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  • Se rendre vulnérable

    Il y a un moment où tout change pour les étudiants qui suivent le cours Mission et Œcuménisme à l’Université Vrije d’Amsterdam (Pays-Bas). La composition du groupe qui assiste à ce cours obligatoire est assez variée; la plupart représentent les nuances de la tradition réformée : certains (surtout les jeunes hommes) se considèrent comme ‘conservateurs’ ou biblistes, certains (surtout les femmes) comme ‘libéraux’. Il y a des baptistes (‘évangéliques’), des mennonites (vus comme les plus libéraux), des pentecôtistes et des étudiants sans affiliation religieuse clairement définie.

    La plupart des étudiants sont plutôt sceptiques quant à l’œcuménisme. Certains ne croient pas qu’il soit nécessaire de réfléchir aux relations avec les autres chrétiens. D’autres estiment que les relations entre chrétiens ne sont pas pertinentes dans le contexte des rencontres interreligieuses et de la laïcité poussée à l’extrême.

    Jeter les bases

    Lors des premiers cours, ma collègue réformée, Heleen Zorgdrager, et moi demandons aux étudiants d’étudier des textes bibliques concernant l’unité de l’Église, comme Jean 17 ou Éphésiens 4.

    En réfléchissant à l’ecclésiologie (la nature de l’Église), nous découvrons que dans chaque tradition ‘être un’ est une caractéristique essentielle de l’Église.

    Devenir réceptif aux autres est très différent d’essayer de les convaincre que ma façon de voir est non seulement légitime, mais supérieure.

    Nous étudions aussi l’histoire du mouvement œcuménique.

    Jusque-là, la plupart des étudiants préfèrent rester dans leur zone de confort. Ils ont appris à ‘tolérer’ les autres, mais je sens qu’ils conservent leurs stéréotypes les uns sur les autres (et sur leur professeur mennonite).

    Aucun d’entre eux ne remet vraiment en question ce qu’il a cru jusqu’à présent. Je les encourage à exprimer leur propre identité et à valoriser ce qu’ils ont appris de leurs systèmes de croyances et de leurs expériences personnelles dans l’Église.

    Devenir réceptif

    Vient ensuite un moment où tout change.

    Cela se produit généralement lorsque j’introduis le concept d’’œcuménisme réceptif’. Plutôt que de demander :’Que doivent apprendre les autres de ma propre tradition ?’, les questions cruciales sont : ‘Quelles sont les faiblesses que j’expérimente dans ma propre communauté ?’ Et ‘Y a-t-il des ‘dons’ dans les autres traditions qui pourraient m’aider à surmonter ces faiblesses ?’ Paul Murray, qui a développé cette approche au Durham Center for Catholic Studies, affirme que l’hypothèse est que « si chacun se posait cette question sérieusement et agissait en conséquence, cela conduirait à approfondir nos identités respectives authentiques et à développer des relations plus intimes. »

    Bien sûr, au début, les étudiants manifestent une certaine réticence. Ils sont alors répartis en groupes de trois ou quatre, d’horizons différents. Ces groupes constituent un espace sécurisé pour parler des problèmes, des difficultés, des défis – et même des souffrances – qu’ils connaissent dans leur propre communauté.

    Partager la vulnérabilité

    Quand ils retournent dans le grand groupe, tout semble différent. Les étudiants rapportent, parfois les larmes aux yeux, des expériences dont ils n’auraient jamais pensé pouvoir parler avec qui que ce soit, surtout pas avec des personnes ne faisant pas partie de leur propre cercle.

    Les autres étudiants écoutent avec sensibilité. L’arrogance et l’ignorance des cours précédents ont disparu.

    Ils ont alors des relations mutuelles, et la confiance se développe progressivement. Ce n’est plus la tolérance au sens de l’indifférence, mais un réel intérêt pour l’autre et une recherche honnête et commune de sagesse biblique et de réflexion théologique qui répond aux défis rapportés.

    Les étudiants commencent à demander : Comment faites-vous cela dans votre communauté ? Pour quelles raisons ? Pourquoi ne puis-je pas faire ou croire cela dans ma propre église ? Ou bien le pourrais-je ?

    Désormais, la salle de classe devient un véritable espace œcuménique, une image de la ‘maison unique de Dieu’ dans toute sa diversité. Nous sommes devenus des croyants qui cherchent à renforcer mutuellement leur foi en partageant leurs doutes en présence les uns des autres. Pouvons-nous recevoir ensemble ce qui vient de Dieu ?

    Recevoir les dons

    Pour moi, c’est toujours un miracle de voir comment l’esprit change, avec quelle gentillesse les étudiants se conduisent les uns envers les autres, combien ils font preuve de délicatesse lorsqu’ils pointent les forces de la tradition de l’autre.

