Catégorie : De Nos Responsables

  • « La CMM fut une école pour moi, elle m’a réellement aidé à connaître la doctrine anabaptiste et à comprendre le fonctionnement de l’Église, » nous dit Francisca Ibanda. 

    Connue dans le monde entier sous le nom de ‘Maman Cisca’, Francisa Ibanda, ainsi que Barbara Nkala, ont récemment terminé leur service en tant que représentante régionale de la CMM. Avant d’être représentante régionale pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’ouest (2015-2022), elle a été l’une des deux représentantes de l’Afrique au sein du Comité exécutif (2009-2015). 

    « Durant mon service à la CMM en tant que CE ou Représentante Régionale, j’ai découvert mes talents et j’ai beaucoup appris sur l’humilité, la communication, l’amour du prochain, bref les valeurs Chrétiennes. Je suis fière d’avoir servi au niveau Mondial, » dit Francisca Ibanda. 

    « Les représentants régionaux sont nos yeux et nos oreilles » dit Arli Klassen. Ces serviteurs bénévoles sont les ambassadeurs de la Conférence Mennonite Mondiale dans leur région. Ils représentent le travail de la CMM (via les commissions, les réseaux, le comité exécutif et la production de matériel et de témoignage pour les cultes) auprès des églises membres de la CMM de leur région. Et ils partagent les préoccupations, les questions, les besoins et les joies des églises membres de la CMM avec le reste du corps anabaptiste mondial.   

    « Cette tâche de servir à la CMM m’a appris beaucoup choses, entre autres : le développement de ma foi Chrétienne, l’amélioration de ma relation personnelle avec Dieu, l’amour de l’Église et l’amour envers mon prochain, » dit Francisca Ibanda. « Et bien, ce fut une véritable occasion pour moi d’améliorer mon anglais et de m’ouvrir au monde. »  

    Les représentants régionaux proposent aussi une invitation : quand une union d’églises nationale est intéressée pour rejoindre la CMM, le représentant régional rend visite aux responsables de l’église. Ils présentent l’union d’églises nationale candidate aux responsables de la CMM, et expliquent la CMM à l’église candidate.  

    « J’aimerais que les gens sachent que la famille mennonite mondiale est une structure très riche en valeurs et opportunités que chaque membre y apporte. » 

    « Mon expérience à la CMM m’a aidé à comprendre que l’Église Mondiale est construite à partir des grandes valeurs telles que la communion fraternelle et que dans la diversité, elle forme le corps du Christ. » 

    « Dans les 5 prochaines années, la CMM devra être bien connue de ses membres, afin que ces derniers la connaissent mieux et s’impliquent dans la réalisation de sa vision, » dit Francisca Ibanda. « Ma prière est que la CMM continue à aider ses membres à mieux connaître sa vision afin que ces derniers vivent réellement la communion fraternelle au niveau local, régional et international. Mon souhait le plus ardent est que la CMM développe sa communication avec les Églises de l’hémisphère sud (Amérique latine, Afrique et Asie). » 

    Francisca Ibanda continuera à servir son église locale et à former des femmes. Elle travaille actuellement à la création d’une ONG pour aider les orphelins et les personnes en situation de handicap.  

    « Nous sommes tellement reconnaissants pour le travail de ces frères et sœurs qui nouent des liens essentiels entre les églises anabaptistes-mennonites du monde entier », déclare Arli Klassen. « Nous faisons un adieu chaleureux à Cisca et Barbara, et souhaitons la bienvenue à Siaka Traoré et Danisa Ndlovu qui remplissent désormais ces rôles. »  


  • Avez-vous déjà pensé : « Si seulement je pouvais revenir en arrière et changer mes actions et mes paroles » ? Dans la nouvelle production de la compagnie de théâtre, Theatre of the Beat (TOTB), c’est possible. 

    La pièce, Unmute, aborde un sujet qui s’est aggravé avec les confinements liés à la pandémie : la violence domestique. 

    Plusieurs organisations, dont DART (Domestic Assault Response Team à Waterloo), le centre Women’s Crisis Center de la région de Waterloo, le Waterloo Region Crime Prevention Council et Keeping Families Safe ont commandité la pièce auprès de la compagnie TOTB. 

    Les représentations ont été subventionnées par le Comité Central Mennonite (MCC) et plusieurs églises à travers le Canada. 

    « Avec la pandémie de Covid-19, je me suis inquiétée de ses conséquences sur l’augmentation de la violence de genre, » explique Kimberlee Walker, co-auteure de la pièce et régisseuse. Elle a obtenu la permission de s’inspirer une pièce qu’elle connaissait sur ce sujet. TOTB l’a adaptée pour la mettre en scène.

    people embracing

    « Même si, statistiquement, les femmes entre 18 et 30 ans sont les plus susceptibles d’être victimes de violence domestique, ce phénomène touche les personnes de tous les sexes, couleurs de peau et catégories socio-économiques. »  

    Ce n’est pas seulement un problème canadien, selon Lindsey Middleton, comédienne et co-auteure, qui espère toucher un public international. « On ne sait jamais qui se trouve dans le public et l’effet que [la représentation] aura sur elle. » 

    « Notre objectif, ici, en Ontario, est d’entamer la conversation sur la violence domestique pendant la pandémie et de montrer comment réagir et intervenir lorsque l’on est témoin de comportements abusifs, isolateurs ou stigmatisant, » explique Rod Friesen, du MCC Ontario. « Unmute, c’est une nouvelle approche de la construction de la paix dans nos communautés. » 

    Plus que le divertissement, le but de TOTB est la formation. Après avoir joué une scène qui se termine mal, les comédiens rejouent la scène en invitant le public à interrompre la représentation en criant « stop ! » et à entrer sur scène pour modifier le cours de l’histoire. 

