désaccord profond et irréconciliable entre les disciples de Jésus, se condamner ou s’excommunier mutuellement n’est pas la seule option. Pourquoi penser que notre frère ou notre sœur en Christ n’est pas un chrétien honnête parce qu’il ne pense pas comme nous ou comme notre groupe ?
De grands désaccords peuvent nous pousser à nous éloigner – pour un certain temps – les uns des autres. Des positions irréconciliables peuvent rendre la collaboration trop difficile. Mais cela ne signifie pas que nous devons remettre en question l’engagement envers Jésus de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous. Pouvons-nous dire : « Je suis fortement en désaccord avec toi, mais je respecte néanmoins ton engagement envers le Christ » ? Pouvons-nous prendre de la distance avec les autres croyants sans les condamner et sans rompre la relation ?
Telles sont quelques-unes des questions que nous souhaitons aborder dans ce numéro de Courrier. Que Dieu nous guide pour trouver des réponses bibliques qui nous permettent de montrer au monde ce qui est différent lorsque nous abordons les conflits en tant que membres d’une communauté alternative et avec la puissance du Saint-Esprit. Que Dieu nous aide à renouveler notre esprit pour répondre aux conflits au sein des églises.
—César García est secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale. Originaire de Colombie, il vit à Kitchener, Ontario (Canada).
Indonésie
L’Église de GITJ (Gereja Injili di Tanah Jawa – Église évangélique de Java), en Indonésie, ont été en conflit pendant 22 ans. La raison principale était qu’un des groupes (comprenant 24 assemblées) était reconnu par le gouvernement indonésien et pas l’autre (environ 50 assemblées).
Pendant toute la durée du désaccord, de nombreux membres de ces assemblées désiraient profondément la réconciliation.
Les églises demandèrent au pasteur Lawrence Yoder (États-Unis) de venir les aider et, grâce à son approche personnelle, il réussit à persuader les deux groupes de se parler. Elles le firent lors d’une retraite pastorale et d’une réunion du Conseil Général des Églises.
Puis, en 1999, chacun des deux groupes eut l’occasion d’envoyer un représentant – Pudjo Kartiko et Hendro Soeradi – assister à un cours d’été sur le travail pour la paix à Eastern Mennonite University à Harrisonburg (États-Unis). A leur retour, ils se mirent au travail avec les deux groupes en vue de la réconciliation.
Aidés par le Centre de la Paix de l’Université Chrétienne de Duta Wacana à Yogyakarta, ils acceptèrent de se rencontrer pour résoudre leur conflit.
Lors de cette rencontre, ils décidèrent de tenir une conférence extraordinaire dans le but de former une seule entité marquant la réconciliation des membres du synode du GITJ.
Cette conférence extraordinaire eut lieu en 2000 et aboutit au choix d’un conseil unique pour le GITJ. Les deux années suivantes, celui-ci mit en place un conseil synodal unifié. Maintenant l’ensemble des paroisses est regroupé sous une seule organisation et s’emploie à maintenir un esprit d’unité.
—Gereja Injili di Tanah Jawa (GITJ – Église évangélique de Java)
Cet article est paru précédemment dans Courier / Correo / Courrier, volume 19, numéro 3.
Canada
L’Église MB (frères mennonites) a vu le jour alors qu’un changement important parmi les mennonites se produisait dans ce qui était alors la Russie du Sud.
C’est en 1860 que certains membres de l’assemblée mennonite de Gnadenfeld, dans la colonie de Molotschna, ont demandé à leurs responsables de se réunir séparément pour la cène. Ces membres ne voulaient pas célébrer la cène avec ceux qui n’avaient pas fait l’expérience personnelle du renouveau et de la conversion piétistes. Lorsque les responsables ont refusé d’exaucer leur souhait, ces membres se sont réunis séparément, ont célébré leur propre communion et ont fondé l’Église Mennonite Brethren (MB – frères mennonites).
La raison de la création de l’assemblée MB était le désir de ceux qui ont été renouvelés grâce à l’influence du piétisme luthérien et baptiste de former une église qui inclurait uniquement les personnes partageant ces mêmes convictions. En revanche, les autres paroisses mennonites ont accepté les nouvelles influences piétistes ainsi que les pratiques et les formes de piété mennonites historiques. La position séparatiste des MB et son prosélytisme actif dans les paroisses mennonites ont créé des tensions.
Après un certain temps, des membres MB sont devenus mécontents du fossé qui s’était développé entre leur assemblée et l’assemblée mennonite, et ils ont été le fer de lance de la formation de l’église mennonite Allianz. Cette assemblée essayait d’être un pont entre les deux, permettant des formes de piété plus diverses.
Tensions inter-ecclésiales
La migration mennonite vers l’Amérique du Nord dans les années 1870 a eu une importance considérable. De nombreux autres immigrants mennonites venus de diverses églises de Russie se sont joints à la General Conference. Les tensions qui existaient entre les frères mennonites et les autres assemblées mennonites de Russie ont été désormais transférées aux relations entre les MB et les assemblées de la General Conference.
Aux États-Unis, avec l’évangélisation comme objectif principal et en raison de la facilité d’accès à la langue allemande, les MB a continué à essayer d’attirer d’autres paroisses mennonites. Ils créèrent des tensions. Lorsque l’union d’églises MB, dont le siège était au Kansas, envoya des « missionnaires » dans la région de Winkler (sud du Manitoba) dans les années 1880 et formèrent la première assemblée MB au Canada, cela créa de nouvelles tensions avec les mennonites de la région.
Les groupes d’immigrés se séparent à nouveau
L’immigration au Canada de 20 000 mennonites dans les années 1920, dont environ un tiers étaient des frères mennonites, promettait initialement de changer la dynamique entre les MB et les autres mennonites.
L’immigration elle-même nécessitait une coopération entre les groupes mennonites du Canada et ceux de la Russie. En Russie, le mouvement d’émigration était dirigé par B. B. Janz et C.F. Klassen, deux MB. Au Canada, il était dirigé par David Toews, président du Canadian Mennonite Board of Colonization, et modérateur de la Conference of mennonites in Canada, qui fait maintenant partie de MC Canada.
Au moment de leur immigration, les membres des 2 groupes, mennonites et MB, avaient des cultes en commun dans de nombreux endroits. Pendant une courte période, il a semblé que le traumatisme et les difficultés de l’immigration allaient permettre de combler le fossé au sein de la communauté mennonite.
Cependant, les loyautés institutionnelles et confessionnelles sont réapparues. Des lieux de culte séparés furent créés, et dans chaque communauté deux églises confessionnelles se formèrent.
Coopération avec le MCC autour de l’objection de conscience
Il existe cependant aussi des domaines de coopération.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les MB, la Conference of mennonites in Canada et les Swiss Mennonites Conferences in Ontario proposèrent ensemble au gouvernement fédéral un service alternatif comme une forme d’objection de conscience.
