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  • En kichwa, un mot, ayni, décrit la règle et la pratique de l’interdépendance. 

    « On ne peut exister que si la communauté existe », déclare Julian Guamán. Dans la vision du monde des Kichwa, cette communauté englobe toute la création, et pas seulement les êtres humains. L’ayni stipule qu’en tant que membres de la communauté, les humains ont la responsabilité d’entretenir la réciprocité entre eux et tous les autres membres, y compris les plantes, les animaux, l’eau et le sol. 

    L’ayni a des implications pratiques sur la vie des Kichwas et constitue un élément important de la vision de Julian Guamán pour l’Église anabaptiste. 

    « L’Église mennonite mondiale peut montrer la voie à d’autres églises », dit Julian Guamán. Beaucoup de chrétiens parlent de réconciliation en termes spirituels, mais ce qui distingue les anabaptistes aux yeux de Julian Guamán, c’est que : « La réconciliation recherchée par les chrétiens mennonites s’applique aussi à la création ». 

    Beaucoup d’indigènes d’Amérique latine sont attirés par l’anabaptisme, dit Julian Guamán, et il pense que c’est parce que « la théologie mennonite coïncide à bien des égards avec des éléments de la spiritualité indigène ». 

    L’un des éléments communs est l’accent mis sur la vie en communauté. 

    « La vie mennonite est une vie de coopération », dit Julian Guamán. De même, « la vie des Kichwas consiste à vivre en interdépendance avec autrui ». 

    Le deuxième élément commun est la réconciliation. Les mennonites sont connus pour leur travail de réconciliation au sein de l’Église et dans le monde. Les Kichwas pratiquent également la réconciliation, dit Julian Guamán, en « cultivant l’harmonie et l’équilibre et en construisant des ponts par le dialogue ». 

    Julian Guamán estime que la protection de la création est une conséquence naturelle de l’application de ces deux valeurs. Il en a donné un exemple concret. 

    Dans les Andes, l’exploitation minière de l’or, du lithium, du cuivre et d’autres métaux nécessaires à la technologie met en péril la santé de la terre, de l’eau et des populations. 

    Alors que les compagnies minières internationales s’installent dans de nombreuses régions, les terres indigènes sont parmi les mieux protégées. « Une grande partie du páramo (toundra alpine) où vivent les populations indigènes est encore intacte », explique Julian Guamán. 

    Les Occidentaux pourraient considérer que les efforts de conservation des communautés indigènes visent à préserver les ressources – comme l’eau – pour l’avenir. Mais ce n’est pas ainsi que les peuples indigènes voient les choses, dit-il. 

    « Je ne pense pas que ce soit la raison pour laquelle nous, les indigènes, nous en soucions », déclare Julian Guamán, « mais parce que nous avons besoin de conserver des relations avec le lieu, le páramo. Là, il y a de la vie. Le páramo lui-même, les montagnes, les collines, ont une dimension sacrée dont nous faisons partie. » 

    Et si l’église anabaptiste mondiale adoptait la règle de l’ayni ? 

    « Dans un monde marqué par le changement climatique, les crises environnementales et un système économique qui détruit la nature et exploite les gens », déclare Julian Guamán, « nous, en tant qu’églises mennonites, pouvons être différents, parce que Jésus-Christ nous a appelés à nous aimer les uns les autres ». 

    —Sierra Ross Richer est membre de la Waterford Mennonite Church, à Goshen, dans l’Indiana (États-Unis). Elle est stagiaire à l’Anabaptist Climate Collaborative. Cette histoire, tirée de la série « Pollinisateur climatique du carême » de l’ACC : Histoires anabaptistes mondiales sur le changement climatique est reproduite avec sa permission. 

  • Le témoignage à Hong Kong et au-delà 

    Les membres de l’église se réunissent dans l’auditorium d’une école et entonnent des chants de louange en mandarin et en cantonais (la langue maternelle de la plupart des habitants de Hong Kong). Les langues chinoises ont en commun une écriture qui contient des milliers de caractères. Grâce à Internet et à la mondialisation de la musique d’église, les personnes qui ne peuvent pas lire les caractères peuvent désormais trouver une traduction des chants qui leur permet de les comprendre et de chanter avec eux. 

    Bien que de nombreuses églises de la région aient abandonné les cultes en ligne à mesure que les restrictions liées à la pandémie s’atténuaient, l’église mennonite Agape de Sha Tin, à Hong Kong, continue d’enregistrer et de diffuser ses cultes sur Facebook. 

    « Certains de nos membres ont déménagé à l’étranger ces dernières années. Parfois, ils se joignent à nos cultes du dimanche pour pouvoir prier dans leur propre langue, et ils se joignent également à notre étude biblique sur Zoom », explique Esther Choi, déléguée de Hong Kong au Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS). 

    Le vieillissement de la population de Hong Kong affecte aussi l’Église : certains membres ne sont plus en mesure de venir à l’église. « Rendre nos cultes accessibles à ces personnes est notre façon de leur faire savoir que nous nous souvenons d’eux et que nous prions pour eux », dit Jeremiah Choi, pasteur de l’assemblée et représentant régional de la CMM pour l’Asie du Nord-Est. 