    La pièce a aussi été adaptée en podcast. 

    « La conversation varie selon le public. Il n’y pas de solution magique. L’idée est de pouvoir faire une sorte de répétition de la réalité, » explique Kimberlee Walker. 

    Souvent, quelqu’un qui travaillait pour un numéro vert d’une cellule de crise rejoue un appel téléphonique pendant la partie interactive de la pièce. 

    « Une fois l’avoir vu [au théâtre], nous sommes mieux préparés pour intervenir dans la vraie vie, » selon Kimberlee Walker.

    two faces on Zoom

    Les représentations physiques étant impossibles pendant la pandémie, TOTB a monté Unmute sur Zoom. Cela permet au public de voir la représentation et de participer.  

    Le processus d’adaptation de la pièce pour Zoom était semblable à la création d’une série télévisée qui se déroulerait dans différents lieux. « Ça a été un véritable casse-tête, » se souvient Cedric Martin, co-auteur et régisseur, également pasteur jeunesse à Toronto United Mennonite Church. « Nous voulions garder cet effet de théâtre vivant en direct ».

    En marge de la représentation, TOTB partage une liste de ressources pédagogiques et invite le public à s’impliquer. 

    TOTB n’est pas une compagnie de théâtre mennonite ; cependant, ses thèmes et son style de production ont donné lieu à des partenariats avec le MCC et d’autres organisations mennonites pour aborder des sujets comme l’objection de conscience (Gadfly), la justice restaurative (Forgiven/Forgotten) et le harcèlement sexuel (#ChurchToo – qui a été présenté au Festival Anabaptiste Mondial de Construction de la Paix, aux Pays-Bas, en 2019). 

    « Nous sommes très reconnaissants pour le soutien de la communauté mennonite, » déclare Kimberlee Walker. 

    Pour plus d’informations sur la pièce de théâtre : 

    Theatreofthebeat.ca/unmute 

  • Il y a 10 ans, la Conférence Mennonite Mondiale annonçait ma nomination au poste de Responsable des Opérations. J’ai immédiatement reçu des emails de divers pays, dont le Paraguay et le Zimbabwe, de la part de personnes que je ne connaissais pas encore et qui me souhaitaient une chaleureuse bienvenue dans la famille de la CMM.

    Trois ans plus tard, lorsque ma mère est décédée, j’ai à nouveau reçu des messages venant des quatre coins du monde. Cette fois-ci, il s’agissait de messages de condoléance et de soutien. 

    Être trésorier à la CMM, c’est bien plus que de faire des calculs. Même si c’est mon métier, je ne me suis jamais considéré comme un comptable classique, et il est devenu évident très rapidement, que le poste de trésorier en chef à la CMM n’était pas classique non plus !

    Lorsque j’ai commencé ma carrière, j’avais une idée assez claire de ce qui m’attendait en exerçant le métier de comptable, mais je n’aurais jamais pu imaginer ce que la trésorerie de l’Église mondiale me réservait.

    L’ordre du jour de nos réunions annuelles comprenait des visites dans les paroisses locales pour rencontrer ceux et celles qui forment l’Église dans les régions qui accueillent nos réunions. On nous racontait comment Dieu agit dans ces paroisses. Bien sûr, on parlait également des finances de l’organisation, mais ce n’était qu’une partie infime de notre travail.

    En repensant au temps que j’ai passé à la CMM, je réalise que c’était un privilège d’avoir pu rencontrer tant de personnes merveilleuses et d’avoir pu louer notre Dieu avec elles. Je garde un souvenir ému de ces rencontres à Taïwan, en Suisse, en Colombie, en Indonésie, en Allemagne et au Costa Rica, mais celle qui m’a le plus marquée a eu lieu lors des réunions du Conseil général au Kenya, en 2018. 

    group photo outside rural church
    Au Kenya, en 2018, les délégués de la Conférence Mennonite Mondiale et les membres d’une paroisse mennonite locale louent tous ensemble.
    Photo : fournie par Len Rempel

    Un dimanche matin, nous nous sommes rendus au culte d’une petite paroisse près de Kisumu, à côté du lac Victoria. Nous étions une quarantaine de délégués du Conseil général et d’employés de la CMM. Au début, nous étions bien plus nombreux que les membres de la paroisse, mais au fur et à mesure que la matinée avançait, le petit bâtiment s’est rempli. Les derniers arrivés ont dû assister au culte depuis l’extérieur.

    Nous avons tous chanté ensemble, écouté la Parole et une prédication vivante. On se présentait les uns aux autres. Nous formions un mélange culturel et linguistique étonnant, rassemblé par l’Esprit de Dieu.

    J’ai eu le privilège de pouvoir apporter quelques mots durant le culte. J’ai lu un passage d’Apocalypse 21 en disant que ce mélange d’êtres humains, rassemblés sous ce même toit de tôle dans la campagne kényane, c’était un avant-goût de ce qui est à venir.

    On ne m’avait jamais parlé de ce genre de « réunion de travail » dans ma formation en comptabilité et je n’aurais pas cru que ma carrière m’amènerait là, mais je remercie Dieu de m’avoir guidé dans cette aventure incroyable.

