Un même cœur pour Dieu unit les langues et les cultures
Carlos Martínez García
Photo: Jonathan Charles
Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, la prière était incessante. Les personnes désireuses de prier pour diverses requêtes avaient accès à un espace ouvert tout au long de la journée. Une carte du monde de 40 pieds par 24 pieds, gracieusement offerte par Rosedale Mennonite Mission, était étendue sur le sol du vaste salon. Les personnes ou le petit groupe qui voulaient intercéder pour une région ou un pays en particulier devaient retirer leurs chaussures pour se tenir, se pencher ou s’agenouiller près de la nation pour laquelle ils voulaient prier, et laisser une petite lumière à piles comme un signe de prière permanent.
La coordonnatrice du réseau de prière, Joanne Dietzel, rappelle que l’année dernière, lors du lancement de l’organisation du Rassemblement PA 2015, on avait insisté sur l’importance de promouvoir et de rappeler la valeur de la prière à la communauté anabaptiste mondiale. Avant le début du Rassemblement, 300 personnes de partout dans le monde s’étaient jointes au réseau de prière et priaient incessamment pour l’élaboration du programme et les participants du Rassemblement.
Des personnes venant des quatre coins du monde sont venues dans le salon du réseau de prière pendant le Rassemblement. Joanne et son équipe de travail qui guidaient et aidaient ceux et celles qui venaient sur place, ont entendu et vu comment les frères et sœurs, avec différents besoins et divers arrière-plans ethniques et linguistiques, venaient ensemble pour prier. « Car, mentionne Joanne, nous pouvons provenir de différentes communautés et cultures, mais l’essence de notre foi est la même : Jésus Christ Seigneur et Sauveur. »
Carlos Martínez García est pasteur et journaliste au Mexique.
Les théologiennes anabaptistes examinent les possibilités d’un réseau mondial
Par Virginia A. Hostetler, avec les reportages de Harriet Sider Bicksler et d’Elina Ciptadi-Perkins
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) — Au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), du 21 au 25 juillet 2015, les femmes anabaptistes se sont réunies pour une première fois afin d’examiner les possibilités de former un réseau mondial des femmes anabaptistes.
PHOTO: Dale D Gehman(C)Dale D. Gehman
Réunies en session, par groupes régionaux, des femmes de l’Asie, de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord et de l’Europe ont été mises au courant de ce qui se fait déjà, puis ont considéré comment elles pourraient travailler ensemble au sein de réseaux plus formels dans leurs propres régions.
Ces sessions ont été suivies d’une rencontre commune le vendredi après-midi où les femmes de tous les continents étaient invitées à donner leur opinion sur la possibilité d’un réseau mondial. La rencontre de trois heures et demie a été animée par les théologiennes de l’Amérique latine et comprenait une liturgie, des chants, de l’expression gestuelle et de l’art ainsi que des rapports et des discussions en groupe. Près de 100 femmes ont participé à la rencontre.
Les participantes ont examiné deux grandes questions : Ya-t-il un besoin pour un réseau mondial de théologiennes? Quelle serait la fonction de ce réseau?
Au sujet du besoin, les participantes latino-américaines ont répondu avec enthousiasme : « Si! »
Parmi les commentaires recueillis, on trouve notamment « Je sais que mon monde est trop petit, j’en ai besoin d’autres ».
Les femmes ont décidé par consensus d’aller de l’avant et de nommer des personnes contacts dans chaque région pour la mise en œuvre.
Au cours des années, la CMM a soutenu des opportunités de réseautage et de formation théologique pour les femmes. Or, parmi les 150 délégués du Conseil Général qui se sont réunis du 16 au 20 juillet, on comptait moins d’une douzaine de femmes. Une femme du Sud s’est exclamée : « Est-ce cela l’égalité? Est-ce que c’est juste? Dans nos églises, les femmes sont majoritaires! » Une autre a ajouté : « Sans la voix des femmes, nous manquons la moitié de la sagesse de Dieu. »
(Le Conseil Général est formé de responsables d’église de partout dans le monde, choisis par les conférences et les églises membres de la CMM.)
Réseaux régionaux
PHOTO: Dale D Gehman
Le mouvement des théologiennes a pris naissance en Afrique avec la formation du groupe « Théologiennes Anabaptistes Africaines » en 2001. En partenariat avec Mennonite Church USA et la CMM, le groupe a encouragé et facilité la formation théologique des femmes de divers pays africains. Le groupe africain ne s’est pas rencontré à Harrisburg.
