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  • Que le SEIGNEUR soit une citadelle pour l’opprimĂ©,

    une citadelle pour les temps de détresse !

    Qu’ils comptent sur toi, ceux qui connaissent ton nom,

    car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent, SEIGNEUR !

    Psaume 9.10–11

    Sœurs et frères bien-aimés

    La Colombie a subi un tremblement de terre de magnitude 7,4 sur l’échelle de Richter le 10 août 2026. La région de Chocó a été affectée, avec des effets ressentis de Bogota à certaines parties de la République de l’Equateur.

    Pereira et Cali, des villes comptant plusieurs communautés membres de la CMM, ont été particulièrement touchées. D’autres assemblées de frères mennonites réparties dans toute la région de Chocó ont été aussi affectées.

    Au moment de la rédaction de cet article, environ 130 morts ont été signalés, et ce chiffre devrait augmenter au fur et à mesure que les équipes de secours progressent et évaluent l’étendue des dégâts.

    Priez, s’il vous plait, pour nos églises et tous ceux qui sont touchés par la situation.

    Prions pour que les gens fassent preuve de générosité dans ce moment de crise. Que nos voisins, les équipes de secours et les fonctionnaires puissent coopérer, malgré leurs clivages, pour répondre aux besoins les plus urgents. Que les gens puissent, ensemble, pleurer la perte des vies humaines, des maisons, des moyens de subsistance.

    Prions pour le président nouvellement élu, Abelardo de la Espriella, alors qu’il doit faire face à ce désastre et ses conséquences.

    Que nos prières nous poussent à agir.

    Merci de rester attentif aux prochaines nouvelles de nos églises que nous donnerons bientôt.

    La Conférence Mennonite Mondiale compte 3 associations d’églises membres en Colombie, totalisant 70 assemblées et 3000 membres :

    • Iglesia Cristiana Menonita de Colombia (IMCOL),
    • Iglesias Hermanos Menonitas de Colombia (Mennonite Brethren – IHMC)
    • Iglesia Hermandad en Cristo (BIC).

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    Pablo Stucky
    Représentant régional, Amérique latine – Région Andine


    Prières urgentes et lettres pastorales

  • dialogue d’anabaptistes militants

    Mikhael Ardiyanto (à droite) et Zachary Shields (au centre) lors du 500e anniversaire de l’anabaptisme à Zurich, en Suisse, en compagnie de Camila Perez-Diener, participante au Sommet mondial de la jeunesse (GYS).

    Un chemin de résistance

    Cet article est adapté d’une conversation entre deux jeunes anabaptistes, menée à partir de questions posées par la rédactrice de Courrier. Ils y partagent leur compréhension de la solidarité et expliquent comment ils la mettent en pratique aujourd’hui.

    Je vis Ă  Langley, en Colombie-Britannique, au Canada et suis membre de la Langley Mennonite Fellowship.

    Je suis actuellement étudiant de licence en études sur la paix et les conflits à l’Université de la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, au Canada. J’ai également étudié pendant un an au Goshen College, dans l’Indiana, aux États-Unis. Actuellement, je crée, avec d’autres étudiants, un club pour la paix à l’Université de la vallée du Fraser.

    Je suis organisateur régional pour Mennonite Action Canada en Colombie Britannique et coordinateur de Young Adult Anabaptists for Peace (YAAP), une initiative née de discussions entre de jeunes mennonites adultes, qui a évolué pour devenir un groupe de travail de la Mennonite Church British Columbia, et qui milite pour que la Mennonite Church Canada s’engage auprès des jeunes adultes à l’échelle nationale.

    Je viens d’une petite ville (environ 800000 habitants) appelée Kudus, dans le centre de Java, en Indonésie.

    J’ai grandi dans la tradition anabaptistemennonite, mais la réalité que recouvre le terme « mennonite » là-bas est différente de celle que je connais aujourd’hui aux Pays-Bas.

    La théologie était au cœur de mes études de licence. L’année dernière, j’ai obtenu mon master en paix et traumatismes à la Vrij Universiteit (liée au séminaire mennonite d’Amsterdam, aux Pays-Bas). Actuellement, je travaille au Centre d’études sur la religion, la paix et la justice d’Amsterdam.

    Durant mon séjour ici, je participe également aux manifestations étudiantes et j’écris des articles liés à ce combat. Je participe aussi à la réalisation de documentaires sur l’injustice écologique en Indonésie, en collaboration avec Kerk in Actie (une organisation protestante néerlandaise d’aide humanitaire et de développement).

    Comment votre foi, votre culture et votre formation anabaptistes vous influencent-elles?

    La tradition anabaptiste a vraiment influencé ma façon de voir les questions sociales et les problèmes structurels.

    Quand j’étais enfant, on m’a toujours enseigné que ce qui distingue les mennonites, c’est que nous sommes une Église de paix. Chaque fois que je me présentais comme mennonite, cela suscitait souvent de l’admiration pour le mouvement pacifiste.

    Pourtant, les choses ne sont pas si simples. Nous avons tendance à comprendre la «paix» de manière réductrice : tant qu’il n’y a pas de violence apparente, on suppose que tout va bien. De plus, il y a souvent un fossé entre la façon dont la foi est comprise et la façon dont elle est vécue. Nous enseignons et apprenons beaucoup de choses, mais cela ne se traduit pas toujours dans les actes.

    En étudiant aux Pays-Bas, au sein d’une communauté diversifiée, j’apprends que la paix est toujours liée aux questions écologiques, à la violence domestique, à l’injustice liée au genre, etc.

    Nous (Mikhael & Zachary) avons fait connaissance l’année dernière à Zurich. Des gens étaient venus du monde entier pour le 500e anniversaire de l’anabaptisme. Nous nous reconnaissions tous comme membres de l’Église de paix. C’est quelque chose que nous partageons au sein du mouvement anabaptiste.

    Quand je parle à des amis chrétiens issus de milieux non mennonites, la paix n’est absolument pas abordée dans leurs Églises.

    Et pourtant, pour nous, que signifie la paix au-delà de « l’absence de guerre », au-delà de la doctrine ? Même dans notre propre tradition, nous parlons de paix mais nous ne parvenons souvent pas à l’incarner.

    Nous pouvons être réfractaires au conflit, ce qui est différent de la violence. En essayant d’éviter le conflit, nous créons des problèmes plus profonds qui deviennent néfastes sur les plans verbal, émotionnel et spirituel.

    Un cadre anabaptiste de la paix, du point de vue de la foi, guide tout ce que je fais, de ma vie quotidienne à mon travail professionnel en passant par le poste que j’occupe au sein de MC BC ; il s’agit de construire une paix positive bénéfique à tous.

    Une paix positive, c’est la solidarité entre les peuples à travers le monde ainsi que dans le contexte local.

    Mikhael, tu t’es spécialisé dans les traumatismes : comment penses-tu que la foi anabaptiste t’éclaire dans ce domaine d’étude ?

    Parfois, notre formation chrétienne entre en conflit avec nos cultures.

    Quand je suis arrivé aux Pays-Bas, j’ai pris conscience du traumatisme collectif que nous vivons en Indonésie en raison d’événements survenus dans le passé. En même temps, je peux en quelque sorte comprendre pourquoi cela se produit dans un contexte plus large. Je pense néanmoins qu’il existe d’autres façons d’aborder la question.

