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  • Uruguay

    Ces dernières années, je me suis engagée dans la Conférence Mennonite Mondiale, et en particulier avec les Jeunes Anabaptistes (« Young AnaBaptists » ou YABs). J’ai eu la chance de rencontrer des gens du monde entier et d’être enrichie par leurs points de vue et leur façon de vivre leur foi. Cela m’a ouvert les yeux et m’a montré Jésus comme je ne l’avais jamais vu auparavant. 

    Aujourd’hui, j’aimerais témoigner d’avoir vu Dieu agir d’une manière particulière. 

    En Uruguay, nous avons de magnifiques plages et la plupart des Uruguayens aiment prendre des congés pendant l’été pour aller à la plage. 

    C’est l’occasion de déconnecter et de se reposer, mais aussi de faire la fête pour la plupart des jeunes. Et pour les églises, c’est aussi le moment idéal pour faire quelque chose de cool avec nos jeunes, car la pression pour aller faire la fête est énorme. 

    Nous organisons donc des camps d’été, l’un pour les adolescents et l’autre pour les jeunes (adultes) de notre association mennonite. Chaque année, une quarantaine d’adolescents et une centaine de jeunes (adultes) assistent à nos camps qui se déroulent dans un camping situé juste à côté de la plage ! (C’est génial, car nous pouvons aller à la plage au moins deux fois par jour.) 

    Cela fait deux ans que je dirige ces camps avec un ami, et c’est une grande bénédiction. 

    Conversations profondes et enrichissantes 

    Pendant le camp, j’ai eu plusieurs conversations très profondes et enrichissantes avec certains participants, ce qui était souvent une grande bénédiction pour nous deux. 

    J’ai été particulièrement marquée par une conversation. Une jeune fille s’est approchée de moi dans l’après-midi et m’a demandé si elle pouvait me parler. J’ai accepté et nous nous sommes assises dans l’herbe, à l’ombre d’un des arbres. Elle m’a raconté une partie de l’histoire de sa vie et m’a expliqué qu’elle hésitait beaucoup à accepter Jésus comme son Sauveur parce qu’elle ne se sentait pas prête. Après avoir écouté les messages au camp, parlé à l’orateur et à d’autres personnes, elle avait conclu que l’Évangile était beaucoup plus simple qu’elle ne le pensait, et elle voulait faire le pas d’accepter Jésus dans sa vie. 

    J’ai eu l’immense privilège de l’aider à faire cette prière ! Environ un mois plus tard, j’ai reçu une invitation à assister à son baptême. C’était un tel honneur d’y participer. 

    Une autre expérience étonnante s’est déroulée dans notre camp de jeunes. Le premier jour, l’orateur a souligné l’importance de partager avec les autres ce que nous vivons. Par le biais d’une activité interactive, il a montré que tout le monde est confronté à des difficultés, qu’il n’y a pas de ‘mal à ne pas aller bien’ et qu’il faut en parler avec d’autres pour être soutenu. Cela a été très enrichissant pour tous. 

    Parler avec les autres pour se soutenir mutuellement 

    J’ai été particulièrement surprise par la façon dont un petit groupe de garçons d’environ 13-14 ans s’est immédiatement mobilisé. Tous les participants devaient se lever à 7 h 15 pour le sport du matin. Mais à partir de ce jour et jusqu’à la fin du camp, ils se sont levés à 6 heures. Ils ont préparé leur maté, parlé de leurs difficultés, puis discuté des moyens de se soutenir mutuellement et d’atteindre leurs objectifs. 

    Voir les fruits de tout ce travail est extraordinaire, car avant les camps, toute l’équipe se sentait attaquée. J’ai dû faire face à de nombreuses difficultés, luttant à nouveau contre des choses que je pensais avoir déjà surmontées. Mais Jésus nous invite toujours à nous attendre à découvrir ce qu’il va faire ! 

    Je pense qu’un verset qui reflète assez bien ce que nous avons vécu pendant cette période est Jean 10,10 « Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (TOB). 

    Au cours de cette période difficile, j’ai pu avoir un aperçu de la vie riche et abondante que Dieu a préparée pour nos jeunes et aussi pour moi. 

    —Valentina Kunze est la représentante des Jeunes Anabaptistes (YABs) pour l’Amérique latine. Elle est membre de l’église Konferenz der Mennonitengemeinden in Uruguay. 

    Cet article est adapté de la présentation qu’elle a donnée à Renouveau 2024, « Transformés, nous vivons ensemble Jésus » le 6 avril 2024 au Brésil. 


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  • Une collaboration mise en place en 2020 entre la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) et Anabaptist Mennonite Biblical Seminary (AMBS) à Elkhart, Indiana (États-Unis) permet à des personnes du monde entier de se former à la pastorale anabaptiste et à la direction d’églises. 

    Grâce à des programmes existants et à de nouvelles initiatives, des pasteurs et des responsables d’églises suivent, dans leur pays d’origine, des cours d’études théologiques et bibliques, d’histoire de l’Église et de cours sur les ministères, avec ou sans unités de valeur, dispensés par AMBS. 

    César García (titulaire d’un doctorat), secrétaire général de la CMM, décrit cette collaboration comme une réponse à l’appel lancé en 2003 pour ‘mettre les dons en commun’ entre les églises membres de la CMM. AMBS appartient à Mennonite Church Canada et à Mennonite Church USA, deux des 108 églises membres de la CMM. 

    Grâce aux liens entre AMBS et la CMM, le séminaire a reçu un nombre croissant d’invitations de responsables d’unions d’églises à soutenir la formation de responsables anabaptistes dans leur contexte. Les églises membres de la CMM et d’autres organisations anabaptistes se sont jointes à AMBS pour répondre à ces invitations, ce qui a entraîné une mise en commun accrue des dons. La campagne « Forming Leaders Together » (Former Ensemble des Responsables) du séminaire a également contribué à financer cette collaboration. 

    Par exemple, en octobre 2023, Andi Santoso (titulaire d’un master – 2022), directeur régional pour l’Asie et le Moyen-Orient de Mennonite Mission Network (MMN, Réseau de Mission Mennonite), Joe Sawatzky (titulaire d’un doctorat), spécialiste du projet de collaboration sur la formation des responsables mondiaux de AMBS, également de MMN, et David Boshart, (titulaire d’un doctorat) président de AMBS, ont été invités à donner un cours de trois jours sur la formation des responsables à une trentaine d’étudiants de cinq unions d’églises anabaptistes d’Inde. Chaque union a envoyé deux femmes, deux hommes et au moins un jeune pour qu’ils soient formés à enseigner dans leur région à l’avenir. 

    « Nous avons testé le matériel avec les responsables à l’avance, puis nous l’avons révisé pour qu’il soit adapté au contexte, en prévoyant des espaces dans le programme d’études pour que les formateurs puissent y inclure des exemples tirés de leur contexte local », a déclaré David Boshart. « Ce support appartient désormais à ces églises, qui peuvent l’utiliser et l’adapter de la manière la plus utile dans leur milieu. » 

    Un partenariat formalisé en 2019 entre AMBS et Meserete Kristos Seminary (MKS : Séminaire mennonite éthiopien) à Bishoftu/Debre Zeit (Éthiopie) a aussi été renforcé par la relation d’AMBS avec la CMM. Ensemble, les responsables du MKS et de l’AMBS ont créé une version personnalisée du Master of Arts : Theology and Global Anabaptism (Maitrise : Théologie et anabaptisme mondial) pour former les responsables de l’Église Meserete Kristos. Les étudiants suivent une combinaison de cours semestriels en ligne et de cours intensifs à court terme adaptés au contexte éthiopien et dispensés en personne à MKS par des professeurs d’AMBS. Le programme compte 29 étudiants ; les sept premiers étudiants ont été diplômés en 2023. 

    « La collaboration avec les églises et de nouveaux responsables dans leur contexte affermit les membres de notre corps enseignant parce qu’ils acquièrent une exposition plus large et une appréciation de la communauté anabaptiste mondiale, en particulier dans le Sud global », a noté David Boshart. 

     — Annette Brill Bergstresser est responsable de la communication à l’Anabaptist Mennonite Biblical Seminary (AMBS), un séminaire situé à Elkhart, Indian, (États Unis), sur les terres ancestrales des Potawatomi et des Miami. AMBS propose un enseignement théologique sur le campus et à distance, ainsi qu’un large éventail de programmes d’enseignement à long terme, dans le but de former des disciples de Jésus-Christ à devenir des responsables de la mission de réconciliation de Dieu dans le monde. ambs.edu 


    Courrier 39.2&#

  • «Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait.» Romains 12/2 (TOB).

