Une femme a été discernée par sa communauté locale dans l’État régional d’Oromia, en Éthiopie, comme une rescapée qui avait besoin d’un accompagnement post-traumatique. Son mari a été tué au cours d’une vague de violence ethnique il y a trois ans. Au cours de leurs deux années de mariage, elle a eu un enfant.
Aujourd’hui, elle est devenue l’une des bénévoles qui aident d’autres femmes touchées par les violences ethniques.
Elle dit que la formation et les séances de thérapie post-traumatique l’ont aidée à se reconstruire.
Depuis deux ans, l’église Meserete Kristos Church travaille avec les communautés et les institutions locales pour rétablir la paix entre les groupes ethniques en guerre dans le district de Nono de la zone de Shewa Ouest de l’Oromia, en Éthiopie.
MKC a facilité différents types de formation, des sessions de thérapie post-traumatique et des dialogues communautaires dans les villages touchés par le conflit.
A trauma healing volunteer and mother in Ethiopia asks “what about the children?”/MKC
Le processus de réconciliation a bien progressé et le projet arrive à sa phase finale.
Mais les enfants, dans tout ça ? s’interroge-t-elle : La MKC pourrait-elle aider les enfants touchés par la violence ethnique ?
Son fils de trois ans lui a demandé de lui acheter une arme. Chaque soir, lorsqu’ils sont seuls à la maison, il lui en fait la demande.
Elle pensait qu’il voulait un jouet en plastique. Mais il lui a dit qu’il voulait un vrai pistolet pour tuer la personne qui a tué son père.
Elle a failli s’évanouir. Elle n’imaginait pas que son fils était en train de préparer sa vengeance alors qu’il était si petit.
D’autres enfants du village lui ont dit que son père avait été tué par quelqu’un de l’autre groupe ethnique et qu’il devrait se venger quand il serait grand.
« Cela fait partie des besoins de la communauté auxquels nous devrions répondre », déclare Mekonnen Gemeda, directeur de la construction de la paix pour l’église Meserete Kristos. Il était dans la région pour discuter du processus de réconciliation avec les anciens de la communauté traditionnelle et les autorités locales. « La durabilité de la paix que nous essayons de rétablir dépend du type d’enfants que nous élevons ».
— Cette histoire est adaptée d’un article paru dans MKC News #47, un bulletin d’information mensuel publié par le bureau du président de MKC. Utilisé avec la permission de l’auteur.
A propos de Meserete Kristos Church (MKC), une union d’église membre de la CMM.
Meserete Kristos Church (MKC), l’une des plus grandes unions d’églises membres de la CMM, comptait un peu plus de 5 000 membres lorsqu’elle est entrée dans la clandestinité pendant la période de persécution du gouvernement militaire marxiste dans les années 1980. En 2020, les membres baptisés étaient au nombre de 370 909. Cette union d’église nationale dispose d’écoles bibliques régionales et d’un séminaire ; elle organise des ministères d’évangélisation, des programmes pour les prisons, des actions de développement et bien d’autres choses encore.
Paraguay
Il y a quelques années, alors que nous nagions à contre le courant lors du COVID-19, il paraissait difficile d’avoir de l’espoir. Je ne sais pas comment cela a été pour vos paroisses, mais nous avons été obligés de plonger dans les profondeurs de l’ère numérique moderne – ou plutôt d’y tomber.
Mois après mois, nous avons travaillé sans relâche pour apprendre à filmer des vidéos de haute qualité, à ajouter des sous-titres et à créer un contenu intéressant pour rendre les cultes dynamiques et participatifs pour tous les groupes d’âge en même temps !
Peu à peu, nous nous sommes améliorés et nous avons traversé cette parenthèse de deux ans.
Au début de l’année dernière, les restrictions liées au COVID-19 se sont assouplies et nous avons enfin pu revenir à la ‘normale’.
Mais comment ‘être normal’ après si longtemps ? Notre nombre avait diminué et la participation en ligne était faible. En outre, bon nombre de nos membres ont connu des pertes de revenu importantes et ressentaient aussi une profonde souffrance à cause de ceux qui n’étaient plus parmi nous.
En tant qu’assemblée locale, nous n’avions pas de verset spécial pour cette époque. Mais si je devais en choisir un, ce serait Galates 6/9.
Galates 6/9 : « Ne nous lassons pas de faire le bien; car si nous ne nous décourageons pas, nous aurons notre récolte au moment voulu. »
Pendant le COVID-19, nous espérions que les gens reviendraient.
Et ils l’ont fait.
Ensuite, nous avons espéré que notre première année ensemble serait une année de croissance et de reprise de contact après une si longue séparation.
Et cela a été le cas.
Nous voyons maintenant nos frères et sœurs remplir les bancs de l’église, les enfants courir dans la cour lors de l’école du dimanche, les jeunes se rendre dans les hôpitaux locaux et faire de l’évangélisation, de petits groupes se réunir dans les maisons et s’édifier mutuellement etc.
D’un autre côté, paradoxalement (et un peu inconsciemment), nous avions aussi espéré le retour de certains aspects de nos vies pré-pandémiques. Avec un grand sentiment de lassitude et de mélancolie, nous avons réalisé que nous ne pourrions jamais retrouver tout ce qui a été perdu en cours de route. Tout ce que nous avions espéré ne s’est pas réalisé.
Je ne sais pas quel est le secret pour avoir ou trouver de l’espoir. Cependant, je pense que l’apôtre Paul avait raison quand il nous a encouragés à « ne pas nous décourager » alors que nous nous efforçons – et espérons – obtenir ce que nous désirons. C’est lors de ce temps de solitude, d’isolement, de séparation et de perte que nous avons vivement ressenti le besoin d’espérer autre chose – quelque chose de plus.
L’année dernière, nous avons pu nous rencontrer en personne et célébrer la 17e Assemblée de la CMM en Indonésie. Notre rencontre ressemblait à un retour après une longue période de séparation. Au fil de nos réunions, nous avons acquis une collection mondiale de témoignages, que nous avons ensuite ramenés chez nous pour les faire connaître à nos communautés. Nous avons entendu des récits, semblables aux nôtres, décrivant de graves difficultés et des triomphes joyeux.
Puissions-nous continuer à avoir le courage d’attendre patiemment et de nous réjouir de la moisson abondante de Dieu. Et de ne pas perdre espoir.
—Cynthia Dück est la représentante régionale de la CMM au Brésil et au Paraguay. Elle vit à Asuncion (Paraguay) avec son mari et ses trois enfants adolescents. Ils sont membres actifs de l’Eglise des frères mennonites (MB) de Concordia.
Cynthia Dück a pris la parole lors de Renouveau 2023 – Jésus-Christ, notre Espérance – à Abbotsford, Colombie Britannique (Canada), le 25 mars 2023. Cet article est une adaptation de sa présentation.