    Par exemple, le traumatisme peut se transmettre à la génération suivante. Il devient collectif lorsque la génération suivante se construit sur ce traumatisme. Les gens ne veulent pas parler de ce traumatisme, mais cela finit par perturber la société elle-même.

    S’efforcer de comprendre la paix au-delà de l’absence de violence : je pense que c’est là un défi mondial pour les anabaptistes.

    Ayant grandi dans l’Église, je pensais que la paix, c’était comme l’aide humanitaire, que la paix consistait simplement à lutter contre la guerre et les conflits à l’étranger.

    Mais souvent, les gens ignoraient les conflits au sein de l’Église. Les gens n’abordaient pas leurs propres traumatismes personnels, leurs traumatismes familiaux, les traumatismes de l’Église.

    Je pense qu’il est important que l’Église reconnaisse que nous avons des traumatismes qui entravent parfois notre capacité à tendre la main et à travailler avec des personnes d’horizons différents.

    Les gens ne sont peut-être pas physiquement violents, mais ils peuvent parler des autres dans leur dos.

    Lorsque nous nous engageons dans les enseignements de Jésus, nous trouvons la solidarité. Dans les Évangiles, Jésus s’asseyait avec des personnes de tous horizons. L’une des premières personnes choisies par Jésus pour répandre la bonne nouvelle était la femme au puits (Jean 4).

    Pour moi, ces récits fondamentaux ouvrent la voie au travail de solidarité.

    Il y a aussi mon propre défi. Quand nous apprenons beaucoup de choses, nous avons le sentiment d’avoir été appelé. Quand je vois ce que Jésus a fait dans la Bible, cela me donne l’envie d’agir.

    Mais en même temps, je réalise que je ne suis pas un messie, celui qui peut tout résoudre. Je veux être solidaire avec les autres.

    Je suis là, mais je ne suis pas le sujet de l’histoire. Le centre de l’histoire, ce sont les personnes qui œuvrent elles aussi pour réparer l’injustice. Mais même si nous travaillons ensemble, nous occupons des positions différentes en termes de privilèges.

    Quand nous disposons de connaissances et d’un peu de pouvoir pour faire la différence, nous ressentons un instinct salutaire d’aider. Ce n’est pas une mauvaise impulsion, mais nous devons y prêter attention et écouter.

    Par notre écoute, nous pouvons en quelque sorte développer une pratique semblable à la prière. Si je n’écoute pas les autres, comment pourrais-je espérer entendre les paroles de Dieu qui me guident ?

    Que penses-tu de la solidarité lorsqu’il s’agit de travailler avec des personnes qui traversent des moments difficiles : à quoi ressemble la solidarité pour toi ?

    Il est important de reconnaître que l’envie d’« aider » peut facilement s’éloigner de son intention initiale. L’impulsion en soi n’est pas mauvaise, mais sans la pratique d’une véritable écoute, le désir de s’impliquer peut se transformer en une tendance à dominer. Dans ce processus souvent inconscient, ceux qui devraient rester des sujets sont progressivement réduits à des objets, n’étant plus des compagnons de route, mais plutôt les destinataires de nos interventions.

    Mais le problème ne se limite pas à cela. Ce glissement risque également de mettre à rude épreuve les relations avec ceux qui vivent la réalité pour laquelle on se bat. Au lieu de se sentir partie prenante de la lutte, ils peuvent se sentir distanciés, voire déplacés.

    La solidarité, en ce sens, risque d’être perçue comme une intrusion — ou pire : comme une menace. À ce stade, la question est de savoir si nous sommes véritablement présents pour cheminer ensemble, ou si nous nous positionnons inconsciemment comme le centre ?

    Et plus encore : cela pourrait-il devenir, de manière insidieuse, une nouvelle forme de domination ?

    Établir des liens avec ceux qui sont différents de nous est fondamental pour ceux qui cherchent à s’engager dans la solidarité. Cela peut être une chose magnifique.

    Une partie de la solidarité consiste à laisser ces mondes différents se rencontrer. Nous avons besoin de « micro-réformes », non pas dans la foi, mais dans l’esprit.

    Lorsque vous découvrez que des intérêts communs se rejoignent véritablement, la paix et l’amour commencent à s’épanouir. Nous voyons les fruits de l’Esprit s’épanouir lorsque nous nous rassemblons, écoutons, nous engageons et entendons également les rêves d’avenir des personnes qui souffrent.

    Pensons aux premiers anabaptistes : ils discutaient de leurs problèmes, se réunissaient régulièrement, puis ont eu des révélations radicales et sont devenus mennonites, n’est-ce pas ?

    Lorsque les gens se rassemblent en groupes et parlent des questions qui leur tiennent à cœur, il est beaucoup plus difficile pour les empires et autres forces répressives de sévir.

    En pensant Ă  mon contexte en tant que mennonite en Colombie-Britannique, je constate que nous aimons organiser des repas-partage et chanter en quatuor.

    Cela a constitué un puissant outil de solidarité. Au sein de Mennonite Action, nous avons pu être solidaires en chantant et en partageant notre musique avec d’autres.

    Je pense que l’Esprit agit vraiment lorsque les gens utilisent leurs voix collectives pour dénoncer la violence et les atrocités. Que la paix et la justice jaillissent comme un torrent.

    La solidarité est quelque chose que nous construisons à travers des relations justes. Et je pense que c’est un effort à faire, car autrement, nous nous précipitons vers les solutions. Nous devons y parvenir, mais nous devons aussi apprendre à connaître les besoins de chacun.

    Lorsque l’écoute fait défaut au sein d’un mouvement, les actions collectives se réduisent souvent à de simples actes de violence, tandis que les manifestants s’enlisent dans des reproches et des accusations mutuelles.

    Ce pour quoi on se bat concerne les droits fondamentaux qui découlent de l’expérience même de l’injustice. Pourtant, dans la sphère publique, alors que l’espace d’écoute se rétrécit de plus en plus, ce qui émerge n’est pas seulement la suspicion ou la présence de « fauteurs de troubles », mais aussi le risque d’une méconnaissance plus profonde — voire d’une domination — de la part de ceux qui devraient être les sujets mêmes de la lutte ; comme si la lutte ne leur appartenait plus, mais venait d’ailleurs.

    Sans la volonté de se montrer vulnérable, c’est-à-dire le courage de s’ouvrir, d’écouter, d’apprendre et de désapprendre, cette situation ne fera que tourner en rond dans le même cycle d’incompréhension.

    Lorsque nous écoutons les autres, nous apprenons pourquoi ils agissent de telle ou telle manière. Nous pouvons découvrir qu’ils ont peur.

    Et nous désapprenons aussi. Après cela, il est possible d’avoir des conversations plus fructueuses.

    Parfois, quand nous essayons de lutter contre l’injustice tout seul, nous avons l’impression que le monde est tellement cruel. Comme si nous ne pouvions pas y échapper, comme si l’injustice était partout. C’est pourquoi j’essaie de trouver une communauté avec laquelle travailler.

    Quand nous descendons dans la rue, que nous mettons en place des structures, que nous rencontrons des gens d’horizons divers, nous avons une perspective différente. Nous pouvons partager, travailler ensemble. Et quand surgissent les questions, nous pouvons nous tourner les uns vers les autres et les poser.

    Et alors, nous ressentons de l’espoir.

    Ce n’est pas seulement une question de sentiment, mais d’être présent avec les autres, et eux aussi sont présents avec vous.

