Réseau : Commission Paix

  • Lecture : Matthieu 5/3-20

    En juin 1981, notre famille a dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  Cochabamba, en Bolivie, oĂč mes parents devaient en-seigner dans un sĂ©minaire baptiste qui souhaitait davantage de contributions anabaptistes.

    Nous sommes arrivĂ©s Ă  un moment particuliĂšrement agitĂ© de l’histoire bolivienne. En juillet 1980, Luis GarcĂ­a Meza, un commandant de l’armĂ©e bolivienne, avait menĂ© un coup d’état, initiant un rĂ©gime brutal de type Pinochet. Meza n’a gouvernĂ© que pendant environ 13 mois : en raison de la pression exercĂ©e par la communautĂ© internationale, il a Ă©tĂ© contraint de dĂ©missionner en aoĂ»t 1981. Son ami et collĂšgue de l’armĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Celso Terrelio, a succĂ©dĂ© Ă  Meza avec un rĂ©gime presque aussi rĂ©pressif.

    Comme d’autres dictateurs, GarcĂ­a Meza avait introduit une « liste de livres interdits ». Cette mesure visait Ă  Ă©touffer ce qui pouvait potentiellement influencer la pensĂ©e des gens, ce qui pou-vait Ă©galement remettre en question son rĂ©gime. Curieusement, Meza avait inclus les chapitres 5 Ă  7 de Matthieu – le Sermon sur la montagne – dans cette « liste de livres interdits ».

    Le problÚme, bien sûr, était que mon pÚre était censé donner un cours sur le livre de Matthieu. Cela a donné lieu à de nombreuses discussions au sein du séminaire. Allaient-ils écouter le gou-vernement et se pencher sur un autre livre de la Bible ? Allaient-ils enseigner Matthieu mais sauter ces trois chapitres ?

    Ils ont finalement dĂ©cidĂ© de demander Ă  l’étranger de donner le cours (y compris le Sermon sur la Montagne) !

    Mais cela comportait des risques, d’autant plus que le gouvernement de Meza faisait activement taire les voix contestataires. De fait, le principal rĂ©presseur de Meza Ă©tait le colonel Luis Arce, qui occupait le poste de ministre de l’IntĂ©rieur. Il mettait en garde tous les Boliviens qui s’opposaient au nouvel ordre en leur disant qu’ils « devaient se promener avec leur testament sous le bras ! »

    Pourquoi un dictateur voudrait-il interdire ces trois chapitres ? Pourquoi trouvaitil ces chapitres menaçants ?

    Il y a des interprétations du Sermon sur la Montagne qui ne questionnent pas le pouvoir.

    Lorsque ma femme et moi Ă©tions pasteurs jeunesse, le 700 Club, une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine, a fait son apparition sur les Ă©crans de notre petite rĂ©gion du sud de l’Ontario (Canada). DiffusĂ©e depuis 1966, elle se prĂ©sente comme « une Ă©mission d’information qui a la variĂ©tĂ© et le rythme d’une Ă©mission matinale….. Elle comporte Ă©galement des reportages d’investigation approfondis… [et] couvre les grands Ă©vĂ©nements qui affectent notre nation et le monde. »

    Un jour, par curiositĂ©, j’ai regardĂ© une Ă©mission qui portait sur Matthieu 5/13-16.

    Ce qui m’a frappĂ© dans l’explication de l’animateur, c’est qu’il interprĂ©tait les dĂ©clarations catĂ©-goriques de Matthieu comme si elles s’adressaient aux chrĂ©tiens amĂ©ricains

    Vous ĂȘtes le sel de la terre… Vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde…

    Les amĂ©ricains, disait-il, ont l’obligation de partager le mode de vie amĂ©ricain. Selon l’animateur, le mode de vie amĂ©ricain, qui est ordonnĂ© par Dieu, et qui met l’accent sur la libertĂ©, la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique et, bien sĂ»r, la dĂ©mocratie, est un exemple pour le reste du monde. Il reprĂ©sente l’espoir amĂ©ricain qui donne de la saveur et de la lumiĂšre au reste du monde.

    Cette Ă©mission a dĂ©montrĂ© combien il est facile d’interprĂ©ter le Sermon sur la Montagne, et l’histoire biblique en gĂ©nĂ©ral, comme une expression de la DestinĂ©e Manifeste, qui est elle-mĂȘme un produit du nationalisme. L’entreprise missionnaire occidentale, note le regrettĂ© missiologue sudafricain David Bosch, partait du principe que la culture occidentale Ă©tait supĂ©rieure et que Dieu avait choisi les nations occidentales comme porte-Ă©tendards.1 « L’État-nation, affirme-t-il, a remplacĂ© la sainte Église et le saint empire. »2

    Kelly Brown Douglas – une thĂ©ologienne noire et fĂ©ministe des États-Unis – dĂ©peint cet Ă©tat d’esprit comme « l’exceptionnalisme amĂ©ricain », issu des graines du mythe blanc, protestant et anglosaxon. « La ‘ville sur la colline’ que les premiers AmĂ©ricains construisaient, dit-elle, n’était rien de moins qu’un tĂ©moignage du chauvinisme anglosaxon »,3 qui ont façonnĂ© la dĂ©mocratie par le biais d’une perception particuliĂšre de la maniĂšre dont le pays devait ĂȘtre structurĂ© autour de la race ;4 nous continuons d’en voir les effets aujourd’hui.

    Une partie du problĂšme – comme mes Ă©tudiants l’entendent souvent – est la tendance Ă  ne pas faire attention au contexte sociopolitique ou au contexte littĂ©raire lorsqu’on lit et interprĂšte l’Écriture. L’animateur du 700 Club, par exemple, a supposĂ© que le « vous » dans le « vous ĂȘtes le sel de la terre… Vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde… » se rĂ©fĂ©rait Ă  lui et/ ou aux chrĂ©tiens amĂ©ricains en tant qu’AmĂ©ricains.

