Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale 2027
Un canal pour la grâce de Dieu
Esaïe 58. 9-12
« Alors tu appelleras et le SEIGNEUR répondra, tu héleras et il dira : “Me voici !” » (Ésaïe 58. 9). Quelle merveilleuse promesse que nos prières soient exaucées, que nos appels trouvent une réponse auprès de Dieu !
À l’âge de 17 ans, on m’a diagnostiqué une névralgie du trijumeau. Je ressentais une douleur aiguë, lancinante et brûlante dans la partie gauche de mon visage. Je me sentais désespérée, car le médecin m’avait annoncé qu’il s’agissait d’une maladie chronique.
Poussés par le désespoir, mes parents m’ont emmenée dans de nombreux hôpitaux et même chez des médecins peu scrupuleux qui prétendaient à tort posséder une expertise. Mais aucun d’entre eux n’a réussi à me guérir.
Cette situation m’a poussée à me mettre à genoux pour prier et demander à Dieu un miracle. Après un an et demi passé à implorer la guérison de Dieu, celle-ci est enfin survenue le 8 février 2002, lors de notre réunion de prière. En un instant, j’ai senti une énergie comme du menthol parcourir mes mains tendues vers Lui. J’avais cherché avec ferveur la guérison de Dieu, et Dieu m’a exaucée !
Dès lors, j’ai su que Dieu m’avait appelé à servir dans sa vigne. Les ténèbres qui m’entouraient se sont transformées en la clarté d’un midi.
Dieu nous demande d’abord de nous débarrasser des débris de notre propre cruauté, de notre jugement et de notre malice avant que le canal de communication ne soit pleinement ouvert. Offrir une aide concrète aux affamés et à ceux qui sont dans le besoin fait de nous des instruments de bénédiction de Dieu pour les autres.
D’un autre côté, nous nous sentons tristes et faibles lorsqu’il n’y a pas encore de résultats pour le travail qui nous a été confié. Mais lorsque nous menons une vie de compassion active, nous ne sommes pas laissés vides. Au contraire, Dieu promet ses conseils, sa force et une profonde satisfaction.
Les images utilisées dans Ésaïe 58 sont magnifiques : un jardin bien arrosé et une source qui ne tarit jamais.
Lorsque nous devenons un canal par lequel la grâce de Dieu atteint les autres, cette eau vive doit d’abord couler à travers nous, pour que nos propres âmes restent vivantes et pleines de vitalité.
Enfin, le verset 12 nous parle de l’héritage que nous laissons à la génération suivante. Lorsque nous mettons en pratique ce modèle de justice et de miséricorde, nous devenons les architectes de la restauration.
Nous vivons dans un monde où abondent les relations brisées, les communautés fracturées et les injustices systémiques. Lorsque nous tournons notre cœur vers les plus vulnérables, nous découvrons que Dieu nous y attendait depuis toujours.
Ce passage nous appelle à être ceux qui reconstruisent sur des fondations solides. Nos actes de bienveillance ne se contentent pas de colmater des brèches temporaires ; ils restaurent les murs et les maisons mêmes de la société, créant ainsi des espaces sûrs où les générations futures pourront vivre.
Felipe R. Magbuhos Jr. est président du comité de l’éducation des Églises mennonites intégrées (IMC) et pasteur adjoint à la Lacao Mennonite Bible Church, aux Philippines. Il a présenté cette réflexion lors de « Renouveau 2026 » aux Philippines.
Une vie spirituelle abondante
Psaumes 133
Psaume 133. 1 “Oh ! quel plaisir, quel bonheur de se trouver entre frères !”
Psaume 133. 2 “C’est comme l’huile qui parfume la tête, et descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le col de son vêtement.”
Psaume 133. 3 “C’est comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion. Là, le SEIGNEUR a décidé de bénir : c’est la vie pour toujours !”
Le Psaume 133 est un psaume du roi David, l’un des Psaumes des Montées. Les Psaumes des Montées sont chantés par les pèlerins lors de leur voyage vers le temple sacré, afin de s’encourager mutuellement tout au long du chemin.
Dans ses trois courts versets, le psaume utilise deux images pour illustrer le thème central du premier verset : l’harmonie fraternelle et la communion.
