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  • Depuis 2016, les Philippines sont dirigées par un président controversé pour sa campagne anti-drogue. Les exécutions extrajudiciaires ont augmenté?: il semble que les policiers exécutent les revendeurs de drogue et quiconque essaye de se défendre. Ce président charismatique bénéficie d’un soutien massif, mais sa personnalité et son approche violente du problème de la drogue et de la pauvreté suscitent des controverses.

     Ebenezer Mondez

    Dans la ville de Lumban (province de Laguna), Eladio Mondez est pasteur de l’assemblée locale Lacao Mennonite Bible Church (église biblique mennonite de Lacao). Le dimanche matin, une cinquantaine d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, se rassemblent pour écouter la Parole de Dieu. L’après-midi, environ 40 à 50 enfants du voisinage viennent pour écouter des histoires bibliques, chanter et danser et prendre un repas nourrissant, préparé pour eux par les bénévoles de la paroisse.

    Au cours de la semaine, le pasteur Eladio Mondez remplit les fonctions de président de l’Alliance évangélique des pasteurs de Lumban (LEAP). La LEAP, une association de 12 assemblées évangéliques de la ville, créée pour avoir un impact dans la ville. Ces pasteurs se sont engagés à aider le gouvernement local dans la campagne nationale antidrogue?: ils animent des sessions de réhabilitation pour les revendeurs de drogue et les toxicomanes qui se rendent à la police afin de changer de vie.

    Chaque année au mois de janvier, l’église biblique mennonite de Lacao célèbre le mois national de la Bible et le Dimanche de la Fraternité Mondiale de la CMM.

    Un groupe en expansion

    Les mennonites sont arrivés pour la première fois aux Philippines dans les années 1970, lorsque le Comité Central Mennonite est venu apporter de l’aide humanitaire. Eastern Mennonite Mission est arrivé plus tard et a implanté des assemblées mennonites.

     Ebenezer Mondez

    La plupart des responsables d’assemblées mennonites locales sont des pasteurs d’autres confessions qui se sont convertis à une pratique de foi mennonite. C’est pourquoi, en 1991, ils ont officiellement pris le nom de Integrated Mennonite Churches, Inc. (IMC).

    L’IMC continue à grandir et compte environ 1 500 membres baptisés à ce jour. Les paroisses de l’IMC se trouvent dans des montagnes reculées, difficiles à atteindre. La plupart des membres sont agriculteurs et dépendent des cultures pour gagner leur vie. Certaines paroisses sont dans les villes, et la prochaine génération est constituée de jeunes – enseignants, infirmiers, ou travaillant dans le développement.

    Le christianisme aux Philippines est principalement catholique romain. Cependant, au cours de la dernière décennie, le nombre de paroisses évangéliques a augmenté. Cela est peut-être dû à l’arrivée de missions étrangères et des scissions dans les assemblées locales (il y a environ dix ans, l’IMC a également connu une scission).

    Les paroisses de l’IMC répondent activement aux besoins des communes locales. Certaines ont des programmes d’alimentation pour enfants défavorisés. Elles distribuent des fournitures scolaires au début de l’année scolaire afin d’encourager les enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’en acheter. Elles organisent aussi des études bibliques et l’école du dimanche, pendant lesquelles les enfants peuvent s’amuser, écouter des histoires sur Jésus et se retrouver avec des chrétiens qui les aiment et s’occupent d’eux.

    Une famille dans la foi

    L’IMC organise une conférence générale annuelle au cours de laquelle responsables et membres se rassemblent pour mieux connaître la théologie de la paix et l’anabaptisme, et réfléchir aux moyens de faire face aux difficultés locales et nationales. Toutefois, en raison des difficultés géographiques et financières, seulement 20% environ des membres sont en mesure d’assister à la conférence annuelle. La plupart du temps, seuls ceux qui habitent à proximité du lieu de réunion peuvent venir. Ceux qui viennent de loin doivent voyager entre 5 et 16 heures.

     Ebenezer Mondez

    Chaque année, les jeunes de l’IMC participent à un camp (de jeunes), qui est l’occasion pour les jeunes responsables de s’encourager mutuellement. Le camp permet aussi d’inviter des amis à connaître Jésus et à avoir une relation personnelle avec lui. Les camps dynamisent les jeunes afin qu’ils soient engagés dans leur assemblée locale et participent activement à la communion fraternelle et au témoignage.

    Les paroisses de l’IMC travaillent avec d’autres églises de leur région. Elles se sont jointes à des associations ecclésiales qui encouragent la communion entre les chrétiens. Bien qu’elles aient des différences, elles soulignent l’unité des croyants au Christ. La théologie de la paix des mennonites incite les autres églises à faire des alliances entre les candidats pendant les périodes d’élections locales.

    Autres groupes anabaptistes aux Philippines

    Outre l’IMC, d’autres groupes mennonites sont présents aux Philippines, comme les groupes conservateurs de la Nationwide Fellowship of Churches, avec lesquelles le l’IMC n’a pas de relations. Il y a une mission Frères Mennonites dans le nord, mais elle n’a pas encore de contact avec l’IMC. Il existe également un réseau d’églises (Peace Church Network) créé par MC Canada, dans la région métropolitaine de Manille (la capitale). Peace Church Network et l’IMC se sont rencontrés à plusieurs reprises pour échanger et apprendre l’un de l’autre.

     Ebenezer Mondez

    Comme ailleurs, les mennonites aux Philippines sont confrontés à des questions de discipulat et d’évangélisation. La présence évangéliqueest écrasante?; presque tout le monde a entendu l’évangile, mais choisit de l’ignorer ou de le fuir. La difficulté est de savoir comment témoigner du caractère unique de la tradition anabaptiste en mettant l’accent sur la paix, la non-violence et la non-résistance.

    Nous avons l’occasion de vivre nos principes de paix et de non-violence de manière concrète. Des groupes armés, rebelles communistes, résident dans des régions montagneuses reculées. Certaines paroisses de l’IMC situées dans ces zones se comportent en témoins en leur offrant un peu de nourriture, et en développant des relations amicales avec les rebelles.

