Le 21 janvier 1525, un petit groupe de croyants se réunit en secret à Zurich, en Suisse, animé par une conviction enracinée dans les Écritures.
Ils aspiraient à une Église fidèle à la suite de Jésus, une communauté où le baptême marquait une décision personnelle et consciente de suivre le Christ. Cet acte de courage, qui défiait la tradition et risquait la persécution, marque la naissance du mouvement anabaptiste mennonite.
Alors que nous célébrons notre 500ème anniversaire, nous nous souvenons de ces origines avec gratitude et humilité à travers le thème « Le courage d’aimer », inspiré de 1 Jean 4.7-21 et du Psaume 136.
1 Jean 4.7-21 nous appelle à nous aimer les uns les autres, « car l’amour vient de Dieu ». C’est au cœur de notre identité : nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier en Christ. Le courage des premiers anabaptistes d’agir selon leur foi était une réponse à l’amour parfait de Dieu, qui « chasse la peur ».
De même, le psalmiste chante à plusieurs reprises : « La fidélité du Seigneur dure à toujours » (Psaume 136). Ce refrain nous rappelle que l’amour de Dieu a porté notre Église à travers les persécutions, les souffrances et le renouveau.
Aujourd’hui, la Conférence Mennonite Mondiale perpétue cet héritage. En commémorant la date de 1525, nous nous rappelons que notre mouvement n’a pas commencé par une dispute, mais par un acte d’amour. Les premiers anabaptistes ont tout risqué. Leur amour n’est pas timide, mais constant et actif.
Incarnons cet acte : le courage d’aimer. Le courage de pardonner quand on vous fait du tort. Le courage de résister à la violence par la paix. Et le courage de suivre Jésus même quand le chemin est difficile.
Sunoko Lin est trésorier de la CMM. Originaire d’Indonésie, il vit aujourd’hui à Los Angeles, en Californie (États-Unis), où il est pasteur de la Maranatha Christian Fellowship, une paroisse de la LMC : A Fellowship of Anabaptist Churches (Communauté des Églises anabaptistes).
Dans la constitution de 2009 de la CMM, le Conseil Général a établi des commissions permanentes — Diacres, Foi & Vie, Mission, Paix — « d’importance vitale pour la communauté d’Églises de la CMM ».
Les commissions préparent des questions ou documents à étudier par le Conseil Général, conseillent et proposent des outils à la CMM ou à ses églises membres, et peuvent aussi aider les réseaux de la CMM ou des lieux de communion fraternelle à travailler ensemble sur des questions d’intérêt commun.
À travers le regard de la Commission Paix, Joji Pantoja souligne comment celle-ci a contribué à la fraternité, au culte, à l’entraide et au témoignage au sein de la communion anabaptiste mondiale, et comment elle a aidé la CMM à devenir une communauté spirituelle mondiale dans la tradition anabaptiste.
Lorsque j’étais présidente, la Commission s’est efforcée de traduire notre théologie de la paix en un témoignage concret mondial. Trois moments ont marqué cette période, chacun illustrant une facette différente de notre témoignage pour la paix.
Le premier a été notre travail avec les Wounaan au Panama, où une visite communautaire a conduit la CMM à plaider auprès de leur gouvernement pour protéger leurs arbres sacrés, les cocobolos, et leur rôle de protecteurs de la forêt.
Il s’agissait là d’une action concrète et enracinée en faveur de la paix : défendre la création de Dieu et les communautés qui la soutiennent.
Le deuxième moment a été la rédaction d’une déclaration générale de la CMM affirmant notre soutien aux droits des peuples autochtones dans le monde entier. Il s’agissait là d’une prise de position prophétique en faveur de la paix. La Commission a joué un rôle déterminant dans la rédaction de cette déclaration, en s’appuyant sur les principes bibliques de justice.
Cette déclaration nous a permis de passer d’une réaction aux crises à une définition proactive de notre identité mondiale, donnant à chaque Église membre un fondement théologique pour la solidarité.
La troisième a été notre intervention directe en faveur d’un objecteur de conscience en Corée, membre de notre famille mondiale et emprisonné pour avoir refusé, en raison de sa foi, de participer à l’entraînement militaire. Ici, notre témoignage de paix s’est transformé en plaidoyer pastoral. La Commission a mobilisé toute la CMM pour plaider en faveur de sa libération, affirmant que notre position théologique sur la paix a des conséquences concrètes pour nos membres.
Cette action a démontré que la Commission ne se contente pas de faire de grandes déclarations, mais qu’elle soutient également les personnes dont la vie incarne nos convictions fondamentales, garantissant ainsi que notre communion mondiale est une source tangible de soutien et de témoignage.
Souvenir précieux
Je me souviens du silence complet qui régnait dans la salle après que l’ancien Wounaan eut parlé de la forêt comme d’un membre de la famille. Ce moment de conviction partagée, où notre théologie rencontrait leur réalité vécue, a été sacré.
De même, je chéris le cheminement, dans la patience et la prière, qui a mené à la rédaction de la Déclaration de Solidarité avec les Peuples Autochtones. Ce processus n’a pas été rapide ; il a fallu près de deux ans pour finaliser le document de prise de position. Cette longue période n’était pas synonyme de retard, mais une « saison » nécessaire de communion fraternelle. Nous avons écouté, débattu et affiné le texte afin de nous assurer qu’il représentait véritablement notre famille mondiale dans toute sa diversité.
Le moment où tout a finalement été harmonisé et où nous l’avons adopté a été incroyablement puissant. Nous n’avons pas seulement approuvé un document ; nous avons été témoins du fruit d’un discernement collectif soutenu, vivant véritablement l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix.
Avenir
Je rêve que la Commission crée des boîtes à outils pratiques pour les Églises sur la manière de s’engager dans les processus locaux de vérité et de réconciliation, ou qu’elle facilite les partenariats dans lesquels les Églises ayant une expérience en matière de justice foncière peuvent encadrer d’autres Églises.
Passons des déclarations percutantes à l’autonomisation d’un millier de témoins locaux, tous reliés et renforcés par notre communion mondiale.
Le travail très important et significatif de la Commission Diacres, qui consiste à accompagner les Églises dans les moments de souffrance et de détresse ainsi que dans les moments de joie pour encourager nos frères et sœurs, a été et continuera d’être tel qu’il a commencé dans Actes 6.1-7. Ces expériences ont véritablement rapproché nos communautés et continueront de le faire afin qu’elles soient le « sel de la terre » et la « lumière du monde. » – Cynthia Peacock (Inde), présidente (2009-2015)
Foi et Vie
Nous avons mis en place une méthode de travail dynamique dans laquelle différents membres ont préparé des études de cas sur des sujets importants qui avaient été choisis (parfois avec beaucoup de difficultés ou de conflits) dans des Églises de chaque pays. J’ai été reconnaissante de cette occasion de travailler avec l’ensemble de la Commission sur cette tâche, en tirant parti de l’expérience rassemblée sur les cinq continents et en apprenant beaucoup sur nous-mêmes au cours du processus. – Anicka Fast (Canada), secrétaire (2023-)
Mission
Il nous semblait juste et bon, à nous et à l’Esprit, de réunir enfin les organisations anabaptistes du monde entier engagés dans la mission. Pourquoi ne coopérerions-nous pas ? Pourquoi ne collaborerions-nous pas ? – Janet Plenert (Canada), présidente du Fraternité Missionnaire Mondiale (GMF) (2009)
Dans des circonstances remarquablement similaires à celles d’aujourd’hui, un groupe de mennonites a entrepris un pèlerinage depuis le sud de la Russie (aujourd’hui l’Ukraine) jusqu’à Zurich, en Suisse, en 1925. Ils transportaient un message de la Conférence mennonite panrusse à présenter lors du premier rassemblement mondial de la Conférence Mennonite Mondiale.