    Le nom que la Conférence mennonite mondiale a donné à une décennie d’événements régionaux autour du souvenir des cinq siècles de notre existence en tant que communauté spirituelle est «Renouveau».

    Nous envisageons ces dix années de commémorations en nous penchant sur notre histoire dans une perspective mondiale, œcuménique et transculturelle.

    Ces paroles de l’apôtre Paul nous aident à nous souvenir du passé et à regarder vers l’avenir.

    Nous rendons grâce à Dieu pour l’héritage de la foi que nous avons reçu.

    Mais nous nous présentons également devant le Seigneur dans un esprit de repentance et de renouveau, déterminés à tirer les leçons du passé pour grandir dans notre relation avec Dieu, ici et maintenant, et dans les années à venir.

    Transformation

    Nous découvrons comment notre tradition anabaptiste conçoit la vie de disciple : comme un processus continu de transformation.

    Premièrement : la transformation est un parcours au cours duquel nous laissons des éléments du passé derrière nous et en acquérons d’autres en cours de route.

    Elle implique un mouvement continu.

    Nous quittons constamment un endroit pour avancer vers un autre. Nous nous opposons à l’esprit religieux qui affirme la certitude absolue des doctrines, des dogmes et de l’éthique, mais nous affirmons la nécessité de renouveler notre esprit, en étant ouverts à la remise en question des convictions et de l’éthique, comme l’ont fait nos ancêtres spirituels au XVIe siècle.

    Deuxièmement, la transformation dans la Bible n’est jamais une expérience individualiste.

    Elle est toujours communautaire.

    Nous faisons cette expérience ensemble parce qu’elle exige le dialogue et l’interdépendance. La diversité des opinions de notre communauté nous permet de corriger la direction que nous prenons dans ce mouvement vers la transformation.

    Centrés sur Jésus

    Nos frères et sœurs nous aident à découvrir ce que nous devons changer, quitter ou inclure pour devenir comme Jésus.

    Cela nous amène au troisième commentaire biblique ou à la troisième composante de la transformation : la personne de Jésus.

    Tout changement n’est pas justifié.

    En tant que disciples de Jésus, nous ne pouvons pas approuver la transformation dans n’importe quelle direction.

    Pour être des disciples fidèles, nous devons adapter nos convictions et notre éthique pour qu’elles nous rendent semblables au caractère et à la personne de Jésus.

    Comme le dit Paul, «jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude.» (Éphésiens 4/13.)

    La transformation dans l’unité est un défi auquel le monde anabaptiste a toujours été confronté.

    Trop souvent, les mouvements de renouveau ont dû faire face à un rejet qui a entraîné des divisions.

    La transformation n’a pas toujours été orientée vers la personne de Jésus.

    Aujourd’hui, nous devons donc retrouver la vision de la Conférence mennonite mondiale : Nous voulons être une Église mondiale où nous suivons Jésus, vivons l’unité et construisons la paix.

    Nous sommes un corps de plus de 10000 assemblées locales réparties dans 110* unions d’églises à travers le monde, avec plus de 1,5 million de croyants baptisés.

    Nous avons besoin les uns des autres pour être transformés à l’image de Jésus.

    Tout en remerciant Dieu pour les opportunités de transformation, gardons également une attitude de repentance pour nos divisions.

    Demandons pardon pour notre hésitation à changer.

    Repentons-nous de notre orgueil et de l’attitude qui consiste à juger le processus de transformation des autres au lieu d’y participer avec amour et patience.

    Cherchons le renouveau à partir d’un cœur contrit qui reconnaît son besoin de transformation continuelle. Puissions-nous être transformés ensemble à l’image de Jésus.

    —César García est secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale. Originaire de Colombie, il vit à Kitchener, Ontario (Canada).

    *Nombre d’églises membres de la CMM après les réunions du Comité Exécutif au Brésil, en avril 2024.


    Courrier 39.2&#

  • Pays-Bas 

    Nous vivons dans une société – en Europe de l’Ouest – qui ne parle plus notre langue. Nous avons été la culture dominante pendant des siècles et des siècles… qu’il s’agisse de catholiques, de protestants ou de mennonites. Le langage chrétien, l’imagerie chrétienne, les normes et les valeurs chrétiennes étaient absolument dominants dans la culture néerlandaise. Et en l’espace d’une génération, tout cela a disparu. 

    Oh, bien sûr, la sécularisation existait déjà auparavant. Elle a commencé il y a quelques décennies. Et nous avons vécu dans ce milieu. 

    Nos églises ont toujours été petites, nos assemblées aussi. Nous aimons cela. Nous aimons nous connaître. 

    Mais il y a eu un tournant, apparemment. Et nous l’avons atteint sans nous en rendre compte. Certains d’entre nous ne le reconnaissent pas encore. 

    Il ne s’agit pas seulement de sécularisation. Il s’agit de toute une culture, avec toutes ses références, qui disparaît en un clin d’œil. 

    Mais voilà : les gens qui nous entourent ne nous comprennent plus et ne comprennent plus notre histoire. C’est comme la Pentecôte à l’envers. Nous parlons et racontons notre histoire, en utilisant le même langage que les gens qui nous entourent. Mais personne ne comprend ce que nous disons. Les mots que nous utilisons n’ont pas de sens – ou ont même un sens différent pour nos auditeurs. 

    Nous nous réveillons dans une réalité étrange. Incompréhensible. 

    C’est autre chose que le déclin. C’est un monde nouveau. 

    Et j’aime cela. 

    Nous n’en sommes plus à essayer de sauver ce qui était. Nous n’en sommes plus à essayer d’inverser le cours des choses. Nous sommes sur le point de nous réinventer, de réinventer nos églises, de réinventer nos récits. Nous sommes sur la voie de la découverte. 

    Il n’y a pas de position de repli. Même notre argent ne peut plus nous sauver. C’est très, très effrayant. 

    Et j’aime cela. 

    Exilés sur notre propre terre 

    Cela réduit tout à l’essentiel. Même l’Évangile. Nous devons le lire, l’étudier, le retrouver. Qu’est-ce qui a de la valeur ? Qu’est-ce que la vérité ? Qu’est-ce que la tradition ? Quelle histoire ? Quelles sont les réponses anciennes à des questions encore plus anciennes ? Et qu’est-ce qui nous parle encore aujourd’hui, à nos cœurs, à nos âmes ? Nous devons nous interroger sur nous-mêmes, sur nos motivations, sur nos confessions. Il n’y a pas de réponses faciles. 

    Et voilà ce qu’il en est. Maintenant, notre croissance doit être mesurée sur le plan spirituel. Non pas par des chiffres, mais par une gentille sagesse. Par notre humanité. Par notre communauté. 

    Nous devons aller en profondeur. Nous devons accepter de ne plus être chez nous sur cette terre, dans ce monde, dans cette langue, et faire le deuil de cette perte. 

    Et la Bible nous dira comment faire. 

    Nous l’avons déjà fait. Ê une autre époque, dans un autre lieu, dans une autre situation, mais avec le même problème. Nous sommes en exil sur notre propre terre et notre propre continent : « Les rivières de Babylone », même si nous sommes les seuls à comprendre cette référence (et nous ne parlons pas de la chanson de Boney M). 

    Et c’est là que nous trouvons de nouveaux chemins. 

    Nous ne parlons pas de notre foi aux gens. Nous la vivons. 

    Un monde différent. 

    Beaucoup de nos jeunes ont découvert l’Église par l’intermédiaire des les AKC – nos camps d’été. Pas un mot sur l’Évangile n’est prononcé pendant ces camps. Mais nous y créons un monde totalement différent de ce que ces enfants et ces jeunes connaissent à la maison ou à l’école. Un espace de ressourcement, sans pression ni jugement. Un espace où ils apprennent que les façons de faire du monde qui nous entoure ne sont peut-être pas la seule réponse. 

    Nous ne poussons pas, nous ne faisons pas la morale. Nous nous amusons, nous ouvrons un nouvel espace pour eux … et nous attendons. 

    Ê un moment donné, ils deviennent curieux. Ils commencent à poser des questions : Qu’est-ce qui est si différent ici ? Et pourquoi ? 