    Mais, si nous prĂȘtons attention au texte et au sens des paroles de JĂ©sus, le « vous » fait rĂ©fĂ©rence Ă  la derniĂšre bĂ©atitude : « vous qui ĂȘtes persĂ©cutĂ©s Ă  cause de moi » (Matthieu 5/11). Ce sont ces « vous » qui seront le sel et la lumiĂšre dans ce monde.5 Ce passage devient ainsi un outil rĂ©volu-tionnaire et subversif.

    Le style de prĂ©dication de JĂ©sus est particuliĂšrement brillant. Notez comment JĂ©sus met en Ă©vi-dence une logique diffĂ©rente. Ceux qui sont « bĂ©nis » sont ceux qui n’auraient pas eu d’importance dans la sociĂ©tĂ© (les pauvres, les doux, les misĂ©ricordieux). Ce sont ceux qui ne vien-nent pas d’abord Ă  l’esprit (ceux qui pleurent, ceux qui ont le cƓur pur, ceux qui font la paix).

    Mais ces personnes oubliĂ©es et inattendues sont prĂ©cisĂ©ment celles que JĂ©sus met en avant comme exemples de ce que signifie ĂȘtre bĂ©ni ! L’esprit que possĂšdent les pauvres est un esprit bĂ©ni parce que les pauvres comprennent le sens de la solidaritĂ©. Ceux qui ont faim et soif de justice com-prennent le dĂ©sir de Dieu de voir les gens vivre dans de bonnes relations les uns avec les autres, avec la crĂ©ation et avec Dieu. Ce sont des caractĂ©ristiques du Royaume de Dieu. Rappelez-vous que le type de bĂ©nĂ©diction dont parle JĂ©sus n’est pas quelque chose que l’on reçoit passivement, mais plutĂŽt une bĂ©nĂ©diction active qui pousse les gens Ă  se lever et Ă  bouger. Les BĂ©atitudes met-tent en Ă©vidence une logique alternative qui s’éloigne du dĂ©sir de se considĂ©rer comme « excep-tionnel », prĂ©cisĂ©ment parce que cela remplacerait alors Dieu qui est la source mĂȘme de l’exceptionnalitĂ©, de la saveur et de la lumiĂšre dans notre monde.

    L’église Sunderland Mennonite Church, Dhamtari, Inde Photo : fournie

    Il ne me semble pas que JĂ©sus nous encourage Ă  dĂ©terminer qui est sel et qui ne l’est pas, ou qui est lumiĂšre et qui ne l’est pas. Au contraire, JĂ©sus fait ces dĂ©clarations catĂ©goriques comme un moyen de dĂ©crire quelqu’un qui sert de sel et de lumiĂšre ; quelqu’un qui incarne la logique alter-native de JĂ©sus.

    Qui plus est, l’utilisation du mot « vous » par JĂ©sus – “Vous ĂȘtes le sel de la terre… Vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde…” – s’éloigne d’une comprĂ©hension individualisĂ©e et souligne la nature collec-tive de cette affirmation. Comme le note Douglas Hare, spĂ©cialiste du Nouveau Testament, « Vous ĂȘtes le sel, oui, mais pour la terre, pas pour vous-mĂȘmes. De mĂȘme, vous ĂȘtes la lumiĂšre, mais pour le monde entier, et non pour une communautĂ© fermĂ©e. »6

    La « communautĂ© toute entiĂšre est mise au dĂ©fi de remplir sa mission collective de servir de sel et de lumiĂšre pour le monde….. C’est une mission Ă  laquelle nous devons travailler ensemble. »7

    Lorsque nous adoptons la vision de la logique alternative de JĂ©sus et que nous nous engageons dans une dĂ©marche communautaire pour y participer, nous nous libĂ©rons des rĂ©cits qui dĂ©truisent, rabaissent, exploitent et excluent. En d’autres termes, nous Ă©coutons les voix de ceux qui sont opprimĂ©s, pauvres et marginalisĂ©s, prĂ©cisĂ©ment pour pouvoir entendre le cri de Dieu. Les choses ne sont pas ce qu’elles devraient ĂȘtre ; nous devons continuer Ă  lutter pour redresser la situation. La logique de JĂ©sus rejette la clameur des autres rĂ©cits qui cherchent Ă  attirer non seulement notre attention, mais aussi notre allĂ©geance.

    En nous opposant Ă  ces autres rĂ©cits, qui cherchent Ă  maintenir « l’exceptionnalisme », Ă  provo-quer l’injustice et Ă  crĂ©er des systĂšmes d’oppression, nous incarnons une politique Ă©mancipatrice. Ce terme de Jacques RanciĂšre (un philosophe français) dĂ©signe une forme de politique qui rompt avec « ce qui est » pour aller vers « ce qui peut ĂȘtre ». En d’autres termes, elle dĂ©fie les systĂšmes qui perpĂ©tuent la mort, l’exclusion et la violence, en exposant les conditions sur lesquelles ils re-posent, et rĂ©affirme une action politique alternative qui incarne l’avenir que Dieu dĂ©sire dans et pour ce monde.

    À la fin de son enseignement sur le livre de Matthieu au sĂ©minaire baptiste de Bolivie, mon pĂšre a demandĂ© si Luis GarcĂ­a Meza, le dictateur bolivien, avait raison d’interdire les chapitres 5 Ă  7 de Matthieu. Les Ă©tudiants ont tous rĂ©pondu par un « oui » retentissant ! Ces chapitres fournissent les graines d’une logique rĂ©volutionnaire qui dĂ©fierait le pouvoir de Meza – ou de tout autre dictateur.

    Jésus nous invite à participer à une communauté appelée à incarner avec résilience la logique sub-versive et révolutionnaire de libération de Jésus dans notre monde.

