Ce que m’a apporté ma participation à l’ensemble international
Je rends grâce à Dieu pour le don de la musique dans nos vies. Je considère comme une grâce divine d’avoir pu faire partie de l’ensemble international de la Conférence mennonite mondiale pour l’Assemblée 2022 en Indonésie. J’en rêvais depuis que j’avais assisté à l’Assemblée de 2003 au Zimbabwe.
Participer à la musique lors des Assemblées mondiales de la CMM m’a permis d’apprendre des chants dans différentes langues. De prime abord, je me suis dit que la prononciation des paroles était étrange. Il arrive que des mots dans d’autres langues présentent des similitudes avec ma langue, mais cela donne un sens très amusant !
À mesure que je me suis habitué à chanter ces chants dans différentes langues, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Apprendre ces chants est devenu mon activité préférée.
Une grande famille mondiale
En chantant des cantiques dans différentes langues, j’ai le sentiment de faire partie de la famille de mes frères et sœurs qui parlent la langue chantée. Je me sens uni à eux, à leur style musical et à leur culture.
Chanter dans différentes langues avec la chorale de l’Assemblée, avec des frères et sœurs de différents continents, me donne également une image du paradis.
Des chansons comme « Dalam Yesu/En Jésus, nous sommes une seule famille » m’aident à prendre conscience que je fais partie d’une grande famille mondiale. J’ai de nombreux frères et sœurs qui me soutiennent dans toutes les situations que je traverse.
Le chant « True Evangelical Faith » m’a particulièrement marqué, car il me rappelle toujours d’examiner ma foi et m’encourage à vivre comme un véritable disciple du Christ.
Chanter ces cantiques a également uni ma famille. Lorsque je m’entraînais à chanter des chants pour l’Assemblée, en particulier des chants dans d’autres langues, mes jeunes filles se joignaient à moi pour les chanter. Elles ont appris la prononciation bien plus vite que moi. En famille, nous avons passé de nombreuses heures à apprendre ces chants ensemble, dans l’unité.
Cultiver le respect et la curiosité
Ce que j’ai appris à l’Assemblée a été transmis à l’Église où j’étais engagé. J’ai enseigné de nombreux chants dans différentes langues, tels que « Som’Landela », « We want peace », « Hakuna akaita », « Solo el amor », « Siyahamba », « Alabare », « Tapaiko cheuma » (Je suis ton enfant), « Segala puji syukur » (Criez de joie), « Kirisuto no heiwa ga » (Que la paix du Christ), etc.
J’ai traduit certains de ces cantiques en hindi afin que les membres de l’Église puissent facilement les apprendre et les chanter. Chanter en anglais et en hindi nous apporte de la clarté quant au message du chant, ce qui est important pour la conviction et la participation. Les gens sont généralement plus à l’aise lorsqu’ils chantent dans une langue qu’ils comprennent.
Cependant, j’encourage généralement les gens à chanter au moins un couplet ou le refrain dans la langue originale.
Lorsque les membres de notre Église apprennent différents mots dans une langue étrangère, cela aide les gens à ressentir la dimension mondiale du chant, cela suscite le respect et la curiosité pour les autres cultures et donne au moment un sentiment plus fort de communion et de sens. En fin de compte, cela aide l’assemblée à se sentir unie avec la famille mondiale.
Comprendre l’Esprit de Dieu
L’une des membres de mon assemblée a partagé que le fait de chanter dans différentes langues l’aidait à comprendre la gratitude de Dieu. Cela se reflète dans la langue, la structure musicale et la culture. Même si nous ne comprenons pas toujours pleinement le sens des chants dans différentes langues, nous ressentons que Dieu a insufflé sa joie et son Esprit dans les paroles et la musique.
Chanter des chants tels que « You’re not alone » (Tu n’es pas seul) l’a aidée à comprendre que nous sommes unis.
Nous partageons nos peines et nos joies les uns avec les autres et nous nous soutenons mutuellement dans les situations difficiles.
Chanter les cantiques de l’Assemblée l’a aidée à comprendre qu’elle a sa place dans l’assemblée en tant que membre de la famille, pour prendre soin des autres membres qui sont dans le besoin.
En conclusion, je voudrais dire que les chants de l’Assemblée ont été une force très efficace pour unir l’Église dans sa compréhension de Dieu, de sa place et de son rôle au sein de la famille mondiale.
Ashish Kumar Milap est pasteur à l’Église mennonite de Sunderganj à Dhamtari, en Inde, où il sert une assemblée de 1 040 membres baptisés. En 2022, il a participé à l’Assemblée en Indonésie en tant que membre d’une chorale internationale.
Ma première véritable rencontre avec la CMM a eu lieu lors de l’Assemblée de 2003, qui s’est tenue à Bulawayo, au Zimbabwe, ici en Afrique. Ce fut une expérience de louange internationale et multiculturelle tout à fait extraordinaire. Les mélodies issues de cultures et de traditions variées se sont harmonisées, laissant une empreinte indélébile dans mon âme.
Cette expérience a suscité en moi une passion pour la louange mondiale qui continue de m’inspirer, ainsi que la plupart des membres de l’Église des frères en Christ, encore aujourd’hui !
L’Assemblée de 2003 de la CMM au Zimbabwe a marqué un événement important dans la communauté anabaptiste mondiale. L’un des impacts durables s’est fait ressentir sur les styles musicaux des Églises locales au Zimbabwe. Cette influence se manifeste dans le mélange des rythmes traditionnels zimbabwéens avec les hymnes occidentaux et la musique chrétienne contemporaine.
Musique traditionnelle zimbabwéenne et culte anabaptiste
Au Zimbabwe, la musique traditionnelle fait partie intégrante de l’identité culturelle. Les instruments à percussion, tels que les tambours, les hochets et les maracas, sont couramment utilisés dans le culte.
Après 2003, certaines Églises des Frères en Christ ont commencé à intégrer ces éléments dans leurs cultes, en les fusionnant avec des instruments occidentaux, tels que la guitare et le synthétiseur, créant ainsi un son unique qui trouve un écho auprès des fidèles de la région.
En réalité, la majorité des assemblées zimbabwéennes a généralisé l’usage d’instruments de musique pour accompagner la louange. Cette pratique s’est même étendue aux assemblées des zones rurales, où les fidèles se limitaient auparavant au chant a cappella.
L’influence de la musique anabaptiste
L’Assemblée de la CMM a réuni des musiciens issus de diverses traditions anabaptistes. Cette rencontre a conduit à l’adoption de chants tels que « Over my head, I hear music in the air ! » (Une chanson folklorique afro-américaine adaptée à un rythme zimbabwéen dans les assemblées locales).
De nombreuses Églises ont commencé à utiliser des chants mêlant cantiques traditionnels et chants de louange contemporains d’Afrique et d’Amérique latine.
Le recours à des éléments traditionnels s’est révélé particulièrement évident pour favoriser l’épanouissement et la louange dans un contexte africain. Cela a renforcé l’utilisation du mouvement dans le chant, celui-ci venant naturellement aux populations autochtones d’Afrique. Des interprétations telles que « Hakuna akaita sa Jesu » (Il n’y a vraiment personne comme Jésus) et « Jes’ uya khazimula » (Jésus brille toujours) ont pris un sens nouveau et ont gagné en popularité sous l’influence directe de la musique anabaptiste.
Un certain nombre d’autres refrains en langues « étrangères », tels que « Obrigado Senhor » (Merci, Jésus) et des chants de l’Assemblée au Zimbabwe de 2003, ont également été intégrés à la musique du culte local.
Impact sur le culte
Le mélange des styles musicaux a influencé les pratiques cultuelles. Les cultes sont plus participatifs, les fidèles chantant en ndébélé, en shona et en anglais. Certaines Églises ont introduit la danse, intégrant ainsi des mouvements traditionnels zimbabwéens.
Ce changement a rendu le culte plus expressif et plus adapté à la culture locale.
L’Assemblée de la CMM au Zimbabwe a largement contribué à inciter indirectement les assemblées locales à apprécier la diversité culturelle dans la musique de culte.
Le fait de chanter des chants tirés d’un recueil commun comme le livre de chants de la CMM a eu plusieurs effets sur les assemblées. Les chants communs favorisent un sentiment d’unité et une expérience de foi partagée parmi les membres de l’assemblée. Ils les relient à une communauté plus large de croyants et croyantes de différentes cultures et de différents endroits.