    Dans la broederschapshuis où je travaille, toutes sortes de personnes viennent et restent. Nous ne partageons pas notre foi, sauf si on nous le demande. Mais nous demandons à tout le monde de se rencontrer, de travailler ensemble, de faire partie de notre communauté pendant leur séjour. 

    En faisant la vaisselle ensemble, nous rencontrons Dieu – ou du moins sur des questions à propos de Dieu. Dans chaque question, nous essayons de trouver quelque chose à apprendre. 

    Nous n’avons plus les réponses. Mais les questions de personnes qui ne connaissent pas Dieu ou la foi nous montrent notre chemin. 

    Je suis touchée lorsqu’un jeune bénévole de notre broederschapshuis visite notre église pour la première fois, trouve le courage de se lever et de témoigner : « Il y a quelque chose ici. Je n’ai pas encore les mots pour le dire, mais je le ressends maintenant dans mon cœur ». 

    Dans notre situation, voilà un témoignage de foi. Parce que c’est vrai : nous n’avons pas les mots. Et pourtant. 

    Notre croissance ne sera pas axée sur les chiffres, mais sur le fait d’être ‘humain-avec-Dieu’. Notre mission consiste à trouver notre propre chemin. Et ce faisant, nous essayons de le vivre. 

    Les gens le remarquent. Les gens posent des questions. Nous essayons d’y répondre et nous échouons. Et c’est là toute la beauté de la chose. C’est ce qui maintient la conversation, le processus d’apprentissage. 

    Nous grandirons en ne sachant pas du tout. Et nous nous en accommoderons en hésitant un peu. 

    Grâce soit rendue à Dieu. 

    —Wieteke van der Molen est pasteure et directrice spirituelle au sein de l’Algemene Doopsgezinde Sociëteit (Eglise mennonite néerlandaise). Elle est co-directrice de Dopersduin, une Broederschapshuis mennonite (maison communautaire) et un centre de retraite à Schoorl, aux Pays-Bas. 


    Courrier 39.2&#

    two children in hoodies with arms around each other
  • Pourquoi l’Église Meserete Kristos est-elle l’Église mennonite qui connaît la plus forte croissance ?

    L’Éthiopie est une nation multiethnique, multireligieuse et multilingue de plus de 120 millions d’habitants, soit le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. Située au nord-est de l’Afrique, l’Éthiopie est un pays enclavé.

    Les puissances européennes n’ont pas colonisé l’Éthiopie. Cependant, des conflits internes ont déchiré le pays et l’ont morcelé selon des critères ethniques, religieux et géographiques. Les guerres civiles ont anéanti l’économie du pays. Les conflits ethniques et religieux ont endommagé les liens sociaux entre les différents groupes de population et ont intensifié la peur ; l’intolérance et la vengeance font partie de la vie de la population. Certains pensent que la pauvreté, la guerre et la famille sont les symboles de l’Éthiopie.

    Pourtant, les personnes qui ont perdu espoir retrouvent un sens à leur vie et une perspective lorsqu’elles se tournent vers le Créateur du ciel et de la terre. Lorsque des personnes croient en Jésus-Christ, elles reçoivent non seulement l’espoir de la vie éternelle, mais aussi un nouveau regard sur leur difficile situation, leur permettant de mettre en place de meilleurs mécanismes d’adaptation.

    Notre compréhension de la croissance de l’Église

    Pour l’Église Meserete Kristos (MKC) la croissance de l’Église a deux dimensions.

    D’abord, la croissance de l’Église est une augmentation numérique des membres. Les assemblées sont appelées à ajouter de nouveaux croyants tous les ans, comme cela se pratiquait dans l’Église primitive (Actes 2/47).

    Le second aspect de la croissance de l’Église se manifeste par la maturité de la vie spirituelle des croyants. Les croyants qui portent les fruits de l’Esprit dans leur vie et suivent les traces du Christ exercent une influence positive sur la société. Lorsque des personnes annoncent l’Évangile à d’autres par leurs pratiques, la possibilité d’une réponse positive au message augmente.

    Il existe une corrélation entre la croissance spirituelle de chaque chrétien et la croissance de l’Église.

    Stratégies de croissance de l’Église

    Dans les pages qui suivent, nous décrirons les dix stratégies/principes qui ont permis à la MKC de connaître une croissance rapide au cours de la période post-communiste (1991-2024).

    1. Des prières ferventes

    La MKC a utilisé la prière comme une arme spirituelle pour vaincre le pouvoir du diable et libérer les gens de l’esclavage du péché. Dans la prière, nous parlons à Dieu et écoutons ce qu’il nous dit.

    Dans toutes les assemblées de la MKC, les équipes de prière prient pour le ministère de l’Église, en fonction des thèmes qui leur sont donnés. Les équipes prient pour que l’Eglise surmonte le pouvoir du mal qui empêche les gens d’entendre et de croire en l’Évangile de Jésus-Christ.

    Des réunions de prière qui durent toute la nuit rassemblent tous les membres de la paroisse. Les pasteurs à plein temps consacrent beaucoup de temps à la prière. Les responsables d’églises prient avant les réunions de travail.

    Les chrétiens prient en croyant que Dieu les écoute et répond à leurs prières selon sa volonté.

    Au siège de la MKC, une équipe de prière nationale se réunit chaque mois pendant une journée pour prier que Dieu aide l’Église à atteindre les peuples qui ne connaissent pas la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

    De nombreuses assemblées prient pour le salut des gens par l’Évangile de JésusChrist en utilisant différentes approches.

    Certaines assemblées locales prient pour les non-chrétiens au cours des cultes le dimanche. Par exemple, Tabour MKC dans la ville de Hawassa, dans le sud de l’Éthiopie, a préparé des affiches sur plusieurs groupes ethniques, et chaque semaine, l’affiche d’un des groupes ethniques figure sur le devant de la scène de l’église. Toute la communauté prie pour ce groupe ethnique pendant 5 à 10 minutes.

    2. Appeler de nouvelles personnes à croire en Jésus

    « Cher prédicateur, lorsque vous terminez votre sermon, n’oubliez pas d’inviter de nouvelles personnes à accepter le Seigneur. » 

    Dans chaque assemblée locale de la MKC, après le sermon du culte du dimanche, le prédicateur invite de nouvelles personnes à accepter le Christ comme leur Sauveur et Seigneur. La MKC croit que le Saint-Esprit touche le cœur des gens et les convainc de péchés pour qu’ils se repentent et croient en Jésus. Par conséquent, les prédicateurs sont des canaux pour l’action du Saint-Esprit.

    De nombreuses personnes se tournent vers Jésus chaque dimanche. L’assemblée emmène ces nouveaux croyants dans la salle de prière afin de prier pour eux. Les évangélistes prennent leur adresse et leur numéro de téléphone pour assurer le suivi. Ensuite, ils rejoignent le groupe des nouveaux croyants pour apprendre les doctrines chrétiennes de base. Une fois baptisés, le département d’évangélisation les remet au département pastoral pour qu’il leur fournisse les services pastoraux appropriés.

    Il convient de noter que le fait d’appeler des personnes depuis la chaire sans que soient présentes de nouvelles personnes (non-croyantes) dans l’église n’a aucun sens. Les assemblées rappellent aux membres d’inviter et d’amener leurs amis, les membres de leur famille ou leurs collègues au culte du dimanche.

    Le pasteur Deneke Hussein, secrétaire général de la région de la MKC du sud de l’Éthiopie, cite une expérience récente : Après le culte dominical, il est sorti et a vu une femme triste. Il a senti que le SaintEsprit le guidait à parler à cette femme. Il l’a saluée et lui a demandé : « Vous avez l’air malheureux, que s’est-il passé ? » La femme a répondu : « J’étais désespérée par la vie et je suis venue à l’église pour entendre la Parole de Dieu. J’ai entendu le message et j’ai été encouragée. Cependant, personne ne m’a parlé »

    Le pasteur Deneke s’est rendu compte que le prédicateur n’invitait pas les gens à accepter le Christ comme leur Sauveur et Seigneur personnel. Il a emmené cette dame dans la salle de prière et lui a demandé ouvertement d’accepter le Christ. Elle a accepté le Christ, on a prié pour elle et elle a été mise en contact avec l’évangéliste de l’assemblée pour un suivi ultérieur.