Au Rassemblement de la CMM au Zimbabwe, en 2003, les femmes latino-américaines ont été inspirées par leurs sœurs africaines. Elles ont alors formé le mouvement des Théologiennes latino-américaines et ont tenu leur première rencontre continentale en 2009 au Rassemblement de la CMM au Paraguay.
Au Rassemblement de 2015, les femmes latino-américaines ont exprimé leur appréciation à l’égard du programme Sister Care de Mennonite Church USA dans plusieurs pays de l’Amérique latine.
Des conversations ont débuté en Inde en 2012 à propos d’un réseau des théologiennes asiatiques appelé Theologically Trained Anabaptist Women of India (Femmes anabaptistes de l’Inde diplômées en théologie). C’est une initiative locale, approuvée par la CMM, pour former et habiliter sur le plan théologique les femmes anabaptistes. Au Rassemblement de 2015, elles ont poursuivi leurs conversations.
Il n’existe pas de réseau formel en Europe ou au Canada et aux États-Unis, mais les femmes se sont réunies en groupes régionaux à Harrisburg pour examiner les possibilités.
PHOTO: Dale D Gehman
PA 2015
Possiblement le reflet d’une réalité plus grande de la lutte des femmes pour l’obtention d’une reconnaissance et d’un statut dans l’église, la salle de rencontre désignée pour les réunions des théologiennes était située à l’extrémité du Champ de Foire, loin de la cafétéria et des aires de rencontres, avec peu de panneaux de signalisation le long du chemin.
Quelques questions soulevées pendant les sessions à PA 2015 :
Qui est théologien? Certains groupes ont étoffé la définition en incluant les femmes qui font du travail pastoral et communautaire. On a aussi reconnu que les femmes « font » de la théologie différemment des hommes.
Qu’est-ce que les femmes peuvent faire pour connaître leurs sœurs des autres pays et marcher avec elles en dépit des différences et des distances?
Comment les jeunes femmes peuvent-elles être encouragées à s’engager en théologie?
La structure de la CMM sert-elle à faire ces connexions?
Qu’est-ce que les femmes peuvent offrir à la CMM et qu’est-ce qu’elles peuvent demander à la CMM?
PHOTO: Dale D Gehman
Les rencontres ont aussi eu une expression artistique collective. Audrey Kraybill, une artiste et pasteure de Lancaster en Pennsylvanie a dirigé un projet de découpage intitulé « Femmes en conversation ».
À la grande réunion commune du vendredi, les participantes ont signé l’œuvre d’art collective avec l’intention de l’envoyer aux femmes de la République démocratique du Congo qui n’ont pas obtenu de visa pour assister au Rassemblement.
Virginia A. Hostetler est éditrice Web pour The Canadian Mennonite. Elle faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les sessions plénières au 16e Rassemblement.
Le travail de la Commission Paix comprend la prière, le plaidoyer et le développement des ressources
Par Karla Braun
Peace Commission
« La paix est gratuite », dit Paulus Widjaja, membre sortant de la Commission Paix. « Le conflit a un prix, mais l’évangile est gratuit. »
La Commission Paix, formée en 2009 comme une des quatre cavités du cœur de la CMM (Paix, Diacres, Foi et Vie, Mission), a tenu un atelier pendant le Rassemblement le 23 juillet 2015.
Quelles sont les activités de la Commission?
La prière
Des conférences mennonites et d’autres organisations chrétiennes ont demandé la prière à la CMM qui, par la suite, a lancé un appel à la prière à ses membres. De nombreuses églises n’ont pas les ressources dont les Nord-Américains disposent, dit un frère de l’Amérique latine, mais elles peuvent « prier, jeûner et pleurer avec ceux et celles qui souffrent et qui sont aux prises avec des conflits. »
Le plaidoyer politique
Le Conseil Général de la CMM réuni en 2015 a approuvé les directives de la Commission Paix sur le plaidoyer politique. Ce document peut guider l’élaboration des politiques et servir aux membres du bureau, aux conférences et aux églises de la CMM.
La Commission Paix a envoyé des lettres d’appui en faveur de Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonitas de Panamà (Conférence des Églises des frères mennonites du Panama) où les moyens de subsistance des membres sont menacés par l’exploitation forestière illégale, et en faveur de Hôi Thánh Mennonite Viêt Nam (Église mennonite du Vietnam) où les pasteurs et les églises sont persécutés.
La Commission travaille aussi sur une déclaration de solidarité avec les peuples autochtones.
Le développement des ressources
« Nous prétendons être une église de paix, mais il existe tellement d’églises mennonites déchirées », dit Paulus Widjaja. La Commission Paix crée des ressources (graphique sur les stades du développement d’un conflit, lignes directrices pour déterminer la réponse de la CMM aux conflits, « guérison des mémoires ») qui seront bientôt accessibles sur le site Web.