Défis et opportunités
Si cette fusion musicale a enrichi le culte, elle a également posé des défis. Certaines assemblées ont du mal à trouver un équilibre entre tradition et nouveauté. Il arrive que les membres plus âgés préfèrent les cantiques traditionnels, alors que les plus jeunes privilégient souvent les styles contemporains. Ce fossé générationnel nécessite une navigation prudente de la part des jeunes membres et des responsables d’Églises.
Les jeunes du district de Bulawayo, de l’Église des frères en Christ, ont pris une initiative proactive pour s’efforcer de satisfaire tout le monde en formant la chorale des jeunes du district de Bulawayo.
Le groupe a transformé les cantiques traditionnels afin de les rendre plus accessibles à tous les âges, en utilisant des instruments locaux et occidentaux dans leurs groupes de louange dirigés par des jeunes.
L’Assemblée 2003 de la CMM a encouragé une louange davantage adaptée au contexte local dans les assemblées BICC du Zimbabwe. En adoptant les traditions musicales locales, les Églises ont créé des expériences de louange à la fois authentiquement zimbabwéennes et connectées au reste du monde.
Ce mélange de styles reflète l’importance accordée par les anabaptistes à la communauté et à la pertinence culturelle.
Alors que les assemblées zimbabwéennes continuent d’évoluer, leur musique reste un témoignage de la puissance de la foi exprimée à travers la culture locale.
Les effets les plus durables laissés par la CMM sont l’engagement émotionnel et spirituel, les liens et les échanges culturels, et surtout les sentiments de joie, de dévotion et de contemplation qui ont été suscités, améliorant ainsi efficacement la manière de vivre le culte.
Nelson G. Muzarabani est membre de la BICC Entumbane à Bulawayo, au Zimbabwe, et ancien de la BICC Zimbabwe, où il a occupé le poste de secrétaire de la conférence pendant près de 10 ans. Musicien de formation, il est actif dans le ministère de la musique de l’Église ainsi que dans d’autres activités. Il a pris sa retraite des secteurs public et privé, où il a travaillé pendant un peu plus de 35 ans en tant qu’éducateur, chercheur/historien/archiviste, administrateur et gestionnaire.
Chanter les cantiques du recueil de la CMM en Pennsylvanie
« Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, Seigneur, et glorifier ton nom » (Psaumes 86.9).
Lorsque nous entonnons des chants issus du Recueil international de la Conférence mennonite mondiale, nous mettons en pratique l’hospitalité et l’accueil. Chanter des chants d’autres cultures nous relie également à l’Église mondiale.
Des chants tels que « Here I am to worship », « Way Maker » et « How great thou art » s’intègrent parfaitement dans le répertoire musical de l’Église mennonite de Neffsville. D’autres, comme « Cantai ao Senhor », « Kwake Yesu Nasimama » et « Tú Eres Todopoderso », sont plus difficiles à intégrer.
Notre assemblée est majoritairement blanche, et beaucoup de ses membres sont d’origine mennonite suisse ou allemande. Cependant, nous avons également des membres originaires de Porto Rico, d’Haïti, du Kenya et d’Ouganda. Chanter des chants dans leur langue maternelle est une façon de leur montrer qu’ils ont vraiment leur place parmi nous.
De plus, bon nombre de nos membres ont été missionnaires en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Chanter des chants du recueil de la CMM les encourage également.
Permettez-moi de vous donner deux exemples illustrant comment les chants ont exprimé concrètement l’accueil et la solidarité.
Un chant préféré dans sa « langue de cœur »
Il y a environ trois ans, un missionnaire péruvien que nous soutenons s’est rendu à Neffsville pour y prêcher un dimanche. Ce matin-là, nous avons entonné « Tu Estas Aqui ». Alors que nous chantions, des larmes ont commencé à couler sur ses joues. Il n’aurait jamais pensé entendre un chant dans sa langue maternelle dans une église mennonite de Lancaster, en Pennsylvanie !
J’ai appris plus tard que « Tu Estas Aqui » était l’un de ses cantiques préférés. Lui et sa famille se sont sentis accueillis de manière plus profonde, simplement parce que nous avons chanté dans sa langue maternelle pendant le culte.
Dieu accueille un invité à sa manière
Le deuxième exemple est récent. Nous avons chanté « Cantai ao Senhor » lors de notre culte en portugais et en anglais.
Ce dimanche-là, une famille originaire du Brésil, qui parle portugais à la maison, rendait visite à notre Église pour la première fois !
Certains membres de notre assemblée se sont demandé pourquoi nous chantions en portugais. Ils ne connaissaient personne dans notre communauté originaire d’un pays lusophone.
Mais voilà comment Dieu agit ! Cette famille était ravie qu’une Église de Lancaster, en Pennsylvanie, chante dans leur langue maternelle.
Ils se sont sentis accueillis d’une manière qui dépassait largement ce qu’une simple poignée de main aurait pu exprimer. Ils se sont sentis reconnus.
La musique relie le monde entier
L’un des objectifs que je me suis fixé cette année est que nous chantions en Église, dans la plupart de nos cultes, au moins un chant issu d’une culture non majoritaire. Les cantiques du recueil de la CMM nous aident à le faire et nous relient ainsi profondément à nos frères et sœurs anabaptistes du monde entier. Lorsque, comme le dit le Psaume 86.9, nous « glorifions le nom de Dieu », nous le faisons avec les chants de « toutes les nations ».
Après tout, lorsque nous arriverons au ciel, il y aura des personnes de toutes les nations : tous celles et ceux qui, en Christ, auront vécu. Nous tous, avec nos cultures, nos langues et nos origines diverses, chanterons : « Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’Agneau » (Apocalypse 7.10b).
Chanter des cantiques d’autres cultures et langues (en particulier ceux du recueil de chants de la CMM, dont beaucoup figurent également dans notre propre recueil, Voices Together) est un bon exercice pour nous.
Rashard Allen est directeur musical et responsable du culte à l’Église mennonite de Neffsville, à Lancaster, en Pennsylvanie (États-Unis). Il a découvert le recueil de chants de la CMM en participant à l’ensemble international pour l’Assemblée de la CMM en Indonésie en 2022. Depuis, il a animé des ateliers sur la louange dans des assemblées mennonites en Ouganda et a coordonné les cinq chorales internationales lors de la commémoration « 500 ans d’anabaptisme » à Zurich en 2025.
Courrier : « Un messager… chargé de transmettre des nouvelles. » C’est ainsi que Paul N. Kraybill, Secrétaire général, a présenté le nouveau magazine de la CMM dans son premier numéro en 1986.
« L’Assemblée de la Conférence mennonite mondiale de 1984 à Strasbourg a fait écho à un cri souvent entendu auparavant et depuis. Nous ne nous connaissons pas assez les uns les autres. Nous formons une communauté mondiale, mais nos connaissances sont locales et limitées. Malgré nos presses, nos éditeurs et nos publications, il n’y a pas de messager international ! », écrivait-il.
Ainsi : « La Conférence mennonite mondiale est heureuse de présenter Courrier, une nouvelle revue.
Courrier est spécialement conçu pour être un messager relayant des nouvelles vers et depuis toutes les parties de la communauté mondiale mennonite.
Nous accueillons avec reconnaissance vos réponses, commentaires, suggestions, critiques et contributions — afin que ce magazine devienne véritablement un “courrier”, portant des messages dans les deux sens, à travers toutes les régions du monde. »
Depuis lors et jusqu’en 2026, le magazine a connu des changements et continuera d’en connaître ! Mais notre objectif reste d’être un lieu où la famille mondiale peut apprendre à se connaître.
Et nous souhaitons toujours entendre votre point de vue :
En quoi Courrier vous forme-t-il, vous inspire-t-il et vous aide-t-il à mieux comprendre la famille anabaptiste ?
Quelles réflexions et quels témoignages tirés de vos lectures vous ont marqué longtemps après avoir posé le magazine ?
Rejoignez la discussion
Nous vous invitons à vous joindre à nous pour échanger. Les membres de notre famille mondiale possèdent une riche expérience et une grande sagesse qui leur permettent de partager au-delà des frontières géographiques et culturelles. Nous travaillons actuellement à la mise en place d’une initiative visant à apprendre ensemble dans le cadre d’un webinaire. Restez à l’écoute pour les prochaines annonces concernant ce webinaire.
Alors que nous constatons la désunion et les désaccords autour de nous, y compris dans l’Église, puissions-nous apprendre à vivre la grâce et à accueillir la diversité.
Comment la musique des rencontres mondiales enrichit mon Église
Depuis qu’un animateur de colo m’a appris mes premiers accords de guitare, il y a bien des années, la musique occupe une place importante dans ma vie. J’aime également rencontrer des chrétiens issus d’autres cultures.