    « Sans faire la moindre différence entre elles et nous », dit le pasteur de la jeunesse Leung Tak Kwan, prédicateur du jour, en citant Actes 15/9. Si le passage conseille de ne pas faire de discrimination à l’égard des nations païennes (qui ont suivi le Christ, mais n’ont pas suivi les traditions juives), le même conseil s’applique à l’égard des personnes qui sont trop malades pour se rendre à l’église par les transports publics, qui sont à l’hôpital ou qui s’ennuient tout simplement de leurs amis après avoir quitté Hong Kong.  

    Indépendamment du lieu ou des incapacités physiques, la Parole de Dieu et la communion fraternelle se poursuivent grâce aux cultes en mode virtuel. 

    Photo : Elina Ciptadi

    Hong Kong traverse une période difficile : les restrictions imposées par le gouvernement sur les activités religieuses risquent de s’intensifier, l’exode de la population active entraîne une pénurie de personnel dans certaines industries et les membres de l’église sont divisés sur les questions politiques. 

    Mais ceux et celles de l’église mennonite Agape sont réconfortés par les paroles qu’ils ont chantées ce matin-là, Won’t Give Up: 

    Les afflictions peuvent venir, nous ne nous lasserons pas 
    Nous ne perdrons pas courage 
    Tous ces ennuis vont bientôt disparaître 
    La gloire éternelle sera notre récompense 

    Ê propos de l’église membre de la CMM : la Conférence des églises mennonites de Hong Kong 

    La Conférence des églises mennonites de Hong Kong se compose de trois assemblées mennonites dans la région administrative spéciale de Hong Kong, en Chine, qui compte sept millions d’habitants. L’église a été officiellement fondée en 1985 à la suite du travail de secours du Comité central mennonite auprès des réfugiés de la Chine continentale dans les années 1950 et des missionnaires d’Amérique du Nord dans les années 1960. 

    Priez pour l’unité et une issue pacifique.

     

  • Portugal 

    Le monde a profondément changé depuis le 24 février 2022, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine. Cela a eu un fort impact sur tous les Européens.

    Nous avons 14 unions d’églises mennonites dans 11 pays en Europe, chacune avec sa propre culture, son histoire, et des fonctions au sein de notre famille anabaptiste-mennonite.

    En 2018, l’Association des Églises frères mennonites (MB) d’Ukraine a accueilli notre rassemblement annuel avec des participants venus d’Autriche*, de France*, d’Allemagne*, de Lituanie, des Pays-Bas*, du Portugal*, d’Espagne*, de Suisse*, dont le président de la CMM qui s’est rendu à Zaporizhzhia et Berdiansk. 

    Alors vous pouvez imaginer que lorsque la violence a commencé l’année dernière, toutes les églises d’Europe se sont demandés : « Qu’allons-nous faire pour aider nos frères et sœurs ? »

    De la plus petite union d’églises à la plus grande, elles ont toutes voulu apporter leur aide. Toutes ont une part dans ce qui se fait en Ukraine. Certaines envoient des fonds, toutes prient, bien sûr, et certaines prennent même l’initiative d’apporter des secours directement en Ukraine. 

    Une union d’églises – petite, située près de l’Ukraine – a immédiatement commencé à apporter son aide d’une manière spécifique et pleine d’amour. 

    L’Eglise des frères mennonites (MB) en Lithuanie (Lietuvos Laisvųjų Krik_ƒçionių Ba_nyƒçia), a commencé à remplir des camionnettes à Vilnius et à les conduire jusqu’en Ukraine pour distribuer leur contenu à des frères et sœurs MB en Ukraine. 

    Ils s’arrêtent en Pologne pour la nuit, traversent la frontière et se rendent en Ukraine pour rencontrer les frères et sœurs et leur apporter des vivres. Ensuite, ils font demi-tour pour rentrer chez eux, attendant souvent des heures à la frontière en raison des longues files de personnes cherchant à partir.

    Au début, ils n’avaient même pas le temps d’expliquer ce qu’ils faisaient ; ils ont simplement commencé à agir. 

    J’en ai parlé à d’autres églises quand j’ai appris cela. Elles ont aussi envoyé de l’argent et des marchandises.

    Les immenses efforts de tous les autres membres de la famille européenne, chacun d’eux à leur manière, pour apporter de l’assistance a été une manière fantastique de redonner de l’espoir à nos sœurs et frères d’Ukraine.

    Cette solidarité n’est pas seulement entre les églises anabaptistes-mennonites d’Europe et d’Ukraine mais entre les différentes églises européennes qui s’allient pour aider l’Ukraine.

    C’est la mise en pratique de 1 Corinthiens 12/26-27 : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est glorifié, tous les membres partagent sa joie. Or vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »

    La situation en Ukraine reste un défi. Nous gardons le contact et nous nous tenons informés des besoins. Nous continuons aussi à prier.

    Nous remercions Dieu de n’avoir jamais perdu espoir.

    Continuez à prier.    

    —José Arrais vit à Lisbonne (Portugal). Il est membre de l’Eglise des frères mennonites (MB) Loures et est le représentant régional de la CMM en Europe. Ses relations avec les responsables des églises mennonites européennes, écoutant leurs besoins, leurs difficultés et leurs bénédictions, est une source de joie et de motivation pour la prière ; il est heureux de continuer à approfondir ces relations et d’en avoir encore d’autres.
    José Arrais est marié à Paula ; ils ont trois enfants et un petit-enfant. José Arrais a pris la parole lors de Renouveau 2023 – Jésus-Christ, notre Espérance – à Abbotsford, Colombie Britannique (Canada), le 25 mars 2023. Cet article est une adaptation de sa présentation.  

