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  • « SEIGNEUR, écoute ma prière, que mon cri parvienne jusqu’à toi !

    Ne me cache pas ton visage au jour de ma détresse. Tends vers moi l’oreille. Le jour où j’appelle, vite, réponds-moi. »

    —Psaume 102 :2–3

    Sœurs et frères bien-aimés :

    Le 10 février 2026, la junte militaire du Myanmar a procédé à des bombardements aériens dans le village de Tlangkhua, situé dans le canton de Tlangkhua, dans l’État Chin, au Myanmar. Les bombes ont causé la mort immédiate de six personnes et blessé gravement de nombreuses autres dans ce village peuplé de civils.

    La plupart des victimes font partie de l’église membre de la CMM au Myanmar, la Bible Missionary Church, Mennonite. Le diacre, le trésorier et deux responsables jeunesse de l’église mennonite figurent parmi les personnes tuées. Onze membres de l’église ont besoin de soins médicaux d’urgence. Un bâtiment de l’église était en construction à proximité de l’endroit où la bombe a été larguée.

    « Actuellement, il y a un besoin urgent de soins pour les blessés graves et d’aide immédiate pour les familles des mennonites décédés.

    Le village de Tlangkhua est mon village natal et est un village à majorité mennonite. La plupart des personnes qui sont décédées sont mes cousins et mes proches. 

    Nous demandons à tous les mennonites du monde entier de prier pour nous. Nous tenons à vous exprimer notre profonde gratitude pour votre engagement à nos côtés en ce moment difficile », déclare un responsable de la CMM au Myanmar.

    Ce bombardement s’inscrit dans une série d’attaques contre des civils, notamment celles perpétrées la veille dans Matupi, une ville voisine.

    Veuillez prier pour ceux qui sont en deuil et qui souffrent au Myanmar. Veuillez également prier pour que la junte militaire renonce à cette stratégie qui consiste à nuire à ses propres citoyens.

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Andrew Suderman

    Andrew Suderman sécretaire, Commission Paix

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye
    Secrétaire, Commission Diacres


    L’Esprit de Jésus nous rend capables de faire confiance à Dieu dans tous les domaines de la vie, de sorte que nous devenons artisans de paix renonçant à la violence, en aimant nos ennemis, en recherchant la justice et en partageant nos biens avec ceux qui sont dans le besoin.”
    (Convictions communes 5)

    Urgent Prayers and Pastoral Letters

    holding hands
  • Sœurs et frères bien-aimés :

    La Conférence Mennonite Mondiale appelle tous ses membres à prier pour nos sœurs et frères au Venezuela.

    Le 3 janvier 2026 à 2 heures du matin, heure locale, les États-Unis ont bombardé des bases militaires dans la capitale, Caracas, et dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira. Les forces militaires américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, qui seront jugés pour conspiration narcoterroriste. Le président des États-Unis a déclaré son intention de « prendre le contrôle » du Venezuela et de permettre aux compagnies pétrolières américaines de s’emparer des infrastructures pétrolières vénézuéliennes.

    Selon Jaime Prieto, historien et mennonite du Costa Rica, cela s’inscrit dans une tendance. Les forces armées violentes des États-Unis envahissent les peuples d’Amérique latine, comme elles l’ont fait à plusieurs reprises depuis le XIXe siècle : Porto Rico, Guatemala, Cuba, Panama et maintenant le Venezuela.

    Les nouvelles des anabaptistes au Venezuela :

    • Ils sont actuellement en sécurité chez eux, mais il règne un sentiment général d’incertitude ; ils craignent des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant ; et il existe un réel danger de violence dans les rues.
    • Ils appellent à prier pour la stabilité civique et politique, y compris le respect des droits des citoyens, et pour la résilience spirituelle des chrétiens, car cela se traduira par une force invisible pour reconstruire le pays.

    Nous partageons avec vous quelques mots de nos églises membres dans la région.


    Le comité national de l’IMCOL (Église chrétienne mennonite de Colombie), notre église membre dans le pays voisin, la Colombie, a accueilli de nombreux réfugiés du Venezuela au cours des dernières années et participe à un ministère commun avec les églises mennonites émergentes au Venezuela.

    « Notre église sœur au Venezuela vous appelle à prier pour :

    • Un accord négocié plutôt qu’une éventuelle deuxième attaque.
    • La fin des violences entre les groupes pro-gouvernementaux et l’opposition.
    • Que l’avenir du pays soit déterminé par les Vénézuéliens et non par les intérêts internationaux.