    Aujourd’hui, je quitte mon rôle de trésorier pour un poste de pasteur dans une paroisse locale. On pourrait penser que c’est un changement radical, mais en réalité c’est la suite logique. En suivant l’appel de Dieu, je ne quitte pas l’Église mondiale : je garderai toujours dans mon cœur les personnes et les églises que j’ai rencontré tout au long de mon parcours. 

    —Len Rempel a été Responsable des Opérations de la Conférence Mennonite Mondiale de janvier 2011 à avril 2021.    

    three men outside church
    Len Rempel (centre) avec pastor Peter Okello et diacre Peter Ongogo de Kenya Mennonite Church. Photo fournie par Len Rempel

    p

    man taking photos
    Len Rempel est le trésorier de la CMM – et parfois aussi le photographe non-officiel. 
  • La Conférence Mennonite Mondiale a engagé un premier dialogue officiel avec l’Alliance baptiste mondiale en1989. Depuis, la CMM a entre tenu des conversations avec la Fédération luthérienne mondiale, les adventistes du septième jour, les catholiques et, plus récemment, avec les catholiques et les luthériens dans le cadre d’un dialogue trilatéral de cinq ans. En raison de la valeur de ces dialogues, la Commission Foi et Vie a élaboré ce document pour permettre aux conférences nationales des églises et aux assemblées locales de la CMM de mieux comprendre le fondement théologique de l’hospitalité œcuménique, et pourquoi nous pensons que ces conversations sont conformes aux valeurs anabaptistes. Le document a été approuvé comme ressource pédagogique de la CMM par le Conseil Général de Limuru, au Kenya, en avril 2018. 


    Lorsque nous parlons de l’Église mondiale du Christ dans le contexte de la Conférence Mennonite Mondiale, la première lettre de Paul à l’église de Corinthe apporte un élément de référence utile. Au chapitre 13, qui traite du thème de l’amour, Paul reconnaît que toute connaissance humaine–même chrétienne, théologique ou confessionnelle, est limitée. En faisant de la théologie, nous connaissons seulement « en partie » (1 Corinthiens 13/9), nous voyons la vérité « dans un miroir » (1 Corinthiens 13/12). Notre connaissance et notre capacité à comprendre sont toujours influencées par notre point de vue. Dans la présence éternelle de Dieu, ce sera différent (1 Corinthiens 13/12). Mais pour l’instant, nous devons nous contenter de cela. Dans nos trajectoires d’êtres humains, limitées parle temps, l’espace et nos cinq sens, notre connaissance est toujours partielle et notre compréhension de la Vérité est façonnée par notre contexte et notre point de vue personnel.

    C’est pourquoi nous devons être prévenants, patients, empathiques et, surtout, aimants avec les autres. « Les prophéties, dit Paul, elles seront abolies… Ê présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse…Ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc ces trois-là demeurent : la foi, l’espérance et l’amour. Mais l’amour est le plus grand. » (1 Corinthiens 13/8-13)

    Ainsi, chaque fois que des chrétiens de traditions théologiques différentes se rencontrent et dialoguent, nous devons le faire dans l’esprit des trois grandes vertus chrétiennes qui de meurent. Paul note également qu’en tant que chrétiens nous parlons différentes langues – littéralement et aussi sur le plan de nos identités théologiques, de nos développements historiques et de nos contextes variés. « Il y a je ne sais combien d’espèces de mots dans le monde, écrit Paul, et aucun n’est sans signification. Or, si j’ignore la valeur du mot, je serai un barbare pour celui qui parle, et ce lui qui parle sera pour moi un barbare. » (1 Corinthiens 14/10-11)

    Ce sont de véritables limitations. Mais reconnaître cela peut aussi devenir une expérience libératrice – je suis libre de réaffirmer mon identité et mon point de vue, car « c’est le seul que j’ai ». Mais je suis également libre de reconnaître la possibilité que les autres aient leurs propres compréhensions, leur propre point de vue, leurs propres limites historiques et contextuelles. Et c’est aussi libérateur de savoir que tout cela peut se faire dans l’esprit et le pouvoir de « la foi, l’espérance et l’amour ».

    1. Nous avons besoin d’une identité de confession chrétienne

    On peut déplorer la scission de l’église chrétienne en autant de confessions et de traditions. Mais cette réalité, après 2000 ans de christianisme, n’est pas forcément une mauvaise chose, tant que nous nous souvenons de la prière du Seigneur pour l’unité des chrétiens dans Jean17. En effet, les identités confessionnelles peuvent être utiles et aussi nécessaires :

    1.1. Aucune église ou confession n’est capable de saisir toute la richesse de Dieu; la diversité est essentielle pour construire l’unité. Pour que le corps fonctionne bien, l’œil doit être un œil; l’oreille doit être une oreille; la main doit être une main (1 Corinthiens 12/15-20). Si ces différences sont abolies, le corps ne peut pas survivre.

    1.2. Tout au long de l’histoire, les confessions ont contribué à appliquer la règle de l’Évangile à des situations spécifiques. Par exemple, à une époque où l’église était riche et mêlée à la politique, les franciscains voulaient vivre radicalement les paroles de Jésus dans le Sermon sur la montagne. Ê une époque où certains chrétiens payaient pour le pardon des péchés, Luther a redécouvert l’Évangile de la grâce gratuite. Les anabaptistes ont osé insister sur la pratique biblique du baptême volontaire et de la non-violence, rompant avec le statu quo adopté par les églises d’État catholiques et protestantes, même au prix de sévères persécutions et d’exils. Les méthodistes ont surgi à une époque où un réveil était grandement nécessaire; et les pentecôtistes sont apparus dans un contexte de discrimination raciale et de rigidité institutionnelle.