    ‚ÄüAndrew G. Suderman est secrĂ©taire de la Commission Paix, professeur adjoint de thĂ©ologie, paix et mission Ă  Eastern Mennonite University, Ă  Harrisonburg, en Pennsylvanie, EtatsUnis, et directeur des partenariats mondiaux Ă  Mennonite Mission Network.

    Dimanche de la Paix 2022 – MatĂ©riels pour le culte


    1. David Bosch, Transforming Mission: Paradigm Shifts in Theology of Mission (Maryknoll: Orbis Books, 2004), 298.
    2 David Bosch, Transforming Mission, 299.
    3 Kelly Brown Douglas, Stand Your Ground: Black Bodies and the Justice of God (Maryknoll: Orbis Books, 2015), 10.
    4 Kelly Brown Douglas, Stand Your Ground, 10.
    5 Douglas R. A. Hare, Matthew: Interpretation (Louisville, Kentucky: Westminster John Knox Press, 1993), 44.
    6 Douglas R. A. Hare, Matthew, 44.
    7 Douglas R. A. Hare, Matthew, 44.

  • La rĂ©silience face Ă  la pandĂ©mie

    Lorsque l’on regarde ce qui s’est passĂ© ces deux derniĂšres annĂ©es dans le monde entier, on ne peut que soupirer. Nous n’avons jamais Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s Ă  cela.

    Le fait d’ĂȘtre enfermĂ©s pendant plusieurs mois aux Philippines nous a obligĂ©s Ă  repenser notre vie sociale. Nous avons tendance Ă  considĂ©rer chaque membre de la famille sous un angle diffĂ©rent ; la pandĂ©mie nous a fait prendre conscience que nos familles sont des trĂ©sors que nous devons chĂ©rir.

    Tout le monde s’inquiĂ©tait Ă  l’idĂ©e de contracter un simple rhume ou un petit Ă©ternuement, car cela pouvait ĂȘtre interprĂ©tĂ© diffĂ©remment. Lorsque vous vous rendiez Ă  l’hĂŽpital pour un contrĂŽle, vous risquiez d’ĂȘtre placĂ© dans une chambre d’isolement, sans aucun proche.

    La panique et la solitude sont nos pires ennemis.

    Le simple fait de ne pas avoir le contrÎle de la situation et de se sentir désemparé nous fait nous sentir perdus.

    Un point positif est apparu au cours de cette situation troublĂ©e et difficile : notre crĂ©ativitĂ© a Ă©tĂ© mise Ă  l’épreuve.

    Dans notre pays, la circulation des marchandises s’est arrĂȘtĂ©e Ă  cause du confinement. Les gens avaient faim. Les produits agricoles devaient circuler.

    Cela a provoquĂ© l’émergence d’un nouveau concept : « Produce Peace Plus » Ă©tait nĂ©. Produce Peace Plus Ă©tait un moyen d’acheminer les produits de la ferme Ă  la table du consommateur tout en offrant une solution pour les produits jetĂ©s Ă  cause du confinement. Nous avons pu livrer de la nourriture Ă  des personnes dans le besoin.

    La créativité découle de notre grand Créateur.

    En tant qu’ĂȘtres humains, nous nous soumettons Ă  celui qui nous a créés, nous disons : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

    Bien que nous apprĂ©ciions la crĂ©ation de Dieu, n’adorons pas la crĂ©ation au lieu du CrĂ©ateur luimĂȘme. Lorsque nous faisons confiance Ă  Dieu, le CrĂ©ateur ingĂ©nieux fournit des moyens crĂ©atifs pour rĂ©pondre aux dĂ©fis qui se prĂ©sentent au cours de la pandĂ©mie et mĂȘme au-delĂ .

    —Joji Pantoja est prĂ©sidente de la Commission Paix et fondatrice et directrice gĂ©nĂ©rale de « Coffee For Peace » (CafĂ© pour la Paix) Ă  Davao, Philippines.

    Dimanche de la Paix 2022

     

  • Le pouvoir de la rĂ©silience

    TĂ©moignage : Dimanche de la Paix

    « Mais le rĂ©cipient qu’il façonnait avec l’argile ne fut pas rĂ©ussi. Alors le potier en refit un autre, comme il le jugea bon. Â» (JĂ©rĂ©mie : 18/4)..

    Ce thĂšme a fait l’objet de nombreuses discussions ces derniers temps, notamment depuis que la pandĂ©mie a entraĂźnĂ© des problĂšmes de santĂ© supplĂ©mentaires, une vague de dĂ©sespoir, etc.
    Qu’est-ce que la rĂ©silience exactement ?

    Lors de ma formation avec le Mindanao Peacebuilding Institute (l’Institut de construction de la paix de Mindanao) en 2018, j’ai rencontrĂ© une femme chrĂ©tienne palestinienne qui a tĂ©moignĂ© sur son vĂ©cu dans une zone de guerre. Ma plus grande question Ă©tait de savoir comment ils arrivent Ă  avoir un tempĂ©rament aussi rĂ©silient, fort et endurant dans un endroit si chaotique ? Comment est-ce qu’elle et sa famille ont gĂ©rĂ© toute leur vie au beau milieu de la persĂ©cution, de l’hostilitĂ© et mĂȘme des explosions de bombes qui prennent la vie d’amis ?

    La rĂ©silience se dĂ©finit comme la capacitĂ© Ă  rebondir aprĂšs une Ă©preuve, Ă  s’adapter, Ă  aller de l’avant et, dans certains cas, Ă  s’épanouir, Ă©crit Eilene Zimmerman. La gĂ©nĂ©tique, l’histoire personnelle, l’environnement et le contexte situationnel jouent tous un rĂŽle dans la rĂ©silience d’un individu[1] .

    Je pense que la rĂ©silience peut se construire chez les individus et les sociĂ©tĂ©s par le biais de crises, de dĂ©fis, de catastrophes, de tragĂ©dies et de souffrances lors desquelles ils peuvent faire la paix avec la situation et s’adapter Ă  l’incertitude. C’est la force de la rĂ©silience interne.