    Un pasteur de l’ouest de l’Éthiopie déclare : «Après qu’un prédicateur a prêché l’Évangile dans un lieu où de nombreuses personnes se sont rassemblées, ne pas appeler les personnes qui veulent croire au Seigneur Jésus, c’est comme planter une graine et refuser de récolter le fruit une fois qu’il a mûri.»

    3. Rester petit tout en se grandissant

    Photo : Liesa Unger

    Selon la politique de la MKC, une assemblée atteignant plus de 1 000 membres doit être divisée en deux petites assemblées1 . D’un point de vue pratique, les petites églises (moins de 1 000 membres) peuvent fournir des services efficaces à leurs membres. Les membres de la paroisse se connaissent et peuvent vivre une véritable communion fraternelle.

    Une église mère nourrit la nouvelle paroisse fille pour qu’elle devienne une paroisse à part entière. Ensuite, elles continuent à se développer pour donner naissance à d’autres paroisses.

    Le pasteur Sebrela Kedir, directeur du ministère pastoral de la MKC, explique que lorsque des assemblées comptent un grand nombre de membres, elles ne peuvent pas fournir de services pastoraux appropriés aux membres et les mobiliser vers un objectif commun. «Un pasteur ne peut nourrir et protéger correctement le troupeau que lorsque le nombre de membres est raisonnable. Si la paroisse est trop grande, certains membres se perdent.

    «En gardant une taille raisonnable, la MKC croît en qualité et en quantité. Les disciples du Christ partagent fidèlement l’Évangile avec d’autres», ajoute-t-il.

    4. La responsabilité de partager l’Évangile

    Toute personne qui a goûté à la bonté de Jésus devrait en faire part aux autres.

    La MKC déclare clairement que la raison d’être de l’Église est de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ à tous les peuples et en faire des disciples du Christ. La Constitution de la MKC mentionne la participation des membres de l’Église à son ministère holistique en la servant par les dons spirituels qui lui sont accordés, la prière, les conseils/consultations professionnelles, le travail, la sagesse et les contributions financières2 .

    Avant de devenir membres de l’Église par le baptême d’eau, on apprend aux nouveaux chrétiens ce que l’Église attend d’eux une fois qu’ils sont devenus membres à part entière.

    L’un des sujets abordés est le concept d’amener d’autres personnes à croire au Christ. La paroisse s’attend à ce que les nouveaux croyants amènent d’autres personnes au Christ comme ils ont euxmêmes été amenées au Christ. Elle les encourage à partager avec d’autres personnes la bonté de Jésus dont ils ont fait l’expérience dans leur vie. Dire aux autres ce que Jésus a fait pour eux ne nécessite pas de formation théologique.

    5. La mise en œuvre d’un plan stratégique adapté au contexte

    Dans toute la MKC, les gens parlent désormais le même langage ‚Äî l’Objectif 2819 est notre priorité.

    Dans le plan stratégique que la MKC a préparé et mis en œuvre en 2022, elle a établi une feuille de route pour soutenir sa croissance. Sa mission a été révisée pour préciser qu’elle est une Église missionnaire/ évangéliste. Elle indique : «La raison d’être de la MKC est de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ à tous les peuples et en faire des disciples du Christ».3

    Pour inculquer cela aux membres de l’Église, celle-ci a préparé des présentations sur Matthieu 28/19 ‚Äî Objectif 2819, et des sessions de sensibilisation ont été organisées dans toutes les régions de la MKC. Ce qui a incité ses responsables et ses membres à se concentrer sur la prédication de l’Évangile et à amener les gens à croire en Jésus-Christ. Le président de la MKC a consacré beaucoup de temps à transmettre ce message à toutes les assemblées de la MKC afin d’atteindre ces objectifs.

    Le plan stratégique a également défini des indicateurs spécifiques pour suivre les progrès de l’Église vers une croissance annuelle de 10 % du nombre de membres. Le plan stratégique a permis à l’Église de mobiliser des ressources pour atteindre les objectifs fixés. Par-dessus tout, les dirigeants de l’Église ont réalisé qu’ils existaient pour prêcher l’Évangile et faire de ceux qui croient des disciples du Christ.

    Le pasteur Dessu Abebe, secrétaire général de la région de Nekemte MKC, a déclaré que l’orientation définie par le plan stratégique était très pertinente. Il l’a lu à plusieurs reprises pour le mémoriser, car s’il n’est pas mis en œuvre, l’objectif pour la région échouera.

    «J’ai convoqué les pasteurs principaux et le président du conseil des anciens de toutes les assemblées locales de ma région pour trois jours de formation sur le plan stratégique. J’ai fait de mon mieux pour les aider à comprendre». Il a souligné que la formation ne suffisait pas à elle seule pour bien comprendre.

    Lorsqu’il rencontre les pasteurs principaux lors des sessions de révision trimestrielles, il réactualise le plan stratégique et il les écoute pour comprendre leurs difficultés, leurs préoccupations et leurs succès. Le pasteur Dessu admet que le plan stratégique est difficile et demande beaucoup de travail. Deux des principaux pasteurs de sa région ont démissionné parce qu’ils ont reconnu qu’ils n’avaient pas les compétences nécessaires pour mettre en œuvre le plan stratégique.

    La région de Nekemte de la MKC a pu identifier des districts où il n’y avait pas de paroisse de la MKC. «Nous en avons implanté dans trois de ces districts. Nous n’avions jamais pensé ainsi auparavant. Le plan stratégique nous a guidés vers les endroits où nous devions nous focaliser».

    «Le plan stratégique nous a aidés à avoir une vue d’ensemble de la direction que prend la MKC et de notre r√¥le spécifique en tant qu’assemblée locale», a déclaré le pasteur Shambel Genene, pasteur principal de la paroisse Asella MKC. Elle était déjà engagée dans l’évangélisation des musulmans avant même l’introduction du plan stratégique. Aujourd’hui, «nous avons aligné nos activités d’évangélisation sur le plan stratégique de l’assemblée afin d’apporter notre contribution à la réalisation des objectifs communs».

    6. Ordonner des évangélistes dans les assemblées

    Chaque église locale de la MKC doit avoir au moins un évangéliste qui se consacre à la prédication de la Parole de Dieu et qui amène les gens à la foi en Jésus-Christ.

    Il y a deux décennies, les évangélistes faisaient le travail du pasteur. La MKC a révisé le cahier de charges concernant leur ministère pour que les évangélistes soient libérés du travail pastoral et se concentrent sur l’évangélisation.

    Dans une assemblée, l’évangéliste annonce la bonne nouvelle de Jésus Christ et doit être un modèle. Il/elle est également chargé de motiver et d’équiper les membres pour qu’ils participent activement à l’évangélisation et à l’implantation de nouvelles églises. Il/elle rend compte de ses réalisations en matière d’évangélisation au pasteur principal et au conseil des anciens tous les trimestres.

    Ayalew Balcha est dipl√¥mé du séminaire de Meserete Kristos et a été ordonné évangéliste à Akaki MKC. Il affirme que les assemblées ont besoin d’évangélistes pour proclamer l’Évangile aux non-croyants. Il coordonne le ministère d’évangélisation des assemblées locales et la mobilise pour l’évangélisation.

    Il a une équipe d’évangélisation ‚Äî un groupe d’action ‚Äî qui va chaque mois dans les rues, de village en village, et qui annonce la bonne nouvelle de JésusChrist à tous ceux qu’elle rencontre.

    L’année dernière, 19 nouveaux croyants étant venus à la foi de cette manière ont été baptisés et sont devenus membres d’une paroisse. «Nous prions et travaillons dur pour gagner davantage d’√¢mes au Christ cette année», a-t-il déclaré.

    7. Mobiliser les ressources locales

    « Nos ressources sont les personnes qui sont dans la paroisse. »

    La plupart des membres de la MKC ne sont pas riches. Nous avons plusieurs assemblées dans des zones rurales où est pratiquée une agriculture de subsistance. En raison du changement climatique, des conflits, du type d’agriculture traditionnel, de l’accès insuffisant aux semences améliorées et aux engrais, et d’autres facteurs, ils ne peuvent pas améliorer leurs revenus.

    La plupart d’entre eux sont des paysans qui travaillent dur qui contribuent aux besoins de l’assemblée par la dîme, les offrandes, les dons exceptionnels et les dons d’amour. Ils sont pauvres mais suffisamment généreux pour soutenir le ministère de l’assemblée.