J’ai à ce jour participé à quatre Assemblées mondiales de la Conférence mennonite mondiale. Je suis émerveillé de voir comment notre foi partagée fait surgir la diversité au sein de notre unité. Le chant de bénédiction japonais « Kirisuto no heiwa ga » a trouvé sa place dans mon cœur, tout comme le chant latino-américain « Adorad a Jesus » et le chant en anglais « Way Maker ».
Les rythmes et les mélodies évoquent en moi des images de rencontres et des sentiments de joie et de proximité.
Avec ma guitare, j’ai été invité à faire partie du groupe de musique international lors du culte monumental commémorant le 500e anniversaire du mouvement anabaptiste à Zurich. Un esprit de respect mutuel nous a conduit à apprendre les différents styles musicaux qui caractérisent les chants.
Pendant les répétitions communes et le culte, j’ai eu l’impression que le paradis était descendu parmi nous. Une communauté mondiale a rendu gloire à notre Dieu digne de louange dans de nombreuses langues et expressions musicales.
Le Dimanche de la fraternité anabaptiste mondiale est l’une des occasions où les chants de la famille mondiale peuvent exprimer leur capacité à unir. Je suis heureux de partager mes propres récits de rencontres lors des Assemblées de la CMM en Indonésie (2022), aux États-Unis (2015), au Paraguay (2009) et en Inde (1997).
En chantant les cantiques dans leur langue originale, nous ressentons une proximité particulière avec la famille mondiale. Pour certains chants, j’ai également développé des textes en allemand. Les paroles allemandes rendent audibles certains aspects de notre foi commune.
En ce moment, je me prépare pour la CMERK* qui aura lieu cette année, en mai, aux Pays-Bas. En plus des chants européens, nous profiterons également de cette occasion pour chanter des chants des Assemblées de la CMM.
Avec des chants comme « Ewe Tina » et « Hakuna Akaita Sa Jesu », nous aimerions inciter les gens à participer à la prochaine Assemblée de la CMM, qui devrait se tenir en Afrique en 2028. C’est en tout cas mon espoir, car ces chants déploient leur esprit de guérison et de joie — bien sûr — dans la communauté mondiale.
*CMERK, une rencontre régionale pour toutes les Églises mennonites européennes, est une combinaison de deux noms pour l’événement : Conférence Mennonite Européenne (français) + Mennonitische Europäische Regionale Konferenz (allemand). La rencontre aura lieu du 14 au 17 mai 2026 aux Pays-Bas.
Wilhelm Unger est pasteur des Églises mennonites de Friedelseim et Limburgerhof-Kohlhof (qui font partie de l’union d’Églises membre de la CMM Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Gemeinden in Deutschland) en Allemagne.
À la fin du Sommet mondial de la jeunesse (GYS) en Allemagne, les participants se sont rassemblés autour d’un feu de joie pour chanter et faire du pain ensemble. Photo: Irma Sulistyorini
La colonne des responsables de la CMM
Les possibilités qui s’offrent à nous sont extraordinaires : un monde dans lequel les gens sont suffisamment guéris pour connaître leur valeur et donc capables d’entretenir des relations marquées par une intimité, une dignité et un respect authentiques. Un monde dans lequel de puissantes technologies et des connexions mondiales comblent les fossés plutôt que de les creuser, devenant des outils de compréhension mutuelle et d’épanouissement partagé.
En même temps, nous reconnaissons la réalité de notre époque. Partout dans le monde, de nombreuses personnes vivent dans des endroits où règne la peur, des endroits marqués par la violence, les déracinements, l’incertitude économique, la crise climatique et une profonde polarisation sociale. La peur résonne fort. Elle nous incite à nous replier sur nous-mêmes, à protéger ce qui nous appartient et à imaginer que la survie est le mieux que nous puissions espérer.
Et pourtant, il ne s’agit pas seulement de difficultés à subir. Ce sont aussi des moments qui éveillent notre courage.
Au sein de la famille anabaptiste mondiale, les communautés redécouvrent leur voix, leur capacité d’action et leur vocation à vivre différemment. La solidarité, telle que la comprend la Conférence mennonite mondiale, n’est pas un accord passif ou une préoccupation lointaine. C’est un choix fidèle de rester connecté : choisir la relation plutôt que l’isolement, l’accompagnement plutôt que le contrôle, et l’espoir plutôt que la peur.
Cette solidarité se vit lorsque nous écoutons attentivement à travers les cultures, lorsque l’expérience vécue façonne notre discernement commun et lorsque nous choisissons de ne pas nous retirer malgré l’incertitude de l’avenir.
Elle nous rappelle que la guérison est possible, qu’une nouvelle vie peut émerger des situations difficiles et que l’unité est quelque chose qui se travaille avec patience et attention.
À l’aube de 2026, nous sommes invités à prendre soin de ce qui nous a été confié : construire des espaces de confiance, renforcer les liens d’amour et façonner un avenir marqué par la paix du Christ.
Ce que nous construirons ne sera pas parfait, mais peut être empreint de fidélité.
Puissions-nous nous ouvrir à la grâce que Dieu nous a déjà donnée et la vivre à travers la solidarité, en marchant ensemble dans l’humilité, en nous choisissant les uns les autres avec courage et en faisant confiance à l’Esprit qui nous unit.
Lisa Carr-Pries est vice-présidente de la CMM (2022-2031). Elle est directrice des soins spirituels à Parkwood Community (établissement de soins de longue durée/maison de retraite) à Waterloo, dans l’Ontario, au Canada, et est membre de l’Église mennonite Nith Valley, dans l’Ontario, au Canada.
Le 21 janvier 1525, un petit groupe de croyants se réunit en secret à Zurich, en Suisse, animé par une conviction enracinée dans les Écritures.
Ils aspiraient à une Église fidèle à la suite de Jésus, une communauté où le baptême marquait une décision personnelle et consciente de suivre le Christ. Cet acte de courage, qui défiait la tradition et risquait la persécution, marque la naissance du mouvement anabaptiste mennonite.
Alors que nous célébrons notre 500ème anniversaire, nous nous souvenons de ces origines avec gratitude et humilité à travers le thème « Le courage d’aimer », inspiré de 1 Jean 4.7-21 et du Psaume 136.
1 Jean 4.7-21 nous appelle à nous aimer les uns les autres, « car l’amour vient de Dieu ». C’est au cœur de notre identité : nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier en Christ. Le courage des premiers anabaptistes d’agir selon leur foi était une réponse à l’amour parfait de Dieu, qui « chasse la peur ».
De même, le psalmiste chante à plusieurs reprises : « La fidélité du Seigneur dure à toujours » (Psaume 136). Ce refrain nous rappelle que l’amour de Dieu a porté notre Église à travers les persécutions, les souffrances et le renouveau.
Aujourd’hui, la Conférence Mennonite Mondiale perpétue cet héritage. En commémorant la date de 1525, nous nous rappelons que notre mouvement n’a pas commencé par une dispute, mais par un acte d’amour. Les premiers anabaptistes ont tout risqué. Leur amour n’est pas timide, mais constant et actif.
Incarnons cet acte : le courage d’aimer. Le courage de pardonner quand on vous fait du tort. Le courage de résister à la violence par la paix. Et le courage de suivre Jésus même quand le chemin est difficile.
Sunoko Lin est trésorier de la CMM. Originaire d’Indonésie, il vit aujourd’hui à Los Angeles, en Californie (États-Unis), où il est pasteur de la Maranatha Christian Fellowship, une paroisse de la LMC : A Fellowship of Anabaptist Churches (Communauté des Églises anabaptistes).
Dans la constitution de 2009 de la CMM, le Conseil Général a établi des commissions permanentes — Diacres, Foi & Vie, Mission, Paix — « d’importance vitale pour la communauté d’Églises de la CMM ».
Les commissions préparent des questions ou documents à étudier par le Conseil Général, conseillent et proposent des outils à la CMM ou à ses églises membres, et peuvent aussi aider les réseaux de la CMM ou des lieux de communion fraternelle à travailler ensemble sur des questions d’intérêt commun.
À travers le regard de la Commission Paix, Joji Pantoja souligne comment celle-ci a contribué à la fraternité, au culte, à l’entraide et au témoignage au sein de la communion anabaptiste mondiale, et comment elle a aidé la CMM à devenir une communauté spirituelle mondiale dans la tradition anabaptiste.