    Ayant été engagé dans des dialogues et des institutions œcuméniques officiels pendant des décennies, je me suis rendu compte que devenir réceptif aux autres est très différent d’essayer de les convaincre que ma façon de voir est, non seulement légitime mais, supérieure. Ê moins que je ne me rende vulnérable – confiant qu’il / elle ne détruira pas ma foi, mais peut accompagner sa croissance – je ne pourrai pas recevoir les dons d’une Église mondiale qui célèbre la diversité réconciliée comme une bénédiction de Dieu.

    D’ailleurs, cette approche ne reflète-elle pas exactement la sagesse de l’Église de Paix, qui enseigne la non-violence comme une des caractéristiques essentielles de l’Église du Christ ? Accueillir dans un esprit de non-violence une autre opinion, culture, mentalité ou tradition rend ma propre foi vulnérable. Comme notre propre histoire nous l’a montré, cela demande beaucoup de courage et une profonde confiance en l’Esprit de Dieu pour nous guider.

    Je suis fier de mes élèves pour leur confiance ! Et j’apprends beaucoup d’eux.

    Fernando Enns est membre et vice-président de l’Arbeitsgemeinschaft Mennonitischer Gemeinden en Allemagne. Professeur à la Vrije Universiteit (Pays-Bas) et à l’Université de Hambourg (Allemagne). Il a participé aux dialogues trilatéraux de la CMM avec la Fédération luthérienne mondiale et le Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, il est membre du Comité central du Conseil œcuménique des Églises.


    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier
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  • Psaumes 19

     

    « Tous les cieux proclament combien Dieu est glorieux, l’étendue céleste publie l’œuvre de ses mains. Un jour en informe un autre, une nuit à l’autre nuit en transmet la connaissance. Ce ne sont pas des paroles, ce ne sont pas des discours, ni des voix qu’on peut entendre. Cependant, leur voix parvient à toute la terre… »

     

    God, when we look around us, we seek to find you.

    The heavens declare your glory, the psalmist proclaims.

    Yet in our changing world, it can be hard to see the stars through polluted skies, or glory in parched air and rainfall that never comes.

    Give us eyes to glimpse heaven’s glory all around us in a fractured world.

    May we remember:

    That the same spirals of the Milky Way are part of our DNA

    That the constellations of our communities that come together in love and care for all your creation is a way of displaying our knowledge of you. 

    That our patterns of coming and going, tending and nurturing, proclaim the work of your hands.

    Give us your wisdom as we seek to honour and reflect your glory, in ourselves, in our communities, and in our world.

    Amen

     

    —Anna Vogt, directrice de MCC Ottawa, anciennement participante du programme SEED du MCC et collaboratrice de Justapaz en Colombie.

    Les chrétiens du monde entier s’unissent en esprit pour prendre soin de la création. La célébration du #TempsdelaCréation aura lieu du 1er septembre au 4 octobre 2020.

     

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    #TempsdelaCréation
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  • Prière pour une vie frugale

    Toi qui es Saint,
    Notre monde est dépassé par notre cupidité qui nous pousse à vouloir plus que ce dont nous avons besoin.
    Nous confessons être avides de consommation, obsédés par la victoire et prompts à mépriser et isoler les plus vulnérables d’entre nous.

    Esprit qui renouvelle,
    Aide ton Église à être ouverte, fidèle à l’enseignement de Jésus, à toutes les possibilités de la venue d’un nouveau lien de parenté entre humains, un royaume-famille de Dieu sur terre.
    Aide-nous à changer nos habitudes pour plus de partage, de cohésion sociale et une cohabitation symbiotique entre les humains et le reste de la création.
    Que nous puissions considérer la création comme un réseau cosmique d’êtres vivants
    où toutes les créatures vivent en interdépendance. 
    Aide ton Église à conserver le lien harmonieux entre la Source de vie et toutes choses.

    Dieu aimant,
    Aide-nous à te considérer comme le Dieu de la relation.
    Ouvre nos yeux au ministère de Jésus, ministère aimant et compatissant :
    qui se lamente avec la pauvre planète que notre avidité a dévorée,
    qui reste calme, sans se laisser distraire par un millier de choses inutiles,
    pour que nous puissions voir que la terre, la mer, le ciel et toutes les créatures possèdent la capacité spirituelle de nous ramener à toi et à l’harmonie de la danse cosmique.

    Dieu vivant,
    Aide-nous à vivre dans un devenir dynamique,
    ouverts à ce réseau de relations et à l’avenir.
    Aide-nous à comprendre que nous ne pouvons pas vivre sans recevoir les dons des autres
    et sans partager nos dons avec eux.
    Comme le dit le militant bouddhiste thaïlandais Sulak Sivaraksa :
    « Je suis, donc tu es ; tu es, donc je suis : nous inter-existons. »
    Aide-nous à répondre oui à ton invitation,
    à accepter notre ensemblitude dans la libre exubérance d’une amitié débordante
    avec toi, avec ton esprit, avec notre prochain et avec le reste de la création.

    Qu’il en soit ainsi.