    L’anabaptisme a également eu une influence sur le processus de paix dans le pays, où des artisans de paix regardent la théologie de la paix anabaptiste comme un modèle à suivre pour aborder les groupes séparatistes musulmans ainsi que les rebelles communistes.

    Cela fera bientôt 50 ans qu’il y a des mennonites aux Philippines, et nos églises – avec différents accents – continuent de suivre Jésus sur le chemin de la paix et de témoigner à nos voisins de l’amour et de la justice que Jésus a manifesté aux êtres humains sur la Terre.

    ‚ÄîRegina Lyn Mondez-Sumatra est la coordinatrice nationale de l’IMC depuis 2011. Elle a grandi à Lumban Mennonite Bible Church et est actuellement chargée de recherche à plein temps pour une petite ONG ≈ìuvrant pour la paix dans la région métropolitaine de Manille. Elle travaille à un processus de paix entre le gouvernement et le parti communiste.


    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2019 de Courier/Correo/Courrier.

     

  • « La terre et ses richesses appartiennent à l’Eternel. L’univers est à lui avec ceux qui l’habitent. C’est lui qui a fondé la terre sur les mers, qui l’a établie fermement au-dessus des cours d’eau » (Psaumes 24/1–2).

    « Changement climatique » : ces deux mots suscitent souvent des inquiétudes quant à l’avenir de l’humanité, mais aussi quant à celui de la planète toute entière.

    Les effets du changement climatique sont devenus indéniables. Les études scientifiques menées au cours des 100 dernières années ont montré que si la température de la planète augmentait de plus de 1,5 ° C, l’impact sur les écosystèmes du monde entier serait désastreux.

    Cette faible augmentation entraînerait une modification des cycles des précipitations, des changements de températures et un risque plus élevé de vagues de chaleur, d’inondations, de fontes des glaces et des glaciers, ce qui provoquerait une élévation du niveau de la mer.

    Le changement climatique pose un risque pour les humains et les écosystèmes naturels. On peut dès à présent voir que cette perturbation de l’équilibre des écosystèmes affecte les espèces végétales et animales qui développent des mutations physiologiques. Avec des effets tels que la diminution du rendement des cultures, le changement climatique entraînera une augmentation de la pauvreté.

    Alors que les études scientifiques présentent de nombreux points négatifs, l’Église peut tenter de faire ressortir les points positifs. En tant que chrétienne, étudiante en sciences de l’environnement, je pense que nous pouvons nous tourner vers la science pour trouver des solutions tout en exaltant Dieu pour sa grandeur, car il a créé le monde et Il nous a donné le désir de le comprendre.

    L’engagement de l’Église est primordial. Voici six propositions d’actions.

    Changement

    Beaucoup d’entre nous devons changer notre manière de penser, notre point de vue et notre attitude face au changement climatique. Ce n’est pas un problème qui incombe seulement aux politiques, aux scientifiques ou aux experts. C’est le problème de toutes et tous, y compris de l’Église mondiale.

    Même si nous espérons un jour avoir la vie éternelle par Jésus Christ, tant que nous sommes sur terre, nous en sommes ses gardiennes et gardiens. Dans Genèse 2,15, il est dit : « L’Éternel Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder ». Dieu demande à son peuple de prendre soin de la création.

    Comment…

    La question n’est pas de savoir si le changement climatique est un phénomène réel ou non, mais de nous demander comment nous, membres de l’Église mondiale, pouvons participer à l’adaptation de nos communautés aux changements. C’est un problème mondial ; nous devons donc y opposer un effort commun et non un effort individuel.

    L’Église mondiale, en favorisant l’esprit de solidarité et d’engagement communautaire, peut aider à rapprocher les gens du Christ et à mettre les communautés dans la bonne direction.

    Action et Sensibilisation

    En tant qu’Église, nous pouvons être une source d’information pour ceux qui recherchent des renseignements précis sur le changement climatique, ses impacts, et sur les façons de s’y adapter et d’atténuer ses effets.

    L’Église mondiale pourrait aider non seulement financièrement mais aussi spirituellement à comprendre la relation entre les pays développés et les pays en développement. Les habitants des pays en développement subiront davantage les effets du changement climatique que ceux des pays développés. En tant qu’organisme mondial, nous pourrions canaliser les informations spécifiques à certaines régions.

    Les paroisses locales pourraient promouvoir des stratégies de conservation qui surgissent au niveau de la communauté. L’Église pourrait offrir des solutions pour l’amélioration de l’efficacité des systèmes de ressources énergétiques et alimentaires, la construction d’infrastructures écologiques et la promotion d’espaces verts dans les zones urbaines et rurales.

    La Nature

    Prenez le temps d’apprécier la nature et d’y voir la grandeur de Dieu. Rappelez-vous que si le climat change, la nature aussi changera.

    Dieu

    Nous devons placer Dieu au centre. Lorsque les preuves scientifiques nous découragent, la Parole de Dieu demeure le seul vrai guide. La prière est un outil puissant qui nous met en lien avec Dieu et les uns avec les autres.

    Attendez-vous à tout

    Nous vivons dans un monde en ébullition. Les scientifiques s’appuient sur des preuves et des prévisions pour décrire les scénarii futurs, mais ils ne sont pas 100% certains. Cependant, notre consolation et notre paix, entant que croyants, est en Dieu même dans une époque de chaos et d’incertitude.

    Nos vies sont enracinées en Christ. Quoi qu’il arrive, Dieu est toujours avec nous. Ce n’est pas une excuse pour rester assis et regarder le chaos arriver, car il est temps de CHANGER. En tant qu’Église mondiale, nous pouvons saisir cette occasion de tendre la main à ceux qui sont perdus.

    —Makadunyiswe Ngulube est représentante YABs pour l’Afrique. Elle est membre de l’Église Frères en Christ Mount Pleasant au Zimbabwe. Elle étudie les sciences environnementales à Saint Mary’s University, en Nouvelle-Écosse, Canada.

    Références (en anglais) :

    Global warming of 1.5°C. An IPCC Special Report, https://www.ipcc.ch/sr15/

    D. Lobell, M. Burke, C. Tebaldi, M. Mastrandrea, W. Falcon, and R. Naylor. “Prioritizing climate change adaptation needs for food security in 2030” in Science (2008).