De prochaines initiatives comprennent le développement d’un Réseau Anabaptiste Mondial pour la Paix (le sujet d’un atelier le 24 juillet 2015, un des neuf ateliers préparés par la Commission Paix) et la mobilisation du Réseau des Églises pacifistes historiques. Nous dialoguons avec des ex-ennemis, dit Paulus Widjaja (en faisant référence au dialogue trilatéral de la Commission Foi et Vie avec les luthériens et les catholiques), pourquoi pas avec des amis?
La Commission Paix est également partenaire avec Conrad Grebel University College pour la tenue d’une conférence et d’un festival mennonite mondial sur la paix en Ontario (Canada), du 9 au 12 juin 2016.
Karla Braun est la rédactrice de Courier/Correo/Courrier.
Un atelier de la Commission Foi et Vie explore la question du 500e anniversaire en 2025
Leaders from other world communions brought ecumenical greetings in plenaries. PHOTO: Merle Good
Par Gordon Houser
La Conférence Mennonite Mondiale a tenu son premier rassemblement en 1925 – l’année du 400e anniversaire de l’origine du mouvement anabaptiste. Avec le 500e anniversaire dans seulement dix ans, plusieurs personnes se demandent comment la CMM commémorera l’événement.
Le 25 juillet 2015, un atelier au Rassemblement de la CMM à Harrisburg en Pennsylvanie a abordé cette question « De la Réforme 2017 à l’anabaptisme 2025 : comment l’Église mondiale commémorera-t-elle le 500e anniversaire? » et a fourni quelques indications de ce qui pourrait se faire.
Hanspeter Jecker, Astrid von Schlachta et John D. Roth ont dirigé l’atelier. Ils ont demandé des suggestions aux participants et ont expliqué le contexte de la question.
Bref, la réponse à la question se résume en un mot : « sagement ».
« La manière de commémorer nos origines nous aide à comprendre qui nous sommes aujourd’hui » dit John D. Roth. Il nous met en garde contre l’exubérance : « nous commémorons une division d’église. »
Astrid von Schlachta fait remarquer que le premier rassemblement de la CMM a mis l’accent sur le renouveau, le christocentrisme, le danger du matérialisme et sur l’église comme premier objet de la mission
John D. Roth souligne que le renouveau est encore un sujet d’intérêt aujourd’hui. En 1925, il y avait peu d’anabaptistes, mais aujourd’hui il y en a 1,9 million.
Il ajoute que les planificateurs des événements voudront être en communication avec les 103 groupes qui font partie de la CMM ainsi que les groupes qui ne sont pas membres mais apparentés, tels les amish, les groupes Old Colony et des groupes des églises libres en Allemagne.
Hanspeter Jecker dit que les commémorations devraient refléter nos convictions théologiques, nos partenariats œcuméniques et notre réalité mondiale. Il a présenté un ensemble de propositions qui comprend une commémoration décennale qui s’étalera de 2017 à 2025/27.
Provisoirement intitulés RENEWAL 2015, les commémorations comprendraient un événement régional tenu à tous les deux ans dans chacun des cinq continents. Au programme, il pourrait y avoir une rencontre des commissions en 2016, une réunion du Conseil Général en 2018, le prochain Rassemblement de la CMM en Indonésie en 2021, une autre réunion du Conseil Général en 2021 et un Rassemblement de la CMM en 2027, possiblement en Suisse.
Les objectifs fixés pourraient être les relations intra-anabaptistes, le témoignage mondial et la connaissance de soi.
La Commission Foi et Vie est ouverte aux suggestions sur la façon de procéder.
Gordon Houser est rédacteur de The Mennonite, la publication de Mennonite Church USA.
Un cercle d’amitié offre un don en argent à un pasteur kényan
Par Paul Schrag
Dans son cercle d’amitié, au Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale, Francis Ojwang a reçu une bénédiction inattendue au contact de ses frères et de ses sœurs d’ailleurs.
Le pasteur kényan espérait que son épouse, Everline Achieng, puisse voyager avec lui à PA 2015.
Mais comme près de 300 autres personnes de divers pays, l’épouse de Francis Ojwang n’a pas obtenu de visa. Le couple a déboursé plus de 1 000 $ pour les demandes de visa (l’entrevue de demande de visa, les passeports) et la moitié n’a servi à rien.
« J’étais déçu mais pas découragé, car je crois que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », dit Francis Ojwang.
Il a raconté son histoire avec le cercle d’amitié no 348, un des quelque 300 cercles composés d’environ 10 personnes qui se rencontraient pendant 45 minutes après chaque culte de la matinée.