La délégation a exprimé ces aspirations dans sa lettre : « Nous accueillons favorablement l’idée de créer une union mennonite mondiale, dont l’expression unanime devrait être une réunion des représentants de tous les mennonites du monde ».
La création d’une organisation mennonite mondiale et diversifiée renforcerait l’Église, en particulier parmi les petits groupes dispersés. Elle pourrait faciliter le financement des écoles chrétiennes, encourager les activités missionnaires, aider les nécessiteux et les souffrants, relever les défis de la migration et établir un annuaire mondial.
La lettre apporte un message inspirant de mutualité, de solidarité mondiale et d’espoir d’unité au milieu d’une diversité dramatique.
Les temps ont-ils changé ? Ou avons-nous encore besoin qu’on nous rappelle l’importance cruciale de l’unité compte tenu de la diversité de nos propres expériences ?
Il y a plus de 2 500 ans, un autre groupe a entamé un pèlerinage à Jérusalem depuis une région plus à l’Est, porteur d’un message à partager entre les communautés d’autres groupes juifs exilés. Nous connaissons aujourd’hui ce message sous le nom de Psaume 133, qui se commence avec :
« Oh ! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble ! » (Psaume 133.1, SEM)
En chantant ce cantique chaque année, les exilés ont découvert que le fait « d’être ensemble » est un don de Dieu, une réalité concrète et attrayante.
Un don de Dieu
Le passage explique comment l’huile et la rosée descendent. Ces images illustrent la manière dont le psalmiste envisage l’unité des Israélites : elle est accordée par Dieu. La véritable unité ne peut être construite ou atteinte par des accords humains sur des doctrines ou des pratiques ; c’est un don divin.
Une réalité attrayante
L’unité est une bénédiction qui attire d’autres bénédictions. C’est une vie épanouie qui s’étend vers l’extérieur – un parfum qui se répand, une rosée qui imprègne. Tout comme un arôme agréable attire l’attention, l’unité du peuple de Dieu est quelque chose que tout le monde souhaite expérimenter. Lorsqu’on la découvre, elle devient irrésistible.
Une réalité concrète
Le premier mot après le titre du Psaume 133, le mot hébreu hinneh – qui signifie « regarder » ou « contempler » – revêt une grande importance. En nous invitant à « regarder », le texte suggère que l’unité du peuple de Dieu n’est pas simplement un concept « spirituel ». Ce n’est pas non plus quelque chose que nous ne connaîtrons qu’après la mort. L’unité du peuple de Dieu est une réalité tangible qui peut être vue et ressentie ici et maintenant.
Pendant des siècles, les théologiens chrétiens ont vu dans ce psaume un avant-goût du concept néotestamentaire d’être un ou de communion, où l’unité n’est pas comprise comme l’uniformité ou l’unisson, mais comme l’harmonie au sein de la diversité.
Comme les Israélites en exil, la délégation mennonite de 1925 espérait que l’unité deviendrait une réalité tangible. Ils espéraient faire partie d’un organisme mondial plus grand qu’eux même.
Ils ont imaginé une organisation qui incarnerait cette unité.
Et aujourd’hui ?
Nous vivons ce que la délégation avait envisagé il y a 100 ans.
Cette communauté tant espérée a pris la forme de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM).
Nous nous efforçons d’incarner la communion.
Nous facilitons le travail en interdépendance dans les ministères de l’éducation, de la mission et de la paix.
Nous aidons les Églises qui souffrent et nous nous engageons dans de nombreuses autres initiatives visant à renforcer l’unité.
Alors que nous célébrons le centenaire de la CMM, rappelons-nous que l’unité est un don de Dieu. Soyons attirés par elle comme par un aimant. Rendons-la tangible. Prions pour que notre unité soit source d’espoir pour nos Églises dans les moments de souffrance et d’oppression, et pour un monde qui se désagrège sous le poids de la violence, du nationalisme, de la fragmentation et de la polarisation.
César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada). Cet article est adapté de son sermon prononcé à Schönblick, en Allemagne, le 25 mai 2025, à l’occasion du 100ème anniversaire.
À l’occasion du 100ème anniversaire de la Conférence Mennonite Mondiale, les responsables se sont réunis à Schönblick, en Allemagne, au mois de mai, pour célébrer cet événement et poursuivre le travail de la CMM à travers la réunion du Conseil Général.
Courrier a réuni d’anciens dirigeants (Danisa Ndlovu, J. Nelson Kraybill, Larry Miller, Nancy Heisey) pour réfléchir aux « doux souvenirs » de la transformation de la CMM en une communion mondiale et à notre appel à avoir le courage d’aimer et de faire entendre notre voix d’Église pacifiste face aux conflits qui secouent le monde aujourd’hui.
Danisa Ndlovu, président (2009-2015)
J. Nelson Kraybill, président (2015-2022)
Larry Miller, secrétaire général (1990-2012)
Nancy Heisey, présidente (2003-2009)
Convictions
Les Convictions Communes de la CMM sont le fruit d’un processus qui a duré 13 ans, depuis le début jusqu’à l’approbation par le Conseil Général, en passant par les différentes ébauches.
Environ 34 confessions de foi, voire plus, ont été recueillies auprès des Églises membres à travers le monde.
« Nous avons échangé de nombreux courriels » — « peut-être même des fax ! » ajoute Larry Miller — « à la recherche de points communs », explique Nelson Kraybill, qui a participé à la rédaction du document.
« Ce fut un instant spirituel que de voir dans ces documents : voici ce que nous avons en commun », raconte Nelson Kraybill. « Suivre le Christ ; œuvrer pour la paix ; mission. »
« Nous avons déplacé la déclaration “nous sommes anabaptistes” du début à la fin », ajoute Nancy Heisey. « Le début dit : “Sachant que nous faisons partie du corps unique du Christ en tout temps et en tout lieu…” Plutôt que de commencer par “Nous sommes anabaptistes”, nous avons commencé par “l’Église de Jésus-Christ”.
« Au final, en les adoptant, nous nous inspirons des ancêtres anabaptistes du 16ème siècle. C’était une décision vraiment déterminante », précise Nancy Heisey.
« Nous voulions que le début et la fin soient tout aussi importants que les sept points », explique Nelson Kraybill.
La réunion à Pasadena, où le Conseil Général a approuvé les Convictions Communes en 2006, a été la première à utiliser le modèle du consensus.
« Nancy (alors présidente) était assise à gauche, Danisa (alors vice-présidente) à droite, et un mot posait encore problème. Jésus-Christ incarné », se souvient Larry Miller.
« Les délégués nord-américains étaient à l’arrière et défendaient le mot incarné, qui avait été inséré lors des réunions du Conseil Général au Zimbabwe.