Canada
Quand je pense à mes raisons d’espérer, je suis très reconnaissante d’avoir l’embarras du choix. Je veux mettre l’accent sur la façon dont je vois l’espoir dans mon assemblée locale : par la sensibilisation communautaire et les jeunes – et comment ils interagissent.
Amour et dévouement
J’ai le privilège d’être responsable des jeunes dans ma paroisse d’origine depuis quatre ans. Une raison d’avoir de l’espoir, c’est de constater à quel point le groupe de jeunes (12-18 ans) a grandi et quel amour chacun a pour les autres et pour Jésus.
Quand j’ai commencé à m’occuper des jeunes, ils étaient moins nombreux. Nous traversions une période de changement de pasteurs des jeunes, et c’était un bon groupe, mais petit. Aujourd’hui lorsqu’ils sont présents, ils sont un peu plus de 30 (ce qui est beaucoup pour la taille de notre assemblée), et je ne peux m’empêcher d’avoir de l’espoir pour l’avenir de la paroisse.
Lorsque j’ai des conversations profondes sur la foi, la vie et d’autres choses, avec ces jeunes (en particulier mon petit groupe de lycéennes), mon espoir monte en flèche. Je constate leur conviction et leur volonté, leur amour et leur engagement spirituel, ce qui me remplit d’espoir, car j’ai beaucoup d’amis qui ont quitté l’église ou qui ne la prennent plus au sérieux.
J’ai encore plus d’espoir quand je vois la portée de leur engagement : ils servent à table et lavent la vaisselle lors des repas d’église ; ils distribuent des petits gâteaux et envoient des cartes de Noël dans une résidence pour personnes âgées voisine ; ils pellettent la neige devant l’église ; et ils participent aux journées de nettoyage. Ce qui m’a le plus touché est de voir des membres de mon groupe de jeunes participer au camp d’été de notre union d’églises, Camp Squeah. Là, ces adolescents sont responsables des plus jeunes. Ils sont un exemple et enseignent l’amour du Christ aux enfants.
C’est là que je trouve vraiment des raisons d’espérer.
Ensuite, je pense aux efforts de sensibilisation à laquelle mon église participe ces dernières années, en particulier depuis le COVID-19.
Dons de colis alimentaires à ‘Bowls of Hope’‘ de Chilliwack
Rire et leadership
Notre paroisse est bénie car elle a son propre bâtiment. Grâce à cela, elle a pu offrir un espace pour de nombreuses activités communautaires différentes.
Un exemple est ‘Bowls of Hope’ (Bols de l’Espoir). Cette organisation à but non lucratif occupe dans notre bâtiment une salle qu’elle a remplie de vivres. Elle fournit de la nourriture aux familles en difficulté, semaines après semaines, et s’assurent qu’elles en ont assez. Je trouve de l’espoir dans la manière dont mon assemblée tend la main pour aider ceux qui l’entourent.
Un moment vraiment spécial pour moi a été lorsque le groupe de jeunes s’est porté volontaire pour aider ‘Bols de l’Espoir’. J’ai vu les jeunes s’amuser. Ils se sont précipités dans la cuisine pour aider à préparer une soupe pour nourrir 1 000 enfants de notre ville ! Il y avait des larmes (c’était peut-être juste à cause des oignons !), beaucoup de rires – et une atmosphère d’espoir : espoir pour la manière dont la paroisse aide la communauté environnante et espoir pour ces jeunes qui ont déjà un cœur de serviteur dans de situations semblables.
Je suis profondément bénie par ma paroisse et j’ai apprécié d’avoir eu le temps de réfléchir à l’espoir qu’elle m’apporte. Je suis remplie de joie en me demandant où le Seigneur agira ensuite, et en voyant comment ces jeunes inspirent les autres.
—Ashley Rempel enseigne le français et les sciences sociales à l’école secondaire de Chilliwack, en ColombieBritannique (Canada). Elle travaille au centre mennonite Camp Squeah en été. Membre de l’Eden Mennonite Church, Chilliwack, elle a été la représentante de MC Canada pour sa région lors du Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS) en Indonésie. Là, elle a été remplie d’espoir lorsqu’elle a participé à des ateliers avec des pasteurs de jeunes du monde entier en écoutant leurs expériences et leurs commentaires sur la façon de rendre les groupes de jeunes et l’église accueillants pour cette génération. Ashley Rempel a pris la parole lors de Renouveau 2023 ‘Jésus-Christ, notre Espérance’ à Abbotsford, ColombieBritannique (Canada), le 25 mars 2023. Cet article est adapté de sa présentation.
Job 42/1-6
Devenir le serviteur d’un Dieu juste et souverain
Avons-nous déjà remis en question la souveraineté et la justice de Dieu ? Il n’était pas facile pour Job de comprendre la situation qu’il vivait, et il a clairement exprimé sa colère contre Dieu. Plus tard, il s’est repenti de son attitude et a reconnu la grande puissance et la parfaite justice de Dieu.
Dieu est toujours souverain sur l’ensemble de la situation. Jésus a dit que quiconque renoncerait à quelque chose pour le royaume de Dieu serait récompensé.
Dans mon contexte, la violence sous toutes ses formes a envahi toutes les couches de la société colombienne. Je forme des personnes pour le ministère auprès de populations en souffrance (personnes âgées et migrants de tous âges) et je ne mesurais pas jusqu’où irait la miséricorde de Dieu dans mon travail.
Comment entendre Dieu et voir Dieu lorsque nos yeux sont confrontés quotidiennement à la souffrance des migrants ?
Au cœur déchiré de la veuve ?
Ê la violence infligée à l’orphelin ?
Ê la peur de la femme enceinte qui doit fuir un conjoint violent ?
Aux abus envers la jeune femme et l’enfant rejetés ?
L’Église est appelée à prendre des mesures pour réduire la douleur sous toutes ses formes là où elle se trouve, en formant un peuple nouveau qui sème la paix, l’harmonie, la tranquillité et la vérité. Les personnes instruites par la Parole de Dieu sont transformées dans leur cœur et décident par la foi de rester dans la lumière de l’Évangile. C’est là que le texte de Job prend vie, lorsque les yeux voient l’attention, l’amour et la miséricorde du Dieu vivant qui prend forme humaine en marchant avec les faibles, les nécessiteux, les exilés, celles et ceux qui ont souffert de la violence.
Le message d’harmonie « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jean 14/27) est le trésor d’un cœur renouvelé et transformé par la puissance de la Parole, qui ressent la douleur des sœurs et des frères, et qui donne même sa vie pour eux.
Dans mon contexte, celles et ceux qui souffrent (les réfugiés vénézuéliens et les personnes âgées) nous invitent à les accompagner, pour que les personnes celles et ceux qui partagent leur affliction soient celles qui prennent soin de leur douleur.
