Catégorie : De Nos Responsables

  • Il y a 10 ans, la Conférence Mennonite Mondiale annonçait ma nomination au poste de Responsable des Opérations. J’ai immédiatement reçu des emails de divers pays, dont le Paraguay et le Zimbabwe, de la part de personnes que je ne connaissais pas encore et qui me souhaitaient une chaleureuse bienvenue dans la famille de la CMM.

    Trois ans plus tard, lorsque ma mère est décédée, j’ai à nouveau reçu des messages venant des quatre coins du monde. Cette fois-ci, il s’agissait de messages de condoléance et de soutien. 

    Être trésorier à la CMM, c’est bien plus que de faire des calculs. Même si c’est mon métier, je ne me suis jamais considéré comme un comptable classique, et il est devenu évident très rapidement, que le poste de trésorier en chef à la CMM n’était pas classique non plus !

    Lorsque j’ai commencé ma carrière, j’avais une idée assez claire de ce qui m’attendait en exerçant le métier de comptable, mais je n’aurais jamais pu imaginer ce que la trésorerie de l’Église mondiale me réservait.

    L’ordre du jour de nos réunions annuelles comprenait des visites dans les paroisses locales pour rencontrer ceux et celles qui forment l’Église dans les régions qui accueillent nos réunions. On nous racontait comment Dieu agit dans ces paroisses. Bien sûr, on parlait également des finances de l’organisation, mais ce n’était qu’une partie infime de notre travail.

    En repensant au temps que j’ai passé à la CMM, je réalise que c’était un privilège d’avoir pu rencontrer tant de personnes merveilleuses et d’avoir pu louer notre Dieu avec elles. Je garde un souvenir ému de ces rencontres à Taïwan, en Suisse, en Colombie, en Indonésie, en Allemagne et au Costa Rica, mais celle qui m’a le plus marquée a eu lieu lors des réunions du Conseil général au Kenya, en 2018. 

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    Au Kenya, en 2018, les délégués de la Conférence Mennonite Mondiale et les membres d’une paroisse mennonite locale louent tous ensemble.
    Photo : fournie par Len Rempel

    Un dimanche matin, nous nous sommes rendus au culte d’une petite paroisse près de Kisumu, à côté du lac Victoria. Nous étions une quarantaine de délégués du Conseil général et d’employés de la CMM. Au début, nous étions bien plus nombreux que les membres de la paroisse, mais au fur et à mesure que la matinée avançait, le petit bâtiment s’est rempli. Les derniers arrivés ont dû assister au culte depuis l’extérieur.

    Nous avons tous chanté ensemble, écouté la Parole et une prédication vivante. On se présentait les uns aux autres. Nous formions un mélange culturel et linguistique étonnant, rassemblé par l’Esprit de Dieu.

    J’ai eu le privilège de pouvoir apporter quelques mots durant le culte. J’ai lu un passage d’Apocalypse 21 en disant que ce mélange d’êtres humains, rassemblés sous ce même toit de tôle dans la campagne kényane, c’était un avant-goût de ce qui est à venir.

    On ne m’avait jamais parlé de ce genre de « réunion de travail » dans ma formation en comptabilité et je n’aurais pas cru que ma carrière m’amènerait là, mais je remercie Dieu de m’avoir guidé dans cette aventure incroyable.

    Aujourd’hui, je quitte mon rôle de trésorier pour un poste de pasteur dans une paroisse locale. On pourrait penser que c’est un changement radical, mais en réalité c’est la suite logique. En suivant l’appel de Dieu, je ne quitte pas l’Église mondiale : je garderai toujours dans mon cœur les personnes et les églises que j’ai rencontré tout au long de mon parcours. 

    —Len Rempel a été Responsable des Opérations de la Conférence Mennonite Mondiale de janvier 2011 à avril 2021.    

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    Len Rempel (centre) avec pastor Peter Okello et diacre Peter Ongogo de Kenya Mennonite Church. Photo fournie par Len Rempel

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    Len Rempel est le trésorier de la CMM – et parfois aussi le photographe non-officiel. 
  • La Conférence Mennonite Mondiale a engagé un premier dialogue officiel avec l’Alliance baptiste mondiale en1989. Depuis, la CMM a entre tenu des conversations avec la Fédération luthérienne mondiale, les adventistes du septième jour, les catholiques et, plus récemment, avec les catholiques et les luthériens dans le cadre d’un dialogue trilatéral de cinq ans. En raison de la valeur de ces dialogues, la Commission Foi et Vie a élaboré ce document pour permettre aux conférences nationales des églises et aux assemblées locales de la CMM de mieux comprendre le fondement théologique de l’hospitalité œcuménique, et pourquoi nous pensons que ces conversations sont conformes aux valeurs anabaptistes. Le document a été approuvé comme ressource pédagogique de la CMM par le Conseil Général de Limuru, au Kenya, en avril 2018. 