Par la suite, les MB ont participé à la fondation du Comité central mennonite (MCC) du Canada dans les années 1960 et à la création du Columbia Bible College en Colombie-Britannique au début des années 1970. Cet esprit de coopération s’est poursuivi lors de la création de l’Université mennonite canadienne (CMU) à Winnipeg dans les années 1990.
Le changement de langue utilisée lors des cultes de l’allemand à l’anglais dans les années 1950 et 1960 a permis aux MB d’accepter bon nombre des aspects du mouvement évangélique canadien. Le piétisme MB s’est transformé en mouvement évangélique. Pour certains membres des MB, cette influence a entraîné un renforcement des liens avec les groupes évangéliques et une diminution de l’accent mis sur la paix, le service et d’autres caractéristiques mennonites historiques.
D’autres MB ont été influencés par l’impulsion de renouveau de la ‘Vision anabaptiste’, associée au nom d’Harold S. Bender. Nombreux sont ceux qui, partageant ces convictions, sont devenues de fervents promoteurs des questions de paix et de justice et ont soutenu des organisations inter-mennonites comme le MCC.
Les MB ont également joué un rôle important dans la fondation et le soutien de diverses organisations de services inter-mennonites comme la Banque canadienne de Grains et la branche canadienne de Mennonite Economic Development Associates.
La situation actuelle
Dès les premières années, les deux groupes ont évolué vers une relation dans laquelle, même s’ils sont quelque peu différents, ils peuvent s’accepter et apprendre l’un de l’autre.
—John J. Friesen est professeur émérite de l’Université mennonite canadienne. Cet article est l’adaptation d’un article paru dans le Canadian Mennonite.
Vous êtes invités ! Joignez-vous à nous pour une série de webinaires sur la protection de la création intitulée « Pollinisateur climatique ». Voir ci-dessous.
Sur la carte des églises vertes des Pays-Bas, un point vert correspond à l’église mennonite d’Aalsmeer. Un autre point représente Arboretumkerk (anciennement l’église mennonite de Wageningen), située dans une province plus au sud.
« Il y a six ans, l’église (d’Aalsmeer) a réfléchi au changement climatique et s’est dit qu’il fallait faire quelque chose », explique Leo Bakker, membre du comité de développement durable de l’église mennonite d’Aalsmeer. « L’une des premières choses que nous avons faites a été de nous associer à un réseau national d’églises vertes. »
Ce réseau, Groene Kerken (Églises vertes), comprend 410 églises dans toute la Hollande. « Il s’agit d’un vaste réseau pour toutes sortes d’églises différentes et de toutes les confessions », explique Leo Bakker.
Jan Joost Kessler, qui a fait partie du groupe de travail sur le développement durable de l’Arboretumkerk de Wageningen, explique que l’adhésion au réseau des Églises vertes a également joué un rôle important dans la réponse de son église au changement climatique.
« Ê l’entrée de notre église, nous avons une enseigne assez grande qui indique que nous sommes une église verte », dit Jan Joost Kessler. « Il est donc facile de nous reconnaître. »
Le site Web des Églises vertes fournit une liste d’actions que les églises peuvent entreprendre. Pour rejoindre le réseau et demander une enseigne, les églises doivent s’engager à entreprendre une nouvelle action chaque année.
Les actions sont réparties en six catégories : création et nature ; foi et inspiration ; énergie et climat ; gestion de l’argent ; politique et approche ; et achats réfléchis. Lorsqu’une église réalise une action dans l’une de ces catégories, elle reçoit un badge sur le site Web.
Les actions entreprises par l’église d’Aalsmeer comprennent le calcul de l’empreinte carbone de l’église, le passage à des sources d’énergies renouvelables, l’organisation d’événements éducatifs, la publication d’un bulletin d’information contenant des conseils en matière de durabilité, l’utilisation de produits de nettoyage non toxiques et l’organisation de cultes « verts » chaque année.
Arboretumkerk a amélioré l’isolation du bâtiment, installé des fenêtres à double vitrage, s’est engagé à acheter des produits issus du commerce équitable et a investi son argent dans des industries responsables.
Tous les deux ans, les Églises vertes des Pays-Bas se réunissent pour établir des liens et échanger sur leurs expériences.
« C’est très utile parce qu’il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et d’inspiration », déclare Jan Joost Kessler qui assiste habituellement à ces événements.
C’est l’objectif du réseau.
« Les églises vertes sont contagieuses », peut-on lire sur le site. « Elles ouvrent la voie à une coexistence joyeuse et simple et attirent les autres églises. »
Les membres du Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création de chaque région animeront une heure de récits et de questions-réponses. Des membres d’églises du monde entier raconteront comment ils sont affectés par le changement climatique et comment ils y répondent par des actions résilientes et l’espoir de l’Évangile.
Autres articles pour le webinaire « Europe » (en anglais)
Ces dernières années, le Centre de Formation du Bienenberg a proposé la formation « Points chauds », qui donne la parole à des positions opposées sur des sujets chauds actuels dans les églises. Les intervenants débattent et les participants leur posent des questions, qu’ils soient d’accord ou non avec les points du vue. Ils sont invités à s’engager avec leurs propres sensibilités et convictions : à bien écouter et à être prêts à remettre en question leurs propres réponses. Les sessions se terminent par cette prière pour l’unité.
Notre Dieu, Merci… pour la Parole que tu as adressée à d’autres avant nous et que tu continues à nous adresser aujourd’hui. Loué sois-tu !
Merci… pour le chatoiement de ta Parole sur nos vies, sur l’Église, pour le monde – et pour sa force de transformation. Loué sois-tu !
Merci… pour la Parole incarnée et ultime qui a pris le visage de Jésus, lui qui nous ouvre le chemin du Royaume de la paix-shalom. Loué sois-tu !
Pardon… pour notre surdité à entendre ce que tu veux nous dire par ta Parole, lorsque cela nous dérange… Seigneur, prends pitié.
Pardon… pour les échauffourées avec d’autres, provoquées par les sujets chauds entre nous. Seigneur, prends pitié.
Pardon… pour la férocité avec laquelle nous cherchons à avoir toujours raison, comme pour la lâcheté qui nous conduit à tout relativiser. Seigneur, prends pitié.
S’il te plaît… apprends-nous à savoir concilier la recherche de la vérité de ta Parole avec l’amour pour celui ou celle qui la comprend autrement. Ê l’aide, Seigneur !
S’il te plaît… rassemble ton Église aux multiples chapelles pour qu’elle soit un signe d’unité, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux. Ê l’aide, Seigneur !
S’il te plaît… entraîne ton peuple, par la force de l’Esprit Saint, à s’entraîner sérieusement à aimer, comme ton Fils nous l’a démontré, pour le jour où tu seras tout en tous. Ê l’aide, Seigneur !
Nous prions ensemble par Jésus, notre Seigneur, notre Sauveur et notre Frère. Amen.
—Michel Sommer Michel Sommer est enseignant au Centre de Formation du Bienenberg (Suisse). Cette prière a été publiée précédemment dans Christ Seul, le magazine des mennonites de France.
