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  • Anabaptistes et pentecôtistes

    Dans le Profil Anabaptiste Mondial*, on peut lire : « Le pentecôtisme est l’expression du christianisme qui se développe le plus rapidement dans le monde, et les anabaptistes ne sont pas étrangers à cette réalité. »

    Les anabaptistes du monde entier en font l’expérience en pratiquant une expression de foi que César García, secrétaire général de la CMM, appelle « le mennocôtisme ».

    Aujourd’hui, de nombreux anabaptistesmennonites combinent une théologie centrée sur le Christ et un accent sur le travail pour la paix par une approche spontanée dirigée par l’Esprit, souvent associée au pentecôtisme et aux mouvements charismatiques.

    Cependant, le dynamisme de ces églises à la croissance rapide peut causer un certain malaise lorsque leur expansion semble se faire au détriment de leur propre famille.

    Que signifie la croissance du pentecôtisme pour les anabaptistes ?

    « Dans notre siècle, le pentecôtisme est très proche de ce qu’était l’anabaptisme au XVIe siècle », écrit C. Arnold Snyder dans Anabaptist History and Theology

    L’anabaptisme a été façonné et modelé par des vagues de renouveau. On trouve les ‘re-baptisants’ passionnés et audacieux du XVIe siècle, les réveils piétistes chez les mennonites dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine, l’influence du Renouveau de l’Afrique de l’Est des années 1930 sur Kanisa la Mennonite en Tanzanie et l’Église mennonite du Kenya, la naissance de Jemaat Kristen Indonesia (JKI) au sein d’un mouvement de prière des jeunes, l’épanouissement de l’église Meserete Kristos en Éthiopie dans les années 1980 malgré la persécution politique.

    « Les mouvements pentecôtistes et les renouveaux charismatiques font une expérience similaire à celle que nous avons vécue en tant qu’anabaptistes-mennonites : une nouvelle lecture commune de la Bible, l’inspiration, la liberté, la joie », dit Bernhard Ott, doyen du Bienenberg, un institut biblique mennonite en Suisse.

    Mais « l’ouverture à l’action de Dieu est aussi liée à l’incertitude et au manque de contrôle », dit-il. Le processus d’institutionnalisation ne favorise pas la spontanéité, pour le meilleur ou pour le pire. Les vagues de renouveau anabaptiste ont développé la théologie, la formation, la réflexion critique et par là même ont perdu une certaine ouverture. »

    Mais « l’ouverture à l’action de Dieu est aussi liée à l’incertitude et au manque de contrôle », dit-il. Le processus d’institutionnalisation ne favorise pas la spontanéité, pour le meilleur ou pour le pire. Les vagues de renouveau anabaptiste ont développé la théologie, la formation, la réflexion critique et par là même ont perdu une certaine ouverture. »

    Qu’apporte le mouvement pentecôtiste naissant aux anabaptistes ?

    « Il offre la possibilité de revenir à nos racines charismatiques et de nous ouvrir à ce que le Saint Esprit veut accomplir dans nos assemblées locales, sans perdre notre identité anabaptiste », ajoute Pedro Calix.

    Neal Blough observe que le culte de style pentecôtiste est plus proche du monde nonoccidental que les formes rationnelles des courants suisses ou russes de l’anabaptisme. Professeur émérite d’histoire de l’Église à la Faculté Libre de théologie évangélique en France, il fait partie d’une paroisse urbaine d’Europe mais qui est influencée par des personnes du reste du monde. « Dans quelle mesure est-ce théologique et dans quelle mesure est-ce culturel ? » demande-t-il.

    « Les cultes pentecôtistes et charismatiques sont plus physiques, expressifs, vivants, joyeux, et cela correspond à ce que je connais des habitants du Sud. »

    Pour l’église Frères Mennonite du Brésil, le départ des paroisses de la conférence anabaptiste stagnante pour se tourner vers des mouvements pentecôtistes à la croissance rapide a amené les responsables à réaliser que c’était en fait une opportunité.

    « Nous voyons dans les Écritures que l’Église primitive était dirigée par le SaintEsprit. Nous aimons la Parole de Dieu. Pourtant, nous ne savions pas ce que signifie que d’être conduits par le SaintEsprit », explique Rodrigo Justino, un pasteur Frère Mennonite du Brésil, qui étudie la théologie au Canada. Comme les deux mouvements se sont rencontrés en étudiant, « les Frères Mennonites du Brésil ne sont pas pentecôtistes, mais ne sont pas seulement anabaptistes. Nous sommes un mélange des deux. »

    « Les pentecôtistes apportent de l’émotion, mais ce n’est pas une émotion facile, c’est une manifestation d’affection profonde. Les pentecôtistes rendent leur dimension spirituelle [à l’orthopraxie] : c’est la puissance de Dieu, la puissance de l’Esprit qui nous transforme ; nous ne pouvons pas le faire par nous-mêmes », déclare Bernhard Ott. « Et nous pouvons donc apprendre beaucoup. »

    Les anabaptistes-mennonites sont connus pour leur focalisation théologique sur la manière de vivre (orthopraxie).