    Nous prions également pour :

    • Toutes les victimes qui auraient pu mourir ou être blessées, ainsi que leurs familles.
    • Les implications de cette intervention politique des États-Unis pour les pays et les peuples du monde, en particulier ceux d’Amérique latine.

    Nous nous joignons au peuple vénézuélien en cette période d’incertitude et implorons Dieu d’accorder une paix et une justice authentiques qui restaurent la dignité de son peuple. 

    Que l’amour du Christ soit notre pont, notre espoir et notre chemin vers la réconciliation. »

    La Conferencia Peruana Hermanos Menonitas (les Frères mennonites du Pérou) se joint également aux prières pour le Venezuela :

    « Tout d’abord, nous rendons grâce à notre Dieu, le Créateur et Sauveur.

    Nous savons à quel point la vie est difficile pour notre pays voisin, le Venezuela.

    Nous prions, demandant à notre SEIGNEUR de mettre fin à ces souffrances… et que Sa main précieuse offre des opportunités de vie, de joie et de fêtes dans le SEIGNEUR.

    Et à partir de maintenant, nous mettons notre confiance en Dieu, convaincus que toutes choses concourront au bien pour notre avenir et celui des générations futures. »

    L’épître de Jacques nous rappelle que « Le fruit de la justice est semé dans la paix pour ceux qui font œuvre de paix. » (Jacques 3.18). La méthode utilisée pour semer est importante. Les interventions et les attaques militaires ne sont pas des semences qui produiront la justice.

    Nous déplorons la décision des États-Unis d’utiliser leur puissance militaire pour, semble-t-il, réaliser leurs propres objectifs dans un autre pays.

    Jésus nous appelle à aimer nos ennemis et à ne pas devenir ce que nous haïssons. Les craintes concernant une forme de gouvernement ne justifient pas les attaques militaires et l’intervention d’un autre pays. « Lorsque nous combattons le mal par le mal, lorsque nous le reproduisons, lorsque nous ripostons de la même manière, nous ne faisons que garantir sa perpétuation », affirme le théologien Walter Wink.

    • Nous vous invitons à prier pour ceux qui, dans la région, vivent dans l’angoisse et la souffrance. Nous prions pour que le peuple vénézuélien puisse faire valoir son droit à l’autodétermination de ses dirigeants nationaux. Nous prions pour que les dirigeants du monde entier s’expriment et
    • Nous prions pour que le peuple vénézuélien puisse faire valoir son droit à l’autodétermination de ses dirigeants nationaux.
    • Nous prions pour que les dirigeants du monde entier s’expriment et agissent avec courage et amour en cette période de conflit.
    • Nous prions également pour les dirigeants des États-Unis, afin qu’ils apprennent à gouverner avec sagesse et justice.

    Puissions-nous reconnaître les différentes perspectives, même parmi nos sœurs et nos frères, et continuer à vivre dans la grâce et la compréhension. Puissions-nous tirer les leçons de l’histoire et choisir la voie du Christ et de sa paix. Alors que nous prions pour les autres, que le Saint-Esprit transforme nos cœurs et nous guide vers l’action.

    Il sera juge entre les nations,
    l’arbitre de peuples nombreux.
    Martelant leurs épées, ils en feront des socs,
    de leurs lances, ils feront des serpes.
    On ne brandira plus l’épée nation contre nation,
    on n’apprendra plus à se battre. (Ésaïe 2.4)

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Andrew Suderman

    Andrew Suderman sécretaire, Commission Paix


    Urgent Prayers and Pastoral Letters

    man and woman hand out bowls of soup across a table
  • À l’occasion du 100ème anniversaire de la Conférence Mennonite Mondiale, les responsables se sont réunis à Schönblick, en Allemagne, au mois de mai, pour célébrer cet événement et poursuivre le travail de la CMM à travers la réunion du Conseil Général.

    Courrier a réuni d’anciens dirigeants (Danisa Ndlovu, J. Nelson Kraybill, Larry Miller, Nancy Heisey) pour réfléchir aux « doux souvenirs » de la transformation de la CMM en une communion mondiale et à notre appel à avoir le courage d’aimer et de faire entendre notre voix d’Église pacifiste face aux conflits qui secouent le monde aujourd’hui.