    Viktor E. Frankl, dans son livre lĂ©gendaire sur son sĂ©jour dans un camp de concentration, dĂ©clare : « On peut faire de ces expĂ©riences une victoire, transformant la vie en un triomphe intĂ©rieur, ou on peut ignorer le dĂ©fi et simplement vĂ©gĂ©ter, comme l’ont fait la majoritĂ© des prisonniers Â».[2] Il s’agit d’une pensĂ©e puissante nĂ©e grĂące Ă  l’expĂ©rience rĂ©elle de la capacitĂ© Ă  dĂ©velopper la rĂ©silience face Ă  l’adversitĂ©.

    C’est lors d’un cours autour de la guĂ©rison des traumatismes physiques et psychosociaux Ă  l’Anabaptist Mennonite Biblical Seminary (Seminaire Biblique Anabaptiste Mennonite, AMBS) que j’ai appris l’art du kintsugi. Le kintsugi est un art merveilleux qui consiste Ă  restaurer des objets brisĂ©s en laquant les fissures et en les saupoudrant mĂ©ticuleusement de poudre d’or. Les dĂ©fauts dorĂ©s, selon la tradition japonaise, rendent alors les piĂšces encore plus prĂ©cieuses qu’auparavant. Cette technique est une belle mĂ©taphore pour notre vie, pour imaginer nos aspects endommagĂ©s et brisĂ©s rayonnant de lumiĂšre, d’or et de beautĂ©.

    Le kintsugi nous enseigne que les parties blessĂ©es de notre corps nous rendent plus forts et meilleurs que nous Ă©tions autrefois. Lorsque nous pensons ĂȘtre brisĂ©s, nous pouvons ramasser les morceaux, les remettre ensemble et apprendre Ă  apprĂ©cier les fissures[3].

    Dans l’Ancien Testament, Yahweh- Ă©galement connu comme la main du potier – fait d’IsraĂ«l un nouveau vase (JĂ©rĂ©mie 18/4). J’aime le mot « refaçonnĂ© Â» ici. Je crois qu’il s’agit d’un processus pour devenir une nouvelle crĂ©ation, une nouvelle personne, dont la rĂ©alisation n’est possible que par Dieu et par nous.

    C’est Ă  la fois un voyage Ă  la rencontre de Dieu et une pratique de la conscience de soi, de la dĂ©couverte de soi, de l’auto-guĂ©rison ou de l’auto-transformation pour devenir un nouveau vase dans la main du CrĂ©ateur pour le dessein et la gloire de Dieu.

    En ce Dimanche de la Paix, alors que nous nous souvenons des Ă©preuves, des blessures, des traumatismes, des dĂ©fis, de la souffrance ou de la douleur, grĂące Ă  l’aide et aux mains aimantes de Dieu, nous pouvons ĂȘtre transformĂ©s en une nouvelle personne et une nouvelle communautĂ© de notre Seigneur.

    Sommes-nous prĂȘts Ă  accepter notre fragilitĂ©, notre vulnĂ©rabilitĂ© et nos cicatrices pour ĂȘtre transformĂ©s en une communautĂ© de notre Dieu plus rĂ©siliente afin de donner du pouvoir Ă  ceux qui nous entourent ?

    Tel est le pouvoir de la rĂ©silience : travailler avec Dieu pour co-crĂ©er de la nouveautĂ© en nous-mĂȘmes, pour ĂȘtre plus prolifiques, plus vivants, pour ĂȘtre un nouvel ĂȘtre humain, et pour ĂȘtre un nouveau peuple de Dieu dans ce monde en mutation. Faisons la paix avec nos morceaux brisĂ©s !

    —Andi O. Santoso est membre de la Commission Mission. Il est pasteur ordonnĂ© dans l’église mennonite GKMI en IndonĂ©sie.

    Domingo de la Paz 2022


    1. Eilene Zimmerman, “What Makes Some People More Resilient Than Others”, New York Times (https://www.nytimes.com/2020/06/18/health/resilience-relationships-trauma.html)
    2. Viktor Emil Frankl, Man’s Search for Meaning: An Introduction to Logotherapy (New York: Pocket Books, 1959, 1963), 115.
    3. Candice Kumai, “Honor your imperfections with the Japanese art of ‘Kintsugi’,” Shine (https://advice.theshineapp.com/articles/honor-your-imperfections-with-the-japanese-art-of-kintsugi/)
  • Download and print the page to cut out fruits and vegetables for the Peace Sunday activity.

    https://mwc-cmm.org/resources/peace-sunday-2022-worship-resource

  • ThĂšme

    La RĂ©silience : ĂȘtre une nouvelle crĂ©ation dans un monde troublĂ©

    Pourquoi avoir choisi ce thĂšme ?

    Comment conservons-nous notre résilience face aux difficultés, au désarroi et aux conflits ? Comment maintenons-nous notre espoir en un avenir meilleur lorsque les temps sont durs ?

    Cette année, les matériels pour le Dimanche de la Paix exploreront les maniÚres dont les personnes de notre communion manifestent la nouvelle création de Dieu lors de situations difficiles.

    Textes bibliques

    • Matthieu 5 
    • Marc 7/24-30 

    Ressources supplémentaires dans ce dossier

    Ressources supplémentaires en ligne

  • « Nous, disciples de JĂ©sus, nous suivons son exemple et travaillons pour apporter la paix au sein du chaos. » 

    Les Ă©glises membres du monde entier ont cĂ©lĂ©brĂ© le Dimanche de la Paix 2021 en utilisant le matĂ©riel pour le culte de la ConfĂ©rence mennonite mondiale intitulĂ© Â« Trouver l’espoir et la guĂ©rison en temps de crise ».  