Lorsque j’étais présidente, la Commission s’est efforcée de traduire notre théologie de la paix en un témoignage concret mondial. Trois moments ont marqué cette période, chacun illustrant une facette différente de notre témoignage pour la paix.
Le premier a été notre travail avec les Wounaan au Panama, où une visite communautaire a conduit la CMM à plaider auprès de leur gouvernement pour protéger leurs arbres sacrés, les cocobolos, et leur rôle de protecteurs de la forêt.
Il s’agissait là d’une action concrète et enracinée en faveur de la paix : défendre la création de Dieu et les communautés qui la soutiennent.
Le deuxième moment a été la rédaction d’une déclaration générale de la CMM affirmant notre soutien aux droits des peuples autochtones dans le monde entier. Il s’agissait là d’une prise de position prophétique en faveur de la paix. La Commission a joué un rôle déterminant dans la rédaction de cette déclaration, en s’appuyant sur les principes bibliques de justice.
Cette déclaration nous a permis de passer d’une réaction aux crises à une définition proactive de notre identité mondiale, donnant à chaque Église membre un fondement théologique pour la solidarité.
La troisième a été notre intervention directe en faveur d’un objecteur de conscience en Corée, membre de notre famille mondiale et emprisonné pour avoir refusé, en raison de sa foi, de participer à l’entraînement militaire. Ici, notre témoignage de paix s’est transformé en plaidoyer pastoral. La Commission a mobilisé toute la CMM pour plaider en faveur de sa libération, affirmant que notre position théologique sur la paix a des conséquences concrètes pour nos membres.
Cette action a démontré que la Commission ne se contente pas de faire de grandes déclarations, mais qu’elle soutient également les personnes dont la vie incarne nos convictions fondamentales, garantissant ainsi que notre communion mondiale est une source tangible de soutien et de témoignage.
Souvenir précieux
Je me souviens du silence complet qui régnait dans la salle après que l’ancien Wounaan eut parlé de la forêt comme d’un membre de la famille. Ce moment de conviction partagée, où notre théologie rencontrait leur réalité vécue, a été sacré.
De même, je chéris le cheminement, dans la patience et la prière, qui a mené à la rédaction de la Déclaration de Solidarité avec les Peuples Autochtones. Ce processus n’a pas été rapide ; il a fallu près de deux ans pour finaliser le document de prise de position. Cette longue période n’était pas synonyme de retard, mais une « saison » nécessaire de communion fraternelle. Nous avons écouté, débattu et affiné le texte afin de nous assurer qu’il représentait véritablement notre famille mondiale dans toute sa diversité.
Le moment où tout a finalement été harmonisé et où nous l’avons adopté a été incroyablement puissant. Nous n’avons pas seulement approuvé un document ; nous avons été témoins du fruit d’un discernement collectif soutenu, vivant véritablement l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix.
Avenir
Je rêve que la Commission crée des boîtes à outils pratiques pour les Églises sur la manière de s’engager dans les processus locaux de vérité et de réconciliation, ou qu’elle facilite les partenariats dans lesquels les Églises ayant une expérience en matière de justice foncière peuvent encadrer d’autres Églises.
Passons des déclarations percutantes à l’autonomisation d’un millier de témoins locaux, tous reliés et renforcés par notre communion mondiale.
Le travail très important et significatif de la Commission Diacres, qui consiste à accompagner les Églises dans les moments de souffrance et de détresse ainsi que dans les moments de joie pour encourager nos frères et sœurs, a été et continuera d’être tel qu’il a commencé dans Actes 6.1-7. Ces expériences ont véritablement rapproché nos communautés et continueront de le faire afin qu’elles soient le « sel de la terre » et la « lumière du monde. » – Cynthia Peacock (Inde), présidente (2009-2015)
Foi et Vie
Nous avons mis en place une méthode de travail dynamique dans laquelle différents membres ont préparé des études de cas sur des sujets importants qui avaient été choisis (parfois avec beaucoup de difficultés ou de conflits) dans des Églises de chaque pays. J’ai été reconnaissante de cette occasion de travailler avec l’ensemble de la Commission sur cette tâche, en tirant parti de l’expérience rassemblée sur les cinq continents et en apprenant beaucoup sur nous-mêmes au cours du processus. – Anicka Fast (Canada), secrétaire (2023-)
Mission
Il nous semblait juste et bon, à nous et à l’Esprit, de réunir enfin les organisations anabaptistes du monde entier engagés dans la mission. Pourquoi ne coopérerions-nous pas ? Pourquoi ne collaborerions-nous pas ? – Janet Plenert (Canada), présidente du Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) (2009)
Dans des circonstances remarquablement similaires à celles d’aujourd’hui, un groupe de mennonites a entrepris un pèlerinage depuis le sud de la Russie (aujourd’hui l’Ukraine) jusqu’à Zurich, en Suisse, en 1925. Ils transportaient un message de la Conférence mennonite panrusse à présenter lors du premier rassemblement mondial de la Conférence Mennonite Mondiale.
La délégation a exprimé ces aspirations dans sa lettre : « Nous accueillons favorablement l’idée de créer une union mennonite mondiale, dont l’expression unanime devrait être une réunion des représentants de tous les mennonites du monde ».
La création d’une organisation mennonite mondiale et diversifiée renforcerait l’Église, en particulier parmi les petits groupes dispersés. Elle pourrait faciliter le financement des écoles chrétiennes, encourager les activités missionnaires, aider les nécessiteux et les souffrants, relever les défis de la migration et établir un annuaire mondial.
La lettre apporte un message inspirant de mutualité, de solidarité mondiale et d’espoir d’unité au milieu d’une diversité dramatique.
Les temps ont-ils changé ? Ou avons-nous encore besoin qu’on nous rappelle l’importance cruciale de l’unité compte tenu de la diversité de nos propres expériences ?
Il y a plus de 2 500 ans, un autre groupe a entamé un pèlerinage à Jérusalem depuis une région plus à l’Est, porteur d’un message à partager entre les communautés d’autres groupes juifs exilés. Nous connaissons aujourd’hui ce message sous le nom de Psaume 133, qui se commence avec :
« Oh ! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble ! » (Psaume 133.1, SEM)
En chantant ce cantique chaque année, les exilés ont découvert que le fait « d’être ensemble » est un don de Dieu, une réalité concrète et attrayante.
Un don de Dieu
Le passage explique comment l’huile et la rosée descendent. Ces images illustrent la manière dont le psalmiste envisage l’unité des Israélites : elle est accordée par Dieu. La véritable unité ne peut être construite ou atteinte par des accords humains sur des doctrines ou des pratiques ; c’est un don divin.
Une réalité attrayante
L’unité est une bénédiction qui attire d’autres bénédictions. C’est une vie épanouie qui s’étend vers l’extérieur – un parfum qui se répand, une rosée qui imprègne. Tout comme un arôme agréable attire l’attention, l’unité du peuple de Dieu est quelque chose que tout le monde souhaite expérimenter. Lorsqu’on la découvre, elle devient irrésistible.
Une réalité concrète
Le premier mot après le titre du Psaume 133, le mot hébreu hinneh – qui signifie « regarder » ou « contempler » – revêt une grande importance. En nous invitant à « regarder », le texte suggère que l’unité du peuple de Dieu n’est pas simplement un concept « spirituel ». Ce n’est pas non plus quelque chose que nous ne connaîtrons qu’après la mort. L’unité du peuple de Dieu est une réalité tangible qui peut être vue et ressentie ici et maintenant.
Pendant des siècles, les théologiens chrétiens ont vu dans ce psaume un avant-goût du concept néotestamentaire d’être un ou de communion, où l’unité n’est pas comprise comme l’uniformité ou l’unisson, mais comme l’harmonie au sein de la diversité.
Comme les Israélites en exil, la délégation mennonite de 1925 espérait que l’unité deviendrait une réalité tangible. Ils espéraient faire partie d’un organisme mondial plus grand qu’eux même.
Ils ont imaginé une organisation qui incarnerait cette unité.
Et aujourd’hui ?
Nous vivons ce que la délégation avait envisagé il y a 100 ans.
Cette communauté tant espérée a pris la forme de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM).
Nous nous efforçons d’incarner la communion.
Nous facilitons le travail en interdépendance dans les ministères de l’éducation, de la mission et de la paix.
Nous aidons les Églises qui souffrent et nous nous engageons dans de nombreuses autres initiatives visant à renforcer l’unité.