    Danisa Ndlovu, président (2009-2015)

    J. Nelson Kraybill, président (2015-2022)

    Larry Miller, secrétaire général (1990-2012)

    Nancy Heisey, présidente (2003-2009)


    Convictions

    Les Convictions Communes de la CMM sont le fruit d’un processus qui a duré 13 ans, depuis le début jusqu’à l’approbation par le Conseil Général, en passant par les différentes ébauches.

    Environ 34 confessions de foi, voire plus, ont été recueillies auprès des Églises membres à travers le monde.

    « Nous avons échangé de nombreux courriels » — « peut-être même des fax ! » ajoute Larry Miller — « à la recherche de points communs », explique Nelson Kraybill, qui a participé à la rédaction du document.

    « Ce fut un instant spirituel que de voir dans ces documents : voici ce que nous avons en commun », raconte Nelson Kraybill. « Suivre le Christ ; œuvrer pour la paix ; mission. »

    « Nous avons déplacé la déclaration “nous sommes anabaptistes” du début à la fin », ajoute Nancy Heisey. « Le début dit : “Sachant que nous faisons partie du corps unique du Christ en tout temps et en tout lieu…” Plutôt que de commencer par “Nous sommes anabaptistes”, nous avons commencé par “l’Église de Jésus-Christ”.

    « Au final, en les adoptant, nous nous inspirons des ancêtres anabaptistes du 16ème siècle. C’était une décision vraiment déterminante », précise Nancy Heisey.

    « Nous voulions que le début et la fin soient tout aussi importants que les sept points », explique Nelson Kraybill.

    La réunion à Pasadena, où le Conseil Général a approuvé les Convictions Communes en 2006, a été la première à utiliser le modèle du consensus.

    « Nancy (alors présidente) était assise à gauche, Danisa (alors vice-présidente) à droite, et un mot posait encore problème. Jésus-Christ incarné », se souvient Larry Miller.

    « Les délégués nord-américains étaient à l’arrière et défendaient le mot incarné, qui avait été inséré lors des réunions du Conseil Général au Zimbabwe.

    « Joren Basumata était un Indien chaleureux, calme et souriant. Il ne parlait pas beaucoup pendant les réunions. Mais il s’est alors levé pour dire : Si vous inscrivez ce mot, je ne pourrai pas utiliser cela en Inde. Tous les dieux en Inde sont incarnés. »

    « Toutes les cartes bleues (désaccord) sont instantanément passées à l’orange (accord). »

    Tout le processus qui a conduit à l’élaboration des Convictions Communes illustre la manière dont la CMM peut travailler ensemble conformément à sa mission d’être une communauté spirituelle mondiale.

    « Les Convictions Communes n’avaient pas pour but de remplacer ce que les Églises avaient déjà discerné, mais d’affirmer ce que nous partageons ensemble », explique Larry Miller. « Ce que nous avons en commun », ajoute Nelson Kraybill.

    « Je prie pour que nous continuions à les utiliser de cette manière et qu’elles ne deviennent pas une pomme de discorde », déclare Nancy Heisey.

    « Nous ne devrions pas être un lieu où l’on crée une synthèse par vote majoritaire, en essayant de concilier différentes opinions. Au contraire, c’est un lieu où l’assemblée reçoit sa révélation, l’offre au monde et voit ce qui se passe », explique Larry Miller.

    « Il est étonnant de voir à quel point les Convictions Communes ont été largement utilisées », ajoute Larry Miller. « C’est très significatif d’affirmer ce que nous partageons ensemble alors que nous essayons de déterminer comment être le peuple de Dieu dans le monde. »

    Les responsables actuels et passés de la CMM lors d’une réception œcuménique à Zurich en 2025 (de gauche à droite) : Janet Plenert, ancienne vice-présidente (Canada); Rebecca Osiro, ancienne vice-présidente (Kenya); Henk Stenvers, président (Pays-Bas); Lisa Carr-Pries, viceprésidente (Canada); Danisa Ndlovu, ancien président (Zimbabwe); César García, secrétaire général (Colombie); J. Nelson Kraybill, ancien président (États-Unis); Ernst Bergen, ancien trésorier (Paraguay); Nancy Heisey, ancienne présidente (États-Unis); Larry Miller, secrétaire général émérite (États-Unis/France); Sunoko Lin, trésorière (Indonésie/États-Unis). Photo : Kristina Toews

    Communauté

    L’Assemblée mondiale qui s’est tenue au Zimbabwe en 2003 a été déterminante pour la mission de la CMM de favoriser la dimension communautaire entre les Églises anabaptistes dans le monde. Le pays était sous un régime dictatorial. Il traversait une crise économique avec tous les défis qui accompagnent l’hyperinflation. Pourtant, les anabaptistes du monde entier voulaient se réunir pour prier ensemble.