Notre tradition en tant que mennonites artisans de paix résulte d’une scission avec les Églises institutionnelles, et notre pluralité actuelle – avec ses forces et ses faiblesses – est le résultat, dans de nombreux cas, d’un désaccord qui n’a pas été résolu. Nos histoires personnelles peuvent aussi contenir des souvenirs de conflits mal gérés : relations brisées, responsables ostracisés, paroisses divisées.
Dans les premiers temps de l’Église, face à une question d’une importance cruciale, les différents partis ont parlé de leurs peurs et ont travaillé au discernement collectif. L’unité de l’Église a pu persister malgré la diversité parce qu’elle est un don de Dieu.
« L’unité en Christ que Dieu est en train de créer s’étend jusqu’aux limites de l’espace et du temps et au-delà – et nous inclut tous, même lorsque nous ne nous incluons pas les uns les autres ! » dit Larry Miller, ancien secrétaire général de la CMM.
Dans son discours devant le Conseil général de la CMM, Larry Miller a proposé trois pratiques qui pourraient nous aider à aborder les conflits dans l’Église et à se sentir unis à la fin sans pour autant être arrivés aux mêmes conclusions.
a. Reconnaître Christ les uns dans les autres. Même lorsque l’autre semble avoir tort sur des points de théologie et de pratique, pouvons-nous reconnaître l’amour de l’autre pour le Christ et son désir de le suivre ?
b. Apprendre les uns des autres de manière réceptive. Tout comme nous pensons avoir quelque chose à vous apprendre sur ce que Jésus voulait vraiment dire, vous pouvez aussi avoir quelque chose à nous apprendre sur la fidélité.
c. S’unir en tant qu’assemblée locale. Dans certains cas, c’est là que réside le conflit ! Mais pouvons-nous nous rappeler – même en cas de conflit – que personne ne sait tout, mais que chacun sait quelque chose ? Le théologien mennonite suisse Hanspeter Jecker déclare : « Reconnaître cela exige que les dons de chacun contribuent au bien-être de l’ensemble…. Les encouragements mutuels et les exhortations sont les fondements pour… devenir une communauté qui pardonne, ainsi qu’une communauté pardonnée. »
Ce ne sera pas facile, ni rapide, et demandera du courage. Mais plutôt que de fuir les conflits, pourrions-nous utiliser ces principes pour se tourner vers les conflits avec le don de l’unité, afin que la justice et la paix s’embrassent ?
—Karla Braun est rédactrice en chef de COURRIER pour la Conférence Mennonite Mondiale. Elle vit à Winnipeg (Canada).
Je suis membre de la Commission Diacres (2018-2025).
Mon parcours avec la CMM a commencé en 1997 : j’étais délégué de la jeunesse au sein du Village de l’Église Mondiale (GCV) lors de l’Assemblée en Inde.
Ensuite, j’ai été le premier représentant au GYS pour l’Asie (alors appelé Comité du Sommet de la Jeunesse) au Zimbabwe en 2003.
De 2008 à 2012, je n’ai pas été très engagé, mais en 2013, on m’a confié la responsabilité d’être membre du Comité de Supervision du Programme et de coordonner le GCV pour l’Assemblée de 2015.
J’ai aussi d’autres activités : je me rends à des conférences avec la représentante régionale Cynthia Peacock, je fais connaître les nouvelles de la CMM aux églises, je participe à une heure de prière en ligne (animateur de groupe et interprète hindi), je traduis du matériel de culte (Dimanche de la Paix et AWFS).
Quelle fonction occupes-tu dans ta paroisse ?
Présentement, je suis pasteur dans mon église locale (Église mennonite de Rajnandgaon). Je suis aussi secrétaire exécutif de l’Église mennonite d’Inde (MCI). J’habite à 115 km du bureau de la MCI à Dhamtari, donc je m’y rends 2 ou 3 jours par semaine. Le reste du temps, je reste à Rajnandgoan pour faire des visites, participer à des réunions, animer des études bibliques, préparer le culte du dimanche et prêcher, rencontrer des jeunes et animer les réunions du vendredi soir.
Que signifie ‘être unifié’ pour le corps du Christ ?
Nous avons tous des dons uniques, des cultures différentes, des pratiques ecclésiales différentes, mais lorsque nous sommes unifiés dans le corps du Christ, nous sommes interdépendants. Nous avons besoin les uns des autres malgré toutes nos différences.
Tous les membres des églises doivent se connecter à la famille mondiale ; cela ne concerne pas seulement les responsables. J’aime dire que chacun de nous fait partie de la CMM.
Mon père a connu Jésus grâce aux missionnaires mennonites venus en Inde. Il a été sauvé. Lorsqu’il m’a raconté son histoire, j’ai aussi développé des liens avec les mennonites. Des gens sont venus de si loin et ont aidé les gens d’ici : nous pouvons faire la même chose. Cela m’encourage à être proche de l’Église mondiale et à connaître ses besoins.
Quel livre ou podcast lu ou écouté récemment pourrais-tu nous recommander ?
J’écoute ‘Turning Point’ de David Jeremiah et ‘Daily Hope’ de Rick Warren pour ma croissance personnelle. J’aime regarder des vidéos sur l’anabaptisme, son histoire et la foi anabaptiste sur YouTube pour apprendre et partager avec la jeune génération. J’apprends toujours.
Quelles ressources publiées par la CMM recommandes-tu et pourquoi ?
J’ai lu Graines d’Anabaptiste, et j’étudie le Sermon sur la Montagne.
Chaque fois que nous recevons des nouvelles de la CMM (le Réseau de Prière, les Lettres pastorales), nous prions. Prier les uns pour les autres nous aide. Nous ne connaissons pas ces personnes, mais nous ressentons que nous formons un seul corps et qu’ils sont nos frères et sœurs. C’est grâce au Christ et à son amour.
J’aime beaucoup participer à l’heure de la prière en ligne. Cela m’aide à grandir dans ma foi. Partout dans le monde, nous prions le même Dieu. Je prends davantage conscience de la grandeur de notre Dieu.
J’ai grandi dans une paroisse mennonite en Argentine. Je me souviens de la prédication et de l’enseignement sur le pardon et la réconciliation, tant au sein de la famille ecclésiale que dans les relations avec ceux qui ne font pas partie de la communauté spirituelle.
Je me souviens aussi de situations de tension, voire de menaces de division. Certains des problèmes venaient des points de vue divergents sur le ‘covering’ porté ou non par les femmes lors du culte, la participation à la politique et la situation des personnes divorcées souhaitant rejoindre ou rester dans la paroisse.
Plus récemment, les questions les plus difficiles auxquels nous avons été confrontés, tant au niveau de la paroisse qu’au niveau de l’union d’églises, concernent la question de savoir qui peut devenir pasteur et dans quelle mesure nous devrions être inclusifs dans l’accueil de nouveaux membres et concernant les fonctions de responsabilité.
Deux facteurs sont liés et toujours présents dans les situations de conflit comme celles mentionnées ci-dessus : d’une part, ce qui est juste ou vrai, ce qui reflète et favorise la fidélité, et d’autre part, la place de l’amour et de la grâce qui recherchent la paix et favorisent la réconciliation et la construction communautaire.