    Dans ma communauté mennonite, en particulier parmi les jeunes adultes, lorsque je parle des questions de paix et de justice, l’enthousiasme est palpable. Parler de solidarité est extrêmement mobilisateur.

    Les jeunes ont de l’énergie et veulent agir. Mais souvent, nous manquons d’expérience. Trouver ces moyens de travailler ensemble peut donc être stimulant pour les assemblées, d’une manière qui élargit véritablement la communauté ecclésiale, s’attaque à l’impuissance que ressentent les gens et les aide à grandir.

    Nous savons que l’Église peut être un lieu de transformation et je pense que nous avons besoin de cette Église transformatrice pour la paix dans le monde, en particulier pour ceux qui traversent des moments difficiles. Alors laissons l’énergie de l’Esprit qui anime les gens s’exprimer et créons des liens de solidarité.

    La solidarité n’est pas un acte solitaire. Parfois, on se sent paralysé, dépassé ; on ne peut pas tenir le coup tout seul.

    Tout commence toujours par la communauté.

    En Indonésie, nous avons le mot tongkrongan, un lieu de rencontre informel et décontracté. Les gens peuvent y échanger des idées dans une ambiance détendue.

    Le rassemblement en lui-même est important, car c’est là que nous commençons à nous connaître. L’atmosphère peut être tendue, mais lorsque nous partageons un repas, il y a de la place pour entamer des conversations.

    Lors de ce genre de rassemblement informel, la conversation peut aller de vos histoires personnelles à la situation politique, et la discussion peut prendre de l’ampleur. C’est une façon de partager pour transmettre ces histoires à d’autres.

    Quand nous ne trouvons pas d’espace pour aborder un sujet dans des lieux comme l’Église, ce genre de rassemblement informel pour partager des histoires devient une forme de résistance.

    Oui, tout cela nécessite de s’appuyer sur différentes personnes. Si vous n’êtes pas très à l’aise avec les médias ou la prise de parole en public, trouvez un ami qui puisse vous aider à parler de cette violence dans votre quartier dans une région du monde qui vous préoccupe vraiment.

    Et allez aussi à la rencontre de personnes qui ne font pas partie de votre Église. Un élément essentiel de la solidarité est que nous devons dépasser nos limites habituelles, même si cela nous met un peu mal à l’aise.

    En Indonésie, les discussions sur l’injustice structurelle risquent d’être perçues comme « trop politiques », et c’est précisément pour cette raison que l’Église a tendance à se distancier de ces débats.

    Mais quand je vois comment des personnes qui ne sont pas en situation de souffrance prennent conscience de leur condition privilégiée et du lien qui les unit à des structures qui perpétuent la violence, et qu’elles trouvent des moyens de protester dans leur propre contexte (par exemple, le plaidoyer de Mennonite Action pour la Palestine), cela m’encourage. Je peux aussi entrer en contact avec des gens pour défendre la cause de l’Indonésie de manière créative, même si je vis aux Pays-Bas.

    J’ai un message à adresser aux gens du monde entier. N’ayez pas peur d’élargir le champ d’action de l’Église dans votre travail de solidarité, d’élargir ce que signifie l’Église.

    C’est aussi ça la solidarité : l’effusion d’amour dans la coopération, le fait de travailler ensemble pour la paix, mais aussi d’écouter et de recevoir.

    Nous devons accueillir cette paix de la part des personnes confrontées à l’injustice, afin d’entendre quels sont leurs combats et de pouvoir ainsi œuvrer pour résoudre les problèmes qui les font souffrir.

    La solidarité commence par nos prises de conscience : ce que j’ai, ce que nous avons, ce que nous portons et à quel point nous sommes privilégiés.

    Mais il ne s’agit pas seulement de conscience de soi. À partir de ces prises de conscience, nous commençons à voir comment nos luttes croisent celles des autres, ce qui relie nos luttes à d’autres luttes.

    La solidarité, c’est quand je choisis de laisser la souffrance des autres me changer, me toucher. Et à partir de là, nous agissons ensemble, en défendant quelque chose de différent, en apprenant de nouvelles choses et en désapprenant les anciennes habitudes qui ne servaient à rien, et en marchant aux côtés des autres.

    *Retour au début

    « Pan y Paz » (pain et paix) est une initiative de l’Église mennonite colombienne. Son objectif est d’inviter les Églises locales, les personnes de bonne volonté et la société civile à réfléchir au lien entre justice économique et paix, ainsi qu’entre le bien-être fondamental des personnes et la possibilité d’une paix durable. Elle fait entendre au monde entier la voix de l’Église sur les enjeux cruciaux liés aux conflits et à la paix dans le pays. Photo: Anna Vogt

    Sommes-nous prêts à assumer le véritable coût de la solidarité ?

    Cet article est tiré d’une conversation entre deux personnes engagées de longue date dans la construction de la paix en Colombie, qui incarnent la solidarité par l’action, et Andrés Pacheco Lozano, président de la Commission paix.

    Je m’appelle Martha Inés Cortés. Depuis que j’ai entendu la bonne nouvelle, je suis membre de l’Église des frères mennonites de la ville de Cali, en Colombie. J’ai exercé la fonction de pasteure au sein de cette Église et je fais actuellement partie de l’équipe de direction de l’Iglesia Misión Jesucristo Luz y Vida.

    Je suis théologienne et gérontologue. J’ai étudié la théologie au Séminaire théologique baptiste ici à Cali, et j’ai également suivi des études sur la construction de la paix.

    Lorsque je parle de travail pour la paix, je l’aborde sous plusieurs angles, notamment la lutte contre la violence conjugale, la résolution des conflits dans les écoles et la prévention des abus sexuels envers les enfants et les jeunes.

    Je suis également la directrice de la Fondation Edupaz : Éducation pour la paix et la résolution des conflits. Depuis 14 ans, je m’engage en faveur de la paix au sein des écoles et des communautés locales.

    Je m’appelle Jenny Neme Neiva, je suis originaire de Bogotá.

    J’ai grandi au sein de l’Église catholique. J’ai été baptisée, j’ai fait ma première communion, j’ai été confirmée, etc. J’étais adolescente lorsque j’ai découvert pour la première fois l’Église mennonite de Colombie (IMCOL) et c’est à ce moment-là que je suis devenue mennonite.

    C’est par le biais du militantisme que j’ai découvert l’Église mennonite. Un mouvement social très fort a vu le jour dans les années 90 à la suite des modifications apportées à la Constitution colombienne. Parallèlement à cela est apparue une cause importante, en particulier parmi les jeunes, visant à faire reconnaître le droit à l’objection de conscience au service militaire obligatoire. Il y avait également un mouvement en faveur de la reconnaissance de la liberté religieuse. Ces deux droits ont été inscrits dans la nouvelle Constitution colombienne.

    Au début, j’ai trouvé étrange qu’une Église milite en faveur de ces changements, qui plus est au sein de l’Assemblée constituante nationale. Les groupes religieux n’avaient pas pour habitude d’intervenir dans ce genre de contextes en utilisant un langage religieux.

    Cela m’a incitée à en savoir plus, et c’est ainsi que je me suis retrouvée dans de nouveaux espaces de réflexion religieuse autour de questions sociopolitiques. C’était fascinant et cela a été pour moi une porte d’entrée vers l’Église.