    Lorsque nous parlons de l’Église mondiale du Christ dans le contexte de la Conférence Mennonite Mondiale, la première lettre de Paul à l’église de Corinthe apporte un élément de référence utile. Au chapitre 13, qui traite du thème de l’amour, Paul reconnaît que toute connaissance humaine–même chrétienne, théologique ou confessionnelle, est limitée. En faisant de la théologie, nous connaissons seulement « en partie » (1 Corinthiens 13/9), nous voyons la vérité « dans un miroir » (1 Corinthiens 13/12). Notre connaissance et notre capacité à comprendre sont toujours influencées par notre point de vue. Dans la présence éternelle de Dieu, ce sera différent (1 Corinthiens 13/12). Mais pour l’instant, nous devons nous contenter de cela. Dans nos trajectoires d’êtres humains, limitées parle temps, l’espace et nos cinq sens, notre connaissance est toujours partielle et notre compréhension de la Vérité est façonnée par notre contexte et notre point de vue personnel.

    C’est pourquoi nous devons être prévenants, patients, empathiques et, surtout, aimants avec les autres. « Les prophéties, dit Paul, elles seront abolies… Ê présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse…Ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc ces trois-là demeurent : la foi, l’espérance et l’amour. Mais l’amour est le plus grand. » (1 Corinthiens 13/8-13)

    Ainsi, chaque fois que des chrétiens de traditions théologiques différentes se rencontrent et dialoguent, nous devons le faire dans l’esprit des trois grandes vertus chrétiennes qui de meurent. Paul note également qu’en tant que chrétiens nous parlons différentes langues – littéralement et aussi sur le plan de nos identités théologiques, de nos développements historiques et de nos contextes variés. « Il y a je ne sais combien d’espèces de mots dans le monde, écrit Paul, et aucun n’est sans signification. Or, si j’ignore la valeur du mot, je serai un barbare pour celui qui parle, et ce lui qui parle sera pour moi un barbare. » (1 Corinthiens 14/10-11)

    Ce sont de véritables limitations. Mais reconnaître cela peut aussi devenir une expérience libératrice – je suis libre de réaffirmer mon identité et mon point de vue, car « c’est le seul que j’ai ». Mais je suis également libre de reconnaître la possibilité que les autres aient leurs propres compréhensions, leur propre point de vue, leurs propres limites historiques et contextuelles. Et c’est aussi libérateur de savoir que tout cela peut se faire dans l’esprit et le pouvoir de « la foi, l’espérance et l’amour ».

    1. Nous avons besoin d’une identité de confession chrétienne

    On peut déplorer la scission de l’église chrétienne en autant de confessions et de traditions. Mais cette réalité, après 2000 ans de christianisme, n’est pas forcément une mauvaise chose, tant que nous nous souvenons de la prière du Seigneur pour l’unité des chrétiens dans Jean17. En effet, les identités confessionnelles peuvent être utiles et aussi nécessaires :

    1.1. Aucune église ou confession n’est capable de saisir toute la richesse de Dieu; la diversité est essentielle pour construire l’unité. Pour que le corps fonctionne bien, l’œil doit être un œil; l’oreille doit être une oreille; la main doit être une main (1 Corinthiens 12/15-20). Si ces différences sont abolies, le corps ne peut pas survivre.

    1.2. Tout au long de l’histoire, les confessions ont contribué à appliquer la règle de l’Évangile à des situations spécifiques. Par exemple, à une époque où l’église était riche et mêlée à la politique, les franciscains voulaient vivre radicalement les paroles de Jésus dans le Sermon sur la montagne. Ê une époque où certains chrétiens payaient pour le pardon des péchés, Luther a redécouvert l’Évangile de la grâce gratuite. Les anabaptistes ont osé insister sur la pratique biblique du baptême volontaire et de la non-violence, rompant avec le statu quo adopté par les églises d’État catholiques et protestantes, même au prix de sévères persécutions et d’exils. Les méthodistes ont surgi à une époque où un réveil était grandement nécessaire; et les pentecôtistes sont apparus dans un contexte de discrimination raciale et de rigidité institutionnelle.