    Terry L. Root, Jeff T. Price, Kimberly R. Hall, Stephen H. Schneider, Cynthia Rosenzweig, & J. Alan Pounds. “Fingerprints of global warming on wild animals and plants” in Nature (2003).

  • Lors de Renouveau 2027 – ‘L’Esprit Saint nous transforme’ à Kisumu (Kenya), le 21 avril 2018, plusieurs personnes ont témoigné des changements accomplis par l’Esprit dans l’Église. Les articles suivants décrivent l’oeuvre du Saint-Esprit qui transforme les vies.


    Le jour du rassemblement communautaire de nos églises était arrivé, et c’était le moment de célébrer – mais de célébrer quoi ? La fidélité de Dieu dans le passé tout au long de notre longue histoire, malgré la menace actuelle de déclin ? Notre riche héritage est-il toujours présent dans nos églises aujourd’hui ?

    Il n’y avait pas eu de rassemblement semblable dans les églises mennonites suisses ces 15 dernières années. Les préparatifs ont pris deux ans.

    Nous avons passé beaucoup de temps à chercher un thème pour notre célébration.

    • Quelqu’un a pensé qu’en se réunissant, les identités distinctes de nos 14 paroisses deviendraient visibles et formeraient un tableau montrant la richesse de l’Évangile du Christ incarné sous différentes formes par nos communautés.
    • Quelqu’un d’autre a suggéré que nous prenions modèle sur les lettres aux sept églises dans l’Apocalypse de Jean. Les paroisses seraient invitées à écrire une lettre imaginant ce que Dieu leur dirait aujourd’hui ? : les dangers, leurs forces et leurs faiblesses.
    • Un autre encore a dit que nos paroisses ont besoin d’encouragement pour être prêtes à un renouveau, à définir une vision d’avenir qui nous guiderait dans les années futures.

    Nous nous sommes écoutés. Nous avons ramené chez nous ce qui avait été discuté, nous avons prié et discuté avec d’autres groupes.

    Quand nous nous sommes retrouvés à nouveau, l’idée d’écrire une lettre s’était imposée. Mais nous n’étions pas sûrs qu’il soit approprié de prendre les lettres de l’Apocalypse comme modèles. Qui peut parler à la place de Dieu ? ? Cela pourrait nous inciter à nous juger les uns les autres.

    Cependant, poursuivant sur cette lancée, nous avons finalement décidé d’inviter les paroisses à écrire une lettre à toutes les autres paroisses de notre union d’églises.

    Mais ce devrait être une lettre concernant leurs espoirs. Se projetant 10 ans plus tard, elles regarderaient en arrière vers ce qui est actuellement notre présent. Elles décriraient comment Dieu les a conduits, quels chemins ont été parcourus, quels changements elles ont connus.

    Nous les avons invités à décrire leurs rêves pour la croissance de leur paroisse.

    Les paroisses répondraient-elles ? ? Seraient-elles prêtes à se montrer vulnérables ? ? Nous ne savions pas si elles allaient relever le défi.

    Nous avons pris le risque.

    Le thème de la journée serait ‘Brise du matin’?: nous espérions que ces lettres nous apporteraient un nouveau souffle, comme un effluve portant l’avenir que Dieu nous prépare.

    La brise matinale du Royaume de Dieu était déjà présente dans nos rêves.

    La réponse a été  incroyable ?!

    • Certaines paroisses ont demandé si elles pouvaient écrire deux lettres parce qu’elles étaient sur le point de fonder une nouvelle paroisse.
    • De nombreuses paroisses se sont retrouvées pour discuter de leur vision concernant les 10 prochaines années.
    • La plupart d’entre elles ont écrit un texte audacieux, plein de courage. Elles connaissaient les difficultés qui les attendaient. Mais elles ont considéré ces changements futurs comme la naissance de quelque chose de neuf attendu avec impatience.

    C’était une première transformation accomplie par l’Esprit. Nous avons suivi cet effluve qui flottait déjà dans l’air. Le Dieu fidèle qui tisse notre avenir est venu à notre rencontre.

    Nous avons imprimé toutes les lettres sur les bannières pour notre journée communautaire. Très curieux, les membres de toutes les paroisses se sont approchés pour lire ce que les autres avaient écrit.

    C’est devenu un engagement des paroisses les unes envers les autres : ‘nous prierons pour vous, pour que Dieu accomplisse ce qu’il vous a mis à cœur, même si c’est très différent de ce que nous imaginons pour notre propre avenir’.

    C’était une deuxième transformation ? : nous avons reconnu et affirmé que Dieu incarne son Évangile de multiples manières qui se complètent les unes les autres.

    Ê la fin de la journée, j’ai demandé aux paroisses de s’avancer avec le panneau sur lequel était affichée leur lettre. Comme les bannières se déplaçaient dans la pièce, il m’a semblé soudainement qu’elles étaient des voiles, prêts à prendre le vent de Dieu.

    Depuis deux ans, nous avons vu certains de ces rêves se réaliser.

    Notre union d’églises découvre qu’elle a des espoirs communs nous unissant. Certaines différences peuvent créer des tensions propres à menacer cette unité, et doivent être discutées. Mais l’ouverture et les prières sincères contenues dans ces lettres renouvellent notre amour les uns pour les autres et nous permettent d’aborder des questions difficiles qui autrement pourraient briser notre unité.

    Ce processus d’écoute mutuelle, que Dieu nous a mis à cœur, au niveau des assemblées locales comme de l’union d’églises, nous a permis d’expérimenter l’Esprit de Dieu qui nous transforme.

    —Jürg Bräker est membre de la Commission Diacres. Il est secrétaire général de la Konferenz der Mennoniten der Schweiz (Alttäufer)/ une union d’Églises mennonites (anabaptistes) de Suisse.

    Il a pris la parole lors de Renouveau 2027, ‘Le Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya), le 21 avril 2018. Cet article a été adapté à partir de sa présentation.