Seul Jésus-Christ qui est en nous permet de marcher avec ceux qui souffrent et de les accompagner.
Pour ma part, les personnes âgées abandonnées et les réfugiés vénézuéliens sont des images qui forment une nouvelle mosaïque culturelle. Ce sont des personnes qui enrichissent notre culture en apportant des visions diverses, donnant naissance à de nouvelles cultures.
La question principale du livre de Job ne disparaît pas : « Pourquoi les croyants connaissent-ils des problèmes et des souffrances ? »
Le message de Job aurait-il changé si Dieu ne l’avait pas rétabli dans ses anciennes bénédictions ? Non.
Dieu contrôle la situation dans son ensemble. Le chemin de la foi, même dans la souffrance, est le chemin de la vie.
—Maria Del Rosario Peña De Melo, Iglesia Cristiana Encuentro de Renovación y Restauración, Comunidad Menonita de Riohacha, Colombie.
Psaume 8
S’inscrire dans le projet global de Dieu
Il s’agit du premier psaume de louange du livre des Psaumes, un recueil entier de louanges et d’adoration.
Ce psaume déclare l’immense beauté et la grandeur de la création de Dieu, la terre et tous les cieux. Il nous aide à offrir notre louange et notre adoration à Dieu, dont la gloire est plus grande que la création (versets 1, 3, 5-8). La majestueuse souveraineté de Dieu se révèle de deux manières très différentes : dans les hauteurs des cieux et dans la poussière de la terre. Le projet de Dieu est vaste.
Dieu révèle sa majesté en vainquant ses ennemis par la faiblesse des enfants et des nourrissons. Dieu manifeste sa gloire en utilisant des personnes faibles pour accomplir sa grande œuvre (versets 2, 4-6). Dieu est toujours engagé dans la manifestation de sa gloire à travers des personnes faibles comme vous et moi.
David pose la même question philosophique que Job et beaucoup d’autres (verset 4) : « Qu’est-ce donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? » Plutôt que de se concentrer sur des souffrances injustes, David célèbre le fait que Dieu nous a comblé de gloire et d’honneur au-delà de ce que nous méritions. Dieu nous a confié la responsabilité de ce monde, non pas pour que nous en abusions, mais pour que nous en prenions soin, que nous le protégions et que nous en tirions le meilleur parti, en devenant une partie du grand projet de Dieu.
—Arli Klassen, First Mennonite Church, Kitchener, Canada.
Jean 10/14-16
S’inscrire dans le grand panorama de Dieu
Parfois, nous nous demandons comment Dieu constitue un peuple spécifique, en commençant par une personne et sa famille dans l’Ancien Testament. Dieu a établi une alliance avec les patriarches, avec des conditions spécifiques à remplir pour qu’ils soient le peuple de Dieu.
Mais qu’en est-il des autres personnes qui ne sont pas nées dans cette famille (de sang) que Dieu a choisie ? Comment est-il possible de faire partie du peuple de Dieu ?
C’est précisément de cela qu’il s’agit dans l’Évangile, « la bonne nouvelle » qui nous dit que, par Jésus-Christ, nous sommes tous invités à faire partie de ce peuple de Dieu, de cette famille de Dieu.
Dieu appelle et nous répondons.
Nous venons de différentes parties du monde, avec des coutumes, des langues et des idées différentes, mais avec Jésus-Christ, nous pouvons être un, nous sommes le peuple de Dieu. Jésus-Christ est notre guide, notre berger qui nous précède pour marcher dans la volonté parfaite de Dieu.
Voyons comment l’Évangile de Jean nous montre en quoi Jésus est notre guide et notre berger, et qui nous sommes grâce à lui.
Qu’apprenons-nous sur le Berger, Jésus-Christ ?
Jésus notre berger est bon et bienveillant. Chacun en fait l’expérience, et transmet cette confiance à tous ceux qui suivent Jésus. Jésus-Christ aime tout le monde de la même manière.
Jésus notre Berger connaît le Père et le Père connaît le Berger. Nous pouvons apprendre à connaître Jésus, celui que nous suivons, et le fait de savoir que Jésus est bien connu par celui qui l’envoie nous donne également confiance. Une relation profonde entre les deux (Père et Fils) est nécessaire et ils ne font qu’un.
Jésus, notre berger, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Bien sûr, le Berger connaît bien les brebis qui appartiennent à son troupeau, et les brebis le connaissent aussi comme leur propre Berger. Le Berger passe du temps avec elles pour bien les connaître et pour qu’elles puissent le connaître. Jésus-Christ connaît chaque personne qui le suit. Il connaît et comprend chaque besoin ou difficulté que ses disciples traversent.
Jésus notre berger est prêt à donner sa vie pour ses brebis. Cette promesse est vraie, même si les brebis ne sont pas toutes de « bonnes » brebis ou de « bons » disciples. Jésus-Christ a donné sa vie et versé son sang pour sauver tous les êtres humains.
Jésus notre berger accueille aussi d’autres brebis. Le berger ne s’occupe pas seulement des brebis qui sont déjà dans sa bergerie, il continue à en appeler d’autres qui sont à la recherche d’un berger pour les guider. Il ne rejette personne et veut que les autres brebis viennent à lui parce qu’il a donné sa vie pour chacune d’entre elles.
Qu’apprenons-nous sur les brebis du troupeau ?
Elles apprennent à connaître leur guide, leur berger. Elles le font en passant du temps avec leur maître et en acceptant d’apprendre de lui. Ce n’est qu’en connaissant Jésus-Christ et en suivant son exemple que nous pouvons grandir dans notre foi.
Qu’apprenons-nous sur les autres brebis ?
Toutes les brebis sont les bienvenues. Les autres brebis à l’extérieur sont apparemment perdues. Elles ont besoin d’une maison, de quelqu’un pour veiller sur elles et elles doivent être amenées dans le troupeau. Elles sont les bienvenues dans la famille de Dieu.
Les autres brebis apprendront aussi à être obéissantes. Elles apprendront aussi à connaître leur bon berger ainsi que toutes les autres brebis du troupeau. Elles feront partie de la famille de Dieu.
En résumé :
Le peuple de Dieu est le troupeau qui suit Jésus, le bon berger, comme guide.
Jésus, le bon berger, est celui qui conduit le peuple de Dieu, celui qui est allé au devant de lui comme un modèle pour nous tous.
Tous les membres du peuple de Dieu suivent Jésus en apprenant à le connaître et en formant un seul peuple, et ils forment ainsi un seul peuple dans la volonté de Dieu.
Objectif : Que l’Église comprenne l’importance de vivre l’unité
L’une des plus grandes préoccupations de Jésus avant son ascension était que l’Église, son corps sur terre, reste unie. Dans sa dernière prière, Jésus a demandé à son Père que les croyants soient un, afin que le monde croie à son message (Jean 17/21-23).