    « Nous avons longuement discuté pour savoir si nous devions y aller », déclare Nancy Heisey.

    « Nous ne voulions pas imposer davantage de souffrances à l’Église locale », ajoute Larry Miller. « Mais les Frères en Christ nous ont dit : Où est votre foi ? »

    L’Église BIC (BICC) a envoyé une lettre aux Pays-Bas où les Doopsgezind s’inquiétaient (comme ils l’avaient fait pour l’Assemblée au Brésil en 1974) de donner l’impression de soutenir le régime en y participant.

    « Ce n’est pas le gouvernement qui vous invite, c’est l’Église ! » a répondu la BICC Zimbabwe. Les mennonites néerlandais sont venus.

    Les organisateurs ont encouragé les participants à apporter un petit cadeau, comme du thé ou du sucre, pour leurs hôtes. « Je n’oublierai jamais ces trois angolais qui avaient apporté des sacs de poisson séché. Quel signe extraordinaire de ce que nous voulons être les uns pour les autres », dit Nancy Heisey.

    « Nous avions deux visions différentes de la situation », explique Danisa Ndlovu. « Dans le contexte africain zimbabwéen, nous avons un dicton qui dit : Le ventre d’un étranger est aussi grand que la corne d’un dieu. Quand un étranger arrive, il y a communion, fraternité. On ne dit pas : Pourquoi vient-il ici pour manger le peu que j’ai ! »

    « Le monde a ses propres problèmes, mais en tant qu’Église, nous pouvons toujours nous rassembler et être une Église ensemble », a déclaré Danisa Ndlovu. « Le thème de l’Assemblée, Partager les dons dans la souffrance et dans la joie, a contribué à synthétiser tout cela. Les gens sont repartis avec le sentiment qu’ils avaient bien fait de venir. »

    « Cela a été une expérience fondamentale dans notre cheminement vers la compréhension de notre corps mondial comme une communion », dit Larry Miller.

    Unité

    Une partie de la mission de la CMM consiste à maintenir des liens avec les autres communions et organisations chrétiennes mondiales.

    Le premier secrétaire rémunéré de la CMM, Paul Kraybill, s’est impliqué dans la conférence des secrétaires des communions chrétiennes mondiales. Il s’agit d’un rassemblement des responsables des organismes chrétiens mondiaux.

    Depuis lors, tous les Secrétaires Généraux de la CMM ont rejoint le groupe. César García et Larry Miller ont également été appelés à présider le groupe. « Nous avons consciemment décidé de nous engager dans ces espaces. Quand ils font appel à nous, c’est une reconnaissance des dons du monde mennonite », dit Larry Miller.

    « Une partie du travail de la CMM consiste à favoriser les moments de réconciliation dans le mouvement œcuménique, tant au niveau des dialogues internationaux et nationaux que des défis permanents pour les faire vivre là où les gens vivent et pratiquent leur culte », dit-il.

    « On commence avec une graine de moutarde », dit Nancy Heisey.

    Les premières graines de la réconciliation en 2025 de la CMM avec la Communion mondiale d’Églises réformées ont été semées en 1952, lorsque le président de l’époque, H.S. Bender, a assisté à une rencontre officielle au Grossmünster.

    Une autre graine a été ce que les luthériens appellent « l’action mennonite » lors de l’assemblée de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) à Stuttgart, en Allemagne, en 2010. Ces excuses pour la répudiation des anabaptistes dans la Confession d’Augsbourg ont été l’aboutissement d’un long processus.

    Le président de la FLM a présenté la motion aux délégués et a déclaré : « Nous aimerions que vous approuviez cette motion en vous levant ou en vous agenouillant en prière », se souvient Larry Miller.