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • Lors de Renouveau 2027 – ‘L’Esprit Saint nous transforme’ à Kisumu (Kenya), le 21 avril 2018, plusieurs personnes ont témoigné des changements accomplis par l’Esprit dans l’Église. Les articles suivants décrivent l’oeuvre du Saint-Esprit qui transforme les vies.


    Le Saint-Esprit est la troisième personne de la Trinité : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit (Mt 28/19). C’est ce qu’enseigne mon église, les Frères en Christ (BICC) au Zimbabwe. Nous ne pouvons voir le Saint-Esprit, mais nous voyons Dieu agir par son Esprit?; le résultat est toujours stupéfiant et impressionnant.

    Quand j’étais petite, on nous parlait de Dieu le Père, et de Jésus, le grand ami des enfants, et notre Sauveur. Le Saint-Esprit était à peine mentionné, bien que nous chantions des hymnes célébrant la puissance de ce consolateur et enseignant.

    Nous allions à l’église avec d’autres croyants pour adorer Dieu par la prière, l’étude de la Bible et l’école du dimanche, les hymnes (louange et adoration), l’offrande et le sermon.

    Pendant de nombreuses années, même si l’enseignement de nos églises était basé sur la Bible, pendant le culte, nos actions (bien qu’appropriées sur la forme) ne correspondaient pas à notre éthique, en particulier en ce qui concernait la dîme et les offrandes.

    Puis vinrent des enseignements sur la personne du Saint-Esprit. J’ai commencé à être témoin de changements de comportement.

    Quand une église permet à la puissance de transformation du Saint-Esprit de se manifester, nous en voyons les fruits?: l’amour, la joie, la paix, la gentillesse, la patience, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi (Galates 5/22, 23).

    Le temps de prière est devenu un temps de vraie communion avec Dieu.

    Pendant la louange et le culte, le groupe de musique loue Dieu de tout leur cœur, et peut conduire le reste des fidèles  dans Sa présence. Les paroles des chants prennent un nouveau sens.

    Maintenant, les offrandes sont plus importantes. Les croyants ne donnent plus la dîme ou les offrandes par obéissance à la loi, mais par amour, avec joie et d’un cœur reconnaissant. Donner généreusement, comme l’ont fait les Macédoniens dans 2 Corinthiens 8, n’est pas facile pour la plupart d’entre nous, mais nous assistons à une transformation que nous ne pouvons que mettre au compte du Saint-Esprit.

    En 2011 lors de la conférence des femmes des BICC à la Mission de Mtshabezi, nous en avons vu un exemple.

    Le dernier jour de la conférence, l’évangéliste Silibaziso Nhliziyo a basé son message sur Genese 9/17–26. Cette femme bien-aimée, à la foi profonde, nous a lancé le défi de nous soucier de nos parents spirituels, de nos pasteurs et de nos responsables qui souvent manquent du nécessaire.

    Elle est devenue très concrète?: « Mam bishop Ndlovu (La femme de l’évêque Ndlovu) rend visite aux malades et aux personnes endeuillées, et elle se déplace à pied ou en taxis minibus. Pourtant, nous, nous vivons dans le confort et nous avons de bonnes voitures. Est-ce normal?? Aujourd’hui, nous allons faire un don pour que notre Mam Bishop puisse acheter une voiture. Donnez, mes sœurs?: semez une graine pour faciliter la vie de Mam Bishop pour servir Dieu ».

    « Nous allons donner 5 000 $ pour l’achat d’un véhicule. Ce que vous faites pour elle, vous le faites pour Dieu. »

    Cela semblait bien difficile pour beaucoup qui donnaient habituellement le strict minimum.

    Grande surprise: les femmes ont promis des sommes dépassant le montant nécessaire ! Nous étions toutes d’accord que le Saint-Esprit était à l’œuvre. Le véhicule de 10 places que nous avons acheté est utilisé par l’épouse de l’évêque et d’autres dames de l’église pour leur ministère auprès des femmes.

    Silibaziso poursuit?: « J’ai le sentiment qu’il y a des femmes qui ont des problèmes pour concevoir. Vos cœurs pleurent pour avoir un enfant. Certaines d’entre vous se découragent. Mais comptez toujours sur Dieu ! »

    Beaucoup de femmes se sont avancées pour que l’on prie pour elles.

    Six ans plus tard, lors de la conférence annuelle des femmes BICC, Lovewyn Mhlanga, une enseignante et conférencière douée, épouse d’un ministre de l’Évangile de la paroisse BICC de Lobengula à Bulawayo, a apporté son témoignage.

    « J’ai rencontré mon Jésus d’une manière spéciale à Mtshabezi [la conférence des femmes de 2011] », a-t-elle dit.

    « J’étais réticente à m’avancer. J’avais fait quatre fausses couches. On avait beaucoup prié pour moi, mais mon espoir avait été déçu à chaque fois. »

    « C’est à contrecœur que je me suis avancée, les larmes coulaient sur mon visage. Dieu m’a touchée pendant le temps de prières. »

    « Peu de temps après, j’étais enceinte?! Joie et anxiété se mêlaient. Après neuf mois, je suis allée à l’hôpital pour une césarienne. J’ai entendu mon bébé pleurer pendant que j’étais encore en salle d’accouchement et j’ai dit «?Dieu, tu es si bon?! Tu es fidèle. Tu es Jéhovah et tu mérites d’être adoré ! »

    « Vous qui êtes assises ici, vous faites confiance à Dieu ; croyez que Dieu fera une brêche dans votre vie » déclara Lovewyn. « J’ai eu ma petite fille, Princess. J’ai prié pour un autre bébé, et Dieu m’a donné un fils, Prince Joshua ». 

    Le Saint-Esprit est-il parmi nous, transformant des vies et des situations ? Oui, Il est là ! Le même Saint-Esprit qui a envoyé les missionnaires qui ont apporté l’Évangile, construit des écoles et des hôpitaux, est toujours à l’œuvre aujourd’hui, édifiant le royaume de Dieu.

    —Barbara Nkala est la représentante régionale de la CMM pour l’Afrique australe. Elle est membre de l’église BIC au Zimbabwe. Elle a parlé à ‘Renouveau 2027’ : ‘Le Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya) le 21 avril 2018. Cet article est adapté de sa présentation.

