Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée
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« Il est très important de comprendre cette philosophie africaine lorsque nous nous réunissons en tant que grande communauté anabaptiste à Arusha. Je ne peux en aucun cas tout gérer tout seul. Je le fais parce que d’autres m’ont aidé : c’est l’interdépendance », explique Musuto wa Mutaragara wa Chirangi wa Muhongo wa Nyawayega wa Rihu.
Le Dr Musuto Chirangi sera coordinateur du swahili pour l’interprétation et la traduction lors de la 18e Assemblée mondiale de la CMM en Tanzanie, du 6 au 13 juin 2028. Les noms des deux Églises qui accueillent l’Assemblée, Kanisa la Mennonite Tanzania (KMT) et Kanisa La Mennonite La Kiinjili Tanzania (KMK(T)), sont tous deux en swahili.
Langue officielle de la Tanzanie, le swahili est largement parlé dans toute l’Afrique de l’Est, notamment en République démocratique du Congo, au Kenya, au Mozambique et en Ouganda.
Le swahili sera l’une des langues officielles de la 18e Assemblée. « Cela signifie que tous les documents écrits seront traduits en swahili et qu’une traduction sera assurée pour l’ensemble des interventions sur scène », explique Liesa Unger, responsable des événements internationaux.
« Pour chacune des langues de la CMM (anglais, français et espagnol), nous disposons d’un glossaire des termes couramment utilisés, en particulier des mots d’église, qui peuvent avoir des connotations spécifiques dans certaines langues. Chirangi mettra en place une équipe qui, entre autres, travaillera à la création d’une version en swahili de ce glossaire », explique Karina Derksen-Schrock, coordinatrice de la traduction et de l’interprétation.
Bien que Musuto Chirangi ait suivi une formation en développement commercial et en développement communautaire, et qu’il soit titulaire d’un master et d’un doctorat en études du travail et en ressources humaines, il nourrit une passion pour les langues et la culture. Il est marié à Marja Schoenmaker, une mennonite néerlandaise, et a une fille adulte.
« Quand on vient en Afrique, il faut se préparer sur le plan sociologique. Il faut comprendre pourquoi nous nous comportons d’une certaine manière », explique Musuto Chirangi.
La langue est profondément ancrée dans la culture, et elle s’exprime non seulement par les mots, mais aussi par le langage corporel.
« Si vous prenez les mots au pied de la lettre et que vous les passez dans l’IA [pour la traduction], vous allez vous amuser en voyant le résultat », ajoute-t-il.
Musuto Chirangi a participé à la révision de la version en swahili de la constitution de l’Église mennonite de Tanzanie (KMT) et de son récent plan stratégique décennal.
Prenons le thème « Christ nous unit », par exemple : « En swahili, si vous le traduisez littéralement, cela perd tout sens théologique. La phrase devient passive. Il faut l’exprimer différemment en swahili : en Jésus, nous ne faisons qu’un, nous sommes ensemble. Vous avez désormais une responsabilité. Que l’on vienne du Malawi, du Kenya ou de Tanzanie, en tant que femme ou en tant qu’homme, on a la responsabilité de communiquer, d’être avec les autres, ensemble en Jésus ; il n’y a pas de frontières », explique-t-il.
« En tant que membre de la communauté anabaptiste mondiale, les valeurs fondamentales que sont la construction de la paix, la promotion de l’unité, la place centrale accordée à la communauté et la radicalité dans la défense de la vérité ont façonné mes perspectives, mon comportement et ma philosophie de travail », explique-t-il.
Il a été élevé au sein de l’Église mennonite. Son père, Mutaragara Chirangi, fut l’une des premières personnes baptisées à Musoma par l’évêque Elam Stauffer en 1951. Après avoir suivi une formation d’enseignant, Mutaragara Chirangi est devenu secrétaire général des Églises mennonites de Tanzanie et du Kenya, qui fonctionnaient alors conjointement.
Un rassemblement, ce n’est pas seulement les réunions, c’est aussi rencontrer les gens, découvrir la cuisine locale, visiter les lieux et écouter les récits, explique Musuto Chirangi. « Il y aura des chocs culturels, mais nous pouvons apprendre à les anticiper, puis à les accepter et à nous en remettre. »
« La venue de la CMM chez nous est une occasion de nous guérir », déclare Musuto Chirangi. « Nous ne sommes plus des étrangers en Jésus-Christ. »