    —Nindyo Sasangko est professeur de théologie et doctorant à Fordham University, New York, États-Unis. Il est pasteur de l’église Mennonite d’Indonésie GKMI (Gereja Kristen Muria Indonesia). Il est aussi membre du Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création.

     

    Les chrétiens du monde entier s’unissent en esprit pour prendre soin de la création. La célébration du #TempsdelaCréation aura lieu du 1er septembre au 4 octobre 2020.

     

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    Prières: Temps de la Création

    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

    Nous voulons votre avis !

    Le groupe de travail pour la protection de la création vous demande de répondre à ce questionnaire sur la protection de la création car nous avons besoin de votre avis ! Le groupe de travail vient de commencer et nous considérons qu’il est important de vous écouter, vous, les paroisses membres de la Conférence Mennonite Mondiale, à propos de sujets comme la protection de la création et le changement climatique, entre autres. Votre opinion est essentielle pour que nous puissions établir un projet de protection de la création qui inclut les sujets que les églises considèrent prioritaires. Il nous est également utile de savoir quel genre de ressources les églises aimeraient recevoir sur des sujets comme le changement climatique ou d’autres formes de dégradation de l’environnement qui touchent nos églises.

    Merci de prendre 15 minutes, seul ou avec d’autres membres de votre paroisse, pour répondre à ce questionnaire. 

    Votre avis est précieux ; merci pour votre participation !

  • Dieu de la création
    Nous venons à toi en cette saison pour reconnaitre que tu es le Créateur, et nous ouvrons nos yeux à la beauté contenue dans toutes les créatures, la terre, l’air et l’eau.  
    Tu es le Créateur, non seulement de l’humanité, mais aussi de tout ce qui remplit cette planète et l’univers en entier.

    Dieu d’aujourd’hui
    En ces temps de pandémie, de changement climatique, d’inégalités raciales, de perte de la biodiversité, et d’autres menaces envers ta création, nous reconnaissons que nous sommes bénis par ce que tu as créé, mais aussi que nous dépendons de la façon dont nous prenons soin de cette création.

    Dieu de justice
    Nous venons à toi en reconnaissant que nous sommes complices du manque de soin apporté à ce que tu as créé pour nous bénir.
    Nous faillons à notre devoir envers nos frères et sœurs du monde entier à chaque fois que nos actions font du mal à notre planète. 

    Dieu de paix
    Nous te demandons de nous montrer comment honorer ta création en cette période difficile.
    Nous ouvrons nos cœurs et nos esprits avec humilité à ce que nous pouvons faire pour être tes instruments de paix, pour faire de l’Église anabaptiste mondiale une communauté dont on puisse dire : ils prennent au sérieux la protection de la création, ce sont des chrétiens fidèles.

    Dieu de l’assurance
    Merci parce que tu nous assures de ta présence avec nous sur ce chemin. 
    Renouvelle nos esprits alors que nous œuvrons au renouvellement de notre maison commune.

    Au nom de Jésus, Amen

    (Rédigé à partir de la prière d’inauguration du groupe de travail pour la protection de la création)

    —Doug Graber Neufeld, professeur de biologie à Eastern Mennonite university, Harrisonburg, USA ; directeur du Center for Sustainable Climate Solutions. Paroisse : Community Mennonite Church (MCUSA), Harrisonburg, Virginie, États-Unis.

    Les chrétiens du monde entier s’unissent en esprit pour prendre soin de la création. La célébration du #TempsdelaCréation aura lieu du 1er septembre au 4 octobre 2020.

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    Prieres de Temps de la Création

     

    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

     

  • Prions en ces temps de péril

    Nous vivons dans un monde de grande beauté, mais ce monde est en péril.

    Seigneur, nous nous tournons vers toi, fragiles, confiants en ton amour, sachant que tu prends soin de nous et que tu pourvois.

    Écoute nos prières…

    • pour ceux qui sont touchés par les feux de forêt et qui vivent dans la peur des incendies dans l’ouest des États-Unis, en Amazonie et dans beaucoup d’autres régions du monde ;
    • pour toutes les créatures qui fuient la menace des feux et la destruction ;
    • pour ceux qui ont perdu leurs maisons, leurs lieux de culte et de travail.

    Nous prions…

    • pour ton intervention souveraine, pour que la pluie atténue les incendies et pour que les secours arrivent ;
    • pour l’engagement sans faille des leaders autochtones et des militants écologistes qui défendent courageusement tes forêts et tes terres dans leurs communautés. Pour que tu envoies des armées d’anges pour les entourer et protéger leurs vies. Donne-leurs ta paix alors qu’ils défendent ce que tu aimes ;
    • pour les autorités locales et pour les décideurs au pouvoir dans chacun de ces lieux ; donne-leurs la sagesse, la conscience de l’urgence de la situation et la sensibilité nécessaire pour protéger tes forêts, ton peuple, et le reste de la création ;
    • pour nous-mêmes, pour qu’individuellement et en tant qu’Église nous puissions être fidèles et courageux dans la prière, pour que nous fassions notre part pour défendre et restaurer ta création.