La première image est celle du prêtre Aaron oint d’une huile précieuse. La seconde image est celle du mont Hermon et du mont Sion.
L’huile d’onction
L’huile précieuse versée sur la tête d’Aaron marque le moment solennel et important où Aaron, en tant que grand prêtre, est oint. En tant que grand prêtre, la mission d’Aaron consistait à prier, à confesser les péchés et à bénir tout le peuple d’Israël. En d’autres termes, il se tenait entre Dieu et le peuple. Lorsque les gens péchaient, ils venaient trouver Aaron pour qu’il prie pour eux, afin de combler le fossé qui les séparait de Dieu.
Nous, les mennonites, croyons que nous pouvons nous confesser nos péchés les uns aux autres, tout comme Martin Luther allait trouver ses frères du monastère pour se confesser mutuellement.
Oh ! quel plaisir, quel bonheur de se trouver entre frères ! Ce que Dieu désire, c’est une coexistence pacifique entre frères et sœurs.
Lorsque Dieu a donné les Dix Commandements aux Israélites, il ne s’agissait pas seulement de la relation entre les hommes et Dieu ; plus de la moitié d’entre eux concernaient les relations entre les membres du peuple de Dieu.
Le psaume dit que l’huile descendait jusqu’aux pans des vêtements d’Aaron. Qu’y avait-il sur l’ourlet d’Aaron ? Il y avait un pectoral orné de douze pierres précieuses différentes, chacune représentant l’une des douze tribus d’Israël. Cela signifie que l’huile précieuse versée sur la tête d’Aaron coulait sur sa barbe, puis vers les douze tribus d’Israël, et enfin vers tout le peuple de Dieu.
Comment Jésus décrit-il notre relation avec le peuple de Dieu, notre relation avec nos frères et sœurs ?
Le mont Hermon et le mont Sion
Le Psaume 133, 3 offre une belle image : le mont Hermon au loin, dont la rosée tombe sur le mont Sion, nourrissant la terre et la remplissant de vie.
Le mont Hermon est situé à l’extrémité sud du massif de l’Anti-Liban, à plus de 2 800 mètres d’altitude. Son sommet est recouvert de neige toute l’année, et la chaîne de montagnes bénéficie de précipitations abondantes. Le mont Sion, en revanche, est plus bas, culminant à seulement 765 mètres, et est une montagne plus aride. Si l’on regarde une carte, les deux montagnes sont en réalité assez éloignées l’une de l’autre (près de 300 kilomètres).
Le mont Hermon était la plus haute montagne de la Terre Promise conquise par Josué. L’eau en descendait, passant d’abord par la mer de Galilée, puis par le Jourdain, pour finalement se jeter dans la mer Morte au sud. Les principales sources de toute la Terre Promise provenaient du mont Hermon.
Le mont Hermon est aujourd’hui la seule station de ski d’Israël. L’air humide de la Méditerranée s’élève lorsqu’il rencontre le mont Hermon et, combiné aux vents du nord, il transporte l’air froid et glacial vers Jérusalem, au sud. C’est pourquoi le Psaume 133 rapporte : « La rosée de l’Hermon tombe sur Sion. »
Pour les Israélites, l’espoir était que la rosée du mont Hermon partageât sa douceur avec les montagnes de Sion.
Quant à nous, pasteurs, responsables de petits groupes et mentors, souvenez-vous : vous êtes le mont Hermon pour les membres de votre petit groupe et les fidèles de votre église. Ils ont désespérément besoin de la nourriture spirituelle que vous leur apportez. Dieu vous appelle à leurs côtés afin que vous puissiez partager avec eux une partie de la grâce que vous avez reçue de Lui.
Notre vie spirituelle est-elle abondante ? Si nous sommes nous-mêmes assoiffés, comment pourrions-nous devenir le mont Hermon de quelqu’un d’autre ?
Et surtout, il arrive parfois que nous soyons le mont Hermon, et d’autres fois, le mont Sion.
Que Dieu nous bénisse.