    Parlez-moi de la solidarité que vous observez dans les contextes où vous travaillez, et que signifie pour vous cette notion de solidarité en tant qu’expression de la foi ?

    Je pense que la solidarité fait partie de la vie. Je ne sais pas si c’est inné ou si cela s’acquiert avec le temps. Ce que je remarque dans presque tous les domaines de ma vie, c’est que lorsqu’il y a un problème, je me demande comment je peux agir.

    Actuellement, j’occupe plusieurs fonctions, notamment celle de déléguée spéciale du Conseil œcuménique des Églises aux pourparlers pour la paix que le gouvernement mène avec l’un des groupes armés. À ce titre, nous devons interagir avec la délégation gouvernementale, avec le groupe armé, avec les civils, avec les acteurs internationaux, entre autres.

    Des difficultés surgissent dans ce contexte. C’est là que je me demande de quelle manière je peux contribuer. Cependant, la question et la réponse ne sont pas toujours simples.

    Par exemple, sachant que l’État est tenu de protéger nos droits, et lorsque les droits d’une personne sont bafoués et qu’elle traverse une épreuve difficile, il est tentant d’intervenir pour résoudre le problème. Mais il n’est pas toujours possible d’intervenir directement et de résoudre la situation, car la solution échappe souvent à mon contrôle. Je devrais plutôt réfléchir à la manière de mettre en œuvre les mécanismes spécifiques déjà disponibles pour trouver des solutions possibles.

    Nous interagissons également avec les victimes. Étant donné que je suis à la fois une femme et que je suis membre d’une Église, cela crée un certain climat de confiance qui amène les gens à me confier leurs besoins. De plus, ils ont confiance en ma capacité à trouver une solution viable.

    Un autre rôle que je joue consiste à participer à des programmes de justice restaurative avec les auteurs de violences commises dans le cadre du conflit armé. Dans ce contexte, il est primordial d’écouter et de prendre en compte les besoins tant des victimes que des auteurs. Et il est important de travailler avec eux pour concevoir et mettre en place des moyens de réduire les préjudices, de réparer les torts, d’offrir des réparations pour les dommages qu’ils ont causés, ainsi que des modes de vie qui s’éloignent de la violence qu’ils ont connue.

    Au vu de ces rôles, je crois que la solidarité est une attitude et une volonté d’accompagner les femmes et les hommes dans leur recherche commune de solutions. En d’autres termes, la solidarité ne consiste pas à faire la charité.

    Pour moi, la solidarité est étroitement liée à l’empathie. Il s’agit d’une communion et d’un soutien immédiat. Nous sommes liés par l’action : la manière dont nous réagissons aux réalités auxquelles nous devons faire face et qui exigent une réponse immédiate.

    Par exemple, une femme victime de violences conjugales souffre de la faim et doit nourrir ses enfants qui sont avec elle. Elle ne sait pas quoi faire. Dans une telle situation, nous devons nous demander : que va-t-on faire et comment pouvons-nous agir de manière solidaire ?

    L’empathie est essentielle dans des moments comme celui-ci. En même temps, il est important de l’orienter vers les procédures juridiques appropriées qui la soutiennent en tant que femme et mère.

    Il ne s’agit donc pas seulement de faire preuve d’empathie et de répondre à ses besoins physiques immédiats, comme la faim, ni simplement de signaler aux autorités ce qui s’est passé. Il s’agit aussi de l’accompagner et de l’encourager à prendre conscience qu’elle peut aller de l’avant sans que son identité se résume à celle d’une femme victime de violences. La solidarité consiste à l’orienter et à l’accompagner tout en répondant à ses besoins fondamentaux immédiats. C’est la soutenir en lui proposant des idées et des alternatives pour aller de l’avant, y compris financièrement.

    Ainsi, la solidarité signifie soutenir la communauté, tout en lui apprenant à connaître ses droits et à les protéger. Elle me permet de m’unir à une autre personne et de collaborer.

    Un mot qui me vient à l’esprit quand je pense à la solidarité, c’est la miséricorde.

    Je pense que différents acteurs ont des intérêts divergents et des motivations politiques, économiques et égoïstes variées en matière de solidarité. Cependant, pour les personnes croyantes, notre solidarité repose sur la miséricorde.

    C’est la miséricorde qui me pousse à la solidarité, car ce qui arrive aux autres femmes et aux autres hommes me touche profondément. Elle m’invite à me mettre à la place de l’autre et à l’aider à se libérer de son fardeau, tout en réfléchissant à des solutions possibles.

    Si je comprends bien, la solidarité va au-delà de l’empathie. Elle consiste plutôt à rechercher et à fournir des outils qui permettent aux personnes de changer, voire de transformer leur réalité.

    C’est intéressant, car on considère parfois la solidarité comme une seule chose qui répond à une situation spécifique et immédiate. Or, d’après ce que j’entends, il s’agit plutôt d’un processus qui consiste à accompagner les gens ; cela demande du temps et de l’engagement, et implique d’instaurer la confiance.

    Je pense que ce qui motive notre pratique de la solidarité, c’est ce qui est contenu dans le Sermon sur la montagne (Matthieu 5–6). Ce texte me permet de comprendre mon identité en Christ, d’où je viens et où je vais, et c’est cela qui me permet de servir.

    C’est mon identité de foi qui m’a poussée à servir. Et c’est un modèle que d’autres personnes peuvent observer et qui leur permet de comprendre qu’il ne s’agit pas simplement de religiosité, mais d’un mode de vie.

    Y a-t-il donc quelque chose de particulier ou de distinct dans la solidarité lorsqu’on l’aborde sous l’angle anabaptiste ?

    Dans les moments difficiles, je pense qu’il existe de nombreuses organisations et de nombreux espaces prêts à accompagner les gens. Cependant, la grande différence réside dans le fait que, tandis que beaucoup d’organisations s’en vont au bout d’un certain temps, en tant qu’anabaptistes, nous restons. Le monde anabaptiste reste présent et poursuit l’accompagnement sur la durée.

    Pour nous, disciples de Jésus, il n’est pas possible de simplement partir ou d’abandonner les gens ; nous devons répondre à l’appel de continuer à marcher avec eux.

    Je pense qu’il est un peu risqué d’affirmer qu’il existe un élément de solidarité qui soit proprement anabaptiste. Cela dit, je pense que notre engagement en faveur de la non-violence pourrait constituer une caractéristique distinctive.

    Il peut arriver qu’au départ, on apporte son aide dans une situation spécifique sans en connaître les conséquences futures. Par exemple, essayer d’aider une famille qui demande un soutien pour reconstruire sa maison perdue lors d’une inondation, eh bien, d’accord. Mais peut-être que la maison était à l’origine construite trop près de la plaine inondable et que la reconstruire à cet endroit risque de la voir emportée à nouveau lors de la prochaine inondation.

    C’est un exemple simpliste. Mais le fait est qu’il y a tant de risques dans des contextes où les situations de violence sont si nombreuses, comme Martha l’a déjà mentionné : violence conjugale, violence sociopolitique, conflit armé. Ces contextes exigent la non-violence.

    En d’autres termes, comment puis-je vivre en solidarité sans causer davantage de tort ?

    C’est une bonne question. Parfois, la solidarité semble être quelque chose d’unilatéral, où l’on fait quelque chose pour les autres dans une situation spécifique sans mesurer le coût des répercussions. Ainsi, nous pouvons avoir de bonnes intentions, mais nos manifestations de solidarité peuvent causer d’autres types de préjudice.