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • Trois raisons pour lesquelles le Saint-Esprit est pertinent pour l’Église aujourd’hui

    Cinquante jours après la Pâque, la communauté juive s’était réunie à Jérusalem pour la fête des Tabernacles. Au même moment, les disciples de Jésus étaient rassemblés pour attendre la promesse du Saint-Esprit.

    Alors qu’ils attendaient : « Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac 2/2,4). De manière miraculeuse, les disciples de Jésus commencèrent à parler des langues qu’ils ne connaissaient pas.

    Très vite, cette nouvelle que les disciples parlaient différentes langues se répandit à travers tout Jérusalem. Les réactions de la population allèrent de l’étonnement à la perplexité et au scepticisme.

    Alors Pierre – ce même Pierre qui, cinquante jours plus tôt, avait nié toute association avec Jésus – se leva et fit son premier sermon. Rempli du Saint-Esprit, Pierre s’adressa aux milliers de personnes qui avaient crucifié Jésus. Et cette même foule, qui cinquante jours plus tôt haïssait Jésus, écouta attentivement un plaidoyer en sa faveur.

    Ce jour-là, 3 000 personnes crurent en Jésus et furent ajoutées à l’Église.

    C’est à la lumière d’une parole du prophète Joël que Pierre interprète les événements de ce matin-là.

    En effet, dans Joël 2/28–29, Dieu a promis de déverser son Esprit sur toute chair. Dieu a promis de donner à tous une puissance divine. Et cette prophétie s’accomplit le jour de la Pentecôte. C’est ainsi que ce jour est devenu le jour de la naissance de l’Église.

    Pourquoi, deux millénaires plus tard, est-il toujours important que les premiers chrétiens soient remplis du Saint-Esprit ? Que peut apprendre l’Église des événements de la Pentecôte ?

     Len  Rempel

    1. Le Saint-Esprit continue à déverser sa puissance sur l’Église

    Dans Actes 1/8, Jésus a promis à ses disciples la puissance du Saint-Esprit pour témoigner. Avant la Pentecôte, les disciples avaient peur et se sentaient abandonnés. Après, ils n’ont plus hésité à affirmer qu’ils étaient disciples de Jésus.

    La puissance qu’ils ont reçue a duré plus d’un jour. Ils ont accompli des guérisons miraculeuses, ressuscité les morts et témoigné devant le Sanhédrin. Ils sont devenus audacieux, la plupart d’entre eux allant jusqu’à risquer leur vie.

    Le Saint-Esprit répand encore aujourd’hui sa puissance dans l’Église. Les institutions chrétiennes s’attaquent aux grands problèmes comme le trafic des êtres humains, les déplacements forcés, la pauvreté et la faim, la violence et la guerre.

    Les membres des églises risquent leur vie pour vivre leur foi :

    Greta Lindecrantz (États-Unis) a choisi d’aller en prison plutôt que de soutenir la peine de mort.

    Sang-Min Lee (Corée du Sud) a refusé d’accomplir le service militaire obligatoire et a dû passé 15 mois en prison en tant qu’objecteur de conscience.

    Des jeunes mennonites de Colombie ont refusé de rejoindre les groupes armés parce qu’ils pensent que « c’est incompatible avec les enseignements et l’exemple de Jésus-Christ » .

    En Inde, les chrétiens suivent le Christ alors que l’intolérance religieuse et la persécution sont croissantes.

    Cela n’est possible que grâce à la puissance du Saint-Esprit.

    2. L’Église est par nature diverse et inclusive

    Le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit a permis aux croyants rassemblés de « proclamer les merveilles de Dieu » dans des langues qu’ils ne connaissaient pas. Ce miracle a symboliquement renforcé la diversité de la nature de l’Église : multilingue, multiraciale et multiculturelle.

    Ê partir de ce jour, plutôt qu’un groupe homogène de Galiléens, l’Église est devenue une communauté de personnes de toutes les nations, rassemblées par amour pour le Christ.

    Dans son sermon, pour interpréter les événements de ce matin là, Pierre cite le prophète Joël :

    Alors, dans les derniers jours, dit Dieu,
    je répandrai de mon Esprit sur toute chair,
    vos fils et vos filles seront prophètes,
    vos jeunes gens auront des visions,
    vos vieillards auront des songes ;
    oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes
    en ces jours-là je répandrai de mon Esprit
    et ils seront prophètes. (Ac 2/17–18).

    Le jour de la Pentecôte est historique parce que Dieu a accompli ce jour-là une prophétie faite des centaines d’années auparavant.

    Au temps de l’Ancien Testament, l’Esprit était presque toujours répandu uniquement sur les prophètes, les prêtres et les rois. Le jour de la Pentecôte, cela a changé. Tous les croyants ont reçu le Saint-Esprit quelque soit leur âge, leur sexe et leur statut social.

    L’Église est devenue un lieu où chacun – jeunes et vieux, hommes et femmes – compte. Et tous ont reçu le pouvoir de contribuer à la vie et à la mission de l’Église.

    3. L’Église est un avant-goût du royaume de Dieu

    Le passage d’Actes 2/42–47 montre ce à quoi ressemble le royaume de Dieu sur la terre :

    Dans la première église, tous vivent ensemble d’un commun accord. Ils vivent dans la communion fraternelle, ils se consacrent aux enseignements des apôtres, ils prient et rompent le pain ensemble, ils vendent leurs biens et leurs possessions pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. « Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut » (Ac 2/47).

    Les caractéristiques du royaume étaient présentes dans la première église : unité dans la diversité et contentement (désir de manifester de l’amour pour les autres et d’apprendre plutôt que de diviser et de dominer), partage et préoccupations les uns pour les autres d’un cœur joyeux et sincère (sans cupidité) et désir de louer Dieu.

    La première église est un modèle à suivre pour nous afin de discerner si les caractéristiques du royaume sont présentes parmi nous.

     Len Rempel

    Une table devant nous

    John Driver, dans son livre Vivre Ensemble, Unis dans l’Esprit, nous présente une belle image d’une « table fraternelle ».