    L’éthique peut devenir un fardeau sans la puissance du Saint-Esprit ; nous avons besoin de « puissance spirituelle concernant la vision anabaptiste », dit Bernhard Ott. Les perspectives pentecôtistes peuvent aider à rappeler aux anabaptistes-mennonites notre théologie du règne de Dieu qui est ‘déjà-et-pasencore’. La puissance de Dieu se manifeste aujourd’hui, pas seulement dans l’avenir.

    Dans la mesure où l’Église est un lieu de transformation sociétale et un promoteur de paix et de justice, elle est signe du règne de Dieu.

    Quelles sont les difficultés ?

    Les églises anabaptistes-mennonites d’Amérique latine sont très influencées par le pentecôtisme. « Voici certains aspects négatifs : la liturgie est souvent basée sur des passages bibliques sorties de leur contexte, ce qui se perçoit dans les cantiques ; il y a un fort accent sur la ‘guerre spirituelle’, ou sur la théologie de la prospérité », explique Pedro Calix

    Rodrigo Justino note qu’au Brésil, les pentecôtistes « ne se concentrent pas sur les critères d’autorité – ils se concentrent sur les dons. Ils ne peuvent nier que les femmes ont des dons pastoraux : prophétesses, évangélistes. Cependant, les plus hautes responsabilités sont données aux hommes.

    Les églises pentecôtistes s’appuient souvent sur la spiritualité du fondateur ; une dynastie se développe. « Il peut y avoir un problème lorsque certains s’accrochent au pouvoir », dit Rodrigo Justino.

    « En Indonésie, la passion du fondateur de JKI pour le service orienté sur la prière et dirigé par l’Esprit a imprégné le mouvement ; ses racines mennonites sont moins évidentes » dit Rony Kristanto, pasteur du synode mennocôtisme JKI.

    Une croissance rapide peut amener un manque d’enracinement théologique. Les mouvements pentecôtistes peuvent devenir « aussi vastes que l’océan mais aussi peu profonds qu’une flaque d’eau », explique Rodrigo Justino. « Ils peuvent devenir la proie d’autres mouvements. Nous [les anabaptistes] pouvons apporter notre aide dans le domaine de la théologie. Ils [les pentecôtistes] peuvent nous aider à discerner la voix de l’Esprit, ce que signifie vivre par la foi. Pour commencer quelque chose, vous n’avez pas besoin d’argent ni de structure ; vous n’avez besoin que de foi et de courage pour prêcher. Tout le reste, c’est le Seigneur qui le donne. C’est une leçon très importante. »

    Le pentecôtisme se caractérise toujours à certains égards par l’expérience de la nouveauté, des signes et des prodiges, vécue par la première génération.

    « Chaque mouvement protestant connaît ce processus cyclique », dit Neal Blough. « Ceux qui font partie de nouveaux mouvements doivent penser en termes de théologie, réaliser qu’ils ne sont pas les premiers à être chrétiens et observer comment d’autres ont géré les changements pour devenir plus structurés et apprendre d’eux. »

    La rencontre de jeunes Unlimited Fire. Photo : Ebenzer Mondez

    Quels dons les anabaptistes ‚Äì maintenant un mouvement mature ‚Äì et le mouvement pentecôtiste encore jeune et en développement pourraient-ils avoir l’un pour l’autre ?

    « Le don du service, de la solidarité du discipulat et de l’enseignement » dit Pedro Calix.

    « Nous voulons tous que le règne de Dieu vienne dans ce monde », déclare Rony Kristanto.

    « Les pentecôtistes essaient de concrétiser et de manifester le salut par la guérison, le salut et les bénédictions physiques‚Ķ ce qui se produit ici et maintenant. »

    Ce témoignage du salut, cette bonne nouvelle, n’est pas pour le ciel, dans l’avenir, mais ici et maintenant. « En Indonésie, un problème est que les gens n’ont pas la sécurité sociale, donc la guérison physique est très importante pour eux. »

    Les premiers membres de JKI ont suivi cet exemple. « Cela a commencé par la prière. Chaque fois qu’ils se rendaient dans une région [pour exercer un ministère], ils priaient pour cette région », explique Rony Kristanto.

    « L’engagement social ne peut être séparé de l’expérience charismatique du Saint-Esprit », dit-il. Les mennonites travaillent aussi avec les pauvres et les opprimés, mais pour les pentecôtistes, il ne s’agit pas seulement d’une aide sociale, mais de réaliser leur vision, avec la prière,‚Ķ dans un combat spirituel ».