    Les employés et les hommes d’affaires ayant des revenus réguliers paient leur dîme tous les mois.

    Les assemblées locales collectent également des offrandes pour l’évangélisation et la mission. Dans certaines assemblées, les groupes d’étude biblique organisés par l’assemblée versent de l’argent au fonds de mission de la MKC.

    Birru Robele, l’un des principaux dirigeants de la MKC, collecte les contributions mensuelles des membres de son groupe d’étude biblique et les remet à l’assemblée de Misrak d’Addis-Abeba. Elle soutient plus de 130 implanteurs d’églises dans différentes régions du pays ayant un salaire mensuel d’environ 50 USD.

    Certaines personnes ne peuvent pas continuer à travailler après avoir cru en Jésus-Christ parce que ces emplois sont incompatibles avec les enseignements bibliques. Il s’agit notamment de femmes qui se prostituaient ou produisaient et vendaient de boissons alcoolisées locales. Réhabiliter et changer leurs sources de revenus demande de l’argent.

    Le pasteur Bekele Bajira, pasteur principal de Bordi Nekemte MKC, a déclaré que trois prostituées sont venues au Seigneur gr√¢ce à la campagne d’évangélisation. Elles ont suivi l’enseignement chrétien de base et ont été baptisées. Plus tard, ces femmes lui ont dit qu’elles n’avaient plus de nourriture parce qu’elles avaient cessé leur précédent travail. Lorsque le pasteur Bekele a raconté leur histoire à l’assemblée, les membres ont apporté une contribution financière qui a suffi à les aider à démarrer d’autres petites entreprises.

    «Si nous présentons réellement les besoins à satisfaire pour faire avancer la cause de l’Évangile, les croyants sont prêts à donner ce qu’ils ont», dit le pasteur Bekele.

    8. Parler la langue de la population

    Photo : Liesa Unger

    La politique de la MKC stipule que l’évangile doit être prêché et enseigné dans la langue locale. Puisque le but de l’Église est d’aider les gens à entendre l’Évangile, à croire au Christ et à devenir ses disciples, elle prêche et enseigne la parole de Dieu dans la langue préférée par les populations. Le plus souvent les gens ouvrent leur cœur lorsqu’ils entendent l’Évangile dans leur propre langue.

    Dans une société où la question de la langue est sensible, permettre aux personnes d’apprendre l’Évangile dans leur propre langue les aide à ne pas associer les ministères de l’Église à la politique.

    La MKC prépare et met à disposition du matériel d’évangélisation et de formation de disciples en différentes langues. Nous encourageons les croyants qui se sentent appelés au ministère à être multilingues. La connaissance de plusieurs langues ouvre la porte au ministère et à l’implantation d’églises dans différentes cultures.

    Le pasteur Firew Lemma, du département de l’éducation et de la formation au siège de la MKC, s’est récemment rendu à Tigray, dans le nord de l’Éthiopie, pour former des responsables d’églises. Ayant appris leur langue dans sa famille, il a salué les participants en tigrigna et a observé l’expression chaleureuse et accueillante de leur visage. Ils ont été surpris qu’il parle leur langue.

    Parler la langue des personnes que nous servons est essentiel pour communiquer clairement l’Évangile et développer de bonnes relations, dit le pasteur Firew.

    9. Placer des implanteurs dans des communautés sans églises

    «Travaille la terre avec les bœufs de ta région».

    La MKC recrute, forme et place des implanteurs d’églises dans leur propre culture. Étant donné que les implanteurs d’Églises connaissent la culture et ont déjà établi des liens, ils peuvent facilement annoncer l’Évangile de Jésus-Christ.

    La MKC envoie des implanteurs d’églises dans plusieurs contextes : fortement orthodoxes, musulmans et croyances traditionnelles. Wendimu W. Mariam, coordinateur de mission au siège de la MKC, dit que les implanteurs d’églises dans le contexte où les croyances et les pratiques traditionnelles sont prédominantes ont de meilleurs résultats que dans les autres contextes. Dans les communautés qui pratiquent les croyances traditionnelles, si un chef important se convertit au Christ, de nombreux membres de la communauté le suivent et croient en Jésus.

    Dans ce contexte, «nos implanteurs d’églises prient et travaillent pour conduire les gardiens de la communauté au Christ. Une fois qu’ils sont venus à Jésus, il est facile d’amener d’autres personnes au Christ», explique Wendimu.

    10. Suivre la direction de l’Esprit Saint

    La MKC enseigne ce qu’est le Saint-Esprit et affirme que les croyants devraient être capables de vivre une vie chrétienne victorieuse et de témoigner du Christ. Les croyants sont encouragés à écouter les conseils du Saint-Esprit pour discerner la volonté de Dieu dans leur vie. Les pasteurs à plein temps et les responsables des paroisses prient pour que les croyants soient fortifiés par le Saint-Esprit.

    Sur le champ de la mission, la dépendance des implanteurs d’églises à l’égard de la direction du Saint-Esprit a une influence sur leur travail.

    Les implanteurs d’églises qui prient pour les malades et annoncent la Parole de Dieu selon les directives de l’Esprit conduisent plus de personnes au Christ que ceux qui ne le font pas. Lorsque l’Évangile est prêché/ annoncé avec puissance (démontrée par la guérison des malades, le rétablissement de la santé mentale, la libération de la peur des mauvais esprits et le sentiment de la présence de Dieu), les gens sont motivés pour croire en l’Évangile.

    C’est différent de ce que font certains ‚Äòfaiseurs de miracles’ à la télévision. La MKC n’organise pas de réunions de guérison, mais des événements pour prêcher la parole de Dieu. Là, le Saint-Esprit fait les choses selon la volonté de Dieu.

    Les implanteurs d’église ne se concentrent pas sur les miracles, mais sur le fait d’aider chacun à comprendre l’Évangile. Les miracles se produisent lorsqu’ils prient pour les besoins. Dieu confirme la puissance de l’Évangile en libérant les gens de tout ce qui les empêche de connaître le plan de Dieu pour leur vie.

    En conclusion, Dieu attire de manière unique les hommes et les femmes dans son Royaume au sein d’intenses bouleversements politiques, sociaux et économiques dans le pays.

    La croissance de l’Église Meserete Kristos montre que les conditions sur terre n’empêchent pas l’expansion du Royaume de Dieu. L’ampleur et la profondeur des problèmes dans notre contexte auraient pu détruire l’Église. Les forces du mal qui tentent de créer des obstacles à l’évangile sur terre n’ont pas réussi. Notre Dieu qui est sage a utilisé les nombreuses souffrances pour conduire des multitudes vers son Royaume.

    Dieu fait son œuvre. Nous, les enfants de Dieu, devons apporter l’Évangile à tous. Nous pouvons participer à la grande mission de Jésus-Christ en donnant notre argent, notre travail, nos connaissances, notre temps, nos talents, et tout ce que nous avons, et en faire une priorité.

    La principale raison de la croissance de la MKC est que nous avons fait de l’appel missionnaire notre priorité absolue et que nous donnons ce que nous avons pour cette cause. .

    Notes
    1. MKC Constitution Part II, Article 11(2), 2022
    2. MKC Constitution Part II, Article 10(1), 2022, page 8.
    3. MKC Strategic Plan 2022-2026.


    Courrier 39.2&#

  • « 100 ans d’évangélisation au Congo ». Du 4 au 11 août 2024, la Communauté des Églises des Frères Mennonites au Congo a célébré le 100e anniversaire de son union d’églises. La célébration à Kikwit — deux ans plus tard à cause de la pandémie — a été marquée par des prédications, des chants, des chœurs, une conférence de pasteurs, un rallye d’évangélisation et la présence d’invités œcuméniques et internationaux.  

    L’Église membre nationale de la CMM est née en 1922, lorsque l’Américain Aaron Janzen a lancé une mission pour les Frères mennonites dans la région de Kikwit en 1922. En 2024, l’Église compte 638 assemblées et 98 519 membres baptisés.  

    Les principales langues parlées par les membres de l’Église sont le français, le kikongo, le lingala et le swahili. 

    Le pasteur Londa Charly (première femme ordonnée CEFMC) s’exprime lors de la conférence des pasteurs.

    Le secrétaire général et représentant légal Antoine Kimbala s’exprime lors de la conférence des pasteurs. 