    Merci parce que tu entends nos prières.

    —Juliana Morillo, missionnaire au Pérou et maintenant en Colombie, avec l’église mennonite Teusaquillo à Bogotá. Master en développement et gestion de l’environnement ; facilitatrice pour l’Amérique latine, World Evangelical Association Creation Care Network.

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    Prieres de Temps de la Création

     

    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

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    Le groupe de travail pour la protection de la création vous demande de répondre à ce questionnaire sur la protection de la création car nous avons besoin de votre avis ! Le groupe de travail vient de commencer et nous considérons qu’il est important de vous écouter, vous, les paroisses membres de la Conférence Mennonite Mondiale, à propos de sujets comme la protection de la création et le changement climatique, entre autres. Votre opinion est essentielle pour que nous puissions établir un projet de protection de la création qui inclut les sujets que les églises considèrent prioritaires. Il nous est également utile de savoir quel genre de ressources les églises aimeraient recevoir sur des sujets comme le changement climatique ou d’autres formes de dégradation de l’environnement qui touchent nos églises.

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  • Enfants, ne soyez pas intimidés

    Cette lamentation inspirée par l’instinct parental a été écrite par une mère qui, dans sa cuisine, prépare du porridge pour ses enfants, dans une zone rurale du Zimbabwe.

    Bantwana lingatshotshobali

    Isihlahla soxakuxaku asisanunkuli,
    Ibhokola emasimini alisabonakali,
    Imitshwankela ayisatheli,
    Amasimu awasadlisi,
    Ingadi azisamili,
    Akuselazimvu esibayeni,
    lnkomo ziyacuba azihlambuluki,
    Imbuzi sezilivelakanci,
    Inkukhu azisatshatshami,
    Umkhathi usuhlala ulithusi –
    Bantwana lingatshotshobali,
    Ekhona iyenela ilambazi!
    Sizaqhubeka sivuma izono,
    Singayithola sitshay’ uGa Ntshompo.
    Sizathandaza simemeze uThixo,
    Singakhononi ngemifushwa lemisobho.
    Saz’ uNkulunkulu ebusa ngothando,
    Sizalindela umnyaka ozayo.
    Siyamazi akajabhisi osithobayo,
    Sizakuzwa ngabafowenu abathumezayo,
    Siqine ngokukholwa kunjalo.
    Sizathengisa eyokucina inkomo,
    Sethembele kuKhristu osiphayo –
    Sondelani ke bantwana, lingadli elipholileyo.
    (Ithathelwe kuzibalo ezikuHabakhukhi 3:17, 2 Imilandu 7:14 loUJohane 10:10)

    Comme si elle se parlait à elle-même, elle énumère des problèmes environnementaux comme le fait que les arbres fruitiers sauvages n’ont pas bourgeonné, que le ciel n’a pas apporté la pluie et qu’à cause de la chaleur, on dirait une plaque de cuivre.

    Elle lamente la mort du bétail de sa famille.

    Elle interrompt ses pensées pour rassurer ses enfants en leur disant que malgré le manque, il y a assez de céréales pour leur porridge.

    Pour leur donner de l’espoir, elle se tourne vers la théologie et les encourage à placer leur espérance dans le Seigneur.

    Alors qu’elle remue le porridge une dernière fois avant de le verser dans les plats, elle entonne le couplet qui décrit par une phrase la foi de sa famille, puis par une autre les actions spécifiques qu’elle va entreprendre. Ces actes concrets vont de la repentance, à la pratique de l’agriculture de conservation (Ga Ntshompo), en passant par l’attente d’argent envoyé depuis l’étranger par la famille, et la promesse de ne pas se plaindre.

    Elle affirme à ses enfants que Dieu les aime et leur dit de manger leur porridge tant qu’il est chaud.

    L’impact du changement climatique sur les pays du Sud est paradoxal. Pour les familles, c’est à la fois une perte et une opportunité fortuite d’affermir leur foi et leur résilience.

    La traduction approximative du titre est « Enfants, ne soyez pas intimidés ». C’est un appel apocalyptique à avoir une foi effrontée dans une époque de difficultés complexes et de désorientation.

    —Sibonokuhle Ncube (doctorante), est membre de l’église des Frères en Christ du Zimbabwe. Elle poursuit son parcours de travail pour la paix en étudiant la théologie, la paix et le développement durable au séminaire AMBS d’Elkhart, Indiana, États-Unis. Elle est membre du groupe de travail de la CMM pour la protection de la Création.

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    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

     

  • Donne-nous le pouvoir

    Dieu,

    Donne-nous le pouvoir de faire confiance aux autres
    Et de choisir la durabilité environnementale
    Qui libère ta création de la souffrance.

    Donne-nous le pouvoir de partager nos connaissances
    Et de rechercher des solutions durables
    Qui permettent aux futures générations de vivre.