    « Soudain, tout le monde s’est agenouillé ou s’est levé. Les seuls à rester assis étaient les invités mennonites. »

    « Je n’ai pas pu retenir mes larmes », raconte Danisa Ndlovu. « C’était incroyable de voir tous ces gens à genoux. C’était comme une décharge électrique, un choc ; ils sont tous tombés à genoux. »

    « Alors que cette histoire se répandait dans le monde œcuménique, les personnes qui étudient ces questions l’ont présentée comme une nouvelle forme d’accueil : non seulement nous approuvons des documents, mais nous nous accueillons aussi les uns les autres dans notre culte », explique Larry Miller.

    Le culte célébré à Zurich le 29 mai 2025 est une représentation dramatique de cet « accueil » comme une unité vécue, et non nécessairement une unité d’accord. Ce jour-là, dans le Grossmünster, ce n’étaient pas seulement des théologiens et des autorités ecclésiastiques qui discutaient, mais des gens ordinaires dans le culte, dans la liturgie, dans la vie ; des mennonites et des réformés dans ce lieu de division historique.

    L’Église des Frères Mennonite au Panama (Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonitas de Panamá) célèbre un culte lors d’une visite de solidarité des Commissions Paix et Diacres en 2015. Photo : Henk Stenvers

    Témoigner

    Notre cheminement vers la communion s’est accompagné d’une attention mutuelle et d’un apprentissage pour parler d’une seule voix.

    « Les situations peuvent être diverses, mais il est essentiel de s’exprimer à leur sujet. Les déclarations publiques doivent être mûrement réfléchies ; les personnes qui les lisent doivent percevoir notre intégrité », affirme Danisa Ndlovu. « Des mots choisis à la hâte peuvent attiser les tensions au lieu de favoriser la réconciliation. »

    « Après des décennies passées dans le mouvement œcuménique, je ne suis pas convaincu de l’impact des déclarations, sauf peut-être sur nous-mêmes. Elles sont peut-être plus efficaces lorsque nous parlons d’une souffrance qui touche une partie de notre corps. Elles peuvent avoir un impact, surtout si elles découlent de notre propre pathos », précise Larry Miller.

    Lorsque le Conseil Général s’est réuni au Guatemala en 2000, le groupe africain a demandé une déclaration sur la violence dans l’est de la République démocratique du Congo. Bien qu’il n’y ait pas d’Églises membres de la CMM dans cette région à l’époque, « nous avons décidé que, comme de nombreuses Églises membres avaient le sentiment qu’il était nécessaire de parler de ce conflit et de s’y engager, nous devions dire quelque chose », explique Nancy Heisey.

    « Il y avait beaucoup de prudence, mais je me souviens avoir dit avec force : nous devons écrire cette lettre », raconte Danisa Ndlovu.

    Un an plus tard, l’Église de la RDC a écrit une lettre fraternelle à l’Église des États-Unis juste après le 11 septembre (les attentats contre les tours du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington).

    « Cela a été très marquant », se souvient Nancy Heisey.

    En tant que résidente des États-Unis, elle a de nouveau été touchée par un message de l’Église mondiale juste après les élections américaines de 2024. « Je veux que vous sachiez que je prie pour vous », a écrit un professeur du CEMTA (Centro Evangélico Menonita de Teología Asunción) au Paraguay.

    Ayant vécu sous une dictature militaire, « il comprend ce que l’autoritarisme signifie pour l’Église, avec toute la complexité de la manière dont les mennonites ont navigué dans cette situation », explique Nancy Heisey.

    « Je ne sais pas où va le monde, mais je pense que les Nord-Américains – les Églises – vont devoir être beaucoup plus à l’écoute de la sagesse d’autres régions si nous voulons continuer à être une Église. »

    « J’apprécie l’utilisation actuelle des lettres pastorales qui appellent à la prière. J’encourage l’utilisation de ce format pour aborder non seulement nos préoccupations immédiates, mais aussi la prière pour obtenir la sagesse nécessaire pour avancer ; la manière dont nous devrions réfléchir à ce que nous devons faire ; nous encourager à interroger notre cœur sur notre mission ; la manière dont nous exprimons notre témoignage de paix face aux situations concrètes d’aujourd’hui », déclare Nancy Heisey.

    « Ces appels à la prière ont une large portée. Les membres ordinaires des assemblées peuvent réellement les écouter. Ce qui ressort de nos groupes de discussion lors de l’heure de prière en ligne, par exemple, est frappant. »

    « Cela consiste en partie à aider l’ensemble de nos membres en termes de communication. Cela donne une direction et une certaine forme d’unification, de ralliement autour d’une question », explique Danisa Ndlovu.