    *Indique que les unions d’églises de ce pays sont membres de la CMM. 


  • Corée du Sud

    Pour parler d’espoir, je dois commencer par parler de désespoir.   

    Il y a une question que l’on me pose souvent quand je dis que je viens de Corée. C’est : « Quelle Corée ? » 

    Oui, cela fait 77 ans que la Corée a été divisée en Corée du Nord et Corée du Sud. La peur profondément enracinée, résultat d’une histoire de guerre et l’insécurité qui découle de cette peur, ont créé de nombreuses formes de désespoir. 

    Les Sud-Coréens ont quatre obligations majeures. L’une d’elles est le devoir envers la défense nationale. Et l’un des devoirs concernant celle-ci est celui du service militaire. Cette obligation s’applique aux hommes âgés de 18 à 40 ans. Ils sont conscrits et sont soldats pendant un an et demi. Après cela, ils doivent s’entraîner régulièrement en tant que soldats de réserve. 

    Les gens disent que ça va mieux, mais la culture militaire est toujours très violente. Les histoires d’intimidation, de suicides et de fusillades sont courantes.

    Quand on pense aux objecteurs de conscience en Corée du Sud, le groupe qui vient à l’esprit est celui des Témoins de Jéhovah. Il existe également diverses organisations telles que World Without War. Et il y a aussi les luttes des objecteurs qui ont survécu à l’emprisonnement et défendu leurs convictions. 

    Depuis 2020, les objecteurs de conscience ne vont plus en prison. Cette dernière année cela m’a donné de l’espoir ; mais il reste encore un long chemin à parcourir. Le système actuel de service alternatif a un caractère punitif, où l’on doit faire deux fois la durée du service militaire et l’on n’est autorisé à travailler que dans les prisons. 

    Il existe également des services alternatifs qui ne sont pas l’objection de conscience à proprement parler. Mon frère cadet est diplômé d’une université agricole gérée par le gouvernement et a commencé à cultiver des pommes de terre. En Corée, le nombre d’agriculteurs diminue et il y a peu de jeunes agriculteurs, si bien qu’un groupe restreint de jeunes hommes est choisi pour faire de la culture à la place du service militaire. Des cas similaires se retrouvent également dans certaines industries. Le processus de candidature est très difficile et la durée est aussi de trois ans. 

    Mon jeune frère a récemment été informé par le gouvernement qu’il était autorisé à remplacer son service militaire par un travail agricole. L’assemblée locale avait prié et je ne peux vous dire à quel point il a de la chance. Mais, non, je ne suis pas soulagé pour autant, car mes amis doivent encore aller à l’armée, et mes voisins doivent encore aller à l’armée. 

    Les églises mennonites coréennes essaient constamment d’être solidaires des objecteurs de conscience. Nous les invitons à donner des conférences et nous essayons d’écouter leur voix lors de réunions en face à face. Notre motivation et notre espoir dans ce combat pour la reconnaissance du statut légal des objecteurs de conscience sont en Jésus, notre maître et notre exemple depuis longtemps, pour notre engagement en tant que communauté anabaptiste-mennonite concernant le principe de non-violence. 

    La plupart des gens pensent peut-être qu’il n’y a pas de problème avec le système actuel de conscription. Mais je vois le désespoir. Je suis reconnaissant qu’il existe une communauté qui voit aussi ce désespoir et qui agit. Cette communauté est mon assemblée locale et l’Église Mennonite de Corée du Sud (MCSK). La CMM est aussi à nos côtés dans nos efforts pour être disciples de Jésus. 

    Récemment, la CMM a publié une déclaration de soutien aux objecteurs de conscience, en grande partie en réponse aux défis auxquels la MCSK est confrontée. La déclaration de la CMM manifeste sa solidarité envers nous. Et cela nous donne de l’espoir à moi et à mes compatriotes mennonites de Corée.

    Merci. 

    —Kkot-ip Bae (Î∞∞ÍΩÉÏûé) est membre de l’église mennonite Nonsan Peace and Joy en Corée du Sud. Elle a étudié la sociologie et les contenus des médias numériques et travaille comme spécialiste de la planification de programmes d’économie sociale ; elle a la responsabilité de la conception de la propagation des valeurs sociales. Elle est la représentante de l’Asie au sein du comité des Jeunes anabaptistes (YABs). Kkot-ip Bae a pris la parole lors de Renouveau 2023 – Jésus-Christ, notre Espérance – à Abbotsford, Colombie Britannique (Canada), le 25 mars 2023. Cet article est une adaptation de sa présentation. 


  • « Il y a quelque chose dans l’air ambiant parmi les théologiens mennonites, les spécialistes de la construction de la paix et les praticiens autour du projet décolonial …, qui est à la fois intéressant et très bon » , dit Andrew Suderman.   