L’efficacité du témoignage chrétien est directement liée à la spécificité de l’unité chrétienne. Tout au long de l’histoire, de nombreux royaumes, gouvernements, coalitions, entreprises, sociétés et même Églises se sont divisés et ont même disparu en raison d’un manque d’unité. La première remarque de Paul sur la valeur de l’engagement chrétien exige l’unité entre les croyants. Chaque assemblée ne peut avoir un impact sur la communauté que si elle marche ensemble dans le lien de la paix.
Mais il est difficile de marcher dans l’unité.
A. Marcher dans l’unité exige des attitudes disciplinées.
L’unité exige de la bravoure et du courage. (Éphésiens 4/1, 1 Corinthiens 16/13)
Illustration : Alexandre le Grand avait dans son armée un soldat qui était craintif, peureux et lâche au combat. Ce soldat s’appelait Alexandre. Un jour, le roi l’appela et, après lui avoir parlé pendant un certain temps, lui dit avec colère : « Change de nom ou comporte-toi comme un Alexandre » !
Tous ceux qui se disent chrétiens doivent se comporter comme des disciples de Jésus-Christ : lui être fidèles, l’imiter, lui obéir, le suivre… ou changer de nom ; mais ne pas dire que l’on est chrétien.
L’unité exige de l’humilité (Éphésiens 4/2, Romains 12/3, Philippiens 2/3)
L’unité exige de la douceur et de la (Éphésiens 4/2, Ésaïe 53/7, Matthieu 5/5-9)
B. Marcher dans l’unité demande une attention de tous les instants (Éphésiens 4/2-3)
Il nous est demandé de nous supporter continuellement les uns les autres dans l’amour et de garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix.
L’unité exige d’être avec son prochain. Elle exige de soutenir mes amis, par exemple en supportant leur mauvaise humeur, leurs plaisanteries et peut-être… leurs mauvaises odeurs.
L’unité exige de la considération et de la diligence. Cela signifie qu’il faut agir avec considération pour préserver l’unité et faire preuve de diligence et de rapidité pour la protéger. Cela signifie qu’il faut faire tout son possible pour sauver l’unité.
Il nous est demandé de faire ces choses parce que nous sommes un en Christ (Éphésiens 4/4-6).
Application:
Vos actions et vos réactions renforcent-elles ou détruisent-elles l’unité de notre Église ?
Comment pouvez-vous faire quelque chose de concret pour contribuer à l’unité de notre Église ?
Prenez la décision solennelle que si quelque chose n’unifie pas ou ne construit pas, vous ne le direz pas et vous ne le ferez pas.
Au cours de l’année à venir, sommes-nous prêts à travailler à l’unité ?
Dieu a créé l’unité. Il est de notre devoir de protéger l’unité dans l’Église.
Passer les vidéos de salutation pour découvrir les liens avec les frères et sœurs d’Amérique Latine (voir les ressources multimédias).
Montrer la carte de la CMM pour aider les gens à voir les anabaptistes dans le monde entier mwc-cmm.org/map
Au début du culte, allumez 5 bougies de couleurs différentes, une pour chacun des 5 continents, et allumez la bougie du Christ au milieu. Pendant ou à la fin du culte, on peut prier pour bénir les sœurs et les frères des différentes régions du monde.
Si vous deviez résumer la Conférence Mennonite Mondiale en trois phrases, que diriez-vous ? Les responsables de la CMM ont choisi un nouveau slogan : « Suivre Jésus, vivre l’unité, construire la paix ».
« Après près d’un an de consultation avec des théologiens anabaptistes et des membres du personnel de la CMM, sous la direction de Betty Pries, consultante en gestion du changement, nous nous sommes mis d’accord sur ce slogan. Il renforce les trois aspects les plus importants de l’identité anabaptiste et résume les déclarations de vision et de mission de la CMM d’une manière à la fois encourageante, convaincante et qui incite les gens à l’action », dit César García, secrétaire général de la CMM.
Ces phrases ont pour but d’aider les anabaptistes du monde entier à répondre à des questions simples :
« En quoi croyez-vous ? »
« Que défendez-vous ? »
« Quelles sont vos priorités ? »
« En quoi êtes-vous différents ou semblables à d’autres dénominations ? »
Au cours des multiples sessions de dialogue, des thèmes sont apparus à maintes reprises : suivre Jésus, rendre le monde meilleur, l’unité / l’unification, la transformation, la paix, l’amour, le témoignage, la communauté, le shalom et le soutien mutuel.
« Il y a eu un consensus pour dire que nous voulions que le slogan appelle les gens à l’action, tout en se concentrant sur l’amour transformateur de Jésus, et en poursuivant notre engagement à construire la paix et l’unité. Le nouveau slogan a atteint tous ces objectifs », explique César García.
D’autres ressources sur ce que signifie #suivreJésus, #vivrelunité et #construirelapaix seront mises en place d’ici 2025, date à laquelle nous célébrerons les 500 ans de l’anabaptisme.
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Vision de la CMM : La Conférence Mennonite Mondiale est appelée à être une communion (Koinonia) d’églises anabaptistes liées les unes aux autres dans une communauté de foi à travers le monde pour vivre la communion fraternelle, le culte, le service, et le témoignage.
Mission de la CMM : La Conférence Mennonite Mondiale a pour but de (1) être une communauté mondiale de foi dans la tradition anabaptiste, (2) favoriser la dimension communautaire entre les églises anabaptistes dans le monde, et (3) maintenir des liens avec les autres communions et organisations chrétiennes mondiales.
La Communauté des églises mennonites de Taïwan (Fellowship of Mennonite Churches in Taiwan)
Fondée en 1962, la Communauté des églises mennonites de Taïwan (FOMCIT) réunit 24 paroisses à Taipei, Taoyuan, Taichung et Hualien. C’est une branche de l’anabaptisme, et elle est membre de la Conférence mennonite d’Asie et de la Conférence Mennonite Mondiale. Elle a été affectée par le COVID-19 et le nombre total de membres baptisés en 2022 était de 1 935. Les ministères de la FOMCIT comprennent l’évangélisation, l’implantation d’églises, les services sociaux, l’éducation théologique et la publication.
Ê Taïwan, la FOMCIT est connue pour ses engagements sociaux. Actuellement, il existe trois ministères sociaux à Hualien : l’hôpital chrétien mennonite, le New Dawn Educare Center pour les personnes handicapées physiques ou mentales et le Good Shepherd Center pour les filles et les femmes maltraitées.