    Amos Ganjboir et Rajendra Masih, de l’église mennonite Bethel, Ă  Balodgahan, en Inde, ont travaillĂ© pendant trois jours pour peindre une toile de fond et dĂ©couper des vagues pour l’activitĂ© du dimanche de la paix. Sankalp Jurri et Darshit Dadar les ont aidĂ©s Ă  terminer le travail.  
    « Je remercie Dieu pour ces jeunes et le talent qu’il leur a donnĂ© Â», dĂ©clare le pasteur Ashish Kumar Milap. 

    Il a utilisĂ© le matĂ©riel du dimanche de la paix dans toutes les parties du culte.  
    Pour l’activitĂ©, les jeunes ont distribuĂ© des stylos et des cartes en forme de vague aux membres de l’église, qui ont Ă©crit ce qui leur volait la paix. Les cartes ont Ă©tĂ© collectĂ©es et collĂ©es autour de la peinture du bateau.  

    « Certains ont Ă©crit que l’inquiĂ©tude pour l’avenir de leurs enfants est comme une tempĂȘte, d’autres ont Ă©crit que leurs mauvaises habitudes sont comme une tempĂȘte, d’autres encore ont Ă©crit que le fait de ne pas avoir de bonnes relations avec [un conjoint] est comme une tempĂȘte pour eux, etc. » 

    Les diacres Divesh Dadar, Dr. Vinay Joseph, Dr. Shasheed Milap et Mme Madhulika Johnson ont tĂ©moignĂ© des moments oĂč ils ont Ă©tĂ© rĂ©confortĂ©s par la paix de Dieu en pĂ©riode de maladie physique, de stress mental et entourĂ©s de la peur du COVID-19.  

    L’évĂȘque Dr. V.M. Jurri a conduit la congrĂ©gation dans une priĂšre pour la paix au milieu de toutes les « vagues Â» de la vie. AprĂšs le service, l’assemblĂ©e a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  prier pour les « tempĂȘtes Â» que les autres membres avaient Ă©crites sur les vagues.  

    « Nous remercions la Commission Paix de la CMM de nous avoir conduits Ă  un dimanche de la paix aussi merveilleux et bĂ©ni. Cela nous a sĂ»rement unis et encouragĂ©s Ă  rester fermes en temps de crise en ayant foi en JĂ©sus-Christ, qui a l’autoritĂ© pour calmer toutes les tempĂȘtes qui volent notre paix Â», dit Ashish Kumar Milap. 


    Comment votre assemblĂ©e cĂ©lĂšbre-t-elle les Ă©vĂ©nements spĂ©ciaux et prie-t-elle pour l’église mondiale ? Racontez-nous vos histoires et partagez vos photos.  

    Amos Ganjboir et Rajendra Masih, de l’église mennonite Bethel, Ă  Balodgahan, en Inde, ont travaillĂ© pendant trois jours pour peindre une toile de fond et dĂ©couper des vagues pour l’activitĂ© du dimanche de la paix. Sankalp Jurri et Darshit Dadar les ont aidĂ©s Ă  terminer le travail. Photos: avec l’aimable autorisation de l’église mennonite Bethel 

    La Chapelle Emmanuel, une Ă©glise membre de la BJCPM Ă  Kolkata (Inde), a invitĂ© la reprĂ©sentante rĂ©gionale de la CMM, Cynthia Peacock, Ă  intervenir lors de leur culte du dimanche de la paix. Les jeunes et les enfants de l’école du dimanche de l’église mennonite de Rajnandgaon ont aidĂ© Ă  prĂ©parer l’activitĂ© Â« Un bateau au milieu de la tempĂȘte Â» et ont jouĂ© une piĂšce de théùtre. Le tĂ©moignage d’Agus Setianto a Ă©tĂ© lu en hindi, aprĂšs quoi les membres de l’assemblĂ©e ont partagĂ© leurs expĂ©riences de la paix de Dieu dans les moments difficiles. « C’était un moment bĂ©ni d’entendre ces tĂ©moignages vivants, et nous avons louĂ© Dieu pour eux Â», a dĂ©clarĂ© le pasteur Vikal Rao.  

    La congrĂ©gation de la Voie du Salut Ă  Conakry, GuinĂ©e. Photo : Guilvogui 

    Iglesia Evangelica Unida Hermanos Mennonitas de Panama  Photo : avec l’aimable autorisation de Jacobo Piraza  

    Click here to view full size photos

  • « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien Â»

    À travers le monde, plus de 41 millions de filles, de garçons, de femmes et d’hommes dans 43 pays – la moitiĂ© environ sont des enfants – risquent aujourd’hui de mourir de faim. La crise de la faim dans le monde est alimentĂ©e par les conflits, le changement climatique et l’impact Ă©conomique du COVID-19 qui a aggravĂ© la situation. MĂȘme dans les pays oĂč certains disposent d’une nourriture abondante, nombreux sont ceux qui manquent de tout.

    Le ConfĂ©rence Mennonite Mondiale a travaillĂ© en collaboration avec un grand groupe d’églises et de rĂ©seaux chrĂ©tiens pour lancer un week-end de priĂšre et d’action les 16 et 17 octobre. Cette action coĂŻncidera avec la JournĂ©e Mondiale de l’Alimentation du 16 octobre. L’Alliance ACT Integral Alliance, la FĂ©dĂ©ration luthĂ©rienne mondiale, Micah Global, l’Organisation des Ă©glises africaines instituĂ©es, l’ArmĂ©e du Salut, la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale, le Conseil ƓcumĂ©nique des Ă©glises, l’Alliance Ă©vangĂ©lique mondiale, le Conseil mĂ©thodiste mondial et World Vision International sont parmi les participants.