    « Nous devons chanter les cantiques les uns des autres », déclare Neal Blough, faisant référence au travail de Janie Blough qui étudie et enseigne ce qui concerne les cultes. « Nous devons nous ‘chanter les uns les autres’, n’avoir pas qu’une seule source d’inspiration. »

    Les mennonites peuvent s’inspirer du dynamisme des cultes pentecôtistes pour avoir plus de vitalité, mais la tradition anabaptiste considère que la formation de disciples est un processus plus profond que de la musique émotionnelle et un sermon. « Les anabaptistes-mennonites ont quelque chose à offrir en matière d’humilité et de communauté », dit Neal Blough. « Le discipulat et l’éthique sont également des correctifs utiles à un mouvement qui a tendance à être trop individualiste. »

    Il observe un engagement ≈ìcuménique croissant de la part des pentecôtistes, qui recherchent l’expérience d’autres églises pour devenir plus structuré en tant que mouvement en pleine maturation.

    Les mennonites anabaptistes peuvent apporter des correctifs aux pentecôtistes pour ne pas mettre l’accent seulement sur l’émerveillement et la puissance, mais aussi sur l’éthique ‚Äì la manière de vivre, le témoignage pour la paix, dit Bernhard Ott. « La Parole et les actions ont toujours fait partie de la théologie et de la pratique anabaptistes-mennonites. Le mouvement pentecôtiste apporte l’expérience de la puissance de Dieu. C’est un bon défi‚Ķ. Les mennonites peuvent parler aux pentecôtistes si l’approche devient trop unilatérale. »

    Le professeur de théologie à la retraite Claude Baecher remarque qu’il y a un intérêt pour l’histoire et la théologie anabaptistes dans sa région en France.

    « √ätre proche, présent, voire fraternel avec ces Églises me semble aussi important que d’être engagé dans les cercles ≈ìcuméniques. Il faut le faire avec une forte approche biblique centrée sur le Christ. Il faut éviter un jugement (spirituel) trop rapide et être présent avec des outils pédagogiques : histoire anabaptiste, exégèse, éthique, théologie pratique, théologie centrée sur la paix, dialogue », dit-il.

    Et le faire avec humilité. Au Brésil, aux prises avec un schisme possible entre les paroisses plus anciennes et conservatrices des Frères mennonites et les nouvelles paroisses se référant plus directement au Saint Esprit, les responsables ont trouvé un moyen de s’en sortir en mettant ensemble l’accent sur l’humilité. « Nous avons lutté avec notre fierté, nos ressentiments [à propos du départ des membres]. Nous saisissions toutes les occasions et nous nous protégions des menaces », dit Rodrigo Justino.

    Il s’agit de ce que Dieu peut faire en ce qui concerne la gr√¢ce », dit-il encore. » Il faut suivre Jésus avec humilité. Quand vous décidez de le faire, c’est beau. Ce n’est plus vous et moi, nous et eux, cela commence à être Nous. Nous travaillons ensemble. »

    ‚ÄîKarla Braun est rédactrice en chef de Courrier et écrivaine pour la Mennonite World Conference. Elle vit à Winnipeg, Canada.

    * Le Profil Anabaptiste Mondial (GAP), une vaste enquête de trois ans portant sur 24 unions d’églises membres de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM). Lire la suite : https://mwc-cmm. org/fr/stories/faire-grandir-lunite-une-occasionexceptionnelle


    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2022 de Courier/Correo/Courrier.
  • En République dominicaine, le Dimanche de la Fraternité anabaptiste mondiale (19 janvier 2020), des mennonites sont descendus dans la rivière pour prier. L’église évangélique mennonite de Saint-Domingue a célébré la famille anabaptiste à travers le monde et aussi localement en utilisant le matériel de culte fourni par la CMM et en célébrant des baptêmes. Vingt-deux personnes ont exprimé leur désir de suivre Jésus et s’engager dans la famille chrétienne locale – et internationale.

    En même temps, dans toute la République dominicaine, les membres des 75 assemblées locales mennonites ont commémoré les baptêmes de George Blaurock, Conrad Grebel et Felix Manz en 1525.

    L’anabaptisme a été introduit dans les Caraïbes à partir des années 40 par des missionnaires mennonites américains. Aujourd’hui, il y a des unions d’églises mennonites membres de la CMM à Cuba, en République dominicaine, en Jamaïque et à Porto Rico. L’union d’églises des quatre paroisses de Trinité-et-Tobago est membre associé, et des groupes de paroisses se référant aux anabaptistes sont réparties sur d’autres îles.

    Suit un aperçu des églises membres de la CMM dans les Caraïbes.

     

    Cuba

    Implantation et multiplication 

    Au début des années 1950, des missionnaires anabaptistes des États-Unis sont arrivés à Cuba : les Frères en Christ à Cuatro Caminos, près de La Havane, et les mennonites (Franconia Conference) près de Cardenas.

