Témoignages

De l’Indonésie à la Colombie : l’expérience d’un choc culturel

Rut et un groupe de l’église mennonite Teusaquillo servent de la nourriture à des sans-abri dans le cadre d’un ministère de l’église.

Je m’appelle Rut Arsari Christy et je viens de l’Indonésie. Dans mon pays d’origine, je fréquente une église mennonite appelée GITJ Kelet. Elle fait partie de l’église Gereja Injili di Tanah Jawa, membre de la Conférence Mennonite Mondiale. À cause de la colonisation par les Pays-Bas, l’influence de la religion et de la culture néerlandaises est assez importante en Indonésie. Plusieurs édifices ont été construits par les Néerlandais : des maisons, des hôpitaux et des églises. Mon église est une des églises construites par les Néerlandais. De plus, à cause des Néerlandais, il y a plusieurs églises mennonites en Indonésie.

Je suis présentement en Colombie, en service avec le programme YAMEN!. Je travaille avec l’église mennonite Teusaquillo à Bogotá. Dans mon église de GITJ Kelet, j’avais l’habitude de dire « selamat pagi » (qui veut dire bonjour) quand je rencontrais des personnes. Maintenant c’est bien différent, je dois dire « buenos días » et étreindre les personnes chaque fois que je les rencontre à l’église. Au début c’était un peu difficile, mais j’ai l’habitude de le faire maintenant.

Le choc culturel est presque inévitable. Il y a une grande différence entre mon église d’origine et l’église de Teusaquillo. Il y a des traditions de mon église que je ne trouve pas dans l’église de Teusaquillo. La célébration du Dimanche de la Fraternité Mondiale en est un exemple. Dans mon église, nous célébrons le Dimanche de la Fraternité Mondiale en apportant des articles tels que des aliments, des boissons, des fruits, des légumes, des appareils électroniques, etc. D’abord nous avons un culte du dimanche normal, puis nous tenons une vente aux enchères des articles apportés par les personnes. L’argent recueilli est désigné aux besoins de l’église.

2014 est la première année où j’ai célébré le Dimanche de la Fraternité Mondiale avec les membres de l’église mennonite de Teusaquillo en Colombie. J’ai été plutôt surprise car il n’y avait rien de particulier, pas d’activités spéciales. Ils ont eu un culte du dimanche habituel et le pasteur a informé l’église que c’était le Dimanche de la Fraternité Mondiale. C’était vraiment différent de mon église. En Indonésie, ma mère confectionne des gâteaux et des biscuits pour la vente aux enchères. Ma mère et moi avions l’habitude d’être très occupées à préparer les gâteaux la veille de la vente aux enchères.

Cette année, j’aillais même oublier que nous étions la veille du Dimanche de la Fraternité Mondiale jusqu’à ce que le pasteur de l’église, qui est mon père d’accueil, me demande de lire un texte le lendemain pendant le culte. J’ai compris que c’était un article sur « Undhuh-undhuh », qui est le nom de la vente aux enchères que nous tenons le Dimanche de la Fraternité Mondiale dans mon église. J’ai lu l’article sur Undhuh-undhuh lors de deux cultes à l’église de Teusaquillo.

J’étais nerveuse car c’était la première fois que je parlais devant l’assemblée. J’étais d’autant plus nerveuse parce que l’article était en espagnol. À l’époque je croyais encore que mon espagnol était loin d’être bon. Cependant, quand j’ai terminé la lecture de l’article, plusieurs personnes sont venues me dire que j’avais bien fait. Ils m’ont dit qu’ils avaient bien compris, que je parlais clairement et que mon accent était bon. J’étais tellement heureuse de leur faire connaître la culture de mon église en Indonésie.

J’espère que j’aurai une autre occasion de parler de la culture de mon église devant l’église mennonite de Teusaquillo. Je serai à nouveau nerveuse, mais je suis heureuse de donner de l’information sur mon église GITJ Kelet.

Par Rut Arsari

 

Auteur: 
Date/Fecha: 
13 juin 2014 - 1:43pm