« Joren Basumata était un Indien chaleureux, calme et souriant. Il ne parlait pas beaucoup pendant les réunions. Mais il s’est alors levé pour dire : Si vous inscrivez ce mot, je ne pourrai pas utiliser cela en Inde. Tous les dieux en Inde sont incarnés. »
« Toutes les cartes bleues (désaccord) sont instantanément passées à l’orange (accord). »
Tout le processus qui a conduit à l’élaboration des Convictions Communes illustre la manière dont la CMM peut travailler ensemble conformément à sa mission d’être une communauté spirituelle mondiale.
« Les Convictions Communes n’avaient pas pour but de remplacer ce que les Églises avaient déjà discerné, mais d’affirmer ce que nous partageons ensemble », explique Larry Miller. « Ce que nous avons en commun », ajoute Nelson Kraybill.
« Je prie pour que nous continuions à les utiliser de cette manière et qu’elles ne deviennent pas une pomme de discorde », déclare Nancy Heisey.
« Nous ne devrions pas être un lieu où l’on crée une synthèse par vote majoritaire, en essayant de concilier différentes opinions. Au contraire, c’est un lieu où l’assemblée reçoit sa révélation, l’offre au monde et voit ce qui se passe », explique Larry Miller.
« Il est étonnant de voir à quel point les Convictions Communes ont été largement utilisées », ajoute Larry Miller. « C’est très significatif d’affirmer ce que nous partageons ensemble alors que nous essayons de déterminer comment être le peuple de Dieu dans le monde. »
Les responsables actuels et passés de la CMM lors d’une réception œcuménique à Zurich en 2025 (de gauche à droite) : Janet Plenert, ancienne vice-présidente (Canada); Rebecca Osiro, ancienne vice-présidente (Kenya); Henk Stenvers, président (Pays-Bas); Lisa Carr-Pries, viceprésidente (Canada); Danisa Ndlovu, ancien président (Zimbabwe); César García, secrétaire général (Colombie); J. Nelson Kraybill, ancien président (États-Unis); Ernst Bergen, ancien trésorier (Paraguay); Nancy Heisey, ancienne présidente (États-Unis); Larry Miller, secrétaire général émérite (États-Unis/France); Sunoko Lin, trésorière (Indonésie/États-Unis). Photo : Kristina Toews
Communauté
L’Assemblée mondiale qui s’est tenue au Zimbabwe en 2003 a été déterminante pour la mission de la CMM de favoriser la dimension communautaire entre les Églises anabaptistes dans le monde. Le pays était sous un régime dictatorial. Il traversait une crise économique avec tous les défis qui accompagnent l’hyperinflation. Pourtant, les anabaptistes du monde entier voulaient se réunir pour prier ensemble.
« Nous avons longuement discuté pour savoir si nous devions y aller », déclare Nancy Heisey.
« Nous ne voulions pas imposer davantage de souffrances à l’Église locale », ajoute Larry Miller. « Mais les Frères en Christ nous ont dit : Où est votre foi ? »
L’Église BIC (BICC) a envoyé une lettre aux Pays-Bas où les Doopsgezind s’inquiétaient (comme ils l’avaient fait pour l’Assemblée au Brésil en 1974) de donner l’impression de soutenir le régime en y participant.
« Ce n’est pas le gouvernement qui vous invite, c’est l’Église ! » a répondu la BICC Zimbabwe. Les mennonites néerlandais sont venus.
Les organisateurs ont encouragé les participants à apporter un petit cadeau, comme du thé ou du sucre, pour leurs hôtes. « Je n’oublierai jamais ces trois angolais qui avaient apporté des sacs de poisson séché. Quel signe extraordinaire de ce que nous voulons être les uns pour les autres », dit Nancy Heisey.
« Nous avions deux visions différentes de la situation », explique Danisa Ndlovu. « Dans le contexte africain zimbabwéen, nous avons un dicton qui dit : Le ventre d’un étranger est aussi grand que la corne d’un dieu. Quand un étranger arrive, il y a communion, fraternité. On ne dit pas : Pourquoi vient-il ici pour manger le peu que j’ai ! »
« Le monde a ses propres problèmes, mais en tant qu’Église, nous pouvons toujours nous rassembler et être une Église ensemble », a déclaré Danisa Ndlovu. « Le thème de l’Assemblée, Partager les dons dans la souffrance et dans la joie, a contribué à synthétiser tout cela. Les gens sont repartis avec le sentiment qu’ils avaient bien fait de venir. »
« Cela a été une expérience fondamentale dans notre cheminement vers la compréhension de notre corps mondial comme une communion », dit Larry Miller.
Unité
Une partie de la mission de la CMM consiste à maintenir des liens avec les autres communions et organisations chrétiennes mondiales.
Le premier secrétaire rémunéré de la CMM, Paul Kraybill, s’est impliqué dans la conférence des secrétaires des communions chrétiennes mondiales. Il s’agit d’un rassemblement des responsables des organismes chrétiens mondiaux.
Depuis lors, tous les Secrétaires Généraux de la CMM ont rejoint le groupe. César García et Larry Miller ont également été appelés à présider le groupe. « Nous avons consciemment décidé de nous engager dans ces espaces. Quand ils font appel à nous, c’est une reconnaissance des dons du monde mennonite », dit Larry Miller.
« Une partie du travail de la CMM consiste à favoriser les moments de réconciliation dans le mouvement œcuménique, tant au niveau des dialogues internationaux et nationaux que des défis permanents pour les faire vivre là où les gens vivent et pratiquent leur culte », dit-il.
« On commence avec une graine de moutarde », dit Nancy Heisey.
Les premières graines de la réconciliation en 2025 de la CMM avec la Communion mondiale d’Églises réformées ont été semées en 1952, lorsque le président de l’époque, H.S. Bender, a assisté à une rencontre officielle au Grossmünster.
Une autre graine a été ce que les luthériens appellent « l’action mennonite » lors de l’assemblée de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) à Stuttgart, en Allemagne, en 2010. Ces excuses pour la répudiation des anabaptistes dans la Confession d’Augsbourg ont été l’aboutissement d’un long processus.
Le président de la FLM a présenté la motion aux délégués et a déclaré : « Nous aimerions que vous approuviez cette motion en vous levant ou en vous agenouillant en prière », se souvient Larry Miller.
« Soudain, tout le monde s’est agenouillé ou s’est levé. Les seuls à rester assis étaient les invités mennonites. »
« Je n’ai pas pu retenir mes larmes », raconte Danisa Ndlovu. « C’était incroyable de voir tous ces gens à genoux. C’était comme une décharge électrique, un choc ; ils sont tous tombés à genoux. »
« Alors que cette histoire se répandait dans le monde œcuménique, les personnes qui étudient ces questions l’ont présentée comme une nouvelle forme d’accueil : non seulement nous approuvons des documents, mais nous nous accueillons aussi les uns les autres dans notre culte », explique Larry Miller.
Le culte célébré à Zurich le 29 mai 2025 est une représentation dramatique de cet « accueil » comme une unité vécue, et non nécessairement une unité d’accord. Ce jour-là, dans le Grossmünster, ce n’étaient pas seulement des théologiens et des autorités ecclésiastiques qui discutaient, mais des gens ordinaires dans le culte, dans la liturgie, dans la vie ; des mennonites et des réformés dans ce lieu de division historique.