    1.3. Les confessions chrétiennes apportent des correctifs : à ses débuts, chaque confession a émergé pour corriger des problèmes spirituels ou éthiques dans l’église. C’est pourquoi les confessions doivent rester flexibles. Ce qui était vrai et nécessaire à un moment donné peut devenir mauvais et inutile dans un contexte historique ou culturel différent. C’est arrivé au peuple d’Israël avec le serpent d’airain : un symbole du salut pendant un temps qui deviendra plus tard un objet d’idolâtrie. C’est pourquoi les confessions doivent être ouvertes au renouveau – pour corriger ce qui ne va pas et aborder les éventuels manques bibliques – si elles veulent rester fidèles à l’esprit de leurs mères et de leurs pères fondateurs.

    1.4. Chaque confession est porteuse de dons et de grâces spécifiques qui doivent être partagés au bénéfice de tous. Le « banquet » chrétien interconfessionnel est un véritable et merveilleux cadeau pour l’Église mondiale parce que nous pouvons apprendre tellement les uns des autres : l’érudition des jésuites, par exemple, ou le style de vie simple des franciscains ; le mysticisme centré sur le Christ de Meister Eckhart, de Jean de la Croix et de Gerhard Tersteegen ; le zèle pour la mission, l’éducation chrétienne et la spiritualité des piétistes ; le biblisme, la non-violence et les convictions de l’église des croyants anabaptistes ; sola fide, sola gratia et sola scriptura des luthériens ; la souveraineté et la gloire de Dieu de la tradition calviniste ; la « méthode » chrétienne des méthodistes ; l’évangélisation personnelle des baptistes ; le discernement communautaire des quakers ; la simplicité des amish ; la dimension transcendantale du pouvoir divin des pentecôtistes ; le royaume « inversé » des communautés latino-américaines, etc.

    Par conséquent, ce n’est pas l’uniformité, mais la diversité qui contribue à l’édification du corps unique du Christ (Éphésiens 4/1-16).

    2. Nous avons besoin d’une œcuménicité centrée sur le Christ

    Les églises et les confessions ne doivent pas rester seules et isolées les unes des autres. Elles ont besoin de l’hospitalité et du dialogue interéglises.

    2.1. Les églises devraient célébrer le corps unique du Christ. Éphésiens4/4-6 nous rappelle qu’il n’y a qu’un seul Esprit, un seul espoir, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême et un seul Père divin. Quand le Christ reviendra, les gens de « toutes les nations, tribus, peuples et langues » s’uniront pour former une communauté de louanges pour l’accueillir (Apocalypse 7/9). D’autres passages des Écritures affirment qu’il n’y a qu’une seule « épouse de l’Agneau » (Apocalypse 19,7), un « peuple de Dieu » (1 Pierre 2/9-10), une «famille spirituelle » (Galates 6/10), un «corps du Christ » (Romains 12/5), un « royaume des cieux » (Matthieu 16/19). Au-delà là de l’histoire des confessions chrétiennes, l’Église est une unité existentielle unie par sa rédemption dans le Dieu trinitaire.

    2.2. Cela signifie qu’en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes tous « frères et sœurs » . Éphésiens 3/14-15 nous informe que notre parenté commune avec Dieu fait de nous une famille. Le dicton « vous pouvez choisir vos amis, mais vous ne pouvez pas choisir votre famille » est valable pour les relations interéglises : quiconque appartient à Christ est mon frère ou ma sœur. D’un point de vue éternel, il n’y a pas de « cousins germains », de « cousins au second degré » ou de « parents éloignés » dans la « maison de Dieu ».

    2.3. Des églises et des traditions distinctes peuvent potentiellement se compléter. Romains 12/4-5 et 1 Corinthiens12/12-20 insistent sur le fait que les membres d’un même corps sont différents, mais que leur diversité permet au corps de fonctionner comme il se doit. Bien s√ªr, tous les membres ne sont pas égaux par leur nature et leur fonction : une tête coordonne un travail divin. Pourtant, pour que le corps fonctionne, les différences entre les membres sont essentielles. Personne ne peut négliger un autre membre du corps de Christ comme s’il pouvait se passer de lui. Personne ne possède tous les dons nécessaires. Le corps est bien plus qu’une oreille, une bouche ou des yeux. C’est vrai aussi bien pour l’église locale que pour le parcours commun de différentes traditions chrétiennes.