    1.3. Les confessions chrétiennes apportent des correctifs : à ses débuts, chaque confession a émergé pour corriger des problèmes spirituels ou éthiques dans l’église. C’est pourquoi les confessions doivent rester flexibles. Ce qui était vrai et nécessaire à un moment donné peut devenir mauvais et inutile dans un contexte historique ou culturel différent. C’est arrivé au peuple d’Israël avec le serpent d’airain : un symbole du salut pendant un temps qui deviendra plus tard un objet d’idolâtrie. C’est pourquoi les confessions doivent être ouvertes au renouveau – pour corriger ce qui ne va pas et aborder les éventuels manques bibliques – si elles veulent rester fidèles à l’esprit de leurs mères et de leurs pères fondateurs.

    1.4. Chaque confession est porteuse de dons et de grâces spécifiques qui doivent être partagés au bénéfice de tous. Le « banquet » chrétien interconfessionnel est un véritable et merveilleux cadeau pour l’Église mondiale parce que nous pouvons apprendre tellement les uns des autres : l’érudition des jésuites, par exemple, ou le style de vie simple des franciscains ; le mysticisme centré sur le Christ de Meister Eckhart, de Jean de la Croix et de Gerhard Tersteegen ; le zèle pour la mission, l’éducation chrétienne et la spiritualité des piétistes ; le biblisme, la non-violence et les convictions de l’église des croyants anabaptistes ; sola fide, sola gratia et sola scriptura des luthériens ; la souveraineté et la gloire de Dieu de la tradition calviniste ; la « méthode » chrétienne des méthodistes ; l’évangélisation personnelle des baptistes ; le discernement communautaire des quakers ; la simplicité des amish ; la dimension transcendantale du pouvoir divin des pentecôtistes ; le royaume « inversé » des communautés latino-américaines, etc.

    Par conséquent, ce n’est pas l’uniformité, mais la diversité qui contribue à l’édification du corps unique du Christ (Éphésiens 4/1-16).

    2. Nous avons besoin d’une œcuménicité centrée sur le Christ

    Les églises et les confessions ne doivent pas rester seules et isolées les unes des autres. Elles ont besoin de l’hospitalité et du dialogue interéglises.

    2.1. Les églises devraient célébrer le corps unique du Christ. Éphésiens4/4-6 nous rappelle qu’il n’y a qu’un seul Esprit, un seul espoir, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême et un seul Père divin. Quand le Christ reviendra, les gens de « toutes les nations, tribus, peuples et langues » s’uniront pour former une communauté de louanges pour l’accueillir (Apocalypse 7/9). D’autres passages des Écritures affirment qu’il n’y a qu’une seule « épouse de l’Agneau » (Apocalypse 19,7), un « peuple de Dieu » (1 Pierre 2/9-10), une «famille spirituelle » (Galates 6/10), un «corps du Christ » (Romains 12/5), un « royaume des cieux » (Matthieu 16/19). Au-delà là de l’histoire des confessions chrétiennes, l’Église est une unité existentielle unie par sa rédemption dans le Dieu trinitaire.

    2.2. Cela signifie qu’en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes tous « frères et sœurs » . Éphésiens 3/14-15 nous informe que notre parenté commune avec Dieu fait de nous une famille. Le dicton « vous pouvez choisir vos amis, mais vous ne pouvez pas choisir votre famille » est valable pour les relations interéglises : quiconque appartient à Christ est mon frère ou ma sœur. D’un point de vue éternel, il n’y a pas de « cousins germains », de « cousins au second degré » ou de « parents éloignés » dans la « maison de Dieu ».

    2.3. Des églises et des traditions distinctes peuvent potentiellement se compléter. Romains 12/4-5 et 1 Corinthiens12/12-20 insistent sur le fait que les membres d’un même corps sont différents, mais que leur diversité permet au corps de fonctionner comme il se doit. Bien s√ªr, tous les membres ne sont pas égaux par leur nature et leur fonction : une tête coordonne un travail divin. Pourtant, pour que le corps fonctionne, les différences entre les membres sont essentielles. Personne ne peut négliger un autre membre du corps de Christ comme s’il pouvait se passer de lui. Personne ne possède tous les dons nécessaires. Le corps est bien plus qu’une oreille, une bouche ou des yeux. C’est vrai aussi bien pour l’église locale que pour le parcours commun de différentes traditions chrétiennes.

    2.4. Les églises sont appelées à s’entraider et à se construire l’une l’autre. Les membres faible sont besoin des forts ; et il y a des moments où la faiblesse ou la vulnérabilité d’un membre du corps révèle le caractère du Christ. Comme l’écrit Paul, « même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires, et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur. » (1 Corinthiens 12/22-23)

    Conclusion

    Dans la famille de Dieu (ecumene), nous devons être prêts à vivre une « diversité réconciliée » , en étant à la fois courageux en revendiquant l’héritage et la contribution de notre confession, et humbles en reconnaissant que notre compréhension est limitée.