    Compte tenu de votre accompagnement des communautés anabaptistes et mennonites en Colombie, qu’est-ce qui ressort pour vous dans la solidarité que vous pratiquez dans le contexte colombien ?

    Il y a un esprit d’entraide, une volonté d’être présent. La culture colombienne et ce que nous avons vécu nous ont endurcis, et nous cherchons des moyens d’aider et de faire face ; nous nous aidons mutuellement à aller de l’avant.

    C’est difficile. Je pense à la violence dans notre pays et à la concentration des richesses entre les mains d’une poignée de personnes. Vraiment, les gens doivent penser les uns aux autres. Je pense que les actes de solidarité se forgent dans un contexte de contraintes, de violence et de précarité. Dans une certaine mesure, la foi (ou les différentes confessions) favorise ce sentiment de solidarité.

    Dans le cadre de la construction de la paix, le gouvernement, les ambassades et d’autres acteurs internationaux commencent à reconnaître les efforts locaux en faveur de la paix, ainsi que le travail important que les communautés accomplissent elles-mêmes.

    Cela me touche. Cela n’est toutefois pas une nouveauté pour moi, car nous sommes nombreux à avoir eu l’occasion d’accompagner des communautés dans leur cheminement vers la paix. Depuis longtemps, nous insistons sur le fait que la construction de la paix doit émaner de nos communautés locales, en fonction de leur réalité sociale. C’est là que la solidarité des Églises et de nos communautés de foi prend tout son sens.

    Quel est le lien entre solidarité et activisme ?

    Pour moi, l’activisme peut nous mener à la solidarité ; les deux sont donc liés.

    Je repense aux débuts d’Edupaz dans les années 90, à une époque marquée par une grande violence. À l’époque, il était clair qu’il fallait agir face à la violence que nous subissions, même dans les écoles. C’était une action concrète, et bien que le travail d’Edupaz ait commencé dans les écoles, il a rapidement dépassé les murs de l’école pour nous amener à rejoindre les universités dans la rue.

    Nous avons défilé, nous avons milité et nous avons parlé de paix en de nombreux endroits, à la recherche de liens de solidarité. Cela nous a aidés à comprendre que nous devions renforcer l’ensemble des membres. Et nous avons commencé à réfléchir à la manière dont nous pouvions nous organiser en tant que collectif et communauté de foi.

    Cette rĂ©flexion est nĂ©e de l’activisme. 

    En mĂŞme temps, je pense aussi que l’activisme est l’une des façons dont nous concrĂ©tisons la solidaritĂ©. 

    Je pense que l’expression de la solidarité doit aller au-delà des bonnes intentions. La solidarité doit se matérialiser en quelque chose. Peut-être que l’activisme est ce qui nous aide à concrétiser nos bonnes intentions. Nous avons appris que l’activisme ne se résume pas à des réponses décousues et à de simples actions.

    L’activisme devient de plus en plus exigeant, car il nous invite à aller au-delà de notre solidarité et à nous mettre à la place des autres afin qu’ensemble, nous puissions envisager diverses voies de transformation et différents types de transformation. Parmi les nouveaux critères de l’activisme, on peut citer « ne pas nuire » et « accueillir la différence », qui illustrent les coûts inhérents à la solidarité.

    Il me semble que notre tâche nécessite davantage de réflexion. À cet égard, notre tradition anabaptiste nous est d’un grand secours, car notre foi nous appelle également à une réflexion théologique et contextuelle approfondie. C’est pourquoi nous ne pouvons pas tomber dans le piège qui consiste à mettre en œuvre nos bonnes intentions d’une manière qui finisse par nuire aux autres.

    Nous avons besoin de davantage de ressources, notamment de notre foi anabaptiste, afin que nos réflexions et nos actions soient efficaces. Je crois que ces apports renforcent le lien entre militantisme et solidarité.

    Je me demande également si la solidarité relève d’une vision individuelle ou collective. Et je m’interroge sur la manière de vivre la non-violence, en particulier lorsque notre réaction inclut une indignation face à des injustices qui suscitent la colère et la rage.

    Certaines personnes pourraient nous demander : « N’avez-vous pas dit que vous étiez non-violents ? », comme si nous n’avions pas le droit de ressentir de l’indignation et du malaise face à ce qui ne va pas et avec quoi nous ne sommes pas d’accord. Ou de lancer des actions et des processus en réponse.

    Par exemple, je pense à la manière dont la solidarité implique de prendre soin des personnes qui travaillent sur les questions de violence conjugale, qui sont si complexes. Il y a tant à faire, mais je sais que le poids de ce travail engendre une fatigue émotionnelle, physique et économique, en plus des risques pour la sécurité. Cela exige une position beaucoup plus ferme de la part des Églises.

    Nous avons tant à apporter grâce à notre perspective théologique et à notre compréhension de l’Évangile. Grâce à ce que notre Seigneur inspire en nous.

    Dans le monde où nous vivons, il semble que l’activisme soit souvent stigmatisé. Que pensez-vous du fait que l’activisme soit perçu négativement ou avec une certaine réticence ?

    Je pense que tout ne doit pas être considéré comme de l’activisme. Il y a des initiatives que les gens lancent et qui n’ont peut-être aucun effet, même s’ils affirment transformer le monde par leurs actions. Cela arrive même au sein de notre famille mennonite.

    Par exemple, ici en Colombie, de profondes tensions sont apparues autour des situations liées à l’arrivée de colons mennonites ces dernières années. Et, certes, ils ont fait des dons et proposé du travail aux Colombiens vivant sur les terres qu’ils ont achetées, mais des procédures judiciaires sont également en cours contre eux pour violation des droits des communautés autochtones. Cela contraste avec la longue histoire de l’Église mennonite colombienne, qui œuvre depuis longtemps à la défense des droits humains et à la construction de la paix.

    Aujourd’hui, nous constatons que des communautés mennonites sont impliquées non seulement dans des expropriations foncières, mais aussi dans des atteintes à l’environnement. Je pense qu’une réflexion théologique contextualisée s’impose. Je crois que si nous partageons une vision anabaptiste, où nous laissons place au discernement au sein de la communauté, cela devrait nous aider à déterminer si ces actions produisent le bien ou le mal. Nous devons discerner en toute honnêteté, en affrontant ces tensions de front, car elles sont désormais une réalité constante.

    Grâce aux médias et aux réseaux sociaux, nous avons désormais accès à des informations qui nous étaient auparavant cachées. Il est désormais possible d’accéder à l’information en quelques minutes, voire en direct, au moment même où les événements se produisent. Ainsi, lorsque nos jeunes ont perdu leur chemin ou qu’au lieu d’incarner leur histoire, ils incarnent ce que ces sources d’information leur racontent quotidiennement, il est facile pour eux de perdre leurs repères. C’est pourquoi les questions d’identité et ce qui nous motive et nous guide deviennent primordiales. Surtout lorsqu’il s’agit d’activisme.

    En ce qui concerne le monde mennonite, certaines formes de violence transparaissent parfois dans la manière dont les gens dirigent. Au sein de notre propre famille spirituelle, nous avons omis de reconnaître des épisodes de violence, comme l’a évoqué Jenny, et nous avons manqué à notre devoir envers les personnes et les victimes au sein de notre propre communauté.