L’Église des Frères Mennonite au Panama (Iglesia Evangélica Unida Hermanos Menonitas de Panamá) célèbre un culte lors d’une visite de solidarité des Commissions Paix et Diacres en 2015. Photo : Henk Stenvers
Témoigner
Notre cheminement vers la communion s’est accompagné d’une attention mutuelle et d’un apprentissage pour parler d’une seule voix.
« Les situations peuvent être diverses, mais il est essentiel de s’exprimer à leur sujet. Les déclarations publiques doivent être mûrement réfléchies ; les personnes qui les lisent doivent percevoir notre intégrité », affirme Danisa Ndlovu. « Des mots choisis à la hâte peuvent attiser les tensions au lieu de favoriser la réconciliation. »
« Après des décennies passées dans le mouvement œcuménique, je ne suis pas convaincu de l’impact des déclarations, sauf peut-être sur nous-mêmes. Elles sont peut-être plus efficaces lorsque nous parlons d’une souffrance qui touche une partie de notre corps. Elles peuvent avoir un impact, surtout si elles découlent de notre propre pathos », précise Larry Miller.
Lorsque le Conseil Général s’est réuni au Guatemala en 2000, le groupe africain a demandé une déclaration sur la violence dans l’est de la République démocratique du Congo. Bien qu’il n’y ait pas d’Églises membres de la CMM dans cette région à l’époque, « nous avons décidé que, comme de nombreuses Églises membres avaient le sentiment qu’il était nécessaire de parler de ce conflit et de s’y engager, nous devions dire quelque chose », explique Nancy Heisey.
« Il y avait beaucoup de prudence, mais je me souviens avoir dit avec force : nous devons écrire cette lettre », raconte Danisa Ndlovu.
Un an plus tard, l’Église de la RDC a écrit une lettre fraternelle à l’Église des États-Unis juste après le 11 septembre (les attentats contre les tours du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington).
« Cela a été très marquant », se souvient Nancy Heisey.
En tant que résidente des États-Unis, elle a de nouveau été touchée par un message de l’Église mondiale juste après les élections américaines de 2024. « Je veux que vous sachiez que je prie pour vous », a écrit un professeur du CEMTA (Centro Evangélico Menonita de Teología Asunción) au Paraguay.
Ayant vécu sous une dictature militaire, « il comprend ce que l’autoritarisme signifie pour l’Église, avec toute la complexité de la manière dont les mennonites ont navigué dans cette situation », explique Nancy Heisey.
« Je ne sais pas où va le monde, mais je pense que les Nord-Américains – les Églises – vont devoir être beaucoup plus à l’écoute de la sagesse d’autres régions si nous voulons continuer à être une Église. »
« J’apprécie l’utilisation actuelle des lettres pastorales qui appellent à la prière. J’encourage l’utilisation de ce format pour aborder non seulement nos préoccupations immédiates, mais aussi la prière pour obtenir la sagesse nécessaire pour avancer ; la manière dont nous devrions réfléchir à ce que nous devons faire ; nous encourager à interroger notre cœur sur notre mission ; la manière dont nous exprimons notre témoignage de paix face aux situations concrètes d’aujourd’hui », déclare Nancy Heisey.
« Ces appels à la prière ont une large portée. Les membres ordinaires des assemblées peuvent réellement les écouter. Ce qui ressort de nos groupes de discussion lors de l’heure de prière en ligne, par exemple, est frappant. »
« Cela consiste en partie à aider l’ensemble de nos membres en termes de communication. Cela donne une direction et une certaine forme d’unification, de ralliement autour d’une question », explique Danisa Ndlovu.
« Cela rejoint notre rôle en tant qu’Église de paix », ajoute Nelson Kraybill. « Nous devons continuer à renforcer les relations et les liens d’amour et de fraternité au sein de la Communion Anabaptiste Mondiale, en gardant toujours à l’esprit la paix et la mission.
« Si nous pouvons continuer à renforcer ces relations au sein du corps mondial, la théologie du shalom, alors chaque partie régionale de l’Église doit l’incarner dans sa région. Nous sommes à leurs côtés. Nous prions avec eux. Nous sommes appelés à prier lorsqu’il y a un sujet de préoccupation. C’est le lien spirituel qui aura l’effet le plus durable, plutôt que les déclarations politiques », dit-il.
« Je ne pense pas que nous devrions politiser, mais nous pouvons être des personnes qui essaient de faire ce que leur foi les appelle à faire », dit Nancy Heisey. « Je précise dans chaque lettre que j’écris [à mes représentants politiques] que je suis chrétienne mennonite et que mes semblables se soucient de cette question. Il y a une force dans le fait de pouvoir dire : « Mon Église mondiale nous appelle à prier pour cette question. Comme l’a dit l’évêque Charles Nseemani de la BICC Zambie : « Nous pouvons aller parler à nos dirigeants, mais ils doivent savoir que nous venons en tant que chrétiens et non en tant que partisans. »
« Quand vous dites mennonite, les gens pensent à la paix », explique Danisa Ndlovu. « Nous sommes connus comme une Église historique de paix. Si nous utilisons cela à bon escient, c’est un bon témoignage. »
« Pour qu’ils soient un comme nous sommes un » a prié Jésus en Jean 17.22.
Cette prière pour celles et ceux qui suivent Jésus est restée d’actualité depuis le moment où il l’a prononcée.
Le mouvement anabaptiste, dont nous célébrons cette année le 500ème anniversaire, était à l’époque une « scission de l’Église ». Les nombreux groupes qui composent aujourd’hui notre mouvement témoignent d’une fragmentation encore plus grande.
C’est donc en quelque sorte un miracle que la Conférence Mennonite Mondiale – une communion d’Églises liées à l’anabaptisme – ait atteint son 100ème anniversaire cette année. Ce miracle a pris une ampleur et une portée que ses initiateurs n’auraient pu imaginer lorsqu’ils ont résisté à la tentation de la scission pour se rassembler en famille.
« On commence avec une graine de moutarde », a déclaré Nancy Heisey, présidente de la CMM de 2003 à 2009. Avec plusieurs autres dirigeants, elle a réfléchi au passé, au présent et à l’avenir de la communion mondiale dans ce numéro (voir pages 3 à 6). En réponse à la prière de Jésus, l’« arbre » anabaptiste a grandi au cours de ces 100 années.
C’est Dieu qui rassemble les diversités de peuple, de langue, de culture, d’ethnie, de genre, de richesse, d’éthique et de théologie, et qui les appelle à l’unité, a déclaré Thomas R. Yoder Neufeld au Conseil Général en 2018.
Nous sommes passés de dirigeants d’Églises européens et nord-américains se réunissant tous les cinq ans environ à des dirigeants de 61 pays des cinq continents entretenant des relations continues depuis des années. Nous sommes passés de quelques pasteurs et universitaires à un réseau interconnecté de prédicateurs, d’enseignants, de missionnaires, de militants, de travailleurs pour le développement et plus encore.
Bien que les différences culturelles dans la manière dont nous vivons notre foi commune nous surprennent parfois, c’est la diversité théologique qui remet le plus souvent en question notre unité.