    Les Frères en Christ ont évangélisé les villages et ont commencé des cours bibliques et des classes d’école du dimanche. L’Église a été officiellement déclarée en 1954. Les missionnaires mennonites ont développé une stratégie d’autofinancement, d’autoadministration et d’auto-propagation de l’Évangile. Ils n’ont pas demandé que les églises soient déclarées officiellement.

    Depuis 1959, avec le succès de la révolution, les 55 églises déclarées et de nombreuses autres non déclarées ont continué de fonctionner, mais seules quelques nouvelles inscriptions ont été acceptées depuis la fin des années 1990. Après 1959, les missionnaires nord-américains ont quitté le pays, ainsi que de nombreux responsables de paroisses cubaines. Mais des responsables cubains comme Juana M. García se sont levés pour continuer à servir les paroisses des Frères en Christ (Iglesia de Los Hermanos en Cristo, Cuba) malgré les difficultés.

    En 1992, la constitution cubaine a changé : d’un État athée le pays est devenu un État laïc. Ce changement a entraîné une croissance rapide des églises, en particulier des évangéliques. Divers groupes sont venus à Cuba à la suite de cette évolution. Aujourd’hui, l’Église des Frères en Christ est la seule église anabaptiste déclarée à Cuba. La plupart de ses 100 assemblées sont des églises de maison. Plus de 700 petits groupes fonctionnent à côté des paroisses organisées. Il existe un centre de formation au leadership à Palmira (Cuba) ; le MCC et l’Église Frères en Christ du Canada participent à la formation des pasteurs et des responsables. Un autre groupe mennonite, aux environs de Holguin et de Santiago, est proche de l’Union d’églises conservatrices mennonites de Rosedale, Ohio (États-Unis). Le travail original initié par la Franconia Conference se poursuit également. Ces deux groupes mennonites relativement petits sont des témoins actifs de l’Évangile dans leur région. Aucun des deux groupes n’est officiellement déclaré auprès du gouvernement.

    Difficultés 

    Les groupes liés à l’anabaptisme cubain se développent. Ils ont besoin de formation et de soutien au leadership. iIs travaillent sur les questions de l’identité anabaptiste. Il leur est difficile d’obtenir des terrains pour des bâtiments d’église.

    L’évêque des Frères en Christ, Luis Bermudez Hernandez, dit que la révolution a été un don pour les chrétiens : elle a créé les conditions favorables au développement des églises de maison, où il est facile d’inviter les voisins. Cette stratégie a entraîné une croissance spectaculaire.

    République dominicaine 

    Implantation

    La Conferencia Evangélica Menonita Dominicana Inc. a commencé à l’initiative de l’Evangelical Mennonite Church de Fort Wayne, Indiana (aujourd’hui Fellowship of Evangelical Churches). En 1946, cette église a envoyé des missionnaires : Omar et Laura Sutton et Lucille Rupp. Ils se sont installé dans le sud-est du pays, dans un petit village appelé El Cercado. Peu après leur arrivée, Omar Sutton, d’autres hommes et quelques membres de l’église naissante, ont construit le premier aqueduc au village, qui a apporté un grand changement à la vie de ses habitants.

    En septembre 1949, deux couples de République Dominicaine sont arrivés pour remplacer Omar et Laura Sutton. D’autres responsables d’église se sont joints au travail de terrain d’implantation d’églises. L’objectif était de créer 25 églises et d’avoir 1000 membres avant l’année 1967.

    Multiplication

    En 1970, la direction à l’échelle du pays était solide, aussi le ministère de Evangelical Mennonite Church a été transféré au comité exécutif de la Conferencia Evangelica Menonita Inc, dans un accord appelé l’Accord de Monte Río, signé à Azua.

    Il y a différentes unions d’églises anabaptistes en République Dominicaine : Consejo Menonita Dominicano, Faro Divino (membre de la CMM), Menonitas Conservadores, Iglesia de Dios en Cristo Menonita et Conferencia Evangélica Menonita Dominicana Inc.

    Difficultés 

    L’une des principales difficultés pour les églises est de préserver la bonne doctrine qui nous vient du mouvement anabaptiste radical du XVIème siècle, fondé sur le principe de rester fidèle à la parole de Dieu, quelles qu’en soient les conséquences. Une autre grande difficulté est de continuer à semer la parole de Dieu parmi la population dominicaine en hommage à notre symbole patriotique. En effet, nous sommes la seule nation dont le drapeau montre une bible, ouverte sur le passage de Jean 8/32 : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ».

    La formation des responsables est aussi problématique. Les pasteurs étudient au séminaire mennonite ou à l’université évangélique dominicaine, mais la plupart doivent travailler en dehors de l’église pour avoir un salaire.

    La plus grande contribution des anabaptistes dominicains c’est la formation de membres prêts à être de véritables serviteurs là où ils vivent. Aussi il y a une grande présence d’anabaptistes dans toutes les organisations chrétiennes d’entraide en République dominicaine.