Les autres membres du cercle de Francis, tous des États-Unis, ont fait une collecte. À leur dernière rencontre, ils ont remis à Francis, père de six enfants, une enveloppe contenant assez d’argent pour couvrir une bonne partie de sa perte.
« C’est une surprise et une grande bénédiction », a-t-il dit.
Il a promis qu’une partie des fonds servirait à aider les orphelins qui représentent la moitié des 120 enfants de l’école du dimanche de son assemblée.
Avant de recevoir le don, il avait 5 $ dans ses poches.
Le thème de la journée était justement « En marche avec Dieu dans l’accueil et le don ».
Le partage interculturel vécu au sein du cercle d’amitié no 348 n’est qu’un des innombrables moments du Rassemblement — culte d’adoration avec la multitude, la musique au Village de l’Église Mondiale, la Coupe du monde anabaptiste ou les rencontres dans les couloirs — qui ont rapproché les anabaptistes de partout dans le monde dans une communion plus étroite.
Paul Schrag est rédacteur de Mennonite World Review. Il faisait partie de l’équipe de rédaction Meetinghouse qui a couvert les séances plénières du 16e Rassemblement.
Les cercles d’amitié à PA 2015 stimulent les conversations en petits groupes
Par Karla Braun
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) – « On peut voir des jeunes et des personnes âgées [parler ensemble]. Et nous devenons des amis intimes », dit Omondi Samson du Kenya en prenant une photo de son nouveau « papa » et de sa nouvelle « maman » des États-Unis. Omondi Samson a participé à un des 255 cercles d’amitié qui se rencontraient après les séances plénières du matin.
La coordonnatrice Thobekile Ncube, du Zimbabwe, dit que les cercles d’amitié ont été organisés à PA 2015 « à la demande de la famille anabaptiste. Les personnes ont exprimé le besoin de mieux se connaître ».
Damaris Rickhaus de Suisse est la seule personne de son groupe qui a participé chaque jour.
« Vous ne pouvez pas vous vous faire des amis en une demi-heure », dit-elle. Mais « même dans une brève conversation, il y des personnes qui racontent leur vie. »
Quand il ratait une session, Victor Kristijanto dit qu’il manquait au groupe. « Au fur et à mesure que nous nous rencontrions, nous nous sentions à la maison », ajoute l’Indonésien. « Nous nous sentions libre d’échanger comme en famille. »
Le livret du programme fournissait des questions pour faciliter la discussion; toutefois, aucun leader n’était assigné.
Omondi a trouvé cette manière de discuter très intéressante. « Quand quelqu’un est assigné, dit-il, il n’y a pas d’espace. Quand tout un chacun est leader, nous sommes libres. »
En raison de la participation démographique, la plupart des groupes étaient constitués d’au moins 50% de Nord-Américains.
Damaris Rickhaus espérait rencontrer des personnes de partout dans le monde, mais son groupe était constitué en grande partie de Canadiens. Il n’en reste pas moins que la discussion « ouvre les horizons. »
« Toutes les églises ont leur propres problèmes », dit Victor Kristijanto. « Quand nous avons des amis, nous pouvons partager nos fardeaux. »
Les participants ont prié les uns pour les autres. Plusieurs groupes ont échangé des informations personnelles. Dans le groupe du Canadien James Wittenberg, un Indonésien a invité le groupe à lui rendre visite dans sa maison au Rassemblement de 2021.
Malgré la brièveté des rencontres de groupe, l’intention du comité de planification d’offrir un espace pour échanger entre cultures et pratiquer la communauté semble avoir connu du succès pour plusieurs participants.
Ivonete Coimbra du Brésil, dit des personnes qui composaient son cercle d’amitié, « Nous sommes désormais des amis pour la vie. »
Karla Braun est la rédactrice de Courrier/Correo/Courier
Les images de l’exposition d’art de la CMM parlent plus profondément
Par Byron Rempel-Burkholder
Geoffrey Isley
Souvent, on se souvient des rassemblements de la Conférence Mennonite Mondiale comme des festivals de mots : histoires, chants, sermons et conversations. Mais qu’en est-il de l’art visuel?
« On observe un intérêt grandissant pour l’art dans le monde anabaptiste » dit Geoff Isley, coordonnateur de la planification des arts visuels à PA 2015.
Suivant la tradition des derniers rassemblements de la CMM, le 16e Rassemblement a présenté six expositions organisées autour de thèmes : en passant des tableaux « On the Road to Freedom » de Ray Dirks sur la souffrance de la migration mennonite de Russie à une série de tableaux sur les stations de la croix, utilisés dans la liturgie de Community Mennonite Church à Lancaster en Pennsylvanie.