Histoire
L’anabaptisme a fait son apparition à Taïwan en 1948 lorsque le Comité Central Mennonite (MCC) a lancé un travail médical et humanitaire parmi les peuples autochtones en réponse à l’appel du missionnaire presbytérien, le révérend James Ira Dickson. Des médecins, des infirmières et des pasteurs missionnaires mennonites – dont le Docteur Robert Hess et sa femme ainsi que le pasteur Glen Graber et sa femme – ont déménagé à Taïwan et ont commencé à créer des cliniques mobiles dans des endroits reculés et montagneux.
En janvier 1955, le MCC a créé le Mennonite Christian Hospital (MCH) à Hualien, une ville de l’est de Taïwan. Ê cette époque, la région était considérée comme éloignée et arriérée ; les peuples autochtones représentaient environ 25 % de sa population. La même année, la General Conference Mennonite Church Commission on Overseas Mission (Commission sur la Mission outremer de la General Conference Mennonite Church) a aussi commencé des ministères d’implantation d’églises à Taïwan, ce qui a abouti à la création du FOMCIT.
La mission a mis fin à ses activités dans le pays en 1994, lorsque la FOMCIT a conclu une alliance avec les églises mennonites d’Amérique du Nord pour devenir églises sœurs.
Apports et développements importants : Organisations sociales
Hôpital chrétien mennonite
Roland P. Brown, le médecin mennonite qui a fondé l’Hôpital chrétien mennonite / FOMCIT
Situé à Hualien, l’Hôpital chrétien mennonite (MCH) est un établissement de soins complets spécialisé dans la santé communautaire, la médecine gériatrique et les soins de longue durée. L’hôpital universitaire régional de 500 lits offre une large gamme de services médicaux aux habitants de l’est de Taïwan, et c’est actuellement le plus grand hôpital mennonite au monde.
Il y a soixante-quinze ans, le MCH a commencé en étant une équipe médicale mobile apportant son aide médicale aux peuples autochtones de Taïwan. L’hôpital a été construit en 1955 par le Dr Roland Brown, le fondateur et ancien directeur du MCH, avec au début seulement 35 lits.
Au fil des années, plus de 160 missionnaires mennonites sont venus travailler au MCH. Prônant la paix et mettant l’accent sur une vie de ‘service pour le Seigneur’, ils ont discrètement consacré leur vie à Hualien. Le gouvernement taïwanais a accordé à sept des médecins et infirmières missionnaires le Prix du Dévouement médical, et le Dr Roland Brown a reçu ‘l’Ordre de l’Étoile brillante avec le grand Cordon violet’ du président Lee Teng-Hui, un honneur rare récompensant des contributions exceptionnelles au développement de la nation.
Les missionnaires vivaient selon les valeurs mennonites. Après avoir pris leur retraite et être rentrés chez eux, le personnel local a pris le relais. Avec plus de 1 500 employés, dont 20 pour cent sont autochtones, le MCH et ses filiales continuent de s’occuper des personnes défavorisées et vulnérables.
Les filiales du MCH comprennent le campus MCH et le foyer résidentiel pour adultes handicapés mentaux de Shoufeng, la maison de retraite de Shoufeng, le Centre mennonite de soins post-partum et des centres de soins à domicile. Le MCH a aussi mis en place divers fonds pour venir en aide aux peuples autochtones et aux personnes défavorisées ou handicapées.
Dans l’avenir, le MCH continuera à servir ‘les moins importants des frères et sœurs de Jésus’ (Matthieu 25/40) et s’efforcera d’améliorer la santé de la communauté en perfectionnant la qualité de ses services et sa capacité médicale, en tirant parti des technologies concernant l’intelligence artificielle, et en dotant ses employés des connaissances, des compétences et des ressources dont ils ont besoin.
En tant qu’hôpital chrétien, le HME se préoccupe de la foi des membres de son personnel. Des réunions de prière et des petits groupes sont organisés régulièrement. Fidèle à sa mission, le HME continuera de répandre l’évangile par le biais du travail médical et de servir les autres comme s’il servait le Seigneur (Matthieu 25/36).
New Dawn Educare Center
Fondé en 1977 par des missionnaires mennonites, le pasteur Otto Dirks et son épouse Elaine, le New Dawn Educare Center un service d’hôpital de jour ou de séjours à temps complet pour des patients souffrant d’un large éventail de handicaps physiques et mentaux.
Otto Dirks et Elaine sont venus à Taïwan en 1968 avec leur jeune fils Randall. Leur tâche initiale était d’implanter des églises. Peu de temps après leur arrivée à Taïwan, ils ont eu un deuxième fils qui s’est révélé trisomique. Plus tard, ils ont adopté une fille autochtone avec un handicap physique et mental.
Ê cette époque, le handicap était stigmatisé ; les familles négligeaient ou abandonnaient souvent leur enfant handicapé.
Otto et Elaine Dirk l’ont remarqué et ont décidé de venir en aide à ces enfants. Ils sont retournés au Canada pour faire des études dans le domaine de l’éducation spécialisée, puis sont revenus à Taïwan en 1977. Grâce à leurs nouvelles compétences et aux ressources financières qu’ils avaient réunies, ils ont créé le New Dawn Special Education Center à Hualien (plus tard rebaptisé Taiwan Mennonite New Dawn Educare Center).
Depuis plus de quatre décennies, New Dawn Educare Center est au service des personnes souffrant de handicaps physiques et mentaux. Ce centre propose une variété d’approches éducatives et thérapeutiques, notamment la thérapie musicale, animale et artistique, une formation professionnelle et des occasions de stages ou d’emplois dans des entreprises locales.
Le travail acharné de New Dawn a été reconnu par le gouvernement : en 2019, il a reçu le Presidential Culture Award in Humanitarian Dedication (Récompense présidentielle concernant le dévouement humanitaire). Constatant une augmentation rapide du nombre de personnes touchées par le syndrome de Kanner (une forme d’autisme), New Dawn s’efforce de créer un réseau de soutien pour les personnes qui en sont atteintes. En 2020, New Dawn a commencé à construire le Campus Joy, une maison de retraite verte pour adultes atteints du syndrome de Kanner.
New Dawn se consacre à créer un environnement convivial et à offrir des ressources pour aider les personnes souffrant de troubles physiques et mentaux. New Dawn continuera à donner aux patients et à leurs familles les capacités nécessaires pour vivre avec un handicap et prendre soin d’une personne handicapée.
Le Good Shepherd Center (Centre du Bon Berger)
L’équipe de direction du Centre ‘Good Shepherd’. La quatrième à partir de la gauche est Yu-Gui Chu, la PDG actuelle de ‘Good Shepherd’ / FOMCIT
Dans les années 1980, la prostitution enfantine était courante à Taïwan. Les enfants autochtones vivant dans des communautés tribales éloignées et montagneuses étaient vendus à des fins de prostitution par les familles pauvres, mais le grand public n’était pas conscient de ce problème. En 1987, une jeune fille de 16 ans fut envoyée au service des urgences du HME en raison d’un choc septique causé par une infection sexuellement transmissible et d’une maladie inflammatoire pelvienne. Les médecins et les infirmières se sont battus pour la sauver et elle a survécu. Cependant, ils ont découvert qu’elle avait été vendue pour être prostituée à l’âge de 8 ans. Pendant de nombreuses années, elle avait été enfermée dans des maisons closes de Taipei.