L’apôtre Paul utilise la métaphore d’être « enchaîné » au Christ dans Éphésiens 4. Thomas R. Yoder Neufeld a suggéré que cette analogie pourrait être utile pour notre communion d’Églises : « Il faut des chaînes pour ce qui ne tient pas facilement ensemble. »
Depuis maintenant 100 ans, 110 unions d’Églises membres de la CMM et les milliers d’assemblées qui composent ces entités ont choisi de s’identifier à cette famille. Cette famille n’est pas nécessairement en harmonie, et encore moins uniforme ou d’accord sur tout. Au contraire, « l’unité est un don de Dieu, et pas notre accomplissement », a déclaré Thomas R. Yoder Neufeld.
Puissions-nous recevoir ce don pour les 100 prochaines années, avec tous ses défis, en suivant l’exemple de Jésus : avec humilité, patience et pardon, alors que nous souffrons les uns avec les autres (et parfois à cause les uns des autres !).
Karla Braun est rédactrice en chef de COURRIER pour la Conférence Mennonite Mondiale. Elle vit à Winnipeg (Canada).
C’était une jeune esclave. Nous ne connaissons pas son nom, mais nous savons qu’elle était prisonnière de guerre. Nous ne pouvons qu’imaginer la détresse, le désarroi et le traumatisme qu’elle a dû endurer en tant que personne déplacée, une réfugiée esclave dans un pays étranger.
L’histoire est racontée dans le chapitre 5 du deuxième livre des Rois. Naaman, un commandant de l’armée araméenne, vient de remporter une importante victoire militaire sur le peuple d’Israël. Une jeune fille faisait partie du butin de guerre, et Naaman l’a forcée à devenir la servante de sa femme.
Mais maintenant, Naaman, celui qui l’a réduite en esclavage, est malade. Et la jeune fille sait exactement ce qu’il faut faire pour le guérir.
C’est un moment décisif : alors qu’elle vit parmi ceux qui ont brisé ses rêves, détruit ses relations, anéanti sa famille et lui ont pris ses biens, sa liberté et son identité culturelle, elle est confrontée à un choix difficile.
Comment va-t-elle réagir face à ceux qui menacent son existence ?
Il y a environ 500 ans, Ulrich Zwingli était confronté à la même question : comment réagir face à ceux qui menaçaient son existence et celle de sa ville ? Les circonstances étaient très différentes. Il était le meneur de la Réforme à Zurich et pasteur dans cette même église [où nous nous trouvons].
Au printemps 1529, les autorités catholiques menaçaient d’écraser la Réforme à Zurich. Craignant que ses réformes ne s’effondrent et que la progression de l’Évangile soit stoppée, Zwingli, inquiet, envoya un appel urgent au Conseil municipal, l’exhortant à mobiliser une armée.
Dans une lettre au Conseil, Zwingli inclut une phrase qui deviendra plus tard un slogan de la Réforme suisse. « Pour l’amour de Dieu, » écrivit-il, « faites quelque chose de courageux ! »
Pour Zwingli, l’objectif était clair : face aux ennemis de l’Évangile, le courage signifiait se mobiliser pour la guerre.
À quoi ressemble le courage lorsque nous sommes confrontés à des choix difficiles ? Cette question est tout aussi pertinente aujourd’hui qu’il y a 500 ans ou au IXe siècle avant Jésus-Christ.
De toute évidence, la servante de Naaman aurait dû se taire. Après tout, elle était jeune, elle était une femme, elle était israélite et elle était esclave. Elle n’avait pas le droit de parler.
De plus, Naaman était un païen et un oppresseur, ce qui suffisait à le rendre odieux aux yeux des Israélites. Et sa maladie de peau le rendait encore plus impur du point de vue de la loi juive.
Rien ne lui donnait l’autorité de prendre la parole, et pourtant elle l’a fait. Elle a trouvé le courage d’agir d’une manière qui transcendait son identité de victime… Elle a trouvé le courage de répondre avec compassion et même avec amour.
« Il y a un prophète en Samarie, le pays de vos ennemis, qui peut vous guérir. » lui dit-elle
Le courage est précisément ce dont les victimes ont besoin pour trouver leur voix et résister au silence que les autres veulent leur imposer.
Pourtant, le courage, en particulier face à nos agresseurs, nos bourreaux ou nos ennemis, prend de multiples formes.
Pour Zwingli, le courage face aux ennemis de l’Évangile signifiait se mobiliser pour la guerre.
Pour certains chrétiens, le courage implique souvent l’attente d’une justice punitive, exigeant que les coupables paient pour leurs actes et subissent un châtiment juste pour leurs crimes violents.
Pour de nombreux dirigeants politiques, le courage implique une riposte légitime contre leurs ennemis.
Certaines personnes exigent une justice qui exclut toute possibilité de pardon et de transformation pour l’oppresseur, garantissant ainsi que le cycle de la violence se poursuivra dans la génération suivante.
Jésus, cependant, a proposé un modèle différent. Il n’a pas nié ni ignoré la violence, l’oppression et l’injustice terribles de son époque. Mais il n’a pas non plus cherché à se venger. Dans le chapitre 4 de Luc, immédiatement après avoir proclamé son ministère dans la synagogue en lisant Ésaïe 61, Jésus mentionne l’histoire de Naaman et de sa guérison miraculeuse.
Bien qu’il ne nomme pas la jeune fille, nous reconnaissons dans ses actions quelque chose qui touche au cœur même de l’Évangile. Jésus n’a jamais eu peur d’affronter l’injustice ; cependant, la justice qu’il prêchait ouvre la porte à la transformation de l’oppresseur. Dans les Évangiles, la justice n’est pas rétributive ; elle ne donne pas aux oppresseurs ce qu’ils méritent, mais plutôt ce dont ils ont besoin : la vérité, l’amour, la compassion, la possibilité de se transformer et le pardon.
Dans le récit de 2 Rois, la jeune fille refuse de voir la vulnérabilité de son oppresseur comme une occasion de vengeance ou de représailles. Au contraire, sa voix incarne l’espoir et l’accueil pour quelqu’un qui lui a causé un tort immense.
Elle a eu le courage d’aimer, offrant à son agresseur ce qu’il ne pouvait obtenir avec sa puissance : la guérison, la liberté et la possibilité d’un nouveau départ. Elle n’a pas donné à Naaman ce qu’il méritait, mais ce dont il avait besoin : la chance d’être transformé.
C’est un amour qui dépasse l’entendement humain.
Il y a cinq cents ans, un nouveau mouvement au sein de l’Église à Zurich et dans d’autres régions d’Europe a trouvé ce courage dans sa relation avec Jésus, dans sa vie et ses enseignements, dans sa mort et sa résurrection, affirmant que l’appel de Dieu à aimer son ennemi n’est pas ‘idéaliste’ ou ‘naïf ’. Pour eux, le courage d’aimer, rendu possible par l’œuvre du Saint-Esprit, était la seule voie vers une nouvelle humanité. Ce mouvement fut connu sous le nom d’anabaptisme. C’est cette tradition chrétienne que nous commémorons ici aujourd’hui. Malheureusement, Zwingli et d’autres dirigeants de l’Église européenne de l’époque perçurent le mouvement anabaptiste comme une menace et y répondirent par la violence et la persécution.
Pour l’amour de Dieu, faites quelque chose de courageux !
Tôt le matin du 11 octobre 1531, Zwingli a conduit un groupe de soldats zurichois sur un champ de bataille juste à l’extérieur de la ville pour affronter l’armée catholique qui menaçait sa vision d’une Zurich réformée. Ils ont été presque immédiatement écrasés. Alors qu’ils tentaient de battre en retraite, Zwingli a été tué, ainsi qu’au moins 500 autres citoyens de Zurich.