Alors que nous célébrons le centenaire de la CMM, rappelons-nous que l’unité est un don de Dieu. Soyons attirés par elle comme par un aimant. Rendons-la tangible. Prions pour que notre unité soit source d’espoir pour nos Églises dans les moments de souffrance et d’oppression, et pour un monde qui se désagrège sous le poids de la violence, du nationalisme, de la fragmentation et de la polarisation.
César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cet article est adapté de son sermon prononcé à Schönblick, en Allemagne, le 25 mai 2025, à l’occasion du 100ème anniversaire.
Il y a quelques années, nous avions organisé une réunion des Commissions aux Pays-Bas. Avec d’autres personnes, j’étais chargé d’aller chercher les participants à l’aéroport. Nous étions en train de dîner lorsque mon téléphone a sonné. C’était quelqu’un qui appelait au nom d’un membre d’une Commission originaire d’Angola dont le vol avait été retardé. La personne m’a informé que l’Angolais était prêt et attendait que son frère vienne le chercher.
Lorsque je suis arrivé au point de rendezvous, la personne qui avait appelé était toujours là. Je n’oublierai jamais la surprise sur son visage lorsqu’il a réalisé que j’étais le ‘frère’ de cet Africain.
Nous ne correspondions pas à l’image qu’il se faisait des frères. Mon frère angolais et moi ne correspondions pas au stéréotype.
N’est-ce pas cela, être chrétien, et particulièrement, anabaptiste, dans le monde d’aujourd’hui?
Dans ce monde, les gens haïssent les autres parce qu’ils sont différents, parce qu’ils ont des idées politiques différentes, parce qu’ils parlent une autre langue, parce que… parce que… Il y a tant de raisons.
Les responsables passés et présents de la CMM célèbrent les 100 ans de la CMM (de gauche à droite) : Sandra Báez, César García, Henk Stenvers, Larry Miller, Eleanor Miller, Janet Plenert et Danisa Ndlovu.
Nous avons besoin de courage
Si nous voulons suivre le Christ, qui nous a enseigné à aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous avons besoin de courage.
Le courage de dire NON à la haine et OUI à l’amour, même si cela va à l’encontre de nos propres intérêts.
Le courage d’aimer, même si les autres ne nous aiment pas.
Le courage de ne pas nous conformer, mais de montrer qu’une autre voie est possible, une voie qui mène à la paix plutôt qu’à la guerre.
Nous avons besoin du courage dont ont fait preuve ceux qui, il y a 500 ans à Zurich, ont défié les pouvoirs en place parce qu’ils voulaient être de véritables disciples du Christ.
J’espère, et je prie pour, voir encore beaucoup de visages surpris, comme celui de cet homme à l’aéroport, lorsque nous, communauté de disciples du Christ, nous nous aimons les uns les autres, vivons l’unité malgré nos différences et proclamons ainsi un message de paix.
—Henk Stenvers est président de la Conférence Mennonite Mondiale (2022-2028). Il vit aux Pays-Bas.
Dans toute la ville, remplie d’anabaptistes, les cloches ont retenti ! Environ 3 500 personnes, voire plus, ont envahi les rues de la vieille ville de Zurich le jour de l’Ascension, le 29 mai 2025, pour commémorer le 500e anniversaire de l’anabaptisme.
« Aujourd’hui, nous, mennonites de Suisse, sommes une petite communauté », dirent Gladys Geiser et Lukas Amstutz, coprésidents de la Konferenz der Mennoniten der Schweiz, en ouvrant le culte. La ville hôte est le lieu des premiers baptêmes d’adultes connus du mouvement anabaptiste. « Mais, comme nous pouvons le voir lors de ce culte, nous faisons partie d’un mouvement qui est devenu diversifié et international. »
Depuis ses débuts avec quelques croyants courageux en Europe, la Conférence Mennonite Mondiale compte désormais 111 unions d’églises dans 61 pays à travers le monde (après la réunion du Comité Exécutif qui s’est tenue quelques jours plus tôt en Allemagne).
« Aujourd’hui, nous pouvons tous nous rassembler ici : toutes les nations, comme il est écrit dans la Parole – toutes les nations, toutes les tribus, toutes les langues.
Seul le Seigneur peut faire cela », dit Jean-Claude Ambeke, un Frère mennonite angolais vivant en France.
Les nuages du matin ont laissé place à une journée ensoleillée, idéale pour se promener dans les rues historiques, remplir les salles de conférence ou écouter les chorales. L’Église réformée a même fourni un vendeur ambulant qui distribuait des glaces.
Les participants ont pu se dégourdir les jambes en participant à une visite guidée à pied ou en faisant des jeux de rôles ‘sur le chemin de l’histoire’, tandis que plus d’une douzaine d’ateliers présentaient diverses perspectives sur l’anabaptisme : témoignages, aperçus historiques et questions d’actualité. En outre, la théologienne et journaliste suisse Judith Wipfler a animé une table ronde avec des responsables anabaptistes vivant dans des zones connaissant de grandes difficultés et des conflits, sur le thème ‘Un monde en feu’.
Cinq chorales de différentes parties du monde ont donné un concert en intérieur et en extérieur et se sont jointes à une chorale imposante pour le culte. Elles ont interprété des chants préférés de l’Assemblée, tels que « Ewe Thina » et « Kirisuto no heiwa ga ». Un nouveau chant a été présenté par Songs of Peace, dont le refrain est « Nous voulons la justice, nous voulons la paix ! ».
Une église importante
Les files d’attente pour le culte de clôture ont commencé en milieu d’après-midi. La Grossmünster, qui compte 1 200 places, était pleine à craquer, tout comme les salles annexes (Predigerkirche 350, Friedenskiche 250, FEG 100 et Helferei 130, ajoutée à la dernière minute) — et des centaines de personnes sont restées dehors, assises sur la place ou dispersées dans les cafés, regardant le service sur leur téléphone portable.
Pendant ce temps, partout dans le monde, des milliers de personnes se sont connectées en ligne chez eux ou se sont réunies dans des églises, des bureaux ou des musées.
Avec la présence de représentants de 13 communions mondiales et de trois organisations œcuméniques multilatérales en tant qu’invités d’honneur, le culte n’était pas seulement consacré à l’anabaptisme, mais aussi à une nouvelle étape sur le chemin de la réconciliation.
Un cheminement vers la réconciliation
« Nous avons tous hérité d’un lourd passé marqué par les divisions de la Réforme. Nous savons que des différences théologiques et pratiques subsistent, mais nous nous réjouissons du cheminement vers la réconciliation que nous avons parcouru ensemble », a déclaré Janet Plenert lors de la liturgie.
Le service a réuni des responsables de la Fédération luthérienne mondiale et de la Communion mondiale des Églises réformées ; le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens a apporté un message du pape Léon XIV. « Je vous assure de ma prière pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. », a lu le cardinal.
Alors que John D. Roth, de la CMM, et Hanns Lessing, de la CMER, ont confessé le ‘témoignage commun de l’unité de l’Église’ de leurs communautés, les secrétaires généraux César García et Setri Nyomi se sont lavé mutuellement les pieds « en signe tangible de notre engagement en faveur de la réconciliation », dit J. Nelson Kraybill.
Une autre expression concrète de soutien a été la mise à disposition gratuite des bâtiments de l’Église réformée, y compris l’emblématique Grossmünster.
« Se retrouver dans la Grossmünster 500 ans après la division, désormais en tant que ‘famille réconciliée’, est un moment fort dans notre mémoire collective qui, je l’espère, changera la façon dont la prochaine génération racontera notre histoire », a dit John D. Roth.
La rencontre, délibérément placée sous le signe de la commémoration, s’est ainsi terminée dans une ambiance festive. Des chœurs venus de cinq régions ont formé un tunnel de chants à la sortie de l’église, sur la place, et les invités ont pris congé en chantant « Siyahamba » (Nous marchons dans la lumière de Dieu).
Dieu de compassion, dans un monde divisé par le nationalisme, les conflits religieux, la xénophobie et la guerre, tu nous as réunis aujourd’hui pour former un peuple issu de nombreuses nations, parlant multiples langues et membres de différentes Églises.
C’est par ta grâce, ô Dieu, que nous pouvons nous retrouver dans l’amour. Merci pour l’hospitalité extraordinaire dont ont fait preuve la ville de Zurich et les Églises réformées de Suisse envers les anabaptistes. Bénis cette généreuse bonté !
Merci pour le témoignage de tous ceux présents ici aujourd’hui et qui connaissent et expriment ton amour réconciliateur. Même si l’Église mondiale est parfois divisée, tu nous appelles à vivre comme des frères et sœurs en Christ. Donne-nous le courage de nous aimer les uns les autres et d’aimer « l’autre », quel qu’il soit.