    « Cela rejoint notre rôle en tant qu’Église de paix », ajoute Nelson Kraybill. « Nous devons continuer à renforcer les relations et les liens d’amour et de fraternité au sein de la Communion Anabaptiste Mondiale, en gardant toujours à l’esprit la paix et la mission.

    « Si nous pouvons continuer à renforcer ces relations au sein du corps mondial, la théologie du shalom, alors chaque partie régionale de l’Église doit l’incarner dans sa région. Nous sommes à leurs côtés. Nous prions avec eux. Nous sommes appelés à prier lorsqu’il y a un sujet de préoccupation. C’est le lien spirituel qui aura l’effet le plus durable, plutôt que les déclarations politiques », dit-il.

    « Je ne pense pas que nous devrions politiser, mais nous pouvons être des personnes qui essaient de faire ce que leur foi les appelle à faire », dit Nancy Heisey. « Je précise dans chaque lettre que j’écris [à mes représentants politiques] que je suis chrétienne mennonite et que mes semblables se soucient de cette question. Il y a une force dans le fait de pouvoir dire : « Mon Église mondiale nous appelle à prier pour cette question. Comme l’a dit l’évêque Charles Nseemani de la BICC Zambie : « Nous pouvons aller parler à nos dirigeants, mais ils doivent savoir que nous venons en tant que chrétiens et non en tant que partisans. »

    « Quand vous dites mennonite, les gens pensent à la paix », explique Danisa Ndlovu. « Nous sommes connus comme une Église historique de paix. Si nous utilisons cela à bon escient, c’est un bon témoignage. »


  • « L’un des trésors éprouvés de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) est son engagement en faveur de la prise de décision par consensus », déclare Janet Plenert. En tant que vice-présidente de 2009 à 2015 et coordinatrice des représentants régionaux depuis 2024, elle a l’expérience de cette pratique. 

    La prise de décision par consensus est une méthode qui consiste à prendre des décisions à l’unanimité ou à prendre acte soigneusement des voix dissidentes avant d’aller de l’avant.

    « Le consensus ne signifie pas l’uniformité. Il signifie que chaque voix a été entendue, que chaque préoccupation a été prise en compte et que chaque membre est prêt à aller de l’avant pour le bien commun, même si la décision ne reflète pas nécessairement ses propres préférences. »

    « Nous utilisons la prise de décision par consensus au sein de la CMM parce qu’elle est conforme à nos valeurs. Elle renforce la communauté en offrant un cadre collaboratif et harmonieux pour la prise de décisions », explique César García, Secrétaire General de la CMM.

    La prise de décision par consensus cherche à entendre, à comprendre et à respecter toutes les préoccupations et tous les points de vue.

    La prise de décision par consensus cherche à entendre, à comprendre et à respecter toutes les préoccupations et tous les points de vue. Cette méthode encourage la consultation, l’exploration, une réflexion qui s’inscrit dans le questionnement et la prière. Elle valorise et cherche à utiliser l’expérience et le point de vue de tous les membres.

    En faisant ainsi, on encourage la participation de toutes les églises pour arriver à une décision.

    « Utiliser la prise de décision par consensus habilite les délégués à discerner ensemble la volonté de Dieu (Éphésiens 5. 17) pour l’église et la CMM », déclare Henk Stenvers, président de la CMM.

    Lors des réunions du Conseil Général et du Comité Exécutif de la CMM, la prise de décision par consensus est facilitée par trois cartons de couleur : orange (oui), jaune (incertain ; préoccupations ou besoin de clarification), bleu (non/arrêt).

    • Si tous les cartons levés sont orange, la décision est prise et aucune autre discussion n’est nécessaire. 
    • Si un ou plusieurs cartons jaunes sont levés, nous nous arrêtons et demandons à ceux qui ont émis des réserves de faire part de leurs préoccupations. 
    • Une carte bleue indique une opposition à la proposition. Si une seule carte bleue est levée, la motion ne peut être adoptée par consensus telle quelle. Cela signifie que des discussions et un discernement supplémentaires sont nécessaires.  

    La CMM a utilisé cette méthode dans divers espaces décisionnels, s’il arrive parfois qu’un membre brandisse un carton bleu ; le plus souvent, les membres brandissent des cartons jaunes.

    Un carton jaune au sein de la CMM n’est pas considéré comme un signe de division. Il s’agit plutôt d’un appel à davantage de dialogue et de discernement.