    2.4. Les églises sont appelées à s’entraider et à se construire l’une l’autre. Les membres faible sont besoin des forts ; et il y a des moments où la faiblesse ou la vulnérabilité d’un membre du corps révèle le caractère du Christ. Comme l’écrit Paul, « même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires, et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur. » (1 Corinthiens 12/22-23)

    Conclusion

    Dans la famille de Dieu (ecumene), nous devons être prêts à vivre une « diversité réconciliée » , en étant à la fois courageux en revendiquant l’héritage et la contribution de notre confession, et humbles en reconnaissant que notre compréhension est limitée.

    Toute vérité que Dieu a placée dans les différentes confessions et leur histoire doit être entendue, préservée et articulée. Les minorités ne devraient pas être dominées par les majorités. Alors même que nous reconnaissons la diversité comme saine, il y a aussi un besoin d’humilité. Dans nos histoires confessionnelles spécifiques, tout n’est pas bon, biblique et agréable à Dieu. De nombreuses divisions auraient pu être évitées. Maintes mémoires doivent être guéries. De nombreuses condamnations appellent à la repentance et à la réconciliation. Les péchés et les erreurs du passé doivent être confessés et pardonnés. Après tout, l’Église a reçu le ministère de la réconciliation (2 Corinthiens 5/18-19). Et si notre témoignage veut être crédible pour le monde qui regarde, le travail de réconciliation doit commencer dans la « maison de Dieu » (Ephésiens 2/19). S’engager pour le ministère de réconciliation prendra sans doute plusieurs formes. Dans certains cas, cela peut signifier une unité complète et formelle dans tous les aspects de la vie d’église ; avec d’autres groupes, il peut s’agir simplement d’une unité fonctionnelle, dans laquelle nous acceptons de collaborer sur un nombre limité d’initiatives. Mais dans tous les cas, notre orientation ecclésiale ira dans le sens de la réconciliation plutôt que dans celui d’une identité ancrée principalement dans nos différences.

    Alfred Neufeld Friesen d’Asunción(Paraguay), est président de la Commission Foi et Vie de la CMM, et ancien de l’Église des frères mennonites. Il est président de l’Universidad Evangélica del Paraguay (université protestante) (au moment de la rédaction de cet article).


    «Œcuménicité» est compris ici comme une tendance et une bonne volonté à l’égard du dialogue et de la coopération avec les autres confessions chrétiennes ou traditions d’église. Le mot « œcuménicité » provient du grec oikos (maison) et menein (habiter) et équivaut à « l’entière famille chrétienne qui habite dans la maison de Dieu. »

    1 Corinthiens 13/12 : « dans un miroir » – signifie littéralement « comme une énigme » du grec ainigmati.



    23 juillet 1955–24 juin 2020  

    La Conférence Mennonite Mondiale (CMM) a perdu Alfred Neufeld Friesen, auteur prolifique, théologien, historien, enseignant et grande influence dans le domaine de la théologie anabaptiste au niveau mondial. Il est décédé le 24 juin 2020 à Münster, en Allemagne où il était hospitalisé pour un cancer du foie et des problèmes rénaux.

  • Les attaques terroristes ont déplacé 700 000 personnes au Burkina Faso, pays d’Afrique de l’est. Beaucoup disent que ce dont ils ont le plus besoin, c’est de prières. 

    « Seul Dieu peut nous aider à trouver une solution ; elle ne viendra pas des forces armées, » déclare un gouverneur provincial à Bobo-Dioulasso. Il s’est exprimé lors d’une réunion de 150 responsables religieux et civiques à l’occasion de la visite de la Conférence Mennonite Mondiale.

    Les membres de la délégation, Siaka Traoré du Burkina Faso, Jürg Bräker de Suisse, Jean Paul Pelsy et Didier Bellefleur de France, et Nelson Kraybill des États-Unis se sont rendus sur place du 17 au 24 février 2020 au nom de la Commission Diacres. L’Africa Inter-Mennonite Mission était également représentée dans la délégation par Léonard Kiswangi de République Démocratique du Congo et le Comité Central Mennonite s’est chargé de la logistique.