Un pédiatre et un travailleur social du HME ont demandé à la pasteure Fang-Fang (Katherine) Wu, une pasteure mennonite, et plus tard la première PDG du Good Shepherd Center, de se joindre à eux pour sauver des enfants et des adolescents de la prostitution et de l’exploitation sexuelle.
La pasteure Wu, qui a grandi dans une famille mennonite, a été profondément influencée par des missionnaires comme le Dr Roland Brown et sa femme Sophie, le Dr Carl Epp et sa femme Hilda, et les infirmières du HME Helen Willms Bergen et Sue Martens Kehler. Ils agissaient avec justice, aimaient la miséricorde, et marchaient humblement avec Dieu, servant le plus petit des frères et sœurs de Jésus. Leur attitude la marqua profondément. C’était une réponse naturelle pour elle de faire de même.
Le travail de sauvetage a commencé et la Good Shepherd Association (plus tard connue sous le nom de Good Shepherd Center) a été créée. Chaque semaine, la pasteure Wu se rendait dans des villages autochtones de Hualien, à la recherche de jeunes victimes et de filles en danger. Sans protection ni soutien du gouvernement, elle a travaillé avec des assemblées locales, organisé des programmes périscolaires dans les villages tribaux, sensibilisé le public au problème du trafic sexuel d’enfants et exhorté les autorités compétentes à reconna√Ætre la gravité de ce problème redoutable. Chaque fois qu’elle découvrait une victime, elle la sauvait et la cachait dans le refuge du Good Shepherd Center.
Encouragée par la pasteure Wu, l’Association du Good Shepherd s’est joint au FOMCIT en 1990, et son nom a été changé en ‘Good Shepherd Center’.
Un matin de 1993, la pasteure Wu a été battue par des gangsters alors qu’elle se rendait au travail, parce qu’elle ¬´ avait entravé leur activité lucrative ¬ª. Cet incident a attiré l’attention des médias et du grand public. Les gens furent stupéfaits et s’inquiétèrent, et le gouvernement promulgua finalement des lois pour protéger les enfants et les adolescents. Par conséquent, la prostitution des enfants a progressivement cessé.
Le Good Shepherd Center est maintenant un refuge pour les adolescentes maltraitées, délinquantes, agressées sexuellement ou négligées, pour les femmes et les enfants victimes de violence domestique, et pour les adolescentes enceintes. Il organise également des programmes périscolaires pour les familles désavantagées et aide les femmes défavorisées à trouver un emploi. Le Good Shepherd Center s’engage à aider les personnes dans le besoin pour qu’elles retrouvent l’espoir.
La paroisse mennonite de Linshen Road à Taichung, fondée par Glen Graber en 1954, a été la première assemblée mennonite de Taïwan. Le bâtiment actuel a été achevé en 1993. / FOMCIT
Difficultés et opportunités
Les mennonites sont peu nombreux, avec seulement 24 paroisses et moins de 2 000 membres. Dans les premières années, les assemblées mennonites étaient souvent confondues avec les églises presbytériennes, car beaucoup de nos pasteurs avaient une formation presbytérienne. Nos responsables s’efforcent de mettre l’accent sur l’identité mennonite de leur église.
Au cours des 20 dernières années, le mouvement charismatique s’est développé à Taiwan. Les jeunes générations sont davantage attirées par les églises charismatiques. Nous avons besoin de nouvelles stratégies pour partager l’évangile, intéresser les jeunes et conserver nos valeurs.
Cependant, avec notre engagement envers la justice sociale et le vécu de la miséricorde et de l’humilité, les ministères sociaux du FOMCIT restent vitaux pour la société. En étant au service des moins importants de nos frères et sœurs et en considérant que notre travail est fait pour le Seigneur, nous continuons à mettre en pratique nos valeurs et notre foi en action.
‚ÄîÉcrit par Jessica Lu, mennonite de troisième génération. Nous remercions particulièrement M. Harold Lu pour sa coordination et sa contribution inestimable tout au long de la rédaction, le révérend Kim Chen, le Mennonite Christian Hospital, le New Dawn Educare Center et le Good Shepherd Center pour leurs informations abondantes.
L’église Indonésienne accueille leurs voisins musulmans déplacés par les eaux
En décembre 2022, de fortes pluies ont provoqué des inondations dans plusieurs villes du centre de Java, en Indonésie. L’une des zones les plus touchées est le village de Tanjung Karang, à Kudus. La rivière Wulan a débordé, obligeant des centaines d’habitants à évacuer leurs maisons.
Quelque 130 personnes ont trouvé refuge dans le hall de GKMI Tanjung Karang, une église locale membre de la Conférence mennonite mondiale*.
Plusieurs groupes de jeunes et d’étudiants de la communauté ont aidé l’église à préparer des repas halal pour les réfugiés, à mener des ateliers de soutien post-traumatique et à s’occuper de la logistique et des services de santé.
Les réfugiés ont effectué leurs activités quotidiennes, y compris la salat (prières musulmanes), dans le hall du bâtiment de l’église et dans la pièce à côté du sanctuaire où la croix est suspendue.
Cette scène remarquable est devenue virale sur les médias sociaux en Indonésie : sur TikTok et Instagram, et a même été publiée dans les journaux nationaux.
En janvier, lorsque le gouverneur du centre de Java, Ganjar Pranowo, s’est rendu sur place, il a pu constater que les gens travaillaient ensemble en harmonie pour aider les personnes évacuées. « Dans toutes les zones inondées que j’ai visitées, il n’y a ni tribu, ni race, ni religion ; une véritable corne d’abondance où l’on s’entraide », a-t-il déclaré lors d’un discours. Le gouverneur a également nommé GKMI Tanjung Karang.
Photo: Berita GKMI
Tout le monde est le bienvenu chez nous
Ce n’est pas la première fois que GKMI Tanjung Karang ouvre ses portes à ses voisins lors d’une inondation, et ce n’est pas non plus la première fois qu’elle devient virale pour sa tolérance religieuse. L’église est connue pour être un refuge en cas d’inondation depuis les années 1980.
« Géographiquement, notre église est située dans la partie basse du quartier. Ê la fin ou au début de l’année, la zone est inondée en cas de fortes pluies et les gens se réfugient dans l’église », explique le pasteur Hendrajaya de GKMI Tanjung Karang.