    Ce sera un moment pour que nous, disciples du Christ, puissions nous unir au-delĂ  des dĂ©nominations en solidaritĂ© avec nos sƓurs et frĂšres, en priant pour eux et avec eux, afin qu’ils puissent avoir une vie sans faim, avec dignitĂ©, dans toute la plĂ©nitude de la vie, en faisant l’expĂ©rience de la grĂące et de l’amour de Dieu.

    Au cours du week-end, tout un chacun, en familles ou seul, est invitĂ© Ă  partager un repas avec d’autres, Ă  offrir une priĂšre de bĂ©nĂ©diction pour ceux qui ont faim et Ă  prendre le temps de rĂ©flĂ©chir aux causes et Ă  l’impact de la famine. Le dimanche 17 octobre, nous voulons encourager les paroisses locales Ă  mettre l’accent sur cette crise mondiale de la faim durant leur culte dominical.

  • Que ta paix vienne sur la terre

    Mon Dieu,

    En ces temps oĂč nous recherchons la paix et la rĂ©solution des conflits,
    Que ta paix vienne, ĂŽ Seigneur !

    Au cƓur de la corruption, de l’impunitĂ© et de la violence,
    Que ta paix vienne, ĂŽ Seigneur !

    Tout au long du cheminement de ton peuple de Colombie,
    Que ta paix vienne, ĂŽ Seigneur !

    Avec la recherche de justice et de paix pour la Colombie,
    Que ta paix vienne, ĂŽ Seigneur !

    Au cƓur de la souffrance des enfants, des femmes et des hommes,
    Que ta paix vienne, ĂŽ Seigneur !

    Que ta paix vienne, Î Seigneur, selon ta volonté.
    Amen.

    —AdaĂ­a Bernal, une pasteure anabaptistePubliĂ© dans ‘Days of Prayer and Action for Colombia’ (DOPA) par le MCC Washington en 2013.

    Aimer dans la tempĂȘte

    Les pires tempĂȘtes, JĂ©sus, sont celles causĂ©es par notre peur,
    quand nous avons peur de perdre notre pouvoir,
    ou quand nous nous méfions du pouvoir des autres,

    et que nous refusons de reconnaßtre ta mystérieuse autorité ;
    Pourtant, c’est dans la tempĂȘte que nous dĂ©couvrons notre capacitĂ© d’aimer.

    En abandonnant notre pauvre prétention au pouvoir
    et en nous ouvrant Ă  ton Royaume,
    nous portons un nouveau regard sur nous :
    appelés, et utiles, et bien-aimés
    et l’autre, qui qu’il soit – 
    nous le voyons comme digne, et précieux, et aimé.

    Maintenant, dans la tempĂȘte, JĂ©sus, nous avons besoin de toi,
    et nous avons besoin les uns des autres.
    L’amour que tu nous donnes à partager
    nous conduit, par le sacrifice et le don de soi,
    à la paix et à la sérénité,
    – si seulement nous parvenons Ă  nous libĂ©rer de l’emprise de la peur sur nous.

    Amen.

    —John van de Laar, “Sacredise: Liturgical Resources for Progressive Communities” (Sacredise.com)

    PriĂšre de confession

    (d’aprĂšs 1 Samuel 17/32-49, Marc 4/35-41)

    Dieu d’amour et de puissance, nous entendons les histoires des miracles, et nous doutons que cela puisse se produire aujourd’hui.

    Nous regardons les vagues du malheur, de la détresse, de la misÚre, de la méfiance et de la colÚre, et nous nous demandons comment les apaiser.

    Nous ressentons les pressions des puissants, et la peur nous envahit, qui menace de nous noyer et de ne plus savoir oĂč tu es.

    Pardonne-nous la faiblesse de notre foi.

    Pardonne-nous nos doutes.

    Aide-nous à avoir confiance en toi, Seigneur Jésus.

    Aide-nous à fixer notre regard sur toi et sur le ministÚre auquel tu nous as appelés.

    Car nous te le demandons au nom de Jésus.

    Amen.

    Assurance

    (inspirĂ© de Marc 4/35-41)

    N’ayez pas peur !
    Dieu est avec nous, calmant les tempĂȘtes et les peurs qui font rage dans nos vies.
    Placez inlassablement votre confiance en Dieu.

    Amen.

    —Nancy C. Townley, “Worship Connection” on “Ministry Matters” (www.ministrymatters.com/)

  • Llamado a la adoraciĂłn: poner la mejilla

    Fuerza es mandar al viento y al mar a que obedezcan,
    Fuerza es blandir una honda en la cara de un gigante furioso.
    Fuerza es aceptar vulnerabilidad desde el interior del barco,
    Fuerza es solidarizarse con las personas desamparadas.
    Fuerza es poner una mejilla
    Fuerza es amar al enemigo(a).
    Venimos a adorar
    a un Dios que redefine nuestra visiĂłn de fuerza.

    —Katherine HawkerSelf, 1997, â€œLiturgy Outside: reflections to foster faithful resistance (Liturgia Externa: reflexiones para fomentar la resistencia fiel” (liturgyoutside.net/)

    BendiciĂłn

    EnvĂ­anos a la turbulencia del mundo como instrumentos de Tu paz,
    y envĂ­anos como agentes de Tu justicia,
    para que todas las personas conozcan la verdad de Tus caminos.

    EnvĂ­anos como artistas
    que soportan la alegre responsabilidad de Tu creatividad,
    para que llevemos luz a las tinieblas,
    y esperanza entre la desesperanza.

    Y concédenos el gozo de la hermandad,
    con Tu EspĂ­ritu y entre nosotros y nosotras
    este día y para siempre. ¥Amén!

    —Rvdo. Mark S. Burrows. Incluida en la ediciĂłn de Primavera (Spring) de 1998 de la revista Conexiones (Connections).

