Témoignages

Chaque étape est une prière

Temps de prière en commun lors de l’événement de Renouveau 2027 au Costa Rica en 2019. Photo : Ebenezer Mondez.

Chaque étape est une prière.

Chaque étape est une supplication adressée au Dieu qui sait ce que signifie errer pendant des mois, voire des années, à la recherche du pays de la promesse.

Chaque étape est une protestation sacrée, implorant Dieu d’être miséricordieux et juste.

Des millions de prières se sont élevées alors que des amis venant de pays tels le Cameroun et le Sénégal fuyaient vers l'ouest, tandis que d’autres amis marchaient vers le nord, depuis les barrios du Honduras et du Salvador, cherchant une réponse à leurs prières.

Au début de cette année, j'ai participé à une délégation, la New Sanctuary Coalition (NSC) basée à New York avec d’autres mennonites qui s’est rendue sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique. NSC suggère que nous travaillons à une reformulation en utilisant le mot ‘amis’ dans nos relations avec ceux qui recherchent une vie abondante.

Par leurs déplacements vers la frontière sud des États-Unis, nos amis manifestent leur désir de vivre avec leurs enfants ou leurs parents, de ne pas être victimes d’abus, êd’tre délivrés de la guerre. Et surtout, ces amis cherchent la vie même.

À la frontière San Diego / Tijuana, bien que le rythme des voyages ait ralenti, les prières n'ont pas faibli. Les prières sont devenues plus ferventes quand nos amis se sont trouvés devant la frontière qu'ils rêvaient d'atteindre : l'entrée de la ‘Terre promise’. Les obstacles réels et nombreux à l'entrée étaient souvent plus importants qu'ils ne l'avaient imaginé - et plus importants que je ne l'avais imaginé, moi, un citoyen américain ayant des connaissances sur le droit concernant l'immigration. De nombreux amis, qui avaient déjà marché depuis des mois, se sont retrouvés bloqués à la frontière pendant plusieurs mois, attendant leur tour jusqu’à ce que leur numéro soit appelé (un système illégal qui ralentit délibérément l’inscription des migrants dans le système d’immigration des États-Unis).

Alors qu'ils se trouvaient toujours au Mexique, beaucoup de demandeurs d'asile ont reçu de l’aide d’avocats états-uniens spécialisés dans l'immigration, pour préparer leur ‘credible fear interwiew’ (entretien concernant leur ‘peur crédible’) avec l’Immigrations and Customs Enforcement. Toutes les demandes d’asile reposent sur cet entretien. Alors que leur destin est en jeu pour prouver leur ‘peur crédible’, comment nos frères et sœurs du ‘monde majoritaire’ entendent-ils l'invitation de Paul de Philippiens 4/6 ? Lorsque Paul exhorte les croyants à ‘ne s’inquiéter de rien, mais […] de faire connaître ses demandes à Dieu’, qu'est-ce que cela signifie pour ceux qui doivent rester très longtemps dans des centres de détention lamentables ? Ou ceux qui sont obligés d'attendre leur audience ‘al otro lado’ - de l'autre côté au Mexique ?

Cet espoir dont parle Paul ne repose pas sur la capacité du système d’immigration créé par l’homme à rendre la vraie justice. Mais Paul rappelle aux croyants que le Dieu-qui-souffre avec eux et dont la profonde empathie ne s’arrête pas à la porte des cellules de détention, ‘les glacières’, sait la souffrance du réfugié fuyant la violence et le désespoir de l’enfant séparé de ses parents.

Les mots de Paul résonnent aussi dans le cœur des croyants des États-Unis, car il nous rappelle le Dieu-qui-abolit les frontières. Ici aussi, les communautés chrétiennes se rassemblent pour prier et agir dans l’espoir que l’amour de Dieu brise les barrières qui nous séparent les uns des autres. Il y a beaucoup d’entrain dans les pas de ceux qui offrent un sanctuaire, qui font des manifestations pour le changement, ou qui accompagnent des amis au tribunal pour leurs audiences.

Mais nous ne nous illusionnons pas sur la justice du système d’immigration nord-américain : il ne sera jamais juste. Tout en agissant, nous ouvrons nos cœurs, nos esprits et nos corps pour déverser notre espoir devant Dieu. Que nous marchions vers le nord ou le sud, l'est ou l'ouest, chaque pas est une prière. Une prière pour que la solide frontière entre nous se fissure sous le poids de l’amour de Dieu. Une prière pour que fondent les cœurs endurcis et les systèmes injustes. Une prière pour libérer les captifs. Une prière pour la paix de Dieu, qui surpasse toute compréhension et nous entraîne dans une communion plus profonde les uns avec les autres et avec Dieu.

Chaque étape est une prière.

—Valerie Showalter, Communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale

Ce témoignage fait parti du materiel pour le culte du Dimanche de la Paix de 2019. Pour en savoir plus, cliquez ici : www.mwc-cmm.org/dimanchedelapaix

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Date/Fecha: 
12 jui 2019 - 3:22pm