    Donne-nous le pouvoir de coopérer
    Pour prendre des décisions et entreprendre des actions
    Qui donnent un fruit durable.

    Donne-nous ce pouvoir
    Par ton Saint Esprit.

    Toi qui as vu que cela était bon.

    Après-demain comme au commencement.

    Pour que ton règne vienne
    Et que ta gloire rayonne
    Ê jamais.

    Amen

    —Traduction libre d’une prière extraite de Dancing with the Golden Frog: Global Warming and the Lord’s Prayer, de Herman Heijn, pasteur à Doopsgezinde Gemeente Haarlem, Pays-Bas. Ce texte est proposé par Rebecca Froese, membre du groupe de travail pour la protection de la Création et membre de l’église mennonite d’Hambourg-Altona, en Allemagne.

     

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    Prieres de Temps de la Création

     

    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

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  • Il y avait plus de 15 ans que nous avions quitté Zagreb (aujourd’hui capitale de la Croatie), lorsque nous y sommes revenus pour une brève visite en 2006. Assis à la terrasse d’un café un samedi matin ensoleillé, ma femme Sara et moi avons aperçu des affiches qui n’auraient sûrement pas été autorisées dans l’ex-Yougoslavie, autrefois communiste : ‘Marche pour Jésus !’ L’ayant lue, je n’ai pas pu découvrir quelle dénomination parrainait l’événement. Curieux, nous avons cherché et découvert la procession elle-même, parcourant joyeusement le centre-ville jusqu’à ce que les habitants appellent Cvjetni trg (Place des Fleurs).

    Nous demandant toujours qui pouvait organiser une telle manifestation chrétienne publique, nous avons soudain été hélés par l’un des organisateurs, qui s’est exclamé joyeusement : « Cela a commencé dans votre salon ! »

    Stanko avait été l’un des nombreux jeunes responsables d’églises pentecôtistes qui se réunissaient chaque mois chez nous en 1988 et 1989 pour prier, au-delà des barrières confessionnelles qui cantonnent habituellement chacun dans son groupe. Les baptistes, les pentecôtistes, les frères et plusieurs autres branches indépendantes de ce petit mouvement néo-protestant appréciaient l’opportunité de réfléchir, de prier et de tisser des liens d’amitié pendant les périodes difficiles des années 90, qui avaient plongé la région dans le chaos et la guerre.

    Bien après notre retour en Amérique du Nord, ces premiers liens se sont transformés en collaboration pour témoigner, secourir les victimes de guerre et sensibiliser nos voisins à la foi chrétienne[KB1] .

    Aux heures les plus sombres des conflits dans les Balkans (1991–1995 et au-delà), les efforts pour rétablir la paix, fondés sur la foi chrétienne, étaient profondément ancrés dans la coopération œcuménique et même interconfessionnelle. En Bosnie, en Serbie et en Croatie, les disciples de Jésus s’étaient sentis appelés à surmonter les frontières, construire des ponts, pratiquer le pardon et offrir une simple hospitalité aux personnes en grand danger de toutes parts.

    Les amis de la CMM connaissent le témoignage de Hleb Života (l’organisation humanitaire le Pain de Vie) à Belgrade, ou de Pontanima (chœur interconfessionnel) à Sarajevo. Ces initiatives, et bien d’autres, ont contribué durablement à la consolidation de la paix suite aux désastres d’origine humaine dans la région.

    En raison de mon engagement avec les chrétiens pentecôtistes des Balkans, ces dernières années j’ai eu le privilège de participer aux dialogues interconfessionnels officiels entre l’Église mennonite des États-Unis et certaines branches du mouvement pentecôtiste.

    L’Église de Dieu (basée à Cleveland – Tennessee) a participé à plusieurs séries de discussions théologiques sur la présence et la puissance du Saint-Esprit lors de cultes, dans l’évangélisation et dans la mission. De nombreux participants ont exprimé un vif intérêt pour les expériences anabaptistes lorsque les disciples de Jésus, par la puissance de l’Esprit de Dieu, agissent en tant qu’agents de réconciliation et de paix dans les conflits actuels.

    Dieu crée continuellement du nouveau parmi nous, alors que l’Esprit continue de détruire les murs de l’hostilité et de nous envoyer comme ambassadeurs avec la puissance de l’amour du Christ.

    Dans ce but, Shane Claiborne, militant chrétien de Philadelphie (Pennsylvanie), nous exhorte à garder le meilleur de ce que les nombreuses et diverses traditions chrétiennes ont à nous offrir :

    ‘Tout comme nous critiquons ce qu’il y a de pire dans l’Église, nous devons nous réjouir de ce qu’elle a de meilleur’, écrit Shane Claiborne dans le journal Oneing. ‘Nous devons creuser les champs de l’histoire de l’Église pour y trouver des trésors, des joyaux… Je désire le feu des pentecôtistes, l’amour des Écritures des luthériens, l’imagination politique des anabaptistes, l’enracinement des ortodoxes, le mystère des catholiques et le zèle des évangéliques.’