    Notre vision et notre espoir pour l’avenir : continuer de développer la vision anabaptiste. Faire émerger de nouveaux leaders qui pourront remplacer génération actuelle. Renforcer nos églises en conservant ou en augmentant le nombre de membres.

    Jamaïque

    Implantation

    David H. Loewen et son épouse Anna – General Conference Mennonite Church –, originaires du Manitoba (Canada), se sont rendus en Jamaïque. « Le Seigneur nous a dit qu’un poste missionnaire devrait être ouvert en Jamaïque ou à Cuba », déclare Anna Loewen. Les Loewen ont été convaincu que c’était la Jamaïque, et ils y ont emménagé en 1954.

    Mahlon Blosser, Myron Augsburger et Warren Metzler (de Virginia Mennonite Mission) ont rencontré les Loewen lors d’une visite exploratoire en Jamaïque et rapidement commencé à y travailler.

    Après des conversations et des préparatifs, l’assemblée a reçu 15 membres par confession de foi et 11 par baptême le 10 juillet 1955. Ces baptêmes, célébrés dans le port de Kingston, marquent la naissance de la Jamaica Mennonite Church (JMC).

    √Ä la fin des années 1970, les missionnaires étrangers n’obtenaient plus de permis de travail, si bien que toutes les paroisses sont désormais dirigées par des pasteurs et des laïcs locaux.

    Multiplication

    Aujourd’hui, les assemblées de la JMC organisent des réunions d’évangélisation en plein air dans des régions où il n’y a pas d’églises. Elles diffusent des émissions radio hebdomadaires de 15 minutes ‚ÄòLe Chemin de la Vie’, qui présentent l’Évangile et apportent du réconfort. Elles soutiennent un dispensaire périodique avec du personnel médical qualifié qui donne des soins aux mamans et aux bébés, s’occupe des vaccinations, prend la tension artérielle et fait le dépistage du diabète. Avec l’approbation du gouvernement, deux paroisses s’occupent de crèches et quatre pasteurs servent de conseillers d’orientation dans les écoles locales.

    L’Église Mennonite de Jamaïque (JMC) a des relations fraternelles avec l’Église Mennonite de Trinité-et-Tobago (MCTT) et la Virginia Mennonite Conference (VMC).

    Difficultés

    La Jamaïque totalise le plus grand nombre de paroisses par kilomètre carré de tous les pays du monde : plus de 1 600 représentant 438 dénominations déclarées, pour une population d’environ 2,8 millions d’habitants. Pourtant, [aujourd’hui] il y a moins de personnes qui choisissent de se former en théologie ou d’être responsable de paroisse.

    Le mouvement vers les villes à la recherche de formations et d’emplois vide les églises rurales, et l’influence du Canada, de l’Angleterre et des États-Unis entrent parfois en conflit avec ce qui serait bon pour les Jamaïcains.

    Mission

    L’Église Mennonite de Jamaïque, par la puissance de l’Esprit Saint, s’est engagée à honorer et glorifier Dieu par le culte et la piété, par l’étude de la Parole de Dieu, par son style de vie et la communion fraternelle, par l’évangélisation et les actions pour la paix.

    Porto Rico 

    Implantation et multiplication

    La Convención de las Iglesias Menonitas de Puerto Rico, Inc. (CIMPR) est l’organisation qui représente et conduit les églises mennonites de Porto Rico. La CIMPR a été fondée en 1943, lorsque l’Église mennonite américaine cherchait un moyen de « servir et édifier » plutôt que de participer à la Deuxième Guerre mondiale. C’est dans cette optique qu’en 1943, plusieurs mennonites arrivèrent dans le quartier de La Plata du village de Aibonito pour travailler sur des projets concernant l’agriculture, la santé et le secteur social.

    Leurs témoignages touchèrent de nombreuses personnes qui donnèrent leurs vies à Dieu. C’est ainsi que la fraternité de La Plata commença. Grâce à la clinique, les cultes d’évangélisations, l’école du dimanche, les cours bibliques d’été et les témoignages personnels, l’église a fait connaitre l’Évangile.

    Elle a demandé le soutien du Mennonite Mission Network à Elkhart, Indiana, qui envoya des missionnaires pour mettre en place les premières paroisses. En 1946, l’assemblée locale Betania vit le jour dans le quartier Pulguillas de Coamo ; puis, en 1947, celle de El Calvario dans le quartier de La Plata à Aibonito : ensuite, en 1948, l’assemblée locale Esmirna dans le quartier Coamo Arriba de Coamo ; et enfin, en 1949, celle Palo Hincado dans le quartier du même nom à Barranquitas.

    En tout, 16 paroisses rassemblant 900 membres sont fondées dans l’île. Aujourd’hui, 12 fonctionnent toujours.

