Testimonies

Appelés à être libres… la foi au delà des frontières

Les jeunes de la Communauté des Églises des Frères Mennonites au Congo célèbrent la Semaine de la Fraternité YABs 2017 en République Démocratique du Congo. Photo de Jérémie Ngwele.

Je m’appelle Eileen. J’ai 22 ans et j’habite en Suisse. Lorsque l’on m’a demandé de partager un court témoignage sur le thème « appelés à être libres… la foi au delà des frontières », je me suis tout de suite rappelé de cette expérience.

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai eu l’occasion d’aller au Cap, en Afrique du Sud et de travailler entant que bénévole pendant 8 mois dans un orphelinat soutenu par la mission mennonite suisse. Je vivais dans un des plus grands townships du Cap, appelé Mitchells Plain. J’ai vécu beaucoup de nouvelles expériences, bonnes, belles et drôles mais aussi des choses plus difficiles et j’ai dû à maintes reprises sortir de ma zone de confort. Une de ces expériences difficiles fut le thème de la sécurité.

En Suisse, j’ai l’habitude de pouvoir marcher seule partout et à toute heure. En revanche, à Mitchells Plain, on m’a dit que je ne pouvais pas marcher seule à cause du haut taux de criminalité, en particulier étant une jeune femme. 

Au début, ce fut difficile pour moi. Je voulais me déplacer librement dans les rues, et je n’aimais pas marcher en groupe, ne pas pouvoir être dehors après la tombée de la nuit, ne pas pouvoir parler aux inconnus, et devoir cacher mes affaires de valeur.

 Eileen Hofer (Suisse)

L’orphelinat où je travaillais était composé de plusieurs maisons et chaque bénévole était affecté à l’une d’entres elles. Puisque les maisons étaient séparées les unes des autres, nous ne pouvions pas toujours nous déplacer en groupe. Ainsi, je marchais seule tous les matins jusqu’à la maison où je travaillais. Et tous les matins, je passais devant deux femmes qui discutaient tout en me critiquant du regard. Je ne me sentais pas très à l’aise en passant devant elles, mais je les saluais toujours et continuais mon chemin. 

Un jour, alors que je passais devant elles, elles m’appelèrent. D’abord je ne savais pas trop quoi faire puisque l’on m’avait dit de ne pas parler aux inconnus. J’ai pris mon courage à deux mains et je me suis avancée vers elles. Les deux femmes me regardèrent avec préoccupation, puis me demandèrent : « Mag ons vir u bid? » (Pouvonsnous prier pour toi ?) 

Je m’attendais à beaucoup de choses mais pas à ce qu’elles prient pour moi ! Elles me racontèrent qu’elles étaient de bonne amies - l’une chrétienne et l’autre musulmane- et qu’elle se retrouvaient chaque matin pour prier pour leur quartier et pour tout le township. Elles me dirent qu’elles m’observaient depuis un moment et qu’elles n’approuvaient pas le fait que je marche seule parce que c’était dangereux. Alors, les deux femmes avaient prié pour demander la protection de Dieu sur moi depuis la première fois qu’elles m’avaient vu marcher au travail. 

Après cela, je me suis réunie avec ces femmes tous les jours sur le chemin du travail. Nous prions ensemble et nous avons appris à mieux nous connaitre. J’ai été très touchée par cette expérience qui m’a montré que la foi et la prière peut passer au delà des barrières des langues, de la culture et même de la religion. 

Eileen Hofer, Communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale

Ce témoignage fait parti du materiel pour le culte du Semaine de la Fraternité des YABs 2018. Pour en savoir plus, cliquez ici : mwc-cmm.org/semainefraternitedesyabs

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12 Jun 2018 - 2:10pm