    Ce professeur de l’Eastern Mennonite University et secrétaire de la Commission Paix de la Conférence Mennonite Mondiale a organisé la troisième Conférence et Festival Mennonite Mondial sur la Travail pour la Paix (GMP III) en Virginie (Etats-Unis). « Se rassembler : Le chemin de la foi et de la paix » était le thème de l’événement organisé du 15 au 18 juin 2023 par l’EMU et soutenu par la CMM. 

    Tigist Tesfaye, secrétaire de la Commission Diacres de la CMM, et César García, secrétaire général de la CMM, ont pris la parole lors des quatre séances plénières. Quelque 160 participants de 20 pays ont participé à 10 présentations de documents, 15 ateliers, une table ronde, une installation artistique et quatre représentations théâtrales et musicales. Certains invités internationaux n’ont pas pu assister à l’événement en raison des difficultés rencontrées pour obtenir une autorisation de voyage. 

    La conférence a été l’occasion d’une rencontre entre le monde universitaire et le monde religieux. « Nous avons ouvertement placé la conférence dans le cadre de la louange », a déclaré Andrew Suderman. Chaque séance plénière s’ouvrait et se clôturait par un temps de prière et de chant.  

    César García a exhorté les participants à rapprocher l’Église et le travail pour la paix, malgré les erreurs passées de l’une et de l’autre : « Créer des structures complètement indépendantes et séparées de l’Eglise est un détour inutile qui affecte l’impact de notre témoignage de paix…. La nécessité d’un travail de paix fondé sur la théologie et la Bible est une réalité constante dans beaucoup de nos églises et de nos institutions ». 

    César García. Photo : Henk Stenvers

    L’art et la scène ont également été associés à la théologie et à la théorie. « L’idée de ce GMP était de réunir des universitaires, des praticiens, des pasteurs et des artistes pour qu’ils partagent ce sur quoi ils travaillent et comment ils s’efforcent d’incarner la paix », explique Andrew Suderman. « Des musiciens et une troupe de théâtre aident à exprimer ces valeurs, ce voyage… à relier la tête, les mains et le cœur ». 

    Selon Juan Moya, membre du groupe colombien La Repvblica, la musique et la paix sont également indissociables. « La musique dépend des vibrations, des rythmes et de la poésie pour transmettre un message. C’est un langage universel ». La capacité de la musique à franchir les frontières et à construire la paix a été démontrée lorsque le président de la CMM, Henk Stenvers, des Pays-Bas, s’est mis à jouer de la batterie avec le groupe colombien. 

    En tant que conférence mondiale, l’événement a également rassemblé des voix du monde entier. « J’ai apprécié l’accent mis sur l’écoute et l’implication des personnes du Sud, qui ont partagé la façon dont la paix n’est pas seulement enseignée en tant que concept, mais aussi soufferte, exigée et – pour certains – devient un appel à l’action pour survivre », dit Juan Moya. 

    Une compilation des documents de la précédente édition du GMP aux Pays-Bas en 2019 a été récemment publiée sous le titre « A Pilgrimage of Justice and Peace : Global Mennonite Perspectives on Peacebuilding and Nonviolence ». (Un pèlerinage de justice et de paix : perspectives mennonites mondiales sur la construction de la paix et la non-violence, non traduit).

  • Rencontrez Hiro Katano de Sapporo, Hokkaido (Japon) Membre de la Commission Foi  et Vie 

    Quelle fonction occupes-tu au sein de la CMM ? 

    Je suis membre du Conseil Général, et je représente Nihon Menonaito Kirisuto Kyokai Kyogikai (Conférence de l’Église chrétienne mennonite du Japon), depuis 2016. Je fais le lien entre la CMM et mon union d’églises par la correspondance, l’information, la traduction et l’enseignement. Je suis aussi membre de la Commission Foi et Vie depuis juillet 2022.   

    Quelle fonction occupes-tu dans ta paroisse ?     

    Je suis membre de l’église mennonite de Sapporo Bethel depuis 1998 et je prêche et préside les cultes régulièrement. Ma femme Miwako et moi résidons au Centre mennonite de Fukuzumi à Sapporo. Le centre appartient et est géré par notre union d’églises pour des hôtes, les cultes, des réunions de travail et d’autres réunionsts. J’aide aussi ma femme dans son ministère de pasteure bénévole. 

    Les églises anabaptistes/mennonites du Japon m’ont donné la responsabilité du Northeast Asia Regional Peacebuilding Institute – NARPI (Institut régional de consolidation de la paix en Asie du NordEst) depuis son lancement en 2010. J’ai des occasions de présenter des conférences, des ateliers et d’écrire sur la théologie de la paix pour les mennonites et aussi pour d’autres dénominations.  

    Que signifie ‘être unifié’ pour le corps  du Christ ?    

    Pour moi, cela signifie revenir de temps en temps à nos valeurs communes en tant que disciples de notre Seigneur Jésus. 

     Foi : nous revenons régulièrement à la vie, aux enseignements et au ministère de Jésus pour réfléchir à notre discipulat. 

    Vie : nous nous rencontrons régulièrement dans notre communauté spirituelle pour discerner la direction du Saint-Esprit, pour être renouvelés et grandir. 

    Travail : nous œuvrons régulièrement à la réconciliation holistique avec Dieu, les autres et nous-mêmes et aussi avec la création, dans notre cheminement spirituel quotidien. 