    Grâce à la CMM, une table fraternelle est dressée devant nous. Ê cette table sont assis des peuples du monde entier : ils témoignent de l’œuvre du Saint-Esprit à l’œuvre dans les églises, ils proclament les merveilles de Dieu, ils nous rassemblent et ils nous rendent participants dans le corps de Christ.

    Que ces témoignages nous encouragent à faire confiance à la puissance du Saint-Esprit pour lui permettre d’agir à travers nous.

    Les problèmes qui touchent notre génération demandent que l’Église intervienne activement. Il est impossible de s’attaquer à ces difficultés par de simples efforts humains. La puissance du Saint-Esprit, ainsi qu’un esprit d’unité au sein de la famille anabaptiste mondiale, sont nécessaires pour que l’Église soit à la hauteur pour témoigner au monde et manifester les valeurs du royaume.

    —Elisabeth Kunjam est membre de l’église Frères Mennonites d’Inde. Elle a participé à la Commission Diacres (2015-2018).

    Elle a parlé à Renouveau 2027 : ‚ÄòLe Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya) le 21 avril 2018. Cet article est adapté de sa présentation. 


    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • De nombreux témoignages écrits concernant le début du mouvement anabaptiste mentionnent que l’œuvre du Saint-Esprit en est la principale force motrice. Le Saint-Esprit est donné aux personnes qui le désirent. C’était le cas lors de la Pentecôte (Actes 2) pendant que les disciples priaient ; c’était le cas à l’époque de la Réforme ; et c’est le cas aujourd’hui.

    Le Saint Esprit du temps des apôtres jusqu’à celui de Luther

    Les anabaptistes et les protestants en général devraient se souvenir que l’Église chrétienne n’a pas commencé avec eux. Pendant les 15 siècles précédents, le Saint-Esprit s’est manifesté de nombreuses fois. Souvenons-nous des premiers martyrs chrétiens, qui, par la force de l’Esprit, étaient prêts à donner leur vie, et qui, même torturés et mis à mort, sont restés fidèles. Beaucoup de mystiques, dans les monastères, les déserts, les grottes, et souvent occupant des responsabilités importantes dans l’Église ont cherché à être remplis du Saint-Esprit, et ont agi par sa puissance et sa sagesse. Les missionnaires aussi, apportant l’évangile en Europe, en Russie, en Inde et en Afrique du Nord, ont prouvé que l’Esprit de Dieu envoie, et permet de franchir toutes les barrières culturelles.

    Le Saint-Esprit pendant la Réforme

    Luther, Zwingli et Calvin ont tous les trois souligné l’action de l’Esprit de Dieu quand ils ont redécouvert et redéfini l’évangile biblique de la grâce. Non seulement une expérience profonde de paix et de réconfort spirituels, mais aussi un sens très fort de ‘libération de la religion’ et de ‘libération de l’oppression sociale’, y ont été associés. Thomas Müntzer, bien que tragiquement trompé à la fin, a appliqué le Saint-Esprit aux questions de justice sociale et de droits des pauvres et des marginalisés. Melchior Hoffman a évoqué avec une grande sensibilité spirituelle l’effusion de l’Esprit sur la nouvelle Jérusalem à venir.

     Roland zh Wikimedia Commons

    Le Saint-Esprit et la dissidence anabaptiste à Zurich en 1525

    Le groupe de jeunes érudits autour de Zwingli a très tôt associé l’autorité de l’Écriture à la pratique ecclésiale sous la direction de l’Esprit. Lors des débats d’octobre en 1523, ils ont défié Zwingli de subordonner la décision du conseil municipal à l’autorité de l’Esprit. Conrad Grebel l’a exprimé ainsi : « L’Esprit de Dieu a déjà pris la décision ».

    Dans la nuit du 21 janvier 1525, « 15 frères étaient réunis en prière dans la maison de Félix Manz après que le conseil de Zurich leur ait interdit de propager leur foi. Il est écrit qu’après avoir prié, George Blaurock, poussé par l’Esprit, a demandé à Conrad Grebel de le baptiser sur la confession de sa foi… ».

    Très vite, les anabaptistes ont été confrontés à un nouveau problème : le nationalisme suisse ou la sécurité européenne sont-ils au-dessus du commandement de Dieu concernant la non-violence et l’amour des ennemis ? Les croyants anabaptistes de Suisse ont exhorté Thomas Müntzer et ceux qui rejoignaient la révolte des paysans à ne pas prendre l’épée, mais à faire confiance à l’intervention de l’Esprit de Dieu.

    Quand Michael Sattler a écrit la confession de Schleitheim, l’assemblée locale a clairement statué que les chrétiens renonçaient à l’épée physique pour prendre ‘l’épée de l’Esprit’. Lors de son procès, Michael a déclaré qu’il préférait être tué par un musulman plutôt que de faire partie d’une ‘armée chrétienne’ qui les tue.

    Le témoignage de paix et le pouvoir de l’Esprit sont donc étroitement liés dans la tradition anabaptiste.

    Le Saint-Esprit aujourd’hui

    Quand les mennonites et les pentecôtistes se sont rencontrés à Pasadena en 2006 pour célébrer le centième anniversaire du renouveau de la rue Azusa, ils ont réalisé que le mouvement de renouveau et celui des anabaptistes avaient beaucoup de choses en commun, en particulier la mission, la non-violence, la doctrine de la nouvelle naissance spirituelle et le baptême de l’Esprit.

    Conclusion

    Ê mon avis, le mouvement anabaptiste a recouvré trois dimensions essentielles concernant la théologie et la pratique du Saint-Esprit :

    • L’Esprit conduit à la vérité et à une nouvelle vie en Christ.
    • L’Esprit donne de la force dans la faiblesse et lors de persécution.
    • L’Esprit détruit les barrières (culturelles, sociales, nationales) et incite au travail missionnaire.

    Paul résume cette expérience dans 2 Tm 1/7–8 : ‘Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. 

    N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur [….].’