Ces deux facteurs sont présents dans l’appel à « proclamer la vérité avec amour » (Éphésiens 4.15).
Un autre élément constant des conflits dans l’Église est la place des Écritures. La fonction de l’interprétation biblique dans la recherche de résolution, de transformation des conflits et la guérison sont indispensables. Il y a des perspectives, des encouragements et des conseils dans les Écritures.
Le reste de cet article consiste en une étude de cas tirée de la Bible. Elle est proposée comme modèle lors de réflexions sur les difficultés et les opportunités présentées par les situations de conflit dans nos assemblées aujourd’hui.
Le concile de Jérusalem comme prototype (Actes 15.1-35)
Depuis le début, l’Église a dû pratiquer le discernement moral et spirituel. Il s’agit d’un processus d’interprétation dans lequel l’expérience humaine est considérée et évaluée dans son contexte socioculturel et à la lumière des Écritures.
On trouve dans le récit du concile de Jérusalem un témoignage clair – et précoce – d’une telle pratique (livre des Actes). Examinons-le en gardant à l’esprit la question des conflits au sein de l’église.
Les non-juifs deviennent disciples du Christ. Une mission réussie ! Cependant, rapidement, parmi les responsables de la paroisse « des conflits et des discussions assez graves » éclatèrent (2) sur cette question précise. De nouvelles questions émergent quant aux conditions requises pour appartenir à l’Église en tant que peuple de Dieu, et donc concernant le salut lui-même.
Les conflits aboutissent souvent à la séparation, voire au schisme et à l’aliénation. Cependant, ceux qui sont impliqués ici choisissent de considérer le don du conflit comme une opportunité pour remettre en question et enrichir leur imagination théologique et spirituelle.
Les responsables convoquent une réunion. Paul, Barnabas et d’autres ont l’occasion de donner leur témoignage, tandis que certains pharisiens insistent sur la nécessité pour les hommes païens convertis d’être circoncis et d’observer la loi de Moïse (5).
Il nous est dit que c’est la préoccupation et l’affaire de toute l’assemblée (4, 12, 22).
Les responsables ont un rôle particulier à jouer : Pierre et Jacques parlent de manière convaincante, et les apôtres et les anciens font des choix importants avec le consentement de toute l’église (6, 22).
Ceux qui prennent la parole associent leur témoignage personnel à l’œuvre du Saint-Esprit telle qu’ils la comprennent et aux paroles des prophètes (15-18).
Le processus de discernement est en quelque sorte vécu comme dirigé par l’Esprit et aboutit à une décision unanime (25). Le concile réuni enverra deux responsables – Judas et Silas – comme représentants spéciaux « auprès des frères et sœurs d’origine non-juives à Antioche, en Syrie et en Cilicie » (23) avec une lettre donnant leur accord.
La lettre clarifie la portée des attentes clés concernant les non-juifs conformément à la loi mosaïque (20, 29) et réaffirme le travail de Paul et Barnabas. Le récit de Luc nous dit aussi que les croyants d’Antioche se réjouirent de l’exhortation et furent encouragés et fortifiés par Judas et Silas (31-32).
En résumé, ce texte présente une riche illustration de l’Église primitive faisant de la théologie pratique tout en faisant face à une situation difficile. Il peut être considéré comme un processus herméneutique à plusieurs niveaux en faveur d’un discernement pertinent et véridique et d’une action fidèle. Voici certaines des leçons que l’on peut en tirer.
Quelques lignes directrices importantes
Le discernement est comme une conversation ayant plusieurs directions : allant des histoires personnels au contexte socioculturel, aux Écritures et au Saint-Esprit en passant par les traditions et les pratiques de l’église. Ces facteurs interagissent, à la fois apportant et renvoyant des perspectives. Réalisé comme une pratique spirituelle nécessaire et continue, c’est un processus sans fin !
Un discernement fidèle face à un conflit demande toujours beaucoup de temps et d’énergie. En outre, toutes les résolutions prises après un discernement attentif ne sont pas définitives ; certaines peuvent être revisitées et même inversées (par exemple la question de la consommation de certaines viandes évoquée dans la lettre).
Ceux qui dirigent le processus doivent ‘cultiver des fruits spirituels’ tels que l’humilité, la patience, la générosité, l’espoir, la sagesse et la grâce. Ils doivent démontrer leur connaissance (nécessaire) de la culture, des enseignements de l’Église et des Écritures. Et ils doivent également disposer des compétences nécessaires pour bien suivre les personnes impliquées et le processus lui-même.
Conflit entre les responsables (Actes 15.36-41)
Suite au récit de la résolution réussie concernant la manière d’accueillir les non-juifs dans l’église, un autre conflit se produit. Paul et Barnabas se séparent à cause de Jean surnommé Marc2. Examinons le contexte de cette situation afin de mieux comprendre la nature du conflit.
L’église d’Antioche composée en majorité de non-juifs envoie Paul et Barnabas, accompagnés de Marc, dans ce qui sera appelé le premier voyage missionnaire de Paul (vers 46-48 après JC).
Ê leur arrivée à Chypre, le proconsul romain Sergius Paulus devient le premier haut fonctionnaire du gouvernement romain connu à devenir chrétien (Actes 13.4-12). Le peu de détails permet de spéculer sur ses motivations et ses sentiments. En explorant l’histoire ci-dessous, nous prendrons des libertés pour chercher à en tirer des perspectives.
De Chypre, ils naviguent vers Perga en Pamphylie (sud de la Turquie) où Marc (Jean) « les quitta à cet endroit et retourna à Jérusalem ». Cette référence (Actes 13.13) est probablement devenue un événement important dans la vie de Paul, Barnabas et Marc.
Apparemment, Marc était le jeune cousin de Barnabas, le fils de sa tante Marie, qui était à la tête d’une église de maison à Jérusalem (Actes 12.12).
On ne nous le dit pas directement, mais on peut en déduire que Marie avait suggéré à Marc d’accompagner son cousin aîné Barnabas et Paul dans le voyage missionnaire. Barnabas (‘celui qui console’ [Actes 4.36]), ou ‘qui encourage les autres’) a peut-être persuadé Paul de permettre au jeune homme de les accompagner afin de renforcer la foi de Marc et de lui donner une expérience de témoin et de missionnaire.