    De mon point de vue, la solidarité semble souvent une belle idée lorsque nous regardons vers l’extérieur. Le véritable défi consiste à reconnaître les implications de la solidarité au sein de notre famille, envers celles et ceux qui ont été victimes.

    Jenny et Martha, merci beaucoup pour ce dialogue, pour vos réflexions, les leçons tirées et vos témoignages de solidarité. Merci également d’avoir attiré notre attention sur les dilemmes et les conflits qui existent au sein de notre propre famille mennonite. Et de nous avoir exhortés à assumer la responsabilité qui nous incombe envers les victimes et les personnes qui ont souffert au sein de notre propre famille spirituelle. C’est là que notre engagement à marcher dans la solidarité, à l’exemple de Jésus, comme vous nous l’avez rappelé, doit également se concrétiser.

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    Peace Club Committee and facilitators at Wanezi Mission School, Zimbabwe.

    Le pardon et la création d’un cadre sûr

    Comme confié à Courrier par le président du Comité pour la paix et la justice sociale au Zimbabwe.

    Je suis passionné par le ministère pastoral, la construction de la paix et le développement du leadership. J’occupe actuellement le poste de superviseur au sein de l’Église des Frères en Christ (BICC) au Zimbabwe, dans le district de Nono, au Matabeleland Nord. Je suis marié à Thobekile Ncube, qui est directrice du programme pour les femmes et chargée de cours au Theological College of Zimbabwe. Nous avons la chance d’avoir deux fils, Nathan et Neville.

    Après avoir entendu mon appel, j’ai suivi une formation à notre école biblique locale, l’Ekuphileni Bible Institute (1993–1995). Je suis devenu évangéliste bénévole, puis pasteur à plein temps (1997–2014) dans les assemblées de Maphisa et de Nkulumane.

    Lorsque l’Église m’a demandé de présider le Comité pour la paix et la justice sociale, j’ai découvert que mes compétences en matière de travail pour la paix présentaient certaines limites. Je me suis alors inscrit à l’Eastern Mennonite University à Harrisonburg, en Virginie (États-Unis), où j’ai suivi une formation (2015–2017). À mon retour au Zimbabwe, j’ai commencé à animer des ateliers et des séminaires sur le travail pour la paix et la transformation des conflits.

    Après avoir découvert les « clubs de paix » grâce à des amis au Kenya, en Zambie et en Tanzanie, nous avons entamé en 2017 un dialogue sur le travail pour la paix dans nos écoles chrétiennes, et nous avons lancé les clubs de paix en 2023-2024. Ils sont désormais implantés dans six lycées de la BICC et dans cinq écoles primaires.

    La BICC au Zimbabwe est reconnaissante du soutien financier reçu de notre partenaire, le Centre mennonite pour la paix (Mennonitische Friedenszentrum) à Berlin, en Allemagne.

    Le leadership du club de paix

    Dans les écoles de la BICC, le comité du club de paix est composé d’un pasteur missionnaire, d’un parrain (enseignant) et d’une marraine (enseignante), ainsi que d’élèves élus. L’implication des pasteurs missionnaires relie directement le club de paix à l’Église.

    Au sein des clubs de paix, les élèves élisent un président, un vice-président et d’autres membres du comité, qui sont supervisés par la marraine, le parrain et le pasteur. Les clubs de paix entretiennent des relations avec les administrations scolaires.

    La tâche principale du comité paix et justice sociale consiste à former les membres des clubs de paix à travers des ateliers afin qu’ils mènent des activités hebdomadaires pour la paix.

    Transformation chez les élèves

    Certaines de nos écoles nous ont signalé que les élèves des classes supérieures harcelaient les plus jeunes et faisaient usage de drogues et d’alcool. Les clubs de paix ont donc été mis en place pour faire face à la montée des conflits, de la violence et des défis sociaux.

    Les clubs de paix ont pour objectif de transformer la mentalité des jeunes et de les aider à faire des choix éclairés afin de construire un avenir prometteur. Jeux de rôle, dialogues, débats, poèmes et chants font partie des outils utilisés pour apprendre à construire la paix et favoriser la résilience, la réconciliation, le pardon et la guérison.

    Après la formation, une certaine transformation s’est opérée chez les élèves.

    Désormais, les élèves se réunissent autour d’une table pour dialoguer dès qu’un malentendu survient. Grâce aux activités des clubs de paix, les cas de destruction des biens scolaires, les bagarres ainsi que la consommation de drogues ont considérablement diminué.

    Un pasteur a noté que « le comportement des membres des clubs de paix à l’Église a changé : ils sont plus attentifs et participent aux cultes, y compris en faisant des dons. Les comportements tels que le bavardage ou le fait de s’endormir pendant les cultes sont désormais beaucoup moins fréquents. »

    Solidarité

    Jésus a enseigné à ses disciples la miséricorde, la compassion et la solidarité, tout en leur montrant l’exemple. Il leur a également demandé d’être miséricordieux et d’aimer leur prochain (Luc 6.36 et 10).

    Nous voyons que Jésus a guéri les malades, nourri ceux qui étaient dans le besoin et ressuscité les morts. Jésus a enseigné la repentance, en aidant les gens à reconnaître leur nature pécheresse et en les amenant à confesser leurs péchés. Il a mis en œuvre des principes de travail pour la paix et de transformation des conflits. Nous essayons d’inciter les membres des clubs de paix à suivre cet exemple.

    Par exemple, les lycéens de Mtshabezi ont acheté 100 cahiers, 150 stylos et 10 paires de chaussures dans un élan de solidarité envers des élèves de primaire vulnérables et dans le besoin.

    Les membres des clubs de paix prennent les devants 

    L’engagement et le dévouement des membres des clubs de paix dépassent nos attentes et notre imagination. Dans certains cas, ils se sont encouragés mutuellement à parler délibérément à leurs camarades de classe de la nécessité de mener une vie engagée pour la paix.

    Un lycée a fait l’objet d’une publicité négative à un moment donné. Il a été accusé d’être un repaire de toxicomanes. Les membres du club de paix se sont mobilisés pour réfuter ces allégations.

    Le président du club de paix a utilisé son appareil photo pour documenter les activités positives des élèves et a envoyé les photos au bulletin d’information lu par les parents et les autres parties prenantes.

    De plus, les membres du club de paix ont utilisé leur argent pour acheter et imprimer des t-shirts portant des messages sur le travail pour la paix et un message contre la drogue et la toxicomanie.

    Pratiquer le pardon

    J’ai pris conscience que le plus important est d’offrir à ces jeunes un espace sûr où ils peuvent parler de leurs conflits, de leurs peurs, de leurs traumatismes et se confesser. Et nous avons enseigné aux jeunes à s’excuser lorsqu’ils ont fait du tort à d’autres personnes.

    L’épître à Philémon a été l’un des outils utilisés pour enseigner les principes du pardon, du dialogue et de la réconciliation. Paul incarne ces principes à travers la manière dont il gère la relation entre Philémon et Onésime.

    Au-delĂ  des clubs

    Actuellement, les clubs de paix ne sont présents que dans nos écoles, mais nous constatons également des conflits au sein de l’Église. Nous avons organisé des ateliers dans des paroisses locales, des districts et même au niveau de la conférence pour aider les gens à comprendre les principes du travail pour la paix et de la transformation des conflits.