    Toute vérité que Dieu a placée dans les différentes confessions et leur histoire doit être entendue, préservée et articulée. Les minorités ne devraient pas être dominées par les majorités. Alors même que nous reconnaissons la diversité comme saine, il y a aussi un besoin d’humilité. Dans nos histoires confessionnelles spécifiques, tout n’est pas bon, biblique et agréable à Dieu. De nombreuses divisions auraient pu être évitées. Maintes mémoires doivent être guéries. De nombreuses condamnations appellent à la repentance et à la réconciliation. Les péchés et les erreurs du passé doivent être confessés et pardonnés. Après tout, l’Église a reçu le ministère de la réconciliation (2 Corinthiens 5/18-19). Et si notre témoignage veut être crédible pour le monde qui regarde, le travail de réconciliation doit commencer dans la « maison de Dieu » (Ephésiens 2/19). S’engager pour le ministère de réconciliation prendra sans doute plusieurs formes. Dans certains cas, cela peut signifier une unité complète et formelle dans tous les aspects de la vie d’église ; avec d’autres groupes, il peut s’agir simplement d’une unité fonctionnelle, dans laquelle nous acceptons de collaborer sur un nombre limité d’initiatives. Mais dans tous les cas, notre orientation ecclésiale ira dans le sens de la réconciliation plutôt que dans celui d’une identité ancrée principalement dans nos différences.

    Alfred Neufeld Friesen d’Asunción(Paraguay), est président de la Commission Foi et Vie de la CMM, et ancien de l’Église des frères mennonites. Il est président de l’Universidad Evangélica del Paraguay (université protestante) (au moment de la rédaction de cet article).


    «Œcuménicité» est compris ici comme une tendance et une bonne volonté à l’égard du dialogue et de la coopération avec les autres confessions chrétiennes ou traditions d’église. Le mot « œcuménicité » provient du grec oikos (maison) et menein (habiter) et équivaut à « l’entière famille chrétienne qui habite dans la maison de Dieu. »

    1 Corinthiens 13/12 : « dans un miroir » – signifie littéralement « comme une énigme » du grec ainigmati.



    23 juillet 1955–24 juin 2020  

    La Conférence Mennonite Mondiale (CMM) a perdu Alfred Neufeld Friesen, auteur prolifique, théologien, historien, enseignant et grande influence dans le domaine de la théologie anabaptiste au niveau mondial. Il est décédé le 24 juin 2020 à Münster, en Allemagne où il était hospitalisé pour un cancer du foie et des problèmes rénaux.

  • Les attaques terroristes ont déplacé 700 000 personnes au Burkina Faso, pays d’Afrique de l’est. Beaucoup disent que ce dont ils ont le plus besoin, c’est de prières. 

    « Seul Dieu peut nous aider à trouver une solution ; elle ne viendra pas des forces armées, » déclare un gouverneur provincial à Bobo-Dioulasso. Il s’est exprimé lors d’une réunion de 150 responsables religieux et civiques à l’occasion de la visite de la Conférence Mennonite Mondiale.

    Les membres de la délégation, Siaka Traoré du Burkina Faso, Jürg Bräker de Suisse, Jean Paul Pelsy et Didier Bellefleur de France, et Nelson Kraybill des États-Unis se sont rendus sur place du 17 au 24 février 2020 au nom de la Commission Diacres. L’Africa Inter-Mennonite Mission était également représentée dans la délégation par Léonard Kiswangi de République Démocratique du Congo et le Comité Central Mennonite s’est chargé de la logistique.

    Depuis 2016, les pasteurs et les églises du Burkina Faso ont subi des attaques mortelles. Mais les mosquées, les communes, la police, les écoles et d’autres lieux de cohésion sociale ont également été ciblés. Deux cent mille enfants sont déscolarisés et la famine menace car les agriculteurs ne sont plus en mesure de semer ou de récolter.

    Respect pour la diversité 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    Le porte-parole du président de la communauté musulmane à Bobo-Dioulasso a déclaré lors de la réunion que les membres de sa communauté voulaient la paix. Le respect de la diversité est au cœur de l’Islam. La diversité est un moyen d’expression du Créateur. Dieu veut que nous soyons tous différents mais unis. »   

    Il a remercié les mennonites pour leur soutien et a cité Ésaïe 58, « Le jeûne tel que je l’aime, (…) c’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés ».

    Lors d’une autre réunion les pasteurs mennonites ont expliqué que la violence avait diminuer la confiance entre les gens. Les églises doivent être vigilantes car des espions se font passer pour des sympathisants. Abdias Coulibaly, président de l’Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso, témoigne : « Avant nous pouvions organiser les activités d’église librement. Mais maintenant il faut prendre en compte la sécurité ». Certaines paroisses se réunissent uniquement dans les maisons.

    Souffrir ensemble

    Siaka Traoré en s’adressant aux autres membres de la délégation, dit : « Vous avez risqué vos vies pour venir nous apporter votre soutien. Si un membre du corps souffre, tous les membres souffre avec lui. » 

    Les visiteurs de la CMM ont entendu à maintes reprises que la crise n’est pas due principalement au conflit entre musulmans et chrétiens. Certaines attaques sont attribuées aux extrémistes islamistes mais d’autres sont liées à la criminalité dérivée du trafic de stupéfiant ou de la traite de personnes. Le chômage élevé rend les jeunes plus vulnérables aux idéologies radicales.

    Outre les rencontres avec les pasteurs mennonites, la délégation s’est entretenue en privé avec les hauts responsables de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME), à Ouagadougou. Elle a pu également échanger avec l’archevêque catholique romain et avec le Mogho Naba (empereur) du peuple Mossi. Peuple qui représente 40 pourcents de la population du pays.