    Difficultés 

    L’Église mennonite de Porto Rico fait face à différents problèmes : par exemple la nécessité de créer de nouvelles paroisses pour augmenter sa présence sur l’île ; l’influence d’autres doctrines qui nous mettent au défi de discerner et d’affirmer notre identité commune et notre unité en tant qu’Église du Christ. Il faut remarquer que cette influence a aussi enrichie la vie et la mission mennonite de diverses manières. L’Église mennonite anabaptiste a grandement contribué au développement de l’agriculture, de l’élevage et de l’éducation. Mais son héritage est surtout d’avoir répandu l’évangile et démarré dont beaucoup aujourd’hui sont devenues des hôpitaux.

    Avec la bénédiction de Dieu et la puissance du Saint Esprit, l’Église mennonite de Porto Rico continuera de tracer un chemin et de surmonter les difficultés pour répandre l’évangile de Christ.

    Des membres de l’Église mennonite de Chaguanas, à Trinidad,
    distribuent des cadeaux et des Bibles dans leur communauté
    le matin de No√´l dans le cadre de leur ministère d’évangélisation.
    Photo: Galen Lehman

    Trinité-et-Tobago

    Les mennonites sont arrivés à Trinité pour la première fois dans les années 1960 et ont diffusé des émissions de radio et procuré des soins médicaux aux personnes atteintes de la maladie de Hansen (lèpre). La première assemblée locale de l’Église mennonite de Trinité a vu le jour en 1974. Au fil des ans, la Virginia Mennonite Mission a envoyé des missionnaires, mais les 5 paroisses qui composent l’Église aujourd’hui ont des responsables locaux..

     

    Contributeurs:

    Juan Carlos Colón, modérateur, Convención de las Iglesias Menonitas de Puerto Rico, Inc.

    William Broughton, président, Église Mennonite de Jamaïque

    Robert J Suderman, retraité, Mennonite Church Canada

    Ainsi que : GAMEO, VMM

     

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier. Cliquez ici pour lire d’autres articles de ce dossier.

  • ‘Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes?;’ (Acte 2/17).

    L’évêque Kisare était assis près du grand arbre où les premiers missionnaires mennonites avaient embarqué, il y a 70 ans.

    J’ai demandé à ce cher frère « Qu’est-ce qui s’est passé ici sur la colline de Katuru il y a des années ? »

    Lorsqu’il qu’il répondit, des larmes coulèrent sur ses joues « Vous faites allusion au jour où le feu de Dieu est tombé sur la colline de Katuru, n’est-ce pas ? ».

    « Ce jour-là, Dieu m’a touché, et il a commencé son travail de transformation dans mon âme. C’est ce jour-là que j’ai reçu mon appel à être ministre de l’Évangile. C’est un jour que je n’oublierai jamais.

    Jésus m’a touché et il m’a transformé. Les gens contournaient la colline de Katuru car la rumeur s’était répandue dans les villages : tous ceux qui s’approcheront seront brûlés, car le feu de Dieu brûle sur la colline de Katuru. » 

    Des enfants évangélistes

    C’était en 1942. Ce dimanche d’août, le feu de Dieu est tombé sur la nouvelle église mennonite de la colline de Katuru à Shirati.

    L’assemblée locale a fait l’expérience du feu dévorant de Dieu : toute la journée et pendant la nuit, les gens se repentaient en pleurant. Wilson Ogwada et Nikanor Dhaje, (12 ans) qui fréquentaient l’école primaire de Shirati, ont éprouvé une telle compassion pour ceux qui ne connaissaient pas Jésus qu’ils ont quitté l’école pour prêcher l’Évangile.

    Ils sont devenus les premiers missionnaires mennonites africains itinérants. Ils ont persévéré bien qu’ils aient été battus au moins une fois. Ils ont prêché dans les régions frontalières entre le Kenya et la Tanzanie.

    Une revivaliste qui a de bonnes jambes

    Dans la providence de Dieu, Rebeka Kizinza, surnommée ‘Speedy’ (rapide) a ouvert sa maison à la frontière du Kenya aux évangélistes tanzaniens. Elle pouvait facilement faire vingt-quatre kilomètres par jour à pied pour servir le Seigneur. Sa rapidité lui a permis de tisser des liens entre les revivalistes kenyans et tanzaniens.

    Le ministère du Saint-Esprit est mystérieux. ‘Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.’ (Jean 3/8), a déclaré Jésus. C’est ce qui s’est passé dans ce mouvement de renouveau en Afrique de l’Est.

    Un enseignant repentant

    Ceux d’entre nous qui s’intéressent aux dates et aux lieux font probablement remonter le début du réveil à un professeur de lycée du Rwanda, Blasio Kigozi, qui a passé 12 jours dans la prière et le jeûne pour que le Saint-Esprit se répande sur les étudiants, le personnel et les enseignants.