    Nous avons identifié et formé un groupe de praticiens de la paix qui ont joué un rôle déterminant dans l’équipement tant de l’Église que de la communauté. Ils ont été chargés d’animer des sessions et de sensibiliser les communautés, y compris les groupes d’hommes, de femmes et de jeunes, lors de leurs camps et conférences.

    De plus, nous allons à la rencontre des communautés par le biais d’ateliers, et nous avons également été invités à aider à résoudre des conflits au niveau communautaire. J’ai également co-rédigé un manuel pour le travail pour la paix qui est actuellement utilisé par la BICC au Zimbabwe.

    Les anabaptistes accordent une grande importance au travail pour la paix ! Ils forment une communauté de paix.

    D’après mon expérience, je pense qu’il est essentiel d’identifier les défis actuels et les personnes clés, puis de concevoir un programme ou un manuel pour la paix afin d’y répondre. Identifier les besoins aidera l’Église à mettre le doigt là où ça fait mal. Le travail en réseau et la collaboration aideront l’Église à lutter collectivement contre la violence structurelle et la marginalisation. Des moyens pratiques comme la musique, le sport, le théâtre et l’art ont également prouvé leur efficacité.

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  • Dieu est pour nous un refuge et un fort,
    un secours toujours offert dans la détresse.
    Aussi nous ne craignons rien quand la terre bouge,
    et quand les montagnes basculent au cœur des mers.

    Psaume 46.1-3

    Sœurs et frères bien-aimés

    Nous vous invitons à prier et à manifester votre solidarité envers nos membres au Venezuela.

    Le 24 juin 2026, le Venezuela a été frappé par deux séismes d’une magnitude supérieure à 7,0 chacun, suivis de répliques.

    Ces séismes ont touché une grande partie du pays, mais c’est à La Guaira et dans la capitale, Caracas, que les dégâts ont été les plus importants.

    Au moment oĂą nous Ă©crivons ces lignes, le bilan s’élève Ă  près de 200 morts et environ 1 000 blessĂ©s. Cependant, des milliers de personnes sont portĂ©es disparues et de nombreux bâtiments se sont effondrĂ©s.


    Situation au 29 juin 2026 : près de 1 500 décès ont été confirmés. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues.


    Situation au 3 juillet 2026 : Les Nations Unies font Ă©tat de plus de 2 000 morts, plus de 10 000 blessĂ©s et plus de 10 000 personnes dĂ©placĂ©es. Alors qu’autour de 60 000 bâtiments ont Ă©tĂ© dĂ©truits, de nombreuses personnes rĂ©installent leur famille dans d’autres rĂ©gions du pays.

    « J’ai Ă©tĂ© en contact avec tous les responsables au Venezuela », dĂ©clare Pablo Stucky, reprĂ©sentant rĂ©gional pour l’AmĂ©rique latine – rĂ©gion andine. Il a mis en relation les responsables mennonites, Frères mennonites et Frères en Christ de Colombie, pays voisin,  avec leurs homologues au Venezuela.

    Plus de 35 anabaptistes du Venezuela, de Colombie, d’Équateur et du Guatemala ont participé à une réunion de prière en ligne le 29 juin 2026.

    « Il y a des endroits qui n’ont même pas encore reçu d’eau. Dans de nombreuses régions, on a besoin de tapis de sol, de couvertures, d’articles d’hygiène personnelle, et même de jouets ou de crayons de couleur pour occuper les enfants, car beaucoup d’entre eux sont déprimés et refusent de manger », explique un membre d’une église de Caracas.


    Cette catastrophe survient alors que la grande majorité de la population attend encore une amélioration de la situation économique et sociale après un changement de gouvernement imposé par les États-Unis et après des années d’hyperinflation.

    Parmi les Églises se réclamant de l’anabaptisme au Venezuela figurent les Frères mennonites, les Frères en Christ et les Mennonites. La Casa de Restauración y Vida Shalom est membre associé de la CMM. Les responsables anabaptistes au Venezuela indiquent que leurs membres sont généralement sains et saufs, bien que certains d’entre eux aient trouvé refuge dans le bâtiment d’un église après que leurs maisons ont été endommagées.

    « Le choc émotionnel a été particulièrement fort pour les habitants de la région de Caracas », explique Pablo Stucky, Représentant régional de la CMM pour l’Amérique latine — région andine. « Les dégâts matériels et les pertes humaines ont été très importants, sans compter les coupures de communication, par exemple. Tout cela nécessite un effort de reconstruction dans un pays déjà fragile sur le plan économique. »

    Seigneur, réconforte le peuple vénézuélien. Console ceux qui ont perdu des proches. Guéris les blessés. Sauve ceux qui sont pris au piège. Apporte la paix à ceux qui sont anxieux et qui souffrent. Donne à ton peuple la résilience nécessaire pour venir en aide à ses prochains et guide les gouvernements afin qu’ils réagissent avec sagesse, équité et compassion.

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye secrétaire, Commission Diacres

    Pablo Stucky
    Représentant régional, Amérique latine – Région Andine


    Prières urgentes et lettres pastorales

    calling to pray for Venezuela
  • SĹ“urs et frères bien-aimĂ©s :

    Membres de la Communauté évangélique mennonite, de la Communauté mennonite au Congo, de la Communauté des Églises des Frères mennonites au Congo et de la Communauté mennonite de Kinshasa :

    Vous êtes dans nos prières. Vous apportez des dons à la famille mondiale : la dynamique émotionnelle de votre lien avec Jésus nous inspire. Votre foi profonde nous enseigne. Votre pratique de la vie communautaire et de l’hospitalité sacrificielle est pour nous un modèle pour suivre Jésus.

    Les épreuves que vous endurez nous attristent. Les ravages causés par l’extraction des ressources dont dépendent les appareils mêmes qui nous relient. Le sous-développement de votre vaste pays, dont les richesses ne profitent qu’aux personnes déjà riches. Les factions en guerre qui se disputent le pouvoir et l’argent tandis que les populations prises au piège souffrent.

    Père des orphelins, justicier des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure. Aux isolĂ©s, Dieu procure un foyer : il fait sortir les captifs par une heureuse dĂ©livrance, mais les rebelles habitent des lieux arides. Psaume 68. 6-7

    En ce moment, nous appelons notre communauté mondiale à prier avec nos frères et sœurs de la République démocratique du Congo et d’ailleurs, alors qu’une épidémie d’Ebola sévit. Nous prions pour que les mesures d’hygiène soient largement diffusées afin d’endiguer la propagation du virus. Nous prions pour que du savon, des gants et d’autres équipements soient fournis afin de protéger les soignants et leur éviter de payer le prix fort pour leur compassion.

    Nous prions pour que les gouvernements fassent preuve de sagesse et de discernement dans la mise en œuvre des mesures préventives. Nous prions pour que cessent les violences locales et régionales qui empêcheraient les soins médicaux d’atteindre ceux qui en ont besoin.

    Nous prions pour que les églises soient un refuge pour l’esprit en cette période de peur. Puissent nos membres diffuser des informations véridiques. Puissent nos communautés faire preuve de générosité en répondant aux besoins de tous.

    Seigneur, dans ta miséricorde, écoute notre prière.
    Au nom de Jésus, Prince de la Paix, amen.