    Des invités d’autres églises membres nationales de la CMM participent à l’événement : Le pasteur Siaka Traoré, (représentant régional de la CMM pour l’Afrique de l’Ouest) ; le pasteur George Kaputu Nzila, évangéliste CEFMC ; le pasteur Jean Felix Cimbalanga, président de la CEM (Communauté Evangélique Mennonite, RD Congo) ; Robert Irundu Mutundu, secrétaire général des finances/administration de la CMCo (Communauté Mennonite au Congo) ; Henk Stenvers, président de la CMM ; le pasteur Daniel Nelson Canganguela, leader de la CMCo (Communauté Mennonite au Congo) ; et le pasteur Antoine Kimbala, secrétaire général et représentant légal de la CMM, qui a participé à la conférence des pasteurs. Daniel Nelson Canguela, responsable de l’IAIMA (Frères Mennonites en Angola) ; Shadreck Kwendanyama, responsable de l’église des Frères Mennonites au Malawi. 

    Henk Stenvers, président de la CMM, prend la parole lors de la conférence des pasteurs de deux jours, avec Nzuzi Mukawa comme interprète. 

     

  • La Conférence Mennonite Mondiale vit l’unité à travers les relations. Il y a eu quelques nouveaux visages qui aident à développer ces relations, par le biais des représentants régionaux et de la communication.  

    Coordinatrice des représentants régionaux. 

    Janet Plenert a accepté le rôle de coordinatrice des représentants régionaux à mi-temps à compter de juillet 2024. Responsable mondiale expérimentée, Janet Plenert a fait partie du comité de coordination de la Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) de la CMM de 2003 à 2009, a été présidente de la GMF de 2006 à 2009, vice-présidente de la CMM de 2009 à 2015, et depuis 2020, elle fait partie d’une équipe de consultants en développement du bénévolat pour la CMM.  

    Au service du Comité central mennonite et de l’Église mennonite, elle a vécu en République démocratique du Congo, au Brésil et en Bolivie. 

    « J’éprouve de la joie à apprendre à connaître les gens par-delà les cultures et à trouver des moyens de mettre en relation des personnes qui ne trouveraient pas de terrain d’entente autrement », dit Janet Plenert. « Dans le monde divisé et méfiant d’aujourd’hui, servir l’Église mondiale me donne l’espoir que l’Église se lèvera et sera la présence fédératrice et pacificatrice que Dieu désire. En tant qu’anabaptistes, nous devons montrer la voie en vivant dans l’unité et en construisant la paix pendant que nous suivons Jésus individuellement (et ensemble) ». 

    Après 12 ans de travail avec la Conférence mennonite mondiale, Arli Klassen a pris sa retraite. En juillet 2015, elle a commencé à diriger les représentants régionaux de la CMM en tant que coordinatrice, et ce jusqu’en juin 2024. Elle a également été responsable du développement de la CMM d’octobre 2012 à janvier 2020.  

    « Ce n’est que lorsque nous sommes en contact les uns avec les autres en tant que frères et sœurs anabaptistes dans le monde que nous pouvons ressentir et grandir dans notre propre compréhension et expérience de l’amour de Dieu », dit Arli Klassen. « C’est ce que je souhaite et espère pour toutes nos Églises membres dans le monde. 

    « Nous sommes extrêmement reconnaissants à Arli pour son travail au sein de la CMM au fil des années. Elle a posé des bases solides pour le ministère de nos représentants régionaux. Janet va maintenant apporter son expertise et son expérience. Nous sommes convaincus que les représentants régionaux feront progresser leur service à l’Église mondiale », dit César García, secrétaire général de la CMM. 

    Service de la communication  

    En juillet 2024, la CMM a également retrouvé Kristina Toews en tant que responsable de la communication, après son congé maternité. Elina Ciptadi, qui était responsable de la communication par intérim, a pris un rôle temporaire de coordinatrice de projet, au sein de l’équipe de la communication. Elle coordonne les projets spécifiques en vue de la réunion du Conseil Général en 2025. 

    « Je suis encouragée par le travail de l’équipe de communication de la CMM qui nous aide à vivre l’unité tous ensemble. Je remercie Elina pour la direction qu’elle a donnée à l’équipe de communication l’année dernière et pour son expérience dans la coordination de projets qui continue à être une bénédiction pour notre travail », dit Kristina Toews. 

  • Les chrétiens anabaptistes d’un quartier majoritairement musulman de 137 000 habitants à Nairobi mettent en pratique « Le courage d’aimer » au quotidien. « Notre petite assemblée anabaptiste est confrontée à des difficultés d’inclusion, d’évangélisation et de fusion culturelle », explique George Ochieng, directeur de la chorale de l’église mennonite d’Eastleigh Fellowship Centre (EFC). « Malgré cela, nous avons été appelés à faire preuve de courage pour manifester de l’amour dans cet environnement ». 

    La chorale EFC issue d’une église mennonite de Nairobi est l’un des cinq ensembles musicaux sélectionnés pour représenter la musique des églises anabaptistes du monde entier lors du 500e anniversaire qui aura lieu à Zurich en 2025. « Notre chorale est impatiente de mettre en pratique ses dons musicaux pour partager l’amour du Christ à travers un mélange d’éléments culturels », dit-il. 

    Lors de la journée du 29 mai 2025, chaque chorale se produira deux fois : un concert en salle à la Predigerkirche ou à la Friedenskirche et un concert en plein air sur la Zwingli Platz, devant le Grossmünster, sans aucune amplification. Les chœurs participeront également au culte final à la cathédrale de Grossmünster, qui sera retransmis en direct.  

    La chorale de l’EFC définit son style comme de l’afrofusion « parce qu’il fait appel à diverses cultures musicales provenant de différents pays d’Afrique », explique George Ochieng. Les membres de la chorale représentent eux-mêmes différentes cultures du Kenya. Ils voyagent dans tout le Kenya pour se produire dans les églises et les festivals. 

    « Nous prions de tout notre cœur pour que notre ensemble obtienne les visas nécessaires pour 2025 », déclare George Ochieng. Seuls 7 de leurs 36 membres avaient reçu un visa pour se rendre aux États-Unis afin de se produire lors de l’Assemblée de la CMM en Pennsylvanie en 2015. « Le privilège [d’assister à un événement de la CMM] nous permet d’en apprendre beaucoup plus sur la communauté des croyants anabaptistes », dit George Ochieng. 

    Les cinq ensembles se produiront dans une assemblée locale le dimanche 1er juin 2025.

    « La musique dépasse les barrières, servant de témoignage du Royaume de Dieu et encourageant l’unité au-delà des frontières raciales, linguistiques et nationales », dit George Ochieng. « Nous prions pour la paix dans le monde à un moment où le monde en a le plus besoin depuis la Seconde Guerre mondiale. »


    Autres ensembles :

    Amérique Latine

    Le Ágape Band est originaire d’Asunción, au Paraguay. Leurs styles musicaux variés mêlent pop, rock, latin, funk et folk. Sept musiciens et un ingénieur du son. Plusieurs sont membres de Iglesia Hermanos Menonitas Concordia et diplômés du CEMTA (Centro Evangélico Menonita de Teología Asunción). 

    « Le nom de notre groupe évoque le type d’amour décrit dans 1 Corinthiens 13. Beaucoup de nos chansons parlent de cet amour de Dieu qui se donne. Nous savons que le véritable amour est pour ceux qui ont du courage. Nous ne pouvons nous sentir comblés que lorsque notre relation avec notre Dieu définit nos valeurs et notre identité », explique Carlos Arce Penner, fondateur du groupe. 

    Ê l’âge de 22 ans, il a dirigé un ensemble qui a animé le culte lors du sommet mondial de la jeunesse de 2009 au Paraguay et a joué avec différentes délégations lors de l’Assemblée. 

    Amérique du Nord

    Eastern Mennonite University Chamber Singers de Harrisonburg, Virginie, États-Unis. Il s’agit d’une chorale à voix mixtes, principalement acapella, qui chante surtout de la musique sacrée de styles, d’époques et de cultures variés. Les 20 membres sélectionnés sont des étudiants de différentes filières.

    « Une grande partie de notre musique est également axée sur des thèmes importants pour l’anabaptisme, notamment la paix, la justice, le discipulat et la protection de la création et de tous les êtres humains », explique le directeur Benjamin Bergey. « L’une des façons les plus fondamentales d’être des ouvriers de paix dans ce monde est d’aimer. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de nous associer à ce thème merveilleux et d’actualité, ainsi qu’aux autres groupes musicaux du monde entier ».