    Depuis 2016, les pasteurs et les églises du Burkina Faso ont subi des attaques mortelles. Mais les mosquées, les communes, la police, les écoles et d’autres lieux de cohésion sociale ont également été ciblés. Deux cent mille enfants sont déscolarisés et la famine menace car les agriculteurs ne sont plus en mesure de semer ou de récolter.

    Respect pour la diversité 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    Le porte-parole du président de la communauté musulmane à Bobo-Dioulasso a déclaré lors de la réunion que les membres de sa communauté voulaient la paix. Le respect de la diversité est au cœur de l’Islam. La diversité est un moyen d’expression du Créateur. Dieu veut que nous soyons tous différents mais unis. »   

    Il a remercié les mennonites pour leur soutien et a cité Ésaïe 58, « Le jeûne tel que je l’aime, (…) c’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés ».

    Lors d’une autre réunion les pasteurs mennonites ont expliqué que la violence avait diminuer la confiance entre les gens. Les églises doivent être vigilantes car des espions se font passer pour des sympathisants. Abdias Coulibaly, président de l’Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso, témoigne : « Avant nous pouvions organiser les activités d’église librement. Mais maintenant il faut prendre en compte la sécurité ». Certaines paroisses se réunissent uniquement dans les maisons.

    Souffrir ensemble

    Siaka Traoré en s’adressant aux autres membres de la délégation, dit : « Vous avez risqué vos vies pour venir nous apporter votre soutien. Si un membre du corps souffre, tous les membres souffre avec lui. » 

    Les visiteurs de la CMM ont entendu à maintes reprises que la crise n’est pas due principalement au conflit entre musulmans et chrétiens. Certaines attaques sont attribuées aux extrémistes islamistes mais d’autres sont liées à la criminalité dérivée du trafic de stupéfiant ou de la traite de personnes. Le chômage élevé rend les jeunes plus vulnérables aux idéologies radicales.

    Outre les rencontres avec les pasteurs mennonites, la délégation s’est entretenue en privé avec les hauts responsables de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME), à Ouagadougou. Elle a pu également échanger avec l’archevêque catholique romain et avec le Mogho Naba (empereur) du peuple Mossi. Peuple qui représente 40 pourcents de la population du pays.

    Acte d’amour 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    L’empereur a reçu la délégation assis sous un arbre majestueux dans son palais. « Les feuilles de l’arbre au-dessus de vos têtes apportent des paroles de paix, de réconciliation, d’harmonie, de pardon et d’amour. Les Écritures disent que les fruits de l’Esprit de Dieu sont l’amour, la joie et la paix. Nous servons Jésus, le Prince de la Paix et nous voulons à la même chose que vous. »

    La délégation a remercié l’empereur pour son travail de réconciliation dans le soutien qu’il a apporté à l’insurrection populaire en 2015 et lui a promis qu’elle prierait pour lui. L’empereur a répondu en langue mòoré : « Merci d’être venus dans notre pays. Cet acte d’amour montre que vous êtes vraiment des hommes selon Dieu. »  

    Lorsque la délégation s’est entretenue avec l’archevêque, elle a cité un proverbe africain : un seul doigt ne ramasse pas la farine. Les doigts et les mains doivent tous travailler ensemble pour préparer un repas tout comme les croyants de différentes traditions religieuses et culturelles doivent travailler ensemble.  

    Il a fait remarquer que les armes ne sont pas fabriquées dans son pays, elles proviennent d’ailleurs. « Nous appelons la communauté internationale à nous aider à y mettre fin. »

    Commencer avec la prière

    Les membres de la délégation ont été impressionnés par les responsables religieux et civiles, déterminés à collaborer pour la paix, par le courage des responsables mennonites et par le fait que tout le monde semble conscient des racines spirituelles de la violence.

    Pour Jürg Bräker, « dans les sociétés occidentales, la prière est souvent symbolique et les gens veulent seulement aller ‘agir pour de vrai’. Ce n’est pas par là que les Burkinabais commencent. »

    —Un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par J. Nelson Kraybill, président de la CMM.

     

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    African women in dresses sing

  • Comme les quatre cavités du cœur, les quatre commissions de la CMM servent la communauté mondiale des églises anabaptistes dans les domaines suivants : diacres, foi et vie, paix et mission. Les commissions préparent du matériel à l’intention du Conseil Général, donnent des conseils et proposent des ressources aux églises membres et facilitent le travail des réseaux ou des fraternités de la CMM qui œuvrent ensemble sur des questions et des préoccupations d’intérêt commun. Ci-dessous, une des commissions communique un message de leur ministère.