    « Chaque carton jaune est un signal important : nous devons écouter plus attentivement, prendre en compte d’autres facteurs, prendre un peu plus de temps, nous devons prier ensemble », explique César García.

    « C’est un appel à une meilleure compréhension, à une responsabilité plus grande et plus profonde, et à une communion plus complète les uns avec les autres. Mais nous devons prendre le temps de faire une pause et d’écouter les préoccupations. »

    « Invariablement, la discussion ou l’action qui suit un carton jaune généré par une proposition entraîne un carton orange “plus intense” lorsque la proposition est à nouveau soulevée », explique Janet Plenert.

    Le carton jaune invite tout le monde à se réunir une fois de plus autour de la table afin que ce qui semble être des actions d’exclusion puisse être transformé à nouveau en communion.

    « La CMM a appris à ne pas avoir peur du carton jaune. »

    consensus in a diversity group

  • Mise à jour 27 october 2025

    Alors qu’un cessez-le-feu temporaire a été déclaré, continuons à prier et à agir en faveur d’une paix juste, aux côtés de tous ceux qui pleurent, souffrent et espèrent : Palestiniens, Juifs et alliés.

    Lettre

    Sœurs et frères bien-aimés :

    Le 7 octobre 2025 marque le triste anniversaire d’une flambée de violence qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes en Israël, en Palestine et dans toute la région.

    Nous affirmons que l’image de Dieu est présente en chaque homme, femme et enfant : chaque mort résultant de l’oppression, de la famine, de l’emprisonnement et de la violence est une tragédie.

    Nous pleurons la répression, le mépris de la dignité humaine et la dépossession qui, pendant des décennies, ont conduit à la crise actuelle.

    Nous dénonçons les actes génocidaires qui visent à anéantir un peuple et sa culture. Nous dénonçons les enseignements chrétiens qui justifient et sous-tendent la cruauté, la supériorité et la violence.

    Nous ouvrons nos yeux pour voir et nos oreilles pour entendre les cris de ceux qui souffrent. Nous confessons notre incapacité à répondre à leur douleur.

    Nous nous appelons à agir en solidarité avec ceux qui sont blessés et opprimés. Nous nous engageons à dire la vérité et à rendre justice afin d’apporter la paix et la sécurité à tous dans la région et au-delà.

    Avec nos frères et sœurs chrétiens palestiniens du mouvement théologique de libération Sabeel: 

    Dieu tout-puissant, nous nous souvenons que «quand les justes crient au secours, l’Éternel entend leurs cris et les délivre de toutes leurs détresses» (Psaume34.17). Où est ton message de liberté, Seigneur, au milieu des souffrances de ceux qui sont aujourd’hui injustement détenus et torturés? 

    Aide-nous à témoigner auprès de ceux qui souffrent et à multiplier nos actions afin que ta justice soit faite. 

    Seigneur, dans ta miséricorde écoute notre prière. 

    Ô Seigneur, combien nous aspirons à voir ta paix régner dans notre monde.

    Nous aspirons à voir ta paix en Palestine et en Israël, ainsi que pour les Églises membres de la CMM dans d’autres parties du monde qui souffrent également de violences politiques ou de guerres en République démocratique du Congo, en Inde, au Myanmar, en Ukraine et aux États-Unis ; et de violences sociales persistantes dans de nombreuses régions d’Amérique latine.

    Que ton règne de paix vienne, et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Et que nous soyons participants de ton royaume de paix !

    Nos paroles semblent modestes et insuffisantes face à la crise, et pourtant, nous réaffirmons notre conviction que  

    L’Esprit de Jésus nous rend capables de faire confiance à Dieu dans tous les domaines de la vie, de sorte que nous devenons artisans de paix renonçant à la violence, en aimant nos ennemis, en recherchant la justice et en partageant nos biens avec ceux qui sont dans le besoin.”
    (Convictions communes 5)

    Seigneur, entends notre appel à l’aide et aie pitié.

    Dans le nom de Jésus,

    Henk Stenvers

    Président, Conférence Mennonite Mondiale

    Tigist Tesfaye

    Tigist Tesfaye
    Secrétaire, Commission Diacres

    Andrew Suderman

    Andrew Suderman sécretaire, Commission Paix

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    Courrier 2024 / 1
    https://mwc-cmm.org/fr/stories/further-reading-on-ccc-39-1-3/
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  • Le dialogue entre la CMM et la CMER résulte en une déclaration et un guide d’études

    « La recherche de la paix commence d’abord au sein du corps du Christ », déclare Tom Yoder Neufeld, président de la Commission Foi et Vie de la CMM. Alors que la Conférence Mennonite Mondiale célèbre ses 100 ans d’existence et de vivre l’unité dans la famille anabaptiste, nos responsables travaillent aussi sur notre mission de faire du lien avec d’autres familles chrétiennes au niveau mondial.

