Témoignages

« Djagalah Anak Kambing Koe » (« Prends soin de mes agneaux »)

Tee Siem Tat (d) et sa femme Sie Djoen Nio (g), fondateurs de la GKMI. Photo : GKMI

Témoignage du Renouveau 2027 : portrait historique

Renouveau 2027 est une série d’événements étalés sur 10 ans, pour commémorer le 500ème anniversaire des débuts du mouvement anabaptiste. Cette série met en lumière certains personnages historiques et figures contemporaines du mouvement.

Voici l’histoire de la transformation par le Saint Esprit de Tee Siem Tat (1872 – 1940) et de son épouse, Sie Djoen Nio (1875 – 1962) et de la fondation de Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI).

Tee Siem Tat était un homme d'affaires prospère à Kudus, dans le centre de Java. Il codirigeait une grande imprimerie appelée Sam Hoo Kongsi. Cette entreprise marchait très bien et fournissait les bureaux du gouvernement, des entreprises et des écoles.

Guérison

En 1917, Tee Siem Tat tomba gravement malade. Il alla voir des nécromanciens et se rendit aux klenteng (temples confucéens) et essaya également les médicaments modernes de médecins hollandais. Rien ne fonctionna.

Tee Siem Tat était désemparé.

Sie Djoen Nio se souvint des récits qu'elle avait lus dans une Bible en malais qu'elle avait reçue d'une tante à Yogyakarta. Sie Djoen Nio aimait lire la Bible. Elle était bouleversée par Jésus : son sacrifice sur la croix, ses miracles.

 « Jésus peut-il aussi guérir mon mari ? » Sie Djoen Nio s’entretint avec son époux. Ensemble ils décidèrent de demander de l'aide comme dans la Bible. Mais à qui ?

Ils se souvinrent de leur oncle Oei Biauw An qui connaissait le christianisme. Oei Biauw An leur présenta le lieutenant Tanuhatu, un officier de l'Armée du Salut originaire d'Ambon qui résidait à Rembang. Le lieutenant Tanuhatu se rendit volontiers à plusieurs reprises chez Tee Siem Tat, à Kudus, pour lui parler du christianisme.

Tee Siem Tat voulait connaître Jésus. Sa foi s’affermit. Et bientôt, ses peurs et sa maladie avaient disparu.

Tee Siem Tat était guéri !

Photo : GKMI

Rencontre avec les mennonites

Tee Siem Tat lisait la Bible avec diligence et sérieux. Il assistait aux cultes à l'église de l'Armée du Salut à Rembang et invita le lieutenant Tanuhatu à venir enseigner la Bible à ses amis.

Cependant, Tee Siem Tat en vint à s’opposer à la pratique du baptême de l’Église et à son fonctionnement calqué sur les codes militaires. Il fréquenta les adventistes du septième jour, mais était en désaccord avec leur application de la loi de l'Ancien Testament. Tee Siem Tat se rendit alors à la mission Salatiga, mais il n’était pas d'accord avec le baptême des enfants.

Finalement, Tee Siem Tat visita la mission mennonite à Jepara, Pati et Tayu. Il sentit rapidement que l’enseignement mennonite lui convenait très bien.

Ainsi, le 6 décembre 1920, Tee Siem Tat organisa une célébration de baptême de 25 nouveaux convertis dans sa maison de Kudus. Leonard Silalily prêcha, Nicolai Thiessen baptisa et Johann Hubert pria pour les enfants. Cela devint la date anniversaire de l'Église chrétienne Muria en Indonésie ou Gereja Kristen Muria Indonesia (GKMI).

GKMI s'est étendu, des coteaux du mont Muria (Kudus, Jepara, Bangsri, Welahan, etc.) jusqu’au centre de Java et sur tout l'archipel indonésien.

Aujourd'hui en Indonésie, il y a 61 Églises GKMI établies et des centaines d’Églises GKMI nouvellement implantées.

Une foule rend hommage au fondateur de l’Église GKMI lors de ses funérailles. Photo : GKMI

Stratégie d’évangélisation

La stratégie d'évangélisation de Tee Siem Tat est basée sur Actes 1. 8 : « mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem (la famille proche : mari / femme, enfants, beaux-fils / belles-filles, petits-enfants), dans toute la Judée et la Samarie (famille élargie), et jusqu’aux extrémités de la terre (amis, collègues de travail, relations professionnelles et tous ceux qui ne connaissent pas Jésus). »

Même s’ils étaient de nouveaux convertis, Tee Siem Tat et ses amis avaient un cœur immense pour répandre l’Évangile. Utilisant la langue javanaise-malaise, ils furent acceptés au-delà des barrières ethniques. Ils avaient aussi la réputation d’être de bons hommes d’affaire et de bons exemples dans la vie quotidienne.

Photo : GKMITee Siem Tat s’inspira de Matthieu 10. 8 pour servir les pauvres et les nécessiteux : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ».

Derniers mots

Sur son lit de mort, Tee Siem Tat appela ses fils, Tee Yan Poen et Tee Yan Siang, et son gendre, Tan King Ien. Pour eux, Tee Siem Tat prononça ses derniers mots : « Djagalah anak kambing koe » (« Prennez soin de mes agneaux », Jean 21. 15 en vieux bahasa). Son petit-fils, le révérend Herman Tan, pense que ses dernières paroles étaient un appel pour ses enfants, son beau-fils / belle-fille, ses petits-enfants et aux générations futures à veiller à ce que GKMI reste fidèle à la perspective (mennonite) de Doopsgezind.

—Paul Gunawan est écrivain et rédacteur en chef pour la GKMI. Traduction du bahasa indonésien par Mark Ryan.

Klik di sini untuk versi dalam bahasa Indonesia. 

 

Auteur: 
Emplacements: 
Date/Fecha: 
8 nov 2018 - 11:46am