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La Corée du Sud reconnait les droits des objecteurs de conscience

Les participants du Sommet Mondial de la Jeunesse 2015 de la CMM écrivent des mots d’encouragement pour SangMin Lee, emprisonné. Photo : Dania Ciptadi
Date de diffusion : 
Lundi 6 Août 2018

La cour constitutionnelle coréenne a mis fin à 70 ans d’emprisonnement systématique des objecteurs de conscience (OC) lorsque, le 28 juin 2018, elle a jugé qu’il était inconstitutionnel en Corée du Sud de ne pas offrir d’autres options de service aux OC.

Il existe bien une alternative, mais elle requiert de quatre à six semaines d’entraînement militaire, et les participants qui le terminent sont considérés réservistes de l’armée. Les hommes qui choisissent d’aller en prison plutôt que de servir dans l’armée sont exclus de nombreuses professions telles que les métiers de l’enseignement. 

Les mennonites coréens ont applaudi le jugement. KyongJung Kim, représentant régional de la Conférence Mennonite Mondiale pour l’Asie du Nord-Est, raconte qu’il attendait ce moment depuis qu’il a commencé à prendre au sérieux les implications de l’Évangile de paix.

« J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le récent processus de paix entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. J’ai l’impression que tout est entrain de se mettre en place, peu à peu. Certes, il reste encore du chemin à parcourir… [mais] nous pouvons déjà voir la lumière au bout du tunnel. »

Kim a commencé à contribuer à ce changement social en 2001 depuis le Centre Anabaptiste Coréen en Corée du Sud.

Le Centre Anabaptiste Coréen fourni des ouvrages anabaptistes, des traductions de textes et organise des séminaires pour promouvoir l’évangile de paix au travers du prisme théologique. Les représentants visitent les OC en prison et partagent leurs témoignages pour que d’autres puissent aussi prier pour eux.

Le journal sud-coréen Hankyoreh rapporte que six des neuf juges approuvèrent la décision d’incorporer une liste d’autres options de service pour les OC dans la Loi du Service Militaire. Le jugement demande la soumission, avant le 31 décembre 2019, d’une nouvelle loi du service militaire révisée et comportant une liste d’options. 

KyongJung Kim pense, qu’alors que l’on voit apparaitre des espaces de conversation sur le thème de l’OC dans la sphère publique,  les églises mennonites auront de plus en plus d’occasions de parler de paix et de justice dans la société.

« La souffrance des OC est peut-être terminée d’une certaine manière, mais il existe beaucoup d’autres difficultés. La vie de l’Église n’est pas sensée être confortable, au contraire, c’est un défi permanent. »

La peine de prison pour refus de prendre part au service militaire s’élève à 18 mois en Corée du Sud. Ceux qui font appel à des motifs religieux sont en général témoins de Jéhovah ou bouddhistes.

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme estime qu’en 2013, 93 pour cent des OC incarcérés dans le monde sont sud-coréens. Environ 660 personnes sont mises en prison chaque année.

SangMin Lee serait le seul mennonite sud-coréen à avoir préféré la prison au service militaire. Il est membre de l’église mennonite Grâce et Paix à Séoul, il a été libéré le 30 juillet 2015.

—Réédition de la Conférence Mennonite Mondiale, écrite par Tim Huber du Mennonite World Review. Utilisée avec autorisation.

Geographic representation: 
Asia and Pacific

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