    Je suis convaincu que nous sommes beaucoup plus un panachage de ces nombreux courants que ce que nous admettons habituellement. Nous nous abreuvons tous à des courants qui incluent d’anciennes formes du culte chrétien orthodoxe, des traditions de réflexions profondes catholiques, des convictions luthériennes solides, des doctrines réformées classiques et des pratiques piétistes chaleureuses – ainsi que certaines formes d’engagements et de croyances anabaptistes que les premières générations pourraient ou non reconnaître comme leurs.

    Nous choisissons et répondons à de nouvelles situations tout en puisant dans des matériaux venant de sources diverses. Ensemble, ces fils colorés et entrecroisés forment un nouveau tissu, une tapisserie pour notre époque destinée à être un don pour nos contemporains.

    Le fleuve puissant des pentecôtistes d’aujourd’hui et celui des héritiers du courant anabaptiste peuvent sembler assez éloignés l’un de l’autre, mais la réalité souterraine est plus proche que ce que l’on aurait pu penser. Lorsque nous travaillons ensemble, les forces de notre zèle prophétique, de notre témoignage passionné et de notre compassion quotidienne peuvent revitaliser un discipulat guidé par l’Esprit dans ce monde complexe. C’est notre espoir !

    Gerald Shenk a enseigné dans des séminaires en Croatie, en Serbie et aux États-Unis (Virginie et Indiana), avant de prendre ses fonctions de grand-père dans une petite ferme en Virginie. Il est membre de Springdale Mennonite Church.

     

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier. Cliquez ici pour lire d’autres articles de ce dossier.

  • Humilité

    Dieu de toute la Terre –

     

    Fais-nous sortir, dehors, dans tes lieux saints.

    Amène-nous au-delà de nos murs,

    là où nous pouvons voir nos voisins,

    dehors, au-delà de nos potagers regorgeant de tomates mûres et de pastèques prêtes à éclater.

    Dehors, là où les fleurs ont éclos en pétales jaunes et roses et

    où le vent les fait danser.

    Dehors, de la terre dont nous venons,

    là où les mots nous manquent pour décrire

    ce que nous voyons et

    où nous ne pouvons que dire combien nous sommes petits.

    Là – dehors – baisse-toi.

    Fais de la boue avec ta salive ; étale-la sur tes yeux.

     

    Et lorsque l’argile sèche et se fissure,

    et que nous tournons nos visages vers ton vaste monde,

    que nous puissions y voir la grâce et non le désespoir

    et une récolte si abondante qu’elle nous bouleverse.

     

    Jennifer Schrock est l’auteure de cette prière, inspirée par un culte en plein-air à l’église de Berkey Avenue Mennonite Fellowship, Goshen, Indiana, USA. Jennifer Schrock est membre du Groupe de travail pour la protection de la Création de la CMM

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    Questionnaire sur le Groupe de travail de la CMM pour la protection de la création

    Nous voulons votre avis !

    Le groupe de travail pour la protection de la création vous demande de répondre à ce questionnaire sur la protection de la création car nous avons besoin de votre avis ! Le groupe de travail vient de commencer et nous considérons qu’il est important de vous écouter, vous, les paroisses membres de la Conférence Mennonite Mondiale, à propos de sujets comme la protection de la création et le changement climatique, entre autres. Votre opinion est essentielle pour que nous puissions établir un projet de protection de la création qui inclut les sujets que les églises considèrent prioritaires. Il nous est également utile de savoir quel genre de ressources les églises aimeraient recevoir sur des sujets comme le changement climatique ou d’autres formes de dégradation de l’environnement qui touchent nos églises.

    Merci de prendre 15 minutes, seul ou avec d’autres membres de votre paroisse, pour répondre à ce questionnaire. 

    Votre avis est précieux ; merci pour votre participation !

  • Remise de diplômes scolaires, conférences d’église, sensibilisation à la criminalité et réunions de prière : c’est dans le bâtiment de notre église que tout cela a lieu, avec la participation des églises locales de différentes dénominations. Nous avons de nombreuses occasions d’être artisans de paix dans notre région en travaillant aux côtés d’autres églises pour répandre l’Évangile.

    Mon histoire

    Après avoir quitté le Zimbabwe pour l’Afrique du Sud en 2001 (afin d’y poursuivre des études à l’Université de Johannesburg) je suis devenu professeur de mathématiques, d’histoire et de psychologie dans le secondaire. Mais l’Église Frères en Christ de Hillbrow (BIC), qui connaissait des problèmes avec ses responsables, m’a appelé à être son pasteur en 2002.

    Nous avons organisé de nombreux ateliers et séminaires sur le leadership, et les problèmes se sont apaisés.

    Début 2008, l’église m’a engagé comme pasteur à plein temps de la branche BIC de Hillbrow. Lorsque les églises Frères en Christ d’Afrique du Sud ont formé une union en 2011, j’ai été élu évêque.

