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  • La CMM nomme un cinquième membre du bureau 

    « Une organisation dynamique, au service de ses membres, doit être prête à changer et à s’adapter au fur et à mesure que nous apprenons et grandissons. Notre plus récente addition à l’équipe de direction de la CMM en est un exemple, illustrant notre volonté de répondre aux besoins de nos membres », déclare César García, secrétaire général de la CMM.

    Siaka Traoré a été nommé membre d’office du bureau de direction de la Conférence Mennonite Mondiale en tant que représentant pour l’Afrique, avec effet immédiat. 

    « Je ne viens pas dans cette équipe en tant que personne ayant une expertise, mais je viens avec foi et conviction que, si Dieu l’a voulu, il se servira de moi pour le bien-être de la CMM, dit Siaka Traoré. Ma prière est que la CMM réponde aux attentes de ses membres. »

    L’organe décisionnel de la Conférence Mennonite Mondiale est le Conseil Général, dont les délégués représentent nos Églises membres partout dans le monde. Un Comité Exécutif est choisi parmi les membres de cet organe, et ce comité est dirigé par des membres du bureau de direction : le secrétaire général, le président, le vice-président et le trésorier. Ces fonctions sont actuellement occupées par César García (Amérique latine), Henk Stenvers (Europe), Lisa Carr-Pries (Amérique du Nord) et Sunoko Lin (Asie).

    Ces quatre postes ne permettent pas de représenter les cinq régions que compte la CMM. Lors des réunions du Conseil Général en 2025, il a été décidé que le Comité Exécutif devait nommer un membre d’office afin d’assurer une représentation complète des continents et que cette personne devait provenir d’Afrique, la région actuellement absente parmi les membres du bureau. 

    Les membres du bureau se rencontrent deux fois par an en personne et une fois par mois en ligne.

    Le révérend Siaka Traoré est pasteur à l’Église évangélique mennonite du Burkina Faso. Il est titulaire d’une maîtrise en missions de la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui (FATEB). Il a collaboré avec le Comité central mennonite à un programme pour la paix en Afrique de l’Ouest.

    Au sein de la Conférence Mennonite Mondiale, Siaka Traoré a occupé le poste de président de la Commission Diacres (2015-2022) et celui de représentant régional pour l’Afrique centrale et occidentale de 2022 jusqu’à sa nomination au sein du bureau. 

    « Pour moi cette nomination exprime le souhait de la CMM d’inclure tous les membres de toutes les parties du monde dans la gestion de la vie de l’organisme. Au regard de la composante de la CMM, celle-ci a adopté l’image de la mosaïque. En me joignant à l’équipe des membres du bureau, nous voulons rendre visible cette mosaïque », dit Siaka Traoré.

    « Au fil des nombreuses années de service en tant que dirigeant d’Église animé d’un esprit de service, tant dans son pays d’origine, le Burkina Faso, qu’à l’international en tant qu’orateur invité, mentor, artisan de paix chevronné et interprète culturel, Siaka s’est fait largement connaître au sein de la famille de la CMM. Nous sommes heureux de l’inviter à assumer cette fonction pour laquelle son expérience l’a bien préparé », déclare César García.


    Siaka Traoré (Burkina Faso) speaks about being a mentor at the panel discussion in Zurich, “Standing Between the Lines in a World on Fire.”
  • Les attaques terroristes ont déplacé 700 000 personnes au Burkina Faso, pays d’Afrique de l’est. Beaucoup disent que ce dont ils ont le plus besoin, c’est de prières. 

    « Seul Dieu peut nous aider à trouver une solution ; elle ne viendra pas des forces armées, » déclare un gouverneur provincial à Bobo-Dioulasso. Il s’est exprimé lors d’une réunion de 150 responsables religieux et civiques à l’occasion de la visite de la Conférence Mennonite Mondiale.

    Les membres de la délégation, Siaka Traoré du Burkina Faso, Jürg Bräker de Suisse, Jean Paul Pelsy et Didier Bellefleur de France, et Nelson Kraybill des États-Unis se sont rendus sur place du 17 au 24 février 2020 au nom de la Commission Diacres. L’Africa Inter-Mennonite Mission était également représentée dans la délégation par Léonard Kiswangi de République Démocratique du Congo et le Comité Central Mennonite s’est chargé de la logistique.

