Communiqués De Nos Responsables

Une vie sans péché

La famille anabaptiste-mennonite du Cône Sud se réunit chaque année pour discuter de questions théologiques et pratiques, pour des cultes en commun et pour la communion fraternelle en pratiquant l'hospitalité. Photo : Luis Ma. Alman Bornes.
Date de diffusion : 
Mardi 2 Août 2016

Qu’évoque pour vous le mot hospitalité ? Moi, ce mot me rappelle une visite sur un autre continent.

Je pensais que les Colombiens étaient hospitaliers jusqu’au jour où j’ai été accueilli par une famille dans un autre pays. C’était tout simplement incroyable : la quantité et la qualité des aliments qu’ils m’ont offerts, leurs efforts pour que je me sente bien accueilli, chaque détail de ma chambre, leurs questions, leur respect et leur désir de me donner tout ce dont je pouvais avoir besoin.

Cependant, plus que toute autre chose, c’est leur attitude qui m’a touché. Avec une grande générosité, ils étaient prêts à tout moment à servir leurs invités.

L’hospitalité est la capacité de prêter attention à un invité. C’est très difficile parce que nous sommes préoccupés par nos propres besoins. Nos préoccupations nous empêchent de tourner notre attention vers les autres. Si le péché est la focalisation de l’âme sur elle-même, comme le dit Augustin d’Hippone, alors une vie sans péché est une vie tournée vers les autres. En d’autres termes, vivre l’hospitalité c’est vivre sans péché.

Jésus en est le meilleur exemple. Par sa vie et sa mort sur la croix, Dieu entre dans le monde des humains. Avec compassion, il dirige son attention sur les autres plutôt que sur lui-même. C’est par la souffrance de Jésus que Dieu partage le fait d’être mortel, la fragilité et la vulnérabilité de l’humanité. Et, dans l’Apocalypse, Jésus partage sa gloire avec la multitude de toutes les nations qui viennent l’adorer.

L’attention que porte Jésus aux autres leur apporte la guérison, qu’ils soient maltraités, qu’ils connaissent la douleur ou la souffrance. Ni l’injustice de ses blessures, ni la réalité de son triomphe final et de sa seigneurie ne le conduisent à se préoccuper de lui-même. Il est là pour réconforter, conseiller et guider les autres. Jésus est venu pour servir, non pour être servi – et ce, même dans sa gloire.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la crise des réfugiés dans le monde entier : notre appel à exercer l’hospitalité en tant que corps du Christ nous invite à révéler la présence de Dieu au sein de la souffrance et de la douleur. C’est un appel à apporter espoir, guérison, accompagnement et soins. C’est un appel à tourner notre attention vers ceux qui sont persécutés, malades et sans toit. Même si nous avons des problèmes personnels, l’appel à servir les autres demeure. Indépendamment de notre pauvreté, de notre manque de ressources, de nos désaccords, de nos conflits, de nos projets et de nos plans, l’appel à s’occuper des autres demeure.

C’est la raison pour laquelle ce numéro de Courier / Correo / Courrier aborde ce sujet.

Si j’avais été si bien reçu par cette famille, ce n’était pas seulement en raison de leur culture, mais aussi parce que c’est ainsi qu’elle avait compris la vie avec le Christ.

Que Dieu conduise notre communauté mondiale à répondre aux autres avec la même attitude, faisant l’expérience de Dieu révélé par notre Seigneur Jésus-Christ !

—César García, secrétaire général de la CMM, travaille à son siège à Bogotá (Colombie).

Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d'avril 2016 de Courier/Correo/Courrier.