Aujourd’hui, alors que nous commémorons la mémoire des premiers anabaptistes, je nous invite à nous poser la question suivante, aussi bien en tant qu’individus qu’en tant qu’églises : que signifie « faire quelque chose de courageux, pour l’amour de Dieu » ?
Photo : Après la ‘perturbation’, César García, secrétaire général de la CMM, prêche sur le thème ‘Le Courage d’aimer’/Preshit Rao
Fortifiés par le Saint-Esprit, pouvons-nous trouver le courage de briser le cycle de la violence ?
Pouvons-nous affronter directement notre passé, non pas pour appuyer et revenir sur ce que nous avons subi, mais pour guérir nos blessures et celles des autres, et pour réparer les relations brisées ?
Pouvons-nous devenir des phares d’espoir dans un monde où la fragmentation et la division semblent progresser de toutes parts ?
Pouvons-nous envisager notre avenir comme une nouvelle création, où la compassion et l’amour ouvrent à un nouveau départ ?
Le courage d’aimer — activement, avec imagination et vulnérabilité — est plus qu’une technique de résolution des conflits ; c’est une spiritualité profondément enracinée, une stratégie remarquablement originale. Dans un monde où le mal engendre le mal et où la violence engendre davantage de violence, l’amour a le pouvoir de briser ces chaînes. L’amour a le pouvoir de guérir à la fois celui qui aime et celui qui est aimé.
Amis chrétiens, suivant les traces de Jésus, ayons ensemble le courage d’aimer, pour l’amour de Dieu !
César García, secrétaire général de la CMM, originaire de Colombie, vit à Kitchener, Ontario (Canada).
Ce numéro de Courrier vous offre un petit aperçu du 500e anniversaire
Inspiré par la célèbre exhortation de Zwingli à « faire quelque chose de courageux », la CMM a choisi comme thème ‘Le Courage d’aimer’ pour notre 500e anniversaire. Nous l’avons célébré par un événement ouvert à tous dans les rues de Zurich (Suisse), le jour de l’Ascension, le 29 mai 2025.
C’est également le 100e anniversaire de la CMM, puisque c’est la célébration des 400 ans de l’anabaptisme qui a été à l’origine de la réunion des premiers responsables anabaptistes (voir page 25).
Après une journée entière de concerts de chorales (voir page 15), d’ateliers (voir page 21), d’une table ronde (voir page 22), de séances de cinéma et d’expositions artistiques, les cloches ont sonné pour appeler la foule fatiguée au culte (voir page 3).
Alors que le mouvement qui a débuté il y a 500 ans a entraîné un schisme au sein de l’Église universelle, cette rencontre d’anniversaire a été marquée par le rassemblement. La journée à Zurich a non seulement réuni plus de 3 500 anabaptistes du monde entier, mais elle a également été l’occasion de communion et de culte avec des représentants de 13 communautés chrétiennes et de 3 organisations chrétiennes multilatérales.
Il convient de noter que l’Église réformée de Zurich (considérée comme l’ennemie des premiers martyrs anabaptistes) a généreusement collaboré à la rencontre. L’utilisation de la Grossmünster, où la mauvaise visibilité à l’intérieur et le nombre limité de places ont contraint de nombreux participants enthousiastes à rester dehors une fois la capacité maximale atteinte, était un cadeau de l’Église réformée. Les responsables de cette communion mondiale ont également participé de manière significative au service de réconciliation qui a clôturé cet événement (voir page 10).
La ‘perturbation’ (voir page 6) du culte a réveillé l’attention du public après une longue journée passée à parcourir le centre-ville sous un soleil de plomb ou à s’entasser dans des salles de séminaire bondées. Mais elle a aussi rappelé que les premiers anabaptistes ont laissé de la place à l’Esprit de Dieu pour surprendre et déranger, les amenant à développer une nouvelle perspective sur ce que signifie être Église dans le monde. C’était également un modèle montrant comment l’écoute, la confession et l’ouverture à d’autres formes d’action peuvent transformer les mouvements de renouveau en participants volontaires à la mission de Dieu, avec aussi d’autres membres de la communion mondiale. Et ces invitations s’adressent à nous aujourd’hui.
Parmi les contributeurs aux liturgies écrites pour le culte à Zurich que vous lirez ici figuraient Jürg Bräker, Rainer Burkart, J. Jakob Fehr, César García, Anne-Cathy Graber, J. Nelson Kraybill, Larry Miller, John Rempel, John D. Roth et Thomas R. Yoder Neufeld.
Cette journée a suivi la réunion triennale du Conseil Général et s’est poursuivie par le Sommet Mondial de la Jeunesse (GYS), qui s’est tenu pour la première fois sur une base triennale. Cela a permis à des représentants d’une soixantaine de pays d’être présents à Zurich, aux côtés des milliers de personnes qui se sont connectées en ligne pour suivre la retransmission en direct ou pour visionner le culte dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi.
Nous vous invitons à nous accompagner tout au long de cette journée à Zurich. Tout en jetant un regard rétrospectif, puissions-nous aussi regarder vers l’avenir. Que le courage d’aimer façonne notre mouvement pour suivre Jésus ensemble les 500 prochaines années.
Karla Braun est rédactrice en chef de COURRIER pour la Conférence Mennonite Mondiale. Elle vit à Winnipeg (Canada).
Diacres
La Commission Diacres a notamment pour responsabilité de superviser le Fonds de Partage de l’Église mondiale (GCSF), de favoriser la prière au sein de la communion anabaptiste (envoi du courriel du Réseau de prière, animation de l’Heure de Prière virtuelle et collaboration avec le président pour les lettres pastorales) et les visites de diacres.
De 2022 à fin 2024, la Commission Diacres a approuvé 20 propositions du GCSF pour un montant d’environ 239 000 USD, après un discernement et un examen minutieux. « Le GCSF montre que les églises d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ne sont pas seules et que la communauté spirituelle mondiale est unie dans le partage et le soutien », dit Tigist Tesfaye, secrétaire de la Commission Diacres.
Souvent en collaboration avec d’autres spécialistes de la CMM, les diacres ont envoyé une délégation visiter les églises membres en difficulté pour les écouter, être en communion, prier et célébrer avec elles. « Cela permet de renforcer l’église locale et son lien avec la communauté mondiale », dit Tigist Tesfaye.
En 2024, aux côtés de la Commission Paix, la Commission Diacres a rencontré en Thaïlande17 pasteurs du Myanmar. Les membres ont aussi effectué une visite non officielle à d’autres églises membres en Thaïlande.
Tous les deux mois, la Commission Diacres invite tous les membres à un rassemblement en ligne. L’Heure de Prière virtuelle se déroule en quatre langues — anglais, espagnol, français, hindi — avec 60 à 80 participants qui prient ensemble en temps réel.
Foi & Vie
La Commission Foi & Vie cherche à aider les églises membres de la CMM en offrant et en recevant des recommandations (développant ainsi la responsabilité mutuelle) sur des questions liées à la foi et à la pratique chrétiennes, ainsi qu’à l’identité et à l’action anabaptiste-mennonite dans le monde d’aujourd’hui.
