« L’unité ne nous donne pas la force, l’unité est notre force », a affirmé la pasteure Leotina Mahamba, déléguée de l’Église de la communauté mennonite en Angola, lors de la Rencontre des dirigeants anabaptistes africains à Accra, au Ghana, du 10 au 12 juillet 2026.
Cette rencontre, tenue sous le thème « Un seul corps, une seule voix : renforcer l’unité au sein de la famille anabaptiste africaine », a réuni 35 participants officiels : des responsables de 22 conférences membres de la CMM provenant de 15 pays d’Afrique, des membres du personnel et des représentants régionaux de la CMM, ainsi qu’un membre du personnel africain du Comité central mennonite qui s’occupe de l’Afrique de l’Est et du Sahel.
« À ma connaissance, il s’agit du premier rassemblement de ce type en Afrique. À ce titre, il marque un moment important dans notre parcours commun et dans l’histoire de notre communion sur le continent », a déclaré Danisa Ndlovu, responsable des relations inter-Églises à la CMM et ancien évêque de l’Église des Frères en Christ du Zimbabwe.
Les discussions ont été menées en anglais, en français et en portugais. Le culte multilingue a souligné l’unité commune en Christ et la diversité comme un don au service de la mission.
« Après deux années bien remplies, consacrées à rêver et à planifier, ces trois jours passés ensemble ont constitué un riche espace de consultation, de fraternité, de louange, de discernement partagé, de rires et de conversations informelles », a affirmé Danisa Ndlovu.
Pour favoriser une plus grande variété d’opinions, quatre femmes occupant des postes de direction faisaient partie des délégués invités (dont l’ancienne vice-présidente de la CMM, Rebecca Osiro).
Au cours de ces trois jours, les participants ont réaffirmé la vocation de l’Église à être un témoin d’espoir et de guérison face aux héritages du colonialisme, aux divisions culturelles, aux pressions sur les ressources et à la violence xénophobe.
« Nous avons reconnu les ressources humaines, financières et de leadership déjà présentes au sein de nos Églises africaines. Nous avons planifié et organisé cet événement de manière autonome. Il était important de reconnaître notre force pour le ministère », a souligné Danisa Ndlovu.

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Les dirigeants ont abordé en toute franchise la nécessité d’assurer des transitions de pouvoir plus saines, notamment en ce qui concerne la préparation des successeurs, la responsabilisation et un soutien durable.
Isaac Gborbitey, coordinateur de YABs (Jeunes Anabaptistes) et représentant pour l’Afrique, a exhorté les responsables d’Églises à intentionnellement encadrer la prochaine génération, plutôt que d’attendre les périodes de transition pour former les successeurs.
« Les jeunes dirigeants ont besoin d’occasions d’apprendre, de s’investir, d’assumer des responsabilités et de mûrir progressivement vers des fonctions de direction, tout en tirant parti de la sagesse et de l’expérience des dirigeants plus âgés », a affirmé Isaac Gborbitey. Ce dernier a été un acteur clé dans l’organisation de cet événement, qui s’est déroulé dans son pays natal.
« C’est la première fois que nous rencontrons nos frères et sœurs issus de différentes conférences, réunis ici, chacun apportant ses dons spirituels pour s’enseigner mutuellement et apprendre les uns des autres, » a declaré Daniel CAnganguela, Igreja Evangélica dos Irmãos Mennonitas em Angola.
« Cette rencontre a été unique pour moi », a ajouté Francis Kamoto, évêque de l’Église des Frères en Christ (Malawi) Mpingo Wa Abale Mwa Kristu et membre de la Commission Foi et Vie de la CMM. Il a exprimé sa joie d’avoir pu découvrir des Églises mennonites au Ghana et d’avoir partagé un moment de communion enrichissant avec les dirigeants africains. « Je suis également très ému par les moments de recueillement que nous avons eus. »
Les responsables ont affirmé que ces rencontres avaient permis de lever des barrières et de créer un sentiment de communion. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de poursuivre ces rencontres à un rythme régulier. La prochaine est prévue avant la 18e Assemblée de la CMM, qui se tiendra en Tanzanie en 2028.
« Nous pensons que, en retour, cela renforcera véritablement notre capacité à poursuivre l’œuvre du Seigneur. Nous prions pour que d’autres rassemblements de ce type aient lieu », a déclaré Joseph dit Boureïma Sinou, secrétaire général de l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso.
En signe d’engagement commun envers la prochaine Assemblée en Tanzanie, les participants ont collecté de leur plein gré environ 230 USD afin de soutenir les préparatifs de l’Assemblée. Les responsables ont également convenu que chaque conférence membre de la CMM en Afrique verserait au moins 300 USD au budget de CMM de l’Assemblée « Afrique ».
« Nous sommes plus forts et plus unis parce que nous nous sommes réunis », a déclaré Danisa Ndlovu.
« Nous rendons grâce à Dieu pour ce qui s’est accompli parmi nous : la diversité des langues, la présence de nombreux pays et les différentes conférences. Ce fut véritablement un moment de renouveau. Cela nous a vraiment donné l’occasion de redécouvrir qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble », a déclaré Samson Omondi, président de l’Église mennonite du Kenya et représentant de l’Afrique au Comité exécutif de la CMM.
Faisant référence au Psaume 133, il a ajouté : « Comme il est agréable et bon que des frères et sœurs se réunissent, car être ensemble signifie être uni. Et lorsque vous êtes unis, vous devenez de plus en plus forts. »