    Acte d’amour 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    L’empereur a reçu la délégation assis sous un arbre majestueux dans son palais. « Les feuilles de l’arbre au-dessus de vos têtes apportent des paroles de paix, de réconciliation, d’harmonie, de pardon et d’amour. Les Écritures disent que les fruits de l’Esprit de Dieu sont l’amour, la joie et la paix. Nous servons Jésus, le Prince de la Paix et nous voulons à la même chose que vous. »

    La délégation a remercié l’empereur pour son travail de réconciliation dans le soutien qu’il a apporté à l’insurrection populaire en 2015 et lui a promis qu’elle prierait pour lui. L’empereur a répondu en langue mòoré : « Merci d’être venus dans notre pays. Cet acte d’amour montre que vous êtes vraiment des hommes selon Dieu. »  

    Lorsque la délégation s’est entretenue avec l’archevêque, elle a cité un proverbe africain : un seul doigt ne ramasse pas la farine. Les doigts et les mains doivent tous travailler ensemble pour préparer un repas tout comme les croyants de différentes traditions religieuses et culturelles doivent travailler ensemble.  

    Il a fait remarquer que les armes ne sont pas fabriquées dans son pays, elles proviennent d’ailleurs. « Nous appelons la communauté internationale à nous aider à y mettre fin. »

    Commencer avec la prière

    Les membres de la délégation ont été impressionnés par les responsables religieux et civiles, déterminés à collaborer pour la paix, par le courage des responsables mennonites et par le fait que tout le monde semble conscient des racines spirituelles de la violence.

    Pour Jürg Bräker, « dans les sociétés occidentales, la prière est souvent symbolique et les gens veulent seulement aller ‘agir pour de vrai’. Ce n’est pas par là que les Burkinabais commencent. »

    —Un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par J. Nelson Kraybill, président de la CMM.

     

    Cliquez ici pour continuer la lecture.

    African women in dresses sing
  • Comme les quatre cavités du cœur, les quatre commissions de la CMM servent la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diacres, foi et vie, paix et mission. Les commissions préparent du matériel à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils et proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux ou des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous, une des commissions communique un message de leur ministère.

    Genèse chapitre 1 à 11 est considéré comme étant le prologue de toutes les écritures hébraïques et chrétiennes. Dans ce prologue, un thème central émerge : Dieu veut que les humains se multiplient et se dispersent sur la surface de la terre entière.

    « Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre et dominez-la » (Genèse 1/28). Cet ordre se répète dans Genèse 8/15–17 ; 9/1,7. Cette idée se reflète aussi dans ce qu’on a appelé « la table des nations » dans Genèse 10 qui met à l’honneur la diversité des cultures et des nations de la progéniture de Noé (Genèse 10/5,20,31).

    La célébration de la diversité des cultures et des nations fait écho à la déclaration de Dieu à la fin de la création « c’était très bon » (Genèse 1/31).

    Mais cette diversité peut aussi devenir une frontière.

    La cultura es el modo en que las personas dan sentido al mundo. Es “creado y contaminado por los seres humanos”, señala Sherwood Lingenfelter. “La cultura busca mantener el control social a través de las reglas, normas y sanciones para el comportamiento y por ende limita cierto tipo de comportamiento pecaminoso o desviado. Sin embargo, las reglas de la cultura reflejan un conocimiento natural de Dios (Romanos 2:14–15) que sirve para exponer el pecado en lugar de llevar a las personas a la justicia”.

    La culture c’est la façon dont les êtres humains comprennent le monde. Elle est « créée et contaminée par les humains, » écrit Sherwood Lingenfelter. « La culture cherche à conserver un contrôle social par des règles, des normes et des sanctions appliquées à des comportements. En faisant cela elle limite certains types de péchés et de comportements déviants. Pourtant, les règles de la culture impliquent une connaissance naturelle de Dieu (Romains 2/14-15) qui sert à mettre en évidence le péché plutôt qu’à amener le pécheur à la droiture. »

    Nous voyons le monde au travers du prisme de la culture.

    L’anthropologue Paul Hiebert définit la vision du monde comme étant « les suppositions fondamentales, cognitives, affectives et évaluatives sur la nature de la réalité, établies par un groupe de personnes, pour organiser leur vie. » Il écrit également : « La vision biblique du monde par rapport aux autres, à l’altérité, proclame l’humanité commune de tous les peuples… Les autres n’existent pas – il n’y a que nous … nous sommes une seule humanité. »

    Ce graphique a été théorisé par Dr. Betsy Glanville, du séminaire de théologie de Fuller

    En tant que peuple de Dieu en mission dans le monde, nous devons prendre le temps d’étudier, de comprendre les autres et de construire des relations avec eux pour développer une compréhension réciproque et traverser les frontières culturelles pour incarner la bonne nouvelle de réconciliation et de shalom de Dieu.

    La Commission Mission de la Conférence Mennonite Mondiale rassemble le Réseau Anabaptiste Mondial d’Entraide (GASN) et la Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) pour permettre un dialogue sur des sujets d’actualité et offrir des opportunités de service et de témoignage international.

    Lorsque nous faisons cela nous suivons l’exemple de Jésus et nous lui obéissons car il a traversé maintes frontières culturelles durant son ministère, voir l’illustration ci-dessous (fig. 1). Lors de la culmination de son ministère, Jésus envoi les disciples comme le père l’avait lui-même envoyé (Jean 20/21).