Par Jeremiah Choi, Hong Kong
Apprendre de la « maison miracle »
La vidéo de la « maison miracle » au Népal est l’une des vidéos les plus virales du moment. Une inondation catastrophique, provoquée par l’effondrement d’un glacier le 26 août 2026, a emporté des habitations, des routes, des ponts, des véhicules et des quartiers entiers de villages au Népal.
Au 4 septembre 2026, selon l’Autorité nationale népalaise de réduction et de gestion des risques de catastrophes, on dénombrait plus de 1 250 morts, 42 000 disparus et environ 20 000 habitations à reconstruire, dont au moins 7 500 complètement détruites.
Cette maison turquoise, qui reste debout au milieu d’une dévastation totale, est frappante. Lorsque l’inondation s’est produite et que le torrent d’eau et les débris se sont abattus contre la maison, celle-ci a tenu bon.
Pourquoi ?
Selon les experts, avant que quiconque ne se prononce sur la raison exacte de sa survie, la maison mérite de faire l’objet d’une étude structurelle et géotechnique approfondie. Cependant, quelques raisons très plausibles ont été mises en avant jusqu’à présent.
Non conventionnelle
La « maison miracle » de Nuwakot, au Népal, a été construite à l’aide d’une ossature, tandis que les maisons proches reposaient sur la gravité, avec des murs lourds en terre et en pierre armés qui se sont facilement fissurés sous l’effet de la pression latérale.
La maison qui a survécu a été construite de manière non conventionnelle.
L’enseignement de Jésus dans Matthieu 5, 13 à 16 n’est pas conventionnel.
Les enseignements de notre Seigneur sont radicaux ; ils allaient et vont encore bien au-delà des attentes traditionnelles. Dans Matthieu 5. 20, Jésus dit à ses disciples : « […] si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » Les enseignements de Jésus visent une transformation intérieure, et non pas simplement une observance extérieure.
Bon nombre de nos traditions d’Eglise mériteraient peut-être d’être réexaminées à la lumière de la Parole de Dieu, en particulier des Évangiles. Ces traditions nous aident-elles à ressembler davantage à Jésus ? Ou servent-elles avant tout à préserver nos institutions, notre sécurité, notre position, notre confort, notre statut et notre identité ?
La saveur
Selon India Today du 1er septembre 2026, le propriétaire de la « maison miracle » attribuait une partie de sa solidité à la meilleure qualité du ciment et des matériaux utilisés pour sa construction.
Lorsqu’il commence son ministère d’enseignement radical avec le Sermon sur la montagne, décrivant la qualité (le caractère) requise dans le royaume des cieux, Jésus proclame l’identité et la raison d’être de la communauté des disciples. En tant que sel de cette terre, la communauté des disciples s’est vu confier la mission d’influencer le monde.
La carractéristique fondamentale du sel dont parlait Jésus servait à préserver les aliments de la corruption et à en faire ressortir la saveur voulue.
La communauté des disciples, désignée comme le sel de la terre, s’est vu confier la mission de préserver la terre, y compris le système mondial ordonné par l’homme au sein duquel elle s’intègre, de la corruption, et de l’assaisonner selon ce que Dieu a prévu ou exige.
« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : » (Michée 6, 8). Ainsi, la mission de la communauté des croyants est de suivre Jésus avec humilité, d’influencer le monde de manière à freiner la propagation de la corruption (telle que l’injustice, la violence et la désolation dans tous les domaines de la vie) et d’œuvrer simultanément à sa restauration.
Un phare sur une colline
L’emplacement de la « maison miraculeuse » serait l’une des raisons pour lesquelles elle a survécu à la crue soudaine et aurait également contribué à la diffusion virale des vidéos associées.
La « maison des miracles » a été construite sur un terrain surélevé. Elle ne pouvait en aucun cas échapper au regard du monde. Après avoir visionné la vidéo virale, un internaute a écrit : « Après tout, il y reste donc de l’espérance et des miracles, dans cette grande tragédie. »
« Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée » (v. 14 b). La position surélevée de la ville rend toute dissimulation impossible. De même, quelle que soit l’obscurité, la seule façon de dissimuler une lumière est de placer sa source sous quelque chose qui la recouvre entièrement.