    Quand Blasio est sorti de sa chambre, c’était un homme transformé. D’abord, il a demandé pardon à sa femme, puis il a convoqué tous les professeurs et membres du personnel pour annoncer que le Seigneur lui avait révélé qu’il fallait se repentir. Toute l’école a été touchée. Les évêques anglicans de Kampala ont invité Blasio à les rencontrer?; ils furent aussi touchés par un profond désir de repentance. Six semaines plus tard, Blasio est tombé malade et est décédé. Mais son message a continué à se répandre à travers l’Afrique de l’Est.

    Les fruits du réveil

    Les mennonites ne furent pas oubliés par l’effusion puissante du Saint-Esprit.

    Le réveil, c’était un peuple qui aimait Jésus et qui s’aimait les uns les autres. Dès le début, les responsables s’assurèrent que le réveil allait se poursuivre. Tous les pays d’Afrique de l’Est ont été touchés par le réveil de diverses manières, et il se poursuit encore aujourd’hui.

    1. Le réveil est centré sur Jésus-Christ. Les réunions régulières sont centrées sur Jésus. Tout le monde savait que les revivalistes aimaient Jésus. Qu’ils se rassemblent par milliers ou seulement à quelques-uns, les revivalistes se rencontrent au nom de Jésus, et Jésus les rencontre.
    2. La confession des péchés, la repentance et la vie à la lumière de Jésus sont essentielles. La confession des péchés et la célébration du sang purificateur de Jésus font partie de chaque rassemblement. 1 Jean 1/7 résume les engagements fondamentaux de la communauté de réveil : ‘Mais si nous marchons dans la lumière comme lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché’.
    3. Les revivalistes exerçaient leur ministère avec ferveur. On parlait d’eux comme de personnes passionnées pour Jésus, les ‘Balokole’.
    4. C’étaient des communautés joyeuses. Il s’y trouvait des personnes de beaucoup de tribus et de nations de toute l’Afrique de l’Est, ressemblant à l’image d’Acte 2/5‚6 : ‘Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. √Ä la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue.’

    Ce mouvement a formé la communauté intertribale la plus authentique d’Afrique de l’Est. Son désir spirituel de relations intercommunautaires a été un élément clé dans les efforts pacifiques visant à résoudre les conflits politiques au Kenya. Il a également introduit le principe de recevoir et de donner des conseils.

    Le réveil, facteur de réconciliation

    De petites équipes de Balokole se sont rendues occasionnellement en Afrique du Sud pour demander une solution politique pacifique. Il est étonnant de voir que ce réveil qui a commencé avec des étudiants s’est développé jusqu’à ≈ìuvrer pour la réconciliation, et ce, même face aux défis les plus difficiles sur la voie de la paix.

    Au fur et à mesure que grandissait la communauté, beaucoup en Occident, y compris aux États-Unis, ont été profondément touchés par la grâce du Christ proclamée par le Réveil. Dans les années 1930 et 1940, le légalisme des mennonites était destructeur?; les messages remplis de grâce des mennonites d’Afrique de l’Est donnaient la vie. Des groupes de revivalistes se sont répandus dans plusieurs communautés nord-américaines, apportant des encouragements et une nouvelle vie.

    Le peuple de l’Agneau

    Le mouvement de réveil d’Afrique de l’Est n’a pas voulu devenir une communauté confessionnelle. Ses membres sont restés dans les églises déjà établies. Mais cela ne signifie pas que les revivalistes n’avaient pas d’identité propre.

    Dans la région de l’Afrique de l’Est en pleine tourmente politique, les Balokole ont été reconnus comme un peuple de paix. On les appelait le ‘Peuple de l’Agneau’, des personnes qui avaient donné leur vie pour Jésus.

    Très t√¥t, au Kenya et en Ouganda, ainsi qu’au Burundi et au Rwanda, les conflits tribaux ou internationaux ont semé le trouble dans le mouvement. Les revivalistes ont refusé de participer à ces conflits violents. Des centaines de personnes sont mortes en témoignant que Jésus est l’Agneau de Dieu.

    √Ä plusieurs reprises dans l’histoire tumultueuse du Kenya après l’indépendance, les mennonites ont défendu avec fermeté le Peuple de l’Agneau, déclarant qu’ils s’engageaient pour la guérison des nations et non leur destruction.

    —David W. Shenk est un mondialiste. Son témoignage fidèle au Christ dans notre monde pluraliste l’a conduit dans plus de cent pays et régions. David est auteur, missionnaire, enseignant, prédicateur. Avec sa femme Grace, il s’est engagé particulièrement pour la paix avec les musulmans. Il est né en Afrique de l’Est et est membre de la paroisse mennonite de Mountville (États-Unis).

    Il a pris la parole lors de Renouveau 2027, ‘Le Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya), le 21 avril 2018. Cet article a été adapté à partir de sa présentation.


  • « L’avion ! L’avion ! » C’est comme cela que commençait un programme télévisé que je regardais quand j’étais enfant à Bogota. Il s’agissait d’une île où quiconque y arrivait pouvait réaliser tous les vœux qu’il désirait. « L’Isle de la Fantaisie », c’était son titre.