    Henk Stenvers
    président
    Conférence mondiale mennonite


    Prières urgentes et lettres pastorales

    Interior shot of large church building in Africa full of people in formal attire.
  • logos: World Council of Churches, Mennonite World Conference, act alliance, the Lutheran World Federation, World Communion of Reformed Churches, Anglican Communion, the Middle East Council of Churches, Christian Conference of Asia, World Methodist Council

    Le Conseil œcuménique des Églises, le Conseil des Églises du Moyen-Orient, la Fédération luthérienne mondiale, la Communion mondiale d’Églises réformées, le Conseil méthodiste mondial, la Conférence Mennonite Mondiale, la Conférence chrétienne d’Asie et l’Alliance ACT unissent leurs voix pour exprimer leur profonde préoccupation face aux conséquences humanitaires et sociales de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, ainsi qu’à la menace qu’il fait peser sur la paix et la sécurité dans la région et dans le monde.

    Après de nombreuses années des situations politiques, économiques et sociales difficiles, les plus de 92 millions d’habitants de l’Iran sont aujourd’hui menacés par le conflit actuel et font face à un avenir très incertain.

    Le recours à la force par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei le 28 février 2026 et les représailles qui ont suivi de la part de l’Iran ont débouché sur une guerre qui menace la paix non seulement dans la région, mais bien au-delà. Cela suscite également de graves préoccupations quant à la sécurité et au bien-être des civils, comme en témoigne le tragique exemple des 175 écolières et enseignants qui auraient trouvé la mort lors d’une frappe de missile sur une école de filles dans la ville de Minab, dans le sud de l’Iran.

    La crise humanitaire et les souffrances s’aggraveront inévitablement tant que ce conflit se prolongera. Qui plus est, nous sommes profondément préoccupés par les informations de plus en plus nombreuses faisant état de violations graves du droit international humanitaire au cours des opérations militaires en cours. Nous insistons sur le fait que, en vertu de leur obligation morale et juridique, toutes les parties au conflit doivent protéger les civils et s’abstenir de prendre pour cible les zones et les infrastructures civiles.

    De plus, nous craignons que le conflit n’entraîne une nouvelle période de violence et d’instabilité prolongées dans l’ensemble de la région. Il touche déjà de nombreux pays de la région et au-delà.

    Au Liban, la situation s’est transformée en une attaque israélienne à grande échelle qui touche plusieurs régions du pays, y compris la capitale, Beyrouth. Des destructions massives ont été infligées à des quartiers résidentiels au Liban, en particulier dans la banlieue sud de Beyrouth et dans de vastes régions du sud du Liban. L’intensification des hostilités a provoqué des souffrances généralisées parmi la population civile et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers en quête de sécurité.

    L’Irak a également été touché par l’escalade régionale, les tensions croissantes et les préoccupations en matière de sécurité ajoutant encore à la fragilité du contexte.

    Les frappes de représailles iraniennes ont également touché plusieurs pays du Golfe, ainsi que Chypre et l’Azerbaïdjan.

    En outre, nous sommes profondément préoccupés par le fait que ces attaques et leurs conséquences risquent d’entraîner des déplacements de population encore plus importants dans une région qui compte déjà un nombre très élevé de personnes déplacées et où les moyens ou l’organisation pour assurer le bien-être des personnes déplacées à l’intérieur de l’Iran ou des réfugiés dans les pays voisins sont malheureusement insuffisants.

    Outre les conséquences immédiates que sont les morts, les destructions et les déplacements en Iran et dans les pays les plus touchés, ce conflit a déjà un impact sur la vie et les moyens de subsistance des personnes, des communautés et des sociétés dans toute la région. À l’instar du reste de la société en Iran et dans la région au sens large, les Églises et les communautés chrétiennes sont confrontées aux dangers que cette guerre fait peser sur leur avenir.

    Il convient de souligner que les attaques conjointes d’Israël et des États-Unis sont clairement illégales au regard du droit international. Elles sont menées sans aucune preuve crédible de la menace imminente présumée de l’Iran et constituent une violation flagrante de la Charte des Nations unies, qui a été créée précisément pour sauver les peuples du monde du fléau de la guerre. L’abandon de la diplomatie au profit d’une attaque armée est imprudent et irresponsable.

    Ayant emprunté cette voie, Israël et les États-Unis d’Amérique ne doivent pas être autorisés à créer une nouvelle fois la désolation et à appeler cela la paix. Ils doivent assumer la responsabilité des conséquences de leurs actes, y compris les conséquences pour l’avenir du peuple iranien dont ils prétendent promouvoir la liberté.

    Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat, à la reprise urgente des relations diplomatiques et du dialogue politique par le biais des mécanismes internationaux et régionaux établis, et au respect total par tous les États de leurs obligations en vertu du droit international, y compris la Charte des Nations Unies.

    Notre appel est fondé sur notre foi et nos valeurs éthiques chrétiennes, ainsi que sur le droit et la politique. Nous affirmons que la guerre est incompatible avec la nature même de Dieu et sa volonté pour l’humanité, et qu’elle va à l’encontre de nos principes chrétiens fondamentaux. La paix est un impératif moral et spirituel enraciné dans notre foi en un Dieu de justice et de compassion, et un don qui ne s’obtient pas par la force ou la puissance des armes. La dignité humaine est sacrée, elle reflète l’image de Dieu. Toute atteinte à la vie civile ou toute violation systématique des droits humains, qu’elle résulte d’une attaque extérieure ou d’une oppression interne, est un affront direct à la dignité humaine donnée par Dieu et au caractère sacré de la vie.

    Dans ce conflit et dans le contexte mondial plus large, nous déplorons l’absence de moralité et de légalité, l’arrogance et les idéologies du pouvoir qui prévalent, et le remplacement de la conscience par l’utilité politique. En tant que chrétiens, nous ne reconnaissons aucune licence divine pour tuer, détruire, déplacer ou occuper. Nous proclamons la dignité humaine et les droits de tous les peuples, donnés par Dieu, de manière égale et sans discrimination. Nous rejetons la logique brutale de la guerre et de la domination. Nous recherchons le don de la paix.

    Nous prions pour les peuples du Moyen-Orient qui ont trop longtemps souffert de la violence, trop souvent à la suite d’interventions d’acteurs extérieurs.

    Nous invitons toutes les Églises et tous les chrétiens du monde, ainsi que toutes les personnes de foi et de bonne volonté, à se joindre à nous pour prier pour la paix au Moyen-Orient et partout dans le monde où règnent la guerre et la tourmente.

    Seigneur, mets fin à la violence et à l’injustice.

    Incite les dirigeants à œuvrer pour le bien-être de tous.

    Que ton amour et ta compassion triomphent, unissant les nations dans une quĂŞte commune de paix.

    Que ton royaume de paix règne sur la Terre comme au ciel.


    • Alliance ACT
    • ConfĂ©rence chrĂ©tienne d’Asie
    • FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale
    • ConfĂ©rence mennonite mondiale
    • Conseil des Églises du Moyen-Orient
    • Communion mondiale d’Églises rĂ©formĂ©es
    • Conseil Ĺ“cumĂ©nique des Églises
    • Conseil mĂ©thodiste mondial
    logos: World Council of Churches, Mennonite World Conference, act alliance, the Lutheran World Federation, World Communion of Reformed Churches, Anglican Communion, the Middle East Council of Churches, Christian Conference of Asia, World Methodist Council


    Prières urgentes et lettres pastorales

    God, bring an end to violence and injustice