Le mot grec moranthe, au verset 13, signifie « perdre sa saveur ». Cependant, le sens littéral « être insensé » prend également tout son sens ici. On peut aussi l’interpréter comme « devenir apathique ou engourdi » et « déficience intellectuelle et spirituelle ».
Ne pas agir en tant que sel et lumière du monde serait étrange pour une communauté de disciples dotés d’un esprit sain et d’une compréhension spirituelle. La communauté des disciples n’a pas le choix ; elle ne peut se permettre de passer à côté de la raison d’être de son existence.
La source de lumière doit être placée à un niveau plus élevé que les objets sur lesquels elle brille afin de s’assurer qu’elle leur soit profitable.
La communauté des disciples est appelée à manifester tous les attributs de Dieu et les caractéristiques des citoyens du ciel à travers sa vie, son comportement et ses œuvres, afin que le monde puisse voir et glorifier notre Père céleste qui agit à travers nous. Nos actions, notre bienveillance et notre comportement quotidien constituent un moyen plus puissant de montrer notre foi que de simplement en parler. Cela fait que notre vie est un témoignage de la bonne nouvelle, destinée à réconcilier les hommes entre eux et les hommes avec Dieu.
Des fondations solides
La raison principale pour laquelle cette maison turquoise au Népal a probablement résisté est qu’elle reposait sur des fondations bien ancrées, des poteaux en béton armé reliés aux fondations. Les principaux éléments structurels étaient solidement reliés entre eux, du toit jusqu’au sol, de sorte que les forces n’agissaient pas indépendamment sur chaque partie. L’ossature renforcée fonctionnait comme une seule et même structure et, lorsque les eaux de crue et les débris ont poussé contre une partie, la charge a été répartie entre les poteaux, les poutres et les fondations, plutôt que d’être supportée par un seul mur.
Jésus n’a pas appelé ses disciples à devenir la bonne nouvelle individuellement. Lorsque Jésus dit :
· « Vous êtes le sel de la terre », vous est au pluriel tandis que sel est au singulier
· « Vous êtes la lumière du monde », vous est au pluriel et lumière est au singulier.
· « Que votre lumière brille devant les hommes », là encore votre est au pluriel tandis que lumière est au singulier.
Cette construction grammaticale indique qu’un disciple pris isolément des autres n’est ni sel ni lumière en soi, mais que tous les disciples, réunis, forment un sel unique et une lumière unique, afin de pouvoir partager ensemble le fardeau de devenir la Bonne Nouvelle, en construisant avec sagesse, solidement interconnectés et profondément ancrés à notre rocher, le Seigneur Jésus-Christ.
La périphérie
Souvent, travailler de manière indépendante peut sembler plus rapide, plus simple, plus pratique et plus efficace. Travailler ensemble paraît complexe, sans résultats immédiats.
L’ensemble de la structure de la « maison des miracles » est restée solide ; cependant, la périphérie du bâtiment a subi les violents chocs de l’inondation, si bien que les biens entreposés à l’étage inférieur ont été emportés.
Cela nous rappelle que c’est la périphérie qui souffre le plus. Les personnes marginalisées dans tous les domaines de la vie sont celles qui subissent les pertes les plus lourdes.
En Inde, ce sont les Églises sans bâtiment et sans reconnaissance légale qui sont les plus visées et les plus persécutées. Il en va de même partout dans le monde pour les minorités, les migrants, les personnes déplacées, celles qui sont économiquement, socialement et politiquement fragiles, les personnes vivant près des frontières nationales, etc.
Le Dimanche de la Fraternité Anabaptiste Mondiale nous appelle à devenir ensemble une bonne nouvelle en suivant Jésus de manière radicale, en influençant le monde pour le bien, en construisant avec sagesse, en gardant l’esprit sain et en rayonnant de toute notre force, tout en étant profondément ancrés sur le roc qu’est le Seigneur Jésus-Christ, afin que ceux qui sont au cœur de la communauté soient étroitement liés à ceux de la périphérie pour supporter ensemble les coups portés par les catastrophes.
— Nishant Sidh est membre de l’Église mennonite de Rajnandgaon, qui fait partie de l’Église mennonite en Inde.