Pour la première fois, le 16e Rassemblement a ajouté une exposition concours.
Avec 30 tableaux et sculptures, la collection présentait une variété de disciplines et de styles, de l’art figuratif à des formes plus abstraites.
Geoff Isley ne voulait pas que l’exposition soit liée à un thème, à un style ou à un genre particulier. Il voulait plutôt que les pièces reflètent un grand éventail d’individualités et d’expériences spirituelles.
Un an avant le Rassemblement, l’équipe de planification des arts visuels a invité les églises à encourager leurs artistes à participer et à soumettre des images numériques de leur art. Quelque 30 œuvres ont été sélectionnées par un juré, Theodor Prescott, professeur d’art au Messiah College qui ne faisait pas partie de l’équipe de planification des arts visuels.
Chaque pièce était présentée avec une déclaration de l’artiste qui expliquait l’œuvre.
Geoff Isley est heureux de l’intérêt manifesté par les visiteurs du rassemblement, mais déçu qu’il y ait eu une seule proposition de l’extérieur de l’Amérique du Nord : une peinture abstraite de Lucy Riquelme du Chili, intitulée « En marche avec Jésus ».
La logistique du transport transfrontalier des œuvres peut être un facteur.
L’exposition concours et les autres expositions (présentées dans la mezzanine au-dessus de l’aire du Village de l’Église Mondiale) ont donné l’occasion aux participants du Rassemblement de communiquer et d’apprendre d’une manière plus profonde qu’avec des mots.
« Nous voulions que les personnes de l’extérieur de l’Amérique du Nord sachent que la communication visuelle est aussi importante », dit Geoff Isley.
Byron Rempel-Burkholder est un auteur indépendant et rédacteur de Winnipeg.
Les participants de PA 2015 mettent une touche personnelle sur une sculpture de la CMM
Photo: Jonathan Charles
Par Connie Faber
« Ça ressemble à une forme innocente de graffiti communautaire », dit Roland Yoder en souriant pendant qu’un groupe de personnes s’activent autour de la sculpture tridimensionnelle du logo de la Conférence Mennonite Mondiale qu’il a créée pour le Village de l’Église Mondiale (VEM) de PA 2015.
Au village, les visiteurs sont invités à laisser l’empreinte de leur pouce sur la sculpture de bois située sur la place du VEM. Samedi, le dernier jour du Rassemblement de la CMM, les barreaux blancs étaient recouverts d’empreintes multicolores laissées par des personnes du monde entier.
Roland Yoder, qui a passé presque 12 heures par jour sur le site pendant le Rassemblement, a observé en silence la transformation. On pouvait lire sur une note épinglée sur sa chemise : « ma voix est en vacances tout le mois de juillet. »
Roland est naturellement une personne tranquille, dit sa femme Dottie. Mais son silence pendant le Rassemblement de la CMM n’est pas par choix. Son médecin a récemment diagnostiqué des polypes sur ses cordes vocales et a recommandé six semaines de silence; il en était à la cinquième semaine.
« Pas le temps idéal », écrit Roland Yoder sur un bloc-notes qu’il garde à portée de main. « Merci Seigneur pour le courriel. Quand ma femme et moi faisons des appels téléphoniques, nous avons besoin de deux téléphones. Elle parle et j’écris les réponses qu’elle transmet au besoin. »
La sculpture du logo de la CMM a été conçue pour être un point central dans le grand espace qui abrite le village.
Au départ, on a demandé à Roland Yoder de concevoir quelque chose qu’on pourrait suspendre au plafond. Mais Roland Yoder souhaitait que les gens puissent toucher la sculpture et interagir avec la pièce d’une manière qui les encouragerait à s’identifier à la CMM. De là l’idée de mettre la sculpture sur un simple piédestal et de la décorer avec des empreintes digitales.
« L’empreinte d’un pouce est quelque chose de personnel » dit Roland Yoder.
La voix de Roland Yoder était peut-être hors d’usage, mais pas ses yeux ni ses oreilles.
« J’ai eu beaucoup de joie à regarder les gens du monde entier venir profiter d’un environnement que nous avons eu le privilège de créer », dit-il.
Connie Faber est rédactrice du Christian Leader, la publication des frères mennonites des États-Unis.
À PA 2015, les projets d’entraide de l’après-midi répondent à l’appel de Dieu à servir.
Photo: Heike Martin
Par Matthew Hahn
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) – Une des nombreuses activités d’après-midi à PA 2015 de la Conférence Mennonite Mondiale est une occasion de s’investir dans des projets d’entraide. Côte à côte, des anabaptistes du monde entier travaillent ensemble au Champ de Foire ou dans la ville d’Harrisburg.