    Nous avons alors commencé à travailler avec d’autres dénominations afin de prêcher l’évangile de Jésus-Christ autour de Hillbrow, Yeoville, Berea et le centre de Johannesburg.

    Débuts du ministère interconfessionnel

    Nous avons formé un groupe interconfessionnel de quatre églises, dont Hillbrow (BIC), les ministères Rock of Ages et ceux de la Délivrance Complète de l’Église de Dieu.

    Nous avons parrainé de grands événements communs, des réveils et des ministères de sensibilisation à Hillbrow et dans les environs.

    Avec la collaboration des services de police sud-africains (SAPS), nous avons organisé des marches très réussies autour de Hillbrow contre la drogue et la criminalité. Nous avons aussi participé à des programmes de sensibilisation à la criminalité en partenariat avec les services de police sud-africains (SAPS) au poste de police de Hillbrow.

    Notre bâtiment est aussi un bureau de vote, ce qui en a fait une église de la communauté.

    Des réunions fraternelles de pasteurs et des nuits de prières ont lieu dans nos locaux, principalement parce que nous sommes la seule église de la région à avoir un bâtiment.

    Les écoles élémentaires et maternelles louent nos locaux pour les remises de diplôme et des réunions de parents. Différentes dénominations les louent aussi pour leurs conférences et leurs réunions pour un coût minime (participation aux frais d’eau et l’électricité).

    Les réunions de la communauté ont lieu gratuitement dans notre bâtiment.

    Les jeunes des églises BIC, Église de Dieu et Rock of Ages se réunissent de temps en temps pour des cultes spéciaux et des vigiles.

    Travail pour la paix

    De 2011 à aujourd’hui, des jeunes de 14 églises ont créé la Rainbow Soccer Christian League (Ligue chrétienne de football de l’Arc-en-Ciel). Cette ligue est composée de membres d’églises Frères en Christ, des Assemblées de Dieu, de la Mission de foi apostolique, de l’Armée du Salut, des Ministères de la foi en Dieu (FIG) et Ministères Foi et Feu. Le football a rapproché les églises, c’est un outil efficace pour gagner des âmes.

    Après m’être présenté au commandant du poste de police de Hillbrow, il m’a demandé de venir m’adresser aux policiers et aux policières. En tant que pacificateurs, nous apportons ainsi une contribution aux communautés que nous servons.

    Avec d’autres églises, nous avons écrit des articles sur les attaques xénophobes et sur d’autres problèmes sociaux. Cela a fait connaître notre travail pour la paix dans la région.

    Nous avons également travaillé avec la communauté zimbabwéenne d’Afrique du Sud pour sensibiliser les résidents et les membres de l’église à la criminalité. L’église s’est associée à des ONG pour lutter contre la dépression et les traumatismes chez les garçons et les hommes. Et Hillbrow a invité d’autres églises à se joindre à elle pour mettre en place un programme de soupe populaire pour nourrir les sans-abris de notre quartier.

    Enfin, la BICC vient de demander son adhésion au Conseil des Églises d’Afrique du Sud. Ce sera bien utile pour apporter l’évangile de Jésus-Christ à travers tout le pays.

    —Benedict Ndlovu est pasteur de l’église Frères en Christ d’Hillbrow (BIC), Johannesburg (Afrique du Sud). Il représente l’église BIC au Conseil général de la CMM.

     

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier. Cliquez ici pour lire d’autres articles de ce dossier.

  • En Amérique latine, il existe une grande diversité œcuménique qui découle des différents contextes socio-politiques, historiques et bien sûr, économiques. Le contexte religieux colore aussi la dynamique œcuménique. J’aborde ce sujet à propos de la ville de Mexico.

    Occasions de cohésion

    Les changements politiques qui eurent lieu en 1997 dans mon pays sont importants pour mieux comprendre le contexte historique. Cette année-là, l’ingénieur Cuauhtémoc Cárdenas Solórzano, un homme de gauche, a été élu chef du gouvernement de la capitale. Il a cherché à développer la cohésion sociale et le dialogue pour assurer plus d’unité entre les différents secteurs sociaux ainsi qu’entre les différentes institutions religieuses. Durant son mandat, il a proposé des processus alternatifs pour un changement social, économique et politique. Un mouvement social plus fort émergea donc, mouvement qui sut se montrer habile dans ses interactions avec les instances détenant le pouvoir.

    Dans ce contexte, des réunions œcuméniques ont été organisées avec des représentants des différentes institutions religieuses. Elles avaient pour but de développer un dialogue interreligieux qui puisse se faire entendre dans le cadre de ce mouvement social.

    Une vision théologique anabaptiste

    En tant qu’anabaptiste, j’ai toujours été convaincu que notre perspective théologique serait pertinente dans ces circonstances. Lors de ces réunions, tous, hommes et femmes, ont pu faire entendre leur voix et ont été écoutés. Que l’on pense que les chrétiens devraient intervenir – ou non – dans le domaine socio-politique, comme dans ce cas, il est toujours enrichissant d’être en contact avec d’autres, surtout avec des personnes différentes.