    D’après mon expérience, manger ensemble avec des personnes de différentes cultures est un excellent moyen de traverser les frontières culturelles. Cependant, dans la mission transculturelle, pour pouvoir manger ensemble authentiquement, ceux des cultures dominantes qui ont tendance à pratiquer une théologie de l’hôte (qui vient de l’argent, du pouvoir et du privilège) doivent apprendre à adopter une théologie de l’invité (normalement la théologie de ceux qui sont visés par la mission). En faisant cela, nous pourrons peut-être avoir une approche de la mission avec plutôt qu’une approche de la mission envers, cette dernière ayant été privilégiée dans toutes les missions transculturelles modernes depuis plus de 200 ans.

    Pour repenser la mission transculturelle au 21ème siècle il faudra entamer un dialogue sur différents aspects des frontières à traverser comme l’ethnicité, le pouvoir, l’éthique, la doctrine, le leadership, les relations de parenté, le patrimoine, les rituels, etc. La Fraternité Missionnaire Mondiale, par le biais de ses 72 partenaires dans le monde, se réjouie de faciliter un tel dialogue.

    Exercice :

    1. Où se trouve votre culture d’origine ?

    2. Quelles frontières avez-vous besoin de traverser ?

    3. De quelle façon la GMF peut-elle ressourcer et soutenir votre travail transculturel ?

    —un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale par Nelson Okanya, président de la Fraternité Missionnaire Mondiale et membre de la Commission Mission.

     

    Références (en anglais) :

    Hiebert, Paul G. 2008. Transforming Worldviews: An Anthropological Understanding of How People Change. Grand Rapids, Mich.: Baker Academic. http://catdir.loc.gov/catdir/toc/ecip085/2007048743.html.

    ____. 2009. The Gospel in Human Contexts: Anthropological Explorations for Contemporary Missions. Grand Rapids, MI: Baker Academic.

    Lingenfelter, Sherwood G. 1998. Transforming Culture: A Challenge for Christian Mission. Grand Rapids, Mich.: Baker Books.

  • Aimer les gens généreux de la République Démocratique du Congo (RDC) n’est pas difficile, mais le mal présent dans la région rurale du Kasaï de ce pays verdoyant, est difficile à comprendre.

    En décembre 2017, les survivants de la guerre civile racontèrent à une délégation de la Commission Diacres de la Conférence Mennonite Mondiale les attaques surprises de leurs villages par la milice en maraude. Avec des armes à feu ou des couteaux, ces groupes massacrèrent les hommes et les garçons et tout ceux qui étaient en lien d’une manière ou d’une autre avec le gouvernement.

    Les victimes agonisèrent devant leur propre famille, devant des femmes et des enfants qui pouvaient eux-mêmes être agressés ou tués. Les villages sont en ruines ; des milliers de personnes ont fui à pied. Les survivants traumatisés ont tout perdu – leurs biens et leurs terres, leur famille, leur communauté. Certains ont des cicatrices à cause de la torture. La plupart ne retourneront jamais sur leur lieu de naissance.

    Je faisais partie de la délégation qui s’est rendue sur place en visite pastorale, et je suis rentré chez moi rempli de gratitude pour les mennonites de la RDC qui nous ont recus avec tant de générosité et d’amour malgré leurs souffrances.

    Dans un pays aux dificultés économiques et politiques écrasantes, les mennonites remplissent les lieux de culte avec des chants vibrants et un message d’espoir et de réconciliation. Nous avons vu des mennonites dans les villes de Kikwit et de Kinshasa s’occuper de personnes déplacées de n’importe quelle tribu dans un pays où il est courant de ne s’occuper que de ses propres parents ou des membre de sa propre tribu.

    Un groupe de survivants traumatisés a rencontré notre délégation à l’ Église Frères Mennonites Nouvelle Jerusalem à Kikwit. Les histoires d’agonie qu’ils m’ont racontées m’ont donné envie de voir l’accomplissement de la vision de Jean : « Lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. » (Apocalypse 21).

    Les causes du chaos dans certaines parties de la RDC sont due à la lutte pour le contrôle des mines de diamants et d’or, aux rivalités entre tribus, aux rébellions politiques, aux interventions étrangères et aux activités criminelles. Les personnes fuyant les soulèvements doivent endurer des semaines voire des mois de danger en parcourant des centaines de kilomètres jusqu’à Kikwit ou d’autres villes. Les femmes accouchent pendant ce trajet dangereux vers la sécurité.

    Lors de notre visite, j’ai souvent pensé à Michael J. Sharp, un jeune mennonite de ma communauté d’origine aux États-Unis, qui a été assassiné dans la région du Kasaï l’an dernier lors d’une mission de paix des Nations Unies. La mort de Michael m’a touché profondément, moi et beaucoup d’autres personnes de la CMM. Que doivent sentirent nos frères et sœurs de la RDC qui subissent eux-mêmes d’innombrables pertes ?

    Le Mennonite Central Committee et d’autres organisations anabaptistes réagissent à la crise en RDC, et la CMM a aidé à coordonner la communication entre les différentes agences. Dans un projet appelé Opération Bon Samaritain, les mennonites de Kikwit qui ont peu d’argent pour apporter des secours ont ouvert leurs maisons pour accueillir des survivants qu’ils ne connaissent même pas.