    Bien que je me base sur ce qu’on appelle les valeurs anabaptistes fondamentales, elles attirent aussi les autres dénominations.    

    Quel livre ou podcast lu ou écouté récemment pourrais-tu nous recommander ? 

    J’ai été béni et encouragé par la série ‘The Jesus Way: Small Books of Radical Faith’ de Herald Press. Ces dix livres présentent de manière concise et lisible la foi et les conceptions anabaptistes. J’en ai fait des livrets pour présenter la foi anabaptiste de base aux jeunes japonais.   

    Quelles ressources publiées par la CMM recommandes-tu et pourquoi ?  

    ‘Convictions communes des Anabaptistes du Monde entier’ vaut la peine d’être lu, répété, réfléchi et étudié pour s’en imprégner. Bien que notre union d’églises ait sa propre confession de foi, ‘Convictions communes’ présente des éléments supplémentaires plus complets de la foi anabaptiste. 

    ‘Ce que nous croyons’ d’Alfred Neufeld est un guide utile pour approfondir ce document. J’ai organisé un atelier pour explorer les ‘convictions communes’ et j’ai fait une série de sermons basés sur ce qu’on en apprend. Je m’en sers maintenant pour une série de conférences vidéo sur les doctrines anabaptistes fondamentales. 

    Comme les quatre cavités du cœur, les quatre Commissions de la Conférence Mennonite Mondiale sont au service de la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diaconie, foi et vie, paix et mission. Les Commissions préparent des documents à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils, proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux et des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous le communiqué d’une des commissions.

  • Les Jeunes Anabaptistes (YABs, Young AnaBaptists) se connectent à travers le monde durant la Semaine de la Fraternité des YABs. 

    Du 18 au 25 juin 2023, des groupes de jeunes adultes du monde entier ont célébré la Semaine de la Fraternité des Jeunes AnaBaptistes (YABs). Avec pour thème « La famille que j’ai trouvée dans mon salut », les jeunes ont partagé des histoires, adoré ensemble, prié en commun, appris des témoignages des uns et des autres, et discuté de Luc 15/4-7. 

    Une nouvelle façon de se rencontrer cette année a été le lancement du groupe Discord des YABs, avec quatre rencontres virtuelles pendant la semaine de la fraternité des YABs, auxquelles ont participé 65 personnes de 11 pays. 

    « Comme de plus en plus de jeunes utilisent cette plateforme pour jouer, bavarder, écouter des notes vocales/webinaires et organiser des réunions virtuelles, nous voulons qu’autant de jeunes anabaptistes que possible se connectent les uns aux autres à travers cette plateforme », explique Ebenezer Mondez, le mentor des YABs. 

    Lors de deux des quatre rencontres virtuelles, l’actuel Comité des Jeunes Anabaptistes a invité deux membres du premier Comité YAB (qui s’appelait alors AMIGOS) : Sarah Nahar (née Thompson) est aujourd’hui formatrice en action non-violente et théologienne interspirituelle ; Elina Ciptadi est aujourd’hui responsable de la communication par intérim de la CMM et étudiante en thérapie familiale. 

    « La participation à l’Assemblée / Sommet Mondial de la Jeunesse a changé ma vie », dit Elina Ciptadi. « Cela m’a ouvert des portes, en tant que responsable d’un petit groupe de jeunes adultes, pour travailler sur des causes plus importantes au niveau national, puis au niveau mondial grâce à la CMM. C’est très stimulant de savoir que j’ai des amis dans le monde entier avec lesquels nous pouvons partager nos luttes et nos victoires, prier les uns pour les autres et apprendre les uns des autres ». 

    Les YAB continueront à utiliser Discord pour renforcer les liens établis lors du Sommet Mondial de la Jeunesse 2022 en Indonésie. 

    « J’encourage tout le monde à cultiver les liens mondiaux que vous avez noués à l’Assemblée, et à voir comment Dieu peut faire des merveilles à travers ces relations », déclare Elina Ciptadi.  

    Il n’est pas trop tard ! Tous ceux qui souhaitent encore utiliser le matériel de la Semaine de la fraternité des jeunes adultes pour leur église peuvent le télécharger ici. Les jeunes et les jeunes adultes qui souhaitent rejoindre la communauté en ligne peuvent s’inscrire ici.


    A propos du Comité YABs (Jeunes Anabaptistes) :  

    Ce comité représente tous les jeunes gens devant le Conseil Général de la CMM et travaille avec le Comité Exécutif de la CMM. Le Comité YABs (Jeunes Anabaptistes) est composé d’un représentant de chaque continent et d’un mentor. 
  • « J’ai appris que chaque participant avait son propre accent ; cela m’a rassuré de savoir qu’il est normal d’avoir un accent », dit Hens Sita, membre de GITJ Kelet (Indonésie). 

    Avant l’Assemblée de la Conférence Mennonite Mondiale en Indonésie, IndoMenno (une collaboration des trois synodes indonésiens*) a organisé des cours d’anglais et d’indonésien. 

    Jusqu’à 1 000 invités, dont beaucoup d’anglophones, étaient attendus à la 17e Assemblée de la Conférence mennonite mondiale en Indonésie en 2022. Une centaine de bénévoles locaux ont été recrutés pour les accueillir. 