On ne nous dit pas pourquoi Marc décide de rentrer chez lui. Peut-être avait-il le mal du pays ou trouvait-il ce ministère rigoureux trop exigeant. Mais on nous raconte la vive dispute entre Paul et Barnabas, causée par le départ de Marc dans la ville portuaire de Perga, capitale de la Pamphylie :
Après un certain temps, Paul dit à Barnabas : « Retournons donc visiter les frères dans chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur [premier voyage missionnaire]. Nous verrons où ils en sont. » Barnabas voulait emmener aussi avec eux Jean appelé Marc. Mais Paul n’était pas d’avis de reprendre comme compagnon un homme qui les avait quittés en Pamphylie et n’avait donc pas partagé leur travail. Leur désaccord s’aggrava tellement qu’ils partirent chacun de leur côté. Barnabas prit Marc avec lui et s’embarqua pour Chypre, tandis que Paul s’adjoignait Silas et s’en allait, remis par les frères à la grâce du Seigneur [second voyage missionnaire – autour 50-52 après JC]. Parcourant la Syrie et la Cilicie, Paul affermissait les églises. (Actes 15.36-41)
Leçons à tirer sur le développement du leadership
« San Barnaba », une représentation de Barnabas (Fils d’Encouragement), d’un peintre lombardi anonyme. Domaine public
L’espoir que Barnabas avait dans le potentiel du jeune Marc et les encouragements qu’il a donnés à son cousin témoignent d’un esprit de discernement.
Au moment de la dispute, Paul n’aurait jamais pu imaginer que ce jeune homme apparemment faible écrirait un jour l’un des quatre Évangiles. De plus, selon la tradition copte, Marc a finalement traversé la Méditerranée et a fondé l’Église copte en Égypte – la plus ancienne église chrétienne du monde.
Il est intéressant de relier l’histoire du conflit avec Barnabas au récit de Paul et Silas venus à Lystre, en Turquie : « ‚Ķ Il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d’une Juive devenue croyante ‚Ķ Paul désirait l’emmener avec lui ; il le prit donc et le circoncit. (Actes 16.1-3)
Se pourrait-il que Paul ait réalisé l’importance d’encourager la foi chez les jeunes hommes et de leur donner l’expérience de communiquer l’Évangile ? Le jeune Timothée, encadré par Paul – tout comme le jeune Marc, encadré par Barnabas – se révélerait être l’un des disciples les plus aimés et les plus fidèles de Paul.
Autour de 60 après JC, alors que Paul était en prison à Césarée, il a terminé ainsi sa lettre à l’église de Colosses, près d’Éphèse : « Aristarque, mon compagnon de captivité, te salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas » (Colossiens 4.10). Il semble qu’au cours des années précédentes, Paul s’était réconcilié avec Marc (on se demande si c’était à l’instigation de Barnabas ?).
Il semblerait que plus de dix ans après que Paul et Barnabas aient eu un grave conflit impliquant Marc, Paul peut désormais écrire à son propre disciple Timothée : « Luc seul est avec moi. Emmène Marc avec toi, car il pourra me rendre service dans ma tâche. » (2 Timothée 4.11)
Marc pourra me rendre service dans ma tâche. Pouvons-nous supposer que Barnabas, le ‘fils d’encouragement’, ait vécu assez longtemps pour voir le fruit de son ministère avec son jeune cousin Marc ? La confiance de Barnabas en son cousin Marc et l’encouragement qu’il a apporté à Marc et à l’apôtre Paul ont peut-être modifié le cours de l’histoire.
Peut-être que ces trois disciples de Jésus représentent la réalisation de la promesse de la seconde chance, de la rédemption, du pardon et de la réconciliation. Cela étant, l’histoire de ces séparations nous invite à en souligner certaines conséquences.
Parfois, la séparation est inévitable, voire conseillée afin d’éviter de nouveaux conflits. Néanmoins, le choix de la séparation, bien qu’amère sur le moment, peut être altéré à l’avenir.
La séparation et la division ne doivent pas nécessairement être permanentes. L’espoir de mieux se comprendre et de se réconcilier à l’avenir peut subsister.
Il est possible que Barnabas soit devenu le mentor de Marc. Quoi qu’il en soit, cela nous rappelle qu’il est nécessaire de s’occuper des jeunes et des futurs responsables d’églises dans ce domaine. Et cela demande toujours un engagement, de la patience, la volonté de prendre des risques et un investissement généreux en temps et en énergie.
L’histoire suggère aussi qu’il existe une place particulière pour le ministère de la médiation. Et bien entendu, un tel ministère dépend de la confiance et de la bonne volonté des parties concernées. Barnabas a pu jouer un rôle de médiateur entre Paul et Marc. (Il est intéressant de noter que la lettre de Paul à Philémon peut également être lue comme documentant le travail de médiation de Paul entre Philémon et Onésime).
Enfin, dans notre lecture imaginative, est-il juste de projeter que la ‘réunion’ de Paul et de Marc ait été possible, non pas parce que l’un d’entre eux a prévalu ayant eu raison, mais parce que tous deux ont continué à mûrir et à tirer des leçons de leurs expériences passées ?
Au début de cet article, je souligne que deux facteurs sont liés et toujours présents dans les situations de conflit comme celles évoquées dans notre étude de cas d’Actes 15 : ce qui est juste ou vrai, qui reflète et favorise la fidélité ; et l’amour et la grâce qui recherchent la paix et favorisent la réconciliation et la construction de la communauté. Le Psaume 85.10-11 fait allusion à ce lien indissociable et résume magnifiquement la vision du shalom pour la transformation et la guérison des conflits : « Fidélité et Vérité se sont rencontrées, elles ont embrassé Paix et Justice. La Vérité germe de la terre et la Justice se penche du ciel ». Qu’il en soit ainsi !
‚ÄîDaniel Schipani est pasteur de Mennonite Church USA et membre de l’assemblée locale mennonite de Belmont à Elkhart, Indiana (États-Unis). Lui et sa femme Margaret ont deux enfants adultes et trois petits-enfants. Titulaire d’un doctorat en psychologie et d’un doctorat en théologie pratique, il est professeur émérite à AMBS (séminaire biblique anabaptiste mennonite) et professeur affilié au séminaire théologique McCormick et au séminaire théologique de San Francisco. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’éducation, la pastorale, l’accompagnement et la théologie pratique.
Vous êtes invités ! Joignez-vous à nous pour une série de webinaires sur la protection de la création intitulée « Pollinisateur climatique ». Voir ci-dessous.
Du temps de la création de l’être humain dans Genèse, « la première mission de l’être humain était… de profiter de la création, mais aussi de la protéger et d’en prendre soin », explique Danang Kristiawan.
Danang Kristiawan est pasteur de l’assemblée GITJ (Gereja Injili di Tanah Jawa) à Jepara, en Indonésie, et chargé de cours au séminaire théologique Wiyata Wacana à Pati. Il déplore que dans de nombreuses églises mennonites d’Indonésie, les questions environnementales soient considérées comme n’ayant pas de rapport avec la foi et l’église.
Il explique comment cette séparation s’est produite dans une vidéo qu’il a produite pour l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale en Indonésie en 2022.
« La vision traditionnelle javanaise comprend qu’il existe un lien entre les humains et la nature », dit-il dans la vidéo. « Il existe de nombreuses traditions ou sagesses locales qui respectent positivement la nature. »
Mais, explique Danang Kristiawan, lorsque les missionnaires mennonites néerlandais sont arrivés en Indonésie au 19e siècle, ils « étaient très critiques des pratiques culturelles locales. En conséquence, la communauté chrétienne ne veut pas s’impliquer dans les rites et les festivals locaux pour éviter toute idée de syncrétisme. »
Danang Kristiawan travaille avec d’autres responsables d’églises javanaises pour intégrer le lien javanais avec la nature dans la théologie de l’église.