    Depuis 2016, les pasteurs et les églises du Burkina Faso ont subi des attaques mortelles. Mais les mosquées, les communes, la police, les écoles et d’autres lieux de cohésion sociale ont également été ciblés. Deux cent mille enfants sont déscolarisés et la famine menace car les agriculteurs ne sont plus en mesure de semer ou de récolter.

    Respect pour la diversité 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    Le porte-parole du président de la communauté musulmane à Bobo-Dioulasso a déclaré lors de la réunion que les membres de sa communauté voulaient la paix. Le respect de la diversité est au cœur de l’Islam. La diversité est un moyen d’expression du Créateur. Dieu veut que nous soyons tous différents mais unis. »   

    Il a remercié les mennonites pour leur soutien et a cité Ésaïe 58, « Le jeûne tel que je l’aime, (…) c’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés ».

    Lors d’une autre réunion les pasteurs mennonites ont expliqué que la violence avait diminuer la confiance entre les gens. Les églises doivent être vigilantes car des espions se font passer pour des sympathisants. Abdias Coulibaly, président de l’Église Évangélique Mennonite du Burkina Faso, témoigne : « Avant nous pouvions organiser les activités d’église librement. Mais maintenant il faut prendre en compte la sécurité ». Certaines paroisses se réunissent uniquement dans les maisons.

    Souffrir ensemble

    Siaka Traoré en s’adressant aux autres membres de la délégation, dit : « Vous avez risqué vos vies pour venir nous apporter votre soutien. Si un membre du corps souffre, tous les membres souffre avec lui. » 

    Les visiteurs de la CMM ont entendu à maintes reprises que la crise n’est pas due principalement au conflit entre musulmans et chrétiens. Certaines attaques sont attribuées aux extrémistes islamistes mais d’autres sont liées à la criminalité dérivée du trafic de stupéfiant ou de la traite de personnes. Le chômage élevé rend les jeunes plus vulnérables aux idéologies radicales.

    Outre les rencontres avec les pasteurs mennonites, la délégation s’est entretenue en privé avec les hauts responsables de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME), à Ouagadougou. Elle a pu également échanger avec l’archevêque catholique romain et avec le Mogho Naba (empereur) du peuple Mossi. Peuple qui représente 40 pourcents de la population du pays.

    Acte d’amour 

    Le président de l’EEMBF, Abdias Coulibaly discute avec des pasteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Photo : J. Nelson Kraybill

    L’empereur a reçu la délégation assis sous un arbre majestueux dans son palais. « Les feuilles de l’arbre au-dessus de vos têtes apportent des paroles de paix, de réconciliation, d’harmonie, de pardon et d’amour. Les Écritures disent que les fruits de l’Esprit de Dieu sont l’amour, la joie et la paix. Nous servons Jésus, le Prince de la Paix et nous voulons à la même chose que vous. »

    La délégation a remercié l’empereur pour son travail de réconciliation dans le soutien qu’il a apporté à l’insurrection populaire en 2015 et lui a promis qu’elle prierait pour lui. L’empereur a répondu en langue mòoré : « Merci d’être venus dans notre pays. Cet acte d’amour montre que vous êtes vraiment des hommes selon Dieu. »  

    Lorsque la délégation s’est entretenue avec l’archevêque, elle a cité un proverbe africain : un seul doigt ne ramasse pas la farine. Les doigts et les mains doivent tous travailler ensemble pour préparer un repas tout comme les croyants de différentes traditions religieuses et culturelles doivent travailler ensemble.  

    Il a fait remarquer que les armes ne sont pas fabriquées dans son pays, elles proviennent d’ailleurs. « Nous appelons la communauté internationale à nous aider à y mettre fin. »

    Commencer avec la prière

    Les membres de la délégation ont été impressionnés par les responsables religieux et civiles, déterminés à collaborer pour la paix, par le courage des responsables mennonites et par le fait que tout le monde semble conscient des racines spirituelles de la violence.

    Pour Jürg Bräker, « dans les sociétés occidentales, la prière est souvent symbolique et les gens veulent seulement aller ‘agir pour de vrai’. Ce n’est pas par là que les Burkinabais commencent. »

    —Un communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par J. Nelson Kraybill, président de la CMM.

     

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