    Nous avons rencontré un médecin congolais mennonite épuisé qui soigne des personnes déplacées à Kikwit et qui nous a raconté combien il était difficile ou impossible d’obtenir des médicaments de première nécessité.

    Il y a plus de 400 tribus en RDC, ce qui crée des tensions même chez certains anabaptistes. Mais l’amour pour tous que nous avons vu à Kikwit est un modèle pour l’église mondiale. Francisca Ibanda, de Kinshasa, représentante régionale de la CMM pour l’Afrique de l’Ouest, a déclaré : « Ce n’est pas un problème d’avoir des tribus, parce que dans le Christ, les tribus peuvent travailler ensemble. Nous pouvons aimer même les personnes qui sont de tribus censées être ennemies. »

    un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par le président J. Nelson Kraybill


  • Comme les quatre cavités du cœur, les quatre commissions de la CMM servent la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diacres, foi et vie, paix et mission. Les commissions préparent du matériel à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils et proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux ou des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous, une des commissions communique un message de leur ministère.


    « Un membre souffre-t-il? Tous les autres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur? Tous les autres partagent sa joie » (1 Corinthiens 12/26).

    « Cette visite m’a aidé à me rendre compte que nous faisons partie d’une grande famille mondiale. Maintenant nous savons que nous ne sommes pas seuls! »

    Voici ce que nous avons entendu lors d’une visite de la Commission Paix et la Commission Diacres de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) à l’église des Frères mennonites du Panama.

    Lorsque vous affrontez des problèmes qui menacent votre mode de vie traditionnel, il n’y a rien de plus important que de savoir que vous n’êtes pas seul. Savoir que des frères et sœurs prient – même s’ils ne vous connaissent pas personnellement – cela peut faire la différence entre abandonner ou persévérer avec espoir, en faisant confiance à Dieu.

    « Nous ne demandons pas qu’on nous résolve nos problèmes. Tout ce que nous vous demandons c’est de raconter notre histoire et de prier pour nous. »

    Être diacre pour la CMM ne consiste pas à donner une aide financière ou créer des programmes d’aide humanitaire. Les diacres, cheminent avec les églises, écoutent, pa

    rtagent et prient avec les églises dans la souffrance et dans la joie. Nous nous sentons si impuissants parfois, mais nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir de cheminer ensemble, d’écouter et de prier.


    Les membres d’église prient pour un

    enfant malade au Panama. Photo : Henk Stenvers.

    « La Commission Diacres doit être la main tendue de l’église mondiale. » En 2009, Danisa Ndlovu, alors président de la CMM, prononça ces mots durant la première réunion de la commission au Paraguay. Une main sur ton épaule pour montrer que d’autres se préoccupent pour toi, pour sentir la chaleur de l’unité avec ceux qui partagent les mêmes convictions. Même si nous vivons dans des contextes très différents, que nous exprimons notre foi de manière très différente et que nous avons des histoires différentes, nous savons que nous sommes unis les uns aux autres par la foi. Grâce à notre désir de suivre le Christ, nous faisons partie d’un seul corps, celui du Christ.

    Le Fond de Partage de l’Église Mondiale soutient des églises dans les pays du sud dans leurs projets pour améliorer la vie et la mission de l’église. Il peut être très important pour une église d’avoir son propre bâtiment pour le culte ou de construire une école. La force

    symbolique de reconstruire après la destruction due à un désastre ou à la violence est inimaginable. Ce qui est important c’est former une communauté – locale et mondiale.

    Comme l’écrit Paul aux Corinthiens, les membres du corps sont un, même s’ils sont différents. Ils sont interdépendants ; si l’un manque, le corps n’est pas complet (1 Corinthiens 12 :14-25).

    La communauté mondiale est comme l’église de Pimpimsu, au Ghana. Nous avons visité cette petite église dans la soirée, après la tombée de la nuit. Un par un, les gens arrivèrent à l’église pour nous donner la bienvenue. Et tous apportèrent une lampe avec eux. Chaque fois que quelqu’un entrait, l’église s’illuminait un peu plus. Lorsque l’église fut remplie, il faisait grand jour à l’intérieur grâce à toutes ces petites lampes.

    C’est cela la communauté. Si vous n’êtes pas là, l’église est un peu plus sombre. Que l’on soit ensembles physiquement à l’assemblée ou spirituellement par la prière, nous pouvons être les témoins du message de paix merveilleux de Jésus. Si vous n’êtes pas là, vous nous manquez, parce que la lumière est moins forte !

    La Commission Diacres veut être un outil pour soutenir cette communauté. Rejoignez-nous sur le chemin aux côtés de notre famille anabaptiste mondiale au travers du Réseau de prière de la CMM.*

    —Henk Stenvers est secretaire de la Commission Diacres de la CMM.

    *En 2016, la Commission Diacres à relancer un Réseau de prière par courriel, suite au succès des initiatives de prières à l’Assemblée de 2016. Le Réseau de prière enverra par courriel de quatre à cinq prières tous les deux mois. Des courriels supplémentaires pourraient aussi être envoyés lorsqu’un appel urgent à la prière se fait entendre. Les courriels sont disponibles en anglais, en espagnol ou en français. Si vous souhaitez partager un sujet de prière ou une prière avec nous, écrivez-nous à prieres@mwc-cmm.org.

    Vous aimez ce que vous lisez ? Saviez-vous que vous pouvez aider la CMM à écrire et diffuser ces histoires venant d’anabaptistes partout dans le monde ? Cliquez ici pour faire un don.