    Il est tout à fait possible de vivre sur l’île de la fantaisie aujourd’hui, d’espérer que tous nos désirs matériels s’accomplissent. De nombreuses publicités à la télé disent : « Vous aimeriez avoir ceci ou cela ? Alors tout ce que vous avez à faire c’est… » Les stratégies de marketing, les réseaux sociaux, les médias et même les églises plantent en nous des désirs déguisés en besoins qui n’existaient pas auparavant.

    Notre vie de consommation est importante pour Dieu. Notre mode de vie – et ce que nous consommons – porte toujours un message. Jésus lui-même nous met en garde contre les risques que nous courons en ce qui concerne les choses matérielles. Les posséder – ou ne pas les posséder – peut produire un empressement et de l’anxiété et peut même conduire à déplacer Dieu. Comme il est difficile de faire la distinction entre les besoins réels, les envies et le superflu !

    Dans notre tradition anabaptiste, nous croyons que la façon dont nous gérons l’argent et ce que nous consommons est profondément spirituelle. C’est pourquoi le concept de « simplicité » s’est développé très tôt dans nos communautés. « Vivre simplement » suppose un mode de vie opposé à ce que nos sociétés enseignent la plupart du temps. L’une des personnes qui m’a profondément marqué était membre de nos églises du Canada. En tant que propriétaire d’une grande entreprise, il avait décidé de limiter son salaire de patron et de faire don des bénéfices supplémentaires de sa société à des projets d’églises. Sa vie était un exemple concret de rejet de l’accumulation matérielle et de choix de la simplicité !

    Cependant, j’ai également rencontré dans nos églises des gens qui ont une mauvaise compréhension de ce qu’est la « simplicité ». Vivre simplement est parfois assimilé avec la pauvreté. Cependant, tous les pauvres ne mènent pas une vie simple et donc les pauvres aussi doivent faire ce choix de mode de vie. Il différent de vivre dans la simplicité parce que l’on a décidé de vivre ainsi et de vivre de la sorte parce qu’il n’y a pas d’autre choix.

    Vivre simplement peut parfois être parfois confondu avec le manque de propreté et d’ordre. Vouloir paraître simple mène parfois à la négligence personnelle, à la saleté, au désordre et au mauvais goût. Cependant, vouloir apparaitre simple ne conduit pas nécessairement à faire des économies. Comme c’est spécial de rencontrer des personnes qui pratiquent un style de vie simple qui attire par son sens esthétique, par son ordre et sa propreté !

    Un vie de simplicité englobe beaucoup de choses. Cela a à voir avec notre gestion du temps et notre utilisation de l’argent. Elle nous enseigne que, effectivement, le moins peut le plus. La pratique d’une vie simple affecte nos priorités, le recours aux prêts, le but de l’épargne, la façon dont nous gérons notre travail et les temps de repos. Elle nous invite à la générosité et à réévaluer l’idée de « posséder ». La vie simple a trait à la protection de l’environnement, qui à son tour est liée au développement durable, au commerce équitable, à l’agriculture biologique et au recyclage, entre autres choses.

    Dans ce numéro de Courrier, nous avons voulu nous pencher sur ce dernier aspect : La protection de l’environnement. Au cours des derniers mois, beaucoup de nos églises ont souffert dû à des catastrophes naturelles. Sans aucun doute, ce que nous faisons pour satisfaire nos désirs

    consuméristes finit par affecter négativement des sociétés entières dans d’autres parties du monde et les membres de notre propre famille spirituelle qui y habitent.

    C’est l’une des raisons pour lesquelles nous devons nous rappeler que le contraire d’une vie simple c’est l’individualisme, l’égocentrisme et le consumérisme. Tous ces ‘-ismes’ renforcent l’idée que nous sommes la chose la plus importante sur terre, nous éloignant de Jésus et de son message de compassion ; un message qui nous invite à nous centrer sur les autres ; une compassion qui s’étend et englobe toute la création.

    Vivre dans la simplicité et avec compassion ne devrait pas faire l’objet d’une loi. Jésus ne nous appelle pas à établir une liste universelle de ce qu’il faudrait porter, dépenser ou consommer. Ce n’est pas pareil de vivre simplement à la campagne qu’à la ville, ce n’est pas la même chose de vivre simplement dans le Monde Majoritaire que dans le Monde Minoritaire. Nous devons prendre ces décisions selon chaque contexte. Il appartient à chaque église, dans son environnement, de discerner et de décider, en s’appuyant sur le Saint-Esprit et en dialogue avec les autres communautés de foi, ce que signifie pratiquer une vie simple dans son contexte particulier. Ma prière est que ce numéro de Courrier puisse servir à ce que nous continuions de croître dans cet effort.

    —César García, secrétaire général de la CMM, travaille au siège social de Bogotá (Colombie)

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2018 de Courier/Correo/Courrier.