Le bâtiment de l’église est situé plus bas que le niveau de la rue et certaines parties de l’église sont également inondées. Mais au début des années 2000, l’église a été rénovée et le sol a été surélevé afin qu’elle reste sèche et puisse accueillir davantage de personnes lors des inondations annuelles.
« Abriter les gens en cas d’inondation est quelque chose que nous faisons chaque année ; nous ne faisons pas de différence entre les personnes que nous aidons. Tout le monde est le bienvenu chez nous », explique M. Hendrajaya. « C’est seulement ces dernières années que les gens s’en sont aperçus, lorsque la photo d’une personne faisant la salat a fait le tour des médias sociaux.
Lors des dernières inondations de 2022, les gens sont restés pendant environ deux semaines, jusqu’à ce que l’eau se retire et qu’ils puissent rentrer chez eux en toute sécurité.
« Ils ont même été ramenés chez eux gratuitement par un groupe de conducteurs de motos-taxis. Le soutien que nous avons reçu nous a fait chaud au cœur. Même si l’intolérance religieuse est toujours présente dans mon pays, je suis heureux que nous puissions montrer un exemple de tolérance et de coexistence », déclare M. Hendrajaya.
Le 28 juillet 2023, le village de Tanjung Karang a été nommé « Village de la tolérance interreligieuse » (Desa Moderasi Umat Beragama) par le ministère des affaires religieuses de Kudus, le seul village de toute la région de Kudus à recevoir cette distinction.
La GKMI Tanjung Karang est heureuse de contribuer à faire de la tolérance religieuse une réalité quotidienne dans sa ville.
—Adapté deberita GKMI, la revue de l’église membre de la CMM Gereja Kristen Muria Indonesia. Utilisé avec la permission de l’auteur.
*Ê propos des églises membres de la CMM en Indonésie
Aujourd’hui, il y a trois groupes anabaptistes-mennonites en Indonésie :
Gereja Injili di Tanah Jawa (GITJ – Église évangélique de Java)
Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI – Église chrétienne de Muria d’Indonésie)
Jemaat Kristen Indonesia (JKI – Assemblée chrétienne indonésienne)
L’Église de la Prairie de Montbéliard (France) a réfléchi il y a 10 ans à une vision d’Église renouvelée qui se décline en trois grands axes : servir Dieu, servir les cherchant Dieu, servir le monde. Dans ce dernier axe, un accent particulier est mis sur les personnes qui vivent dans la solitude et la détresse spirituelle.
Un lieu de vie
Pour concrétiser cette ouverture voulue sur les gens « du dehors », lors de l’agrandissement de l’église en 2017, un grand hall d’accueil vitré a été aménagé entre l’ancienne chapelle et les salles annexes de l’église. Il a été pensé pour servir de lieu d’accueil également en semaine sous la forme d’un café couplé à une librairie (nourrir le corps et l’esprit vont de pair !). Une église uniquement ouverte le dimanche reste sous-employée. Elle a vocation à être un lieu accueillant et chaleureux, un véritable lieu de vie tout au long de la semaine pour chacun, quels que soient son origine, sa foi, ses doutes, ses questionnements.
Photo : Raymonde Klopfenstein
Les relations et interactions humaines sont fondamentales, et s’il existe un lieu propice et neutre pour partager, c’est bien un café. Le nôtre est un café associatif, c’est-à-dire que le but n’est pas de faire du commerce, les profits sont entièrement réinvestis dans le projet.
Un lieu accueillant
Le café Prai’lude (comme un prélude à la foi) a pu ouvrir enfin en septembre 2021. Le projet est porté par une poignée de bénévoles et un jeune en service civique, du mardi au vendredi après-midi, avec une nocturne le vendredi soir. On y propose des pâtisseries maison, du café sous toutes ses formes, un grand choix de boissons chaudes ou froides, et des repas salés sur le pouce.
L’activité a démarré en douceur, avec des usagers venant surtout des milieux chrétiens au départ, pour finalement toucher davantage de personnes de l’extérieur. Dans ce but sont aussi organisées des soirées musicales. Nous pensions atteindre les étudiants lors des nocturnes du vendredi, mais finalement ce sont des migrants qui participent aux jeux organisés ce soir-là. Ils prolongent leurs cours de français, donnés sur place par des bénévoles le vendredi en fin d’après-midi, par des activités ludiques leur permettant de mettre en pratique ce qu’ils viennent d’apprendre. Comme ils sont souvent logés dans de petits appartements, le café est aussi un lieu de rencontre pour eux en groupe élargi.
Témoignages d’usagers
« On se sent bien ici, l’atmosphère est paisible, l’accueil est chaleureux. »
Photo : Raymonde Klopfenstein
Un jour, un homme d’un certain âge entre en disant : « Je suis un naufragé de la vie et je viens chercher des réponses. » En a découlé une formidable occasion de témoigner. Il a pu repartir apaisé. Des personnes de l’Église ont pris l’habitude de venir avec leurs collègues de travail et leurs enfants en fin d’après-midi après les cours, profitant ainsi des commodités pour leurs enfants (coin garderie, baby-foot, jeux extérieurs) pendant qu’ils échangent autour d’un café ou d’un thé. Parfois, les usagers repartent avec une des bibles gratuites disposées sur le comptoir à l’entrée, ou une invitation à une balade organisée par le groupe des marcheurs de l’Église. L’un d’eux a accepté une invitation au parcours Alpha (et en est ressorti enthousiaste). D’autres sont très étonnés de trouver un café dans une église et profitent du parking pour s’arrêter et boire un verre. Un couple a pris ses habitudes et vient au moins trois fois par semaine lire le journal et discuter de sujets spirituels. De jeunes migrants viennent aussi quasi quotidiennement pour pratiquer et améliorer leur français. Une lycéenne d’origine musulmane, qui ne trouve pas de réponse dans son environnement, vient discuter de la foi chrétienne qui l’intrigue et l’interpelle.
Brassages
Le café ouvre également lors de manifestations qui ont lieu à l’église, dont la salle de culte est parfois prêtée pour des concerts ou d’autres occasions. C’est aussi une façon d’avoir des contacts avec nos contemporains qui ne mettraient pas spontanément les pieds dans une église. Et quand le retour est « On ne pensait pas que c’était ainsi, l’Église », on sait qu’on a atteint la cible. Un ami non chrétien qui s’investit dans les cours de français aux migrants, toujours étonné de ce que le café brasse tant de personnes de nationalités différentes, s’est exclamé : « Votre café est « the place to be1 in Montbéliard » ! »
—RAYMONDE KLOPFENSTEIN, responsable du café Prai’lude.
CET ARTICLE ET LE RÉSEAU MENNONITE FRANCOPHONE
Les articles dans le cadre du Réseau mennonite francophone (RMF) peuvent paraître dans Christ Seul (France), Le Lien entre nous (AEFMQ- Québec, Canada), sur le site de la Conférence Mennonite Suisse (www.menno.ch) et sur celui de la Conférence Mennonite Mondiale (www.mwc-cmm.org).