     

    20201004_Ashish_Milap-PeaceSunday-113609

     

  • Comme les quatre cavitĂ©s du cƓur, les quatre commissions de la CMM servent la communautĂ© mondiale des Ă©glises anabaptistes dans les domaines suivants : diacres, foi et vie, paix et mission. Les commissions prĂ©parent du matĂ©riel Ă  l’intention du Conseil GĂ©nĂ©ral, donnent des conseils et proposent des ressources aux Ă©glises membres et facilitent le travail des rĂ©seaux ou des fraternitĂ©s de la CMM qui Ɠuvrent ensemble sur des questions et des prĂ©occupations d’intĂ©rĂȘt commun.

    Commission Paix

    Faites connaissance avec un membre d’une des Commissions: Adriana Belinda Rodriguez Velasquez

    Comment la Commission est-elle ensemble en Christ ?

    Nous cherchons Ă  nous rapprocher d’un message de paix, qui nous fasse rĂ©flĂ©chir au concept de paix, non pas dans son sens habituel mais en tant que caractĂ©ristique chrĂ©tienne en rapport avec la globalitĂ© de la vie dans tous les domaines. 

    La commission a rendu visite Ă  nos frĂšres Ă  Hong Kong, parce qu’ils rencontrent des difficultĂ©s semblables aux nĂŽtres, dans chacun de nos pays et de nos continents, et que nous sommes donc bien placĂ©s pour les accompagner. 

    Pour le dimanche de la paix, nous avons préparé des documents qui encouragent et incitent à réfléchir à la paix dans sa globalité.

    Donnez-nous un exemple de cette façon d’ĂȘtre ensemble Ă  la Commission ?

    Lorsque nous travaillons en Ă©quipe, lorsque nous prenons compte de toutes et tous, c’est une maniĂšre de montrer l’unitĂ© de la commission.

    Je ne parle pas anglais et la commission fait toujours en sorte que j’ai une interprĂšte et que je puisse aussi participer. Prendre en considĂ©ration les entraves Ă  la participation et les besoins spĂ©cifiques de chacun est aussi l’illustration de notre unitĂ©. 

    Pourquoi aimez-vous servir au sein de cette Commission ?

    Notre responsabilitĂ© est de sensibiliser et d’éduquer Ă  l’importance du travail pour la paix. Ê la CMM, nous avons une vision beaucoup plus large ainsi que la possibilitĂ© de toucher un grand nombre de personnes. J’ai participĂ© Ă  Renouveau 2019 au Costa Rica oĂč j’ai apportĂ© une rĂ©flexion que l’on peut aussi lire dans Courier/Correo/Courrier. Ê cette occasion, j’ai pu faire passe un message, partager en tant que chrĂ©tienne, mais aussi en tant que psychologue. Je suis reconnaissante au Seigneur pour cette opportunitĂ©. 

    Quel est le nom de votre paroisse ?

    Caminando con Dios, qui appartient Ă  l’union d’églises Iglesia EvangĂ©lica Menonita Hondureña

    Comment servez-vous l’Église mennonite dans votre vie quotidienne en dehors de votre engagement auprĂšs de la Commission ?

    Je fais partie du Mouvement des Femmes Anabaptistes Faiseuse de ThĂ©ologie en AmĂ©rique latine (MTAL). Nous avons Ă©ditĂ© un guide de mĂ©ditations quotidiennes. J’y ai participĂ© en tant qu’auteure.

    Je fais de la mĂ©diation dans le cadre de relations conflictuelles entre les membres des Ă©glises. Parfois dans le cadre d’un comitĂ© et parfois lors d’interventions ponctuelles spĂ©ciales.

    Dans mon Ă©glise, j’enseigne aux adultes et aux enfants. Je fais partie du groupe de louange. Lorsque la paroisse cherche Ă  s’impliquer dans un projet social, en gĂ©nĂ©ral, on me demande d’aider Ă  l’organisation, la prĂ©paration et la logistique.

    Au niveau de l’union d’églises, j’apporte mon expertise. RĂ©cemment, j’ai proposĂ© d’élaborer bĂ©nĂ©volement les descriptifs de projets des Ă©glises dans le but de recevoir l’aide financiĂšre du fonds de solidaritĂ© COVID-19 de la CMM.

    De quelle façon sentez-vous que vous ĂȘtes ensemble en Christ dans votre vie quotidienne ?

    Le contexte de la pandĂ©mie nous oblige Ă  communiquer et Ă  maintenir des liens diffĂ©remment. Depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, nous avons mis en place des temps de priĂšre. 

    Je cherche Ă  soutenir les membres et leurs familles parce que l’on sait que lorsqu’un proche est malade cela a des rĂ©percussions sur toute la famille en les mettant Ă©galement en danger. C’est une façon de vivre l’unitĂ© du corps du Christ. Nous devons faire preuve de crĂ©ativitĂ© et trouver de nouveaux modes de relation. 

    Faire partie de la CMM, qu’est-ce que ça change pour votre paroisse ?

    Nous ne sommes pas une Ă©glise isolĂ©e. L’Église n’existe pas seulement au Honduras. Nous faisons partie de la ConfĂ©rence Mennonite Mondiale. 

    C’est le signe que nous bĂ©nĂ©ficions d’une fraternitĂ© et d’un soutien plus large qui nous encourage et nous motive.

    Adriana Belinda Rodriguez
    Adriana Belinda Rodriguez Velasquez participe Ă  l’évĂ©nement Renouveau 2019 au Costa Rica. Photo : Ebenezer Mondez

     

  • Cliquez ci-dessous pour tŽlŽcharger

    ThĂšme:

    Trouver l’espoir et la guĂ©rison en temps de crise

    Pourquoi avois choisi ce theme ?

    Dans ce passage de l’Évangile, JĂ©sus apporte le salut en temps de crise. Nous dĂ©sirons et avons besoin de cette paix, surtout aprĂšs cette annĂ©e ! Et nous, disciples de JĂ©sus, nous suivons son exemple et travaillons pour apporter la paix au sein du chaos.