« L’entraide est une valeur fondamentale des anabaptistes » dit Dawn Brotherton, coordonnatrice des projets d’entraide. L’appel à suivre Jésus implique d’aimer les personnes dans le besoin et de répondre à leurs besoins.
Pendant PA 2015, quatre différents projets d’entraide ont donné l’occasion de répondre à cet appel.
Dans la salle au nord, des bénévoles coupent, piquent et cousent des courtepointes pour le Comité central mennonite. Maria Erling, « une fervente piqueuse de courtepointe » parle de son « désir d’aider d’une quelconque manière. »
Son amie Theresa Eshbach admet qu’elle n’a pas de penchant particulier pour la couture, mais qu’elle est attirée par ce projet pour une autre raison. Ça lui rappelle sa mère et les femmes de l’Église des Frères en Christ qui confectionnaient des courtepointes pour les populations déplacées durant la Seconde Guerre mondiale.
Le MCC enverra les courtepointes de PA 2015 dans des hôpitaux, des camps de réfugiés ou des orphelinats partout dans le monde.
Dans un stationnement adjacent au Champ de Foire, des bénévoles travaillent à l’unité mobile de la mise en conserve du MCC pour mettre en conserve des légumes. Une partie de cette nourriture sera distribuée immédiatement dans des banques alimentaires locales de la Pennsylvanie.
Deux maisons sont également construites pendant le rassemblement sous la supervision de Mennonite Disaster Service (MDS). Ces maisons combleront deux familles qui ont perdu leur maison lors de désastres naturels aux États-Unis.
La maison de Woodrow Cullen Jr au Maryland a subi des dommages irréparables en octobre 2012 à la suite de la méga-tempête Sandy. Et en juin 2014, une tornade a détruit la maison de la famille de Joshua Staub.
Grâce à la contribution des bénévoles et au travail de MDS, les deux familles déménageront dans leur nouvelle maison cet automne.
De plus, chaque après-midi, des bus ont transporté de nombreux bénévoles dans des écoles du district d’Harrisburg pour peindre des classes défraîchies. Plusieurs de ces bénévoles étaient des adolescents inscrits dans le programme pour jeunes.
Ethan Weaver qui a peint le vendredi après-midi au campus SciTech de l’école secondaire d’Harrisburg, a exprimé sa satisfaction « du travail accompli ».
Du travail accompli. Au cours des cinq jours du Rassemblement, les participants ont contribué plus de 1 800 heures à ces projets d’entraide et ils ont répondu à l’appel de Jésus d’aimer les personnes dans le besoin.
Matthew est marié et père de deux jeunes filles, il est pasteur à New Life Community Church à Mount Holly Springs en Pennsylvanie.
Hippolyto Tshimanga lance un appel à l’action dans le domaine de la mission et de l’évangélisation
Par Virginia A. Hostetler
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) – L’énergie était encore vive à l’avant-dernière séance plénière de PA 2015 qui mettait en vedette le travail de la Commission Mission de la CMM. Les orateurs ont lancé de sérieux défis aux anabaptistes, les appelant à un discipulat plus actif en matière d’évangélisation.
Il y a un malaise à l’égard de la mission, en particulier parmi les églises du monde occidental, dit l’orateur Hippolyto Tshimanga, directeur du programme Afrique, Europe et Amérique latine pour Mennonite Church Canada.
Rejetant les attitudes impérialistes de l’œuvre missionnaire du passé et cherchant à être sensibles aux personnes vivant dans des milieux non occidentaux, plusieurs personnes dans l’église se sont effarouchées à l’idée de faire, d’une façon ouverte, le travail de l’évangélisation et de la mission.
Hippolyto Tshimanga a cité André Gingerich Stoner : « Les mennonites aime le service, flirtent avec la paix et sont allergiques à l’évangélisation. »
« Pourquoi ces questions sont-elles si difficiles pour moi? » déplore Hippolyto Tshimanga, « remettons-nous en question le plus fondamental des ministères de l’église, la raison d’être de l’église? »
Hippolyto Tshimanga a donné l’exemple de Jésus qui proclamait le Royaume de Dieu aux personnes de son époque. Il a aussi rappelé à l’auditoire que les disciples de Christ ont le mandat, aujourd’hui, de faire de même – en paroles et en actions.
« Il n’existe pas d’Église sans mission; la mission est l’ADN de l’Église », affirme Hippolyto Tshimanga.