    —Alfred Neufeld a été président de la Commission Foi et Vie (2009-2018). Il était récemment recteur de l’Universidad Evangélica del Paraguay à Asuncion (Paraguay). Il est membre de la Vereinigung der Mennoniten Brüdergemeinden Paraguays (Frères Mennonites).

    Il a parlé lors de Renouveau 2027 : ‘Le Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya) le 21 avril 2018. Cet article est adapté de sa présentation.

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • Est-il possible de gagner sa ‘vie’ sans ‘tuer’ l’environnement ?

    Dans un pays où des milliers de personnes meurent chaque année des effets dévastateurs des super typhons, c’est une question majeure. Des vies ont été perdues et des infrastructures valant des milliards endommagées à cause des inondations et des glissements de terrain causés par la dénudation des forêts, l’envasement des rivières, l’accumulation excessive des ordures et les extractions industrielles hasardeuses.

    En ce moment même, la couverture forestière des Philippines perd chaque année 262 500 hectares. Dans ce pays, les pratiques agricoles se limitent pour l’essentiel à la monoculture : l’abattage des arbres pour des cultures commerciales fortement tributaires d’engrais et de pesticides. On connait les dégâts sur l’environnement mais, « Existe-t-il une alternative ? »

    C’est une des questions souvent posées à Peacebuilders Community Inc. (PBCI) par la plupart des communautés avec lesquelles elle travaille. Dann et Joji Pantoja ont fondé PBCI dans le cadre de leur travail avec Mennonite Church Witness, en 2006 à Mindanao, dans le sud des Philippines, région confrontée à des conflits armés depuis des décennies. Face à la corruption, la répartition inégale des richesses, la discrimination et les injustices datant de la colonisation et se poursuivant jusqu’à ce jour, se sont formés des groupes armés indépendants.

    Lorsque BCI collabore avec les communautés, elles lui demandent : « Comment parler de paix quand on a faim ?». Ainsi, il faut chercher des solutions pour répondre aux besoins économiques de la population et, en même temps, prendre soin de l’environnement conformément à la définition biblique de la paix :

    • Harmonie avec le Créateur – transformation spirituelle
    • Harmonie avec l’être – transformation psychosociale
    • Harmonie avec les autres – transformation sociopolitique
    • Harmonie avec la création – transformation économico-écologique.

    L’une des solutions qui a émergé est la production de café. PBCI a remarqué que les chrétiens, les musulmans et les Lumads (peuples autochtones de Mindanao) offrent tous du café à leurs visiteurs. Le café est devenu un symbole de la paix parce que ces trois groupes, habituellement en total désaccord, partagent cette pratique. C’est ainsi que ‘Coffee for Peace Inc.’ a été créé en 2008.

    En outre, le café pousse mieux dans un contexte écologique équilibré car il est très sensible à son environnement. Le café encourage aussi le reboisement et les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

    En utilisant les principes du commerce équitable, PBCI forme les cultivateurs à la paix et à la réconciliation, à la production et la transformation du café, au commerce équitable et à l’entrepreneuriat social.

    Au centre des Philippines, la communauté des Assemblées de Dieu Immanuel (ICACG) à Pres. Roxas Capiz, a subi la colère du typhon Haiyan en 2013. Les gens ont perdu leur source de revenus et leurs maisons ont été terriblement endommagées. Ils ont dû relancer leur économie et en même temps développer leurs propres capacités à pouvoir intervenir immédiatement quand une catastrophe se produit. Ils ont également dû remédier à la dénudation de leurs collines où pousse principalement du maïs.

    En février 2017, l’ICACG a invité PBCI à les former. En décembre, ils déjà avaient reboisé les collines avec 5 000 caféiers qui devraient porter leurs fruits en 2020. Pour répondre à leurs propres besoins, ils ont intercalé divers légumes dans les plantations de café sans utiliser d’engrais et de pesticides. Au cours des cinq prochaines années, l’ICACG va reboiser 25 hectares de plus avec 25 000 caféiers. Ils ont été invités par quatre barangays (villages) voisins qui ont les mêmes problèmes de pauvreté et de déforestation intensive, pour leur enseigner les principes de la culture biologique et les aspects de la paix et de la réconciliation.

    Ces communautés sont des témoignages vivants montrant que nous ne devons pas ‘tuer’ notre environnement pour ‘vivre’. Nous pouvons vivre en harmonie avec la création tout comme le Créateur nous a commandé de le faire.

    —Twinkle A. Bautista est missionnaire pour la paix et la réconciliation à Kalinga (Philippines), où elle travaille avec Peacebuilders Community Inc., une organisation anabaptiste.

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • « L’avion ! L’avion ! » C’est comme cela que commençait un programme télévisé que je regardais quand j’étais enfant à Bogota. Il s’agissait d’une île où quiconque y arrivait pouvait réaliser tous les vœux qu’il désirait. « L’Isle de la Fantaisie », c’était son titre.

    Il est tout à fait possible de vivre sur l’île de la fantaisie aujourd’hui, d’espérer que tous nos désirs matériels s’accomplissent. De nombreuses publicités à la télé disent : « Vous aimeriez avoir ceci ou cela ? Alors tout ce que vous avez à faire c’est… » Les stratégies de marketing, les réseaux sociaux, les médias et même les églises plantent en nous des désirs déguisés en besoins qui n’existaient pas auparavant.

    Notre vie de consommation est importante pour Dieu. Notre mode de vie – et ce que nous consommons – porte toujours un message. Jésus lui-même nous met en garde contre les risques que nous courons en ce qui concerne les choses matérielles. Les posséder – ou ne pas les posséder – peut produire un empressement et de l’anxiété et peut même conduire à déplacer Dieu. Comme il est difficile de faire la distinction entre les besoins réels, les envies et le superflu !

    Dans notre tradition anabaptiste, nous croyons que la façon dont nous gérons l’argent et ce que nous consommons est profondément spirituelle. C’est pourquoi le concept de « simplicité » s’est développé très tôt dans nos communautés. « Vivre simplement » suppose un mode de vie opposé à ce que nos sociétés enseignent la plupart du temps. L’une des personnes qui m’a profondément marqué était membre de nos églises du Canada. En tant que propriétaire d’une grande entreprise, il avait décidé de limiter son salaire de patron et de faire don des bénéfices supplémentaires de sa société à des projets d’églises. Sa vie était un exemple concret de rejet de l’accumulation matérielle et de choix de la simplicité !