    La CMM communique en anglais, en espagnol et en français, tant à l’oral qu’à l’écrit. Pour les Assemblées, l’anglais et la langue locale – dans ce cas, le bahasa indonésien – deviennent la langue de la scène, tandis que les interprètes retransmettent les interventions à l’aide d’écouteurs en espagnol et en français. 

    Les Indonésiens n’ont pas seulement appris à parler anglais, le personnel de la CMM a également pris des cours d’indonésien. 

    Approfondir ses connaissances 

    Hens Sita (interprète : anglais-indonésien), Miekje Hoffscholte-Spoelder, Henk Stenvers, J. Nelson Kraybill.Photo : Nelson Okanya

    MCC International a contribué à l’organisation des cours, à la formation des enseignants et à l’achat du matériel. 

    Pour l’anglais, une session de formation de deux jours a permis aux enseignants d’offrir des cours locaux (soutenus par des vidéos et du matériel écrit). L’objectif d’une soixantaine de formateurs a été presque atteint : chacun a ensuite formé plusieurs apprenants dans son assemblée locale, soit plus d’une centaine de volontaires pour servir les invités de l’Assemblée. 

    Hens Sita s’est inscrite aux cours « pour approfondir sa connaissance de la langue anglaise et se préparer à accueillir les invités dans un anglais correct et poli ». Elle a interprété l’anglais en indonésien lors de certains ateliers et a apprécié de pouvoir participer à des séminaires pour en savoir plus sur les mennonites pendant l’Assemblée.  

    Le point fort de son travail a été de servir d’interprète sur le site satellite de Margokerto lors de la transition présidentielle entre J. Nelson Kraybill et Henk Stenvers. 

    Des mots clés et une bonne attitude 

    Des cours d’indonésien ont été proposés en ligne deux fois par semaine pendant environ deux mois aux six membres du personnel de l’Assemblée basés en Indonésie. 

    Bien que l’enseignement ne soit pas suffisant pour apprendre la langue, le personnel de l’Assemblée a appris des mots clés, la structure de base de la langue et certains facteurs culturels. « Bien que j’aie toujours été accompagné d’une personne qui traduisait pour moi lorsque je rencontrais des gens [dans le cadre de mes activités professionnelles], ces cours m’ont été d’une grande utilité », explique Ebenezer Mondez.  

    Ebenezer Mondez. Photo : Nico Yonatan

    Dans son travail sur le site web multilingue et les formulaires d’inscription compliqués, cette connaissance de base de la langue et de la culture indonésiennes s’est souvent avérée utile. 

    Ebenezer Mondez, qui parle le tagalog, a eu l’avantage d’apprendre l’indonésien à partir d’une famille de langues apparentée. « Grâce à la formation, j’ai pu faire le lien entre les deux langues » et il est heureux de pouvoir se déplacer dans la ville de manière autonome. 

    « Je n’ai jamais eu l’occasion de parler le bahasa indonesia après avoir quitté le pays et j’ai peur de le perdre un jour », dit Ebenezer Mondez, « mais je pense que c’est une langue très importante pour nous en Asie du Sud-Est puisqu’elle est parlée en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, au Brunei et au Timor-Oriental ». 

    « La CMM a pour but de créer des relations au sein de notre famille mondiale », explique Liesa Unger, responsable des événements internationaux. Au quotidien, cela se passe entre les responsables des églises membres nationales, mais lors des Assemblées, les membres des assemblées de la CMM franchissent les frontières pour se rencontrer face à face en tant que membres de la famille anabaptiste-mennonite mondiale. 

    *Aujourd’hui, il y a trois groupes anabaptistes-mennonites en Indonésie :

    • Gereja Injili di Tanah Jawa (GITJ – Église évangélique de Java)
    • Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI – Église chrétienne de Muria d’Indonésie)
    • Jemaat Kristen Indonesia (JKI – Assemblée chrétienne indonésienne)
  • En 2017, la Conférence Mennonite Mondiale a lancé une série d’événements appelés Renouveau. 

    L’idée originale est née à l’occasion du 500e anniversaire du début du mouvement anabaptiste à Zurich (Suisse) en 2025. 

    Ce projet comprendrait plusieurs éléments clés : 

    1. Il devrait honorer le passé, mais mettre principalement l’accent sur le présent et l’avenir. 
    2. Il devrait mentionner les débuts anabaptistes mais insister sur le témoignage mondial de l’Église aujourd’hui, mettant en évidence les expressions de l’anabaptisme dans le contexte culturel de chaque pays hôte. 
    3. Il devrait faire participer les membres ordinaires des assemblées locales qui témoignent de la présence du Saint-Esprit dans l’Église aujourd’hui. 

    Le format de chaque événement de Renouveau a varié. Parfois, il s’est agi d’un rassemblement d’une journée, avec un repas et des ateliers. Au plus fort de la pandémie de COVID-19, nous avons organisé l’événement en ligne sous la forme d’un webinaire mondial. Ê Abbotsford, en Colombie-Britannique (Canada), nous l’avons célébré en soirée avec un culte de deux heures. 

    Ê chaque occasion, nous avons chanté, prié, partagé nos expériences et été encouragés. Nous avons accueillis la présence du Saint-Esprit, sachant que la bonne nouvelle de l’Évangile continue d’être annoncée dans des cultures et des contextes nombreux et très différents. 