Répands ton Esprit Saint sur nous aujourd’hui afin que ta guérison et ton amour puissent se répandre à travers nous vers le monde. Fais de nous, et des Églises que nous représentons, « une nouvelle humanité » unie dans l’amour, « afin que le monde sache » que notre espérance est en Christ, au nom duquel nous prions.
Amen.
Sunoko Lin, trésorier de la CMM, préside la prière d’ouverture au Grossmünster lors du culte de clôture de la journée anniversaire à Zurich (Suisse).Environ 1200 fidèles venus du monde entier ont rempli la Grossmünster pour le culte de clôture, et des milliers d’autres ont suivi l’événement en ligne/Dale Gehman
Officiant: Enfants de Dieu, nous nous retrouvons ensemble à Zurich, une ville historique, berceau d’un mouvement de renouveau du XVIe siècle dirigé par Ulrich Zwingli, et lieu de naissance de ce mouvement qu’on appelle aujourd’hui l’anabaptisme.
[Des centaines de petits tracts contenant des messages tombent du balcon sur les personnes assises dans les bancs et sur l’estrade. Trois manifestants en costume d’époque se lèvent et s’écrient.]
1er manifestant/e : Mais qu’est-ce que c’est que cette église ?! Qui appartient vraiment au corps du Christ ? Les Écritures appellent les disciples de Jésus à se séparer de ceux qui ne mènent pas une vie pure !
2emanifestant/e : D’exclure ceux qui ne baptisent pas uniquement sur confession de foi !
3e manifestant/e : D’exclure ceux qui détiennent l’autorité et qui ne laissent pas nos assemblées vivre tranquilles et en paix !
Officiant: Vous perturbez un culte ! Qui êtes-vous ? Pourquoi faites-vous cela ?
1er manifestant/e : Nous sommes vos ancêtres anabaptistes. Le Christ est notre autorité. Lui aussi a perturbé l’ordre établi !
2emanifestant/e : Nous avons étudié la Parole. Dieu nous a donné une vision !
1er manifestant/e : Écoutez-nous !
3e manifestant/e : Le royaume de Dieu est proche !
1er manifestant/e : Heureux ceux qui ont faim et soif de justice !
3e manifestant/e : Aux riches, nous disons : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ! »
2emanifestant/e : Aux puissants nous disons : « La guerre est contraire à la volonté de Dieu ». Nous obéissons à Dieu et non aux autorités humaines !
3e manifestant/e : Le Christ est avec ceux qui n’ont personne pour les aider — avec les réfugiés, les victimes de la violence, ceux qui sont emprisonnés pour leur foi et leur identité.
Officiant: Attendez… s’il vous plait ! Écoutez la parole du Seigneur, telle que l’apôtre Paul l’a proclamée.
N’ayez pas de prétentions au-delà de ce qui est raisonnable. Chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage. Nous avons plusieurs membres en un seul corps et ces membres n’ont pas tous la même fonction. … Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ; rivalisez d’estime réciproque.
Repentance et lamentation
Officiant : L’assemblée vous a écouté. Le cœur tremblant, nous partageons votre espoir et nous partageons vos plaintes. Tous ceux qui sont ici réunis aujourd’hui souhaitent ressembler davantage à Jésus. Nous avons tous péché et sommes privés de la gloire de Dieu. Prions pour la grâce de confesser nos péchés et de mener une vie sainte.
1er manifestant/e : Merci de nous avoir écoutés.
Officiant : Les eaux du baptême nous ont divisés.
[versant de l’eau]
Mais ceux qui boivent à la source salvatrice de Jésus n’auront plus jamais soif. Purifie-nous, Saint-Esprit, rafraîchis-nous avec l’eau de la vie éternelle.
Officiant : Nous ne croyons pas que Jésus soit mort en vain. Nous ne croyons pas que ceux qui ont souffert pour leur foi à travers les âges l’aient fait en vain.
2e manifestant/e : Oui ! Nous avions besoin de vous l’entendre dire.
Officiant : Prions. Dieu tout-puissant, nous venons devant toi non pas par notre propre justice, mais grâce à ta grande miséricorde.
1ermanifestant/e : Pardonne-nous l’arrogance de penser que nous pourrions être parfaits et sans péché.
2e manifestant/e : Que nous vivions dans des communautés à l’écart du monde ou au milieu du monde, pardonne-nous d’être aveugles aux besoins de nos prochains.
3e manifestant/e : Pardonne-nous toutes les fois où nous n’avons pas « pratiqué la justice et aimé la miséricorde ».
1ermanifestant/e : Pardonne-nous notre silence… de ne pas avoir su « rendre raison de l’espérance qui est en nous ».
2emanifestant/e : Pardonne-nous d’avoir refusé de travailler avec des personnes différentes de nous, même lorsque le besoin était grand.
3e manifestant/e : Pardonne-nous d’avoir méprisé d’autres églises et d’avoir manqué des occasions d’apprendre d’elles et de collaborer avec elles. Merci pour ces communautés de foi qui nous ont ouvert leur cœur et qui marchent avec nous sur le chemin de Jésus.
Officiant : Reçois nos prières, ô Père, au nom de Jésus-Christ, par la puissance du Saint-Esprit.
Ensemble, unissons-nous dans la prière que le Christ a prononcée… chacun dans sa propre langue.
« Notre Père… »
Annonce du pardon
Officiant : Le Christ lui-même a dit : « Tes péchés sont pardonnés. Va et ne pèche plus ». Nous sommes pardonnés, aimés et libres. Amen.
Lisa Carr-Pries (Canada), vice-présidente de la CMM, et Danisa Ndlovu (Zimbabwe), ancien président de la CMM, ont dirigé cette liturgie. Ebenezer Mondez (Philippines), James Jakob Fehr (Allemagne)et Ulrike Schmutz (Suisse)ont joué le rôle des manifestants.
Aman Ganjboir, délégué YABs d’Inde, se prépare à lancer des tracts depuis la mezzanine pour ‘perturber’ le service religieux/Irma Sulistyorini
James Jakob Fehr (Allemagne) en costume d’époque, premier manifestant/CMM
Ulrike Schmutz (Suisse), deuxième manifestante/CMM
Ebenezer Mondez (Philippines) en habit traditionnel, troisième manifestant/CMM
Liturgie de réconciliation : Notre chemin vers la réconciliation
Voici [ci-dessous] les paroles que les responsables des différentes communions ont prononcé. Lorsque les représentants luthériens et mennonites ont pris la parole, ils ont tracé une croix sur le front de leur interlocuteur. Lorsque les représentants réformés et mennonites ont pris la parole, les secrétaires généraux se sont lavé les pieds mutuellement.
Représentants
Représentants de la Conférence Mennonite Mondiale
Anne-Cathy Graber, secrétaire aux relations œcuméniques
J. Nelson Kraybill, ancien président
Janet Plenert, ancienne vice-présidente, actuelle coordinatrice des représentants régionaux
John D. Roth, président du comité de planification de Renouveau
Larry Miller, ancien secrétaire general
Représentant de l’Église catholique
Cardinal Kurt Koch, Préfet, Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens
Représentant de la Fédération luthérienne mondiale
Pasteure Anne Burghardt, secrétaire générale
Représentants de la Communion mondiale d’Églises réformées
Pasteur Hanns Lessing, secrétaire exécutif pour la communion et la théologie
Pasteur Dr Setri Nyomi, secrétaire général intérimaire
Les mennonites
Aujourd’hui, lors de notre culte [des membres de la] Conférence Mennonite Mondiale, ainsi que des représentants d’autres traditions anabaptistes et des Églises libres, se sont réunis aux côtés de représentants de l’Église catholique romaine, de la Fédération luthérienne mondiale et de la Communion mondiale d’Églises réformées pour rendre un témoignage commun.
Nous héritons tous d’un lourd passé marqué par les divisions issues de la Réforme. Nous savons que des différences théologiques et pratiques subsistent, mais nous nous réjouissons du cheminement vers la réconciliation que nous avons parcouru ensemble.
En 2003, catholiques et mennonites ont conclu un dialogue de cinq ans intitulé ‘Appelés ensemble à faire Œuvre de Paix’, qui partait du constat commun que ‘l’allégeance au Christ comme Seigneur prime sur les exigences de l’État’.