Lors de la Journée de la paix en septembre 2021, Danang a participé à un rassemblement d’églises mennonites javanaises. « J’ai parlé de respect pour les peuples autochtones et de la valeur de trouver des points de vue différents », a-t-il déclaré. Il a rappelé à l’auditoire que dans la tradition javanaise, « les humains font partie de la nature. »
Danang trouve également dans la Bible une base pour l’écothéologie. Colossiens 1,16 dit que toutes les choses ont été créées en Jésus. « Il est, lui, par devant tout ; tout est maintenu en lui » (v.17).
« Christ a embrassé la création en lui-même et il a réconcilié toutes choses en lui-même », dit Danang Kristiawan. « Nous devons prendre soin de la création parce que vous pouvez aussi trouver Christ dans la création. »
Pour Danang Kristiawan, la théologie dans Colossiens semble familière. « Je pense qu’elle est proche de la culture javanaise, de la vision javanaise du monde, d’une vision asiatique du monde. »
Le fait d’avoir ces conversations est un pas dans la bonne direction. Mais Danang Kristiawan constate encore un manque d’initiative lorsqu’il s’agit d’aborder les questions environnementales en tant qu’église. Il a une solution dont il discute avec ses étudiants du séminaire.
« Je propose l’écodiscipline. »
Dans l’Église, si quelqu’un fait quelque chose de mal, on lui demande de se repentir et on lui impose parfois une discipline de la part de la communauté. Pourquoi ne pas étendre ce principe aux fautes commises à l’encontre du monde naturel ?
En conduisant des voitures et des motos, en utilisant un climatiseur et en produisant des déchets plastiques, Danang Kristiawan ajoute : « Nous participons au réchauffement de la planète. Nous devrions nous amender en consacrant de l’argent à la protection de la création. »
Il est important de se rappeler, selon Danang, que « la discipline n’est pas seulement individuelle, elle est collective en tant que communauté. Il est de notre responsabilité d’aller donner des conseils et de rappeler aux autres que nous pouvons travailler ensemble et être des disciples de Jésus. »
Il se demande si les mennonites ne pourraient pas commencer à se tenir mutuellement responsables des dommages causés à la nature.
Les membres du Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création de chaque région animeront une heure de récits et de questions-réponses. Des membres d’églises du monde entier raconteront comment ils sont affectés par le changement climatique et comment ils y répondent par des actions résilientes et l’espoir de l’Évangile.
Autres articles pour le webinaire « Asie » (en anglais)
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Comme plusieurs autres personnes au Zimbabwe, Sukoluhle Ncube partage son temps entre la ville où sa famille vit et travaille, et la communauté rurale où ils cultivent la terre, à 40 minutes de distance.
« La plupart des gens ont deux maisons », explique Sukoluhle Ncube. « En ville, on vient travailler et tout ça, mais dans le village, c’est là que nous pratiquons l’agriculture. »
Sukoluhle Ncube est diplômée en gestion d’entreprise et en technologies de l’information. Elle passe la plupart de ses week-ends et de ses vacances à travailler sur le terrain de sa famille dans le village d’Irisville.
Sukoluhle Ncube explique que l’instabilité de l’économie zimbabwéenne fait qu’il est difficile de gagner suffisamment d’argent pour vivre. De nombreuses familles complètent leurs revenus en cultivant eux-mêmes leur maïs, millet et sorgho, et en élevant du bétail.
Mais les changements saisonniers dus au changement climatique rendent l’agriculture moins fiable.
La Banque mondiale a indiqué qu’en 2020, près de 50 % des Zimbabwéens étaient confrontés à la pauvreté alimentaire. Ce chiffre a légèrement baissé depuis la pandémie, mais plusieurs, en particulier ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance, ont encore du mal à subvenir à leurs besoins. L’une des principales causes nommées dans le rapport est la sécheresse.
« Le changement climatique a modifié le régime des pluies », explique Sukoluhle Ncube. La saison des pluies commençait autrefois à la fin du mois d’octobre et durait jusqu’en mars. Aujourd’hui, la pluie n’arrive souvent qu’à la mi-décembre et se termine au bout d’un mois.
« Les cultures se dessèchent et meurent, dit Sukoluhle Ncube. Tout ce changement climatique affecte beaucoup de gens, même dans les grandes villes. »
Son église, l’Église des Frères en Christ Lobengula, a lancé des programmes pour aider ses membres à surmonter ces défis.
« Habituellement, nous séparons les affaires de notre culte quotidien », a déclaré Ntando Ndlovu. Elle dirige l’initiative « Une vision du monde plus forte ».
Le projet vise à renforcer la résilience en donnant aux membres de l’église les compétences, les relations et les marchés dont ils ont besoin pour générer des revenus.
Pendant un an, l’église a organisé des ateliers permettant aux personnes fréquentant l’église d’acquérir les compétences nécessaires à la création de leur propre entreprise. En mai dernier, les participants ont été invités à présenter leur entreprise lors d’une exposition organisée après le culte.
Trente-sept propriétaires de petites entreprises ont installé des tables pour présenter leurs produits et services. Les stands proposaient de tout, des sacs à main faits à la main à des produits biologiques, en passant par des services de soudure et de la barbe à papa préparée sur place.
L’exposition « a été mise en place dans le but de créer un écosystème commercial actif, qui favorisera les échanges entre les personnes de l’église », explique Sukoluhle Ncube.
« Je pense que cela s’est très bien passé, dit-elle. Beaucoup de gens sont venus, beaucoup de gens se sont sentis soutenus. »
Les membres du Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création de chaque région animeront une heure de récits et de questions-réponses. Des membres d’églises du monde entier raconteront comment ils sont affectés par le changement climatique et comment ils y répondent par des actions résilientes et l’espoir de l’Évangile.
Autres articles pour le webinaire « Afrique » (en anglais)
La Communauté des églises mennonites de Taïwan (Fellowship of Mennonite Churches in Taiwan)
Fondée en 1962, la Communauté des églises mennonites de Taïwan (FOMCIT) réunit 24 paroisses à Taipei, Taoyuan, Taichung et Hualien. C’est une branche de l’anabaptisme, et elle est membre de la Conférence mennonite d’Asie et de la Conférence Mennonite Mondiale. Elle a été affectée par le COVID-19 et le nombre total de membres baptisés en 2022 était de 1 935. Les ministères de la FOMCIT comprennent l’évangélisation, l’implantation d’églises, les services sociaux, l’éducation théologique et la publication.
Ê Taïwan, la FOMCIT est connue pour ses engagements sociaux. Actuellement, il existe trois ministères sociaux à Hualien : l’hôpital chrétien mennonite, le New Dawn Educare Center pour les personnes handicapées physiques ou mentales et le Good Shepherd Center pour les filles et les femmes maltraitées.