Foi et Vie a promu l’enseignement, des débats et des ressources lors de la publication d’un guide d’étude concernant le Rapport sur le Baptême. Il a été distribué aux délégués du Conseil Général avec une invitation à le faire connaître, à l’utiliser et à l’étudier dans leurs unions d’églises. Les membres de la Commission ont échangé leur expérience de baptême sur le site Internet de la CMM, afin de susciter l’intérêt pour l’étude de nos convictions en matière de baptême.
La Commission a continué à discuter et à fournir des ressources à la CMM sur les thèmes de la communion mondiale, de l’unité et de la protection de la création.
Lorsque la Conférence Mennonite Mondiale est invitée à établir des relations avec d’autres communions mondiales, la Commission Foi & Vie est appelée à la représenter. Outre les dialogues avec la Communion mondiale des Églises réformées, qui ont abouti à une importante déclaration de réconciliation pour 2025, elle a aussi envoyé Anne-Cathy Graber pour représenter les anabaptistes à un synode du Vatican sur la synodalité.
Structurellement, les nouveaux Réseaux d’Éducation anabaptistes mondiaux relèvent de la Commission Foi & Vie. Ces réseaux émergents concernent l’enseignement primaire, secondaire et les séminaires et apprennent ensemble à former des étudiants afin qu’ils deviennent pasteurs et responsables dans le monde entier.
Commission Mission
Les rencontres — en ligne et en personne — ont constitué une part importante du travail de la Commission Mission au cours des trois dernières années. La réunion de 2023 à Harrisonburg, Virginie, a été cruciale pour la CM et ses deux réseaux, car nous avons eu l’occasion de nous réunir en personne pour un temps de communion et de ressourcement. Environ 60 délégués des réseaux y ont participé.
La Commission Mission a soutenu le Réseau Anabaptiste Mondial d’Entraide et la Fraternité Missionnaire Mondiale en proposant de nombreux webinaires qui furent à la fois une occasion de se connaître mieux et d’apprendre. Ce travail a été souligné dans le numéro précédent de Courrier.
Pour 2025, nous nous réjouissons de publier une bibliographie actualisée en ligne sur l’anabaptisme et la mission. Vous la trouverez sur le site de la CMM.
Commission Paix
Chaque année, la Commission Paix produit les documents concernant le Dimanche de la Paix qui sont distribués dans les églises membres de la CMM du monde entier. Les photos et les rapports que les assemblées envoient de leur célébration témoignent de notre travail de construction de la paix.
La Conférence mennonite mondiale sur le Travail pour la Paix est parrainée par la Commission Paix. Organisée par Eastern Mennonite University en 2023, elle a rassemblé 160 théologiens, artisans de la paix, pasteurs, activistes et artistes de 20 pays à Harrisonburg, en Virginie (États-Unis). Ils ont participé à des conversations sur la théologie et la pratique du travail pour la paix anabaptiste/mennonite et ont échangé sur la Déclaration sur l’Objection de Conscience (publiée en 2022).
Les membres de la Commission Paix se sont joints aux Diacres pour une visite de solidarité au Myanmar afin d’encourager les pasteurs en ce temps de guerre.
La Commission Paix s’est également engagée, avec d’autres partenaires, à élaborer un plan de conversation avec les Old Colony Mennonites, qui font partie de la famille des croyants anabaptistes mais ne font pas partie de notre association formelle en tant que Conférence Mennonite Mondiale. Les préoccupations concernant les pratiques agricoles ont fourni des occasions de travailler à la paix dans les conversations avec d’autres organisations, les partenaires de la CMM et les Old Colony Mennonites.
n jour glacial de Thanksgiving, en novembre 1910, cinq anciens ordonnés se sont réunis avec d’autres invités dans la salle de Pigeon River Conservative Amish Mennonite, comté de Huron, au Michigan (États-Unis), pour travailler ensemble sur la mission de l’église. De cette réunion est né le réseau d’églises Rosedale (appelé à l’époque Conservative Amish Mennonite Conference).
Les anciens à l’origine de cette réunion étaient l’évêque Solomon J. Swartzentruber et le pasteur Michael S. Zehr. L’évêque Joshua King du comté de Stark, dans l’Ohio, était présent, ainsi que l’évêque John L. Mast et le pasteur Jonas D. Yoder du comté de Mifflin, en Pennsylvanie. Bien qu’elles n’aient pas assisté à cette réunion, d’autres paroisses de la vallée de Casselman en Pennsylvanie et dans le Maryland, du comté de Lewis dans l’État de New York et du comté de Johnson dans l’Iowa se sont identifiées à ce groupe émergeant.
L’assemblée mennonite de Pigeon River, où s’est tenue la première réunion, est toujours aujourd’hui membre du réseau d’églises de Rosedale.
Priorités
Cinq priorités ont été définies lors de cette toute première réunion : le maintien de l’unité, la non-conformité, la préservation de la langue allemande, le devoir de diffuser l’Évangile et la réponse à la division.
La première action de ce nouveau groupe est née de sa conviction de diffuser l’Évangile et de son souci des pauvres et des orphelins.
Lors de leur deuxième réunion en 1912, des plans ont été mis en place pour créer un foyer pour les orphelins. Ce projet a reçu un soutien important de la part des assemblées de la vallée de Casselman (Pennsylvanie et Maryland). Ainsi en 1914, le foyer a été fondé à Grantsville, dans le Maryland.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, le Réseau d’Églises Rosedale comprend 119 assemblées réparties à travers les États-Unis qui travaillent ensemble pour s’édifier mutuellement et multiplier les assemblées au niveau local et mondial.
Lors de sa fondation, ce même engagement a été pris envers les Écritures en tant qu’autorité pour la vie et pour que l’accomplissement de la mission de Dieu dans le monde se poursuive encore aujourd’hui.
Le Réseau Rosedale ne serait pas ce qu’il est sans son bras éducatif (le Rosedale Bible College) et son bras missionnaire (Rosedale International). Ces organisations aident énormément les églises à accomplir leur mission.
Une autre force du Réseau Rosedale est le soutien qu’il offre à ses pasteurs par le moyen de groupes de pairs, de formations, de cours et de rassemblements annuels qui offrent des occasions de fraternité, d’encouragement, d’inspiration et de ressourcement.
Comme peuvent en témoigner d’autres groupes d’églises en Amérique du Nord, le Réseau Rosedale doit faire face à de grandes difficultés, notamment l’influence omniprésente du matérialisme et celle, croissante, du nationalisme.
Le Réseau Rosedale a rejoint la CMM en tant que membre associé en 2000.
En 2025, il compte 119 églises avec 13 403 membres baptisés.
Brian Hershberger, directeur, Rosedale Network of Churches
À aucun moment nous n’avons entendu le mot ‘responsables’, nous parlions plutôt de missionnaires. Les premiers responsables de la paroisse étaient des Frères mennonites : Jakob Franz dans les années 1930, puis Gerhard Hein.
Ceux-ci sont partis, mais ils ont répandu la Parole dans la communauté. C’est d’abord à Filadelphia qu’une assemblée a été implantée, puis à Cayin ô Clim (aujourd’hui Neuland).
Au début, le plus important pour les responsables était de proclamer la Parole à d’autres communautés. Ils le faisaient au moyen de cultes, d’études bibliques et par la traduction de chants dans la langue locale.
En 1960, un groupe de personnes a été baptisé par les missionnaires.