    Cependant, j’ai également rencontré dans nos églises des gens qui ont une mauvaise compréhension de ce qu’est la « simplicité ». Vivre simplement est parfois assimilé avec la pauvreté. Cependant, tous les pauvres ne mènent pas une vie simple et donc les pauvres aussi doivent faire ce choix de mode de vie. Il différent de vivre dans la simplicité parce que l’on a décidé de vivre ainsi et de vivre de la sorte parce qu’il n’y a pas d’autre choix.

    Vivre simplement peut parfois être parfois confondu avec le manque de propreté et d’ordre. Vouloir paraître simple mène parfois à la négligence personnelle, à la saleté, au désordre et au mauvais goût. Cependant, vouloir apparaitre simple ne conduit pas nécessairement à faire des économies. Comme c’est spécial de rencontrer des personnes qui pratiquent un style de vie simple qui attire par son sens esthétique, par son ordre et sa propreté !

    Un vie de simplicité englobe beaucoup de choses. Cela a à voir avec notre gestion du temps et notre utilisation de l’argent. Elle nous enseigne que, effectivement, le moins peut le plus. La pratique d’une vie simple affecte nos priorités, le recours aux prêts, le but de l’épargne, la façon dont nous gérons notre travail et les temps de repos. Elle nous invite à la générosité et à réévaluer l’idée de « posséder ». La vie simple a trait à la protection de l’environnement, qui à son tour est liée au développement durable, au commerce équitable, à l’agriculture biologique et au recyclage, entre autres choses.

    Dans ce numéro de Courrier, nous avons voulu nous pencher sur ce dernier aspect : La protection de l’environnement. Au cours des derniers mois, beaucoup de nos églises ont souffert dû à des catastrophes naturelles. Sans aucun doute, ce que nous faisons pour satisfaire nos désirs

    consuméristes finit par affecter négativement des sociétés entières dans d’autres parties du monde et les membres de notre propre famille spirituelle qui y habitent.

    C’est l’une des raisons pour lesquelles nous devons nous rappeler que le contraire d’une vie simple c’est l’individualisme, l’égocentrisme et le consumérisme. Tous ces ‘-ismes’ renforcent l’idée que nous sommes la chose la plus importante sur terre, nous éloignant de Jésus et de son message de compassion ; un message qui nous invite à nous centrer sur les autres ; une compassion qui s’étend et englobe toute la création.

    Vivre dans la simplicité et avec compassion ne devrait pas faire l’objet d’une loi. Jésus ne nous appelle pas à établir une liste universelle de ce qu’il faudrait porter, dépenser ou consommer. Ce n’est pas pareil de vivre simplement à la campagne qu’à la ville, ce n’est pas la même chose de vivre simplement dans le Monde Majoritaire que dans le Monde Minoritaire. Nous devons prendre ces décisions selon chaque contexte. Il appartient à chaque église, dans son environnement, de discerner et de décider, en s’appuyant sur le Saint-Esprit et en dialogue avec les autres communautés de foi, ce que signifie pratiquer une vie simple dans son contexte particulier. Ma prière est que ce numéro de Courrier puisse servir à ce que nous continuions de croître dans cet effort.

    —César García, secrétaire général de la CMM, travaille au siège social de Bogotá (Colombie)

    Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’avril 2018 de Courier/Correo/Courrier.

  • Bogota, Colombie – Nous sommes reconnaissants pour le flux constant des contributions à la CMM, qu’elles viennent de nos églises membres, des paroisses ou des personnes. Nous sommes un peu surpris que cette année, les dons soient moins importants que d’habitude, ce qui fait qu’à la fin août nous sommes en retard sur notre budget. Les contributions des personnes et des assemblées locales sont celles qui sont les plus faibles par rapport aux autres années. Il est difficile pour nous d’anticiper combien nous recevrons, quand tant de dons sont faits en décembre.

    Pensez maintenant à la manière dont vous pourriez continuer à soutenir le ministère et la présence de la CMM, surtout entre les rassemblements mondiaux.

    Voir www.mwc-cmm.org/faireundon

    —Len Rempel, responsable des opérations


    Contributions reçues en pourcentage du budget au 31 août 2016

    Budget total 2016

    663 451 USD
     
    Contributions reçues
    256 740 USD
    39 %

    Dons moyens mensuels

    Janvier – août 52 %

    Septembre – novembre 22 %

    Décembre 26 %
  • Les premiers anabaptistes à Augsbourg, en Allemagne, se réunissaient dans la grande maison blanche (à gauche sur cette image) au péril de leur vie. L’historien mennonite allemand, théologien et militant pour la paix, Wolfgang Krauss raconte cette histoire aux anabaptistes contemporains qui suivirent la visite guidée des sites historiques d’Augsbourg lors des réunions du Comité Exécutif de la Conférence Mennonite Mondiale en février 2017.

    Le dimanche de Pâques de 1528, 100 anabaptistes se réunirent en secret dans cette maison pour célébrer la résurrection de Jésus. Certains s’échappèrent lorsqu’ils apprirent que les autorités les surveillaient, mais 88 personnes restèrent. La police lança l’assaut sur le bâtiment et arrêta tous les participants du culte, mains et poings liés. Les autorités expulsèrent ceux qui ne venaient pas d’Augsbourg et firent fouetter les Augsbourgeois. Ils en torturèrent certains, et exécutèrent le chef du groupe qui refusait d’abjurer.

    « Heureusement, les anabaptistes ne sont plus persécutés aujourd’hui », commenta un des visiteurs – ce qui provoqua la réponse immédiate d’un homme originaire d’un autre continent : « Bien sûr que si, nous le sommes toujours ! »

    La conversation se tourna alors vers les choix difficiles que les anabaptistes doivent faire aujourd’hui pour suivre Jésus dans des pays où les chrétiens sont une minorité méprisée ou marginalisée.

    J. Nelson Kraybill, président de la CMM.