    Commencé comme un mouvement de renouveau, l’anabaptisme n’a perduré que parce que chaque génération d’anabaptistes-mennonites a été renouvelée par l’action de l’Esprit. 

    ‘Renouveau’, une initiative de la CMM qui célèbre ce renouvellement continu de l’anabaptisme dans le monde, a débuté en 2017 en Europe et culminera en 2028 en Éthiopie. 

    Joignez-vous à nous en 2024 pour célébrer ‘Renouveau’ au Brésil, puis à nouveau lors d’une réunion de la famille mondiale à Zurich en 2025. 

    Et notez bien l’année 2028 dans votre agenda, lorsque la 18e Assemblée célébrera l’œuvre remarquable du Saint-Esprit dans l’Église Meserete Kristos en Éthiopie ! 

    —John Roth, coordinateur des événements de ‘Renouveau’


  • « Je prie pour que tous soient un. Père, qu’ils soient unis à nous, comme toi tu es uni à moi et moi à toi. Qu’ils soient un pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. » (Jean 17/21)

    C’est avec ces paroles de l’Évangile de Jean que nous saluons chaleureusement nos sœurs et nos frères des Églises anabaptistes du monde entier, ainsi que ceux des autres communions chrétiennes.

    Aujourd’hui, à ce point de notre histoire, nous réfléchissons aux 500 premières années de la Réforme radicale.

    ‘Renouveau’ est le nom que la Conférence Mennonite Mondiale a donné à la décennie d’événements régionaux célébrant la mémoire de cinq siècles de notre existence en tant que communauté spirituelle. Nous abordons ces 10 ans de commémorations en nous focalisant sur notre histoire dans une perspective globale, œcuménique et transculturelle.

    Nous nous souvenons du passé pour regarder vers l’avenir. Nous voulons nous rappeler nos racines en exprimant notre gratitude à Dieu pour l’héritage spirituel que nous avons reçu. Mais nous nous présentons aussi devant le Seigneur dans un esprit de repentance et de renouveau, déterminés à apprendre du passé pour grandir dans notre relation avec Dieu ici et maintenant et dans les années à venir.

    Pourquoi avons-nous besoin les uns des autres ?

    Avec le thème de ‘Jésus-Christ, notre Espérance’, nous cherchons à explorer quel témoignage au monde notre tradition anabaptiste a apporté concernant Jésus, notre espérance, depuis le XVIe siècle.

    L’unité est l’un des défis auxquels nous avons été confrontés dans la communauté anabaptiste tout au long de notre histoire.

    Pourquoi devons-nous être un avec les autres membres de notre famille spirituelle au niveau mondial ?

    Pourquoi avons-nous besoin d’une organisation comme la Conférence Mennonite Mondiale, qui promeut l’unité de 10 000 assemblées locales, 108 unions d’églises et 1,5 million de croyants baptisés ?

    Dans des contextes de persécution, d’oppression ou de violence, les raisons pour lesquelles nous avons besoin d’une église mondiale semblent assez évidentes pour nos membres : une communion mondiale offre un soutien lorsque les paroisses font face à des circonstances difficiles, comme par exemple le manque de ressources financières, le besoin de plaidoyers politiques ou d’accompagnement pastoral.

    En Afrique, en Asie et en Amérique latine, l’interdépendance mondiale est cruciale pour les projets dépassant la capacité d’une assemblée locale, comme par exemple la mission, l’éducation théologique ou la formation de nouvelles organisations.

    Que disent nos églises à propos de Jésus ?

    Cependant, au-delà des raisons pragmatiques de rechercher l’unité, notre tradition anabaptiste doit retrouver la vision d’une Église mondiale visible.

    La raison pour laquelle j’affirme cela est liée au concept et à la pratique de l’ecclésia dans le Nouveau Testament. Les Écritures parlent d’assemblées locales interdépendantes qui s’appuient les unes sur les autres concernant la théologie, l’accompagnement pastoral, le soutien financier en temps de crise, la mission etc.

    Cependant, plus critique encore est le fait que Jésus a lié la crédibilité de sa vie à l’unité de ses disciples.

    La Conférence Mennonite Mondiale est ‘l’espace’ mondial où nous pouvons recevoir l’unité comme un don de Dieu.

    Tout en remerciant Dieu pour Jésus-Christ, notre espérance, maintenons aussi une attitude de repentir pour les divisions qui ont surgi parmi nous et qui ont un impact négatif sur la vie et le ministère de Jésus dans un monde marqué par les polarisations, les divisions et la fragmentation.

    • Demandons pardon pour toutes les blessures que nous avons causées au corps de Jésus.

    • Cherchons un renouveau qui considère le manque d’unité de l’Église comme une évidence du péché.

    • Cherchons l’unité qui vient d’un cœur contrit qui reconnaît son péché.

    Je prie pour que la réflexion sur Jean 17/21 renouvelle notre compréhension de Jésus comme notre espérance.

    Puissions-nous incarner l’espoir en montrant au monde que la bénédiction de l’unité est possible lorsque Jésus est au centre de nos vies.