L’organisation Luz a Los Indígenas (Lumière pour les peuples autochtones) nous a donné, à nous, peuples autochtones, la possibilité de faire partie de l’Église, de devenir des croyants en Dieu. Depuis 2006, elle s’appelle ACoMeM (Asociación Civil Obra Misionera Evangélica Menonita).
Nous avons rejoint l’Église mennonite lorsque nous avons pris conscience de la présence des mennonites dans notre communauté.
Aujourd’hui, nos points forts sont notre amour pour la Bible et notre école qui aide les membres à étudier la Parole. L’important est d’avoir la foi et de ne pas la perdre.
Notre défi est d’aider d’autres personnes à faire confiance à Dieu.
Vers 2018, nous comptions 2 600 membres baptisés dans 12 assemblées.
Elsa Pérez est membre de Iglesia Hermanos Menonitas Malaquías, située dans la Comunidad Campo Alegre, au Paraguay. Elle est membre de la tribu indigène des Nivaclé.
Une série de couples missionnaires nord-américains se sont succédé au sein de l’agence missionnaire des Frères mennonites tout au long des années 1980 et 1990. Cependant les graines semées dans une église de maison de la banlieue de Lourés, à Lisbonne, ont continué à germer et ont donné vie à une Église de Frères mennonites.
Les premiers missionnaires canadiens sont arrivés en 1985 et ont commencé à fréquenter une école biblique locale pour se familiariser avec la culture régionale. Des petites annonces ont été affichés dans le quartier pour annoncer des cours d’anglais afin d’encourager les gens à franchir la porte d’une petite maison où se réunissait la communauté.
Parmi les premiers membres de l’assemblée, il y avait deux couples catholiques qui en sont devenus les piliers. Ils assistaient à la messe le matin et venaient au culte des Frères mennonites l’après-midi.
La communauté est devenue trop grande pour l’appartement et a acheté un bâtiment. De 10 à 20 puis à 40, les fidèles se réunissaient l’après-midi pour prier, ainsi qu’ils le font encore aujourd’hui.
En 1989, l’assemblée Igreja dos Irmãos Menonitas de Portugal a été officiellement créée et un bâtiment a été acheté à Lourés pour accueillir les rassemblements de plus en plus nombreux.
Elle s’est développée en se rapprochant d’une communauté de croyants venus d’Angola et de République démocratique du Congo. Lorsque les mennonites suisses qui accompagnaient la communauté sont rentrés chez eux, le groupe africain a rejoint les Frères mennonites (MB).
Un groupe organisé par le Bund TaufGesinnter en Allemagne avait fondé une paroisse parmi les peuples de langue slave. Il a également rejoint l’église des Frères mennonites portugais.
Pendant un certain temps, le Portugal a été considéré comme une étude de cas d’une église diversifiée dans un petit pays.
Elle avait une prédication centrée sur Jésus, de la musique évangélique entraînante pour le culte, des enseignements sur la manière de prier et des activités le dimanche pour les enfants.
Pendant plusieurs années, il y a eu un ministère auprès des enfants et des jeunes en difficulté. Les jeunes recevaient une formation professionnelle de base ainsi qu’un accompagnement dans leur vie de disciple.
Deux assemblées géraient une boutique d’occasion qui fournissait un revenu et un point de rencontre de la communauté.
Il y avait des repas communautaires où tout le monde pouvait se sentir bienvenu et socialiser. Les personnes qui se sentaient rejetées ont trouvé un foyer dans le réseau des églises Frères mennonites.
En 2017, l’association a rejoint la CMM après avoir été présentée à la famille mennonite mondiale par l’intermédiaire de l’ICOMB.
Une série de changements dans les relations et le soutien financier de l’agence missionnaire nord-américaine, ainsi que des problèmes liés aux responsables locaux, ont amené à ce qu’il ne reste qu’une seule paroisse en 2025.
Cependant, l’esprit d’accueil et d’inclusion des deux premiers couples catholiques demeure et l’assemblée à confiance qu’elle grandira à nouveau.
Comment prier pour l’Igreja dos Irmãos Menonitas de Portugal
Priez pour des occasions de mener de nouvelles activités pour atteindre la communauté avec la Bonne Nouvelle.
Priez pour les responsables qui doivent exercer leur ministère à côté d’un autre emploi.
Priez pour la force et l’unité du Christ dans l’assemblée.
José Arrais, responsable laïc de longue date de l’IIMP et représentant régional de la CMM pour l’Europe.
L’Église Frères en Christ (BICC) d’Afrique du Sud a été fondée en 1988 par feu le pasteur Hamilton Madlabane à Soshanguve, au nord de Pretoria. Bien que ce soit un Sud-Africain qui ait créé la BICC en Afrique du Sud, celle-ci était largement inconnue de la plupart des Sud-Africains à l’époque (au Zimbabwe voisin, en revanche, la BICC existait depuis presque un siècle).
Dans les années 1980, Hamilton Madlabane a rencontré Anna Engle, des Frères en Christ des États-Unis, qui avait besoin d’interprétation de l’anglais vers le zoulou. À la fin de son séjour en Afrique du Sud, elle l’a invité à se rendre en Amérique du Nord. Hamilton Madlabane a été impressionné par la manière dont la BICC organisait et animait ses cultes.
À son retour en Afrique du Sud, il tenta de persuader les anciens de son église, le Body of Christ Church de Soshanguve, d’adopter le nom de BICC. Cependant, ses efforts n’ayant pas abouti, il décide de créer une branche BICC indépendante.
Au début, l’assemblée se réunissait sous une tente.
Au fil du temps, Hamilton Madlabane a reçu le soutien du conseil des Frères en Christ d’Amérique du Nord pour des actions missionnaires. Malheureusement, ce financement était insuffisant pour mener à bien leur projet. Afin de générer des ressources supplémentaires, il a vendu son camion. Finalement, il a reçu l’aide d’un avocat qui a favorisé la participation d’une entreprise de construction, permettant ainsi l’achèvement d’un bâtiment pour l’église.
En 1990, des membres de la diaspora zimbabwéenne, dont beaucoup avaient été membres de l’Église des Frères en Christ au Zimbabwe, ont décidé, avec les encouragements d’un membre de l’assemblée BICC du Zimbabwe, de fonder une assemblée à Hillbrow, Johannesburg. Ce Zimbabwéen a ensuite encouragé et soutenu l’union de la paroisse de Soshanguve et de celle de Hillbrow, grâce aux efforts du pasteur Albert Gegana et de l’évêque Jack Shenk en particulier.
L’église a tenu sa première conférence générale annuelle en tant que paroisse unifiée pendant les vacances de Pâques 2007 à Blue Hills, après avoir réussi à unifier la BICC Soshanguve et la BICC Hillbrow.
Au fil du temps, l’union d’églises s’est développée et a tenu sa première conférence nationale des années plus tard en 2011 et s’est vue conférer le statut d’Association par l’Association internationale des Frères en Christ (IBICA).
En 2014, BICC SA est devenue une église membre de la CMM.
En 2024, BICC SA comptait 1 988 membres baptisés dans 24 assemblées.
Sakhile Mashiri, administrateur, Église des Frères en Christ d’Afrique du Sud (BICCSA) Brian Maphosa, superviseur national, Frères en Christ Church South Africa (BICCSA)