Histoire
L’anabaptisme a fait son apparition à Taïwan en 1948 lorsque le Comité Central Mennonite (MCC) a lancé un travail médical et humanitaire parmi les peuples autochtones en réponse à l’appel du missionnaire presbytérien, le révérend James Ira Dickson. Des médecins, des infirmières et des pasteurs missionnaires mennonites – dont le Docteur Robert Hess et sa femme ainsi que le pasteur Glen Graber et sa femme – ont déménagé à Taïwan et ont commencé à créer des cliniques mobiles dans des endroits reculés et montagneux.
En janvier 1955, le MCC a créé le Mennonite Christian Hospital (MCH) à Hualien, une ville de l’est de Taïwan. Ê cette époque, la région était considérée comme éloignée et arriérée ; les peuples autochtones représentaient environ 25 % de sa population. La même année, la General Conference Mennonite Church Commission on Overseas Mission (Commission sur la Mission outremer de la General Conference Mennonite Church) a aussi commencé des ministères d’implantation d’églises à Taïwan, ce qui a abouti à la création du FOMCIT.
La mission a mis fin à ses activités dans le pays en 1994, lorsque la FOMCIT a conclu une alliance avec les églises mennonites d’Amérique du Nord pour devenir églises sœurs.
Apports et développements importants : Organisations sociales
Hôpital chrétien mennonite
Roland P. Brown, le médecin mennonite qui a fondé l’Hôpital chrétien mennonite / FOMCIT
Situé à Hualien, l’Hôpital chrétien mennonite (MCH) est un établissement de soins complets spécialisé dans la santé communautaire, la médecine gériatrique et les soins de longue durée. L’hôpital universitaire régional de 500 lits offre une large gamme de services médicaux aux habitants de l’est de Taïwan, et c’est actuellement le plus grand hôpital mennonite au monde.
Il y a soixante-quinze ans, le MCH a commencé en étant une équipe médicale mobile apportant son aide médicale aux peuples autochtones de Taïwan. L’hôpital a été construit en 1955 par le Dr Roland Brown, le fondateur et ancien directeur du MCH, avec au début seulement 35 lits.
Au fil des années, plus de 160 missionnaires mennonites sont venus travailler au MCH. Prônant la paix et mettant l’accent sur une vie de ‘service pour le Seigneur’, ils ont discrètement consacré leur vie à Hualien. Le gouvernement taïwanais a accordé à sept des médecins et infirmières missionnaires le Prix du Dévouement médical, et le Dr Roland Brown a reçu ‘l’Ordre de l’Étoile brillante avec le grand Cordon violet’ du président Lee Teng-Hui, un honneur rare récompensant des contributions exceptionnelles au développement de la nation.
Les missionnaires vivaient selon les valeurs mennonites. Après avoir pris leur retraite et être rentrés chez eux, le personnel local a pris le relais. Avec plus de 1 500 employés, dont 20 pour cent sont autochtones, le MCH et ses filiales continuent de s’occuper des personnes défavorisées et vulnérables.
Les filiales du MCH comprennent le campus MCH et le foyer résidentiel pour adultes handicapés mentaux de Shoufeng, la maison de retraite de Shoufeng, le Centre mennonite de soins post-partum et des centres de soins à domicile. Le MCH a aussi mis en place divers fonds pour venir en aide aux peuples autochtones et aux personnes défavorisées ou handicapées.
Dans l’avenir, le MCH continuera à servir ‘les moins importants des frères et sœurs de Jésus’ (Matthieu 25/40) et s’efforcera d’améliorer la santé de la communauté en perfectionnant la qualité de ses services et sa capacité médicale, en tirant parti des technologies concernant l’intelligence artificielle, et en dotant ses employés des connaissances, des compétences et des ressources dont ils ont besoin.
En tant qu’hôpital chrétien, le HME se préoccupe de la foi des membres de son personnel. Des réunions de prière et des petits groupes sont organisés régulièrement. Fidèle à sa mission, le HME continuera de répandre l’évangile par le biais du travail médical et de servir les autres comme s’il servait le Seigneur (Matthieu 25/36).
New Dawn Educare Center
Fondé en 1977 par des missionnaires mennonites, le pasteur Otto Dirks et son épouse Elaine, le New Dawn Educare Center un service d’hôpital de jour ou de séjours à temps complet pour des patients souffrant d’un large éventail de handicaps physiques et mentaux.
Otto Dirks et Elaine sont venus à Taïwan en 1968 avec leur jeune fils Randall. Leur tâche initiale était d’implanter des églises. Peu de temps après leur arrivée à Taïwan, ils ont eu un deuxième fils qui s’est révélé trisomique. Plus tard, ils ont adopté une fille autochtone avec un handicap physique et mental.
Ê cette époque, le handicap était stigmatisé ; les familles négligeaient ou abandonnaient souvent leur enfant handicapé.
Otto et Elaine Dirk l’ont remarqué et ont décidé de venir en aide à ces enfants. Ils sont retournés au Canada pour faire des études dans le domaine de l’éducation spécialisée, puis sont revenus à Taïwan en 1977. Grâce à leurs nouvelles compétences et aux ressources financières qu’ils avaient réunies, ils ont créé le New Dawn Special Education Center à Hualien (plus tard rebaptisé Taiwan Mennonite New Dawn Educare Center).
Depuis plus de quatre décennies, New Dawn Educare Center est au service des personnes souffrant de handicaps physiques et mentaux. Ce centre propose une variété d’approches éducatives et thérapeutiques, notamment la thérapie musicale, animale et artistique, une formation professionnelle et des occasions de stages ou d’emplois dans des entreprises locales.
Le travail acharné de New Dawn a été reconnu par le gouvernement : en 2019, il a reçu le Presidential Culture Award in Humanitarian Dedication (Récompense présidentielle concernant le dévouement humanitaire). Constatant une augmentation rapide du nombre de personnes touchées par le syndrome de Kanner (une forme d’autisme), New Dawn s’efforce de créer un réseau de soutien pour les personnes qui en sont atteintes. En 2020, New Dawn a commencé à construire le Campus Joy, une maison de retraite verte pour adultes atteints du syndrome de Kanner.
New Dawn se consacre à créer un environnement convivial et à offrir des ressources pour aider les personnes souffrant de troubles physiques et mentaux. New Dawn continuera à donner aux patients et à leurs familles les capacités nécessaires pour vivre avec un handicap et prendre soin d’une personne handicapée.
Le Good Shepherd Center (Centre du Bon Berger)
L’équipe de direction du Centre ‘Good Shepherd’. La quatrième à partir de la gauche est Yu-Gui Chu, la PDG actuelle de ‘Good Shepherd’ / FOMCIT
Dans les années 1980, la prostitution enfantine était courante à Taïwan. Les enfants autochtones vivant dans des communautés tribales éloignées et montagneuses étaient vendus à des fins de prostitution par les familles pauvres, mais le grand public n’était pas conscient de ce problème. En 1987, une jeune fille de 16 ans fut envoyée au service des urgences du HME en raison d’un choc septique causé par une infection sexuellement transmissible et d’une maladie inflammatoire pelvienne. Les médecins et les infirmières se sont battus pour la sauver et elle a survécu. Cependant, ils ont découvert qu’elle avait été vendue pour être prostituée à l’âge de 8 ans. Pendant de nombreuses années, elle avait été enfermée dans des maisons closes de Taipei.