Rodrigo García (left) and Marc Pasques
Les jeunes anabaptistes, Marc Pasques (d’Espagne et d’Australie) et Rodrigo Pedroza (du Mexique), ont parlé en tandem et ont mis l’auditoire au défi d’associer convictions et actions concrètes.
Rodrigo Pedroza a référé à l’annonce du Royaume de Dieu dans Marc 1/15. Le Royaume de Dieu est proche, mais il n’est pas encore été entièrement accompli.
« Notre rôle en tant que cobâtisseurs du Royaume de Dieu s’exerce ici et maintenant », dit-il.
Rodrigo Pedroza a montré l’exemple de Jésus qui, en marge de la société, a exercé son ministère où la souffrance abondait. « La bonne nouvelle doit être proclamée et comprise dans chaque contexte des besoins humains », dit-il.
« Qui sont les hommes et les femmes que notre société considère comme des lépreux? a demandé Marc Pasques. Les voyons-nous? »
« Parce que nous sommes anabaptistes et disciples de Jésus, nous ne pouvons pas tolérer ou justifier la discrimination ou la violence envers les personnes sur la base de leur nationalité, leur ethnicité, leur sexe, leur statut marital ou leur orientation sexuelle » a-t-il insisté.
La musique nord-américaine a prédominé durant ce culte ayant pour thème en marche dans l’accueil et le don. Les membres de l’équipe musicale provenaient de l’Angola, de l’Éthiopie, de l’Inde, de l’Indonésie, du Mexique, de l’Espagne et des États-Unis. Marcy Hostetler a aussi fait mention de deux musiciens, de la Colombie et de la République démocratique du Congo, qui n’ont pas obtenu leur visa.
Virginia A. Hostetler est éditrice Web pour The Canadian Mennonite. Elle fait partie de l’équipe de rédacteurs Meetinghouse qui ont couvert les séances plénières du 16e Rassemblement.
Culte du samedi soir à PA 2015
Par Doreen Martens
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) – L’amour du prochain est sans aucun doute au cœur de l’évangile, dit Bruxy Cavey à la dernière séance plénière de PA 2015. Au cours de cette soirée, nous avons aussi été témoin de la passation des pouvoirs du président sortant de la Conférence Mennonite Mondiale, Danisa Ndlovu, au président désigné Nelson Kraybill.
Dans une réflexion sur Galates 5/22-23 entrelacée d’humour, Bruxy Cavey (pasteur enseignant à The Meeting House, une grande église des Frères en Christ en Ontario au Canada) a fait l’éloge des anabaptistes qui véhiculent depuis des siècles le message de Jésus, simple et clair : l’amour du prochain est un reflet essentiel de l’amour pour Dieu.
« Nous sommes une église de paix parce que nous sommes d’abord et avant tout une église de Jésus-Christ », dit Cruxy Cavey.
Il souligne que les fruits de l’Esprit mentionnés dans le texte biblique sont tous des reflets du premier : l’amour.
« Le travail de l’Esprit en nous est le travail de l’amour… Dans la mesure où nous reconnaissons et incarnons l’amour, nous sommes partenaires avec le Saint-Esprit. »
Bruxy Cavey utilise une pierre pour expliquer à ses filles que l’amour signifie plus qu’être seulement gentil; l’amour signifie faire intentionnellement le bien.
La pierre en soi « n’est pas brutale, elle ne blesse personne. Elle ne fait rien, elle reste juste là », dit-il. « L’amour, par contre, ne reste pas juste là, il agit. »
Agape, dit-il, c’est le choix précieux d’entretenir des rapports avec quelqu’un.
« Nous ne faisons pas la distinction entre l’adoration et le service, entre l’adoration et l’évangélisation; tout est adoration », dit Bruzy Carey. « Notre religion, ce sont les relations; elles se cultivent de la façon que nous aimons les personnes autour de nous. »
Clôture de l’Assemblée Réunie
À la fin de l’Assemblée Réunie, le secrétaire général César García a fait l’éloge du président sortant Danisa Ndlovu qui a servi au cours des six dernières années. César García lui a remis une houlette de berger comme symbole de succession.
Danisa Ndlovu a déclaré que le Rassemblement lui avait donné des raisons de croire qu’il « finissait bien », surtout en partant au son de cette musique extraordinaire appréciée par plus de 7 500 participants.
Il a aussi rendu hommage à Janet Plenert qui a servi 12 ans avec la CMM dont les six dernières années comme vice-présidente. Les deux ont reçu en cadeau un récipient amish pour le lavement des pieds.
Rebecca Osiro, première femme ordonnée par l’Église mennonite du Kenya et représentante de la CMM pour l’Afrique de l’Est depuis plusieurs années, a été présentée comme la nouvelle vice-présidente de la CMM.