    Le travail de réconciliation entre mennonites et luthériens, abouti à Stuttgart en 2010, a servi d’exemple et permis l’ouverture vers d’autres communautés chrétiennes mondiales. En lien avec la préparation du 500ème anniversaire à Zurich, les responsables de la CMM sont entrés en dialogue avec la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER).

    Le travail commun entre les délégations mennonites et réformées a abouti à une déclaration commune pour la commémoration du centenaire, le 29 mai 2025 à Zurich. Il a également produit un guide d’étude, pour aider nos assemblées locales à célébrer un culte en commun avec leurs frères et sœurs de l’église réformée, dans leurs contextes locaux.

    Les anabaptistes et les réformés ont tous deux vu le jour dans le même cercle de réformateurs et d’étudiants de la Bible à Zurich dans les années 1520, note Tom Yoder Neufeld, qui est également coprésident de la commission du dialogue CMM/CMER.

    « Le désir d’un dialogue n’était pas de revenir sur les questions qui nous ont divisés… mais de rétablir le cercle d’étude biblique », explique Tom Yoder Neufeld.

    Tom Yoder Neufeld, président de la Commission Foi et Vie de la CMM

    “We believe that sharing our reflection and praying together contributes to healing the wounds of estrangement and hostility, especially enabling us to discover opportunities of common witness and peace,” says Anne-Cathy Graber, MWC secretary for ecumenical relations.

    “There was real hunger to find opportunities to witness together to justice and peace in a world buffeted by oppression, violence and war,” says Tom Yoder Neufeld.

    Le titre de la déclaration résume bien ces impulsions : « Restaurer l’intégrité de notre famille : la recherche d’un témoignage commun – Déclaration commune de confession, reconnaissance et engagement »

    Divers facteurs, notamment des changements de personnel et la pandémie, ont retardé le début du dialogue. Une réunion en présentiel a rassemblé trois responsables réformés et quatre responsables mennonites en Colombie-Britannique, au Canada, en 2023. D’autres réunions ont eu lieu sur Zoom.

    « Malgré tout, nous avons appris à nous connaître et à beaucoup nous apprécier. Ce fut un cadeau de pouvoir travailler intensément ensemble en tant que sœurs et frères mennonites et réformés. Il est apparu à maintes reprises que ce qui nous unit en Christ est bien plus fort que ce qui nous divise », déclare Tom Yoder Neufeld.

    “We believe that sharing our reflection and praying together contributes to healing the wounds of estrangement and hostility…”

    Anne-Cathy Graber, secrétaire de la CMM pour les relations œcuméniques

    « Nous espérons que cette déclaration servira de catalyseur pour que les communautés se rencontrent et travaillent ensemble à notre mission commune d’œuvrer pour la paix », ajoute-t-il.

    Les participants au dialogue ont produit conjointement un document de 24 pages intitulé « Un guide pour l’étude, le culte et le dialogue ». Ce guide d’étude est destiné à être utilisé par les assemblées locales qui recevrons la déclaration. Il comprend une description du contexte historique et des ressources liturgiques pour une célébration commune entre les congrégations anabaptistes et réformées.

    « Les dialogues œcuméniques ne sont pas seulement des débats d’idées », déclare Anne-Cathy Graber. Le guide d’étude, qui comprend des ressources pour le culte commun, « est un aspect unique de ce document et, espérons-le, favorisera la rencontre entre les chrétiens mennonites et réformés ».

    « Accueillir cette déclaration au niveau local et dans son propre contexte est un défi important », ajoute-t-elle.

    « Il y avait une vraie soif de trouver des occasions de témoigner ensemble de la justice et de la paix dans un monde secoué par l’oppression, la violence et la guerre. »

    Tom Yoder Neufeld, président de la Commission Foi et Vie de la CMM

    Les dirigeants de la CMM et de la CMER n’ont pas encore décidé s’il y aura d’autres rencontres formelles pour poursuivre ce dialogue.