Plus récemment, la participation des catholiques et des luthériens au Dialogue trilatéral sur le baptême a contribué à clarifier les points de convergence ainsi que les différences persistantes concernant notre compréhension et notre pratique du baptême. Nous considérons ces dialogues comme un don à l’Église.
Les catholiques
Message du Saint Père Léon XIV aux participants à la commémoration des 500 ans du mouvement anabaptiste
Alors que vous vous réunissez pour commémorer les 500 ans du mouvement anabaptiste, chers amis, je vous salue cordialement en reprenant les premiers mots prononcés par Jésus ressuscité : « La paix soit avec vous! » (Jean 20.19).
Dans la joie de la célébration de Pâques, comment ne pas méditer sur l’apparition du Christ le soir de ce « premier jour de la semaine » (ibid.), lorsque Jésus a non seulement traversé les murs et les portes closes, mais est aussi entré dans le cœur de ses disciples où régnaient la peur et la confusion ? En outre, en accordant son don si précieux de la paix, le Christ était sensible aux expériences de ses disciples, ses amis, et n’a pas caché les marques de sa Passion encore visibles sur son corps glorieux.
En recevant la paix du Seigneur et en acceptant son appel, qui implique d’être ouvert aux dons du Saint Esprit, tous les disciples de Jésus peuvent s’immerger dans la nouveauté radicale de la foi et de la vie chrétiennes. En effet, un tel désir de renouveau caractérise le mouvement anabaptiste lui-même.
La devise choisie de votre célébration, « Le courage d’Aimer », nous rappelle, avant tout, la nécessité pour les catholiques et les mennonites de tout mettre en œuvre pour vivre le commandement de l’amour, l’appel à l’unité chrétienne et la mission de servir les autres. Elle souligne également la nécessité d’une réflexion honnête et bienveillante sur notre histoire commune, qui comporte des blessures douloureuses et des récits qui affectent les relations et les perceptions qu’ont les catholiques et les mennonites jusqu’à aujourd’hui.
Combien importante est donc cette purification des mémoires, et cette relecture commune de l’histoire, qui peuvent nous permettre de guérir les blessures du passé et de construire un nouvel avenir grâce au « courage d’aimer » ! En outre, ce n’est qu’ainsi que le dialogue théologique et pastoral pourra porter des fruits qui demeurent (cf. Jean 15.16).
Ce n’est certainement pas une tâche facile ! Pourtant, c’est précisément dans des moments particuliers d’épreuve que le Christ a révélé la volonté du Père : c’est lorsque les pharisiens ont cherché à l’éprouver qu’il nous a enseigné que les deux plus grands commandements sont d’aimer Dieu et notre prochain (cf. Matthieu 22.34-40). C’est à la veille de sa Passion qu’il a parlé de la nécessité de l’unité, « afin que tous soient un […] afin que le monde croie » (Jean 17.21). Mon souhait pour chacun de nous est donc que nous puissions dire avec saint Augustin : « Mon espérance tout entière repose uniquement sur la grandeur immense de ta miséricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu désires. » (Les Confessions, X, 29, 40).
Enfin, dans notre monde déchiré par la guerre, notre marche continue vers la guérison. L’approfondissement de la communion fraternelle a un rôle essentiel à jouer, car plus les chrétiens seront unis, plus notre témoignage du Christ, Prince de la Paix, sera efficace pour édifier une civilisation où l’on se rencontre dans l’amour.
Avec ces vœux, je vous assure de ma prière pour que nos relations fraternelles s’approfondissent et grandissent. Sur vous tous, j’invoque la joie et la sérénité qui viennent du Seigneur ressuscité.
En 2010, l’Assemblée mondiale luthérienne, réunie à Stuttgart, en Allemagne, a officiellement approuvé une ‘action mennonite’, sur la base du rapport d’un dialogue de cinq ans intitulé ‘Guérir les Mémoires : se réconcilier dans le Christ’. Un culte de réconciliation a été célébré, au cours duquel les deux communautés se sont mutuellement pardonnées et se sont engagées à interpréter les confessions luthériennes et les récits mennonites de leur passé à la lumière de l’histoire commune décrite dans ce rapport. Ce processus a marqué un moment clé dans les relations entre nos deux communautés et a jeté les bases d’un apprentissage mutuel sur les thèmes du baptême et de la relation des chrétiens à l’État.
Lors du service de réconciliation en 2010, toutes les personnes présentes ont fait le signe de la croix afin de nous rappeler la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. La croix touche les blessures du péché, guérit nos fractures et restaure nos vies. Elle promet la guérison par la grâce de Dieu et est le signe du don d’un cœur nouveau et d’un esprit nouveau.
Aujourd’hui, la Conférence Mennonite Mondiale et la Fédération Luthérienne Mondiale se souviennent et renouvellent leur engagement par le signe de la croix.
Les luthériens
Lors du dialogue ‘Guérir les Mémoires’, nous nous sommes engagés à écouter attentivement l’histoire de l’autre communion et à relater l’histoire de nos débuts communs d’une manière qui puisse être acceptée par les deux parties. La conviction luthérienne selon laquelle l’initiative de Dieu rend possible notre réponse dans la foi a été chaleureusement accueillie par les mennonites. La demande luthérienne de pardon pour avoir persécuté les anabaptistes a été pleinement accordée. L’analyse commune et honnête du baptême a contribué à ouvrir la voie à un dialogue trilatéral fructueux sur le baptême avec la Conférence Mennonite Mondiale et l’Église catholique.
Nous rendons grâce à Dieu que de plus en plus de luthériens et de mennonites apprécient le témoignage de l’Évangile de chacun.
Les mennonites
Aujourd’hui, à Zurich, nous célébrons les progrès accomplis vers la réconciliation avec les représentants de la tradition réformée.
En 2004, la ville de Zurich et l’Église réformée suisse ont contribué à l’érection d’une plaque commémorative sur les rives de la Limmat, en souvenir de l’exécution de Felix Manz et de six autres anabaptistes à Zurich.
Trois ans plus tard, la Conférence mennonite suisse et l’Église réformée du canton de Zurich ont conclu un dialogue important dans lequel elles s’engageaient à poursuivre le chemin de la réconciliation. Dans ce document, les mennonites affirmaient : « Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes. Nous appartenons à Jésus-Christ, qui nous appelle à le suivre, qui a abattu le mur de la séparation et qui a uni les peuples proches et lointains en un seul corps. »
La semaine dernière, le Conseil Général de la Conférence Mennonite Mondiale a officiellement reçu une déclaration rédigée avec des représentants de la Communion mondiale d’Églises réformées intitulée ‘Restaurer l’intégrité de notre famille : la recherche d’un témoignage commun’.
Pendant que nous écouterons une litanie de confession, de gratitude et d’engagement tirée de cette déclaration, le Secrétaire General de la Conférence Mennonite Mondiale, César García, et le Secrétaire General par intérim de la Communion mondiale d’Églises réformées, Setri Nyomi, se laveront mutuellement les pieds en signe tangible de notre engagement en faveur de la réconciliation. Nous vous invitons tous à être témoins de ce signe de repentance et de pardon.
Les réformés
Nous avons confessé l’origine commune de nos Églises et la douleur causée par leur fracture. Nous demandons à Dieu de bénir la redécouverte d’une compréhension commune de l’Évangile afin qu’elle inspire l’évangélisation et la paix.
Les mennonites
En présence de représentants de l’Église tout entière, la Conférence Mennonite Mondiale et la Communion mondiale d’Églises réformées rendent un témoignage commun de l’unité de l’Église.
Les réformés
Aujourd’hui, nous commémorons les origines communes de nos communions mondiales, nous confessons notre relation brisée, et nous nous réjouissons de ce que maintenant, grâce à des efforts soutenus pendant de nombreuses années pour nous comprendre mutuellement et nous réconcilier, nous pouvons obéir à Christ notre Paix en nous engageant dans l’unité de l’Esprit. Liés les uns aux autres, nous persévérons dans l’entretien de cette unité. Nous nous engageons à être humbles, patients, honnêtes et, par-dessus tout, animés par l’amour, dans notre marche commune en tant que corps unique de Christ.
Les mennonites
Rassemblés sous le regard bienveillant de Dieu, nous célébrons le fait que notre identité se trouve dans notre confession commune de Jésus comme Seigneur, dans nos ancêtres communs de foi, et dans notre appel commun à être des disciples et des témoins de l’Évangile au sein d’un monde fragmenté.