Coordination de la publication des articles : Salomé Haldemann
« Nous avons aussi beaucoup apprécié notre première rencontre en personne avec la Commission Foi et Vie dans son ensemble, et avec Anicka Fast, la nouvelle secrétaire », dit David Wiebe, président du GAHEN*.
En développement depuis plusieurs années, trois réseaux supplémentaires sont en train d’être ajoutés à l’organigramme de la CMM. Bien que tous les membres n’aient pas pu être présents, les réseaux de la CMM ont tenu des réunions officielles avant la Conférence et Festival Mennonites Mondial sur le Travail pour la Paix, en juin 2023 à Harrisonburg (Virginie, USA).
Chaque matin, l’une des quatre Commissions de la CMM (Diacres, Foi et Vie, Mission, Paix) a animé une session de prière commune. Les réseaux ont discuté d’un cahier des charges révisé (objectifs généraux, définition des membres, structure interne, relations avec la CMM) et d’une nouvelle formule de cotisation (0.2 % du budget) qui sera soumise à l’approbation du Conseil Général en 2025.
Éducation
Pour le nouveau réseau GAEN*, les 15 et 16 juin 2023 ont été l’occasion d’une réunion des comités de pilotage de ce réseau à double voie. Plus des trois quarts des membres des comités directeurs du GAPSEN* et du GAHEN* étaient présents.
« Nous étions ravis de nous retrouver pour travailler sur des questions importantes qui façonneront nos réseaux », a déclaré David Wiebe. Ils ont planifié de futures réunions sur Zoom et en personne en 2025.
Le GAEN étant placé sous la supervision de la Commission Foi et Vie, les réunions ont également permis au comité de pilotage de rencontrer les membres de la Commission. Grâce à ces réunions, les membres du GAPSEN et du GAHEN ont « cultivé une vision éducative commune entre les écoles et l’Église », explique David Wiebe.
Membres du Comité de Pilotage (2023-2025)
David Wiebe (président, GAHEN) Canada
Cheryl Pauls (GAHEN) Canada
David Boshart (GAHEN) États-Unis
Gishu J. Ebissa (GAHEN) Éthiopie
Hinonori Minamino (GAHEN) Japon
Marlene Wall (GAHEN) Lituanie
Rebecca Stoltzfus (GAHEN) États-Unis
Victor Wall (GAHEN) Paraguay
Elaine Moyer (présidente, GAPSEN) États-Unis
Conrad Swartzentruber (GAPSEN) États-Unis
Delbert Unruh (GAPSEN) Paraguay
Gloria & Theo Fumana (GAPSEN) Canada
Yesaya S. Wijaya (GAPSEN) Indonésie
Mission et Service
Les 13 et 14 juin 2023, les réunions des réseaux existants GASN* et GMF* ont servi de rassemblement triennal (habituellement tenu en parallèle des réunions du Conseil général). La Commission Mission a également participé aux réunions.
Il y a eu des sessions de formation avec César García et Sarah Bixler, des récits d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et six séminaires proposés par des membres du GASN et du GMF.
Le GASN et le GMF ont chacun discuté des projections pour la période en cours, y compris des rencontres en ligne pour l’apprentissage et la fraternité. Le réchauffement climatique et l’environnement sont l’une des priorités identifiées par le GASN pour les années à venir. Le GMF prévoit de s’informer sur les groupes de population non atteints.
Le GASN compte une cinquantaine de membres et le GMF environ 70.
Membres du Comité de Pilotage (2023-2025)
Barbara Hege-Galle (présidente, GASN) Allemagne
Fabio Carvalho (GASN) Brésil
Rick Cober Bauman (GASN) Canada
Satyendra Basumata (GASN) Inde
Shambu Balcha (GASN) Éthiopie
Nelson Okanya (président, GMF) États-Unis/Kenya
Carlos Daniel Soto (GMF) Argentine
Felo Gracia (GMF) RDC
Lorri Bentch (GMF) États-Unis
Sangita Tigga (GMF) Inde
Paix
Plus de 20 membres et observateurs du réseau GAPN* ont participé aux réunions des 13 et 14 juin 2023 en personne et en ligne. Il s’agissait de la première réunion en présentiel pour le GAPN.
Ils ont partagé leurs espoirs et leurs attentes pour le réseau, ont échangé des analyses contextuelles sur les questions de travail pour la paix dans leurs régions, et ont élaboré des stratégies quant aux thèmes, aux activités et aux événements pour les années à venir.
« Il y a eu beaucoup d’accord et d’intersectionnalité de pensée et d’expérience sur au moins huit thèmes, y compris l’engagement interreligieux, la polarisation dans l’église et la société, le réchauffement climatique et la violence systémique », a déclaré Wendy Kroeker, présidente du comité de pilotage. « Une réflexion axée sur la décolonisation pourrait devenir une perspective ou une approche commune pour organiser les efforts au cours de l’année à venir ».
Membres du Comité de Pilotage (2023-2025)
Wendy Kroeker (présidente, GAPN) Canada
Danang Kristiawan (GAPN) Indonésie
Daniel Moya (GAPN) Colombie
John Wambura (GAPN) Tanzanie
Scott Holland (GAPN) États-Unis
Santé
Le GAHN*, un autre nouveau réseau composé de professionnels de la santé, s’est réuni pour plusieurs webinaires sur Zoom au cours des trois dernières années. Il a lancé un nouveau site web (globalanabaptisthealth.network/) et une newsletter et prévoit un voyage d’apprentissage en Amérique centrale en novembre 2023.
Membres du Comité de Pilotage (2023-2025)
Dodanim Vásquez (président, GAHN)
Elina Ciptadi
Autres nouvelles de la CMM
Les membres des quatre Commissions de la CMM se sont également réunis avant le Festival. « Lorsque nous nous réunissons en personne, notre compréhension mutuelle s’approfondit et notre engagement envers nos objectifs communs s’épanouit », dit J. Ron Byler, coordinateur des Commissions. « Lors des cultes et des conversations informelles, les membres des Commissions apprennent comment le travail de ces dernières est interconnecté et comment, ensemble, nous aidons notre communauté mondiale à s’encourager mutuellement à la suite de Jésus dans le monde ».
Dans le domaine de la communication, Elina Ciptadi reprend ses fonctions de responsable de la communication par intérim pendant le congé de maternité de Kristina Toews. Elina Ciptadi faisait partie du premier comité des YABs (Jeunes Anabaptistes, appelé AMIGOS à l’époque) et a de l’expérience dans le marketing, les relations publiques et la communication au sein d’organisations à but non lucratif, gouvernementales et commerciales.