    « Un membre souffre-t-il? Tous les autres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur? Tous les autres partagent sa joie » (1 Corinthiens 12/26).

    « Cette visite m’a aidé à me rendre compte que nous faisons partie d’une grande famille mondiale. Maintenant nous savons que nous ne sommes pas seuls! »

    Voici ce que nous avons entendu lors d’une visite de la Commission Paix et la Commission Diacres de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) à l’église des Frères mennonites du Panama.

    Lorsque vous affrontez des problèmes qui menacent votre mode de vie traditionnel, il n’y a rien de plus important que de savoir que vous n’êtes pas seul. Savoir que des frères et sœurs prient – même s’ils ne vous connaissent pas personnellement – cela peut faire la différence entre abandonner ou persévérer avec espoir, en faisant confiance à Dieu.

    « Nous ne demandons pas qu’on nous résolve nos problèmes. Tout ce que nous vous demandons c’est de raconter notre histoire et de prier pour nous. »

    Être diacre pour la CMM ne consiste pas à donner une aide financière ou créer des programmes d’aide humanitaire. Les diacres, cheminent avec les églises, écoutent, pa

    rtagent et prient avec les églises dans la souffrance et dans la joie. Nous nous sentons si impuissants parfois, mais nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir de cheminer ensemble, d’écouter et de prier.


    Les membres d’église prient pour un

    enfant malade au Panama. Photo : Henk Stenvers.

    « La Commission Diacres doit être la main tendue de l’église mondiale. » En 2009, Danisa Ndlovu, alors président de la CMM, prononça ces mots durant la première réunion de la commission au Paraguay. Une main sur ton épaule pour montrer que d’autres se préoccupent pour toi, pour sentir la chaleur de l’unité avec ceux qui partagent les mêmes convictions. Même si nous vivons dans des contextes très différents, que nous exprimons notre foi de manière très différente et que nous avons des histoires différentes, nous savons que nous sommes unis les uns aux autres par la foi. Grâce à notre désir de suivre le Christ, nous faisons partie d’un seul corps, celui du Christ.

    Le Fond de Partage de l’Église Mondiale soutient des églises dans les pays du sud dans leurs projets pour améliorer la vie et la mission de l’église. Il peut être très important pour une église d’avoir son propre bâtiment pour le culte ou de construire une école. La force

    symbolique de reconstruire après la destruction due à un désastre ou à la violence est inimaginable. Ce qui est important c’est former une communauté – locale et mondiale.

    Comme l’écrit Paul aux Corinthiens, les membres du corps sont un, même s’ils sont différents. Ils sont interdépendants ; si l’un manque, le corps n’est pas complet (1 Corinthiens 12 :14-25).

    La communauté mondiale est comme l’église de Pimpimsu, au Ghana. Nous avons visité cette petite église dans la soirée, après la tombée de la nuit. Un par un, les gens arrivèrent à l’église pour nous donner la bienvenue. Et tous apportèrent une lampe avec eux. Chaque fois que quelqu’un entrait, l’église s’illuminait un peu plus. Lorsque l’église fut remplie, il faisait grand jour à l’intérieur grâce à toutes ces petites lampes.

    C’est cela la communauté. Si vous n’êtes pas là, l’église est un peu plus sombre. Que l’on soit ensembles physiquement à l’assemblée ou spirituellement par la prière, nous pouvons être les témoins du message de paix merveilleux de Jésus. Si vous n’êtes pas là, vous nous manquez, parce que la lumière est moins forte !

    La Commission Diacres veut être un outil pour soutenir cette communauté. Rejoignez-nous sur le chemin aux côtés de notre famille anabaptiste mondiale au travers du Réseau de prière de la CMM.*

    —Henk Stenvers est secretaire de la Commission Diacres de la CMM.

    *En 2016, la Commission Diacres à relancer un Réseau de prière par courriel, suite au succès des initiatives de prières à l’Assemblée de 2016. Le Réseau de prière enverra par courriel de quatre à cinq prières tous les deux mois. Des courriels supplémentaires pourraient aussi être envoyés lorsqu’un appel urgent à la prière se fait entendre. Les courriels sont disponibles en anglais, en espagnol ou en français. Si vous souhaitez partager un sujet de prière ou une prière avec nous, écrivez-nous à prieres@mwc-cmm.org.

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