    Benjamin Bergey était le coordinateur musical de l’Assemblée 2022 de la CMM en Indonésie. La chorale de l’UEM a chanté lors de l’Assemblée de la CMM de 1967 à Amsterdam (Pays-Bas).

    Eastern Mennonite University Chamber Singers

    Europe

    Songs of Peace a débuté comme un nouveau projet musical au Bildungszentrum Bienenberg à Liestal, en Suisse. Aujourd’hui, c’est une association indépendante dirigée par le couple Dennis Thielmann et Karin Franz, avec des musiciens d’assemblées mennonites locales.

    « Nous valorisons les sons naturels et réduits, combinés à des éléments électroniques dans notre musique (principalement chantée en allemand) », explique Dennis Thielmann. Nous essayons également d’utiliser la musique et la mise en scène pour façonner les valeurs du Royaume de Dieu telles que la simplicité, la gratitude, l’authenticité, l’inclusion, la patience, l’écologie et la conscience globale.

    Dennis Thielmann a fait partie de l’équipe musicale de l’Assemblée de la CMM au Paraguay en 2009. « En partageant notre musique avec les invités de la CMM à Zurich, nous inviterons nos auditeurs à ralentir et à chercher la résonance de la présence de Dieu dans tout ce qui nous entoure », dit-il.

    Songs of Peace

    Asie

    TIARA (The Indonesian Anabaptist peRforming Art) est un groupe de 8 membres de l’église GKMI Anugerah à Jakarta, en Indonésie. Les membres, qui chantent, jouent d’instruments traditionnels (angklung) et dansent, viennent de plusieurs régions du centre de Java et sont régulièrement impliqués dans la musique de louange de leurs assemblées locales.

    « Nous voulons partager l’amour de Dieu et ses œuvres puissantes dans notre pays à travers des œuvres qui contiennent de la beauté, de la diversité et de la sagesse », explique le coordinateur du groupe, Eliezer Pranawa (Prana) Setiawan. « Nous espérons que chaque morceau que nous présenterons à Zurich 2025 sera un don d’amour pour les églises et la communauté anabaptistes mondiales ».

    « Ce fut un privilège de participer à l’Assemblée de la CMM en Indonésie en 2022 », ajoute-t-il. « Lors de cet événement fascinant, nous avons réalisé que nous avions une famille et une communauté mondiales à travers les églises anabaptistes. »

    TIARA (The Indonesian Anabaptist peRforming Art)

     

  • César García, secrétaire général de la CMM, s’est joint à plus de 200 responsables chrétiens du monde entier pour signer une lettre appelante « avec une insistance profonde et sincère, à un cessez-le-feu complet et permanent, au retour des otages, et à la libération des prisonniers palestiniens, détenus sans procès équitable ».

    La lettre reconnaît les victimes israéliennes du 7 octobre 2023 et les dizaines de milliers de vies gazaouies perdues depuis, ainsi que la destruction de deux tiers des infrastructures (maisons, écoles, hôpitaux, routes, réseaux d’eau et d’énergie) et des sources de revenus et de nourriture dans la bande de Gaza.

    Elle fait part de l’inquiétude des responsables de voir les possibilités de dialogue s’éloigner et que le risque d’une guerre régionale se renforcer. Elle exprime la crainte de voir disparaître la présence chrétienne en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, vieille de 2 000 ans.

    « Nous prenons la parole en tant que responsables chrétiens, profondément préoccupés par le bien commun de toutes les personnes touchées par la guerre et les conflits, sans exception. Nous parlons, car il y a urgence. Nous parlons dans un esprit de paix », peut-on lire dans la lettre.

    « Nous parlons parce que nous sommes profondément interpellés par l’engagement courageux et désintéressé de nos frères et sœurs chrétiens palestiniens en Terre Sainte, qui souffrent aux côtés de leurs prochains musulmans et juifs et restent résolument déterminés à contribuer à l’avènement d’un avenir juste et digne pour tous les habitants de ces terres », conclut la lettre.

    « En tant qu’anabaptiste colombien, l’expérience d’une violence interne qui perdure dans une région m’est familière, et en tant que membre d’une église pacifiste historique, j’unis ma voix à celle des responsables chrétiens du monde entier pour dénoncer la violence et la souffrance et pour appeler à un dialogue constructif afin de mettre les factions hostiles sur le chemin de la paix », a déclaré César García.

    Lire la lettre (en anglais).

    Lire une interview avec des responsables anabaptistes sur Israël et la Palestine.

  • La crise environnementale et notre mission de protection de la création 


    Un mot d’encouragement de la part de la Commission Foi et Vie de la CMM et du groupe de travail pour la protection de la création. 

    Partie 1 sur 2 

    Il est de plus en plus urgent de « Protéger la création ». 

    L’actualité nous rappelle quotidiennement les changements alarmants de notre climat. Comme le montre l’enquête du groupe de travail pour la protection de la création, nos sœurs et nos frères de la famille mondiale de foi subissent sécheresses, inondations, tempêtes destructrices, incendies, famines et ravages causés par les guerres. Diverses espèces sont menacées, voire en voie d’extinction. 

    Nous sommes témoins d’une épouvantable violence infligée à la création bien-aimée de Dieu. Et nous nous rendons de plus en plus compte à quel point nous sommes liés à ce mal, à la fois en tant que pécheurs et en tant que victimes du péché. 

    Comment réagir ? 

    Nos réponses dépendront sans doute de l’endroit où nous vivons, de nos ressources, de la profondeur de notre foi, de notre théologie et de notre volonté de répondre à l’appel. Cependant, nous nous devons de répondre, que nous vivions dans le Nord, qui est en très grande partie responsable de cette crise, ou dans le Sud, qui en subit une très grande partie des conséquences.  

    Nous vivons dans un monde qui subit les effets du péché humain depuis Eden. Il a brisé notre relation avec Dieu, avec les autres et avec la création dans toute sa diversité. Mais nous vivons aussi dans un monde où l’Esprit bienveillant et libérateur de Dieu opère une « nouvelle création » par et dans le Christ (2 Corinthiens 5,17). 

    Qu’est-ce que cet Esprit nous dit aujourd’hui ? 

    Les Convictions communes et la protection de la création.  

    Une des façons qu’utilise l’Esprit pour nous parler est de nous rappeler les Convictions Communes de la CMM. Malgré nos nombreuses différences, elles nous rappellent que nous partageons une base qui nous permet de répondre en tant que famille de foi à la crise environnementale. 

    Voici quelques implications des convictions que nous partageons : 

    Convictions communes #1 : Dieu est pour nous Père, Fils et Saint-Esprit, le Créateur qui cherche à restaurer l’humanité déchue en appelant un peuple à lui être fidèle dans la fraternité, le culte, le service et le témoignage. 

    D’un point de vue biblique, l’action restauratrice de Dieu dans la Conviction n° 1 englobe « tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » (Éphésiens 1.10). Dieu désire restaurer non seulement « l’humanité déchue », mais aussi les écosystèmes qui souffrent des effets de notre chute. 

    En effet, Dieu désire nous sauver de notre violence et de notre insensibilité à l’égard de sa création bien-aimée, afin que nous puissions nous joindre à lui pour prendre véritablement soin de la création en détresse. Nous ne serons pas sauvés par nos œuvres en tant que gardiens de la création, mais nous sommes « sauvés par la grâce » pour les bonnes œuvres, ce qui inclut la protection de la création. (Éphésiens 2,8-10.) 

    Convictions communes #2 : Jésus est le Fils de Dieu. Par sa vie et ses enseignements, sa mort en croix et sa résurrection, il nous a montré comment être des disciples fidèles, il a racheté le monde et il lui donne la vie éternelle. 

    Le « monde » qui est « racheté » par Jésus Christ est un « monde » qui englobe toute la création. C’est parce que Dieu a tant aimé le cosmos (Jean 3,16) que Dieu « réunit l’univers entier » en Christ, ce qui est dans les cieux et sur la terre (Ephésiens 1,10). C’est ce Jésus qui aime le cosmos en entier qui nous montre comment être des disciples qui aiment sa création.  