    Au Mexique de manière générale, les églises chrétiennes ont tendance à se méfier les unes des autres, ce qui est un obstacle au mouvement œcuménique. Cependant, il y a des responsables de dénominations qui comprennent que l’œcuménisme peut être un espace de dialogue, de travail et d’accompagnement mutuel dans le cheminement spirituel. Et en fait, plusieurs dialogues réunissant des luthériens, des méthodistes, des presbytériens, des anglicans, des baptistes, des pentecôtistes et des catholiques ont eu lieu. Les responsables partagèrent leurs expériences ecclésiales et sociales et plusieurs d’entre eux sont restés mes amis et frères spirituels dans la construction du Royaume de Dieu sur terre.

    Cet accompagnement mutuel nous a aidé à élargir notre vision et notre compréhension de l’œcuménisme au-delà des réunions et à l’incorporer pour développer des projets de service et de plaidoyer social et politique.

    Suivre Jésus, notre espérance

    L’impératif œcuménique se base sur la prière de Jésus à Gethsémané. Il a déclaré sans équivoque que les chrétiens doivent s’aimer lorsque, durant les heures de la passion, il pria Dieu pour ses disciples afin « qu’ils soient un pour que le monde croie » (Jean 17/21). Cette prière interpelle les chrétiens en général et, bien sûr, les anabaptistes en particulier.

    Notre réponse dépend de la manière dont nous exerçons le ministère du Royaume de Dieu dans ce monde. Le rêve œcuménique ne se réalise pas avec de bonnes intentions, mais plutôt en choisissant délibérément des chemins communs avec ceux qui sont différents.

    Fernando Pérez Ventura was a pastor in Mexico City, Mexico, for 34 years. For three years, he has worked with Mennonite Mission Network in several countries in Latin America. Along with his wife Rebeca González Torres, he coordinates CITA (Comunidad de Instituciones Teológicas Anabautistas), an Anabaptist theological network for Latin Americans. He is currently serving with Mountain States Mennonite Conference in the USA.

     

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier. Cliquez ici pour lire d’autres articles de ce dossier.

  • « Les premiers anabaptistes pratiquaient le lavement des pieds comme les bénédictins le font aujourd’hui! » s’exclama Père Augustinus [Sander], un moine bénédictin que j’ai rencontré en Suisse. Il venait de faire des recherches sur Michael Sattler sur internet.

    « Ce n’est pas étonnant, » dis-je, « Michael Sattler faisait partie de l’ordre des bénédictins. »

    Michael Sattler est le principal auteur de la Confession de Schleitheim (1527), dans laquelle les anabaptistes en appellent à la vérité, au rejet de la violence, à la responsabilité mutuelle dans la communauté, à la séparation de l’Église et de l’État et à une vie sainte dans l’obéissance à Jésus ; des convictions qui, pour le frère Augustinus, ressemblent fort aux pratiques de son ordre religieux.

    Les premiers anabaptistes ont quitté de gré ou de force les monastères et les congrégations religieuses de l’église catholique romaine, souvent dans des circonstances douloureuses, parfois aux risques de leur vie. Mais les anabaptistes ont conservé cet idéal très monastique : il est possible – essentiel même – pour les chrétiens de prendre au sérieux le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5-6) et d’autres enseignements du Nouveau Testament concernant l’éthique, la non-violence, la communauté et la sainteté.

    Père Augustinu et J. Nelson Kraybill

    Les anabaptistes ne voulaient pas se débarrasser des idéaux monastiques qui impliquent un style de vie discipliné, mais plutôt que tous les chrétiens vivent cette même obéissance à Jésus.

    Je me réjouis de ce que mennonites, catholiques, luthériens, réformés et d’autres chrétiens trouvent souvent aujourd’hui des moyens de communier et de collaborer en tant que sœurs et frères en Christ. Nous avons beaucoup à apprendre d’Augustinus, et d’autres chrétiens dans le monde, qui partagent un niveau élevé d’obéissance à Jésus.

    Augustinus et moi étions des invités œcuméniques à un rassemblement luthérien. Demandez aux luthériens ce qui distingue leur tradition, et vous entendrez très probablement « le salut par la foi, par grâce ».

    C’est aussi une conviction pour les mennonites.

    Mais parfois, nous insistons tellement sur le service et les actions pour la paix comme caractéristiques de l’Évangile, que nous oublions la grâce. Nous oublions que nous sommes toujours des pécheurs dont la relation juste avec Dieu et avec les autres êtres humains est le résultat de la grâce par la puissance du Saint-Esprit, et non de nos remarquables efforts.

    —J. Nelson Kraybill est président de la CMM (2015–2021). Il vit en Indiana (États-Unis).

     

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2020 de Courier/Correo/Courrier. Cliquez ici pour lire d’autres articles de ce dossier.