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Entre la Laos et le Zimbabwe

Godswill Muzarabani (Zimbabwe) enseigne l’anglais en République démocratique populaire lao. Certains de ses élèves font partie du club de la paix, Mittapab, dans lequel il travaille le week-end. MCC Photo : Silas Crews
Date de diffusion : 
Mercredi 13 Juin 2012

Vientiane, République démocratique populaire lao (Laos) – Godswill Muzarabani a grandi au Zimbabwe entre deux cultures : son père était originaire de l’ethnie majoritaire, shona, et sa mère était ndebele, l’ethnie minoritaire. Dans le meilleur des cas, ce sont de simples différences, mais dans le pire, elles engendrent la violence.

« Je suis à l’aise avec tous » dit-il. Il se sent appartenir également aux deux langues et cultures.

Cette aptitude lui a été bien utile quand il est allé en République démocratique populaire lao avec YAMEN! en 2011 et 2012. Il y a appris à respecter les différentes religions et les différentes conceptions de la paix, tout en accordant de la valeur à la personne.

Le Réseau Anabaptiste Mondial d’Échange de Jeunes (YAMEN!) est un programme commun du MCC et de la CMM. Il place des jeunes d’églises membres de la CMM originaires de pays du Sud dans d’autres pays de l’hémisphère Sud, pour acquérir une expérience interculturelle et de service.

La plus grande préoccupation de Godswill au Laos était de savoir comment s’adapter et vivre avec des bouddhistes et des hindous, après avoir grandi dans un pays à majorité chrétienne.

« Je pensais que ça allait être impossible », a déclaré Godswill. Je me disais :
« Imagine vivre avec quelqu’un qui ne croit pas la même chose que moi... Quand je suis arrivé, j’ai découvert que c’était encore pire : nous devions même travailler avec des bouddhistes ! »

Il n’a pas fallu très longtemps à Godswill pour apprendre à respecter les bouddhistes du Laos pour leur mode de vie paisible. « Depuis leur façon aimable de réagir à une erreur, jusqu’à la manière dont ils perçoivent les conflits, les bouddhistes sont encore plus pacifiques que les chrétiens », a t-il conclu.

« Au Zimbabwe, habituellement on résout les conflits, qu’ils soient politiques ou personnels, en se battant, mais au Laos, le conflit est une question de cœur. Leur conviction est :‘Si tu dis quelque chose de méchant à propos de quelqu’un, sois prudent, car tu pourrais blesser son cœur’.

Cependant, cette conviction fait que les Laotiens ont tendance à permettre aux autres de profiter d’eux, et aux riches de les exploiter. »

« Si je pouvais combiner les deux sociétés, les Laotiens ne se battraient pas, mais ils sauraient protester et le feraient sans violence ; et si dans mon pays, on pensait autant au cœur que le font les Laotiens, ils ne se battraient pas autant, mais ils sauraient probablement manifester leur opposition. Les soldats ne frapperaient pas les gens parce qu’ils sauraient que cela les blesse aussi émotionnellement. »

La tâche de Godswill Muzarabani avec YAMEN! était d’enseigner l’anglais dans une école secondaire et d’enseigner la paix à Mittapab, un club actif dans ce domaine, pour les élèves du secondaire. Godswill est diplômé de l’Université Solusi au Zimbabwe en paix et études des conflits.

Peu à peu les étudiants ont appris à le respecter, son Lao s’est amélioré, et ils ont commencé à chercher des occasions de parler avec lui. Ils lui ont posé de nombreuses questions au sujet de sa culture et sa foi, et lui-même les a questionnés sur ces mêmes sujets.

Ils ont discuté de leurs différences comme la couleur de leur peau, mais ils ont aussi trouvé de nombreuses similitudes : la pauvreté, la musique et

l’importance de la famille élargie. Ils ont également discuté de religion.

« Ici, certains sont musulmans, d’autres croient aux esprits. Ils peuvent s’asseoir et discuter de leur religion. Certaines fois, quelqu’un change et devient chrétien grâce à l’exemple d’une autre personne. J’ai appris à laisser le temps de changer à quelqu’un, plutôt que de le juger et d’essayer de le convertir. »

Parce qu’il était prêt à écouter, apprendre et partager, les Laotiens l’ont traité comme un des leurs. « Oh, tu n’es pas un étranger, tu es l’un de nous, » lui a-t-on dit.

L’année prochaine, Godswill sera le stagiaire de la CMM au Bureau du MCC aux Nations Unies, s’il obtient son visa. Ce poste est proposé dans le cadre du International Volunteer Exchange Program (IVEP) du MCC.

Après cela, il voudrait retourner au Zimbabwe et y rester longtemps. En tant que fils aîné, il est responsable de sa famille proche et doit aider sa famille élargie une obligation qu’il entend remplir.

Il désire également utiliser ce qu’il a appris au Laos, et apprendra aux États Unis, dans sa propre culture ndebele et shona, et travailler à la paix entre les jeunes et dans son église.

Linda Espenshade est coordinatrice des informations pour MCC US.