    Convictions communes #3 : Nous sommes une Église : une communauté composée de ceux que l’Esprit de Dieu appelle à se détourner du péché, à reconnaître Jésus-Christ comme Seigneur, à recevoir le baptême sur confession de foi et à suivre Christ dans leur vie. 

    Nous entendons l’Esprit nous appeler à répondre à la souffrance de la création par la repentance, en nous détournant de la cupidité et de nos ambitions égoïstes. Reconnaître que le Christ est seigneur est un fondement solide pour notre appel missionnaire à prendre soin de la création. 

    Puisque le Christ est Seigneur, l’intégralité du cosmos est un terrain où Dieu poursuit sa mission de rachat, de rédemption et de création. Suivre Christ dans sa vie, c’est participer à cette mission, en vivant simplement, en réduisant l’impact de notre consumérisme sur notre environnement, en défendant les plus vulnérables et en répondant concrètement à leurs souffrances. 

    Convictions communes #4 : Nous sommes une communauté des croyants, nous reconnaissons que la Bible fait autorité pour nous en matière de foi et de vie ; nous l’interprétons ensemble sous la direction de l’Esprit Saint, à la lumière de Jésus-Christ, pour discerner la volonté de Dieu afin d’y obéir. 

    Le Jésus Christ que nous rencontrons dans la Bible est celui par qui tout a été créé — tout, et pas seulement les êtres humains (Jean 1,3 et Colossiens 1,16). Il est vraiment la « lumière du cosmos » (Jean 9,12). Ce mystère profond doit impacter notre vie de disciple (Jean 3,21 

    Convictions communes #5 : L’Esprit de Jésus nous rend capables de faire confiance à Dieu dans tous les domaines de la vie, de sorte que nous devenons artisans de paix renonçant à la violence, en aimant nos ennemis, en recherchant la justice et en partageant nos biens avec ceux qui sont dans le besoin. 

    Nous reconnaissons que la violence fait intrinsèquement partie de l’exploitation des ressources naturelles, les puissants revendiquant les terres et les ressources et cherchant à faire taire les voix qui s’élèvent pour s’y opposer. Ceux qui protègent et défendent l’environnement sont persécutés et tués dans des proportions jamais vues auparavant dans le monde entier. 

    Aujourd’hui, protéger la création nous oblige, en tant que corps du Christ, à dénoncer l’injustice et la violence en étant solidaires des plus vulnérables. La protection de la création et la recherche de la justice sont inséparables. 

    Convictions communes #7 : Nous sommes une communauté mondiale de foi et de vie : nous dépassons les frontières de nationalité, de race, de classe, de sexe et de langue. Nous cherchons à vivre dans le monde sans nous conformer aux puissances du mal, à témoigner de la grâce de Dieu en servant les autres, à prendre soin de la création et à inviter tout être humain à connaître Jésus comme Sauveur et Seigneur. 

    Dans cette conviction, nous affirmons clairement que la protection de la création est au cœur même de la mission de l’Église, qui est de « témoigner de la grâce de Dieu ». En outre, en tant que « communauté mondiale de foi et de vie », transcendant les frontières géographiques, politiques et économiques, nous avons d’innombrables opportunités pour collaborer et répondre au grave défi que représente la protection de la création. 

    Nous rendons grâce pour les collaborations déjà en cours. 

    C’est au Seigneur qu’appartient le monde avec tout ce qu’il contient, la terre avec ceux qui l’habitent. Psaumes 24,1 


    La deuxième partie sera publiée le mois prochain :



  • De la rupture à la gloire 

    Le Kintsukuroi, une technique japonaise traditionnelle, consiste à réparer des céramiques avec de la laque et de l’or, en accueillant les cassures comme faisant partie de l’histoire d’un objet au lieu de les dissimuler ou de les jeter. 

    Ce processus consiste à identifier les zones cassées et à les réparer délicatement avec de l’or précieux, ce qui permet de créer des pièces uniques qui allient cassure et magnificence, sublimant ainsi leur valeur et leur beauté. 

    Dans le domaine des relations internationales, l’iniquité et l’injustice peuvent dégénérer en conflits et en guerres, fracturant les familles par manque de respect et de considération. En engageant le dialogue, comme un potier qui évalue les angles brisés, et en traitant les blessures avec amour, compréhension, tolérance et compassion, les relations peuvent être restaurées et la paix peut prévaloir. 

    La transformation de la rupture en gloire signifie un changement où les imperfections ne sont plus synonymes de défauts, mais symbolisent plutôt la croissance et la résilience. L’incorporation de l’or met en évidence la beauté de la cassure, en rehaussant sa valeur et sa signification. 

    Au cours du dimanche de la paix, un acte symbolique impliquant un arbre en papier a été réalisé, au cours duquel les individus ont identifié leurs « potiers » vers lesquels ils se tourneraient pour obtenir un soutien dans les moments difficiles. Cela a favorisé une culture de l’amour et de la gentillesse parmi les participants. 

    Malgré l’existence de conflits, de divisions et d’injustices dans le monde, il reste un chemin vers la paix et la guérison en incarnant le rôle du potier dans les mains du Père, en traitant les autres avec amour et compassion, comme l’or qui remplit les fissures pour rehausser la beauté et la plénitude. 

    Les individus peuvent contribuer à un monde plus harmonieux et interconnecté. 

    Prière 

    Cher Père qui est aux cieux, 

    Par ta douceur, nous pouvons faire l’expérience de ta précieuse guérison. Nos imperfections sont accueillies avec beaucoup d’honneur. 

    Père, aide-nous à être sensibles aux blessures des autres. Par ta grâce et tes dons, nous pouvons incarner ton amour, ton empathie et ta compassion. 

    Nous souhaitons répondre aux besoins des autres. 

    Accorde-nous le courage d’accepter notre rupture, de recevoir la guérison et de révéler ta gloire à travers nos blessures. 

    Merci, Père. Tu es Jéhovah Rapha. Ta guérison nous apporte l’unité et la paix. 

    Au nom de Jésus, nous te prions. Amen. 

    — Wincy Wan est membre de la Commission Paix. Elle est pasteur d’une église mennonite à Hong Kong. 


    L’argile dans la main de Dieu 

    Kari Traoré au Burkina Faso. Photo : Siaka Traoré

    Le Kintsukuroi, la pratique qui consiste à créer ou à recréer à partir de poteries cassées, m’a fait penser à Jérémie, qui fut envoyé par le Seigneur dans la maison d’un potier.  

    Arrivé là, Jérémie remarqua que « Quand, par un geste malheureux, le potier ratait l’objet qu’il confectionnait avec de l’argile, il en refaisait un autre selon la technique d’un bon potier. ». 

    Le message de Dieu était donc : « Ne puis-je pas agir avec vous, gens d’Israël, à la manière de ce potier ? Vous êtes dans ma main, gens d’Israël, comme l’argile dans la main du potier. » (Jérémie 18,4,6 TOB) 

    Le message du Seigneur à Jérémie est que Dieu fait ce qu’il veut, parfois en fonction de l’attitude de l’homme. 

    Malheureusement, à cause de notre entêtement, nous inversons souvent les rôles, nous considérant comme Dieu et Dieu comme l’argile. 

    C’est ce que nous pouvons comprendre dans Esaïe 29,15-17 :« Prendra-t-on le potier pour l’argile ? L’œuvre dira-t-elle de l’ouvrier : “Il ne m’a pas faite » ? Le vase dira-t-il du potier : « Il n’y entend rien ? ». 

    L’apôtre Paul partageait en quelque sorte cette idée lorsqu’il disait : « Le potier n’est-il pas maître de son argile pour faire, de la même pâte, tel vase d’usage noble, tel autre d’usage vulgaire ? Si donc Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec beaucoup de patience des vases de colère tout prêts pour la perdition » (Romains 9,21-22). 

    Confions au Seigneur la direction de notre vie. 

    Prière 

    Seigneur, brise en moi ce qui n’est pas à toi et reconstruis-moi selon ce que tu veux que je sois, afin de glorifier ton nom ! 

    —Kari Traoré est membre de la Commission Paix. Il est pasteur d’une église mennonite à Burkina Faso. 

  • Commémorons 500 ans d’anabaptisme 

    Samedi 29 mai 2025 

    Zurich, Suisse 

    • Les ateliers
    • concerts
    • représentations théâtrales
    • tables rondes se termineront avec un culte œcuménique. 

    Renouveau 2028

    2025 Renewal: The courage to love