Features

L’union fait la force

Un groupe musical lors de l’un des ateliers organisés en Inde et au Népal pour les chrétiens anabaptistes mennonites et Frères en Christ. Photo : Carol Zook
Release date: 
Thursday, 11 June 2015

 

La Communion mondiale : pourquoi est-elle importante ? Explorer notre engagement commun à être une famille à l’échelle du monde

Les membres de la Conférence Mennonite Mondiale se sont engagés à être une communion de foi et de vie à l’échelle du monde (koinonia). Nous cherchons à être une communion transcendant les frontières de nationalité, de race, de classe, de sexe et de langue. Pourtant, en raison de leur diversité, les églises membres ont une compréhension différente de l’importance de la communion mondiale.

L'édition d'avril 2015 de Courier / Correo / Courrier explore les raisons pour lesquelles les communautés anabaptistes du monde entier se réunissent pour former la CMM. Dans les articles qui suivent, les auteurs réfléchissent à la question : Pourquoi mon assemblée locale ou régionale a t-elle besoin d’une communion mondiale ?

L’union fait la force

J’ai eu récemment l’occasion de voyager dans les neuf unions d’églises mennonites / anabaptistes et Frères en Christ d’Inde et du Népal. Elles ont des assemblées locales (dont des églises de maison) surtout dans les zones rurales où les non-chrétiens sont beaucoup plus nombreux que les chrétiens. Souvent, elles ont très peu de membres. Les pasteurs sont peu nombreux et, en raison de contraintes géographiques et du manque de ressources, ils sont incapables de rendre visite à chaque membre et de les nourrir spirituellement. En conséquence, beaucoup de ces assemblées ont succombé à un complexe de minorité : elles ont peur, sont méfiantes et se sentent seules et même abandonnées.

Dans cette situation, il est difficile de comprendre ce que signifie faire partie de la grande famille de Dieu. Bien que ces assemblées connaissent l’union d’églises à laquelle elles appartiennent, elles n’ont pas le sentiment de faire partie d’une communion mondiale.

Cette réalité m’a conduite à faire une tournée des unions d’églises indiennes et népalaises, avec d’autres responsables anabaptistes : Madhukant Masih, le nouveau directeur de la Mennonite Christian service Fellowship of India (MCSFI – une organisation inter-mennonite qui permet aux neuf dénominations mennonites d’Inde d’avoir des relations et d’aider les autres), Henk Stenvers, secrétaire de la Commission Diacres de la CMM et César Garcia, le secrétaire général de la CMM. Un des objectifs de notre visite était de parler de la MCSFI et de la CMM, de leurs rôles et projets. Un autre objectif – peut-être le plus important – était d’aider chaque union d’églises à comprendre ses liens au niveau mondial. Nous voulions leur faire comprendre que, par la CMM, nous sommes liés comme frères et sœurs en Christ.

Lors de notre tournée, nous avons remarqué que très peu de gens connaissaient la CMM (ceux qui la connaissaient avaient assisté au Rassemblement de Calcutta en 1997). Nous avons commencé notre explication par ce qui est local avant d’aller vers la dimension mondiale. Nous avons utilisé des statistiques et des photographies pour expliquer le travail de la CMM et comment elle connecte les unions d’églises partout dans le monde pour la communion fraternelle, la louange, le témoignage et le service. Pendant que nous parlions, l’assistance dressait l’oreille et écarquillait les yeux. Elle était heureuse d’apprendre qu’elle faisait partie d’une famille de Dieu beaucoup plus grande. À la fin, les unions d’églises voulaient savoir quand aurait lieu la prochaine visite ! Les églises, petites et grandes, désiraient en savoir plus et vivre une plus grande communion avec les chrétiens du monde entier. Beaucoup ont désiré participer à ‘l’offrande d’un déjeuner’ présenté lors du Dimanche de la Fraternité Mondiale. Apprendre à connaître les besoins des gens partout dans le monde incite même les groupes les plus pauvres à vouloir partager le peu qu’ils ont.

En Inde et au Népal, nos églises ont désespérément besoin de savoir ce que cela signifie qu’être une église de paix. La CMM a fourni les ressources et la formation nécessaires pour le devenir. En octobre et novembre 2014, elle a coparrainé (avec la MCSFI et le Comité Central Mennonite) une série d’ateliers dans nos union d’églises pour renforcer l’identité anabaptiste. Environ 500 pasteurs et responsables – y compris des femmes et des jeunes – ont bénéficié d’un excellent enseignement apporté par des responsables d’églises (pour en savoir davantage sur ces ateliers, consultez le numéro de février 2015 des Nouvelles de Courrier). Le concept si nécessaire de ‘la paix avec la justice’ est devenu plus clair dans le contexte de nos églises, fait de pauvreté, d’injustice et de violence. Les responsables des églises locales se sont engagés à faire connaître les enseignements reçus dans ces ateliers, en partageant les vérités bibliques et la sagesse avec un groupe plus large dans les régions rurales.

Un autre de nos besoins est la communion fraternelle. Le ‘complexe de minorité’ a parfois été un obstacle à la croissance spirituelle. Pourtant, les sentiments associés à ce complexe semblent disparaître alors que les responsables et les membres d’églises découvrent la communauté mondiale anabaptiste. De plus en plus, ils savent qu’ils sont en chemin avec des frères et sœurs à travers le monde, pour se connaître, lutter ensemble et apporter de l’espoir au sein du désespoir, de l’injustice et de la violence.

L’engagement avec la CMM a apporté des changements positifs dans les esprits, les attitudes et les actions des églises. Ceux qui ont un ministère local devront continuer à tout faire pour développer ce nouveau sentiment de communion mondiale. La CMM crée un espace dans lequel les chrétiens peuvent se réunir pour apprendre et partager. Alors nous comprenons mieux comment Dieu travaille parmi tous les peuples en toutes circonstances – comment le royaume de Dieu est à l’œuvre dans le monde.

Cynthia Peacock est la représentante régionale de la CMM pour l’Asie du Sud. Elle préside la Commission Diacres de la CMM. Avant sa retraite en 2006, elle a travaillé dans le domaine social avec le Comité Central Mennonite pendant 38 ans.

 

Geographic representation: 
Asia and Pacific