Les réformés
Nous avons été bénis dans nos traditions d’avoir une passion pour la justice et la paix. Que le Dieu de la croix et de la résurrection nous donne le courage et le désir de poursuivre la paix et de pratiquer la justice qui résiste à la violence, à l’oppression et au désastre écologique, une justice qui trouve son expression la plus complète dans le pardon, la miséricorde et la réconciliation.
Les mennonites
Aujourd’hui, en tant que membres anabaptistes et réformés du Corps de Christ, nous affirmons que notre témoignage devant le monde est nourri et soutenu par la grâce de Dieu qui nous rend capables d’aimer Dieu, de nous aimer les uns les autres, ainsi que toute la création.
Les réformés
Ensemble, nous nous engageons dans la mission fondamentale de la proclamation de l’Évangile d’amour dans chacun de nos contextes, face aux défis et exigences qui leur sont propres. Nous ne voulons pas laisser la peur, la méfiance ou des obstacles au dialogue nous détourner de cet appel.
Les mennonites
Nous promettons de cheminer ensemble pour guérir les blessures du passé, et travailler à l’unité du Corps de Christ. Nous nous engageons à apprendre les uns des autres en partageant la richesse et la diversité de nos traditions. Nous nous attachons à coopérer de façon résolue pour proclamer la miséricorde de Dieu et ouvrir les portes à la justice qui conduit à la paix.
Les réformés
Ensemble, nous prions pour le Corps de Christ. En Christ nous sommes membres les uns des autres, sœurs et frères de la même chair et du même Esprit.
Les mennonites
Ensemble, nous accueillons le don de l’unité dans la conviction que c’est toi, ô Dieu, qui es en train de restaurer l’intégrité de ta famille. Amen
Confesser ensemble notre foi
En reconnaissance de notre identité commune au sein du corps du Christ, les participants se sont levés et ont récité – chacun dans sa propre langue – le Credo de Nicée. Cette ancienne déclaration de foi chrétienne issue du Conseil œcuménique de Nicée marque cette année son 1700e anniversaire.
Larry Miller, secrétaire général émérite de la CMM, trace une croix sur le front de la Rév. Dr Anne Burghardt, secrétaire générale de la Fédération luthérienne mondiale/Dale Gehman
Anne-Cathy Graber, secrétaire aux relations œcuméniques, CMM/CMM
Le pasteur Hanns Lessing, secrétaire exécutif de la Communion mondiale d’Églises réformées, domaines de la communion et de la théologie/CMM
Le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, transmet les salutations du pape Léon XIV/CMM
Le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général intérimaire de la Communion mondiale d’Églises réformées, lave les pieds de César García, secrétaire général de la CMM/CMM
La litanie a été ponctuée en versant de l’eau en souvenir du baptême, et par de courts morceaux à l’orgue.
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour le culte dans la ville où les premiers anabaptistes ont été inspirés par les enseignements d’Ulrich Zwingli… et au bord des eaux de la Limmat où Felix Manz, le premier martyr anabaptiste, a été exécuté.
[L’eau est versée]
Dieu d’amour, nous nous souvenons de Felix Manz et des disciples de l’Agneau de toutes époques et de tous lieux qui ont souffert à cause de leur fidélité.
Une voix forte sort du trône de Dieu et dit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. […] À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » (Apocalypse 21.5-6)
[L’eau est versée]
Dieu d’amour, dans un monde déchiré par la guerre et dans une Église mondiale trop souvent divisée, comme nous avons soif que tu renouvelles toutes choses ! Viens, Seigneur Jésus !
[interlude à l’orgue]
« Puis il me montra un fleuve d’eau vive, brillant comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve, est un arbre de vie produisant douze récoltes. Chaque mois il donne son fruit, et son feuillage sert à la guérison des nations. » (Apocalypse 22.1-2)
Nous voyons avec douleur que nos différences sont devenues une source de conflit et de division, et nous prions aujourd’hui pour avoir le courage et la créativité nécessaires pour les repenser de manière à enrichir notre unité dans le corps du Christ.
[L’eau est versée]
Pour la guérison des nations ! Pour la guérison de l’Église ! « En Christ, nous sommes membres les uns des autres, sœurs et frères de la même chair et du même Esprit… »
Dieu de guérison, le fleuve d’eau vive nous a atteints. Les feuilles de l’arbre de vie ont apporté la guérison entre les communions représentées ici aujourd’hui.
[interlude à l’orgue]
« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage au sujet des Églises.
Je suis le rejeton et la lignée de David, l’étoile brillante du matin. L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Que celui qui a soif vienne.
Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement » (Apocalypse 22.16-17)
Ô, Dieu, notre secours par le passé, notre espoir pour les années à venir :
Grâce à l’œuvre du Saint-Esprit en nous, nous retrouvons l’espoir en voyant la guérison et l’unité se manifester dans l’Église mondiale.
Nous gardons espoir en voyant la vitalité des Églises géographiquement éloignées des racines confessionnelles en Europe représentées ici aujourd’hui.
Nous gardons espoir en voyant le travail de l’évangélisation et la paix sont unis dans de nombreux endroits à travers le monde.
Mais surtout, nous avons de l’espoir parce que, en Christ, tu as promis que tu serais avec nous « tous les jours, jusqu’à la fin des temps ».
Viens, Esprit Saint, donne-nous la fidélité des saints à travers les âges. Comme eux, ne nous laisse jamais avoir honte de l’Évangile. Seigneur Jésus-Christ, bénis-nous en nous donnant le courage de prendre le risque de nous aimer les uns les autres, d’aimer nos prochains et même nos ennemis, comme tu nous as aimés.
n jour glacial de Thanksgiving, en novembre 1910, cinq anciens ordonnés se sont réunis avec d’autres invités dans la salle de Pigeon River Conservative Amish Mennonite, comté de Huron, au Michigan (États-Unis), pour travailler ensemble sur la mission de l’église. De cette réunion est né le réseau d’églises Rosedale (appelé à l’époque Conservative Amish Mennonite Conference).
Les anciens à l’origine de cette réunion étaient l’évêque Solomon J. Swartzentruber et le pasteur Michael S. Zehr. L’évêque Joshua King du comté de Stark, dans l’Ohio, était présent, ainsi que l’évêque John L. Mast et le pasteur Jonas D. Yoder du comté de Mifflin, en Pennsylvanie. Bien qu’elles n’aient pas assisté à cette réunion, d’autres paroisses de la vallée de Casselman en Pennsylvanie et dans le Maryland, du comté de Lewis dans l’État de New York et du comté de Johnson dans l’Iowa se sont identifiées à ce groupe émergeant.
L’assemblée mennonite de Pigeon River, où s’est tenue la première réunion, est toujours aujourd’hui membre du réseau d’églises de Rosedale.
Priorités
Cinq priorités ont été définies lors de cette toute première réunion : le maintien de l’unité, la non-conformité, la préservation de la langue allemande, le devoir de diffuser l’Évangile et la réponse à la division.
La première action de ce nouveau groupe est née de sa conviction de diffuser l’Évangile et de son souci des pauvres et des orphelins.
Lors de leur deuxième réunion en 1912, des plans ont été mis en place pour créer un foyer pour les orphelins. Ce projet a reçu un soutien important de la part des assemblées de la vallée de Casselman (Pennsylvanie et Maryland). Ainsi en 1914, le foyer a été fondé à Grantsville, dans le Maryland.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, le Réseau d’Églises Rosedale comprend 119 assemblées réparties à travers les États-Unis qui travaillent ensemble pour s’édifier mutuellement et multiplier les assemblées au niveau local et mondial.
Lors de sa fondation, ce même engagement a été pris envers les Écritures en tant qu’autorité pour la vie et pour que l’accomplissement de la mission de Dieu dans le monde se poursuive encore aujourd’hui.
Le Réseau Rosedale ne serait pas ce qu’il est sans son bras éducatif (le Rosedale Bible College) et son bras missionnaire (Rosedale International). Ces organisations aident énormément les églises à accomplir leur mission.
Une autre force du Réseau Rosedale est le soutien qu’il offre à ses pasteurs par le moyen de groupes de pairs, de formations, de cours et de rassemblements annuels qui offrent des occasions de fraternité, d’encouragement, d’inspiration et de ressourcement.
Comme peuvent en témoigner d’autres groupes d’églises en Amérique du Nord, le Réseau Rosedale doit faire face à de grandes difficultés, notamment l’influence omniprésente du matérialisme et celle, croissante, du nationalisme.
Le Réseau Rosedale a rejoint la CMM en tant que membre associé en 2000.
En 2025, il compte 119 églises avec 13 403 membres baptisés.
Brian Hershberger, directeur, Rosedale Network of Churches