Nelson Kraybill, ancien président du Anabaptist Mennonite Biblical Seminary, à Elkhart dans l’Indiana, a reçu la houlette du berger de la part de Danisa Ndlovu au cours d’une cérémonie d’installation dans sa fonction de président.
« Ma prière est que, devant le monde qui regarde, nous passions au travail de la réconciliation », dit Nelson Kraybill.
Le culte fut empreint de joie grâce à la musique de la chorale mennonite d’’enfants de Lancaster, du chœur d’hommes Mennonite Heritage et des chansons de tradition américaine du folk et du blues.
Le culte s’est terminé avec « l’hymne national des mennonites de l’Amérique du Nord » chanté a capella « Praise God from Whom all Blessings Flow ». Une fin toute appropriée pour la journée Amérique du Nord pendant que les participants tournaient leurs regards vers l’avenir, vers le prochain rassemblement en Indonésie en 2021.
Doreen Martens est une journaliste de l’Ontario. Elle a contribué à la couverture du Rassemblement 2015 avec Meetinghouse.
Le Rassemblement a lieu au Champ de Foire de la Pennsylvanie
Par Devin Manzullo-Thomas
Harrisburg, Pennsylvanie (É.-U.) – Est-ce que les participants de Pennsylvania 2015 accepteront « une odeur de ferme » dans leur salle de rencontre?
C’est seulement une des nombreuses questions que le coordonnateur national de PA 2015, Howard Good des États-Unis, s’est posée quand lui et son équipe ont considéré le Champ de Foire de la Pennsylvanie à Harrisburg comme le site potentiel du prochain Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale.
Après avoir examiné une étude de faisabilité approfondie, le Comité Exécutif de la CMM a choisi en mai 2011 de tenir le 16e Rassemblement aux États-Unis, plus précisément au Champ de Foire de la Pennsylvanie. Le site, construit dans les années 1930, a été créé pour des expositions agricoles.
Tenir une conférence d’église dans des bâtiments connus pour accueillir des événements agricoles comportait son lot de défis.
Mais le complexe semblait être un bon endroit pour tenir PA 2015, compte tenu que les mennonites « sont connus pour être de bons agriculteurs », dit Liesa Unger de l’Allemagne, responsable des événements internationaux de la CMM.
Le coordonnateur national, Howard Good, et d’autres organisateurs sont heureux du choix. De plus, la décision a été bénéfique pour les administrateurs et le personnel du Champ de Foire.
Le Champ de Foire accueille habituellement des événements qui attirent une grande foule. (On attend 170 000 personnes au grand salon américain du plein-air). Mais avec un groupe de 7 500 participants représentant 65 pays, PA 2015 est « beaucoup plus important que tous les autres événements que nous avons eu à l’échelle internationale », dit Sharon Atland, directrice générale du Complexe du Champ de Foire (CCF).
De plus, la décision de faire de PA 2015 un événement « vert » a créé un précédent pour le Complexe du Champ de Foire. Le CCF a fait des efforts de gestion écoresponsable de moindre envergure dans le passé, comme l’installation d’un moulin à vent et de conteneurs à recyclage autour de ses bâtiments, dit Sharon Atland.
« [Mais PA 2015 est] le premier événement où quelqu’un est venu nous dire “nous aimerions avoir la plus petite empreinte écologique possible” », dit elle.
Hannah Smith-Brubaker, secrétaire adjointe au ministère de l’Agriculture en Pennsylvanie, a exprimé son appréciation aux participants du Rassemblement le 23 juillet 2015 « pour votre engagement à faire preuve d’une bonne intendance mennonite… et à réduire les déchets alimentaires. »
« Nous nous engageons à transmettre ce message en suivant votre exemple et à nous améliorer nous-mêmes … en réduisant les déchets alimentaires dans nos installations, » dit Hannah Smith-Brubaker.
Ce fut un événement différent en tous points pour le Champ de Foire. Jimmie Carter, un employé à un des stands de nourriture à l’extérieur du grand amphithéâtre, fait remarquer que PA 2015 les a tenus moins occupés que les expositions agricoles quand des files d’attente de clients affamés s’étirent jusqu’au milieu de la salle.
Il est content d’avoir travaillé pour cet événement. « Nous avons apprécié la musique », dit-il à propos de l’ensemble musical international qui dirigeait les cultes pendant les séances plénières du matin et du soir. « Ne changez jamais cette musique! »
Devin Manzullo-Thomas est rédacteur de Courier/Correo/Courrier, la publication de la Conférence Mennonite Mondiale.