Un pédiatre et un travailleur social du HME ont demandé à la pasteure Fang-Fang (Katherine) Wu, une pasteure mennonite, et plus tard la première PDG du Good Shepherd Center, de se joindre à eux pour sauver des enfants et des adolescents de la prostitution et de l’exploitation sexuelle.
La pasteure Wu, qui a grandi dans une famille mennonite, a été profondément influencée par des missionnaires comme le Dr Roland Brown et sa femme Sophie, le Dr Carl Epp et sa femme Hilda, et les infirmières du HME Helen Willms Bergen et Sue Martens Kehler. Ils agissaient avec justice, aimaient la miséricorde, et marchaient humblement avec Dieu, servant le plus petit des frères et sœurs de Jésus. Leur attitude la marqua profondément. C’était une réponse naturelle pour elle de faire de même.
Le travail de sauvetage a commencé et la Good Shepherd Association (plus tard connue sous le nom de Good Shepherd Center) a été créée. Chaque semaine, la pasteure Wu se rendait dans des villages autochtones de Hualien, à la recherche de jeunes victimes et de filles en danger. Sans protection ni soutien du gouvernement, elle a travaillé avec des assemblées locales, organisé des programmes périscolaires dans les villages tribaux, sensibilisé le public au problème du trafic sexuel d’enfants et exhorté les autorités compétentes à reconna√Ætre la gravité de ce problème redoutable. Chaque fois qu’elle découvrait une victime, elle la sauvait et la cachait dans le refuge du Good Shepherd Center.
Encouragée par la pasteure Wu, l’Association du Good Shepherd s’est joint au FOMCIT en 1990, et son nom a été changé en ‘Good Shepherd Center’.
Un matin de 1993, la pasteure Wu a été battue par des gangsters alors qu’elle se rendait au travail, parce qu’elle ¬´ avait entravé leur activité lucrative ¬ª. Cet incident a attiré l’attention des médias et du grand public. Les gens furent stupéfaits et s’inquiétèrent, et le gouvernement promulgua finalement des lois pour protéger les enfants et les adolescents. Par conséquent, la prostitution des enfants a progressivement cessé.
Le Good Shepherd Center est maintenant un refuge pour les adolescentes maltraitées, délinquantes, agressées sexuellement ou négligées, pour les femmes et les enfants victimes de violence domestique, et pour les adolescentes enceintes. Il organise également des programmes périscolaires pour les familles désavantagées et aide les femmes défavorisées à trouver un emploi. Le Good Shepherd Center s’engage à aider les personnes dans le besoin pour qu’elles retrouvent l’espoir.
La paroisse mennonite de Linshen Road à Taichung, fondée par Glen Graber en 1954, a été la première assemblée mennonite de Taïwan. Le bâtiment actuel a été achevé en 1993. / FOMCIT
Difficultés et opportunités
Les mennonites sont peu nombreux, avec seulement 24 paroisses et moins de 2 000 membres. Dans les premières années, les assemblées mennonites étaient souvent confondues avec les églises presbytériennes, car beaucoup de nos pasteurs avaient une formation presbytérienne. Nos responsables s’efforcent de mettre l’accent sur l’identité mennonite de leur église.
Au cours des 20 dernières années, le mouvement charismatique s’est développé à Taiwan. Les jeunes générations sont davantage attirées par les églises charismatiques. Nous avons besoin de nouvelles stratégies pour partager l’évangile, intéresser les jeunes et conserver nos valeurs.
Cependant, avec notre engagement envers la justice sociale et le vécu de la miséricorde et de l’humilité, les ministères sociaux du FOMCIT restent vitaux pour la société. En étant au service des moins importants de nos frères et sœurs et en considérant que notre travail est fait pour le Seigneur, nous continuons à mettre en pratique nos valeurs et notre foi en action.
‚ÄîÉcrit par Jessica Lu, mennonite de troisième génération. Nous remercions particulièrement M. Harold Lu pour sa coordination et sa contribution inestimable tout au long de la rédaction, le révérend Kim Chen, le Mennonite Christian Hospital, le New Dawn Educare Center et le Good Shepherd Center pour leurs informations abondantes.
La colonne des responsables de la CMM
Le Comité Exécutif est élu au sein du Conseil Général, et se réunit annuellement. Deux membres de chaque région continentale sont élus au sein du Conseil ; un président et un vice-président sont également élus par le Conseil. Le trésorier et le secrétaire général sont membres du Comité Exécutif.
Rencontrez la vice-présidente Lisa Carr-Pries, nommée en 2022.
1. Que cela signifie pour la CMM que d’être une Église mondiale ?
Je suis reconnaissante pour l’Église mondiale. Depuis des années, elle élargit ma compréhension du monde au-delà de mon contexte local. Elle m’a aussi aidé à élever mes enfants pour qu’ils soient conscients du monde qui les entoure. L’Église mondiale a définitivement changé le cours de ma vie et a approfondi ma foi et ma spiritualité. J’ai l’espoir que la pertinence de l’Église anabaptiste participe à la transformation de la vie de chacun.
2. Comment pries-tu pour l’Église mondiale ?
Je prie pour que les églises soient un témoin d’espérance pour ce monde où règnent le désespoir et la violence.
3. Qu’espères-tu que la CMM accomplira ou deviendra dans les années à venir ?
J’espère que nous continuerons à célébrer notre unité dans le Christ en célébrant le don de notre diversité dans nos théologies, nos origines, nos cultures et par un discipulat fidèle.
4. Quelles idées concernant la famille mondiale trouves-tu dans tes lectures ?
Je lis quotidiennement les méditations publiées par le Center for Action and Contemplation. Je crois fermement qu’en tant que disciples de Jésus, il doit y avoir autant de temps d’action que de contemplation dans notre vie chrétienne.
« Nous avons besoin à la fois d’action et de contemplation pour que notre cheminement spirituel soit complet…. L’action peut vous conduire à la contemplation et la contemplation peut vous conduire à l’action. Mais en fait, elles ont besoin et se nourrissent l’une l’autre. » (CAC Daily Meditation, 13 mai 2016)
5. Quelle est ton rôle dans ton assemblée locale ?
J’aime conduire les cultes et la musique. Je prends plaisir à préparer des cultes qui permettent aux membres de la paroisse de participer de tout leur cœur lorsqu’ils se joignent à cette communauté spirituelle pratiquant une vie fidèle.
6. Quelle est ta formation professionnelle ?
J’ai un diplôme en musique religieuse et en théologie ainsi qu’une maîtrise en théologie. J’aime apprendre tout au long de ma vie et j’ai suivi des cours pour avoir un certificat en accompagnement spirituel, en gestion des conflits et en leadership d’église. J’ai aimé être pasteure pendant la majeure partie de ma vie d’adulte.