    — César García est secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale. Originaire de Colombie, il vit à Kitchener, Ontario (Canada). Il a prononcé une version de ce discours lors de Renouveau 2023 à Abbotsford, en Colombie-Britannique (Canada), le samedi 25 mars 2023.


  • « Il y a tellement de souvenirs et de moments marquants sur toute la période du GYS/Assemblée que si je devais les mentionner tous, il me faudrait 11 jours de plus pour les expliquer », dit Peleka Jonathan Mpemba, délégué du Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS) pour Kanisa la Mennonite Tanzanie.

    Une année s’est écoulée depuis que la famille anabaptiste-mennonite mondiale s’est réunie pour suivre Jésus à travers les frontières lors de la 17e Assemblée : sur place en Indonésie et en ligne grâce aux plénières retransmises en direct et aux ateliers Zoom. 

    Mais « les souvenirs sont encore frais et j’ai l’impression que c’était hier », dit Reynaldo Mercado Jr, un participant philippin. 

    « Les cultes animés par les danses culturelles de la chorale indonésienne et les chants en différentes langues (y compris la mienne) sont des souvenirs frais », déclare Desalegn Abebe, délégué du Conseil général de l’Église Meserete Kristos, en Éthiopie. 

    Les retransmissions en direct des plénières et de nombreux ateliers peuvent être regardées sur la chaîne YouTube de la CMM.

    La grande famille du Christ

    « J’ai réalisé à quel point la famille du Christ est grande, à quel point les mennonites sont liés les uns aux autres par notre Seigneur Jésus-Christ », dit Reynaldo Mercado Jr.

    « Devenir amie avec des anabaptistes de l’autre côté du monde n’est pas quelque chose que j’oublierai de sitôt », dit Jennifer McWilliams du Canada, coordinatrice bénévole du programme pour les enfants.

    « Je suis devenue partie intégrante de la famille qui m’a hébergée, nourrie et vêtue. C’était merveilleux, à tel point que nous sommes restés en contact. Chaque fois qu’ils m’écrivent, ils me disent combien ils m’aiment », dit Cindy Alpizar Alpizar, oratrice en plénière, du Costa Rica. 

    Les relations s’étendent au-delà de l’Assemblée. 

    « Je me suis fait tellement d’amis pendant l’Assemblée et nous sommes toujours en contact. Nous partageons nos pensées et les nouvelles de nos pays. Nous partageons nos demandes de prières afin de pouvoir nous soutenir mutuellement », dit Deepson Masih, délégué du GYS pour Bhartiya General Conference Mennonite Church, de l’Inde. 

    « Nous avons aussi créé un groupe WhatsApp avec des responsables d’églises mennonites d’Afrique de l’Est pour nous rencontrer », dit Desalegn Abebe.

    Des relations en paix

    De nombreux participants à l’Assemblée ont été impressionnés par l’exemple de l’Église indonésienne, qui entretient des relations pacifiques avec ses voisins musulmans.

    « L’Assemblée mondiale m’a ouvert l’esprit sur l’importance de la construction de la paix, de l’harmonie avec la création, avec les personnes et avec le Créateur. Elle m’a appris à apprécier la paix parce que notre Dieu est notre exemple de paix », déclare Reynaldo Mercado Jr.

    « Je suis particulièrement étonné de voir que la famille anabaptiste ouvre ses portes à toutes sortes de personnes pour faire en sorte que le monde devienne un environnement pacifique pour tous, quelle que soit leur appartenance religieuse », déclare Clinton Kwasi Agbanu, membre de l’ensemble international, originaire du Ghana. 

    Garry Janzen, un participant canadien, a assisté par hasard à un atelier au cours duquel des chrétiens et des musulmans d’un village indonésien ont expliqué comment ils partageaient l’utilisation de leurs lieux de culte en fonction des besoins. « J’ai appris plus tard que ce respect était courant en Indonésie. J’ai été impressionné. »

    Ed Kaufman, des États-Unis, a été témoin de cette harmonie interconfessionnelle lors d’une visite de GKMI Winong-Pati avant l’Assemblée. « C’est un exemple de construction de la paix, d’amitié et de coopération qui restera longtemps gravé dans ma mémoire », dit-il. Des chrétiens, des musulmans et des représentants du gouvernement de la ville ont étendu des tapis et des couvertures dans la rue entre l’église et la mosquée pour partager un festin accompagné de musique et de discours. « Toute notre visite à l’église de Pati a été merveilleuse, mais ce moment a été le summum », déclare-t-il.

    Des ressources continues

    Les ateliers vidéo ont continué à apporter des ressources à la famille anabaptiste-mennonite. Cindy Alpizar les a diffusés lors des événements du MTAL (Mouvement des femmes théologiennes). Juan Garrido a partagé les idées de l’atelier de Pablo Stucky sur la résolution des conflits à la lumière de la Bible. 

    Laurie Martin, des États-Unis, a rejoint les étudiants de STT pour une réunion de prière et de louange située plus haut sur la colline, dans un bâtiment de prière du campus. « Je n’ai jamais entendu quelque chose d’aussi beau – jamais », dit-elle à propos de la séance de louange spontanée qui a eu lieu. 

    « L’adoration dans la paix, sans conflit, m’a fait comprendre la nature de Dieu en tant que Dieu de paix », dit Clinton. « Paix à tous et rendez-vous en Éthiopie ».