    Textes bibliques:

    • Matthieu 14:22-33
    • Marc 4:35-41

    Ressources supplémentaires

    Ressources supplémentaires en ligne

  • ‘OĂč ĂȘtes-vous, vous les mennonites ?’ 

    Je suis avec une collĂšgue dans un cafĂ© de Winnipeg pour discuter des luttes actuelles de nombreux peuples autochtones dans le domaine foncier. J’écoute attentivement alors qu’elle parle des Unist’ot’en, de Muskrat Falls et des Tiny House Warriors. Je hoche la tĂȘte en signe de comprĂ©hension et offre des ‘hum hum’ comprĂ©hensifs. Mais soudain, au milieu de la conversation, elle me regarde avec impatience :

    « OĂč ĂȘtes-vous, vous les mennonites ? Vous racontez toutes ces vieilles histoires de martyrs
 Et nous alors ? Nous souffrons et nous mourons ! OĂč sont vos martyrs maintenant ? »

    Je suis dĂ©concertĂ©, je ne sais pas trop comment rĂ©pondre. J’avoue que l’Église Ă©choue souvent Ă  ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s des pauvres et Ă  courir les mĂȘmes risques qu’eux. Je parle un peu de ce que nous faisons pour aider et de l’orientation Ă  prendre. Cela ne la satisfait pas. Ses yeux se tournent dĂ©daigneusement vers une fenĂȘtre un peu plus loin. Une minute s’écoule en silence, puis nous nous quittons, partant chacun de son cĂŽtĂ©.

    En route vers le bureau, sur mon vĂ©lo, mon esprit rĂ©pĂšte ses paroles sans relĂąche : « OĂč sont vos martyrs aujourd’hui ? » Je suis tentĂ© de me dĂ©fendre et de prendre mes distances. Pourtant, mon cƓur entend ce cri – pour la terre, pour les pauvres et mĂȘme pour l’Église.

    ArrivĂ©, en sueur, toujours en tenue de cycliste, je contemple le mur de mon bureau et je prie. Il est couvert de photos de martyrs et de paroles de saints : JeanBaptiste, Martin Luther King, EllacurĂ­a, et d’autres. Mes yeux s’arrĂȘtent sur une dĂ©claration des Ă©vĂȘques catholiques d’Asie, vieille de 42 ans :

    « Tant que les pasteurs des Ă©glises ne seront pas prĂȘts Ă  ĂȘtre des martyrs de la justice, mais se satisfont de rester en dehors de la vie [des opprimĂ©s], et de vivre bien mieux qu’eux, leur impact sera nĂ©gligeable. »

    Je prends une profonde inspiration et je ferme les yeux. Comme beaucoup de mennonites, je garde en mĂ©moire les rĂ©cits des souffrances des anabaptistes du XVIe siĂšcle. Comme beaucoup, je suis hantĂ© par le souvenir dangereux du CrucifiĂ© « Prends ta croix et suis-moi ». Pourtant, un tel tĂ©moignage me paraĂźt accablant. Suisje disposĂ©, comme Christ, Ă  porter le poids du salut ? Appartenant Ă  une confession qui se souvient souvent de ses martyrs, suis-je prĂȘt Ă  suivre leur exemple, ou est-ce que je joue juste Ă  de dangereux jeux confessionnels ?

    Alors, j’envoie un message Ă  Chris Huebner, professeur de philosophie et de thĂ©ologie Ă  Canadian Mennonite University, qui donne des cours sur le martyre. Peu de temps aprĂšs, nous nous rencontrons dans un bar local et parlons pendant deux heures.

    De Chris, j’apprends que :

    1. C’est le tĂ©moignage exemplaire, et non la mort, qui compte. Habituellement, les Ă©glises sont fiĂšres de leurs martyrs – ceux qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  cause de leur tĂ©moignage, et ceux qui ont survĂ©cu, tout en tĂ©moignant et en Ă©tant persĂ©cutĂ©s. Nous ne pouvons pas fabriquer de martyrs, mais nous pouvons choisir de mener une vie courageuse.
    2. Il y a des martyrs parmi nous. « Si nous croyons », dit Chris, « le genre de choses que les chrĂ©tiens croient traditionnellement Ă  propos de Dieu et de l’Église, il n’y aura jamais de martyrs. Qui ils sont et Ă  quoi ils ressemblent, c’est la partie difficile. Et pourtant, » poursuit Chris : « Si nous croyons ce que nous disons de Christ et des pauvres, il ne fait aucun doute que dans le contexte canadien, l’histoire autochtone est pleine de martyrs. »

    Ce soir-lĂ , en rentrant chez moi Ă  vĂ©lo, mon cƓur est reconnaissant pour cette conversation si intĂ©ressante
 et toutes ces nouvelles questions ! Mais je sens que c’est ce dont j’ai besoin. Abraham Heschel (1907-1972), un juif brillant qui a persistĂ© dans son tĂ©moignage prophĂ©tique, a dit un jour :

    « Le prophĂšte dĂ©daigne ceux pour qui la prĂ©sence de Dieu est confort et sĂ©curitĂ© ; pour lui, c’est un dĂ©fi, une demande incessante.»

    Dans mon lit cette nuit-lĂ , je repense Ă  la demande impatiente de mon amie « OĂč ĂȘtes-vous, vous les mennonites ? » et je remercie Dieu de sa question, sainte et dĂ©rangeante.

    —Steve Heinrichs est le directeur des relations autochtones-colons pour Mennonite Church Canada. Steve vit avec sa partenaire Ann et leurs 3 enfants Ă  Winnipeg – territoire du TraitĂ© 1 et patrie de la Nation Metis. Il est membre de Hope Mennonite Church, une communautĂ© de disciples de JĂ©sus.

     

    Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© d’abord par le Canadian Mennonite

     

    Cette histoire a Ă©tĂ© publiĂ©e dans le Materiel pour le culte du dimanche de la paix 2020